Partie II
Éternellement avec toi
Elisaveta ouvrit de grands yeux après la révélation que venait de faire le prince.
« Tu quoi... ?! »
Lovino grogna et ferma les yeux fortement, ses joues étaient de plus en plus rouges. Il s'accrocha à son collier et enfouit sa tête dans ses bras croisés. Il savait que ce qu'il faisait était plus qu'interdit... C'était illégal. Il ne pourrait sans doute jamais en parler à son père, et il ne pouvait qu'espérer que son frère et son amie ne répètent rien à personne.
« Lovino... Qu'est-ce qu'on va dire à papa... ? demanda-t-il.
‒ Rien du tout. répliqua-t-il.
‒ … Mais... !
‒ Il n'y a pas de 'mais' qui tienne Feliciano... ! grogna-t-il. »
Lovino grimaça et se releva pour aller s'asseoir sur son lit. Il soupira et se gratta la tête. Les deux autres le regardèrent d'un air abasourdi... Le prince fronça les sourcils.
« Quoi... Il n'y a que vous qui soyez au courant... ! »
Elisaveta et Feliciano échangèrent un regard et restèrent silencieux. Ils ne savaient vraiment plus quoi dire... Ils savaient que c'était très mauvais pour Lovino de fréquenter un humain... Et pourtant, il avait l'air tellement sincère... tellement sûr que cet humain en valait la peine. Elisaveta soupira et remua doucement ses nageoires de gauche à droite sur le sol. Elle regarda encore Feliciano et sourit légèrement, ce dernier lui rendit son sourire. Ils regardèrent à nouveau Lovino.
« Tu peux compter sur nous fratello~ ! dit Feliciano.
‒ Nous garderons le secret ! Sauf en cas de force majeure... ajouta Elisaveta. »
Lovino écarquilla les yeux et fronça légèrement les sourcils avant de laisser un petit sourire se dessiner sur ses lèvres.
« Merci... »
Les deux autres sirènes hochèrent la tête et sourirent à leur tour. Lovino caressa doucement la croix d'or autour de son cou. Un soupir lui échappa et il se laissa tomber en arrière, sur son lit. Sa queue se dressa un instant et ses nageoires eurent l'air de flotter un peu avant de retomber.
« Mais qu'est-ce que je vais faire... murmura-t-il, C'est tellement... inapproprié... ! grogna-t-il. »
Feliciano se mit à glousser gentiment.
« Quand on aime... c'est incontrôlable ! »
Lovino grogna de nouveau et se couvrit le visage de ses mains. Il se sentait soudain si proche de cet humain... Mais il risquait la colère du roi... ou pire. Il soupira et attrapa un oreiller pour y blottir sa tête.
~~~~~oOo~~~~~
De son côté, Antonio était resté longtemps sur son rocher, à regarder les vagues aller et venir. Il pensait continuellement à ce bel homme-poisson qui ne semblait pas indifférent à son charme... Ce n'est que peu après qu'arriva Bella, elle l'appelait à s'en décrocher la mâchoire. Lorsqu'elle l'aperçut sur la roche, elle courut vers lui, essoufflée.
« C-Capitaine... ! dit-elle d'un air paniqué. »
Antonio se retourna et oublia Lovino un instant, il écarquilla les yeux en voyant dans quel état était Bella.
« Que se passe-t-il ? demanda-t-il en fronçant les sourcils.
‒ C'est terrible Capitaine... ! Il faut partir d'ici et vite... ! ajouta-t-elle en récupérant son souffle.
‒ Mais qu'est-ce qu'il y a enfin... ?! grogna-t-il avant de se redresser.
‒ Au marché... ! Au marché j'ai entendu des bonnes femmes dire que la garde royale arrivait par ici... ! »
Antonio fronça les sourcils, sauta aussitôt sur le sol ferme et prit Bella par le bras. Il l'entraîna dans les recoins du village de bord de mer, jusqu'à l'arrière de l'auberge où se trouvait le reste de son équipage. Il entra en trombe et ferma vite la porte derrière eux. Il reprit un peu son souffle et se tourna vers la jeune fille, il la tint par les épaules et la regarda droit dans les yeux.
« Qu'est-ce que tu as entendu au marché ? »
Bella se gratta la tête et se mordit la lèvre, elle rendit son regard au Capitaine.
« La garde royale va arriver dans quelques jours... Ils viennent inspecter le village... À cause du trafic de tissus précieux... »
Antonio hocha la tête et se lécha les lèvres lentement.
« Imagine leurs têtes si ils nous trouvaient... dit-il en laissant échapper un rire sombre. »
Bella ferma les yeux et posa sa tête contre la poitrine d'Antonio, elle demanda tout bas.
« Qu'est-ce qu'on fait... ? »
Antonio soupira et se reposa à son tour, contre le mur, et frotta doucement le dos de Bella. Il ferma les yeux et repensa à Lovino. Son visage s'attrista un peu mais... il n'avait - semblait-il - pas le choix. Il repoussa Bella gentiment et se dirigea dans la plus grande pièce de l'auberge, il appela ses hommes et le temps qu'ils se réunissent, il prit un verre de vin. À peine quelques minutes plus tard, tout l'équipage du Capitaine Antonio était là. Les autres habitants de l'auberge avaient peur de quitter leurs chambres à cause de ce rassemblement soudain... Antonio bu une bonne gorgée de vin avant de grimper sur une table. Il regarda tous ses hommes avant de prendre la parole.
« Mes amis... il prit son souffle puis continua, Il est temps de quitter cet endroit. »
Les pirates le fixèrent un moment, certains se regardèrent les uns les autres tandis que les autres souriaient. Un des hommes demanda pourquoi il devait partir aussi précipitamment.
« Nos chers... amis... de la garde royale seront dans ce village d'ici peu. C'est pourquoi je vous demande de vous tenir prêts. Nous partirons demain. ajouta-t-il avant de finir son vin. »
Antonio sauta de la table et traversa la pièce remplie par son équipage avant de monter à sa chambre et préparer ses affaires. Une fois là-haut et la porte bien fermée, il s'adossa au mur et retrouva son air triste... Il allait devoir faire ses adieux à son amour de sirène... À peine avait-il trouvé quelqu'un à aimer qu'il devait déjà s'en séparer... Mais il n'avait pas le choix, il devait vite partir avec ses hommes et son navire, à moins de vouloir se faire capturer puis pendre par les gardes. Antonio soupira lourdement et se dirigea vers son lit pour s'y affaler...
« Lovi... murmura-t-il ».
La journée passa bien vite... Les pirates préparèrent leurs affaires et commencèrent déjà à remplir le navire avant que la nuit ne tombe. Antonio était aux aguets sur le pont de son bateau, il surveillait les environs pendant que ses hommes étaient occupés. Le village était calme et il n'y avait que très peu de personnes dehors à part eux-mêmes. Antonio ne pouvait s'empêcher de soupirer tout le temps... Bella s'en rendait bien compte... Elle commença à se demander si cette histoire de sirène n'était pas vraie. Jamais elle n'avait vu le capitaine dans cet état. Elle se demanda quel genre de créature avait bien pu l'envoûter pour qu'il en devienne morose à la simple idée de la quitter. Bella soupira à son tour et retourna à l'auberge pour finir de ranger le reste des affaires des hommes. Son frère l'aida un peu.
Pendant ce temps... Au palais, Lovino se mangeait les doigts, enfermé de plein gré dans sa chambre. Elisaveta et Feliciano étaient déjà partis il y a quelque temps. Le prince se sentait perdu... Il avait tourné en rond, réfléchi longuement, le bel humain lui revenait toujours en tête. Cela le frustrait énormément, et son visage semblait être constamment rouge. C'était vraiment... dérangeant... comme sentiment. Il voulait vite retourner le voir... le toucher... l'embrasser... ses joues devinrent encore plus rouge à cette dernière pensée. C'en était fini de lui ! Il le savait, il le sentait... ! Il ne pourrait jamais retrouver son ancienne vie.
Lovino regarda sa queue et ses nageoires avec une mine déconfite... Pourquoi était-il une sirène... ? Ou bien... Pourquoi Antonio ne pouvait-il tout simplement pas être une sirène... ?! Abruti d'humain... ! Lovino fronça les sourcils et croisa les bras, comme un enfant faisant un caprice. Il ne pouvait s'empêcher d'imaginer le beau brun en homme-poisson. Avec de magnifiques nageoires rouges et dorées... ! Il aurait même pu l'anoblir et en faire son compagno-... QUOI ?!
Lovino secoua vivement la tête et ferma les yeux de toutes ses forces. Il attrapa un oreiller et y cacha son visage.
« MERDE MERDE ET MERDE ! cria-t-il dans l'oreiller. »
Il s'agrippa à l'oreiller et garda son visage enfoui dedans un instant, il se calma légèrement et releva un peu la tête, puis regarda par la fenêtre. Alors que son visage était redevenu normal, ses pommettes se remirent à rosir adorablement... Lovino ferma les yeux et s'allongea avant de se couvrir avec sa couverture d'algues. Il se força à dormir... même si sa tête était trop pleine d'images tendres qu'il s'inventa malgré lui. Il serait bien remonté à la surface maintenant mais il n'y avait aucune raison pour Antonio d'être dehors à cette heure... Lovino décida donc qu'il irait le lendemain matin, dès l'aube cette fois-ci... Il voulait le revoir le plus vite possible, mais ça, il ne l'admettrait jamais, encore moins à haute voix. La nuit lui parut longue... trop longue.
Dès l'aube, Lovino ouvrit les yeux, comme s'il avait senti le jour se lever. Il s'éjecta de son coquillage et nagea vers la porte avant de l'ouvrir et de jeter un coup d'œil furtif, il ne vit personne. Il fonça vers les cuisines et déroba discrètement un petit quelque chose à manger avant de sortir du palais. Heureusement pour lui, personne ne l'avait vu. Il prit alors son habituelle montée vers la surface, espérant trouver Antonio. Lovino eut l'impression de nager plus vite que d'ordinaire... Il grinça légèrement des dents et rougit un peu tout en battant des nageoires. Le jour commençait à peine à se lever... Même en se rapprochant de la surface, Lovino remarqua que le ciel était encore assez sombre. Il ralentit un instant puis sortit doucement la tête de l'eau. Il cligna des yeux et regarda autour de lui.
Même si était encore très tôt dans la matinée, Lovino eut l'impression que le village était étrangement calme. Le jeune homme-poisson tilta la tête et fronça les sourcils. Quelque chose n'allait pas... Il pouvait le sentir. Il poussa un peu sur ses nageoires et se rapprocha du bord, il put alors constater qu'Antonio n'était pas là... Évidemment... il était beaucoup trop tôt. Le jeune prince poussa un long soupir et posa sa tête contre les rochers.
Et pourtant, le temps était plutôt calme et agréable. Il faisait doux, les couleurs dans le ciel et à l'horizon changeaient lentement. Lovino décida de rester là, sans bouger. Quitte à risquer de se faire voir par un inconnu... Il s'en fichait pour l'instant. Il voulait juste rester ici, et attendre l'humain qu'il voulait tant revoir. Néanmoins, il ne pouvait s'empêcher de croiser les bras, grogner et remuer sa queue nerveusement. L'attente lui parut longue... Il se dit qu'à force de rester là sans bouger, il finirait par s'attacher ou fusionner avec la roche, telle une moule. L'idée le fit légèrement sourire.
Il dut tout de même attendre au moins une heure avant de pouvoir espérer apercevoir Antonio. Lovino se retourna et se cacha derrière la bordure en pierre qui servait de trottoir. Lorsqu'il l'aperçut enfin, il sentit son cœur manquer un battement... Il cligna des yeux en voyant l'air complètement dévasté du jeune homme. De plus, il marchait bizarrement, comme si il manquait de sommeil et s'obligeait à rester debout.
C'est alors que leurs regards se croisèrent. Lovino rougit tendrement, alors que le visage d'Antonio s'illumina, avant de s'assombrir à nouveau. Cela n'échappa pas à Lovino qui fronça une fois encore les sourcils. Antonio pressa le pas et s'assit rapidement à côté de la sirène. Ni une ni deux, Lovino se retrouva dans les bras du bel homme. Antonio le serra fort contre lui et enfouit son visage dans la chevelure humide de Lovino. Ce dernier ne put s'empêcher de rougir comme une tomate avant de grogner doucement au creux de l'oreille de l'autre. Il ferma alors les yeux et laissa ses bras s'enrouler autour d'Antonio.
« Qu'est-ce que tu as... ? murmura-t-il. »
Antonio cligna des yeux et sourit tendrement, il posa un baiser sur la tempe de Lovino. Il ne pouvait pas lui répondre... pas maintenant, il voulait savourer ce moment câlin avec lui avant de lui annoncer qu'ils allaient devoir se séparer... Peut-être pour toujours...
Antonio soupira dans la tignasse de Lovino, ce qui le fit frissonner. Un court instant plus tard, Antonio sentit une étrange sensation sous ses mains. Un sourire s'esquissa sur ses lèvres et il ne put retenir son rire charmeur et charmant.
« Tu as la chair de poule... ! dit-il. »
Lovino rougit de plus belle et grogna, il martela doucement le torse du jeune homme avant de se blottir contre lui. Il y eut un léger silence, Lovino cligna des yeux avant de relever la tête et de fixer son regard sur les deux émeraudes en face de lui. Il demanda alors, aussi innocemment qu'un enfant...
« C'est quoi une poule... ? »
L'autre brun ne put s'empêcher de rire, il posa vite sa main sur sa bouche pour étouffer ses ricanements. Lovino semblait aussi perturbé que mignon. Antonio sourit de toutes ses dents et déposa un baiser sur le front de ce dernier. L'homme-poisson sursauta légèrement au contact et lui infligea un coup de nageoire. Lovino gonfla ses joues et fronça les sourcils.
« Arrête de te moquer de moi... ! dit-il d'un air boudeur. »
L'homme poussa un petit cri de surprise en se prenant la nageoire dans l'épaule, et sourit de plus belle. Il en profita pour glisser ses mains sous la queue de Lovino, pour le soulever un peu et le tenir dans ses bras comme une princesse. Lovino quant à lui continua de rougir et se mit à paniquer lorsqu'il se sentit sortir de l'eau malgré lui. Antonio s'assit un peu plus haut et posa Lovino sur ses jambes, et le tint par les hanches. Lovino cligna des yeux, il ne comprenait pas vraiment l'intérêt de faire cela... Antonio caressa gentiment son dos et rapprocha son visage de celui de sa sirène adorée. Il ferma les yeux et laissa son front toucher celui de Lovino.
« La poule, mon cher Lovi~ est une espèce d'oiseau, que nous, les humains, aimons élever pour ensuite avoir des œufs, on apprécie aussi leur chair~ Le poulet se mange sans faim~ expliqua-t-il, un peu trop joyeusement au goût de Lovino. »
Ce dernier décida de lui pincer les joues. Antonio ricana et grimaça doucement, il resserra ses bras autour de l'homme-poisson. Lovino sentit soudainement son cœur battre plus vite et ses joues brûler... Il soupira et finit par enfouir son visage au creux du cou chaud et accueillant d'Antonio, il en profita également pour enrouler ses bras autour de lui. L'homme aux yeux verts sourit amoureusement et déposa quelques baisers papillons le long du cou de Lovino, et ce, jusqu'au milieu de son bras. Il redirigea son attention vers le visage coloré de la belle créature qu'il tenait. Un large sourire se dessina sur ses lèvres lorsqu'il vit que des frissons parcourraient le corps de Lovino. Il frotta tendrement son visage contre le sien et murmura.
« Tu as encore la chair de poule~ »
Lovino était sur le point de lui répondre lorsque le bel homme pressa ses lèvres contre les siennes et lui vola un baiser. Le visage de Lovino devint tellement rouge qu'il eut l'air d'un poulpe cuit... ! Il écarquilla vivement les yeux et resta silencieux. Son cœur palpitait fortement dans sa poitrine, il avait peur qu'Antonio ne l'entende... Lovino brisa le baiser et détourna le regard un instant vers les vagues, les joues presque rougeoyantes et l'air pensif. Cela n'arrêta pas Antonio... Il tourna doucement le visage de Lovino vers le sien et plongea son regard profondément dans ses beaux yeux noisettes, presque dorés. Il soupira.
« Lovi... »
Ce dernier cligna des yeux et se sentit fondre dans les bras de l'humain qui rendait son cœur fou. Il sursauta faiblement alors qu'il se fit voler un autre baiser. Celui-ci fut plus long, plus tendre. Cette fois-ci, Antonio s'écarta à peine de lui lorsqu'il rompit le baiser. Leurs souffles se mêlèrent, leurs nez se frôlèrent... ainsi que le bout de leurs lèvres. Lovino avala sa salive et ferma les yeux tout en fronçant les sourcils. Pendant ce temps, Antonio embrassa tendrement sa lèvre supérieure, il la caressa et la mordilla gentiment avant de s'emparer du reste de sa bouche douce et humide. Lovino laissa échapper un léger gémissement quand il sentit des doigts glisser le long de son cou et sur le collier en or qu'il portait. Lovino frissonna doucement et resserra ses bras autour d'Antonio, il se laissa faire et commença même à lui rendre ses baisers. Il s'accrocha à sa chemise et répondit à toutes les petites attentions que ses lèvres recevaient, tandis qu'Antonio laissait courir ses doigts sur ses belles écailles bleues et violettes. Il lui caressa la hanche du bout des doigts et rompit le baiser. Tous les deux se regardèrent longuement...
Antonio glissa lentement sa main sur la joue de Lovino et retrouva son air triste. Il colla son front contre le sien et le serra de toutes ses forces contre sa poitrine. Il poussa un long soupir et attendit un moment avant de parler... enfin.
« Lovi... Il faut que tu saches... commença-t-il.
‒ Quoi... ? »
Son regard s'assombrit alors que Lovino le serrait à son tour, sans vraiment s'en rendre compte.
« Je... C'est peut-être... la dernière fois que... je peux te tenir dans mes bras... »
Il baissa la tête et mordilla sa lèvre inférieure. Lovino quant à lui... écarquilla les yeux comme jamais et pâlit. Il sentit son cœur s'arrêter et son souffle se couper...
« Tu... Tu t'en vas... ? demanda-t-il.
‒ … Oui... Je dois partir avec mon équipage... »
Il poussa un autre soupir et s'assit un peu différemment, tout en prenant soin de toujours tenir Lovino. Tous deux restèrent silencieux. Au bout de quelques minutes, Antonio reprit la parole.
« Tu sais... c'est vraiment à contre-cœur que je m'en vais... Je dois... partir, avant que les gardes ne nous trouvent, et nous pendent... »
Lovino releva la tête et fronça les sourcils.
« Vous ''pendent''... ? demanda-t-il, l'air confus.
‒ Nous tuent... ajouta-t-il en relevant la tête à son tour. »
Cette fois-ci, le peu de couleur qu'il restait sur le visage de Lovino disparut... Il fixa Antonio droit dans les yeux et sa bouche se mit à trembler. Ses yeux s'embuèrent ensuite... Son regard se posa de droite à gauche, sans s'arrêter. Il essaya de cacher ses larmes qu'il sentait lui monter aux yeux. En vain... Il y avait comme un nœud dans sa gorge alors que les larmes commençaient à couler le long de ses joues, il sentit son souffle se saccader... Il ferma les yeux et serra les dents. Un bruit sourd s'échappa de sa bouche, il ne pouvait plus se retenir de pleurer... Il repoussa Antonio aussi bien que mal et tenta de retourner dans l'eau.
Antonio lui, ne fut pas étonné de voir Lovino pleurer, mais il ne pouvait déjà plus le supporter... ! Cela lui brisait le cœur... Il sursauta lorsque l'homme-poisson essaya soudainement de se délivrer de son emprise. Le pirate le retint contre son gré. Son corps réagissait tout seul et ne tenait absolument pas à ce que Lovino s'en aille d'un coup, après avoir reçu un tel choc... ! Il lui tint les bras et le secoua légèrement pour le calmer, même si il savait que cela ne servirait pas à grand chose dans l'instant même.
« Lovi... ! Lovi je t'en prie... ! Regarde-moi... ! Lovi, regarde-moi... ! dit-il en lui tournant la tête, lui tenant le menton, Lovi... ! Je... je ne sais pas si après ça je te reverrais... mais je veux que tu saches que tu es et as été la plus belle rencontre de toute ma misérable vie.. ! il reprit son souffle et tenta de continuer aussi calmement que possible, Je... J'espère... vraiment, de tout mon cœur... qu'un jour nous nous reverrons... ! »
Lovino grinça des dents et garda les yeux fermés, il commença à trembler alors que ses mains longèrent lentement les bras d'Antonio. Il y un instant, il voulait s'enfuir de son emprise, et pourtant, maintenant... il s'agrippait à lui et se laissait aller à la tristesse qui s'emparait de son cœur... Il avait bravé l'interdit et les lois de son royaume pour quelques jours de bonheur et de simplicité en compagnie d'un humain... mais tout cela allait disparaître avec le départ d'Antonio... ! Lovino n'arrivait pas à y croire, c'était... trop soudain, trop rapide. Il ouvrit enfin les yeux et lança un regard humide à l'homme qui le tenait, et murmura.
« Je te déteste... »
Il se mordit la bouche juste après avoir parlé, comme si il regrettait déjà les mots qu'il venait de prononcer. Il referma les yeux et baissa de nouveau la tête, les larmes coulèrent du bord de son visage et tombèrent sur sa queue de poisson. Antonio resta silencieux un moment, l'air blessé. Il frotta légèrement son front contre celui de l'homme-poisson et glissa une de ses mains dans ses cheveux humides. Il lui caressa gentiment la tête et murmura à son tour.
« Je sais... un triste sourire se nicha au coin de ses lèvres... »
Lovino étouffa ses pleures du mieux qu'il put avant qu'Antonio ne lui relève la tête une fois de plus, du bout des doigts, pour l'embrasser. Lovino se sentit mourir... L'homme frôla tendrement ses lèvres contre les siennes. Les mains du prince s'accrochèrent à la veste du pirate malgré lui. Il sentit Antonio lui essuyer les joues avec son pouce tandis qu'il ferma les yeux lentement. Il répondit au baiser après quelques tentatives du jeune homme. Plus les minutes passèrent, plus il se sentit brûler pour lui... Cette sensation le détruisait à petit feu... Toutes ses émotions étaient décuplées par l'annonce du départ de ce bel homme. Lovino se mit à grogner contre les lèvres d'Antonio et brisa une nouvelle fois le baiser, puis il murmura.
« Si tu meurs je te tue... »
Antonio cligna des yeux quelques secondes avant de rire légèrement, il comprit vite que même si les mots de Lovino paressaient méchants, ils étaient en fait plein d'affection... Son sourire tomba lorsqu'il entendit des voix au loin dans le village. Il s'empressa de glisser un peu vers l'eau pour aider Lovino à retourner dedans. Une fois dans l'eau, Lovino remua lentement sa queue de droite à gauche et fixa Antonio des yeux, les sourcils froncés, tout en faisant la moue. Ses yeux étaient encore humides et ses joues étaient rouges. Son menton se mit à trembler et quelques petites larmes se mirent à couler... Lovino se rapprocha du bord et s'y accrocha sans quitter Antonio du regard.
« Emmène-moi avec toi... murmura-t-il. »
Antonio écarquilla les yeux et sentit son cœur manquer un battement... Il regarda l'homme-poisson un instant et tendit la main pour caresser sa joue. Il se baissa, s'allongea presque sur la roche et posa un baiser sur le front de Lovino.
« Je ne peux pas... chuchota-t-il. »
Lovino grogna et se mordit la langue.
« C'est parce que j'ai des nageoires hein ? C'est ça ?! »
Antonio fut pris de court et baissa la tête en fermant les yeux. Lovino baissa à son tour la tête et commença à trembler, puis à sangloter. Antonio fronça les sourcils et leva doucement les yeux pour regarder la sirène. Ses larmes se mélangeaient aux gouttes d'eau salée. Le jeune homme caressa doucement sa joue pour le réconforter. Il se rapprocha un peu de lui et sursauta en entendant à nouveau des voix dans le village. Cette fois elles étaient plus fortes, donc plus proches. Il ne voulait pas que ces gens découvrent Lovino... ! Qui sait quels dangers il risquait en restant là. Antonio releva la tête de Lovino avec sa main et plongea son regard dans le sien. Lovino rougit et cligna des yeux. Il fronça une fois encore les sourcils et fit la moue. Antonio sourit tendrement et se pencha vers lui pour lui voler un baiser, un long baiser... Lovino rougit un peu plus et frissonna légèrement. Il ferma doucement les yeux et lui rendit son baiser. Antonio ressentit un mélange d'émotions... Il était ravi et enchanté que l'homme-poisson réponde à ses gestes, mais cela lui brisait également un peu plus le cœur... Il devait partir... et vite... Antonio murmura contre les lèvres de Lovino, tout en lui tenant l'arrière de la tête d'une main, et son poignet de l'autre.
« Tu vas me manquer... Je ferai tout mon possible pour revenir vers toi... ajouta-t-il. »
Lovino n'eut pas le temps de répondre... Aussitôt avait-il parlé qu'Antonio le repoussa doucement, s'empressa de se relever et remonta sur la roche qui servait de trottoir. Lovino, soudain tétanisé, recula un peu dans l'eau, sans interrompre son contact visuel avec le pirate. Alors que son visage ruisselait de larmes, il se rendit compte qu'Antonio était sur le point de craquer aussi. Ses yeux en disaient long... C'est alors que le pirate fit un mouvement de la tête pour indiquer à l'homme-poisson qu'il devait s'en aller, et surtout, se cacher des autres.
La sirène resta comme figée avant de lentement se laisser couler au fond de l'eau. Ses larmes ne firent qu'une avec l'eau... Il plissa les yeux et regarda l'ombre d'Antonio s'éloigner à travers les petites vagues. Lovino serra les dents et s'en alla à coups de nageoires, plus énervé et en colère que jamais. Il fonça et piqua vers le fond de l'eau. Ce fut plus court que d'habitude pour arriver au Palais. Comme toujours, il se faufila dans sa chambre, par la fenêtre, sans être vu. Il se jeta sur son lit avant d'enfouir son visage dans son oreiller pour laisser ses larmes disparaître aussitôt dans l'eau de mer... Il repensa à ce qu'on lui racontait lorsqu'il était petit...
Les sirènes n'ont pas de larmes, car elles vivent et nagent dans les émotions des générations passées.
~~~~~oOo~~~~~
Quelques heures passèrent avant qu'Antonio et son équipage n'aient fini de préparer le bateau pour prendre le large. Antonio n'avait jamais été aussi triste de prendre la mer... lui qui considérait les eaux de la planète comme sa deuxième maison... Il était sur le point de perdre l'être le plus précieux du monde à ses yeux, à cause de ces agents de la garde royale... Il grogna et monta sur la passerelle avant d'aller prendre le gouvernail. Il était temps. Tous les hommes étaient prêts.
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Lovino de son côté, avait passé ces quelques heures à réfléchir entre deux larmes... Il ne pouvait s'y résoudre. Il voulait être avec Antonio, coûte que coûte. Il avait pris une grande et grave décision. Si il devait en payer le prix, et bien il le ferait. Il se redressa et repoussa aussi bien que mal son lit de la porte. Cette fois il ne pouvait pas se permettre de sortir par la fenêtre... Il devait en glisser un mot à Feliciano et Elisaveta. Ce ne fut pas long pour trouver cette dernière dans les couloirs, elle était toujours matinale. Il se jeta sur elle, à sa grande surprise, et l'emmena en la tirant par le bras. La jeune sirène cligna des yeux et suivit le prince. Lovino la plaqua alors doucement contre un des murs et la fixa du regard.
« Où est Feliciano ? demanda-t-il, l'air fatigué,
‒ Je crois qu'il dort encore... ! »
Lovino hocha légèrement la tête et reprit sa course – en compagnie de l'autre sirène – en direction de la chambre de Feliciano. Cependant, il ne s'attendait pas à être vu par son autre frère, Marcello. Il venait de se réveiller et déambulait déjà dans le palais lorsqu'il aperçut son aîné... Marcello fronça un peu ses yeux et ses sourcils fatigués avant de les suivre lentement. Il comprit rapidement où ils allaient.
Alors que Lovino se précipita dans la chambre de Feliciano pour le réveiller, Marcello resta dehors et s'adossa au mur à côté de la porte. Il bailla un peu et croisa les bras avant d'appuyer l'arrière de sa tête contre la matière à moitié couverte de mousse et d'algues.
Feliciano quant à lui, était bel et bien endormi et enroulé confortablement dans sa couverture. Lovino s'approcha de lui et demanda à Elisaveta de l'aider à le réveiller...
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Le vent se leva juste à temps pour gonfler les voiles du navire d'Antonio. Le jour enfin levé, des villageois se réveillaient et d'autres sortaient de chez eux pour aller ici et là. On releva l'ancre afin de pouvoir commencer le voyage. Cela prit plusieurs longues minutes avant de pouvoir enfin quitter le port. Les vagues se cognèrent contre le bois du bateau tandis qu'il commençait à naviguer, en route vers l'horizon... Antonio ne savait pas vraiment où il allait emmener ses hommes... Et très franchement, il n'en avait plus grand chose à faire à cet instant... Son esprit retournait constamment auprès de la belle créature à qui il avait probablement brisé le cœur. Il se sentait misérable... Mais il ne pouvait pas laisser ses hommes à la merci de la garde royale. À moins qu'ils ne quittent son navire, il était le seul à pouvoir les protéger... Antonio poussa un long soupir au moment où Bella montait les marches pour le rejoindre.
« Et bien et bien Capitaine~ ! »
Elle lui offrit son plus beau sourire pour qu'il se détende. Elle savait et elle sentait bien que le jeune homme était tourmenté et troublé...
« Est-ce que ça va aller Antonio... ? »
Ce dernier la regarda vaguement et esquissa un petit sourire avant de tourner son regard vers la Méditerranée. Il poussa un autre soupir. Bella se mordilla la lèvre et se gratta l'arrière de la tête.
« Mmh... Je devrais peut-être vous laisser tranquille un moment... »
Bella sourit gentiment et tapota légèrement l'épaule du capitaine avant de redescendre par où elle était arrivée. Antonio essaya de se concentrer sur la manœuvre du bateau, mais il ne pouvait s'empêcher de penser à Lovino... Avec le peu de chance qu'il avait, il réussirait peut-être à revenir, mais il n'était pas sûr de pouvoir le revoir... Cela le rendait bien plus triste qu'il ne l'aurait imaginé.
~~~~~oOo~~~~~
Après avoir réveillé Feliciano, Lovino s'assit à ses côtés et resta silencieux quelques instants. Les lèvres serrées et le regard fixé sur ses nageoires. Il inspira profondément.
« Je vais partir d'ici. dit-il enfin. »
Les deux autres sirènes sursautèrent et écarquillèrent les yeux.
« TU QUOI ?! »
Lovino grogna, agacé, et releva la tête pour les regarder chacun à leur tour.
« Je vais m'en aller. Je me fiche du trône. »
Elisaveta s'approcha de lui et posa doucement sa main sur son épaule.
« Est-ce que c'est en rapport avec cet humain ? demanda-t-elle en tentant de garder son calme. »
Lovino fronça les sourcils et rougit fortement, il baissa la tête. Elisaveta soupira et posa sa main sur son front, l'air découragée.
« Lovino... c'est pas vrai... comment peux-tu ne serait-ce que penser à quitter ton royaume... ? Tu seras bientôt couronné roi pour prendre la succession de Romulus... ! »
Pendant ce temps, dans le couloir, Marcello était maintenant bien éveillé et n'en croyait pas ses oreilles. Son frère aîné ne l'avait même pas mis dans la confidence ! Mais ce n'était pas le plus grave... Le prochain roi en avait après un humain... ! Un HOMME ! Et il voulait partir à cause de lui ! Non... c'était impossible. Il devait réagir, il devait faire quelque chose... mais quoi... Que dire, que faire... et fallait-il craindre Romulus... ?! Marcello posa sa main sur sa bouche et se mordit les doigts pour être sûr qu'il ne rêvait pas éveillé. Il couina légèrement en se faisant mal. Il secoua sa main et se frotta la tête contre le mur...
Lovino se redressa et nagea lentement en cercle dans la chambre de Feliciano.
« Je me fiche du trône... Je n'en ai jamais voulu. On m'oblige à devenir roi seulement parce que je suis le plus âgé... Mais je n'ai jamais eu les qualités pour gouverner et prendre la succession de père. Et il ne pourrait pas le comprendre... soupira-t-il, À moins de trouver un arrangement... Père devra continuer sans moi, quoi qu'il advienne. »
Le prince se laissa tomber au sol et plia sa queue pour y enrouler ses bras. Il posa sa tête sur ses bras et soupira lourdement. Feliciano le regardait avec les yeux et la bouche grands ouverts.
« Euh... Est-ce... Est-ce que tu reviendras ? demanda-t-il d'une petite voix. »
Elisaveta et Lovino le regardèrent, estomaqués. La jeune sirène se tapa le front tandis que le prince eut un petit sourire en se gratta la tête. Son frère... il n'était pas toujours très malin, mais il était difficile de le détester...
« Je n'en sais rien... »
Feliciano fit une triste mine et baissa les yeux. Marcello quant à lui, battait lentement des nageoires pour rester sur place, les bras croisés autour de son torse. Il se mordait la lèvre et se demandait si il pouvait entrer et se mêler à leur conversation.
Lovino se redressa et remua sa queue de poisson d'un côté, puis de l'autre. Il ferma les yeux et réfléchit un moment... Feliciano et Elisaveta se lançaient des regards de temps en temps. L'air inquiets. Lovino lança un regard à Feliciano et remua le bord de ses lèvres en une petite moue. Il se tint légèrement le menton.
« Il nous faut quelqu'un d'autre que moi pour succéder au trône... murmura-t-il. »
Le plus jeune des deux écarquilla les yeux et se mit à couiner.
« Veee... ?! Ne me regarde pas comme ça... ! »
Lovino se mit à grogner et soupira.
« Je sais... je sais... Ne le prends pas mal mais je ne t'imagine pas vraiment prendre la succession... dit-il en se frottant le menton, Tu aurais trop de mal à faire ton apprentissage... »
Pour la première fois depuis une éternité, Feliciano gonfla les joues et fit la moue comme le faisait souvent Lovino... Ce dernier laissa échapper un petit rictus. Elisaveta sourit tendrement et alla gratter les cheveux du jeune homme-poisson.
« Vee~ ! »
Lovino soupira et alla s'adosser au mur de la chambre, il se prit la tête dans les mains et grogna profondément.
« Mais qu'est-ce que je vais faire... »
Elisaveta le regarda du coin de l'œil et son visage s'attrista un peu. Elle comprenait bien que Lovino ne voulait plus rester dans le palais, qu'il passait pour un égoïste, et pourtant, d'un autre côté, il ne voulait pas qu'on abandonne la couronne et le trône...
« Et si je m'en chargeais... ? »
Tout le monde sursauta dans la chambre et leurs yeux s'écarquillèrent lorsqu'ils virent Marcello entrer. Lovino blêmit et s'agrippa au mur derrière lui.
« Que... Qu'est-ce que tu fais là... ?! balbutia-t-il.
– Je... vous ai écoutés parler... murmura-t-il. »
Lovino eut l'impression que sa mâchoire tombait alors que Marcello se frottait le bras d'un air légèrement embarrassé. C'est alors que ce dernier toussota un peu et prit la parole.
« Je... Je n'arrive pas à comprendre ce qui t'arrive mais... J'ai au moins compris que... tu n'es plus capable de rester parmi nous... »
Feliciano couina et regarda chacun de ses frères. Elisaveta fixa du regard Marcello et se mordit la lèvre.
« Est-ce que tu... Tu dois vraiment t'en aller pour ça... ? demanda le plus jeune des princes.
– Qu'est-ce que ça peut te faire... grogna Lovino.
– Tu es mon frère enfin ! gronda Marcello. »
Le plus âgé des hommes-poissons dévisagea son petit frère, choqué et surpris... Il sentit son corps commencer à trembler et ses yeux s'embrumer. Il sentit qu'il était sur le point de pleurer. Il ne voulait pas qu'on le voit comme ça... Il en avait trop honte. Feliciano se précipita sur lui par instinct pour le réconforter mais Lovino le repoussa brusquement.
« Fiche-moi la paix ! »
Feliciano faillit tomber à la renverse mais son amie l'aida à se redresser et fronça les sourcils. Elle lui fit gentiment signe d'aller se poser sur le lit avant de se tourner vers l'héritier, qui faisait maintenant face au mur, les épaules tremblantes. Elle s'approcha doucement de lui à coups de nageoires alors que Marcello rejoignit Feliciano. Elle se pencha légèrement à sa gauche.
« Lovino... ? »
Ce dernier détourna la tête du côté opposé et renifla. Elisaveta se lécha un peu les lèvres et passa lentement son bras autour des épaules du prince. Elle essaya de le bercer un peu, comme une mère, et murmura au creux de son oreille.
« On va trouver une solution... Il est hors de question que tu restes ici et succombes de tristesse... »
Les deux autres sirènes sur le lit clignèrent des yeux. Lovino lui, s'arrêta peu à peu de trembler, et après quelques minutes de silence, baissa la tête comme un signe d'approbation. Elisaveta sourit et le prit un peu plus dans ses bras. Feliciano sourit de toutes ses dents et revint vers eux à présent que son frère était calmé. Marcello quant à lui, resta assis sur le lit de Feliciano. Il les regarda, silencieux. Lovino se retourna et se laissa être enlacé par les deux sirènes et ferma les yeux, il soupira légèrement. Même en fermant les yeux, son esprit allait vers le jeune homme à la surface... Les pommettes roses, il repoussa doucement Elisaveta et Feliciano. Il tapota l'épaule de son frère et lui offrit un sourire un peu déformé.
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Le petit groupe nagea discrètement vers la chambre de Lovino. Ce dernier se dirigea ensuite vers une de ses commodes en pierre et coquillage avant de l'ouvrir pour en sortir une espèce de petite sacoche. Il lança un regard en coin à Marcello.
« Marcello. »
Ce dernier sursauta et se redressa comme un soldat.
« Oui Lovino... ?
– Je te confie le trône. dit-il d'une voix posée. »
Elisaveta écarquilla les yeux tandis que Feliciano et Marcello étaient tout sourire.
« Lovino... ! Es-tu sûr de ce que tu fais... ? demanda-t-elle.
– Évidemment. Je lui fais confiance. »
Lovino mit sa sacoche sur son épaule et nagea dans un autre coin de sa chambre où se trouvait un tas d'algues, de plantes aquatiques et de petites roches assemblées de manière à former une sorte d'arche. Il y fourra sa main et chercha quelque chose. Lorsqu'il trouva ce qu'il voulait, un sourire discret se dessina sur ses lèvres. Il sortit sa main de là et écarta doucement les doigts pour laisser voir son petit hippocampe. La petite créature regarda Lovino avec ses yeux globuleux et se mit à nager autour de sa main avant d'enrouler le bout de sa queue autour de son doigt. Le prince sourit tendrement et baissa la tête pour frotter sa joue contre la sienne.
« Je m'en vais mon petit bonhomme... murmura-t-il. »
Le petit hippocampe eut l'air de comprendre et poussa un genre de crissement avant de lâcher le doigt du prince pour plonger sur lui et se propulser jusqu'à ses cheveux. Il s'y faufila comme un poisson clown dans une anémone. Lovino se redressa et fit une drôle de tête, il se retourna et regarda le reste du groupe dans la chambre. Feliciano avait soudain l'air triste, on aurait dit qu'il venait seulement de réaliser qu'il ne reverrait sans doute jamais son grand frère... Le plus âgé des trois se dirigea vers le cadet et lui tapota la tête, un sourire triste aux lèvres, il se permit d'enlacer Feliciano. Ce dernier ce mit à couiner et serra ses bras autour de lui. Elisaveta soupira légèrement et se joignit à eux, Marcello fit de même après plusieurs secondes.
Après une embrassade collective, Lovino se dégagea et glissa sa main dans ses cheveux à la recherche de l'hippocampe. Une fois sortit de là, Lovino plia sa queue pour s'agenouiller devant Feliciano. Il regarda son petit compagnon.
« Je te confie à mon petit frère... Je suis sûr... qu'il se fera un plaisir... de s'occuper de toi... »
L'hippocampe poussa encore un léger crissement et nagea contre la joue de Lovino. Ce dernier laissa échapper un léger rire mais son visage s'attrista lorsqu'il attrapa la créature doucement et la plaça dans les mains de Feliciano. Il redressa la tête et fixa son regard sur lui.
« Ne le néglige pas trop d'accord... ? Sinon tu auras affaire à moi. ajouta-t-il en souriant d'un air taquin.
– Vee... ! »
Le petit hippocampe enroula sa queue autour du doigt de Feliciano, et ce dernier sourit.
« Bon et bien... il est temps... »
Lovino se redressa et ajusta sa sacoche. Il regarda chacune des sirènes dans la pièce et soupira. Il fixa Marcello et lui dit.
« Il ne faut pas que père le sache... Fais en sorte qu'il ne découvre pas mon absence tout de suite. »
Marcello cligna des yeux et hocha doucement la tête. Lovino tendit la main vers lui, et Marcello la repoussa... À la place il le prit de nouveau dans ses bras. Feliciano en profita pour câliner son frère aussi. Elisaveta resta à côté, et les regarda, l'air pensive, les bras le long du corps. Une fois qu'ils se séparèrent, le prince se dirigea vers la sirène et fit une petite moue.
« … Adieu Elisaveta... »
Cette dernière sourit tristement et se pencha vers lui pour l'embrasser sur la joue.
« Fais attention à toi Lovino... »
Lovino rougit comme une tomate et lui sourit d'un air charmeur, il hocha légèrement la tête. Il fit un lent et long tour sur lui-même pour admirer sa chambre une dernière fois... Une fois sûr et certain de n'avoir rien oublié, il se tourna enfin vers la fenêtre et nagea vers elle. En quelques secondes il sortit du palais royal et fit un signe de la main à ses proches qui étaient restés dans sa chambre. Il veilla à ne pas être vu par d'autres sirènes ou des gardes. Lovino se mit à battre des nageoires rapidement et finit par disparaître dans les eaux vastes de la mer... Partant vers l'inconnu à la recherche d'Antonio...
Il ne se doutait pas de ce qui l'attendait...
