Honesty
J'aurais du mettre ce chapitre avant, mais je n'en ai pas eu le temps, alors je ne l'ai pas fait, Je suis désolé et pour me faire pardonner l'attente, je vous mets deux chapitres au lieu d'un. La condition pour avoir la suite, c'est qui si vous lisez les deux chapitre, s'il vous plait, reviewé les deux. Je sais, j'en demande beaucoup, mais la suite n'est pas encore écrite, alors, j'ai besoin d'encouragement pour continuer, merci beaucoup d'avance et bonne journée!
Honesty
Chapitre 4 – Des imbéciles
Riza ne dormit pas pendant près de 48 heures. Elle tombait de fatigue, mais elle veilla son supérieur aussi longtemps qu'elle le pouvait, en s'assurant de garder sous sa garde Roy et Jean à la fois pour être sûre et certaine que personne ne vienne les lui ravir. Il était hors de question de perdre l'un d'eux. Elle avait eu si mal quand elle avait cru ne plus jamais revoir son colonel. Et Havoc. Ça lui avait porté un coup. Fuery lui avait promis de s'occuper de Black Hayate et elle se fit passer un savon par Mustang.
-Vous n'êtes qu'une imbécile! Vous laissez berner par l'ennemi ainsi. N'abandonnez jamais votre vie pour si peu de chose lieutenant!
Riza essuya cette réprimande, qui devait bien être la première qu'il lui ait jamais faite. Et elle voyait la colère la plus totale dans les yeux de son colonel, si bien qu'elle affichait un visage contrit, ressentant de réels remords à l'idée de l'avoir déçu. Elle lui avait failli.
Elle ignora cependant que Roy s'en voulait déjà pour lui tomber dessus. Il espérait seulement rendre clairement sa volonté, pour qu'elle ne passe plus aussi près de la mort à cause de lui. Alphonse ne serait pas toujours là pour sauver le coup. Lui-même, le flame alchemist n'aurait rien pu faire pour la défendre. Il avait une boule dans la gorge en réalisant qu'il avait rarement pu se montrer à la hauteur pour la défendre. Et pourtant, il avait souvent pris sa défense. Contre Derek. Contre Kimblee, lors de la guerre d'Ishbal. Il se trouvait ridicule. Et sa blessure ne cessait de le faire souffrir, tel de l'huile lancée sur le feu de sa honte. Il était réduit à un tel état de faiblesse qu'il se retrouvait entièrement dépendant de la jeune femme.
Quand il eut craché toute sa hargne, il baissa le regard, n'osant plus voir sa douce minée par les paroles qu'il lançait. Il ne voulait pas la désespérer. Il ne voulait pas qu'elle se sente coupable. Il ne voulait pas la perdre en fait et c'était tout ce qui le motivait. C'est pourquoi dans ce qu'il ajouta, la voix de Roy s'était adoucie.
-Malgré tout, je crois que je peux toujours vous faire confiance. Et j'ai toujours besoin de votre aide.
Le ton du colonel était d'abord si doux que Jean éprouva de la gêne un instant, mais la voix de son supérieur s'affermit, car il s'adressait à chacun de ses lieutenants.
-Eh bien, ce sera sans moi, avoua Havoc, à la consternation de ses deux camarades. Je ne sens plus mes jambes. Les docteurs pensent que je serais sûrement paralysé à vie.
Roy n'était pas d'accord. Il s'était déjà plaint de la présence de son second lieutenant, mais c'était pour passer ses nerfs à fleur de peau sur quelqu'un d'autre que Riza. Il avait l'impression d'en vouloir au monde entier. En fait, il n'avait pas autant perdu que Jean et aucune raison d'être furieux.
Le colonel passa une semaine à l'hôpital. Son premier lieutenant veillait à son chevet presque 24 heures sur 24, prenant du repos quand Fuery ou Falman venait la remplacer. Breda leur aurait bien envoyé ses sympathies, mais il était venu à court de vacances après avoir raccompagné Edward Elric jusque dans le désert. Il ne pouvait plus s'absenter du bureau, sinon, il aurait de grave problème avec la direction.
Le corps de Roy lui rappelait douloureusement sa présence à tout heure du jour ou de la nuit et ses blessures le rendaient fou de rage, mais il ne pouvait se défouler sur personne d'autre que lui-même, car Jean était déjà plutôt abattu. Cependant, il y avait certaines choses qui lui assuraient un réconfort valant bien la souffrance qu'il éprouvait.
La simple constance de Riza dans sa surveillance facilitait la vie du colonel. L'humiliation de ne rien pouvoir faire sans l'aide d'une infirmière était égale entre les deux occupants de la chambre. Par exemple, une fois aux deux jours, chacun recevait la chance d'être lavé par une infirmière. Havoc étant paralysé, il avait droit à un lavage complet, expérience vaguement traumatisante même pour l'homme d'âge mur qu'il était, qui se produisait derrière la protection d'un rideau vert.
L'un de ses fameux jours, le rideau tiré sur le côté du fumeur éploré, Roy dormait paisiblement alors que Riza était assise à son chevet, avec de légers cernes sous les yeux. Elle échangeait de place avec Fuery pour avoir la chance de dormir et au QG, la disparition de presque tous les hommes de Mustang faisait beaucoup parler.
La jeune femme regarda le visage endormi de son supérieur, retenant son sourire. Elle avait peur que quelqu'un ne réalise ce qu'elle ressentait secrètement pour lui. Si quelqu'un savait ce qui les liait l'un l'autre, ils risquaient gros. Mais elle ne pouvait pas s'empêcher de le regarder sommeiller et de songer à la chance qu'elle avait de toujours le voir vivant. Il était si beau, si enchanteur quand sa figure ronde se débarrassait de tous ses soucis. Il semblait paisible. Pour la première fois depuis des jours.
Roy ne dormait pas très profondément et sentit bientôt le regard insistant posé sur lui. Il entrouvrit un œil, à peine, en changeant doucement de position, comme s'il était encore en plein sommeil. Sa main droite se retrouva sur le bord de l'oreiller. Libre et offerte. Riza avait immédiatement vu son œil noir et brillant. Elle hésita un instant, car s'il n'y avait pas eu tous les risques qu'ils courraient en tout temps, elle aurait bien caressé le visage et les cheveux épars de son supérieur. SON colonel. Il lui semblait qu'il ne lui appartenait plus qu'à elle en ces quelques secondes où ils pouvaient s'isoler un peu malgré la présence de Jean et de l'infirmière qui s'occupait de lui.
Le soldat rouvrit entièrement ses yeux noirs et attrapa la main que la jeune femme avait laissée près de son lit dans la sienne. Sans oser lui replacer ses mèches folles, elle s'était peut-être trop rapprochée de lui, inconsciemment ou pas. Elle voulut retirer sa main, mais il la serra avec force. Elle répondit à cette pression, pour le voir sourire en refermant les yeux. Il était content qu'elle soit là. Heureux de ne pas être seul. Aucun d'eux ne rougit, d'abord, parce qu'ils avaient déjà fait cent fois plus que de se tenir par la main, mais surtout parce que ce geste involontaire les aurait vendu. À l'armée, il faut contrôler ses émotions mieux que le meilleur des comédiens.
Il remua les lèvres sans dire un mot, comme pour qu'elle devine les quelques mots qu'il aurait souhaité lui dire. Elle sourit à son tour, en détournant doucement le regard, pour vérifier que le rideau vert ne bougeait pas. De son passé, quelque petite chose lui manquait. Mais il lui restait toujours Roy, qui était le plus beau morceau de sa vie.
Ils se rappelaient qu'enfant, le futur colonel avait été déposé devant la maison de maître Hawkeye par son père. Un homme grand et brun, tout de noir vêtu, qui poussait son petit devant lui. Riza était encore une enfant alors, pas plus haute que trois pommes. Les deux bambins, intimidés par les adultes inconnus n'avaient pas fait très amples connaissances.
Par la suite, le petit Roy avait appris studieusement, mais à 7 ans, la théorie alchimie devient vite lassante. Il avait fui son professeur et retrouver la fille de ce dernier. Ils avaient joués ensemble à chaque fois qu'ils l'avaient pu. C'était l'un des seuls compagnons de jeu qu'elle ait jamais eu. À cette époque, déjà, ils s'étaient tenus par la main. Mais en vieillissant, le futur soldat était devenu plus sérieux, plus ambitieux et avait délaissé la fille de son maître pour se consacrer entièrement à ses études sur l'alchimie. Riza ne lui en voulut pas, car elle ne savait trop que pensé de lui. C'était comme d'avoir un cousin qui fait un saut à la maison et vous salue de temps à autres. Il venait à plusieurs semaines d'intervalle, parfois à plusieurs mois d'intervalles. Elle ne savait jamais quand il arriverait et quand il ne serait pas là. Elle s'en préoccupait peu pourtant.
À l'adolescence, la jeune fille échappa si régulièrement aux salutations polies qu'elle échangeait avec Roy qu'elle en oublia presque son existence. Son père la lui rappelait en lui parlant de ses progrès indéniables. Puis il y eut Derek qui vint prendre tout le temps libre qu'elle avait, ou presque. La mort de maître Hawkeye l'avait rapproché du soldat, indéniablement. Elle lui avait dévoilé tous les secrets qu'elle portait sans que ces derniers ne lui appartiennent. Il l'avait vu à demi nue si souvent. Et pendant la guerre…
Comme il entrouvrait les yeux, Roy la vit remuer les lèvres à son tour, presque imperceptiblement. Il fut certain de lire ses paroles, les mêmes que celles qu'il aurait voulu dire : Je t'aime.
Fuery entra à ce moment et ils se lâchèrent précipitamment la main. Le petit intermède interrompu ne les attrista pas, leur laissant plutôt une foule de souvenirs. Le colonel ne comprenait pas pourquoi il était aussi nostalgique, mais son esprit semblait deviner ce qui l'attendait. Inconsciemment, il savait qu'il serait inévitablement séparé de son lieutenant. Cet état de fait l'attristait beaucoup, bien qu'il ne comprenne pas ce qui expliquait…
-Colonel, vous avez le droit de quitter l'hôpital!
Ce fut le premier pas vers une nouvelle vie, vers l'écroulement de l'existence du colonel, car il l'ignorait, si son docteur lui donnait le droit de sortir pour se promener librement, il était la proie de King Bradley et ce dernier s'apprêtait à le prendre au piège comme on ferre un poisson à la pêche.
Une heure plus tard, après avoir échangé un sourire fragile avec Riza, que Roy ne voulait pas que Jean voit étant donné que son camarade resterait coincé dans cette chambre d'hôtel encore longtemps, l'homme passait un manteau noir qui le tiendrait chaud. Il devrait encore se ménager, car sa blessure le laissait temporairement handicapé. Ces quelques jours alités l'avaient d'ailleurs empêché de se garder en forme.
Il quitta Havoc en l'encourageant, lui déclarant qu'il l'attendrait au sommet s'il le fallait, car pour rien au monde Mustang n'aurait abandonné l'un de ses hommes. Il ne pouvait pas se douter de ce qui l'attendait. Autrement, il aurait su que tout était perdu d'avance.
-Hawkeye. Quelles sont les nouvelles du dehors?
Malgré tous les efforts qu'il avait déployé, Roy n'avait pas eu le droit à beaucoup de nouvelles de la part de ses collègues. Riza hésita un peu avant de lui annoncer les communiqués de presses de l'armée, relatant que le fullmetal se faisait remarqué avec une insistance dangereuse pour sa propre sécurité.
Fronçant ses sourcils noirs, le colonel décida d'aller voir ce que fabriquait le jeune garçon. Quand ils rencontrèrent le nain et l'armure, ce fut pour découvrir à leur grande surprise qu'Edward servait d'appât pour attirer Scar et les homoncules. Étant ce qu'il était, et ayant vécu un combat titanesque avec Lust, Roy voulait en savoir tout autant que le jeune et ce dernier ne pouvait même pas se douter que Mustang méritait plus que personne d'autre de partager ses découvertes. Enfin, le flame alchemist était quand même le seul être humain à avoir tuer un homonculus!
-Ici le district 13, Scar nous attaque, c'est… Argh!
Roy cessa de se pincer le nez, appréciant la diversion qu'il avait l'occasion de jouer, retrouvant son âme de petit garçon à l'idée de la tête que les officiers devaient faire en entendant toutes les alarmes qui débarquaient en même temps. Scar semblerait bientôt se trouver partout à travers Amestris et même le généralissime ne saurait où donner de la tête.
-Scar est au district 17, vite, il faut que quelqu'un vienne pour… Gorjjja!
Riza le regardait faire en haussant les sourcils, un peu honteuse de voir son supérieur se montrer aussi enfantin et se demandant également si les sons qu'il émettait en se montrant de plus en plus inventif dans les onomatopées, pouvaient bien ressembler à des cris de douleur. Heureusement, il n'en produisit pas à chaque message d'alerte, changeant toujours sa voix d'une façon différente, la rendant plus jeune, plus naïve, plus grave, plus rauque ou carrément geignarde. Elle le savait un peu comédien, mais à ce point! Les efforts qu'il mettait à aider le pauvre Edward montrait bien à quel point il tenait à la réussite de son plan.
Elle ne put s'empêcher de sourire, se demandant comment autrefois, cet homme prenant tous les tonalités de la peur et de la frayeur simplement pour jouer diversion avait pu être son plus grand protecteur. À la mort de son père, Hawkeye s'était retrouvé au plus mal, surtout une fois que Derek l'avait trahi. Elle ne comprenait pas pourquoi ses souvenirs lui revenaient ces derniers temps, mais elle se revoyait encore, au creux des bras de Roy, à sangloter après avoir été malmenée par le garçon qu'elle avait cru si longtemps doux comme un agneau.
Il lui était vraiment cher, son colonel. Même assis là, au milieu de cette dizaine de radio, à faire des branchements, à crier dans des micros et à chuchoter des avertissements, coupant toujours trop vite la communication pour être repéré. Un grand enfant, décidément, comme la plupart des hommes. Il s'esclaffait encore quand elle posa une main sur son épaule pour l'arrêter. Il devait se montrer sage quand même. S'il exagérait trop, les soldats de Central finirait par comprendre le subterfuge et peut-être serait-il même démasqué, parce qu'il aurait laissé trop d'indices.
-Je crois que vous en avez assez fait.
-Vous avez bien raison, approuva-t-il.
Ils restèrent à l'écoute des rapports des soldats sur les autres lignes pour savoir comment les choses s'enlignaient. Le temps sembla s'éterniser. Roy essayait de reprendre le court normal de ces pensées et de se concentrer uniquement sur la situation présente, mais faire le vide lui était impossible. Toute cette panique, la mort qu'il côtoyait si régulièrement lui pesait. Cela lui rappelait la guerre. Après Ishbal, sa vie n'avait plus jamais été la même. Tout comme celle de Riza. Il se rappelait parfaitement chaque seconde de l'horreur. Chaque hurlement et l'odeur de la chair brûlée remontait à ses narines, bien qu'il ne se soit plus servi de ses gants ou de ses flammes depuis des semaines.
Hawkeye restait assise à côté de lui, à prêter l'oreille à ce que les soldats échangeaient comme information. Il aurait voulu lui parler et lui lança un regard à la dérobée. Leurs yeux se croisèrent. Tout en suivant les nouvelles, ils se remémoraient leur première retrouvaille après qu'il l'ait secouru de Derek. Sur les terres d'Ishbal, au milieu des vivants et des morts.
Ses yeux bruns qu'il aimait tant avaient changé pour devenir ceux d'une meurtrière, exactement comme lui. Elle tuait chaque jour, protégeant les soldats en ne courant de risque que de la culpabilité. Les supérieurs, une fois de temps en temps, devenait fou et perdait patience et il arrivait qu'il lève la main sur des subalternes récalcitrant. Les femmes de l'armée avait taillé leur place malgré bien des préjugés mais se faisaient malgré tout moins nombreuses que les hommes. Elles courraient des risques particuliers au sein des soldats éprouvés par la guerre. Mais Riza savait se défendre. Et après que Kimblee l'ait inquiétée de ces remarques odieuses, Roy s'était posé comme son protecteur inconditionnel. Personne ne voulait faire face au bouillant jeune homme. Les hommes d'Amestris étaient trop fatigués pour se battre entre eux. Mais pour Hawkeye, Mustang se serait battu. Il comptait bien lui épargner le plus de violence possible.
Cependant, ce fut elle qui l'éprouva lors de leurs quelques entretiens au milieu de la guerre. Elle avait des amis parmi les soldats, mais le fait de tuer chaque jour, aussi simplement que lorsqu'on prend son petit déjeuner la minait. Les réactions étaient différentes pour chaque individu, mais Roy et Riza avaient les mêmes. Ils partageaient les mêmes points de vue et le fait de se détruire tout deux à petit feu semblaient pire quand ils se voyaient l'un l'autre pour constater la gravité de leurs actes.
C'est pourquoi à la fin de la guerre, alors qu'il commençait à sérieusement envisager le suicide s'il ne parvenait pas à se hisser au rang de président, il avait vite accepté d'acquiescer à la requête qu'elle lui avait faite. Il se rappelait sa crise à propos de l'alchimie.
-Pourquoi Mustang? Pourquoi est-ce que l'alchimie ne sert pas au bonheur du peuple?! avait-elle demandé.
Il la fixait avec des yeux contrits à cette époque. Il se sentait coupable d'avoir pris tant de choses à cette femme pour ensuite lui apparaître comme un monstre, semblable à ce fou de Kimblee, qui se servait des pouvoirs qu'elle lui avait permis de gagner pour assassiner autant de gens qu'on le lui commandait. Riza savait qu'ils n'avaient pas le choix, mais sa naïveté d'enfant la quittait pour de bon alors qu'elle constatait l'ampleur du mal qu'elle avait laissé se produire en accordant sa confiance à cet homme qu'elle croyait connaître. Les mots n'avaient pas leur place à ce moment et rien n'aurait pu effacé la peine de la jeune femme. C'est pourquoi elle décida d'effacer par elle-même ce qui les liait. Ce qui définissait les années de recherche de son père.
Il la retrouva agenouillée devant une tombe, si pauvrement faite que la jeune femme devait tout juste l'avoir terminée de ses propres mains.
-Vous ne venez pas? Si vous restez, vous serez laissée derrière, remarqua-t-il.
Elle ne répondit pas et il insista.
-C'était un camarade? demanda-t-il.
-Non, un enfant Ishbal. Il a été frappé par des balles perdues et laissé seul ici.
La voyant s'appesantir, il l'encouragea à le rejoindre. Il n'aimait pas la regarder ainsi, alors qu'elle lui tournait le dos et retenait ses larmes depuis si longtemps déjà. Cela lui rappelait l'enterrement de son maître.
-Venez avec moi, cette guerre est finie maintenant.
Roy sentait une boule se former dans sa gorge et Riza fut secouée d'un frisson en devinant la tendresse dans ses paroles. Ce qu'elle aurait donné pour le croire et tourner la page sur cette tragédie. Elle ne le pouvait pas pourtant. Jamais.
-Cette guerre n'est pas encore finie en moi. J'ai pris les vies de ces gens alors que je m'étais joint de mon propre chef à l'armée dans l'espoir d'amener le bonheur aux gens que je pourrais protéger. Mais je n'ai rien fait d'autre que de répandre la destruction parmi des innocents. Surtout en acceptant de croire que vous pourriez…
Elle se tut pour ne pas le blesser, avant de poursuivre.
-Elle ne cessera sûrement jamais. Même si je ne souhaitais pas que tout ce termine ainsi, je ne peux ignorer les faits. Pleurer, nier la vérité me repentir ou demander pardon, il s'agirait d'agir comme les tueurs égoïstes qui cherchent à justifier leurs actes. Mon arrogance ne va pas jusque-là, mais Mr Mustang, il y a quelque chose que je dois vous demander. Ce serait…
Sa voix flancha tandis que ses poings se crispaient sur ses cuisses. Elle trembla et Roy crut qu'il ne survivrait pas à cette journée. Il aurait voulu la prendre dans ses bras et lui faire oublier tout le mal, mais il n'osait pas la toucher de ses mains qui avait répandu tant de mort. Jamais plus il n'oserait le faire. Pourtant, ce fut ce qu'elle lui demanda, de façon détournée.
-Brûler mon dos, s'il vous plait, Mustang.
-Qu'est-ce que tu… Jamais je ne pourrais…!
-AU MOINS! l'interrompit-elle en hurlant et redressant un peu la tête, comme si elle retrouvait sa force de caractère. Au moins, si je ne peux pas me repentir pour tout le mal que j'ai fait, aidez-moi afin que je ne donne plus naissance à un nouveau flame alchemist. Que le secret sur mon dos ne serve plus jamais à personne.
Elle se retourna pour le regarder droit dans les yeux et vit à la fois la honte et le trouble que lui inspirait sa requête. Il était confus, mais la détermination qu'elle afficha en poursuivant acheva de le convaincre.
-Pour qu'enfin je n'ai plus de liens me rattachant à mon père ou à l'alchimie et que je puisse vivre en tant que Riza Hawkeye, en tant qu'individu et non qu'objet de savoir.
Il baissa les yeux, hésitant. Comment pourrait-il lever la main sur elle, en usant des mêmes méthodes que de celles dont il s'était servi contre les Ishbals alors que déjà, il faisait des cauchemars éveillés de toute la série de meurtre qu'il avait osé commettre durant cette guerre insensée? Blesser Riza alors qu'il ressentait pour elle autant d'attachement que si elle était sa soe... Non, elle était plus encore. Elle l'ignorait, mais il ne la voyait plus comme une sœur depuis longtemps déjà. Sinon, pourquoi l'aurait-il cherché sur le champ de bataille, alors qu'il avait enfin la chance de quitter ses lieux terribles?
À ce moment, il aurait pu le lui dire, mais il voyait ce qu'elle voulait et comprenait parfaitement ce qu'elle demandait. À sa place, sûrement aurait-il été le premier à agir ainsi. Mais Roy la regardait avec les yeux de l'agresseur. Ce serait lui qui la brûlerait. Lui qui lui infligerait une souffrance supplémentaire à tout ce qu'elle endurait déjà.
-S'il vous plait, répéta-t-elle.
Il accepta.
-À force de tuer des gens, je sais parfaitement comment contrôler mes flammes. Je pourrais vous brûler sans nuire à votre santé. C'est ironique quand même. Je suis devenu trop habitué à brûler des gens dans cette bataille.
Ils échangèrent un court regard. Elle restait là, accroupie à quelques pas et Roy rebaissa les yeux vers son gant.
-Je brûlerais votre dos, Riza. Mais pas ici. J'ai beau avoir de l'expertise, ce n'est pas sans risque. Venez et relevez-vous. Je vous libérerai bientôt de ce fardeau que vous supportez depuis trop longtemps maintenant.
Il rangea son gant dans sa poche, incapable d'endurer ce qu'il symbolisait. Blesser Riza représentait un sacrilège. Il tenait à elle. À ce moment de sa vie, le futur colonel ignorait encore combien il tenait à elle. Mais au moins, il avait encore la chance de l'afficher un peu. Maintenant, il devait faire attention au moindre de ses gestes. « Alors que j'ai besoin de vous plus que jamais », pensait-il en observant son lieutenant.
Hawkeye sursauta en entendant le nom des frères Elrick. Leur combat avec Scar avait attiré une créature terrifiante dans un secteur particulier de la ville. Revenant au moment présent tous les deux, ils se raidirent, avant que la jeune femme ne se lève, pour entamer la suite du plan.
-Vous allez leur apporter un peu de soutien.
-Oui, monsieur.
-Il y a une maison vacante dans les bas quartiers que vous pourrez utiliser. Si quelque chose arrive, nous nous rencontrerons là-bas.
-Oui, monsieur.
-Ne vous faites pas suivre.
-Oui, monsieur
Elle retira sa veste de soldat, empruntant les lunettes de rechange de Fuery pour passer plus inaperçue. Elle prit une veste, installant ses fusils dans sa ceinture, sous le regard attentif de son supérieur. Tant de souvenirs lui venait quand il la voyait faire ses gestes. Elle s'était déjà déshabillée devant lui. 5 fois. Les quatre séances durant lesquelles il avait découvert les secrets de l'alchimie de feu. Et lorsqu'il avait répondu à sa requête et brûler son dos.
-S'il y a le moindre progrès, je vous contacterais ici, alors que je ne vous vois pas vous pointez sur le champ de bataille, vous êtes toujours convalescent! Restez en sécurité ici… s'il vous plait.
-D'accord.
Après ses recommandations données en rafale, c'était au tour de la jeune femme. Elle se rappelait bien comment il avait surgi au cours de leur dernière opération et combien elle était passée proche de le perdre. Pas question de revivre ça de sitôt.
-Ne pensez même pas à essayer de me rejoindre! l'intima-t-elle.
Il avait répondu automatiquement tout à l'heure, mais cette fois, Roy acquiesça comme un enfant prit en faute par sa mère. Elle le connaissait. S'il s'inquiétait pour elle, il risquait de tenter quelque chose d'héroïque alors qu'il ne pourrait pas réagir aussi rapidement qu'à la normale.
-Bien, lieutenant. Je serais tranquille.
à suivre (tout de suite vous pouvez retrouver la suite, mais reviews hen, parce que ça mérite un merci)
