Oh non…
Ce n'était pas vrai…
Ca ne pouvait pas être vrai !
Chloé paniquait. Elle paniquait comme jamais elle n'avait paniqué de sa vie. Loïs avait disparue. D'un coup, comme ça. Sans préavis, elle avait littéralement disparue de l'écran.
Et elle ne répondait pas aux appels de Chloé.
Oh merde, merde… comment était ce possible… ?
Inspirant profondément, la jeune femme tenta de se calmer. Peine perdue, mais ce geste lui permit de retrouver ses esprits, et de se fixer un but précis dans la tête : retrouver Loïs.
Elle retourna son regard sur l'ordinateur, faisant pianoter ses doigts sur le clavier. Elle passa la séquence au ralentit. Rien. Encore et toujours rien. Elle avait beau faire défiler les images une par une, Loïs disparaissait toujours de l'écran d'un coup.
Se calmer. Réfléchir. Quel pouvait être ce pouvoir ?
Chloé savait qu'on ne pouvait voir le krypto-monstre. Elle savait que les personnes affectées, comme les malfrats, voltigeaient toutes en même temps. Elle se rendait compte aussi que ces interventions étaient trop rapides pour que l'on puisse les contrer. La sonnerie de la bijouterie, le temps de réaction… à chaque cas de figure, Loïs se trouvait dans les 500m alentours… qui… qui pouvait bien arriver comme cela, à chaque fois ? Elle ne voyait rien sur les écrans, et elle se rendait compte que leur adversaire n'était pas omnipotent. Il avait d'abord emmené la victime et l'agresseur, et était… revenu chercher Loïs. Tout cela avait été si rapide…
Rapide…
Etait ce cela, le pouvoir krypto-monstre d'un des nouveaux héros ? La rapidité ?
Non… cela n'expliquait pas tout. Elle l'avait entendu à travers l'oreillette. Ce coup de feu… il avait été tiré. Qu'était devenue cette balle ?
Chloé modifia la trajectoire des caméras, passant à vision infrarouge. Elle visionna le mur le plus proche se situant dans la trajectoire du tireur. Il n'y avait aucun impact de balle…
De même, dans cette bijouterie… la vitesse n'expliquait que l'on puisse ainsi faire voltiger des hommes…
Chloé cessa ses réflexions. Elle n'arriverait pas au bout de son raisonnement. Pas avec si peu d'information. Et puis… Loïs avait disparue ! Elle était en danger, et Chloé devait la retrouver. Le signal GPS de l'oreillette avait disparu. Elle ne le trouvait nulle par dans toute la ville ! Comme si il était brouillé… Quelle merde ! Il fallait décidément la surveiller sa cousine ! C'était décidé, dès le moment où Chloé Sullivan retrouverait Loïs Lane, elle enfermerait cette dernière à double tout dans l'appartement, et ce durant une semaine ! Et au diable le Daily Planet !
Décidée, Chloé s'arma pour la guerre.
Une minute plus tard, elle était dans la rue, se dirigeant d'un pas rapide vers le lieu de l'agression. Il était si proche… elle passa par une des rues principales de la ville, bondée à cette heure. Il n'était pas étonnant que le coup de feu n'ais pas effrayé les concitoyens. Cela faisait des années que le bruit des armes à feu était devenu le pain quotidien de Metropolis. Ce bruit était devenu aussi banal que celui d'un klaxon…
Chloé traça sa route, une main tenant fermement la bandoulière de son sac à main, son autre main fermement maintenue dans sa poche.
Dans cette poche, un révolver.
Chloé avait enlevé la sécurité au moment même où elle avait claqué la porte de son appartement. Il y avait quelque chose qui rodait dehors. Et ce quelque chose avait enlevé sa cousine.
Elle n'était pas une débutante avec les armes à feu. Quand on était élevé par le Général Sam Lane, on était, par la suite, tout sauf sans défense. Loïs savait chasser le daim à l'âge de 8 ans. A 13 ans, Chloé savait manier le révolver.
Loïs avait catégoriquement refusée de porter une arme sur elle en tant que Talon Aiguille. De toute façon, où diable aurait elle pût dissimuler l'arme dans sa combinaison. Elle n'avait même pas la place pour des chaufettes, alors…
Mais la cousine de Loïs, elle, ne crachait pas sur son arme à feu. Surtout dans cette situation. La brune, elle, n'avait rien pût faire. Talon Aiguille n'avait rien pût faire. Mais Chloé devait se rendre sur les lieux. Pour chercher un indice, pour se rendre compte. Ramenant sa casquette de style ouvrier sur son visage, elle s'engouffra dans la ruelle de la disparition. Baissant la tête, la rentrant le plus possible dans le col de son manteau, elle arriva s'immobilisa au milieu de la ruelle, à l'endroit exacte où s'était tenu Loïs quelques minutes plus tôt.
Il n'y avait aucune trace quelconque. Aucun indice, rien que quelques gouttes de sang, seuls souvenirs de la bagarre.
Chloé s'immobilisa, toujours accroupie au sol. Il fallait qu'elle réfléchisse.
Ces nouveaux héros avaient Loïs. Ils l'avaient enlevé pour x raison, peu être pour savoir ce dont elle était capable. Pouvoir quelconque, informations diverses. Mais Loïs ne savait rien. La brune était un cancre en informatique, où du moins était loin, très loin du niveau de Chloé. Tout ce que Loïs savait, c'était comment frapper avec ses petits poings. Elle ignorait même à quels réseaux Chloé se connectait pour mener leur double vie. En clair, en l'espace de 10 minutes, les ravisseurs se rendraient comptent que sa cousine était loin d'être une mine d'or, sauf pour la parlotte, les questions zarb, et le mal de crâne.
En revanche, ils allaient découvrir très vite l'identité de Loïs Lane. Ils en avaient les moyens, elle en était consciente. Et ils remonteraient à sa famille. A son appartement. A Chloé Sullivan, sa colocataire. Ils remonteraient à son ordinateur. Aux informations.
Chloé relava précipitamment la tête. En haut du toit, une silhouette la fixait. Elle sortit son révolver de sa poche, mettant en joug l'inconnu. Il fallait qu'elle fasse quelque chose, sinon…
Ce qu'elle redoutait se produisit. Son portable émit une drôle de sonnerie étouffée, identique à celle de « Battle Royal ». Cette sonnerie n'avait qu'une signification pour Chloé. Quelqu'un était chez elle et tentait de pirater son ordinateur, détruisant pare feu sur pare feu.
Il fallait agir, et vite. Son ordinateur n'avait pas les mêmes capacités, ni les mêmes possibilités que ceux de Tess Mercer. Il ne tiendrait pas longtemps fasse à un piratage.
Il était hors de question qu'elle rentre chez elles, ses nouveaux ennemis l'attendant sûrement. Oui, dès à présent, ils étaient ennemis. Eux même devaient les considérer, elle et sa cousine, comme tel. Après tout, dès l'apparition des nouveaux venus, les cousines, la population entière s'était méfiée. Des pouvoirs, des identités secrètes… et s'ils étaient du mauvais coté ? Et si ces bonnes actions n'étaient qu'une couverture ? Eux aussi devaient se poser les mêmes questions à propos des cousines. Et ils agissaient.
Chloé aussi devait agir. Et seule.
Elle jeta à terre son téléphone portable et son oreillette, baissant son révolver vers ses effets. Sans état d'âme, elle tira sur les deux objets, ses deux tirs faisant mouche, réduisant à néant les gadgets.
- A tous, dit la silhouette sur le toit, que Chloé n'entendit pas. Elle vient de bousiller son téléphone et l'oreillette.
- C'est une pro de la sécurité informatique, répondit une voix grave dans l'oreille de la première. Elle connaît la procédure.
Chloé recula, tenant en joug la silhouette sur le toit. Une fois arrivée sur l'artère principale, elle rangea son révolver, le cachant des passants. D'un pas rapide, nerveux, elle se dirigea vers la station de métro la plus proche, la tête toujours baissée, ses yeux allant de droite à gauche.
Il fallait qu'elle tienne… il ne fallait pas qu'ils la chope. Il fallait tenir jusqu'à demain. Demain, elle irait au Daily Planet, et tout s'arrangerait. Son portable était facilement trassable, et si l'oreillette était aux mains de l'ennemi, sa jumelle pouvait être repérée. On pouvait raisonnablement penser que ces gus pouvaient eux aussi cracker les caméras de vidéo surveillance de la ville, tout comme elle. Il fallait qu'elle parte du principe qu'ils étaient meilleurs qu'elle. Envisager le pire des scénarios était la condition pour la mener à la victoire.
Il fallait qu'elle échappe aux caméras, qu'elle échappe à leurs regards.
Restant le plus possible au milieu de la foule, la jeune femme s'engouffra dans le wagon de métro, mettant en œuvre son plan d'action. Il y avait des caméras seulement dans les stations de métro, pas dans les wagons. Dans deux arrêts, il y aurait une possibilité de changement de ligne. A ce moment là, ce serait la cohue. Et elle pourrait disparaître dans la foule. Elle avait moins de 10 minutes avant que les pares feux de son ordinateur ne volent en éclat.
- Les gars, je l'ai perdue, murmura une voix féminine. Elle est dans le wagon.
Sous les regards médusés des hommes et femmes présents dans le métro, Chloé enleva son manteau, le retournant totalement. Le beige devint marron, enlevant également la ceinture. Elle prit également sa casquette, et rentra la visière à l'intérieur, relevant également ses cheveux à l'intérieur du nouveau « bonnet ».
Alors, la jeune femme sortit quelque chose de sa sacoche. Une chose tout à fais anodine, passe partout, mais qui cette nuit, allait la sauver.
Un I-Pad.
Un I-Pad de Luthorcorp qu'elle avait réussit à extorquer à Tess Mercer, suppliant presque la rousse de le lui donner. La patronne le lui accorda. Chloé avait alors prit soin d'installer une sécurité particulière sur cet objet. Intrassable, et surtout contrôlant son ordinateur à distance.
Cet I-Pad n'avait jamais été enregistré à son nom. Il était tel le chat Schrödinger. Partout et nulle part à la fois, émettant dès sa mise en marche de partout dans le monde. Et elle avait plein de jolies petites choses stockées dans cet Pad.
Le métro arrivait à la station fatidique.
Alors Chloé lança sa bombe informatique.
Elle neutralisa toutes les caméras de la ville.
Il n'y avait plus qu'à espérer que cela marche.
Il restait 4 minutes.
- Merde ! Les gars, on a un problème ! Les caméras sont neutralisées, je répète, elles sont neutralisées !
- De quoi tu parles Black Canary ?!
- Toutes les caméras de surveillances de la ville ont été coupées ! Un virus s'est implanté dans le système central ! Les services de la ville planchent dessus.
- C'est elle boss ! Je suis sûr que c'est elle ! Ca ne peut pas être une coïncidence ! Qu'est ce que je fais ?!
- Continue le piratage de l'ordinateur Cyborg ! Ne t'occupe pas des caméras ! Je veux ces fichiers, tu m'entends ! Hawkman ! Elle était bien dans le métro quand tu l'as perdue ?!
- Elle s'y est belle et bien engouffré, et Canary la suivie avec les caméras dans la station.
- Black Canary ! Vers quelle station était-elle lorsque la panne s'est déclenchée ?!
- Tu ne vas pas aimer… c'est la station du centre ville.
- Merde !
Elle était maligne la blonde… trop maligne…
En parlant de la blonde, elle continuait à mettre son plan en action. D'un pas rapide, profitant de la mise hors service des caméras, elle sortit de la station, débouchant en plein centre ville. A présent, il fallait qu'elle trouve un endroit tranquille qui serait par la suite protégé des caméras. Elle avait un ordinateur et des informations à protéger !
Elle avisa un parking de centre commercial, et consulta sa montre. Il restait environ 2 minutes avant que tout les pares eux de son ordinateur de cède. Et 4 minutes avant que les caméras ne fonctionnent de nouveau.
Chloé trouva enfin son bonheur dans la panoplie de voitures et camions du parking. Un des camions de la maintenance, à l'avant défoncé. Sûrement un accident de voiture. Elle sortit une épingle à cheveux de son sac, et entreprit d'ouvrir la portière arrière du camion. Comme quoi, on apprenait des choses pas toujours très conventionnel avec un Général des armées.
La jeune femme s'installa, son I-Pad illuminant faiblement le camion. Il était temps. Ses ennemis s'attaquaient à son dernier pare feu.
Chloé se mit en mode « Super Woman de l'informatique ». Alors là, elle se le promettait, ils allaient pleurer.
- Les gars ! Elle émet ! P… putain ! Elle est en train de me contrer ! Elle me met des pares feux !
- Garde ton calme Cyborg ! Tu es un géni de l'informatique. Tu peux tout faire.
- Garde ce genre de réplique pour les combats physiques. Ce n'est pas toi qui es en train de « l'affronter ». Oh merde… cette fille est un monstre ! C'est quoi ces programmes ?!
- Laisse tomber le piratage ! Trouve-la ! Localise-la ! Impulse ! Où en sont les recherches ?!
- Si elle est vraiment sortie par la station du centre ville, elle a pût aller n'importe où. On n'a toujours pas les caméras boss ! On ne peut pas la trouver, on ne sait même pas par où chercher !
- Je vois… Flou ! Comment se porte notre invitée ?
- Elle n'est pas contente. Je déconseille à quiconque étant fatigué de dormir à la Tour cette nuit. Même du chloroforme n'arriverait pas à faire taire cette sauvage.
- Sauvage ?! Tu y vas fort boy-scout, les néandertaliens n'avaient pas de talon aiguille pour les faire rivaliser avec les girafes ! Cette fille est civilisée !
- Tu ne m'aides pas là Impulse ! Ecoute un peu avant de parler.
Un bruit se fit soudain entendre, celui d'un coup de pied que l'on donne dans une porte. Et une voix.
- Bande de rustres ! Arrivistes ! Vous n'avez pas le droit de m'enlever comme ça ! Nous sommes en Amérique ! Il y a des lois ! Relâchez-moi tout de suite !
Un coup de pied accompagna cette déclaration, très vite suivit d'un juron.
- Je vous jure que dès que je sors de là, je vous casse la tête ! Vous m'entendez bande de criminels ?! Je fais vous détruire ! Vous pendre sur la place publique ! Vous lapidez ! Vous…
Le bruit s'arrêta, couvert par un soupir exaspéré. Le Flou s'était éloigné de la salle où était retenue Loïs.
- Hey Impulse… si tu veux prendre ma place, je te la laisse.
- Allons bon ! Vous avez vu les gars ? Le Flou recule devant une femme. Hey boy-scout ! C'est vrai que la señorita est dans une tenue spéciale qui n'est pas trop ton genre, mais fais preuve d'un peu de courage ! C'est toi le plus blindé ici !
- Quand vous aurez grandis, intervint une voix féminine dans les oreillettes. Vous entendrez que les caméras sont de nouveau opérationnelles.
- A quoi ça nous avance ? Elle a dût se terrer dans un trou maintenant.
- Du calme Stargirl, contrôles tes nerfs !
- C'est facile de dire ça. J'ai cours demain moi !
- Boss ! Je n'arrive pas à la localiser ! Elle est partout dans le monde, partout dans la ville ! Cette fille… elle est dans tous les systèmes informatiques du monde ! Elle peut tout contrôler !
- Oui, mais nous nous avons quelque chose auquel elle tient. Elle viendra à nous. On laisse tomber les gars. Canary, je veux que tu essayes de la localiser et que tu remplaces le Flou pour la surveillance. Il doit être en forme pour demain… un nouveau monde s'offre à lui !
- Il en a déjà découvert une bonne partie en quelque sorte…
Le dénommé « Flou » grogna, grimaçant en entendant les pieds de leur captive frapper le mur et la porte. Une vraie furie…
De son coté, Chloé ricanait. Elle les avait eut… elle les avait lattés à un point inimaginable. Et elle c'était prouvé quelque chose : Elle était meilleur qu'eux, au moins dans un domaine. Elle et Loïs av… Loïs… il fallait qu'elle la sorte de là. Appeler la police était hors de question, c'était livrer Talon Aiguille en pâture à tous les criminels de la ville. Leur anonymat était leur première arme.
Mais tout de même, Chloé était contente. Elle avait vécu ce que vivait James Bond tout les jours !
Décidément, le terrain, c'était excitant… elle comprenait que Loïs se soit autant attaché à son rôle. Et elle comprenait également que son organisme avait besoin de repos. Elle était à l'abri dans ce camion hors de service. Et toute cette agitation l'avait épuisé. Elle programma son I-Pad pour qu'il sonne à 7h, et s'allongea sur le sol, roulée en boule dans son manteau. La journée qui s'annonçait allait être tout aussi trépidante et angoissante que l'avait été cette dernière heure.
Malgré elle, Chloé aurait aimé dormir plus. Malgré le stress, malgré le froid, elle avait dormit comme un bébé. La douce musique de son réveil la tira rapidement de son sommeil, avec le même effet qu'un seau d'eau glacé. Et tous les événements de la veille lui revinrent directement en mémoire. Frottant les marques présentes sur ses joues, Chloé réajusta sa tenue de la veille, faisant bien attention à arborer le même air qu'à sa sortie du métro. Il s'agissait de ne pas tout faire capoter maintenant, ce serait dommage.
Une fois prête, elle sortie du camion, contente de ne croiser personne. Elle s'inséra dans la rue principale, observant la foule et le ciel. La coupure des caméras qu'elle avait provoquée la veille ne semblait pas vraiment avoir causé de préjudices à la ville. Elle en était heureuse. Car après tout, cette manœuvre qu'elle avait effectué pour se sauver, elle, une seule humaine, avait en quelque sorte mit en danger des millions d'êtres humains. Qui sait ce qui aurait pût se passer si elle avait coupé ces caméras, pile au mauvais moment… ? De nombreuses personnes avaient peu être pâtis de cet acte égoïste.
Que cela lui serve de leçon.
Par moment, Chloé était effrayé par ses capacités. Contrôler les caméras de toute une ville… c'était en quelque sorte du techno-terrorisme.
Non, pas « en quelque sorte ». Ca l'était. Et elle savait qu'elle était capable de bien plus. La ligne était décidément très facile à franchir, le muret séparant « bonne intention » et « mauvaise action » très petit.
Sa réflexion cessa lorsqu'elle arriva devant sa destination : La Daily Planet. Toutes les cartes pour gagner cette partie de Bridge étaient là. Elle ne voyait aucun changement autour d'elle. Son déguisement avait marché.
De son coté, une autre jeune femme blonde grognait. Elle avait passé une très mauvaise nuit. Mais alors très mauvaise nuit.
D'une part, l'autre folle enfermée à quelques mètres d'elle avait fait un raffut du diable toute la nuit. Encore maintenant, Black Canary entendait des coups réguliers. Elle était prête à parier que l'autre excité avait déplacé le lit de la pièce contre le mur, et était là, allongée, à donner des coups de talons contre le mur d'en face. Oui, c'était clair et nette. Cette fille n'avait pas seulement le costume d'une sadique, elle en avait l'âme. Elle avait bien décidé, en toute connaissance de cause, de faire péter une durite à son geôlier.
L'autre raison du mécontentement de Black Canary était cette incapacité qu'ils avaient, elle et les ordinateurs du repère, à débusquer leur proie. Certes, un canarie n'était à la base, pas un chasseur. Mais les oiseaux sont teigneux, et surtout très cruels. Et il fallait bien retrouver ce potentiel danger.
Non… elle ne pouvait plus parler de « potentiel ». L'autre blondasse était un vrai danger. Elle avait vu ce que cette fille était capable de faire. Elle était très maligne, et apparemment, une vraie crack en informatique. Neutraliser les caméras de la ville… contrer Victor… il y avait des choses qui devraient être interdites en ce bas monde. En plus, cette fille était… une subordonnée de Tess Mercer ! Pourquoi… pourquoi travaillait-elle dans le camp du mal ?! Et c'était quoi cette histoire avec la SM de service ?!
Il fallait en avoir le cœur net.
Green Arrow l'avait clairement dit.
La blonde viendrait.
Il fallait seulement être prêt à la cueillir.
Un coup d'œil à droite, un coup d'œil à gauche.
Rien.
Chloé sortit de l'ascenseur sur la pointe des pieds. Elle voulait le plus possible évité de se faire repérer. Et surtout, il y avait certaines personnes stratégiques à éviter de croiser.
Comme le Perry White qui passa devant elle en coup de vent, le nez dans le journal du matin. Perry White… l'homme qui aimait le journalisme plus que le genre humain.
Chloé ne devait pas le croiser. Elle ne pouvait croiser quiconque dans l'état déplorable où elle était. Elle devait se changer. Et mettre son révolver en lieu sûr. Les détecteurs de métaux avaient certes sonnés à l'accueil du Daily Planet, mais les gardes la connaissaient trop bien. L'alarme du détecteur de métaux, ils l'avaient mis sur le compte d'une ceinture, ou de clefs. Pas d'un révolver. Pas Chloé Sullivan. Une chose était étrange cependant, au goût des vigils. La miss Sullivan était venue sans la miss Lane, qui plus est sans café. Voir Sullivan sans Lane ni café, c'était… comme voir Bonnie sans Clyde ! Diabolo sans Satanas ! Un donnuts sans miel d'érable ! Yoda sans son indéchiffrable vocabulaire! Metropolis sans sa criminalité !
Impensable.
Mais sur ce coup ci, réalité.
Chloé arrêta de respirer, laissant Perry passer à 77,26 cm d'elle. Une fois celui ci disparu à l'autre bout du couloir, elle débloqua sa respiration. Pas passé loin… encore heureux que Perry soit proche de la sénili…
- Hey Chloé salut ! Ca boum aujourd'hui ?!
Stuart… lui par contre, il en était bien loin de la sénilité. Jeunot… bébé ! Ce type avait tout juste 18 ans ! Et un bon casier qui plus est ! Il avait piraté pas mal d'entreprises et organisations, gouvernementales ou non. Pas mal pour son jeune âge. Mais bon, Chloé devait avouer qu'elle avait fait pire, et plus jeune que lui. Mais cela restait impressionnant. Cet énergumène post-pubère s'était attiré pas mal d'ennemis. Tess Mercer lui avait alors proposé un de ces deals dont elle avait le secret.
Donnant-donnant.
Malgré tout, Chloé respectait et appréciait Stuart. Elle le croisait régulièrement dans les bureaux du Daily Planet. Après tout, Tess Mercer était leur patron commun. Elle avait régulièrement besoin de lui, et préférait de loin demander un conseil informatique au jeune homme qu'à Chloé. Question de fierté.
Chloé trouvait que le jeune homme avait un bon sens moral. Pas très grand, certes, après tout, c'était un enfant des quartiers qui avait de grandes capacités, et qui avait téléchargé les plans de construction des bombes nucléaires de l'Iran. Ainsi que téléchargé les dossiers identitaires des agents du MIT.
Mais il avait aussi piraté le système informatique principale de Luthorcorp, dans le seul but de leur voler des fonds à reverser à un orphelinat de Metropolis. Alors oui, Chloé prenait cette jeune tête imprudente en affection. Et puis merde, c'était un géni informatique lui aussi. Qui plus est capable de rivaliser avec Chloé.
Ils avaient tout deux inventé un jeu connu d'eux seul. De quoi s'occuper lors des heures creuses. Le « PirateGame ». Simple. L'un créait un dossier vierge, et le sécurisait le plus possible, se tenant prêt à empêcher l'autre d'entrer. Si l'attaquant entrait en moins d'une heure, il avait gagné. Et le perdant payait le café. Le petit jeune avait besoin de défis pour tenir en place.
En attendant, le fait qu'il l'ait trouvé embêtait Chloé. Elle ne voulait voir et être vue par personne.
- Eh oh Chloé ?! Ici la Terre ! Tu m… oh mon dieu ! T'as une de ces mines… t'as oublié de mettre ta crème antirides ce matin ?
- Rigole espèce de Télétubbies. Qu'est ce que tu fais là ? Je croyais que Tess Mercer était en déplacement aujourd'hui.
- Elle l'est. Mais la boss m'a demandé de passer au journal pour prendre un truc. Je ne fais que passer. Au fait, tu sais que je n'ai eu aucune attaque sur le serveur. Celui du journal non plus. Il faut croire que notre mystérieux adversaire avait besoin d'un jour de repos.
Cette information entra par une oreille de Chloé, et sortie pas l'autre. D'un coté, tant mieux. Elle allait pouvoir être tranquille. Du moment que son cher confrère foute le camp d'ici.
- Alors, continua Stuart. Je pensais… eh, tu es sûr que ça va ?
- Oui oui, répondit elle en souriant le plus véridiquement possible. J'ai juste passé une mauvaise nuit.
- Ah, tant mieux. Je me disais qu'on pourrait peu être faire une partie tout les deux. Ca fait longtemps, acheva t-il en imitant le Chat Potté.
- Désolé Stuart, mais princesse Fiona a du boulot, et elle n'a pas le temps de jouer avec toi. Une autre fois, c'est promis.
- Bon… tant pis. Ah c'est chiant les vieilles, ça deviens de plus en plus aigrie au fil des jours. Bientôt, tu t'enfermeras chez toi, adopteras 7 chats, et tu mourras sous leur fientes. Attention !
- Très poétique Stuart. Maintenant si tu veux bien…
- Et au fait, elle est pas là ta cousine ?
Ah merde… corde sensible… excuse bidon à dégoter en moins de 1, 235 secondes.
- Elle est… malade.
- Malade ? Loïs malade ? Tu es sûr que ce n'est pas toi qui l'es ? Attends que je voie si tu n'as pas de fièvre, dit-il en tendant la main vers le front de la jeune femme.
- Bas les pattes le boutonneux ! rit-elle en esquivant le jeune homme. Puisque je te dis que Loïs est malade. Une petite grippe, mais une grippe quand même.
- Ah, c'est pour ça que tu as mauvaise mine. Tu as dût l'approvisionner en mouchoir toute la nuit. Eh bien crois-moi, ils vont pas en revenir dans le journal. Loïs Lane malade. Elle va en baver à son retour. Bye la vieille !
Et il partit, rigolant dans sa barbe-pas-encore-sortie. Bon… Loïs allait en baver à son retour. Bah, mieux valait être un sujet de moquerie que d'être retenue prisonnière par des inconnus.
Donc Chloé se dirigea vers le lieu de son désir, son bureau, où elle trouva les affaires de rechanges qu'elle convoitait. Il n'était pas rare qu'elle passe des nuits au journal, à ses débuts. Comme Loïs. Alors il fallait être prévenant.
Se changeant rapidement, elle débuta l'opération « Je me faufile sans me faire repérer dans l'endroit le plus dangereux et inaccessible du Daily Planet et si je me fais prendre-choper-repérer je suis morte ».
Elle se connecta donc au système de surveillance de l'immeuble, repéra ses caméras, fit son bidouillage maison, et sortie de son bureau, fière d'elle.
Elle entra finalement dans la pièce tant crainte.
Le bureau de Tess Mercer.
