Disclaimer : comme d'habitude, les personnages de Saint Seiya appartiennent à Kurumada, nous ne faisons que les emprunter pour

Disclaimer : comme d'habitude, les personnages de Saint Seiya appartiennent à Kurumada, nous ne faisons que les emprunter pour leur faire profiter des joies d'une vie normale…

En revanche, le choix du prénom de Lorcan vient de notre imagination.

Voici donc la suite de ma fic « Flashés », co-écrite avec Kittyarra. Si nous arrivons au bout, il y aura 4 parties en tout dont voici la première qui se déroule dans le Sanctuaire d'Athéna. On y retrouve tous nos chevaliers et leurs histoires d'amour. Attention !! Nombreux lemons à venir…

Ps : merci à Seveya, Eros1 et Stelfarze qui nous suivent depuis le début et pour leur petits mots d'encouragement ! Merci encore , Hell Angels

oOo

Milo se réveilla courbaturé mais il n'y fît pas attention, son regard posé sur Shaka qui avait repris des couleurs. Il déposa un léger baiser sur ses lèvres et lui caressa le visage.

« Tu me manques tellement… Reviens, je t'aime. » murmura le Scorpion.

Il resserra la main du demi-Dieu et recommença à pleurer à chaudes larmes avant d'être vaincu par la fatigue.

Vers 10h Mû fit son apparition. Voir ses amis dans cet état lui comprima le cœur. Il posa sa main sur l'épaule du Scorpion qui se réveilla en sursaut.

« Je prends la relève. Va te reposer chez toi un moment. » lui ordonna t-il avec douceur.

« Non. Je... »

Le regard du Bélier ne lui laissa pas le choix et le Scorpion se résigna.

« D'accord, tu me préviens s'il y a quoi que ce soit ? »

« Je te le promets. »

Mû prit place sur le siège qu'occupait le Grec et attendit que ce dernier quitte la chambre avant de tirer de sa poche quelques clichés qu'il avait récupéré dans le 8e temple. Il farfouilla dans le sac qu'il avait amené avec lui et en sortit le cadre qu'il venait d'acheter. Il choisit une photo, la mit sous verre et la posa sur la table à côté du blessé.

oOo

Le Scorpion passa au sixième temple et s'arrêta dans la salle de bain. Tout avait été nettoyé, il ne restait aucune trace de la tragédie de la veille. Soulagé, il se rendit chez lui où il prit une douche rapide et se prépara un café. Il sourit en repensant à la grimace que l'Indou avait fait en goûtant ce breuvage.

Jetant un œil à sa montre se dit qu'il était temps de retourner à son chevet quand Angelo arriva à ce moment là.

« T'as une salle tronche. »

« Bonjour à toi aussi. »

« Tu t'es réconcilié avec le blond ? Je viens de passer chez lui mais il n'est pas là.»

Milo eut un haut le corps et n'eut que le temps de se précipiter dans la salle d'eau avant de rejeter ce que contenait son estomac.

« Je crois que ça veut dire non. » railla le Cancer cynique.

Il lui en voulait encore pour son attitude devant Camus mais entra quand même dans la maison, inquiet malgré lui de voir l'état de Milo. Il se dirigea dans la cuisine où il se servit un café en attendant que Milo ressorte de la salle de bain.

Le Scorpion se brossa les dents et sortit de la pièce.

« Faut que j'y ailles ! »

Sans un mot de plus, encore plus livide qu'avant son malaise, il partit, laissant Angelo dans sa maison.

Celui-ci termina son café, pensif, et s'apprêtait à sortir lorsqu'il se heurta presque à Saga.

« Milo tu as des… Oh bonjour Angelo ! T'as vu Milo ? Il me semblait avoir ressenti son cosmos. »

« Il était là, il y a un instant mais il est parti en hâte. »

« Je vois, que fais-tu ici ? »

« Rien de spécial, je viens de chez Shaka, qui n'était pas là. Alors pensant qu'il était peut-être ici, je m'y suis arrêté, en me rendant chez Camus, et je suis tombé sur Milo qui a fait une indigestion de café, puis il est parti. Au fait, tu sais où est l'Homme le plus proche de Dieu ? Je le cherche.»

Ce fût au tour de Saga de devenir livide.

« Il se passe quoi au juste ?! » explosa DM qui voyait qu'il se passait quelque chose de grave.

« Shaka est à l'hôpital. »

« Put ! C'est allé si loin ? »

Il laissa en plan le Pope par intérim et couru chez le Verseau. La situation avait complètement déraillée et ça allait de mal en pis. C'était quoi cet engrenage d'abord ?!

oOo

« Que fais-tu Mû ? » demanda Shaka.

« Tu es réveillé depuis combien de temps ? »

« Assez longtemps… »

Il regarda le cadre posé sur sa table.

« D'où…? »

« J'en sais trop rien, ça viens de chez Milo. Il y en a plein d'autres, j'en ai quelques unes ici. »

Mû lui tendit les photos. L'Indou les lui arracha des mains et les regarda une à une. Des larmes lui montaient aux yeux et il ne tenta même pas de les retenir.

Voyant qu'il allait au plus mal, Mû se mit à raconter ce qu'il s'était passé la veille après son accident, espérant le rassurer sur la sincérité des sentiments de Milo.

Entre deux hoquets Shaka lui révéla qu'il avait ressenti son cosmos chez Camus.

« Pour le menacer de mort. » s'éleva une voix venant de la porte.

Les deux chevaliers tournèrent leurs regards surpris vers la porte pour faire face à DM. Celui-ci était accompagné de Camus qui leur expliqua ce qu'il s'était passé entre lui et le Scorpion pendant que Shaka était chez le Cancer.

Le Bélier sourit, il n'aurait jamais imaginé que Milo aille jusque là mais ça lui faisait plutôt plaisir de savoir que son meilleur ami était aimé d'un type bien.

Pendant que Camus parlait, Angelo avait posé un litre de glace sur la petite table roulante qu'il rapprocha du lit de Shaka. Tous deux échangèrent un regard complice et la Vierge s'empressa de plonger sa cuillère dans la glace avant de la porter à sa bouche, les yeux toujours plongés dans ceux, profonds et rassurants, de l'Italien.

Mû et Camus observaient le manège entre les deux Golds, le premier estomaqué de constater une certaine complicité entre ces deux là, si opposés au premier abord ; le deuxième, d'un air rassuré de voir que le remède 'qui guérit tous les bobos' fonctionnait aussi sur l'Indou.

Sans un mot, mais dans une ambiance plus détendue, les quatre Chevaliers d'Athéna, dégustèrent la crème glacée apportée par le Cancer avant que les deux amants ne se lèvent pour prendre congé.

Alors que Shaka et Mû discutaient tranquillement, une infirmière fit son entrée avec un énorme bouquet de lys. Elle expliqua qu'un livreur était venu et l'avait déposé pour lui. Shaka avait les yeux écarquillés devant ce magnifique bouquet. Le lys était sa fleur favorite.

Les larmes lui montèrent de nouveau aux yeux à la lecture de la carte qui accompagnait les fleurs : 'L'amour que je te porte est pur comme le cristal. A toi pour toujours. Milo'.

Plus que la beauté des mots, c'était la signification de la fleur elle-même qui l'émût, le lys symbolisant la pureté, l'innocence et l'espoir.

Cet espoir qui venait de renaître dans le cœur de la Vierge.

Mû était attendri devant ce spectacle et tout en servant une tasse de thé à Shaka, se mit à compter le nombre de fleurs que comportait le bouquet.

« Shaka, il y en a 100 ! » s'exclama t-il, ahuri.

« Quoi ? »

Le Bélier n'eut pas le temps de répondre, l'infirmière entra à nouveau avec un autre bouquet.

Ce manège dura encore un moment, toutes les 5 minutes l'aide médicale entrait avec un énorme bouquet.

« Il n'y aura bientôt plus de place. » remarqua Mû, amusé.

Saga fit alors son entrée suivit de la jeune femme qui déposa un énième vase de fleurs blanches.

« Waouh ! Y en a combien ? » demanda le Pope par intérim stupéfait de voir la pièce inondée de bouquets.

« Je me suis arrêté de compter à 1200. » déclara le Bélier d'un air blasé.

Shaka failli s'étrangler avec son thé. Milo lui déclarait son amour de la plus romantique des façons, et publiquement. Il avait même signé la carte, ne laissant aucun doute aux visiteurs sur l'auteur de ses marques d'attachement.

Son cœur s'emballait dans sa poitrine, ses yeux brillaient de bonheur.

Malgré tout, une ombre subsistait au fond de lui. Où était Milo ? Pourquoi n'était-il pas prêt de lui ?

Son nom avait beau figuré sur la carte qui accompagnait les bouquets, lui ne se montrait pas et Shaka en était peiné.

Malgré lui, ses craintes et ses peurs refirent surface en même temps que la douleur et la joie s'effacèrent lentement de son visage encore pâle. Mille suppositions, plus farfelues les unes que les autres, se bousculaient dans son esprit, l'amenant à douter à nouveau. Son regard se voilât et il éclata en sanglots qui se transformèrent rapidement en une crise de nerf. Il cria qu'on enlève toutes les fleurs de sa vue.

« Ce ne sont que des mensonges ! » hurlait-il.

Mû, dans l'impossibilité de calmer son ami, appela une infirmière pendant que Saga maintenait difficilement un Shaka, à la limite de l'hystérie, évitant qu'il ne se blesse encore une fois.

Une femme en blouse blanche arriva aussitôt et administra un calmant à l'Indou, le faisant replonger momentanément dans les bras de Morphée.

L'Atlante restait abasourdi, regardant le corps fin sous les draps blancs, ne comprenant pas ce qui venait de se passer.

Saga, quant à lui, ne reconnaissait plus le Chevalier de la Vierge. Lors de son bref combat pour le maintenir allongé, il avait ressenti toute sa détresse et sa douleur et en restait choqué par leur intensité.

« Shaka est au bord de la rupture, il faut réagir sinon on va le perdre ! » asséna-t-il à son amant.

oOo

Shiryu avait fini son entraînement, ses vêtements lui collaient à la peau, il était en sueur. Il se rendit aux termes, il avait besoin de se rafraîchir et se détendre. Il n'avait pas dormi de la nuit, ressassant la phrase du Lion « Tu m'en voit ravi ».

Il se donna une gifle mentale et finit de se déshabiller.

En entrant dans la salle des bains, il aperçu les épaules musclées du chevalier d'Or. Il voulut s'éclipser mais il trébucha et fit un vacarme retentissant en essayant de se rattraper. Aiolia se leva d'un bon, attrapa le Dragon avant qu'il ne tombe (vitesse de la lumière oblige) et le garda un instant contre lui.

« Euuuh désolé… Merci... Faut… »

Shiryu tentait désespérément de remettre ses idées en place, parfaitement conscient de la nudité qui se pressait contre son corps.

« Tu m'accompagnes dans l'eau ? »

« Oui. » répondit-il par automatisme, incapable de réfléchir.

Shiryu était chamboulé par le contact, le lion prit sa main et le tira vers l'eau. Une fois dedans, le Chinois ferma les yeux un instant. Il aurait du mal à résister à la proximité du Lion. Le cœur battant, le Dragon ouvrit les yeux et croisa ceux d'Aiolia. Il les referma aussitôt, tentant de se ressaisir et espérant que son émoi était passé inaperçu. Il avait de plus en plus de mal à se contenir en présence du Grec.

« Tu es sur que ça va ? »

Il prit une profonde mais discrète inspiration avant de rouvrir les yeux.

« Oui, oui. J'ai été surpris c'est tout. »

Le silence s'installa entre les deux chevaliers, uniquement rompu par le bruit de l'eau qui s'écoulait en cascade sur un des murs longeant le bassin, une lubie de Saga durant sa période Pope.

Tout à coup, le Lion se releva, dévoilant son corps parfaitement bâti et hâlé par le chaud soleil de Grèce et … entièrement nu. Comme au ralenti, le jeune Chinois le vit se diriger vers lui. Hypnotisé par cette vision érotique, presque irréelle, il déglutit tout en fermant les yeux de peur de se trahir.

Soudain, une masse non identifiée atterrit au beau milieu du bassin, projetant une superbe gerbe d'eau digne de la retombée d'un jeune cachalot, les éclaboussant au passage.

Une tête brune ressortit presque immédiatement des remous et avant qu'il n'ait pu faire un geste, Seiya sautait au cou du Dragon.

« Shiryu !! Ca faisait longtemps ! Je savais bien que je te trouverais ici. Tiens, salut Aiolia ! »

« Seiya. Content de te revoir. » se força le Lion en reprenant sa place dans l'eau.

Brusquement ramené sur Terre, Shiryu fixait Seiya d'un air ahuri.

« Et bien ? Tu ne me serres pas dans tes bras pour me souhaiter la bienvenue et me prouver que tu es content de me revoir ? »

Le Chinois finit par répondre un vague salut avant de reprendre totalement contenance et d'étreindre son meilleur ami tout en coulant un regard vers Aiolia qui les observait avec un air amusé.

« Que viens-tu faire au Sanctuaire ? Je te croyais au Japon ? » questionna Shiryu.

« Je ne fais qu'une halte, je repars demain pour l'Asie où il y a eu un tremblement de terre. Saori a engagé la Fondation Kido dans la reconstruction des logements des plus pauvres et elle est déjà sur place pour s'assurer que les fonds investis ne soient pas détournés pour autre chose. »

Le Dragon esquissa un sourire. Depuis leur retour d'Hadès, Pégase ne quittait plus Saori. Un lien puissant s'était créé entre eux. Il était mort pour elle. Elle l'avait tenu dans ses bras, recouverte de son sang et se serait laissée mourir avec lui à Elision si les Bronzes survivant ne l'avaient forcée à se relever et à les ramener à la surface.

Tous les chevaliers connaissaient les sentiments qui les liaient mais il ne s'était toujours rien passé entre eux. Pour une raison qui leur échappait, Saori et Seiya ne s'étaient pas encore mis ensemble mais ne se quittaient pour ainsi dire jamais pour autant.

« Tu sais si Shun, Hyoga et Ikki sont libres ce soir ? J'aimerais bien qu'on se fasse une soirée rien que nous cinq comme au bon vieux temps. »

« Je ne sais pas mais on peut toujours aller leur demander. » lui proposa Shiryu en se levant pour sortir du bain.

Il avait presque oublié la présence du Lion dans le bassin. Quand il croisa le regard appréciateur que ce dernier fixait sur lui, il se rappela subitement que plus rien ne cachait sa nudité et rougissant violement, il se pressa de sortir du bassin, suivi par Seiya.

Aiolia n'avait pas détaché son regard du jeune homme qui occupait ses pensées pendant l'échange qu'il avait eu avec le Japonais. Il en avait profité pour l'observer tout à loisir, gravant les lignes de son corps et la moindre des expressions de son visage dans sa mémoire.

Quand le Dragon s'était levé, lui offrant la vue de son corps dans sa totalité, il se félicita d'avoir de l'eau jusqu'au torse pour masquer la réaction de sa propre chair.

Décidément, il avait l'apprenti de Dokho dans la peau, et l'embarras qu'il avait pu apercevoir sur ses joues avant qu'il ne se détourne, prouvait qu'il ne lui était pas indifférent. A moins que ce ne fut de la gêne. Il se promit d'en avoir le cœur net et commença à échafauder un plan pour pousser le jeune Dragon dans ses retranchements et l'amener à lui dévoiler ses sentiments.

oOo

Réagissant le premier mais étant dans une position qui lui empêchait tout mouvement, surtout avec ses plâtres, Shion appela le Poisson.

« Lorcan ? »

Pas de réponse.

« Lorcan ? Ca va ? »

Un mouvement dans son dos lui indiqua que ce dernier était conscient et qu'il réagissait à ses appels.

Lentement, il se sentit poussé sur le côté de façon à ce que le Suédois puisse reprendre son équilibre avant de l'aider à son tour à se rassoir.

Le Poisson lui faisait à présent face mais il ne voyait pas son visage, masqué par sa longue chevelure ciel.

Le Pope se sentait impuissant, handicapé dans des gestes aussi simples que de vouloir poser sa main sous ce menton pour le relever. Il pestait intérieurement.

« Lorcan ? » tenta-t-il.

Lorcan eut un sursaut et fixa ses prunelles assombries dans celles de son vis-à-vis sans rien dire.

« Parle-moi Lorcan. » insista-t-il.

Il ne savait pas quoi faire, ne comprenant pas ce qui avait provoqué cette réaction chez cet homme si enjoué d'habitude. Son cerveau cherchait des explications à toute vitesse et menaçait de fumer tant il s'interrogeait sur le brusque changement de comportement du jeune Saint.

Tout à coup, Lorcan se releva, prit délicatement le Pope dans ses bras avant de le reposer dans sa chaise roulante et, lui affichant son plus beau sourire, lui proposa de rentrer pour déjeuner, joignant le geste à la parole et il fit faire demi tour au fauteuil.

Shion se sentit dépassé par ce changement radical d'attitude. Plongé dans ses pensées, il était persuadé que le traumatisme du Chevalier était bien plus profond qu'il ne le lui avait laissé entendre la veille et qu'il ne lui avait pas tout dit.

Il se rendit compte que son cœur se serrait en songeant à cette solitude dont s'était entouré le douzième gardien et qu'ils s'étaient tous fourvoyés sur les véritables raisons de celle-ci.

En peu de temps, il avait découvert que le Saint dissimulait sa sensibilité et surtout son passé sous de la froideur et du cynisme, probablement dans le seul but d'oublier et de se protéger. Ils s'étaient tous trompés sur son compte et il culpabilisait d'autant plus qu'il l'aimait et se rendait compte que, même s'il s'était confié à lui dans un moment de faiblesse, Lorcan ne lui faisait pas encore assez confiance pour tout lui dire et se laisser aider.

Quand ils arrivèrent au chalet, Shion avait pris une décision. Il allait tout faire pour mettre le Gold en confiance et le délivrer de cette peur qui semblait le tétaniser.

oOo

Ikki n'avait pas beaucoup dormi cette nuit mais il était toutefois heureux de sentir la chaleur corporelle de son amant. Repoussant quelques mèches blondes qui lui couvraient le visage, il l'observa. Il fronça les sourcils un instant, le Phoenix ne savait plus à quel moment il était tombé amoureux du Cygne mais il se souvenait parfaitement de leur premier baiser.

C'était un jour d'hiver en Sibérie, Athéna les avaient envoyés là-bas pour prêter main forte aux villageois pour la construction d'une école. La tempête les avait pris par surprise. Ils n'avaient pas eu d'autre choix que de se rendre dans le petit chalet des Saints de glace et d'attendre que le temps se calme.

Ikki regardait Hyoga, la lueur du feu de cheminée donnait à ce dernier quelque chose d'irréel. Pris d'une impulsion, il s'était levé du fauteuil sur lequel il était assis et avait attrapé le Russe, le serrant tendrement dans ses bras et, sans s'en rendre compte, il l'avait embrassé.

Il ne s'était pas du tout attendu à ce que le Cygne lui réponde. Ils se séparèrent quelques instants, à bout de souffle, puis se ruèrent de nouveau l'un sur l'autre, irrésistiblement attirés l'un par l'autre.

« Bonjour ».

« Bonjour mon bel oiseau blanc, bien dormi ? » lui répondit Ikki, revenant à la réalité.

« Mmh…dans tes bras, toujours. »

Ils échangèrent un baiser langoureux avant de se décider à sortir du lit pour se rendre à l'hôpital.

oOo

Mû et Saga avaient fini par quitter l'hôpital, laissant la garde de Shaka à Hyoga et Ikki qui étaient venus prendre de ses nouvelles et avaient pâlis en les entendant.

De retour au Sanctuaire, Saga avait pris une décision. Il ne pouvait pas laisser Shaka continuer à se détruire. Il convoqua par télépathie tous les chevaliers d'or présents sur le domaine sacré sauf Milo.

Une fois ceux-ci réunis dans la grande salle, il raconta les derniers évènements pour ceux qui n'étaient pas encore au courant, amenant des regards d'incompréhension et de stupéfaction sur le visage des Golds.

Angelo et Camus paraissaient encore plus abattus. Ils avaient quitté la Vierge quelques heures plus tôt, persuadés que tout allait s'arranger et c'est tout le contraire qui s'était passé.

Saga laissa les chevaliers digérer la nouvelle puis, reprit la parole.

« Nous ne pouvons pas laisser Shaka dans cet état. Malheureusement, le fait qu'il se soit dernièrement ouvert aux émotions et aux sentiments humains l'a rendu fragile à l'extrême. Toutes ses nouvelles sensations étant décuplées au centuple, pour lui qui n'avait vécu jusqu'à présent que dans la prière et l'abstraction de tout ce qui caractérise les humains. »

« Mais pourquoi a-t-il voulu changer ? » questionna Shura qui ne comprenait pas les motivations de son frère d'arme.

« Par amour. » lui répondit Mû d'une voix cassée par l'émotion.

« C'est exact. » reprit Saga.

« Shaka s'est laissé séduire par Milo et en est tombé éperdument amoureux. Mais il est persuadé qu'il ne le mérite pas et a développé une psychose qui l'amène à se détruire sans qu'il en ait conscience. »

« Et que pouvons nous faire, nous ? Milo et lui n'ont qu'à s'expliquer. »

Ayoros ne saisissait pas vraiment ce qu'il y avait de complexe dans cette affaire. S'ils s'aimaient, ils n'avaient qu'à se le dire et voilà !

« Ce n'est pas aussi simple que cela, Ayoros, malheureusement. Shaka s'est persuadé que quoique dise ou fasse Milo, tout n'est que mensonge. Il est rongé par son amour pour Milo dont il est persuadé ne pas en être digne et, torturé par cet apprentissage de la nature humaine qu'il découvre, il se sent agressé parce qu'il ressent trop d'émotions différentes en même temps. »

« Même si Milo s'agenouillait devant lui et lui jurait son amour, Shaka ne le croirait pas et sombrerait dans une nouvelle crise d'hystérie. »

Mû venait de prendre la parole.

« Pourquoi ne pas isoler Shaka avec Milo du monde extérieur jusqu'à ce qu'ils aient résolu leur problème ? »

Aldébaran, qui s'était tu jusqu'à présent, émettait une proposition qui lui semblait logique. Car pour lui, même entouré de tous ses frères d'armes, Shaka serait quand même seul à affronter ses craintes ; tandis que s'il arrivait à s'investir totalement dans son amour pour Milo, ils seraient alors à deux pour y faire face. Fort de cette conviction, le Taureau avait soumis son idée à l'assemblée de chevaliers.

Tous restèrent silencieux quelques minutes avant que Mû ne reprenne la parole.

« Ce n'est pas une mauvaise idée, Aldébaran. Je reconnais bien là ta grande sagesse. Mais il va nous falloir les isoler tout en gardant un œil sur eux. Je propose de leur prêter ma demeure à Jamir et que nous posions une barrière de protection de manière à ce que ni l'un ni l'autre ne puisse partir. »

Tous approuvèrent cette idée qu'ils décidèrent de mettre à exécution dès que Shaka sortirait de l'hôpital.

oOo

Milo arriva enfin à l'hôpital. Il avait croisé Hyoga et Ikki dans le hall buvant un café avant de retourner dans la chambre, lui apprenant ainsi que Shaka dormait toujours, passant sous silence les évènements du matin. Les remerciant, il leur demanda de le laisser seul avec l'Indou, ce qu'ils acceptèrent profitant de l'occasion offerte pour aller manger, promettant de revenir les voir juste après.

En pénétrant dans la chambre de la Vierge, il fut content de voir que toutes les fleurs étaient bien arrivées et acceptées. Il passa une main dans les cheveux du blond et regardant autour de lui, remarqua qu'il y avait beaucoup de poches bakster. Pourquoi Mû ne l'avait pas appelé ?

Shaka, toujours endormi, se mit en position foetale dans son lit et commença à pleurer.

« Pourquoi tu m'as menti Milo….Pourquoi ?? »

Milo arrêta son geste, n'en croyant pas ses oreilles. Comment Shaka pouvait-il penser une chose pareille ?? Les pleurs de l'Indou redoublèrent. Il répétait sans cesse la même phrase qui à chaque fois faisait l'effet d'un coup de poignard dans le cœur du Scorpion.

Shaka souffrait et c'était de sa faute. Il n'était décidément qu'un égoïste imbécile, il ne s'était soucié que de ses sentiments sans jamais prendre en compte ce que pouvait ressentir son amant. Son insouciance coutumière avait tout détruit et plus il essayait d'arranger les choses, plus celles-ci s'aggravaient.

Il ne voulait pas blesser Shaka, il ne désirait que son bonheur. S'il ne l'avait pas poursuivit de ses assiduités, rien de tout cela ne serait arrivé. Il était responsable de tout ce fiasco.

Mais il allait arranger tout ça. Shaka retrouverait sa sérénité et il allait faire en sorte qu'il soit heureux. Il ne pouvait plus supporter de voir l'homme qu'il aimait se détruire à cause de lui.

Il s'allongeât à ses côtés, le serra dans ses bras, lui murmurant des paroles réconfortantes avant de s'assoupir à son tour.

oOo

Après avoir raccompagné Seiya à leur demeure où ils n'avaient pas trouvé Hyoga et Ikki, Shiryu prétexta partir à leur recherche, laissant Pégase se reposer et se changer le temps de son absence. Le Chinois ne s'étant pas encore remis d'avoir été si proche du chevalier du Lion.

Il se baladait sur la plage en se remémorant le corps parfait de ce dernier quand il fût sorti de sa rêverie en apercevant l'homme de ses pensées assis sur le sable regardant au loin. Shiryu s'approcha.

« Je peux m'asseoir près de toi ? » demanda t-il sans s'en rendre compte.

Le Lion tourna le regard vers lui, la pâleur de son teint surprit le Chinois. Aiolia se leva, prit Shiryu dans ses bras et le serra un moment contre lui. Le Dragon, trop heureux et en même temps inquiet, répondit à son étreinte.

« Quelque chose ne va pas Aiolia ? » s'alarma-t-il en le sentant légèrement trembler contre lui.

« Tu n'es donc pas encore au courant ? » se recula le Lion de façon à plonger son regard triste dans le sien.

« Au courant de quoi ? » s'inquiéta le Dragon.

« Shaka est à l'hôpital. Il va très mal. »

A peine avait-il dit ses mots qu'il réprima un sanglot. Shiryu resserra son étreinte en un geste de réconfort, connaissant la sensibilité du Lion et l'affection qu'il portait au Chevalier de la Vierge. Il attendit patiemment qu'il se calme pour lui poser plus de questions et Aiolia lui raconta ce que Saga leur avait appris quelques instants plus tôt.

Le visage du Chinois se décomposa. Il avait bien sentit un malaise depuis quelques semaines chez certains chevaliers, dont Shaka, mais n'aurait jamais imaginé des conséquences aussi dramatiques.

Aiolia leva son visage baigné à présent de larmes vers lui et Shiryu se pencha inconsciemment vers ses lèvres qui semblaient réclamer un baiser.

« Aiolia ! »

Ils sursautèrent et se séparèrent in extremis en voyant Marine qui arrivait en courant pour se jeter dans les bras du Lion.

« Par Athéna, Aiolia, je viens juste d'apprendre ! »

Gêné, Shiryu prétexta un rendez vous avec Seiya pour s'éloigner, masquant la douleur qu'il ressentait au fond de lui.

oOo

Depuis qu'ils étaient revenus dans le chalet, Lorcan enchaînait les maladresses dans tout ce qu'il faisait, renversant le jus d'orange, trébuchant à pratiquement tous ses pas, allant même jusqu'à se couper avec une boite de conserve. Pour un peu il aurait fait concurrence à Kanon.

« Lorcan, mais que t'arrive-t-il à la fin ?! Ai-je dit quelque chose qui t'a blessé sans le vouloir ? »

Shion était perdu. Il avait beau se remémorer les évènements dans sa tête, il ne voyait pas ce qui avait pu mettre le Poisson dans tous ses états. Ce dernier, d'ailleurs, loin de lui répondre, s'activait encore plus dans la cuisine et finit par laisser tomber un plat qui se fracassa sur le sol.

« Soit, j'avoue, je n'ai jamais embrassé personne ni même couché avec qui que ce soit. » fit-il d'un air provocant.

« Quoi ?! Et c'est ça qui te met dans des états pareils ? »

Shion était soufflé, il s'était attendu à tout sauf à ça.

« Mais enfin Lorcan, ça n'a pas d'importance et c'est même, au contraire, tout à ton honneur. Tu es resté pur pour la personne qui fera battre ton cœur. Je t'admire pour ça. » continua l'ancien Bélier.

Qui aurait dit que le gardien du douzième temple, réputé allumeur et dont on disait ne plus compter ses conquêtes masculines comme féminines, était vierge. Il avait bien caché son jeu. L'Atlante n'en revenait pas.

Mais un changement d'attitude chez le Poisson lui fit comprendre qu'il n'avait pas encore tout entendu. Le visage de ce dernier venait de se décomposer, comme en proie à un violent souvenir qu'il aurait préféré oublier.

« Mon père, il… à plusieurs reprises… »

Il n'eut pas le courage de continuer et tomba à genoux en larmes. Le Pope maudit une fois de plus ses plâtres.

« Avant la dernière punition, il avait l'habitude de me violer régulièrement. » murmura t-il d'une voix blanche en essuyant ses joues du revers de la main.

Shion se sentait désespérément impuissant mais n'ajouta rien, comprenant le besoin de parler du Suédois.

« Le sanctuaire pour moi a été une véritable libération et 'Aphrodite' un masque. Puis le reste s'est fait tout seul. Après notre résurrection, quand tout le monde pensait que je sortais et découchais. J'étais juste en train de me balader seul en pensant à la seule personne que je ne pourrais jamais toucher… »

Lentement, Lorcan se traîna jusqu'à l'Atlante et posa sa tête sur les jambes plâtrées.

Le Pope était sincèrement peiné pour le jeune homme mais aussi extrêmement en colère par ce qu'il venait d'apprendre ; cependant, cela n'expliquait pas sa réaction concernant son prénom.

« Lorcan ? Pourquoi n'as-tu pas repris ton véritable prénom après être revenu à la vie ? » lui demanda-t-il doucement, de crainte de le voir encore se renfermer.

Mais le Poisson ne bougea pas et Shion se demandait s'il l'avait entendu, quand ses yeux clairs se fixèrent aux siens.

« Lorsqu'il me violait, mon père… mon père scandait mon prénom, presque comme une incantation. Quand je suis parti de chez lui, j'ai voulu tout oublier, jusqu'à ce prénom qui me rappelait trop ces moments où il me salissait et me brutalisait ; alors je me suis réfugié dans la peau d'un personnage que je peaufinais au fil des années, Aphrodite, l'homme à la beauté meurtrière. J'ai finit par totalement m'identifier à lui jusqu'à presque en oublier qui j'étais réellement… »

Lorcan fit une pause, semblant chercher le courage de continuer son récit.

« Saga a bien essayé de m'avoir mais je me suis toujours débrouillé pour lui échapper sans qu'il ne se doute de rien. De ce point de vue, rien ne changeait, je ne pouvais pas laisser quelqu'un me toucher. Je suis devenu l'un des assassins du Sanctuaire, me marginalisant des autres chevaliers. Il n'y a qu'avec Death Mask que je m'entendais bien à l'époque. Lorsque Hadès nous a rendu nos vies une première fois, j'avoue que je ne sais pas très bien pourquoi j'ai accepté de me joindre à vous. Pour Athéna ? Pour moi-même ? Je crois bien que je me suis laissé porter par les évènements, jouant le rôle d'Aphrodite, le chevalier à la rose, mieux que jamais. »

Shion l'écoutait, conscient qu'il avait besoin de parler, de vider son sac, d'extérioriser tout ce passé qui lui pesait et l'empêchait de vivre pleinement sa vie d'homme.

« Quand j'ai ouvert à nouveau les yeux et que j'ai compris que j'avais droit à une nouvelle chance, j'ai décidé de la saisir ; mais, je ne pouvais pas me débarrasser d'Aphrodite. Je m'étais tellement investi dans ce rôle qu'il m'était difficile de faire marche arrière, jusqu'à ce que la gangue de glace qui emprisonnait mon cœur ne se fissure et qu'une lueur d'espoir s'y immisce. »

La tête de Lorcan reposait toujours sur les genoux du Pope. Ce dernier l'observait avec amour. Il aurait tellement voulu le prendre dans ses bras pour le réconforter incapable de mettre en œuvre son désir à cause de sa prison de plâtre.

« Lorcan, il y a toujours de l'espoir. C'est ce qu'Athéna nous a appris, ce pour quoi elle se bat et ce pour quoi nous nous battons à ses côtés. Ne renonces pas à cet espoir, si infime soit-il. L'amour existe bel et bien et il est à porté de ta main. »

oOo

Milo avait finit par se réveiller. Durant son sommeil, Shaka s'était retourné et lové contre le torse du Scorpion. Il le regarda dormir un instant puis se leva en faisant attention de ne pas le réveiller. Il sortit discrètement et se rendit à la papeterie de l'hôpital avant de revenir dans la chambre.

Dix minutes après, il en ressortait non sans avoir déposé un léger baiser sur la chevelure blonde étalée sur l'oreiller et en murmurant :

« Adieu mon amour… »

La détermination dans le regard, il se rendit chez Mû, qui n'était pas là comme il l'avait prévu, déposa une enveloppe sur la table et repartit.

Il monta les escaliers sans croiser personne, ce qui l'arrangeait grandement, et s'arrêta au sixième temple qu'il pénétra pour se diriger directement dans les jardins de la Twin Sal.

Là, il s'écroula aux pieds des arbres jumeaux et leur demanda pardon pour tout le mal qu'il avait fait à leur maître sans le vouloir. Il leur expliqua à quel point il l'aimait et qu'il désirait le rendre heureux sans y être parvenu à sa grand désespoir.

A chaque phrase, il subissait sa propre attaque qu'il endurait sans faiblir, expiant par le sang qu'il versait tout le mal qu'il avait fait à Shaka.

Sur son corps apparaissaient à présent les impacts de 10 piqûres de l'aiguille écarlate. Ses vêtements étaient poisseux de sang, sa vue se troublait, ses forces commençaient à l'abandonner. Dans un ultime effort, il leva son index, au bout duquel l'ongle s'allongeait jusqu'à ressembler au dard d'un scorpion, et s'infligea 4 coups supplémentaires avant de s'effondrer inconscient aux pieds des arbres où Shaka était mort, son sang s'écoulant en flots continus de son corps.

A suivre …