Hey ! Ne me tapez pas ! J'ai fait réellement de mon mieux pour écrire ce chapitre. Actuellement, j'en suit à l'écriture du 4, et j'espère trouver un bon rythme assez rapidement ! Eh oui, autant de temps entre deux chapitres, mais notez que la qualité (et la quantité) est au rendez-vous ! Enfin je crois ;-;
Blablabla, je parle mais je me tais maintenant !
Disclaimer : Les personnages appartiennent à Hajime Isayama.
Bonne lecture !
Ça ne lui arrivait que rarement, de se réveiller un temps soit peu tôt. Il pouvait se coucher à 23h, aussi bien qu'à 2h, il se réveillait toujours entre midi et demi et une heure. Son horloge interne était réglée comme ça, il avait besoin d'un certain nombre d'heures de sommeil, et plus s'il en avait besoin. Dans tout les cas, il se débrouillait toujours pour être debout aux environs de l'heure du déjeuner. Toujours, à y de cette fois là. C'était une nuit où le sommeil n'avait pas été réparateur, il était toujours aussi fatigué et irrité que la veille. Des bruits provenants de la cuisine avaient mis fin à ses rêves, et il était à présent incapable de se rendormir.
La seule chose qu'il pouvait éventuellement faire, c'était se lever. Et surtout, remplir ce ventre gargouillant qui ne cessait de réclamer. Eren était en pleine croissance, et ça, son corps le lui faisait bien comprendre. Vraiment bien comprendre. Même s'il voulait traîner encore au lit, ce néant au beau milieu de son estomac l'insupportait, et l'obligea donc à se mettre debout. C'est donc les yeux presque à demi fermé, qu'il bailla et se dirigea vers la sortie de sa chambre, avant de se traîner direction le frigidaire.
Après une nuit comme avait été la sienne, c'était difficile de se motiver. Il avait déjà du mal d'habitude, mais c'était sans doute pire, à cause de sa dispute la veille. Il y repensait encore et encore, en se servant des céréales, puis en versant le lait dans son bol. Il ne savait pas quoi faire, pas comment réagir. Surtout que c'était la première fois depuis leur amitié nouvelle. Et ça lui faisait peur de perdre quelqu'un à qui il s'était si vite accroché après avoir fait vraiment connaissance. Puis il aimait cette complicité qu'il n'avait avec personne d'autre. C'était un sentiment unique qui s'imposait en même temps que la présence de Jean, et il s'était déjà surpris à penser qu'il n'avait jamais vécu ce genre de chose avec Armin.
Le secret, et le danger qu'on puisse découvrir leurs petites cachotteries lui plaisait aussi. C'était cette fois une impression de transgresser les règles, comme pour une relation interdite, bien que là, ce ne soit que leur choix. Il était jeune, et avait soif de quelque chose de nouveau. Et tout dans sa relation avec son "rival" lui paraissait nouveau. L'importance des mots, l'importance des gestes, il n'y avait jamais vraiment prêté attention avant. Il n'avait jamais eu peur de parler franchement, sauf avec lui.
Eren se donna une petite tape sur le visage. Il avait sans doute l'esprit encore embrouillé par le matin, ça n'allait plus, vraiment plus, de penser à Jean comme ça. Ils s'étaient simplement un peu disputés, lundi, tout rentrerais à la normal. Enfin, c'est ce qu'il espérait.
Il attrapa son bol et le déposa près de l'évier, avant de remonter pour rejoindre de nouveau sa chambre. Au pied de son lit, il se permit de se jeter dessus. Tant pis pour le bruit. Il s'installa mieux, ventre contre le matelas et pensa enfin à vérifier son portable. En vérité, il y avait déjà pensé. Il ne l'avait tout simplement pas fait. Il n'osait pas regarder les choses en face. Il ne voulait pas voir qu'il n'avait aucun message, et spécialement, aucun messages de Jean. Il s'en doutait, oui, mais n'avait pas envie de le voir.
Le serrant entre ses mains, le coeur battant, Eren se lança d'un coup et alluma l'écran, puis le déverrouilla. Un nouveau message, qu'il s'empressa de lire.
De : Armin
Que fais-tu aujourd'hui ?
(10h27)
Cet air si formel, qu'il avait toujours, Eren reconnaissait bien là son meilleur ami d'enfance. Bien que déçu, il se dépêcha de répondre.
À : Armin
Rien. Si tu veux qu'on se voit, on pourrait cet après midi. Faut vraiment que tu m'aides, je comprends rien aux maths !
(10h29)
Il n'aimait pas l'impression qu'il devait lui laisser. Ses amis, et en particulier ceux dont il était le plus proche, lui donnaient l'impression d'être si lointain, depuis qu'il avait Jean. Il delaissait des personnes qui avaient toujours été là pour lui, et maintenant qu'il y repensait, il se sentait vraiment désolé. Il n'avait pas envie d'être confronté à Armin, aux erreurs qu'il avait pu faire, même si c'était pourtant facile de les corriger. C'était justement facile, puisque plus personne ne le monopolisait.
Il soupira. Il avait vraiment besoin de prendre l'air et de se remettre les idées en place. Toutes ces histoires, ça le déprimait, lui retournait le ventre et le stressait. Il était d'un naturel assez anxieux, et paniquait souvent pour rien, même s'il ne le montrait pas à tout le monde. À vrai dire, seul Armin connaissait cette face là de lui, et c'était une réelle preuve de confiance. Et malgré tout, il l'avait abandonné, comme le pire des abrutis. Il se sentait vide, et vraiment, vraiment énervé contre lui-même. Il était comme un lion en cage.
– BORDEL !
Le cri lui échappa, mais étouffé par le premier oreiller qui était arrivé sous ses mains. Brusquement, le beau brun se releva, il en avait assez d'être enfermé, à la fois de son corps, et des murs de l'appartement. Il s'empara de vêtements qui traînaient çà et là, et les enfila à toute vitesse. Il ne prit pas la peine de mettre de l'ordre dans sa chevelure, un coup rapide de la main et il était prêt. Il attrapa son téléphone et des écouteurs et claqua la porte de chez lui, sous l'oeil attentif de sa soeur.
Il dévala les marches du vieil immeuble deux à deux. Il ne prenait même plus l'ascenseur, tout était si vieux qu'il y avait beaucoup de chance de rester coincé dedans. Ce n'était pas quelque chose de particulièrement dérangeant, en temps normal, il redémarrait les trois quart du temps, mais sans un Eren bouillant à l'intérieur. Les semelles en caoutchouc de ses chaussures claquaient durement sur le vieux bois usé et grinçant des marches. Mais ses chaussures n'étaient pas les seules à faire grincer l'escalier.
Il pouvait clairement deviner, à peut-être un étage en dessous, quelqu'un qui descendait aussi. Qui ça peut être ? Sa curiosité revenait au galop. Il s'empressa de rattraper l'inconnu au rez-de-chaussée. Quelques cartons traînaient dans le hall. En regardant au travers des portes de l'immeuble, il apperçu un camion de déménagement. Quelqu'un partait, ou arrivait ? Il lui semblait que des voisins avaient déménagés il y a peu, alors c'était plutôt probable que quelqu'un emménage.
Eren habitait un assez beau quartier, sans pour autant que le loyer flambe. C'était même assez abordable, et ça avait aussi le don d'attirer les gens dès qu'une précieuse place venait à se libérer, ce qui restait quand-même assez rare. C'est cette rareté là qui piqua de nouveau sa curiosité. Il avait vraiment envie de voir à quel genre de personne il aurait affaire. Pitié que ce soit quelqu'un de calme. On veut plus de fêtard dans cet immeuble.
Finalement, le nouvel habitant, chargé de carton arriva. C'était un petit homme d'une trentaine d'années sans doute, aux cheveux de jais et au regard d'acier, à l'air froid et dur. Il était seul à s'occuper des cartons, et malgré sa taille et sa musculature sans doute fine qu'on devinait à travers sa chemise blanche, impeccablement repassée, il n'avait pas l'air fatigué ou quoi. Ça ne suffisait cependant pas à Eren de vouloir en savoir plus à son propos, et toute tension finalement évacuée, il se sentait de meilleure humeur et prêt à l'aider. Il se mettait ainsi loin de ses préoccupations, pour un moment, aussi court que cela puisse être. J'espère qu'il est aimable.
– Vous avez besoin d'aide ? tenta-t-il lorsqu'il passa près de lui, les bras chargés.
Il s'arrêta net, et dévisagea l'adolescent les sourcils froncés, le jugeant, se demandant si ça pouvait être une bonne idée de confier ses biens à quelqu'un qu'il ne connaissait pas. Il faut être optimiste, et croire en la bonne volonté des gens ! Ses muscles du visage se décontractèrent soudain et il plaqua son fardeau contre le torse d'Eren.
– Oui. Au deuxième étage. L'ascenseur ne marche pas.
Sa voix était tout aussi dure que ses yeux méfiants, et ses phrases courtes appuyaient la première impression que l'homme laissait. Il tourna les talons et se dirigea à nouveau vers le camion. L'adolescent, lui, remonta l'escalier qu'il avait dévalé quelques minutes plus tôt. Putain, c'est lourd.. Ça lui tirait sur le dos, sur les bras, et il luttait pour ne pas lâcher. Il se supris à penser qu'il était sans doute un peu trop flemmard.
Arrivé au deuxième palier, il franchit le seuil de la porte entrouverte et déposa les affaires dans la première pièce, puis fit demi-tour. Il avait envisagé la possibilité de s'enfuir, mais il ne voulait pas s'attirer les foudres de son voisin dès la première rencontre. Ce dernier l'intriguait. Il avait quelque chose de mystérieux, et le mystère, il adorait ça.
De nouveau, il fût chargé par le trentenaire, et il remonta, encore. Pendant une bonne demi-heure, il transporta les cartons jusque dans l'appartement vide. Il n'avait pas l'air d'avoir beaucoup de meubles en tous cas. Ou alors il attendait un autre camion. Essoufflé, Eren se permit une seconde de repos, quand son bourreau refit son apparition.
– Je t'aurais bien proposé un verre d'eau, mais j'ai pas de verre, ironisa ce dernier.
Pour toute réponse, le garçon ricana et croisant les bras sur sa poitrine, l'observant mettre de l'ordre, comme si c'était un besoin, que toute choses se devait d'être bien à sa place, même emballé. Le silence pesait sur les deux hommes, et mettait mal-à-l'aise le plus jeune des deux. Il n'osait pas s'eclipser doucement et continuer sa petite vie, se balader et rejoindre Armin. Il trouvait ça à la fois stupide et impoli de ne pas faire plus connaissance que ça.
– Moi, c'est Eren. J'habite au 4e avec ma soeur et mon père. N'hésitez pas si vous avez besoin de quelque chose !
Pas de remerciement, rien. Il se contenta d'hocher la tête, et fin de la discussion. Super. Eren n'avait pas envie de tenter une nouvelle fois la discussion. De toutes évidences, ce n'était pas le point fort de son nouveau voisin. Il n'avait pas non plus envie de s'attarder là, alors il se retourna pour faire demi-tour, les sourcils tout aussi froncé que son "interlocuteur", très visiblement agacé par cette mauvaise rencontre.
– Attrape.
Quelque chose vola à travers la pièce, et frôla Eren qui rattrapa l'OVNI presque miraculeusement. Bordel, j'ai eu de la chance ! L'objet dans les mains, il l'identifia aussitôt. Cette fois-ci, ses sourcils étaient contractés d'incompréhension. C'était une petite bouteille d'eau, de 50cL, à moitié vide. Devait-il comprendre qu'il la lui laissait ? L'adolescent jeta un regard à son si gentil voisin attentionné. Ce dernier avait ses petits bras croisés sur son petit corps. Tout paraissait petit chez lui, aux premiers abords. Il attendait une quelconque réaction, qui ne venait pas.
– J'ai dit que je n'avais pas de verre. Pas que j'avais pas d'eau. Considère ça comme un cadeau de remerciement.
Après avoir fait claqué ses mots dans le silence, il revint à ses occupations, c'est-à-dire, mettre de l'ordre encore et encore, comme si c'était tout simplement interminable. Un sourire amusé accroché aux lèvres, le plus grand, et pourtant plus jeune, finit enfin par franchir la porte d'entrée. Sérieusement ? Il dévissa et porta la bouteille d'eau à ses lèvres. Bordel que ça fait du bien. Un travail bien récompensé. Il descendit une à une les marches, se délectant le plus longtemps possible de chaque précieuse gorgée d'eau.
Il arriva en bas, et franchit cette fois la porte du hall d'entrée. Le camion était partit, et la rue, sauvage, impitoyable et cruelle, s'étalait devant lui. Elle lui ouvrait ses portes et l'attirait, séduisante. Maintenant calmé, il aurait pu remonter et rejoindre chez lui, son foyer. Ça, c'était bien sûr sans compter l'appelle de la liberté, seul, dehors. Un pas après l'autre, il s'éloignait de la silhouette du vieux bâtiment.
WAH. Vous l'aurez compris, en italique, les petites pensés d'Eren ! J'espère que ce boulversement vous aura plu, en tout cas, qui sait ce que ça peut changer, plus tard...
Ah, petit sondage avant de vous quitter.. Vous préférez quoi, au niveau des chapitres... une fois Jean, une fois Eren ? Où comme je le sens ? Voilà ! N'hésitez pas à laisser une petite review, promis j'y répondrais. Sachez tout de même que je vous lis, et chaque review est importante. Bisouille !
