Episode : A corps perdu ( Duet ).

4 ) La jetée ouest

-Tirez nom de Dieu, maintenant ! ordonna le colonel John Sheppard !

Lorne leva le bazooka et visa la cible mouvante. Il tira.

Raté.

Il venait de dégommer un arbre qui explosa sous l'impact. Merde !

Il perçut le tumulte autour de lui. Ca tirait de tous les cotés. Puis il vit le dart touché s'écraser au sol.

Il poussa un soupir de soulagement : Heureusement le docteur Beckett n'était pas là-dedans.

Juste McKay et Cadman.

Le major n'avait pas été content du tout quand Carson s'était éloigné avec cette Cadman qui lui tournait autour. Et c'était la jeune femme qui l'avait proposé cette balade bien sûr !

Lorne avait vu avec plaisir la mine de Cadman s'assombrir quand Rodney McKay s'était joint à eux.

Un bon point pour le scientifique. Même s'il accaparait un peu trop le médecin au goût du major.

Lorne était jaloux. Il se l'avouait. Et exclusif dans ses sentiments. Il pensait que le docteur Beckett lui appartenait, en quelque sorte. Jusqu'à un certain point, bien sûr. Lorne n'aurait jamais admis avoir des sentiments outrepassant l'amitié pour un homme. Pas question.

Entre Beckett et lui, il n'y avait que des liens d'amitié solides. Et si parfois ses pensées déviaient un peu, si son corps le trahissait de temps en temps, il mettait cela sur le compte de l'abstinence.

Il ne se demandait même pas pourquoi, si le sexe lui manquait tant, il ne tentait pas de séduire une jeune femme de la cité. Le major Lorne refusait d'aller trop loin dans son introspection.

Ils étaient rentrés sur la base depuis quelques jours maintenant. Ils avaient réussi à sortir McKay du dart mais le lieutenant Cadman était restée coincée dans le vaisseau wraith. Lorne savait que le docteur Beckett était très occupé. Le médecin lui manquait énormément. Tout de même, Carson pourrait y mettre un peu plus du sien. Parfois, Lorne se demandait si le médecin ne l'évitait pas.

C'était idiot, bien sûr, mais il ne pouvait pas s'empêcher de se poser des questions.

Bon, en attendant il cherchait le colonel Sheppard. Incroyable, celui-ci avait dû couper sa radio. Il était introuvable !

Il se rendit à la salle d'entraînement et y trouva Teyla Emmagan qui s'exerçait avec Ronon Dex. Ils étaient en sueur.

-Le colonel Sheppard ? répondit aimablement l'athosienne à la question du major. Il est parti d'ici il y a environ quinze minutes. Oui, attendez, il me semble bien l'avoir entendu parler avec quelqu'un dans sa radio. Je crois qu'il a mentionné la jetée ouest mais je n'en suis pas sûre. Au fait, ajouta t-elle, est-ce que vous savez que le docteur Zelenka a réussi à faire revenir le lieutenant Cadman. C'est une excellente nouvelle, n'est-ce pas ?

Lorne en convint et prit congé. Il se dirigea vers le téléporteur, légèrement agacé. Certes, il était content que sa collègue soit revenue saine et sauve. Tout de même elle avait sauvé Carson du rayon du dart en le poussant sur le coté. Mais il allait la tenir à l'œil. Carson Beckett n'était pas à elle.

Il quitta le téléporteur et se dirigea vers la sortie ouest de la cité. La jetée ouest était la plus petite et la moins spectaculaire d'Atlantis. Elle était de plus sans cesse exposée aux vents. De ce que Lorne en savait, personne ne s'y rendait jamais.

A peine eut-il fait coulisser la porte que ses oreilles furent assaillies par le mugissement de l'océan. Le vent qui soufflait dans sa direction lui apportait des éclats de voix.

Le colonel n'était pas seul.

Le major s'avança avec curiosité et s'arrêta brusquement dans l'angle d'une tour.

Il écarquilla les yeux de stupéfaction.

John Sheppard se trouvait là en compagnie du docteur McKay. Et manifestement, les deux hommes étaient en train de se disputer. Ils parlaient avec de grands gestes et Lorne pouvait entendre des bribes de conversation portées par le vent :

-D'abord…de Katie Brown…j'espère…plut ! C'était Sheppard qui criait.

-Rien…Carson…là... Le scientifique tapait du pied, visiblement exaspéré.

-Et... embrasser... docteur... !

Lorne sourit, amusé. Sheppard semblait passablement énervé. Pour un peu on aurait dit qu'il faisait une scène à McKay !

C'était vraiment une pensée incongrue. Et puis quoi encore ?

A son avis, ils se disputaient à cause de Katie Brown. Lorne avait bien saisi son nom tout à l'heure. Ca devait être ça. Peut-être McKay l'avait-il soufflé à Sheppard ?

En tout cas ça chauffait sur la jetée.

Bon, il n'allait pas écouter aux portes tout de même. Il allait se montrer quand le scientifique excédé tourna le dos à Sheppard et prit la direction de la cité.

Lorne l'entendit marmonner :

-Militaires…stupides…

Et là, le major resta éberlué.

Le colonel Sheppard courut après McKay, le tira par la bras et le plaqua plutôt vivement contre le mur pare vent.

Lorne se demanda s'il ne devait pas intervenir et la seconde suivante il se bénit de n'avoir pas agi.

Le major Lorne se pinça pour voir s'il ne rêvait pas. Ca devenait irréaliste : Le militaire avait passé un genou entre les jambes de McKay et plaqué sa bouche sur celle du scientifique.

Nom de Dieu, il l'embrassait ! Et ça avait l'air d'être un baiser plutôt passionné.

McKay fit mine de se débattre puis tout à coup, ses mains agrippèrent les fesses du colonel afin de plaquer celui-ci plus près de lui.

Mince, c'était chaud !

Lorne ne pouvait détacher ses yeux du spectacle. Une partie de lui l'exhortait à s'en aller, à ne pas céder au voyeurisme, et l'autre, fascinée, n'en perdait pas une miette.

Il était vaguement écoeuré mais se sentait également troublé. Son cœur battait à tout allure. Il voyait là-bas les bouches se quitter, s'égarer et se reprendre avec fougue.

Le colonel entreprit d'ôter le tee-shirt de McKay. Celui-ci l'aida en levant les bras. Puis il plongea la main dans le pantalon du scientifique qui se cambra brusquement.

Pas besoin d'être devin pour comprendre ce qu'il lui faisait.

McKay à son tour ôta le pull de Sheppard puis il s'attaqua à sa braguette et baissa son pantalon. Lorne put voir les fesses pales du colonel et les deux hommes se laissèrent glisser le long du mur, les lèvres jointes.

Les mains de Sheppard descendaient maintenant le pantalon du scientifique. Lorne entrevit un sexe un érection.

Un vague malaise commença à l'assaillir.

Il y avait tant de passion dans cette étreinte qu'il en était profondément troublé. Il prit subitement conscience qu'il violait l'intimité des deux hommes. Il se montrait indiscret au delà de tout.

Et il s'aperçut que malgré lui, il avait porté la main à la bosse qui s'était formée dans son pantalon.

Il bandait.

La honte le submergea. Il se comportait en voyeur et de plus ça l'excitait.

Mais ce n'était pas lui ça ! Jamais il n'avait eu ce genre de comportement malsain. Que lui arrivait-il, nom de Dieu ?

Il sentit les larmes couler le long de ses joues et s'éloigna de la jetée.

A suivre…