Ouah ! Le chapitre précédent a eu un très beau succès. Un grand merci à tous les reviewers ! Je prends un grand plaisir à lire et relire vos commentaires si encourageants.

Bref, j'arrête de jacasser et je vous laisse lire ce quatrième chapitre en paix. Encore une fois, bonne lecture.


Chapitre 4 : The Wrath - La colère.

Cela faisait maintenant une bonne dizaine de minutes qu'il était enfermé dans cette salle de consultations. Dix minutes qu'il entendait des coups répétés contre la porte. Dix minutes qu'il subissait des menaces à l'encontre de sa personne et tout un tas de tentatives désespérées pour le faire sortir. Mais rien n'y faisait. Il ne bougerait pas d'ici tant qu'il n'aura pas obtenu certaines garanties. Comme celle d'avoir la vie sauve, entre autre.

Après être passée par les menaces de mort, les injures et toute une flopée de mots fins et délicats, Lisa Cuddy décida finalement de changer de registre.

« Dites-moi que vous n'avez pas osé faire ça ! »

Grégory House se demanda alors par quel miracle il pourrait ressortir indemne de cet hôpital.

« Ce sont eux qui ont commencé ! se défendit-il.
_ Je ne veux rien savoir, contentez-vous d'ouvrir cette porte que je puisse vous étriper !
_ Attention à ce que vous dites, il y a des témoins !
_ Je ne pense pas qu'ils iront se plaindre de votre perte. » rétorqua-t-elle d'un ton cassant.

Il ne répondit pas, trop occupé à s'imaginer torturé et brûlé vif par la doyenne sous l'acclamation d'une foule en délire.

« Ouvrez cette porte ! somma-t-elle une nouvelle fois.
_ Hors de question !
_ Ouvrez ou j'appelle la sécurité pour l'enfoncer ! »

Le diagnosticien marmonna quelque chose d'incompréhensible et ouvrit finalement à son bourreau avant de lui passer ostensiblement devant en la bousculant légèrement.

La doyenne ne réagit pas de suite, sonnée par la tentative de fuite de son employé, mais se lança rapidement à sa poursuite.

Grégory House claudiquait désormais dans une direction, suivi de très près par Lisa Cuddy, future assassine d'un boiteux en perdition. Il avait encore une fois semé la pagaille dans son hôpital - peut-être un peu plus que les autres fois - et allait devoir en assumer les conséquences. Mais le plus tard était le mieux et il ferait tout pour repousser l'échéance à son extrême.

C'est en se félicitant pour cette pensée salvatrice qu'il accéléra le pas en entendant des talons claquer derrière lui, accompagnés par des pics de voix martelant son nom.

« HOUSE ! » s'égosilla une femme irritée.

Le glas de sa mise à mort. Le signal pour tenter une dernière fois d'échapper à la faucheuse réincarnée sous forme humaine.

Mais forcé de constater que sa jambe estropiée ne lui permettrait jamais d'avancer aussi vite qu'il aurait pu l'espérer, il se stoppa net et attendit que les talons qui le suivaient décident eux aussi de s'arrêter. Après tout, défier la Mort était son violon d'Ingres. Lorsqu'il n'entendit plus crier le sol brutalisé, il suspendit toute respiration le temps d'une pénible déglutition et admira le paysage qui lui faisait face.

Devant lui, un ciel bleu éclatant, un air pur et vivifiant, un espace propice à la vie. Derrière lui, un orage mêlé à une tempête, un air asphyxiant, un lieu de mort quasiment certaine.

Savourant une dernière fois l'air frais qui venait fouetter son visage, il en profita pour faire ses adieux à l'assemblée qui les observait.

« Ce fût un calvaire de vous connaître, et sachez que je quitte ce monde sans regret, bien trop heureux de ne bientôt plus avoir à côtoyer vos faces d'arriérés. Je sais que vous ne m'aimez pas - moi non plus d'ailleurs - mais si vous pouviez faire en sorte que mes cendres ne soient pas piétinées par des talons hauts une fois mon corps brûlé, je vous en serais très reconnaissant. Merci de m'avoir écouté et sur ce, je vous dis bon vent. »

Sa tirade étant dite, il se tourna lentement vers son bourreau, prêt à recevoir sa sentence.

« Dans mon bureau. » claqua la doyenne.

Sans avoir le temps d'évaluer son degré d'énervement, il la vit faire volte-face et se diriger vers la salle de torture. Il la suivit sans broncher, sous les regards tantôt médusés, tantôt railleurs, des personnes présentes dans le hall.

Arrivé dans le fief de sa patronne, il referma précautionneusement la porte et s'assit en face de cette dernière en prenant bien soin de s'installer confortablement, conscient qu'il n'était pas près de ressortir de si tôt...

« Vous avez dépassé les bornes. l'informa Cuddy d'un ton peu rassurant.
_ Mais ... tenta de protester le médecin.
_ Il n'y a pas de mais. C'est un fait, pas un sujet discutable. » le coupa-t-elle en prenant bien soin de déposer un regard meurtrier sur lui.

La sachant au bord de commettre l'irréparable sur sa personne, il n'ajouta rien et se contenta de prier pour le salue de son âme. Tandis qu'il passait en revue tous les Saints qu'il connaissait, il se risqua à jeter un coup d'œil en direction de sa patronne qu'il trouvait étrangement silencieuse. Il ne fût alors que peu surpris de croiser un regard noir qui le fusillait copieusement.

« Vous avez transformé mon hôpital en un véritable zoo.
_ Ah, ça ! s'exclama le concerné presque sans s'en rendre compte.
_ Silence. » ordonna la doyenne d'un ton cassant.

Penaud, il obéit docilement et attendit patiemment la suite de son jugement en se triturant les doigts avec nervosité. Resté en alerte, il sursauta légèrement en entendant un dossier être claqué contre une surface en bois. L'auteure de ce bruit anodin presque effrayant baissa ses yeux menaçants en direction d'un bout de papier. Elle feuilleta rapidement le paquet de feuilles qui s'empilait sur ce dernier avant de déposer une nouvelle fois un regard sanguinaire sur son employé.

« Une chance pour moi qu'elle soit végétarienne. » nota intérieurement le diagnosticien.

Se retenant de l'exécuter froidement sans autre forme de procès, elle prit une profonde inspiration et finit finalement par déclarer.

« Nous disons donc, 15 plaintes rien que pour la matinée.
_ Si peu... se risqua-t-il pour tenter de minimiser.
_ C'est votre record en un laps de temps si court. » précisa t-elle pour le faire taire.

Il se retint de la remercier pour ce compliment, sachant pertinemment que ce n'en était pas un.

« Et ne comptez pas sur moi pour défendre votre cause. Vous irez croupir en prison s'il le faut. jugea-t-elle bon d'ajouter.
_ C'est injuste ! s'indigna son employé.
_ Je trouve cette peine au contraire très clémente. Estimez-vous déjà heureux que je n'ai pas décidé de vous lyncher en public. » vociféra-t-elle en le pointant du doigt.

Le médecin s'enfonça un peu plus dans son siège, apeuré par l'agressivité dont sa patronne faisait part. Elle se passa une main lasse sur le visage et demanda presque calmement.

« J'aimerais savoir ce qui vous a pris.
_ Je m'ennuyais. répondit-il sans réfléchir à ses mots et leurs conséquences.
_ Vous vous ennuyiez ? » releva la doyenne, cédant ouvertement à la colère.

House venait de s'enfoncer comme il n'aurait jamais pu l'imaginer, signant son arrêt de mort de sa propre main, si ce n'était pas déjà fait. Désespéré, au bord de s'arracher les phalanges des doigts, il s'autorisa une dernière tentative pour détendre l'atmosphère.

« Avouez que c'était quand même marrant !
_ Vous venez de perdre une nouvelle occasion de vous taire. le prévint-elle peu subtilement.
_Tout ce que je dirais pourra être retenu contre moi ?
_ Précisément. hacha-t-elle. Cela m'aidera à déterminer si je dois quadrupler ou simplement tripler vos heures de consultation.
_ Je n'irai pas. tenta-t-il de résister.
_ Vous irez. Par la force s'il le faut, mais vous irez. Et je ne veux pas qu'on est à se plaindre une seule fois de vous, sans quoi je n'hésiterai à sucrer une partie de votre salaire pour payer les prochains frais de procès. » l'informa-t-elle impassiblement d'une voix ferme et autoritaire.

N'osant pas protester, il se contenta d'acquiescer d'un mouvement bref de la tête, avant d'entreprendre de quitter la pièce, le plus discrètement possible. S'élevant de quelques centimètres de sa chaise, il fut rapidement couper dans son élan, interpellé par une injonction sans équivoque

« Vous ne bougez pas d'ici. » lui ordonna sèchement la doyenne.

Conscient qu'il ne devait faire aucun mouvement brusque pour ne pas être davantage assailli, il se rassit très lentement en fixant perplexement sa patronne.

La patronne en question, désireuse d'achever son employé dans les plus brefs délais, rendit son jugement intransigeant.

« Je quadruple vos heures de consultation, vous ne rentrerez pas chez vous avant 19 heures au bas mot pendant un mois et vous présenterez des excuses circonstanciées à vos victimes ... commença-t-elle à énumérer avant d'être interrompue.
_ Mais... tenta-t-il une nouvelle fois de contester.
_ En public. » poursuit-elle sans le laisser finir.

Ces dernières paroles lui firent l'effet d'un verre entier de bourbon avalé de travers. Si bien qu'il crut mourir étouffé sous les yeux jubilaires de son exécutrice.

« Pour si peu... parvint-il à dire entre deux toux étouffantes, essayant encore de minimiser.
_ Si peu ? s'emporta la doyenne. Vous avez délibérément administré du LSD à une quinzaine de patients en consultation sans autre raison que votre distraction personnelle ! »

House sourit intérieurement en se remémorant ses exploits de la veille. Il avait atterri en consultation, contre son gré, après avoir échangé quelques joutes verbales avec la hiérarchie. Très persuasive, Cuddy était parvenue à lui imposer deux heures de torture. Puis, d'humeur joueuse et vindicative, il avait décidé de mettre un peu d'ambiance dans l'hôpital et de pourrir la vie de sa patronne par la même occasion. Et voilà où il en était aujourd'hui. D'une pierre deux coups, il avait tout gagné : le supplice, la potence et le bûcher.

N'ayant finalement pu retenir un sourire de satisfaction, il croisa un regard noir et assassin qui lui donna soudainement une certitude.

« Vous allez me le payer cher. » l'averti-t-elle en entrant dans une colère encore plus noire.

Il ne ressortirait pas de ce bureau en un seul morceau.

« Très cher. » précisa-t-elle en prenant un air des plus menaçants.

Et encore moins de cet hôpital.

Colère, nom féminin : Violent mécontentement, accompagné d'agressivité. Considérée comme l'un des 7 péchés capitaux.

TBC...

Si la fiction vous plaît toujours autant, je vous dis à vendredi :D.