Chapitre trois
Le champ de bataille ne fait que révéler à l'homme sa folie et son désespoir, et la victoire n'est jamais que l'illusion des philosophes et sots. – William Faulkner
Debout dans les gradins, le capitaine de l'équipe, Ludio Callidus, avec sa grosse musculature tellement impressionnante, attendait impatiemment les deux derniers membres de son équipe. Ludio était un grand homme qui était en sixième année, il était très bien battit et avait quelque chose dans la tête, un des meilleurs élèves de sa volée… futur aurore sans aucun doute. Il avait les cheveux beiges, et avait demandé à sa copine d'origine africaine d'y mettre des dreadlocks, ce qui lui donnait une tête assez marrante.
- En retard ! tonna le géant en sautant des gradins sur le terrain.
Ludio s'avança vers les deux jeunes femmes, ils échangèrent une poignée de main qui se voulait virile, se fixèrent dans les yeux puis ne purent pas résister et éclatèrent de rire. Ludio leur tapota les épaules en souriant, un petit clin d'œil pour Terry qui était sa cousine puis il se retourna vers ses joueurs.
- Bon nous sommes de toute manière mal barré. Mais ne déprimons pas pour autant ! Nos stratégies…, sont un peu brouillonnes pour l'instant mais je pense que ça pourrait aboutir à quelque chose d'intéressant. Nous faisons comme d'habitude ! Les batteurs vous assurez, hein, je ne veux plus me faire assommer par un cognard de mauvaise humeur… ! Amis poursuiveurs, chers collègues, nous, on va faire un sacré coup… vous allez voir et toi ma petite Terry, tu nous attrapes le vif d'or que si on a un écart suffisant pour gagner… logique. Et toi tu assures ! Rien mais rien ne doit passer à travers ces beaux cerceaux d'or que tu dois protéger ! Ludio sourit à chacun de ses membres et finit par froncer les sourcils, les yeux plissés. Je me suis mordu la langue…
- On est bien partit pour gagner si monsieur se mord la langue… nargua un des deux batteurs qui était aussi épais qu'un tronc d'arbre.
- Oh silence McFiggins ! Tout le monde en place, l'entraînement commence… simulation d'attaques, renvoie de cognards et tir au but… On commence par les tirs au but pour chauffer la petite noiraude.
- Petite… petite, elle fait presque ma taille ! commenta McFiggins.
- Tais-toi, tu veux ! Et laisse moi faire mes commentaires… grogna Callidus en enfourchant son balais en même temps que tout les autres.
Les balais quittèrent le sol et à bonne hauteur chacun se mit n'importe où dans le terrain, les batteurs eux restaient en-bas en se faisant des passes de cognards… petit jeu très dangereux. Les poursuiveurs en place, attendaient que Terry lance le souafle. Elle tendit les bras vers le haut et lança de toutes ses forces le souafle dans les airs… !
- Partez ! hurla Terry en se mettant sur le côté.
Rosalinda Pervell attrapa le souafle et le passa ni vu ni connu à Ludio qui fonça vers les buts, une main tenant le balais l'autre tenant le souafle prêt à être expulser, feinte ! La petite amie de Callidus arriva par le bas, Ludio lui passa le souafle et celle-ci envoya valser la balle rouge vers les buts. Un tir parfait… qui passa dans les cercles.
- Minerva ! Tu dois garder ces buts… concentre-toi ! hurla Terry depuis le bord du terrain.
- Simple à dire… simple à dire.
- Ce n'est pas grave. Allez on recommence ! hurla Ludio en reprenant le souafle qu'il passa à Terry.
- Coup d'envoie. Passe. Tir et … blocage ! Joli, du bout de ses doigts McGonagall avait repoussé le souafle qui alla se perdre dans les gradins.
La rencontre débuta à midi pile, toute l'équipe de Gryffondor avançait fièrement jusqu'au milieu du terrain, en face d'eux, les Serpentards guidés par une élève de septième année s'approchèrent lentement. Le professeur Black arbitrait les matchs de Quidditch, une de ses plus grandes passions, après évidemment l'enseignement des défenses contre les forces du mal. Comme à son habitude, il prit le temps de regarder chacun des joueurs présents sur le terrain et de les citer un par un…
- Dans l'équipe de Gryffondor…, le capitaine et poursuiveur, Ludio Callidus, les deux poursuiveurs Rosalinda Pervell et Kate Unbongo. L'attrapeuse Terry Maxwell et la gardienne Minerva McGonagall. Et les deux batteurs Ross McFiggins et Geoffrey Kellingan. Dans l'équipe de Serpentard…, la capitaine Lawrence Rose batteuse avec son collègue Billy Accerman ! Les trois poursuiveurs : Markus Londubat, Albert Connor et George Omel puis la déjà célèbre gardienne Beth Abercombie – le regard de Black resta un moment figé sur le nouvel attrapeur de Serpentard – et pour la première fois Tom Jedusor comme attrapeur ! Je demande aux deux capitaines de bien avancer et de serrer la main.
Rose et Callidus se serrèrent la main, on pouvait voir la rage de battre refléter dans leurs yeux, la même pensée traversa leur esprit « Je vais gagner ce match, pour ma maison ! ». Black d'un coup d'œil leur permis de monter sur leur balais, pendant que le gradin fut parcourut d'une multitude d'applaudissements, les joueurs se tenant face à face attendaient le coup d'envoie. Arius Black n'aimait pas qu'on le fasse patienter, mais oh qu'il aimait faire patienter ! Pendant un temps qui sembla éternel, Black se contenta de regarder les joueurs tout en souriant et au bout de quelques minutes il donna un brutal coup de pied dans la caisse qui s'ouvrit. Deux sifflements stridents, et, le souafle lancé en l'air… et un léger bruissement peu audible. Le jeu avait commencé. Callidus hurlait des ordres de gauche à droite, McFiggins et Kelligan s'acharnaient sur les cognards pendant que Markus Londubat le souafle sous le bras fonçait droit sur les buts. Minerva l'œil attentif, après la vérification que personne n'était assez près de Londubat pour pouvoir recevoir une passe, elle se plaça au milieu, les sens aux aguets. L'estomac noué par la douleur, elle tentait de rester attentive et stoppa de justesse le souafle envoyé violemment dans le cercle de droite.
- Magnifique coup de Londubat mais stopper de justesse par une McGonagall attentive ! hurla le commentateur du milieu de la foule. Une magnifique passe à Pervell ! Callidus se trouve assez près de sa partenaire… et pourrait recevoir une belle passe… mais non ! Quel lancé…, dommage ! Omel vient de renvoyer le souafle vers son partenaire… Du côté des attrapeurs ? Jedusor tourne vers le haut pendant que Maxwell zigzague entre ses collègues de jeu, à mon avis le vif d'or ne doit pas avoir encore été vu.
Minerva perturbée par l'arrivée de Jedusor peinait à se concentrer, elle gardait un œil viré sur le souafle et sur les cognards mais elle ne pouvait s'empêcher de se demander s'il ne savait pas faire quelque chose, c'était un génie et il faisait du Quidditch que demander de plus ! Ludio était au même niveau que lui sauf qu'il était moins charmant et déjà en couple… Minerva concentre-toi ! Terry toujours entrain de zigzaguer avait l'air perdu et en soucis, ses sourcils froncés prouvaient qu'elle ne comprenait pas ce qu'il se passait.
- Minerva ! hurla soudainement la copine de Ludio.
McGonagall jura. Le souafle dans un magnifique lancée d'Omel finit par atteindre un des buts que Minerva avait négligé perdue dans ses pensées.
- Dix points pour Serpentards ! La vague verte s'agita brusquement et d'une voix hurla le nom de sa maison. On pouvait apercevoir les sourcils froncés de Black.
Ludio passa devant Minerva et haussa des sourcils.
- Tout va bien ? T'as l'air ailleurs. Essaie de te concentrer, McGonagall.
- Oui désolé…
Le commentateur était entrain de relater la passe si magnifique d'Omel, quand rageuse Pervell marqua un but contre Serpentard.
- Dix points pour Gryffondor. Egalité !
Au même moment, Jedusor passa droit devant les buts de Gryffondor, fonçant vers le bas. Le public retenait leur souffle, Terry inquiète tenta d'apercevoir le vif d'or vers le bas mais n'aperçu rien. Quand Tom approcha près du sol un hurlement retentit dans le public. La voix grave du commentateur résonna :
- Doliprane ! Doliprane ! Vite que quelqu'un appelle l'infirmière.
Ce fut les derniers mots qu'elle entendit… puis un blanc.
Un blanc mais l'impression affreuse de souffrir.
D'avoir mal.
De saigner.
De se vider…
De mourir sans pouvoir faire quelque chose.
Une lumière l'aveugla, elle était seule dans une vaste pièce blanche, les murs s'élevaient au ciel et le plafond n'était pas à porté de vue, on ne pouvait apercevoir qu'une légère brume au sol et vers le plafond. Minerva couchée sur le sol se releva lentement, le brouillard s'épaississait à vue d'œil et elle ne pouvait rien apercevoir. Soudain, des contours flous se dessinaient quelque part dans la pièce, puis il y eut un hurlement strident…, un hurlement d'enfant. Un hurlement déchirant, Minerva hésitante avança dans le néant et se trouva nez à nez avec une petite fille, en boule sur le sol entrain de hurler. Des traces de sang entouraient la petite fille, cinq cercles distincts, ensemble ils formaient une sorte de losange. La fille était au beau milieu du cercle central et, Minerva pu apercevoir des coupures à la base de ses jambes. Un autre hurlement. Quatre enfants apparurent dans les cercles restants toujours entrain de hurler. Minerva tenta de faire quelque chose mais dès qu'elle s'en approchait, elle se faisait repousser par une sorte de champ de force. Une main balafre lui empoigna le bras et la tira de côté, c'était un homme grand et fin, recouvert d'une veste à capuchon noir, seul ses yeux rouges étaient visibles.
-Laisse ces enfants ! siffla l'homme d'une voix froide. Tu ne peux rien pour eux…, et, tu ne pourras jamais rien pour eux… ce qui leur arrive est de ta faute… Minerva McGonagall. L'inconnu prononça son nom dans un long râle. Minerva ne put retenir un immense frisson et ses jambes de trembler.
-Qu'ont-ils … ? Qu'est-ce que j'ai fait ?
Les enfants disparurent et seul au milieu du cercle central se trouvait un petit garçon, assis en tailleur souriant à Minerva et à l'inconnu. Dans ses mains, il tenait un petit médaillon doré et une brosse à cheveux en argent.
- C'étaient des enfants de moldus…, et, après un soupire rauque l'homme se retourna vers le petit garçon, tu vas le laisser mourir et c'est là que débutera ta pire erreur.
- Je vais le laisser mourir ? Mais je ne l'ai jamais vu…
- Tu vas le laisser mourir… et … tu vas les laisser mourir. Mourir… souffla l'homme capuchonné en se dirigeant vers l'enfant qu'il prit dans ses bras. « Tu vas le laisser mourir ! » hurla l'inconnu en disparaissant avec l'enfant.
La pièce prit feu, et, des hurlements d'enfants retentirent à chaque coin de la pièce.
Puis rien.
Elle avait chaud.
Elle avait mal.
Et elle avait peur.
- Elle a de la fièvre… murmura Doliprane épongeant le front ruisselant de McGonagall. Je suis vraiment une incapable… ajouta-t-elle en se retournant soudainement.
- Qu'est-ce qu'il faut faire ? Elle va nous faire un arrêt cardiaque en apprenant la nouvelle ! marmonna Ludio qui avait Kate sur ses genoux, celle-ci semblait être d'extrême mauvaise humeur.
- C'est certain… mais c'était sûr que cela allait arriver – Terry assise dans le lit d'à côté venait de finir son cinquième jus de fruits – on n'était pas prêt…, tu as vu tout le sang qu'elle a perdu ?
- Oui, heureusement que le professeur Slughorn avait une bonne réserve de potions de régénération sanguine ! commenta Kate, elle se tourna vers le professeur Black. On est désolé monsieur, je sais que vous comptiez sur notre victoire pour récupérer l'honneur de Gryffondor.
Arius Black, la tête entre les mains se contenta de faire un signe négatif de la tête.
- Vous ne pouvez rien contre ça… Je crois que Gryffondor est simplement destiné à être d'éternel perdant.
- Mais professeur, c'est simplement parce que nous ne connaissions pas encore le nouvel attrapeur de Serpentard ! Sinon, avec l'ancien, on aurait sûrement gagné.
- Avec des « si » on referait le monde. marmonna Doliprane pour elle-même, elle était entrain de soigner McFiggins qui en faisant un faux mouvement s'était bloqué le dos. Il était allongé dans le lit voisin, le dos à l'air Doliprane lui massait vigoureusement le bas du dos et la nuque.
- Allons, Arius ne déprimez pas ainsi. Nous sommes tous déçu que Gryffondor n'ait pas gagné mais Jedusor était rudement bon ! commenta Dumbledore qui venait de rentrer dans l'infirmerie en sifflotant.
- Ah Albus ! Vous voilà…, vous voulez un jus de fruits ? proposa Arius qui s'était soudainement redressé.
Black, Dumbledore et Doliprane étaient de fervents admirateurs de Quidditch et, étant donné que leur maison respective avait été Gryffondor, ils ne pouvaient que s'attrister d'une telle défaite. À part Dumbledore, qui penché sur McGonagall semblait plus s'intéresser à son élève favorite qui était tombé dans les pommes lors de la confrontation.
- Qu'est-ce qu'elle a eu… ?
Doliprane quitta son patient et tendit le compte-rendu à Dumbledore.
- Une de ses anciennes blessures s'est réouverte à cause d'une trop forte douleur au ventre. Elle a perdu assez de sang pour tomber dans les pommes, dans sa chute elle s'est brisée quatre côtes et additionnellement la jambe de Jedusor qui était placé au mauvaise endroit. De la chance d'avoir pu attraper ce vif d'or avant de s'être fait briser la jambe.
- D'ailleurs où se trouve Tom ? demanda Dumbledore en balayant l'infirmerie du regard. Il me semble ne pas l'avoir aperçu dans le couloir.
- Il est partit, il y a une dizaine de minutes, vous savez les jambes ça se répare en un rien de temps. Un jour alors que mon cousin c'était scié la jambe sans faire exprès j'ai pu…
- Euh, je pense que ce n'est pas nécessaire de nous raconter une quelconque action chirurgicale… commenta Black les sourcils froncés.
- Très bien… grogna Doliprane en retour, apparemment vexée, elle retourna vers McFiggins et continua à le masser avec tant de brutalité qu'il dût mordre dans son oreiller pour ne pas hurler.
