C'était une après-midi plutôt tranquille pour la teamfreewill. Pas de monstre à chasser, pas d'apocalypse à repousser, rien que la paix et la tranquillité...

Ça commençait à sérieusement faire chier Dean !

- Tu es sûr qu'il n'y a pas une affaire quelque part Sam ? Demanda Dean pour la énième fois.

- Non. Pas depuis les deux dernières minutes. Répondit le cadet Winchester, la tête plongée dans son écran.

Depuis quelques jours, les activités paranormales avaient drastiquement baissé. En même temps que la bonne humeur de Dean. Sam vivait bien la chose et en profitait pour rechercher la prochaine activé ludique à faire avec Lucifer, mais Dean lui, s'ennuyait comme un rat mort. Avachi sur le canapé, il regardait mollement une émission de catch féminin.

- Ils mettent trop de temps...

- Dean. Soupirale plus jeune, appréhendant la suite.

- Ça t'inquiète pas de savoir Castiel et Lucifer en vadrouille ?

- Ce sont des êtres célestes Dean ! Pas des enfants perdus dans un centre commercial.Ils vont s'en sortir.

- Mais ils devraient déjà être là !

Sam poussa un nouveau soupir et retourna à sa tâche. Dean était décidément impossible à calmer quand il était question de Castiel...

Quelques milliers de kilomètres plus loin, le premier déchu subissait avec plaisir la morsure glacée du vent du nord. Dans la cage, son essence même avait été confinée dans un espace microscopique (encore plus petit qu'un atome) si bien qu'il ne pouvait rien sentir si ce n'est l'ennui et l'inconfort d'être emprisonné dans un espace exigu. Mais maintenant qu'il était libre, même la plus déplaisantes sensation lui était agréable. Il s'étira longuement et déploya pleinement ses ailes dans l'éther.

Un vent glacé lui fouettait le visage, ébouriffant ses cheveux, et faisant rougir sa chaire protégée par une simple chemise en flanelle et une paire de jeans. La neige humide sous ses pieds nus crissait et glissait. Au loin, le ciel morne se confondait avec les montagnes enneigées à l'horizon. Le froid polaire l'enveloppait délicatement tendis que les flocons de neige virevoltaient autour de lui, s'écrasent inéluctablement sur le sol.Il se sentait bien. Il se sentait vivant.

Pas de démon réclamant son attention, pas d'ange vengeur, pas d'humain moralisateur...

Juste la neige, le froid, le silence et... et Castiel.

- S'il y a bien une chose que j'envie aux humains, c'est bien celle-là !Finit-il par lacher.

- Le Groenland ? Je ne vois pas vraiment...

- Je ne parle pas du paysage Castiel, répondit le diable entre deux éclats de rire. Je te parle de leur capacité à ressentir. Le froid et le chaud, le plaisir et la douleur, le bonheur et le malheur... l'amour et la haine. Des sensations si primitives mais pourtant magnifiques.

- Les anges, aussi ressentent ses choses.

- Nous sommes des soldats Cas. Nous avons été créés pour servir notre père et obéir aveuglément !

- Qu'est-ce que tu entends par là ?

Le premier déchu ne répondit pas tout de suite, offrant simplement un sourire amère et quelque peu mystérieux à l'ange du jeudi.

- Les humains ne maîtrisent peut-être rien, mais chacune de leurs émotions, leurs choix et leurs actes leurs appartiennent.

- Les nôtres aussi ! Répondit Castiel, plus violemment qu'il l'avait voulu.

- Tu l'as déjà remarqué n'est ce pas ? L'amour inconditionnel qu'on lui porte, et ce, malgré tout le mal qu'il a fait, notre dévotion, le vide laissé par son absence... Nous sommes littéralement né pour l'aimer et le vénérer ! Toutes nos actions, toutes nos émotions et nos pensées nous ont été implanté à la création pour son plaisir personnel. Même ma petite rébellion n'était rien de plus qu'un acte dans son grand plan stupide pour s'enfuir et mettre sur mon dos tout ce qu'il avait raté.

- Tais toi ! Cria Castiel

- Tu sais que j'ai raison Cas ! Même tes sentiments pour Dean ne t'appartiennent pas !

Les derniers mots de Lucifer avaient eût l'effet d'une lame angélique sur l'ange de jeudi. Toute son existence, il avait voué un amour inconditionnel à son père. Il n'avait jamais questionné les motifs de son départ malgré la douleur qu'il lui apportait. Il avait obéi aveuglément aux ordres de Michaël et Raphaël l'orsqu'ils prirent le pouvoir, même quand leurs ordres étaient absurdes et allaient à l'encontre des valeurs du paradis. Il avait bien saisi que sa dévotion pour les cieux n'était pas de son ressort, mais ça... La chose dont il était le plus fier, son petit acte de rébellion contre le paradis, le choix qu'il avait fait de faire passer un humain avant la loi céleste... Apprendre que même ses sentiments pour Dean n'étaient qu'un ressort scénaristique dans le but de divertir, c'était une hypoyhèse qu'il refusait de reconnaitre

Le léger bruissement d'ailes averti le premier déchu du départ précipité de son petit frère. Il avait été un peu brutal, mais c'était pour le bien de Castiel. Lui aussi avait eût du mal à s'y faire. Pour être exact, il ne s'y faisait toujours pas. Mais il n'avait pas le temps de s'attarder sur ses états d'âme, car un nouveau venu venait d'apparaître.

- Bonjour Samaël.Saluat le plus jeune des archanges.

- Gabriel...

L'archange aux ailes d'or sourit poliment.

- J'ai entendu dire que tu étais de retour alors je suis passé dire bonjour.

Gabriel n'avait pas changé. Sur le plan terrestre, Il revêtait l'apparence d'un homme de taille moyenne aux cheveux blonds bouclé.Son visage mutin dissimulait avec peine toute sa malice derrière un air sérieux.Mais ses iris bleus striés d'éclats d'or ne laisse aucun doute sur sa nature divine.Tout comme Lucifer, il portait une tenue banal.Quoique, avec du recul on aurait dit une version miniaturisée de PaulBunyanavec sa chemise en flanelle rouge, sonblue-jeandélavé et ses bottes de randonnée.Si PaulBunyans'habillait avec des vêtements de marque.

Il eut à peine commencé sa phrase que le diable le prit dans ses bras.

C'était un geste complètement incongru pour Gabriel. Et pourtant, pendant un court instant (une microseconde à peu près) il s'était laissé allé.Puis tout s'est brisé et il envoya le déchu valser à l'aide d'une impulsion de grâce.

- Ne me touche pas ! Comment oses-tu faire comme si de rien était alors que... Tu as une idée de tout ce que nous avons dû supporter par ta faute ?!

Gabriel avait perdu toute sa maîtrise de soi et fulminait de rage. Les poings serrés, le souffle erratique et les yeux humides, il ne ressemblait plus du tout à une entité puissante. Sous ses pieds, la neige fondait à toute vitesse et des volutes de vapeur tournoyaient autour de lui.

- Je crois que je l'ai mérité celle-là. Fit Lucifer en gémissant.

- Tu mérites pire encore !

- Tu exagère.

- Tu n'as pas le droit de faire ça Samaël! Tu nous as tous abandonnés ! Tu nous as...

- Je vous ai abandonnés ?! Vous êtes ceux qui m'ont trainés, entravé devant le trone de Père ! Aucun de vous n'a pris mon parti lorsque il m'a chatié et ce malgrès mes supliques !

- Tu es celui qui...

- Qui a quoi ? Je n'ai fait que remettre en question un ordre absurde ! Je méritais vraiment l'exil pour ça ?! Je méritais vraiment la déchéance ?

- Tu parlais de rébellion ! De te retourner contre notre Père ! As-tu seulement idée de ce que ta chute à provoqué ? Par ta faute Michaël et Raphaël ont changé du jour au lendemain ! Le paradis est devenu une bureaucratie et Père est...

- Je ne suis pas celui qui l'a fait partir Gab.

Gabriel se tu un instant.

- On avait besoin de toi grand frère... Le départ de père a été une épreve difficile, mais on aurait pu la surmonter si l'on était resté ensemble. Au lieu de ça, tu as choisi de...

- Mais je n'ai rien choisi ! Cria le diable dans un accès de rage et de frustration. Ni moi, ni aucun d'entre nous n'a jamais eût le choix dans cette histoire ! Tout ce que j'ai fait, tout ce que je suis est sa volonté !

- Arrête de te chercher des excuses ! Tu avais le choix ! Tout comme j'ai fait le mien...

- Tu es parti ? Demanda Lucifer après un court instant, comprenant ce que son petit frère insinuait.

- Je me suis enfui de la maison. Parce que Michaël est devenu effrayant, parce que Raphaël a cessée de sourire, parce que tu n'étais plus là ! Tu n'es pas le seul à avoir souffert de son départ Lucy... C'était aussi notre père.

Les deux archanges s'étaient tu, se faisant face dans le silence sans vraiment oser se regarder. Ils étaient les êtres les plus puissants de la création après le créateur lui-même !Pourtant, en ce moment, les deux êtres de lumière étaient incapables de ne serait-ce qu' affronter le regard l'autre. Le cœur empli de colère, de honte, de peine et de regrets, Gabriel fit ce qu'il savait faire le mieux : fuir.

Lucifer ne le retint pas. Lui-même avait déjà bien du mal à affronter les siens. Il resta encore de longues heures dans la steppe gelé à méditer sur ses péchés (ironique n'est-il pas ?). Pour la seconde fois dans son existence, il doutait. Était-il vraiment maître de ses choix comme l'affirmait Gabriel ? Ou n'était-il qu'un pion de plus dans l'échiquier cosmique de son père ? Pour la première fois depuis sa chute, Lucifer commençait à saisir les conséquences de sa rébellion. Il avait toujours pensé que leur père les avait abandonnés, que ses frères l'avaient trahis. Il avait toujours été persuadé d'être la victime d'une injustice cosmique, le dindon d'une farce divine ! Mais maintenant, il en doutait.

Sam ne comprit ni pourquoi ni comment il avait su que Lucifer était revenu, mais il le savait. Il sortit doucement de la chambre, veillant à ne pas réveiller son frère (qui avait passé la journée à se plaindre de l'absence deCastielsans pour autant se résoudre à l'appeler). Il trouva Lucifer quelques mètres plus loin, adossé à un mur, faisant face à un distributeur automatique. Ses vêtements étaient complètement trempé et quelques gouttes d'eau perlaient ses cheveux blonds.

- Tu es tout mouillé commenta le chasseur, ne sachant pas quoi dire.

- La neige... Fondu.

La réponse de Lucifer était à peine murmurée et pour une raison quelconque, celui-ci gardait la tête baissée entre ses bras.

-Castiel n'est pas avec toi ?

- Non.

-Sama...Lucifer qu'est-ce qui se passe ?

Le diable ne répondit pas, mais leva la tête et...

- Bon sang ! Tu pleures ?

-Bien sûr que non, répondit le déchu avec un sourire factice, papa a juste eût une journée difficile.

Le chasseur avait l'habitude de ce genre de comportement. Lui et son frère avaient pour habitude de cacher leurs émotions sous le sarcasme et l'humour douteux (en particulier Dean).Il se contenta de s'asseoir près de l'archange et de lui offrir une épaule compatissante.

- Tu t'es disputé avec Cas ?

- Comment as tu deviné ?

La voix de Lucifer se voulait enjouer, pleine de malice et d'esprit, mais Sam n'était pas dupe.

- Quand Dean et moi, onse dispute ou que l'on ne va pas bien, on fait la même chose que toi : on s'isole.

- Par Père ! J'ai vraiment dû toucher le fond si tu en viens à me comparer à Dean !

- Vous n'êtes pas si différents, tu sais.

- Vraiment ?! Il me faut de l'eau bénite et un relooking extrême alors !

- Pourquoi de l'eau bénite ?

- C'est très pratique pour nettoyer les impuretés. Je te le conseil pour le ménage, tu n'as pas...

Sam éclata de rire. Ce rire même qui l'avait laissé sans voix la première fois qu'il l'avait entendu.

- Quel est ce pouvoir ? Murmura le prince des ténèbres.

- Pardon ?

Oui quel est donc ce pouvoir que Sam exerçait sur lui ? Pourquoi se sentait-il si humain chaque fois qu'il était en présence du chasseur ? Pourquoi oubliait-il toujours tout le reste lorsque Sam riait ?Pourquoi pouvait-il sentir sa disgrâce battre au même rythme que le cœur du mortel ? Était-ce un autre stratagème cruel de Père ? Une blague cruelle pour lui rappeler qui était le maître ?

- Rien... Je pensais tout haut.

Sam ne répondit pas, mais il sentit que l'atmosphère s'était refroidie. Lucifer s'était imperceptiblement éloigné de lui, coupant le contact physique.

- Qu'est ce qu'il y a dans cette drôle de boîte ? Demanda finalement Lucifer, brisant le long silence qui venait de s'installer.

- Ce n'est pas une boîte mais un distributeur automatique et... Tu vas voir.

Sam tenta de se lever, mais Lucifer le retint.

- Je ne vais pas loin t'inquiète. Répondit Sam, étrangement satisfait de la réaction du diable.

Le démon ne répondit pas, mais lâcha prise. Il était le plus étonné par sa réaction... Lorsque Sam à essayé de se lever, une pensée avait traversé son être. Une pensée qui lui était tout simplement intolérable. Puis Sam est revenu, aussi vite qu'il était parti, les bras chargés de barres chocolatées.

- Alors, c'est bon n'est-ce pas ?

Le chocolat était une manifestation physique du divin. Il ne pouvait en être autrement. Les humains n'étaient pas capables de créer une telle chose. Si?

- Ça a le goût de l'affection que mon père ne m'a jamais donné... Comment ça se fait ?

- Le chocolat à un pouvoir spécial.C'est un remède pour le cœur et l'esprit. Par contre ce n'est pas très bon pour la santé !

- Un remède ?

- Quand les humains sont tristes, ils noient leurs chagrins dans la nourriture ou la boisson. Pour Dean, c'est la malbouffe et l'alcool, pour moi c'est le chocolat et les glaces à la praline.

- Et ça te soigne ?

- Pas vraiment...Mais ça m'aide à supporter un peu mieux.

- Je vois...

- Et pour toi ?

- Pour moi ?

- Je veux dire, ça t'aide à supporter ta tristesse ?

- Et qui te dit que je suis triste ?

- Oublie que j'ai demandé.

- Non vraiment ça m'intéresse ! Qu'est-ce qui te fait penser que le seigneur du mal peut ressentir de la tristesse ? Et quand bien même ce serait le cas, tu t'en soucierait pas tout de même ?

- Pas du tout, je m'en moque. Je demandais, c'est tout.

- Bon sang Sam ! Tu te soucies de moi ? Tu es maso à ce point ?

- Va te faire foutre Lucy !

-Hey, c'est Monsieur Lucifer pour les mortels !

- Nan, je trouve que Lucy te va bien.

- Tu sais que je pourrais te réduire en cendres d'une pensée ?

- Essaie seulement... Non Lucifer, pas les chatouilles !

Le vieil homme souriait doucement dans son lit, amusé par les chamailleries des deux jeunes gens à l'extérieur de sa chambre. Par contre, s'il pouvait se la boucler ! Il y'a des gens qui voudrais bien dormir ici !