Voilà la suite. Merci de continuer à me suivre. N'hésitez pas à laisser vos impressions, critiques, suggestions ; j'y suis ouverte !

J'ai eu du mal à écrire ce chapitre, j'espère que le rendu est bien. J'espère aussi que je ne me suis pas trop éloignée du caractère d'Alex et Olivia de la série parce qu'après tout, c'est pour ça qu'on les aime ! Excusez-moi aussi pour le mixe procès français/procès américain, j'ai essayé de faire au mieux. Je pense que ce chapitre est l'avant dernier de cette petite fic. Bref, bonne lecture ! :)

« Merci Mary Ann Braco, vous pouvez disposer. Maitre Cabot, vous pouvez appeler votre dernier témoin. Il s'agit de Mlle Benson, si j'en crois ce que j'ai sous les yeux.

– C'est exact Madame le Juge.

– Bien. Faites-la entrer. »

Olivia bondit sur ses pieds à la seconde où la porte s'ouvrit. Elle attendait au palais de justice depuis déjà presque deux heures.

« Mlle Benson ? C'est à vous. »

La détective respira un grand coup, les yeux fermés. Quelques secondes plus tôt, n'importe qui aurait pu lire l'angoisse sur son visage. Mais lorsqu'elle rouvrit les paupières, son expression était impénétrable. Elle remercia de la tête l'agent qui lui tenait la porte ouverte, et pénétra dans le tribunal.

Elle n'aimait pas l'ambiance qui régnait dans ces salles. C'était l'endroit où victimes, coupables et curieux se rencontraient. Dans les procès pour crimes, les pensées les plus malsaines flottaient en permanence dans l'air.

La première chose qu'elle aperçut fut le dos d'Alexandra qui était occupée à noter quelque chose sur un dossier. Ses yeux dérivèrent ensuite vers le banc des accusés. Marc Roberts y était assis et la fixait avec un sourire. Elle frissonna : elle avait tellement rêvé - ou plus exactement cauchemardé - de ce sourire. Sa barrière tint cependant bon, et elle pu soutenir son regard sans ciller. La détective alla finalement se placer devant la barre, face à la Juge.

« Veuillez s'il-vous-plait décliner votre identité et votre fonction.

– Je suis Olivia Benson, détective à l'Unité Spéciale des Victimes.

– Mlle Benson, vous jurez de parler sans haine et sans crainte, de dire toute la vérité, rien que la vérité ?

– Je le jure, Madame la Juge.

– Bien, vous pouvez allez vous asseoir. »

Olivia obéit. Le siège réservé aux témoins se situait à côté de l'estrade du juge. De là, elle voyait tout le monde, et tout le monde la voyait.

Pour la première fois, son regard croisa celui d'Alex. La substitut avait revêtu sa robe noire et avait laissé ses cheveux détachés. Ses yeux étaient insondables et Olivia aurait presque juré qu'elle évitait son regard.

« Maitre Cabot, vous pouvez procéder. »

La substitut se leva et s'avança au centre de la cour.

« Merci Madame le Juge. »

La substitut posa ses mains sur la barre, comme Olivia l'avait fait quelques instants auparavant. Elle laissa filer quelques secondes avant de poser sa première question.

« Mlle Benson, vous avez pris part à l'enquête sur le meurtre de Jane Korsh et l'enlèvement de Mary Ann Braco. Je vais directement aller aux faits intéressants. Comment avez-vous conclut que la personne qui a tué Mlle Korsh est aussi celle qui a enlevé Mlle Roberts ?

Olivia était habituée au formalisme qui régnait lors des procédures officielles, et le vouvoiement d'Alex ne la surpris pas. Elle répondit calmement :

– Un bijou ainsi qu'une mèche de cheveux appartenant à la première victime avaient été déposés devant chez elle. Ce fut la même chose pour la deuxième victime.

– Vous avez donc mené votre enquête sur la base d'un seul et même homme, c'est exact ?

– C'est exact. Cette piste a été appuyée par nos analystes comportementaux.

– Bien. L'assassin a-t-il pris contact avec vous pendant cette enquête ? »

Olivia se raidit sur sa chaise. On arrivait au moment délicat.

« Oui. Il nous appelé en disant qu'il détenait la victime. »

Tout comme lors de sa préparation, Olivia parlait avec distance de cette enquête. Pas une fois elle n'avait prononcé le nom des victimes. Pas d'identité, pas de sentiments. Alexandra se rapprocha d'elle.

« Qui a-t-il appelé en particulier, détective ? »

Sans hésitation, elle répondit :

« Il a appelé sur mon portable personnel.

– Pourquoi, à votre avis ?

– Je ne le sais pas.

– Comment-êtes vous remonté jusqu'à lui ? »

Les questions fusaient Alex ne voulait pas laisser à son amie le temps de réfléchir.

« On a pu tracer son appel.

– Donc, l'assassin vous appelle sur votre portable, pour apparemment ne rien demander de particulier, et il fait en plus l'erreur de discuter trop longtemps ? »

Olivia fronça les sourcils. Alex était censée être contre l'accusé. Pourquoi facilitait-elle ainsi la tâche à la défense ? L'avocat de Roberts ne prit même pas la peine d'objecter sur cette question rhétorique : elle allait en la faveur de son client. La substitut ne sembla se rendre compte de rien et continua son interrogatoire.
« Bref, que s'est-il passé ensuite ?

– Nous sommes allés dans la zone indiquée par son portable. Il y avait un nombre important de petits entrepôts. Mes collègues, nous étions cinq, ont commencé à en faire le tour, j'ai attendu des renforts.

– Continuez.

– Lorsque j'ai entendu un cri venant d'un entrepôt proche, je l'ai signalé par VHF avant d'aller voir.

– Vous y êtes allée seule ? Pourquoi ?

– Les autres étaient déjà loin, j'avais peur d'arriver trop tard si je les attendait.

– Qu'est-il arrivé ensuite ?

– J'ai vu la victime ligotée sur le sol. Je me suis approchée quand on m'a plaquée à terre. Mon partenaire qui arrivait a fait fuir le tueur. »

Si Olivia avait voulu jouer la carte de l'émotion, c'était raté. Alex regarda rapidement les personnes qui composaient le jury. Elles auraient eu la même expression sur le visage en regardant un documentaire sur l'économie mondiale. Elle soupira, résignée, puis reprit :

« Comment avez-vous relié cet homme à Monsieur Roberts ?

– Nous avons trouvé de l'ADN sur les lieux, l'accusé était fiché. La victime l'a ensuite identifié. »

L'avocat de la défense se leva :

« Puis-je rappeler que ces analyses ADN ont été déclarée irrecevables, Madame le Juge ?

– En effet, c'est le cas. Maitre Cabot, souhaitez-vous poursuivre ?

– Oui, Madame le Juge. J'ai une question un peu plus personnelle, détective. Il y a un ajout dans votre rapport, qui détaille le moment où l'assassin vous a poussée à terre, c'est exact ?

– Oui.

– Pourquoi cet ajout ? Pourquoi ne pas avoir directement tout écrit ? »

Olivia senti son monde chavirer. Elles n'avaient pas reparlé de cela pendant qu'Alexandra la préparait, et la détective pensait pouvoir y échapper.

« Mlle Benson, pourriez-vous répondre à la question ? », la tanna la substitut.

Pourquoi faisait-elle cela ? Pourquoi amenait-elle le sujet avec tant de violence ? Voyant qu'Olivia ne répondit toujours pas, la substitut repris la parole.

« Mlle Benson, est-il vrai que l'assassin, après vous avoir mise au sol, a baissé son pantalon puis a essayé d'en faire de même avec le votre, afin de vous violer ? »

Olivia baissa la tête. Elle sentait les larmes monter dans ses yeux. Elle se sentait faible. Elle se sentait trahie. Elle réussi cependant à répondre doucement :

« Oui, cela est vrai. »

Alexandra se rapprocha d'elle. Olivia croisa ses yeux et pu y distinguer du remord. Non, elle avait dû mal voir. Alexandra Cabot de regrettait jamais rien. Elle ne regrettait jamais d'utiliser les gens.

Ce fut pourtant d'une voix pleine de compréhension que la substitut lui demanda :

« Pourquoi avez-vous caché cela ? »

La détective senti quelque chose se briser en elle. Dans le jury, un air de pitié flottaient sur les visages.

Pour la première fois depuis longtemps, elle laissa ses émotions prendre le dessus.

« J'ai caché cela parce que je me sentais honteuse. Honteuse de m'être fait avoir. Honteuse de ne pas avoir été capable de faire mon travail. Mais j'aurais eu encore plus honte de m'apitoyer sur moi-même alors que Jane était morte, et que Mary Ann avait passé presque vingt heures à se faire torturer. Je ne pouvais pas me voir comme une victime. J'arrête ceux qui font des victimes, mais je refuse d'être une victime. Je refuse de laisser croire à ce pervers qu'il peut me vaincre. » La détective accompagna ses paroles d'un doigt pointant le siège de l'accusé.

Au fur et à mesure qu'Olivia avançait dans son discours, les chuchotements s'étaient étoffés. Roberts avait avait perdu son sourire. La détective essuya rageusement les larmes qui lui coulaient sur les joues. Elle lança un regard de défi à Alex, mais celle-ci ne le vit pas. Elle regardait en direction du jury : la pitié avait était remplacée par un air respectueux. La substitut su alors qu'il ne manquait presque rien pour s'assurer la victoire. Elle attendit donc que le silence se fasse pour demander :

« Mlle Benson, en tant que femme, pensez-vous cette homme coupable ?

– Oui. » Olivia avait répondu du tac au tac à la question. Pour la deuxième fois, l'avocat de Roberts se leva et cria :

« Objection ! »

La Juge frappa quelques coups avec son marteau en demandant le silence avant d'ordonner :

« Asseyez-vous, Maitre. Maitre Cabot, je vous autorise ce dépassement, mais ce sera tout. Vous êtes prévenue. »

Alex rejoignit sa place.

« C'est entendu, Madame le Juge. » Elle se tourna vers son collègue et ajouta : « C'est à vous. »

La suite du procès ne fut qu'une formalité. Olivia avait reformé sa carapace et l'avocat de la défense ne put pas la transpercer. Il essaya vaguement de faire avouer à la détective qu'elle avait inventé cette agression, mais lui même n'y croyait pas. Finalement, Olivia fut autorisée à quitter la salle afin que le réquisitoire et les plaidoiries puissent avoir lieu.

Alexandra demanda cinq minutes de suspension d'audience, ce que la Juge accepta.


Olivia sortait du palais de justice quand la blonde la rattrapa. La détective ruminait ses pensées en se repassant en boucle l'interrogatoire d'Alexandra. Elle l'avait trahie. Elle avait utilisé sa confiance pour la détruire.

« Liv, attends. » Elle se retourna pour voir une Alex essoufflée.

« Liv, je suis désolée, je n'avais pas le choix, on aurait perdu sinon.

– Vous venez m'achever, Maitre Cabot ? », railla Olivia. Elle voulait y mettre autant de méchanceté que possible, mais la seule chose qu'elle entendit fut de la détresse. Elle se maudit. Elle avait toutes les raisons d'être en colère contre Alexandra, mais elle n'y arrivait pas vraiment. Elle rajouta :

« Heureusement que tous tes témoins ne sont pas tes amis ! »

La substitut grimaça sous l'accusation. Elle voulait à tout prix ne pas perdre Olivia, lui parler, lui faire comprendre, mais les cinq minutes de pause arrivaient à leur fin.

« L'audience va reprendre. Je veux te reparler après, je dois m'expliquer, Liv. Laisse-moi cette chance. »

Olivia acquiesça. Alex lui serra l'épaule avant de courir vers l'intérieur du palais.

Ce que la substitut ne savait pas, c'était qu'Olivia avait eu le temps de voir une larme perler au coin de ses yeux bleus.