Et yop ! Voici le chapitre 4 ! En fait, ça fait un bout de temps qu'il est écrit, il m'a juste fallu le temps de me décider à lui trouver un titre et à le taper sur mon portable. Enfin, c'est fait, maintenant, et c'est le principal, non ?
Chapitre 4 : Amis ?
Broots passa la demi-heure qui suivit à raconter ces dernières années passées à la poursuite de Jarod. Lucy l'écoutait avec attention, les yeux brillants d'émerveillement. L'intérêt plein d'une innocente excitation que lui portait la jeune femme déliait la langue de l'informaticien. Cela faisait longtemps que quelqu'un ne l'avait plus écouté comme ça. Même Debbie était devenue plus cynique, plus blasée avec l'âge. Lucy, elle, semblait tout découvrir avec l'excitation d'un enfant. Elle demandait des détails, posait des questions, voulait tout savoir de ce que lui racontait Broots. Elle aimait tout particulièrement qu'il lui explique les indices que Jarod envoyait très régulièrement à Melle Parker. Les traits d'humour et les découvertes du Caméléon la faisaient souvent rire aux éclats. Le temps passait vite et agréablement en sa compagnie.
« … et le camion les a tous les deux ramenés au Centre.
Comment sont-ils sortis ? », demanda Lucy, fascinée par le récit.
« Quand le camion est arrivé, Sydney et moi, on est allés voir. Jarod avait laissé une note qui disait que pour ouvrir, il fallait tirer le levier marqué « Ne pas tirer » ! »
Lucy éclata de rire. Broots sourit de l'hilarité de la jeune femme.
« Melle Parker était furax ! », ajouta-t-il. « Tout ce temps enfermée avec Mr Lyle, ça l'aurait rendue folle. »
Lucy le regarda avec un ai intrigué.
« Pourquoi ? Comment se fait-il qu'elle aime si peu son frère ? Je croyais que les frères et sœurs s'aimaient toujours. Que c'était obligé. »
La question déstabilisa l'informaticien. Lucy était décidemment bien naïve pour croire que l'amour fraternel était quelque chose d'inné et d'universel. On voyait bien qu'elle ne connaissait pas Melle Parker et Mr Lyle.
« Eh bien … », commença-t-il, ne sachant pas trop quoi dire à la jeune femme. « C'est … c'est une histoire compliquée. Je ne sais pas si Melle Parker déteste vraiment son frère, mais … comment dire … ils sont passés par des tas d'évènements bizarres, et ils ont aussi une manière de voir les choses très différente, alors … Eh bien, je suppose que ça rend leurs relations très tendues. Le fait qu'ils soient enfermés n'a sans doute rien arrangé. Melle Parker déteste être enfermée, ça la met dans des colères ! », termina-t-il avec un sourire de spectateur.
« C'est pour ça qu'elle vous criait dessus, tout à l'heure ? », demanda Lucy.
« Oui, c'est pour ça et … »
Le sourire qu'affichait Broots fondit soudainement, tandis que le souvenir de Melle Parker et Sydney coincés ailleurs dans le bâtiment refaisait surface.
« Oh non, Melle Parker … », paniqua-t-il. Perdu, il regarda autour de lui avant de se focaliser sur Lucy. « Euh … Il faut que vous les laissiez partir, Lucy, sinon elle va me tuer ! », l'implora-t-il.
Lucy pencha la tête vers la gauche, intriguée.
« Comment pourrait-elle vous tuer si elle est enfermée ? »
Il n'y avait pas la moindre trace de sarcasme dans sa voix. Broots, pris de cours, arrêta complètement de paniquer.
« Euh … D'accord, vous marquez un point, mais libérez-les, s'il vous plait. »
« Pourquoi est-ce que vous vous souciez autant d'eux, Mr Broots ? Ce sont vos frères et sœurs ? »
« Non … Non, mais ce sont mes amis. »
« Vos amis ? » La confusion de Lucy était touchante. Elle semblait ne pas connaître ce concept d' « amis ». La jeune femme devait avoir eu une vie bien solitaire si la notion d'amitié lui était étrangère.
« Oui, mes amis. Ce sont … Ce sont des gens qui ne sont pas ma famille, mais que j'aime quand même. »
Lucy réfléchit à cette idée quelques instants, les yeux baissés, puis releva le regard vers Broots.
« Alors … Alors, vous êtes mon ami ? », demanda-t-elle.
Broots sourit. Il ne connaissait cette jeune femme que depuis une demi-heure environ, et pourtant, il se sentait plus proche d'elle que de certains de ses amis de longue date.
« Eh bien oui, on peut dire, oui. »
Lucy sourit. « Et moi, je suis votre amie ? »
« Oui, oui, ça marche dans les deux sens. »
Lucy, enthousiaste, frappa dans ses mains.
« C'est merveilleux ! Maintenant, que nous sommes amis, que fait-on ? Que font les amis l'un pour l'autre ? »
De nouveau, la soif d'apprendre illuminait le visage de la jeune femme. Broots réfléchit quelques secondes. Il appréciait la compagnie de Lucy, et sa manière de lui poser des tas de questions, comme s'il savait tout, avait quelque chose de très agréable, mais il ne pouvait pas rester indéfiniment ici. Il lui fallait convaincre Lucy de relâcher Melle Parker et Sydney, et ensuite, ils pourraient trouver la sortie et rentrer à Blue Cove. Peut-être que leur amitié toute récente pourrait l'y aider. L'informaticien n'était pas fier de profiter ainsi de la jolie jeune femme, mais il ne voyait vraiment pas d'autre moyen.
« Eh bien, les amis s'aident, en général. Ils se soutiennent dans les moments difficiles, ils se rendent des services … Vous voyez, ce genre de choses … »
Lucy réagit avec enthousiasme. « Comment puis-je vous aider, Mr Broots ? », demanda-t-elle avec joie.
« Vous … vous pourriez relâcher Melle Parker et Sydney, par exemple … ça m'aiderait beaucoup à rentrer chez moi en un seul morceau… »
Le sourire du visage de Lucy disparu tout d'un coup. Par conséquent, celui de Broots aussi. Aïe. Elle avait senti qu'il essayait de la manipuler.
« Vous allez partir ? », demanda Lucy d'une voix tremblante.
La question prit Broots par surprise. « Euh … Eh bien, oui, il faut que je rentre chez moi, j'ai un travail, une famille … Je ne peux pas tout laisser tomber … »
Les yeux de la jeune femme s'étaient remplis de larmes, et la trahison s'y lisait clairement.
« Vous … Vous allez me laisser ici ? Je croyais que vous étiez mon ami ! », dit-elle d'une voix plaintive.
« Mais je le suis, Lucy, mais, comprenez-moi … Je ne peux pas vivre pour toujours dans ce bâtiment ! Pourquoi vous ne venez pas avec nous ? Vous verrez, Blue Cove est un bel endroit … »
Dès qu'il les eu prononcées, l'informaticien regretta ses paroles. Si elle venait, le Centre ferait main basse sur elle pour lui extirper des renseignements sur cet endroit bizarre et ce qu'elle y faisait. Il n'eut cependant pas le temps de revenir sur sa proposition.
« Je ne peux pas ! », cria presque Lucy. « Je ne peux pas quitter cet endroit ! Je … » Sa voix se brisa sous le poids des larmes et, lui tournant le dos, elle s'enfuit.
« Lucy, attendez ! » Broots se lança à sa poursuite. Il voulut la retenir par le bras mais, alors que sa main aurait dû se refermer sur la chair de la jeune femme, il vit distinctement ses doigts travers sa peau claire et se refermer sur du vide. Surpris, il s'arrêta net, et Lucy disparut rapidement de son champ de vision. Les yeux fixés sur sa main, Broots n'avait plus qu'une pensée en tête :
… un hologramme ?
Et voilà pour le chapitre 4. Normalement, le chapitre 5 ne devrait pas trop tarder, il est déjà commencé sur papier, et je viens de découvrir que je travaillais plus vite en écoutant du Bach en bossant plutôt que du Placebo. Donc, si tout se passe bien, la suite est pour bientôt !
En attendant, dites-moi ce que vous en pensez en me laissant une petite review !
