Il est vingt heure, j'ai donc deux heures devant moi. J'en profite pour aller à la bibliothèque faire mon devoir de métamorphose sauf que Granger y est déjà et qu'elle s'est appropriée tout les livres concernant ce foutu devoir ! Tu m'étonne qu'elle ait les meilleures notes… Une opportuniste comme tous ces sang de bourbe ! Je pars donc vers les serres, surveiller les pousses de Giranos et voir l'évolution des botruks.
Presque vingt deux heures… Je me dirige vers le septième étage sans appréhension. J'ai la tête vide, j'ai trop réfléchie, ça ne sert à rien. Autant laisser faire les choses, je verrais bien !
Une petite Serpentard est dans le couloir.
- « Qu'est-ce que tu fais là toi ? Il y a un couvre feu, tu veux faire perdre des points à notre maison ?
Elle grogne de manière incompréhensible et frappe quatre fois à la porte d'un placard à balais. La porte s'ouvre et Malfoy passe la tête. Il fixe la petite fille :
- « Putain ! Goyle ! Ce n'est pas compliqué pourtant ! Le soir tu utilises la fiole bleue ! Combien de fois je vais te le répéter !
- « Désolé… grogne d'une ridicule petite voix Goyle sous polynectar.
Drago ouvre grand la porte et me fais signe de rentrer. Le placard à balais est en fait un petit salon qui ressemble au boudoir des Malfoy. Il ferme la porte et me sourit fièrement :
- « Bienvenu dans la salle sur demande Théo !
- « Alors voila cette fameuse salle…
J'observe les lieux : une cheminée allumée surmontée d'une glace entouré de serpents en marbre noir, deux canapés en velours vert émeraude, un tapis noir, un mini bar et des chandeliers baroques.
- « Hé oui ! La salle sur demande. Si tu avais fais partie de la brigade l'année dernière, tu l'aurais connu plus tôt ! Elle peut être absolument tout se qu'on demande !
- « Ouais, comme l'indique son nom…
- « Bref, installe toi, tu veux boire quelque chose ? Malheureusement je n'ai que du whisky pur feu ou du jus de citrouille.
- « Rien, ça ira.
Je prends place dans un sofa et observe Malfoy se servir un Whisky. Il prend son temps avant de s'assoir à son tour. Nous sommes face à face, il boit nonchalamment en m'observant.
- « Alors ? Demandé-je finalement.
- « Alors droit au but, comme toujours Théo ! Tu ne veux pas commencer par les politesses d'usages : comment vas-tu, l'hiver sera rude cette année…
Je souffle d'exaspération. Il rit doucement :
- « J'arrête, me dit-il en souriant, mais ce n'est pas facile de te parler, tu es toujours sur la défensive…
J'attends la suite qui ne vient pas. Drago continue de boire à petite gorgée en fixant le tapis. Il n'a pas l'air décidé à entamer la discussion. Je me lance :
- « Parkinson m'a dit que tu avais besoin de parler…
- « Et là tu accoures pour m'écouter n'est-ce pas ? Je te vois pourtant mal dans le rôle de l'ami compatissant !
- « Alors quoi ?
- « Alors je vais te dire pourquoi tu es venu : tu veux savoir quelle est ma première mission de Mangemort ! Tu veux savoir ce qui t'attends ! Je ne te critique pas je ferrais la même chose à ta place, alors je vais te le dire…
Malfoy se remet à boire doucement.
- « Tu fais durer le suspens Malfoy ?
- « Bordel Théo, tu m'énerves ! Tout est simple pour toi ! Une petite vie tranquille, un père qui t'estime et rien à prouver ! Mais ça ne durera pas et tu le sais !
- « Une vie tranquille ? Mon père est en prison Malfoy !
- « Et le mien aussi ! Le Lord vie dans mon manoir, ma mère est seule avec sa cinglée de sœur et… et je suis seul avec tout ce bordel !
Malfoy se lève brusquement et se ressert un verre de whisky.
- « T'es sur que tu veux rien boire, me demande t-il plus calmement.
- « Non, murmure-ai-je, tu ne devrais pas boire autant.
Il reprend place dans le sofa et souffle bruyamment.
- « Je t'admirais tu sais…
- « Quoi ?
Je ne peux m'empêcher d'être surpris. Malfoy fixe le tapis en gardant un sourire triste.
- « Quand on été gamin. Tu avais toujours le visage froid et impassible lorsqu'on se voyait. Moi je ne pouvais pas retenir ma joie, père le voyais, ça l'énervait. Il aurait voulu que je sois comme toi. Mais j'étais trop jeune et je pensais qu'à une chose, jouer à cache- loup, ou essayer de piquer son balai ! J'étais trop content de voir quelqu'un de mon âge. J'ai toujours détesté être seul.
- « Il paraît qu'il vaut mieux être seul que mal accompagné…
- « Tu étais une mauvaise compagnie, Théo ?
- « Non…Je ne pense pas.
- « Et moi, je l'étais ?
- « En fait, tu m'énervais… Mais je crois que je m'en foutais totalement. J'ai toujours préféré être seul.
- « Ca, je sais ! Je me souviens de nos parties de cache-loup.
Malfoy pouffa de dépit et repris en me fixant cette fois-ci :
- « Enfoiré ! Je passais des heures à te chercher… Tu te cachais où en fait ?
- « J'allais dans la bibliothèque de ton père, je savais que tu n'y allais jamais…
Le silence fit place. Nous nous savions différents. Le tic tac de l'horloge se fit de nouveau entendre.
- « Bon, droit au but alors ! Je dois réparer quelque chose pour le maître cette année. C'est ma mission. Si j'échoue… Si j'échoue, je ne sais pas ce qu'il va m'arriver.
- « Quoi ? Tu dois juste « réparer » quelque chose ?
- « Ce n'est pas si simple ! Je ne suis pas très doué en mécanique magique…
Je rie à mon tour sans pouvoir me retenir. De soulagement ou de moquerie quoiqu'il en soit Malfoy me regarde comme-ci je devenais fou.
- « Ca te fais rire ? C'est ma vie qui est en jeu Nott ! Tu croyais quoi ? Que ma mission était de tuer Potter ou tous les sangs de bourbe ? J'ai à peine seize ans ! Réfléchis !
- « Je dois dire que je m'attendais à autre chose. C'est ça qui te rend malade ?
- « Bon cesse de te moquer ! Tu m'aide ou pas ?
- « Tu me demandes encore de faire le guet ?
- « Non, je ne pensais pas que tu refuserais de faire le guet. J'envisageais par la suite que tu sois assez curieux pour vouloir m'aider réellement.
- « Tu veux que je t'aide à réparer ce truc ?
- « Oui. Je sais que tu es fort en numérologie et sortilège…
- « Qu'est ce que tu dois réparer ?
- « Une armoire à disparaître.
- « Pourquoi ?
- « Pourquoi ? Pourquoi ! Si tu crois que le maître me l'a dit ! Je dois réparer en cachette, c'est tout.
- « C'est d'accord.
- « Tu m'aides ?
- « Je viens de te le dire…Souffle-ai-je d'exaspération. A croire que tout le monde est étonné dès que j'accepte quelque chose !
- « Ok, c'est génial !
Malfoy sourit bêtement. Il se relève et commence à faire les cent pas devant la cheminée.
- « C'est génial ! Je t'explique : l'armoire est aussi dans la salle sur demande, j'y passe un temps fou pour comprendre ce foutue mécanisme. Il y a toujours Crabb ou Goyle pour surveiller le couloir, la journée, ils prennent l'apparence de premières années perdus et le soir, du préfet de Serdaigle. Il est au courant, ça l'arrange, il déteste faire les rondes. Bref, le mécanisme est cassé au niveau runique et incantateur. Il faut harmonier ces deux données et je prends trop de temps… Je n'ai jamais étudié les runes, toi si.
- « Zabini aussi étudie les runes, tu ne lui à jamais demandé ?
- « Théo, je suis sous secret ! Tu pense bien ! Je ne peux en parler qu'avec des initiés !
- « Et Rogue ?
- « Jamais ! Ce traitre veut juste prendre la place de mon père ! Il veut aussi s'approprier ma mission pour lui avoir toute la reconnaissance du maître et détruire ma famille !
- « Tu me fais voir ?
- « Pas maintenant, il faudrait sortir de la salle et faire une autre demande, à cette heure-ci, c'est risqué. Demain soir?
- « Ok.
Malfoy se rassoit et pousse un soupir d'aise. Je le regarde avec insistance. Il le remarque et fronce les sourcils :
- « Tu veux quelque chose en échange, c'est ça ?
- « Hé bien oui, forcément ! Tu me seras redevable si j'arrive à la réparer mais je veux aussi savoir si le maître a prévu quelque chose pour moi.
- « Tu sais, le maître à autre chose à foutre que de se préoccuper d'un gamin ! Je ne sais même pas s'il sait que tu existe. Ton père t'a toujours éloigné, ce n'est pas mon cas…
- Ha…
Je ne sais que penser. Je suis à la fois soulagé et déçu que le Lord n'ait même pas cherché à connaître le dernier des Nott. Visiblement, Drago s'en rend compte :
- « Ta fierté en prend un coup, hein Théo ? Le grand, le mystérieux, l'intelligent Théodore Nott n'est même pas connu du maître ! T'es déçu avoues !
- « Pas du tout…
- « Fait pas semblant ! Mais prends-le pas pour toi, c'est la faute de ton père.
- « Mon père a eu raison. Avoues que tu aurais préféré que le tien fasse pareil !
Malfoy se redresse noblement et me toise d'un air à la fois supérieur et complice :
- « Je suis Drago Malfoy, sang pur, immensément riche et le plus jeune Mangemort que le maître n'ait jamais eu. Mon destin est voué à la gloire, mon prénom sera reconnu et admiré !
Il rie, fait semblant de trinquer avec moi et bois d'une traite le reste de son whisky.
- « Tu vois, Théo, je peux me permettre cette 'grandiloquence', et si tu accepte de m'aider, c'est que toi aussi tu en a envie. C'est bon pour son égo !
- « Il n'empêche que ça te mets dans un sal état !
- « On a rien sans rien ! C'est ma première mission… Et j'ai un autre service à te demander.
- « Je me disais bien… Demande toujours !
- « Tu as remarqué comment j'étais surveillé ?
- « Oui.
- « Mes déplacements hors Poudlard le sont encore plus et nous avons besoin d'un livre sur la mécanique magique pour l'armoire à disparaître. Il se trouve au relais de Barjow et Burke à Prés au Lard.
- « Ok, j'irais le chercher.
- « Avec ce bouquin, on pourra avancer.
- « Bon, c'est réglé, tu n'as rien d'autre à me dire ? Demande-ai-j'en me levant.
- « Attends, tu ne veux pas discuter ? Je veux dire de choses plus personnelles ?
- « Comme quoi ? D'après Parkinson, c'est toi qui aurais besoin de discuter.
- « Certainement, elle a raison. Je veux dire… On a pas mal de points communs. Je voulais te dire que l'on pourrait être réellement ami, parler de chose plus… plus profonde… Enfin bref, si tu te sens trop seul, je suis là.
- « Tu voudrais que je te dise la même chose, pourtant tout à l'heure tu ne m'imaginais pas en ami compatissant !
- « T'es loin d'être un abruti Théo et je ne pense pas l'être non plus. Que penses-tu de moi ? Réponds franchement !
- « Tu as changé. Notre discussion de la dernière fois m'a surpris. Je ne te savais pas si… réfléchi. Enfin, tu reste quand même un sacré manipulateur !
- « Qui ne l'est pas à Serpentard ?
- « Goyle !
Malfoy s'esclaffa tout en se resservant un verre.
- « Il pourrait bien te surprendre ! Les meilleurs manipulateurs sont ceux qui n'engagent aucune méfiance ! Mais je t'accorde qu'il manque cruellement d'intelligence, ça ne l'empêche pas d'obtenir se qu'il veut.
- « Parkinson aussi, dans le genre, elle est forte…
- « C'est vrai. Elle est redoutable. Je l'admirerais certainement si elle n'était pas si collante… Ha les filles ! Tu devrais t'intéresser plus au gens qui t'entoure, tu pourrais être surpris. Tu ne te sens jamais seul ?
- « …
- « Visiblement si.
- « Je l'ai choisi…
- « Je sais. Mais si tu veux changer, on est là. Tu peux venir avec nous en salle commune ou même dans les dortoirs. Faut vraiment être cinglé pour dormir dans un fauteuil !
- « Il est vraiment confortable et Zabini ronfle trop ! Me défend-ai-je.
- « Un assourdito suffit à le faire taire !
Je ne réponds pas, je n'ai rien à rétorquer. Je sais que mon isolement me pèse ces temps-ci et qu'il faudrait que je change. Mais je ne peux pas d'un coup lui dire d'accord, devenons les meilleurs potes. En plus est-ce que je le veux vraiment ? Ca reste Malfoy, et il n'a pas dénigré lorsque j'ai parlé de son côté manipulateur.
Malfoy se renfonce dans le sofa en se prenant la tête.
- « Bon, te voila à nouveau dans tes éternelles réflexions. Je crois que j'ai bu trop vite, je manque de sommeil aussi. Si ça ne te dérange pas, on en reste là pour ce soir, je vais dormir. Et bien cette fois-ci, grâce à toi !
J'hoche la tête. Malfoy se lève et tape d'un petit coup sec à la porte. Quatre autres coups se font entendre. La voie et apparemment libre. Il me sert amicalement la main en me disant de passer par les escaliers ouest pour rentrer à la salle commune. Nous nous séparons ainsi.
Voila qui est fait. J'ai accepté d'aider Malfoy et étonnamment je suis serein. Sa mission est loin d'être ce à quoi j'aurais pu penser. Pourtant ça aurai du être l'effervescence dans ma tête : trop de chose se sont dites en peu de temps. Je n'ai pas l'habitude de discuter autant mais ça va. Je gère. Aider Malfoy, m'en faire un ami, on verra. Qui vivra verra comme on dit. J'aurais peut être du accepter un verre de whisky…
La semaine sa passa bien, les cours, la routine. Le seul changement infime est le comportement de la petite bande à Malfoy. Blaise me salue familièrement tout les jours dans notre salle commune, il a même tenté plusieurs fois de discuter de banalité avec moi. Greengrass me lance régulièrement de grands sourires charmeurs et Parkinson m'a simplement dit « merci » en me croisant dans notre salle commune. Quand à Drago, il se porte mieux et sa bonne humeur se ressent chez tout les Serpentard. Il m'a fait parvenir une missive me demandant de profiter du passage chez Barjow et Burke pour acheter un collier d'Opale pour le Noël de sa mère.
La sortie au près au Lard est prévue ce samedi, ça me fera sortir un peu, et puis j'ai également besoin de petits matériels. Donc en cette journée trop peu ensoleillée et neigeuse, me voici à l'extérieur du château. J'ai fais le trajet seul, il était à peine 8H30 et Rusard, en m'autorisant à sortir, avait encore des croutes dans les yeux. Quel Cracmol répugnant !
Prés au Lard se lève à peine, la boutique relais de Barjow et Burck se situe Impasse des Longculs, sa façade n'a pas changée. Toujours aussi peu attrayante.
- « M. Nott, quelle surprise !
- « M. Barjow.
- « Vous avez bien grandi depuis la dernière fois où je vous ai vu. Que puis-je faire pour vous jeune homme ?
Son ton douçâtre, son air vicieux me donne la nausée. Je lui demande poliment des informations sur le mécanisme de l'armoire à disparaître.
Son visage se fige et ces yeux se font perçants. D'un mouvement de baguette, il ferme la porte et baisse les stores.
- « Beaucoup de monde ces temps-ci s'intéresse à cette armoire…
Je sors ma bourse de Gallions. Cette fois-ci, ses yeux s'illuminent. Quel homme cupide ! Il m'emmène dans la réserve.
Je suis resté longtemps dans cette boutique puante. Je suis finalement sorti avec un livre sur les mécanismes magique, un autre sur la création de maléfices pour ma culture perso et le collier d'Opale.
Il est presque 11H, je rejoins Malfoy à midi aux Trois Balais, j'ai encore le temps pour faire un tour au magasin d'ingrédients de potions.
Il est midi quinze lorsque j'entre au Trois Balais où j'ai rendez-vous avec Malfoy. Je m'avance vers sa table, il n'est pas seul évidemment, Parkinson, Bulstrode et Zabini l'accompagne.
- « Tu es en retard, ronchonna t-il.
Je ne réponds pas et m'assoie nonchalamment près de lui. Parkinson se pousse en me faisant un grand sourire. Quelle cruche quand même ! Une putain de fausse cruche !
- « Tu as tout ?
- « Mmm…
- « Pose le colis à tes pieds, je le prendrais en partant.
C'est ce que je fais.
- « Une bierreaubeurre ? Me propose t-il.
- « Un Rizard plutôt murmure ai-je.
Malfoy fait signe à Rosmerta qui prend la commande.
Je suis assez gêné. C'est la première fois que je bois un verre dans un bar au sein d'un groupe. Encore une fois, c'est Parkinson qui détend l'atmosphère en prévoyant le programme son après-midi.
- « Milli, il faut à tout prix passé chez Mme Guipure, elle a commencée une nouvelle collection de robes sur le thème de noël.
Blablabla…
Je n'écoute plus. J'avais oublié à quel point les interactions de groupe sont ennuyeuses et vide de sens. Mon verre est arrivé et je bois à grande gorgée. Malfoy me regarde un sourire au coin des lèvres.
- « Tu es pressé ?
- « Je ne compte pas m'éterniser…
- « Tu ne mange pas ici ? Me demande Zabini, les poulets frits aux amendes sont délicieux !
- « Non.
Nous n'avons plus rien à dire et écoutons par politesse les filles.
- « Drago, tu devrais passer chez Coup'tiff, claironne Parkinson, regardes Blaise, il est impeccable ! Toi aussi Théo, un petit rafraichissement te ferrais le plus grand bien !
Blaise rit doucement en se redressant sur sa chaise, il passe sa main dans ses cheveux :
- « Hé oui ! La classe Zabini !
Malfoy rit à son tour :
- « T'as raison Pan ! J'y passerais !
Ils se tournent tous vers moi, attendant une réponse. Navrant ! Débile ! A la limite du gênant ! Décidément, c'est trop pour moi. Je termine mon verre et répond finalement :
- « Je rentre, j'ai faim. Bonne après-midi !
Je me lève, laisse quelques Galions sur la table et part sans me retourner.
Je sais qu'ils pensent que je suis bizarre, ça je m'en fous mais je remarque aussi leurs efforts pour m'intégrer dans leur groupe. Peut-être devrais-je en faire autant, me forcer et leur répondre. Ils peuvent être sympathiques, surprenant même, si j'occulte le fait qu'ils soient inintéressants évidemment ! Je sais, c'est contradictoire.
Mais j'ai fais un effort de sociabilité : j'ai bu un verre dans un bar avec un groupe « d'amis ». D'accord, je suis resté dix minutes mais c'est un début. Je ne peux pas changer du jour au lendemain. C'est sur ces réflexions, et j'avoue sur une certaine fierté de mes actes accomplis, que je me dirige rapidement vers Poudlard. Je me sens assez bien, le bruit de mes pas dans la neige m'apaise, je me sens vivant ! J'ai fait quelque chose ! J'ai mis ma touche personnelle dans l'engrenage du destin ! J'ai aidé Malfoy !
Je m'apprête à dépasser un duo d'étudiant, lorsque celui-ci m'interpelle :
- « Théo ?
Je me tourne. Qui peut m'appeler ainsi ?
- « Amory !
- « Salut !
Nous nous serons la main, c'est assez rare, mais je pense que c'est juste pour nous donner une contenance. Il est accompagné d'une fille. Une petite Serdaigle. Je ne savais pas qu'il avait une copine, je n'imaginais même pas que se fut possible. Ca me déprime d'un coup, Amory, en quelque sorte mon homologue d'asociabilité a une copine ! Mes maigres efforts en comparaison des siens me paraissent désormais dérisoires.
- « Je te présente Emily, elle est en troisième année et elle avait besoin de moi pour être autorisée à sortir. C'est ma cousine.
Je comprends mieux. Et je me sens étrangement soulagé. Surtout qu'Amory semble prendre cette entraide familiale comme un fardeau.
- « Emily, voici Théodore.
Je le remercie intérieurement de ne pas nommer mon nom de famille. Les gens ont tendance à réagir bizarrement à l'entente de Nott. Emily me sert la main en souriant. Elle est brune, cheveux long et bouclée, le teint bronzé comme son cousin.
- « Salut ! Me dit-elle. Je suis heureuse de rencontrer enfin un ami d'Amory, vous êtes dans la même classe ?
- « Non, je suis en sixième années.
- « Faisons le chemin ensemble, si on reste sur place on va geler !
Nous reprîmes notre route, Amory et moi encadrant Emily.
- « Vous êtes amis depuis longtemps ? Me demande t-elle.
- « Heu… Nous sommes tout deux à Serpentard, j'ai rencontré Amory dans le train pour sa première année.
- « Ha ! C'est toi qui lui a conseillé de cacher ses mangas ?
- « Oui.
- « Emily ! Arrêtes de parler ! grogna Amory.
- « Quoi ? Pour une fois que je rencontre une personne qui te connaisse !
Toujours avec entrain et bonne humeur, Emily me fit cette confidence :
- « A moi aussi, il m'a donné ce conseille lors de mon entrée à Poudlard, ça ne m'a pas donné envie d'aller à Serpentard ! Si je dois cacher ce que j'aime…
Je ne réponds pas. Je ne sais pas quoi répondre de toute façon. Elle a raison.
- « Toi aussi tu lis des mangas ? Continue-t-elle.
- « Non.
- « Ha…
Le silence reprend ces droits. Seuls le crissement de nos chaussures dans la neige se fait entendre.
- « Il fait vraiment beau aujourd'hui, vous ne trouvez pas ?
Amory pousse un énorme soupir d'agacement. J'aquisse juste d'un murmure. Emily souffle d'ennuie :
- « Halala ! Vous n'êtes pas très causant ! C'est moi qui vous empêche de discuter ?
- « Non.
- « Ok, je comprend, en fait vous êtes tous les deux pareils !
- « Emily ! Gronda doucement Amory.
- « Quoi ? Ce n'est pas une insulte, au contraire. C'est rassurant de savoir que tu n'es pas le seul associable dans Poudlard. D'ailleurs dans ma classe, il y a Bary Talones qui est bien partie pour être comme toi. Vous devriez former un club !
Emily riait : « Le club des gens qui ne veulent pas parler ! »
Amory et moi ne disons rien.
- « Bon, merci Amory de m'avoir accompagnée, je le dirais à ta mère, elle sera contente. Je meure de froid, je vais rentrer plus vite. Salut Théodore !
Emily partie en courant vers le château. Elle me fait penser à un petit lutin du soleil, perdu dans la neige… Je me trouvais désormais seul avec Amory.
- « Ouf ! Désolé de t'avoir interpellé, mais j'ai passé toute la matinée à supporter son flot ininterrompu de parole, lorsque je t'ai vu j'étais sur le point de l'enterrer dans la neige !
- « Pas de problème !
Nous continuâmes notre route d'un pas rapide et silencieux. Arrivé au château, nous entrâmes dans la grande salle pour diner. Amory partit seul de son côté et moi du mien. A la table des Serdaigles, je vis Emily entourée de ces amies nous regarder avec un petit sourire de déception. Je sais très bien qu'elle doit penser que c'est idiot de manger seuls, chacun de son côté. Et c'est vrai, c'est idiot.
Je tente de faire des efforts de sociabilités avec Malfoy et sa bande mais je sais que se n'est pas gratuit. Ils attendent tous quelque chose de moi, que j'aide Malfoy entre autre.
Je devrais peut être consacrer mes efforts sur des personnes avec qui j'ai de réelles affinités de personnalité.
Je fixe Amory, il s'en rend compte et me fait un petit sourire timide. Je me replonge dans la contemplation de mon assiette.
Oui, décidément, j'ai des efforts à faire. Amory et moi avons le même tempérament, pourtant je n'ai jamais eu de véritable conversation avec lui. Sa cousine à raison, nous devrions former un club !
