Disclaimer : Ok, à trois on dit tous ensemble : "Les personnages de Naruto ne ne nous appartiennent pas." Trois, quatre… Euh.. C'est à vous. Vous ne voulez pas ? Tant pis…

Beta Reader : Yasei No Aijin

Je vais commencer par une bonne question posée par Shanah Belladonna qui était donc, je cite : "les personnages de la cinquième génération (celle de Naruto et si J'ai bien compris il va y en avoir ) vont ils arriver plus tard en se retrouvant dans le passé ? Ou bien va tu faire un saut dans le temps ?"Alors, mon projet au départ était de faire superposer les deux époques. Donc, parfois, il y aura des chapitres de la première génération et d'autres fois de la cinquième (Même si oui là en l'occurrence, il n'y a que ceux de la première, mais ça arrivera dans deux chapitres avec Hinata comme personnage principal (d'où sa présence dans les personnages principaux). Le but étant de faire en sorte que les événements de la première génération fassent écho à celle de la cinquième. J'espère que ce n'est pas confus, mais lorsque vous aurez un premier chapitre de la cinquième génération, tu comprendras mieux, je te l'assure. Donc, oui, il y aura une sorte de saut dans le temps.

Réponse à la review anonyme :

Com : Merci beaucoup pour ton commentaire, j'essaie de faire des répliques amusantes afin que vous ne vous ennuyez pas en lisant.

Encore une fois, je vous remercie toutes (je mets au féminin, mais s'il y a une homme qui lit, je le prie de se manifester ^^") pour vos gentils mots. Alwaysinmyheart51, juiceandcookies, Shanah Belladonna, Com, KisaAkisara, et kyomi-hime. Sachez que je me régale à vous lire.

En espérant que ce chapitre vous satisfasse.


Pacte de sang IV - La Kunoichi

Village des Remous, Pays des Tourbillons, Clan Uzumaki

Accoudée la rambarde de son balcon, Mito Uzumaki songeait avec nostalgie à son enfance passée sur cette petite île, à l'est du Pays du Feu. Elle réalisa avec douceur qu'elle avait eu une enfance des plus appréciable, en se remémorant les merveilleux moments passés dans ce village. Mais depuis quelques années maintenant, les menaces à l'encontre de celui-ci étaient telles, que les Uzumaki envisageaient sérieusement d'immigrer vers les terres lointaines. Les techniques ninjas au sein de leur localité, commençaient à faire craindre les villages alentour, qui se montraient de plus en plus belliqueux à leur égard.

Il y avait eu, dans un premier temps, des évènements isolés. Les marchands se faisaient piller et détruire les marchandises lorsqu'ils transportaient, en se rendant au marché ou au port, afin d'en faire commerce. Aujourd'hui, les témoignages étaient de plus en plus nombreux, si bien que les dirigeants du village avaient commencé à prendre des mesures officieuses. Des soldats étaient rendus sur place afin d'assurer la sécurité des vendeurs, mais également d'intimider les assaillants dont ils n'avaient aucune information. Ils n'avaient pas de précisions quant aux clans ou aux pays qui avaient pris pour cible leur paisible village. Mais cette mesure ne porta pas ses fruits. Pires, les attaques meurtrières se multipliaient et se faisant de plus en plus redoutables et terroristes. Alors, une décision radicale avait été prise. Le chef du clan Uzumaki levait une armée secrètement, car il savait que tôt ou tard, une guerre allait éclater, au sein de cette contrée qui n'avait connue jusqu'alors que la sérénité et la générosité.

Le clan Uzumaki était un clan unique en son genre. Il réunissait diverses personnes venues des quatre coins du monde et avait pour tradition de faire adopter le nom Uzumaki, aux personnes désirant s'y installer. Ainsi, on ne différenciait plus les étrangers des natifs, et les discriminations étaient peu répertoriées. Enfin si, les Uzumaki natifs avaient la particularité d'avoir une chevelure flamboyante, qui parfois se transmettait de génération en génération. C'était une caractéristique héréditaire que beaucoup leur enviait, mais malheureusement, à cause de cela, ils étaient particulièrement reconnaissables et rapidement pris pour cible lors des assauts ennemis. Pourtant, bien que l'on trouvât pas mal d'étrangers, la taille de ce clan ne pouvait rivaliser avec les tribus des pays voisins. C'est pourquoi, il leur fallait des alliés de taille afin de faire face à cette terrible épreuve, sans précédent.

La jeune fille qui venait de fêter ses seize ans observait du haut de la balustrade les enfants rire et jouer innocemment. Un tendre sourire s'était dessiné sur ses lèvres, car elle savait que bientôt pour eux, il n'y aurait plus de place pour les amusements de l'enfance, et ils commenceraient les douloureux entraînements qui feront d'eux des ninjas experts dans les techniques de scellage. Mais pour l'heure, elle devait se préparer à sa mission spéciale. Alors, retournant dans sa chambre, elle se vêtit légèrement d'un pantacourt et d'un débardeur sombre, dont elle étira le pan vers le bas jusqu'à recouvrir son postérieur. Ensuite, elle ramassa du sol en bois le sac qu'elle avait préparé la veille, contenant suffisamment de vivre pour tenir une semaine. La durée exacte de son voyage. Il s'agissait principalement de gâteaux secs, riches en lipides, glucides et protides, optimaux pour sa traversée. C'était à elle de se rationner correctement afin de ne pas manquer à sa faim.

Parée, elle alla retrouver ses parents dans le salon. Ils l'attendaient, assis sur le canapé drapé d'une housse violette et moelleux comme un nid de coton. Son père, un grand homme barbu et à l'allure sévère tenait à la main divers manuscrits.

— Je suis prête, déclara-t-elle en dégringolant les escaliers en bois.

Sa voix percutante résonna dans le silence de la pièce très peu meublée. Et comme pris en flagrant délit de déprime, ses parents sortirent de leur torpeur. Sa mère, Ami, une femme douce et chaleureuse, lui donna un faux sourire lorsqu'elle croisa son regard. Son père lui, se contenta de la détailler de haut en bas en hochant la tête.

— Tu ressembles à une vrai Kunoichi vêtue ainsi, ma puce ! la complimenta-t-il en frottant les pans de ses longues moustaches poivre et sel.

— Ma puce ? répéta-t-elle blasée. T'es sérieux là, papa ?

— Ce n'est pas parce que tu as atteint ta majorité que tu n'es plus ma petite puce… Oh, ma chérie, se mit-il à sangloter. Je t'aime tant, tu vas tellement me manquer, fit-il en se précipitant dans ses bras et la serrant de toutes ses forces.

Oui, Ashina n'avait que l'apparence sévère. En réalité, il débordait d'amour pour ses proches et n'hésitait pas à le montrer avec excès au grand dam des personnes concernées. La jeune fille grogna, mais se laissa envelopper par cette étreinte pleine d'affection à son égard. Il la pressait à lui rompre les lombaires, comme s'il s'agissait de leur dernier câlin.

— Maman ! se plaignit-elle. Parle à ton mari, qui est à mon plus grand malheur de ce fait mon père. Il est juste en train de m'étouffer !

— Il est si émotif, admit-elle compréhensive. Tu vas tellement nous manquer, finit-elle par avouer à son tour, en les serrant tous les deux dans ses gros bras enrobés de graisse d'amour accumulées toutes ces années à leur côtés.

La rousse soupira profondément, regrettant immédiatement d'avoir quémandé l'aide de sa mère afin de se sortir de cette situation proprement embarrassante. Il n'y avait rien à faire. Elle devait juste patienter qu'ils finissent, ce qu'elle considérait comme du cinéma. Ne pouvaient-ils pas être des parents ninjas normaux ? La convoquer, lui donner sa mission à effectuer, puis ils s'embrasseraient pudiquement et salut ? Non, il fallait toujours qu'ils en fassent des tonnes.

— Ouais, ouais, vous aussi vous allez me manquer, affirma-t-elle sans réelle émotion. Je vous signale que je serai de retour dans quelque temps. Alors pouvons-nous éviter des embrassades larmoyantes à en vomir, s'il vous plaît ? Le temps presse !

— Tu as raison, concéda l'actuel chef du clan Uzumaki en relâchant son étreinte. Sa femme en fit autant, mais resta près de sa fille, à lui caresser ses longues mèches pourpres.

Ashina lui prit le visage entre les paumes de ses mains asséchées par le temps et les durs entraînements qu'il exerçait encore quotidiennement près du littoral. Il l'observa avec tellement d'émotion dans les yeux, que Mito, qui quelques secondes à peine se plaignait de son trop-plein d'amour, se mit à culpabiliser. Alors, elle baissa ses pupilles vertes pin, semblables aux nuances eaux marécageuses.

— Il ne s'agit que d'un voyage de deux semaines, lui dit-elle plus calmement en lui révélant des yeux souriants.

— J'espère que tu ne m'oublieras pas…

Sa femme prit la main de son mari afin de l'inciter à se taire, discrètement. Il ne devait pas trop en dire.

— Tu me reverras bientôt, papa. Cette mission est si capitale, que tu ne peux faire confiance à personne d'autre qu'à moi pour l'accomplir, n'est-ce pas ? Je promets de faire de mon mieux. Je vous enverrai un courrier lorsque j'arriverai à destination. Et dès que j'en partirai également. Alors, ne me regarde pas comme ça.

À son tour, elle tira sur sa moustache qu'elle trouvait trop longue et hideuse en ajoutant :

— D'accord ?

Il lui baisa le front avec tendresse et affection, avant de la relâcher. Puis, il lui tendit un parchemin brun sans le lâcher lui-même.

— Surtout, fais bien attention à toi. Le sceau des Uzumaki a scellé cette lettre. Le seul qui puisse le lire est Butsuma et personne d'autre… fit-il le regard sérieux. Puis, ses lèvres se soulevèrent en un sourire malicieux. Même pas Hashirama, ajouta-t-il taquin.

— Je n'avais pas l'intention de le lui faire lire, répliqua-t-elle gênée, les joues rosies par la seule évocation de son nom.

— Si un ennemi est sur le point de s'en emparer, détruit-le sur le champ ! Mais, si tu dois l'échanger contre ta vie, alors préserve celle-ci ! Tu m'es plus précieuse que tout ce qu'il y a en ce monde.

Elle acquiesça en silence. Sa mère lui prit la taille

— Nous sommes si désolés de ne pas pouvoir t'accompagner là-bas, sanglota-t-elle. Terriblement désolée, ma chérie, de te quitter ainsi.

Mito s'attendrit.

— Je sais, et j'ai bien compris la situation. Mais ne t'en fait pas, la rassura-t-elle en passant sa main dans sa chevelure aussi carmin que la sienne. Tout ira pour le mieux.

— Le clan Senju se trouve si loin de chez nous. Surtout, n'hésite pas à nous écrire, tous les jours pour nous informer que tu vas bien. Ta sécurité est ce qui importe le plus.

La jeune fille acquiesça tout en se disant que son voyage ne durerait pas de longs mois, alors écrire tous les jours n'avait pas un grand intérêt. Néanmoins, elle préféra le garder pour elle, et sourire de plus belle.

Son père lui tendit une autre carte avec l'emblème des Senju.

— Voilà où se trouve le clan Senju. Surtout, sois très prudente. Les clans de ce pays se font constamment la guerre. Une guerre sans pitié et sans merci. Ne les combats que si cela est vraiment nécessaire, autrement fuis-les. Tu ne pourras rivaliser avec eux que très difficilement.

Ils s'embrassèrent à nouveau un très long moment. Si long, que c'est Mito elle-même qui dut se séparer d'eux. Leur attitude était beaucoup trop étrange à son goût. Étant leur seule fille, elle savait qu'ils avaient un amour exagéré à son égard et ne cessait pas d'en faire des tonnes lorsqu'elle devait voyager. Alors elle retint un ennuyeux soupir, afin de leur éviter toute peine. Leurs inquiétudes étaient fondées et plusieurs fois vérifiées.

Sur cela, elle les quitta en se précipitant vers la porte d'entrée, tout excitée de voyager aussi loin, seule.

Plus les heures passaient et plus Ami Uzumaki n'était pas sereine. Sa fille unique venait de quitter le village des Remous, pourtant, ce n'est pas ce qui rendait son cœur anxieux, mais plutôt une annonce qu'elle n'avait pas faite à son mari, pourtant, le temps pressait. Alors, elle alla le retrouver dans la grande salle qui faisait office de salle à manger. Sur celle-ci, ce dernier avait posé une énorme carte qui représentait tous les pays du monde connu et avait mis des croix là où ils soupçonnaient la venue des assaillants. Il avait dans le viseur, le Pays de l'Eau ainsi que celui de la foudre, étant les plus proches géographiquement. Mais il ne fallait pas qu'il néglige les autres contrées comme le Pays du Vent ou encore celui du Feu.

Ami surprit sa mine grave et pensive. Elle voulut rebrousser chemin dans un premier temps, mais prit son courage à deux mains.

— Je ne suis vraiment pas rassurée, annonça-t-elle une nouvelle fois. Et s'il lui arrivait quelque chose ? Elle ne sait jamais rendue au Pays du Feu seule. Tu sais comme moi que nos ennemis sont peut-être envoyés de là-bas.

— Nous avons élevé une guerrière, rétorqua-t-il sans même lever les yeux vers elle. Si un ennemi ose la défier, je ne donne pas cher de sa peau. Elle s'en sortira, se rassura-t-il lui-même.

— Elle n'est même pas au courant que plus jamais nous ne la reverrons. Et nous ne serons même pas là pour assister à son union…, culpabilisa-t-elle. Nous aurions dû lui dire la vérité et la tenir au courant de ce qu'il se passe réellement ici.

— Ne dis pas ça. Tu sais bien qu'elle aurait renoncé et serait restée ici, à combattre à nos côtés. Et de cela, il en était hors de question, tonna-t-il. Une bataille sanglante est sur le point de démarrer. Éloigner notre fille unique est le seul moyen de la protéger contre tous ces tourments. Officiellement, sa mission est d'amener le message scellé. C'est tout.

— Je voulais que le clan Uchiha prenne soin de notre enfant, avoua-t-elle enfin. Avant qu'ils ne choisissent cette gamine venue de la Lune, des étoiles ou du Soleil. Je la saurai plus en sécurité chez eux, que chez les gens de la forêt.

— Je sais, mais Butsuna est un vieil ami. Je suis sûr qu'il saura prendre soin de notre Mito. Je lui fais totalement confiance. Et Hashirama est devenu un bel homme. Ils se sont de plus déjà amourachés l'un de l'autre. Je le répète, tout ira bien. En attendant, préparons-nous et réunissons les autres groupes afin de revoir la stratégie. Les Senju arriveront bientôt ce qui nous laisse très peu de temps.

— L-les Senju ? bégaya-t-elle, peu sûre d'avoir bien entendu. Qu'est-ce que cela ? Comment ça, ils arrivent bientôt ? Demanda la femme à la chevelure flamboyante. Qu'as-tu fait ? Questionna-t-elle horrifiée. Ses pupilles claires détaillaient le corps penché en avant sur la carte, qu'il ne lâchait pas de ses yeux sombres. Instinctivement, son corps s'était mouvé en arrière de quelques pas.

— Nous ne sommes pas nombreux. Toute l'aide du monde nous sera utile. Via le parchemin que nous avons remis à Mito, j'ai demandé l'aide de Butsuma Senju. Je sais qu'il acceptera, sans poser de questions. Nous aurons bientôt des renforts, soit sereine.

Sa femme eut une réaction qu'il ne comprit pas. Elle s'était agenouillée au sol, en prenant sa tête dans ses mains.

— Qu'il y a-t-il ? s'inquiéta-t-il en se précipitant vers elle et s'agenouillant à son tour. Tu ne te sens pas bien ?

— Je pensais que ce parchemin n'était qu'un prétexte pour l'amener au clan Senju, puisque tu ne m'en avais pas parlé ! Oh, mon Dieu, qu'avons-nous fait ?

Il la fixa interloqué. Il ne comprenait pas.

— Pourquoi ne m'as-tu rien dit enfin ? répéta-t-elle. Pourquoi ?!

— Je connais l'aversion que tu as pour le clan Senju c'est pourquoi, j'ai préféré garder le silence. Et au vu de ta réaction, je me dis que c'était la meilleure chose à faire, car tu ne l'aurais jamais accepté. Ils ont la force nécessaire pour nous assister durant cette bataille.

— Le malheur sera sur nous, le malheur sera sur nous ! affirmait-elle en se prenant toujours la tête dans les mains.

— Ce n'est pas si terrible que ça. Si tu ne veux pas leur parler, personne ne t'y oblige !

— Il y a quelques jours, j'ai envoyé une demande d'aide à Tsûretsu Uchiha et son mari ! avoua-t-elle finalement, en évitant soigneusement son regard.

— Quoi ? Rugit-il ! Mais quelle folie t'a-t-elle prise ? Les Uchiha, ici ? Mais pourquoi ne rien m'avoir dit ?

— Je savais bien que tu serais contre, se justifia-t-elle avec les paroles qu'il avait prononcées précédemment. Moi aussi, je me suis dit que nous aurions besoin d'alliés surpuissants. Avec leur Sharingan, ils vaincront l'ennemi en un rien de temps. Nous n'aurons plus rien à craindre... Ils seront bientôt ici…

Que faire ? Que faire ?

— Il faut tout de suite faire rattraper Mito ! proposa sa mère. Il faut l'arrêter !

Elle se leva et entreprit de courir jusqu'à la porte, mais les mains d'Ashina la rattrapèrent à temps et l'agrippèrent avec force.

— Il n'est pas question que j'accepte l'aide des Uchiha ! Tu connais mon aversion pour ce clan maudit et belliqueux !

— Et moi des Senju ! répliqua-t-elle et se dégageant avec colère. D'ailleurs, je n'ai jamais accepté cette union avec cet Hashirama !

Elle souffla et reprit :

— Écoute. Les Uchiha sont en route, les Senju ne sont pas encore prévenus, alors arrête d'y faire ta tête de mule et rattrapons Mito.

Ashina Uzumaki écoutait sa femme s'en aller le pas lourd, mais secouait la tête de gauche à droite. Ils venaient d'organiser une tragédie sur leur propre territoire. L'enjeu venait de changer. Maintenant, il n'était plus question de faire seulement alliance, pour combattre un ennemi, mais de trouver un moyen afin que ces deux clans, éternellement rivaux ne s'entretuent pas dans leur village et ne le saccagent pas en une bataille.


— Explique-moi concrètement comment les choses se sont déroulées que je comprenne bien, questionna Izuna, adossé à la porte coulissante et faisant face, le regard sévère, à son frère. Ils ne les avaient quittés qu'une demi-heure à tout casser et les avaient retrouvés ensanglantés. Dieu seul savait ce qu'il s'était réellement passé durant leur absence, à lui et Hungaro.

— Il n'y a rien eu de particulier. Nous discutions tranquillement quand soudainement, elle s'est mise à ressentir des douleurs. J'ai juste essayé de l'aider comme je pouvais. Voilà la raison qui fait que j'étais trempé de sang…

Le jeune Uchiha n'était pas convaincu. Il regarda son frère avec tellement de suspicion que ce dernier ajouta :

— J'admets que j'ai dû lui tenir une ou deux provocations, mais je ne savais pas que cela aurait autant d'effet sur elle... Tu savais que ça ressemblait à ça toi ? Les Menstruations des femmes ? demanda-t-il tout bas, comme pris par la peur d'être surpris par cette conversation insolite.

— Je n'en ai jamais été témoin, répondit Izuna le plus sérieusement du monde. Il faut dire qu'elles sont fortes pour cacher ce genre de chose, mais le sang que j'ai moi aussi aperçu, m'apparaît bien trop abondant pour que cela soit naturel.

Madara acquiesça. Il était d'accord avec son frère. Quelque chose clochait. Il fallait attendre que le médecin vienne pour avoir plus d'informations. Ils attendirent en discutant dans la pièce où ils avaient reçu leurs invités.

— De quoi tu as discuté avec le vieux ? questionna soudainement Madara.

— Ils ont quelques recommandations qui ne vont pas nous encombrer. Il m'a aussi appris qu'il ne restera pas. Il était juste chargé d'amener Sukeko ici et devait s'en aller rapidement. Quelque chose cloche, fit-il pensif.

— Tu trouves aussi étrange qu'il la laisse à notre merci comme ça, sans personne pour veiller sur elle ?

Il hocha la tête.

— Ils invoquent des portails pour venir sur terre, mais cela nécessite une quantité astronomique de chakra. Une quantité que Sekeko ne possède visiblement pas. Cela se voit à vue d'œil.

— Alors, tu veux dire qu'ils l'ont coincée, ici, questionna Madara, croisant à son tour les bras.

— Je ne sais pas trop, j'y réfléchis encore, mais c'est une hypothèse qui n'est pas à écarter.

— Pourquoi feraient-ils ça ?

— Pour se débarrasser d'elle ? Elle est très faible. Je me demande si elle nous sera d'une grande utilité ici…

La porte coulissa et manqua de faire trébucher Izuna qui se reprit rapidement. Un vieil homme fit son apparition. Ses lunettes étaient si basses qu'elles menaçaient de glisser de son petit nez légèrement tordu.

— Alors ? demanda le jeune Uchiha, comme s'il s'agissait de sa prétendante. En effet, il était beaucoup plus inquiet que son frère à l'égard de la Descendue de la Lune.

— Il n'y a rien d'anormal, votre fiancé n'a eu là que sa première saignée. Faites-lui boire une infusion de gingembre le matin, au réveil et le soir avant qu'elle ne se couche et elle sera sur pied en un clin d'œil.

— Et c'est tout ? C'était si impressionnant, j'avais l'impression que quelque chose lui dévorait l'abdomen, répliqua Madara, sans corriger le fait qu'il s'agissait de sa prétendante à lui.

— Je n'explique pas l'immense douleur qu'elle dit avoir ressenti, mais cela arrive parfois, fit-il d'un air détaché. La seule chose qui m'inquiète un peu, est le fait qu'elle a déjà quinze ans, c'est ça ? Habituellement, les jeunes filles saignent pour la première fois aux alentours de onze voire douze ans. Quinze ans, c'est tard, mais passons. Je viendrais la voir la semaine prochaine. En attendant, faites-lui bien boire les infusions et ménagez-la. Elle ne doit pas faire lourds efforts.

Sur cela, il prit sa pochette et s'en alla.

Izuna regarda son frère. Ils parcoururent un bout de couloir faiblement éclairé pour arriver dans les appartements de la jeune femme qui avait droit à la chambre la plus spacieuse du domaine Uchiha. Elle était couchée là, sur un futon de fortune, le visage encore crispé par la douleur. Lorsqu'elle les vit entrer, elle détourna la tête et replia les couvertures sur sa face. Se laisser voir dans cet état n'était pas digne de sa personne. Hungaro était près d'elle et lui murmurait des paroles réconfortantes, mais se leva rapidement lorsque les deux hommes entrèrent dans la pièce sans même frapper à la porte.

— C'est un scandale ! hurla-t-il à en faire trembler les murs.

— J'aurai tendance à dire que ce qui devait arriver arriva… dit simplement Madara. C'était programmé.

— Vous lui avez forcément fait quelque chose, le soupçonna-t-il en le pointant du doigt. Ce qui est arrivé n'a rien de normal.

— Le médecin a dit-

— Je suis sûr qu'il est de mèche avec vous pour faire étouffer l'affaire. Et moi qui ai jugé bon de vous laisser seul. Cela n'arrivera plus jamais ! Vous m'entendez ! tonnait-il. Dès demain, la Princesse et moi-même rentrerons sur la Lune. Le mariage est annulé. Je vais de ce pas envoyer un courrier au Roi pour lui faire part de vos agissements intolérables. C'est une honte ! Un scandale ! Un scandale ! répéta-t-il.

Madara ne l'écoutait plus depuis longtemps déjà. Il se contenta d'approcher du futon, tandis qu'Izuna lui restait près de la porte à serrer les dents. Il ne fallait en aucun cas que cette union soit annulée. Il réfléchissait à toute vitesse à une parade, mais malheureusement, aucune explication plausible ne lui venait à l'esprit. Il suivit son grand frère des yeux, et le vit s'asseoir près de Sukeko a essayé de lui retirer ce qui lui barrait le visage. Elle tenait bon.

— Arrête de faire l'enfant, je veux simplement voir ton visage.

— Laissez-moi tranquille, vous en avez assez fait, approuva-t-elle la voix faible.

Immédiatement, Hungaro se leva et se mit entre Madara et la jeune femme. Il retira avec violence la main du brun et l'empoigna avec colère.

— N'osez plus la toucher ! À partir de maintenant, elle sera sur mon étroite surveillance ! Osez l'approcher…

Madara se leva à son tour.

— Êtes-vous en train de me menacer, rugit-il, sous mon propre toit ?

Sa voix fit bondir la jeune fille, qui retira un pan du droit afin d'entrevoir ce que ces deux êtres stupides, plus proches de l'animal que de l'homme était en train d'accomplir. Ils se tenaient l'un face à l'autre ne voulant pas démordre. Une bagarre était sur le point d'éclater.

— Je veux voir le chef du clan ! Les Uchiha ont coutume de se cacher lorsque les choses s'enveniment ? Tajima Uchiha est-ce un lâche qui ne sait pas gérer les membres de son clan ?

Les yeux d'Izuna rougirent.

— Qu'est-ce que vous venez de dire ? Vous insultez le chef, devant ses partisans ? On voit que vous n'avez peur de rien, défia-t-il.

— Je ne vais pas être effrayé par deux vulgaires terrestres, menaça Hungaro activant son Byakugan, lui aussi prêt à les affronter.

Izuna fut surpris. C'est la première fois qu'il en vit un et en bon guerrier, il le défia davantage. Il voulait voir à quoi ressemble ce pouvoir que son frère qualifiait de formidable. Sukeko choisit ce moment pour dévoiler complètement son visage. Elle était outrée. Allaient-ils vraiment se battre dans la pièce où elle était alitée ?

— Je vous rappelle que je ne suis pas en état de supporter vos chamailleries. Si vous voulez vous défier, faites le loin d'ici, tonna-t-elle en s'asseyant avec difficulté. Hungaro, c'est vraiment pathétique de ta part de dévoiler nos techniques à de vulgaires terrestres !

"Et c'est toi qui dis ça," pensa Madara ironique.

— Je vais bien, reprit-elle. Tu as entendu le médecin ? Alors je me demande ce que vous faites tous encore dans ma chambre à vous disputer !

— Je reste pour te surveiller. Vous autres, s'adressa-t-il aux deux hommes, quittez la pièce immédiatement. La Princesse a besoin de repos.

— Vous n'ordonnez rien ici, Hungoro !

— C'est Hungaro ! corrigea-t-il en se demandant si le petit Izuna ne se trompait pas volontairement sur son nom.

— Ouais, si vous voulez, balaya-t-il ce quiproquo d'un revers de la main.

— Vous n'avez aucun respect. J'ai beau me creuser la tête, je me demande pourquoi le Roi vous a choisi vous plutôt que les Senju.

La mâchoire de Madara se crispa.

— Nous n'avons pas été choisis, nous l'avons remporté avec honneur !

— Ne prononcez pas le nom des Senju ici, Hungoro ! intervient Izuna qui vouait une haine farouche à l'égard de ce clan détestable.

— Il a eu l'idée d'organiser ce duel débile, que vous avez remporté, c'est vrai. Mais son choix avait été scellé depuis longtemps déjà. Qu'avez-vous de si spécial ? Si j'en crois les échos que l'on m'a faits, les Senju ont plus d'humanité et de respect que vous, cracha-t-il.

— Ça suffit, intervient de nouveau la blonde. Arrêtez ça, vous êtes ridicule, Hungaro.

La tension était si électrique que tous expiraient bruyamment par le nez, les sourcils froncés avec force.

— Je vais écrire une lettre pour le Roi que vous lui remettrez.

— Il sera fait selon votre volonté, répondit machinalement le vieil homme avant de réaliser ce qu'elle disait.

— Oui, tu as bien compris, reprit-elle. Je n'ai pas l'intention de te suivre. Je vais rester ici et respecter la volonté du Roi, rétorqua-t-elle, les lèvres pincées.

Madara fut surpris par sa déclaration, alors qu'un discret sourire vint adoucir le visage d'Izuna.

— Mais, Princesse voyons, il s'agit d'un clan barbare et archaïque ! Vous ne serez pas en sécurité ici, peu importe les efforts que vous fournirez. Annulons simplement tout et faisons comme si les choses ne s'étaient jamais produites.

— Tu ne comprends pas ? Je… Je n'ai pas le choix, fit-elle en inspirant. See on midagi, mis on otsustatud ja mille jaoks mul pole mõju, otsustusõigust ja teate seda väga hästi ! {C'est quelque chose qui a été décidé et pour lequel je n'ai aucun impact, aucun pouvoir de décision et tu le sais très bien ! }Ma annan kuningale, mida ta tahab! Võib-olla võiksin pärast seda tagasi minna. {Je vais donner au Roi ce qu'il veut. Peut-être pourrais-je rentrer chez nous après...}

— Mais Prin-

Lihtsalt tehke seda, mida ma teile tellin ! {Fais seulement ce que je t'ordonne ! }

Il ne répondit rien, mais son cœur se serra. Sa princesse bien-aimée, à la solde de ces guerriers sanguinaires et sans pitié ?

Madara ne comprenait pas son revirement. Pourquoi ? Pourquoi se creusait-il la tête alors que ces pupilles sombres détaillaient l'expression affaiblie de la jeune fille. Elle regarda, une fraction de seconde dans sa direction avant de détourner immédiatement le regard en direction du mur opposé. Quelque chose clochait. Si elle avait décidé de rester, c'est qu'elle avait soudain un intérêt, mais lequel ? Sa résignation ne laissait rien présager de bon. Sans parler du fait que la communication dans leur langue maternelle n'arrangeait pas les choses.

— Vous devriez écouter la Princesse, acquiesça ironiquement Madara.

Sans regarder personne elle dit :

— Je n'ai pas besoin que l'on se batte pour moi et encore moins que l'on me protège.

Elle se tourna enfin vers lui pour la toute première fois.

— Je suis à même de le faire moi-même, finit-elle, une lueur de défi perceptible dans ses yeux mauves dépourvus de pupille.

Ils se jaugèrent un instant ainsi, pupilles contre pupilles. Les coins des lèvres de l'aîné se retroussèrent en un sourire narquois, avant que l'éclat d'un rire franc ne vienne perturber le silence la pièce.

— Tu ne survivras pas une semaine toute seule ici !

— Je t'interdis de me prendre de haut, énonça-t-elle sérieusement.

C'était là sa spécialité à elle.

— Je prends le pari, ajouta-t-il en la provoquant.

— Madara, on devrait la laisser se reposer et allons tous nous coucher, il est tard, intervient Izuna qui avait finalement réussi à avoir ce qu'il voulait. Il n'allait pas laisser Madara tout faire capoter.

Après un dernier regard en direction de Sukeko, Madara quitta la pièce.

— Puis-je me permettre de rester à vos côtés cette nuit ? Avant de retourner sur la Lune ?

— Fais comme il te plaira, répondit-elle simplement les dents serrés, très en colère parce qu'il venait de se passer.

Elle s'était résignée à rester, mais cet aveu lui déchira le cœur, sans parler de la peur qui grandissait petit à petit au creux de ses reins. Hungaro, qui s'était assoupi à ses côtés, ne sut jamais que cette nuit, elle n'avait cessé de mouiller son coussin en toute discrétion.

Le lendemain, matin, lorsqu'on vint les voir, l'état de Sukeko s'était aggravé.


Arrivée sur les terres du pays du Feu le lendemain matin, Mito ne prit pas le temps de se reposer, mais traversa une multitude d'arbres en courant rapidement. Le clan Senju de la forêt était encore très loin et elle voulait progresser le plus rapidement dans la journée, afin de se reposer tranquillement la nuit venue.

Quelques jours plus tard, la solitude se faisait de plus en plus sentir pour ce bout de jeune femme qui se plaisait en bruyantes compagnies. Lorsque le soleil déclina ce jour-là et lui caressa la peau de ses chauds rayons orangés, elle s'arrêta dans une sorte de maison abandonnée et analysa la carte précieusement attribuée par son paternel. Il lui restait encore la moitié du trajet à accomplir. Soit deux jours et trois nuits.

La nuit tomba rapidement et, Mito épuisée, se coucha rapidement après avoir ingurgité quelques nourritures. Mais elle ne fermait pas l'œil, ses sens toujours en alerte. En effet, elle avait remarqué, depuis quelques jours maintenant, qu'elle était traquée par trois hommes et vu leur discrétion, elle en déduit qu'elle n'avait pas affaire de vulgaires ninjas. Ils devaient être deux ou trois, grand maximum. Elle resta calme et patienta jusqu'à ce qu'ils osent pénétrer dans l'enceinte de la maison et enfin, elle allait leur régler leur compte une fois pour toute.

Elle s'était allongée au fond de la seule pièce de cette maisonnette, dos à l'entrée à regarder le mur sombre qui se dressait devant et à écouter avec attention les bruits alentour. Rapidement, elle sentit les pas d'une personne qui s'était voulu discrète. Un autre était sur le toit, sûrement à guetter les environs. Il ne cessait pas de parcourir celui-ci de long en large, sûrement pour assurer ses appuis, conclut Mito.

L'homme au sol s'élança sur elle, le plus discrètement possible et de ses deux mains, il utilisa un kunai qui visa la tête de la jeune fille, la pensant endormie. Mais, vivement, celle-ci se retourna, lui balança le drap qui la recouvrait quelques instants plus tôt afin de l'aveugler. Ainsi, elle n'eut pas de mal à le contrer, en lui assénant un coup de pied dans le dos, lui tira les cheveux en arrière, avant de lui emprisonner le bras dans une clé de bras. Il lâcha son arme, voulut riposter en lui portant un coup de pied vers le bas, mais elle tordit davantage son bras, et il hurla si fort qu'il dut ameuter toutes les personnes se trouvant dans ce bois. Enfin, elle lança sa jambe et son talon vint cogner brutalement les lèvres de l'homme, l'éjectant de l'autre côté de la pièce. Le mur vola en éclats, lorsqu'il le percuta avec violence.

Son erreur fut qu'il avait sous-estimée.

Rapidement, elle courut vers lui et lui trancha la gorge nettement. Un de moins, mais l'autre ne tarda pas à se pointer, attiré par les cris de son "collègue". Ils se toisèrent en silence et il vit dans ses yeux, à la clarté de la lune qu'elle n'avait pas l'intention de fuir. Cela tombait bien, lui non plus. Pourtant, il allait jouer la carte de la prudence. Ils savaient que les Uzumaki étaient redoutables, mais le fait que cette jeune fille réussisse à mettre des ninjas de leur calibre en déroute aussi facilement lui conforta dans l'idée de ne pas la sous-estimer.

Les mains de l'homme formèrent des Mudras auxquels Mito avait été particulièrement attentive, mais il n'avait prononcé aucune invocation. Ensuite, il lança un shuriken dans sa direction, qu'elle n'eut aucun mal à esquiver, en se courbant en arrière, mais sachant pertinemment qu'elle avait le niveau pour le contrer, il s'était rapidement précipité vers elle, un kunai à la main. Mito tenta de se déplacer afin de fuir, mais son pied dérapa et elle glissa piteusement sur le sol, se retenant de justesse sur les paumes de ses mains. Celles-ci rencontrèrent une sorte de flaque sombre et gluante, qu'elle n'eut pas le temps d'analyser. Rapidement, elle se tourna, mais n'eut pas le temps d'esquiver l'attaque de son assaillant, qui enfonça brutalement son arme dans son avant-bras gauche. Elle émit un douloureux cri, avant de recevoir un violent coup dans la tête qui l'envoya valser au loin.

Suiton : La flaque noire, finit-il par prononcer à travers son masque noir, recouvrant une bonne partie de son visage. Comme son nom l'indique, je peux créer directement une flaque noire et sacrement glissante, dit-il alors que tout le sol du lieu en était inondé. En plus, ajouta-t-il en observant la jeune femme qui retirait douloureusement l'arme emprisonnée dans son bras. Il sortit un morceau de papier de sa poche sur lequel il souffla. Ce dernier s'enflamma.

Mito écarquilla les yeux, stupéfaite.

— Il est extrêmement inflammable.

Il laissa le papier glisser entre ses doigts et instantanément, le sol s'embrasa dans une étincelante lumière.

Au même moment, ils quittèrent le sol en bois de la petite maison et se retrouvèrent en l'air afin d'échapper aux ardentes flammes flamboyantes d'intensité. De sa main droite, Mito, sortit rapidement de son sac à dos - avec lequel elle s'était couchée plus tôt et en sortit un parchemin vierge qu'elle agrippa et déroula avec ses dents. Toujours de la même main, elle sortit un kunai avec lequel elle se coupa la paume, qu'elle posa rapidement sur le manuscrit.

Fuinjutsu : Emprisonnement ! hurla-t-elle, alors que la gravité la rappelait mécaniquement vers le bas. Une rame de vent suivit d'une aura bleue sortirent du papier ensanglanté, pour recouvrir les flammes qui se faisaient de plus en plus menaçantes. Le feu fut inspiré, Mito roula le parchemin d'une main et s'écrasa sur le sol lourdement.

Essoufflée, elle eut du mal à se relever et à faire face à son ennemi. Les techniques d'emprisonnement requéraient beaucoup de chakra, et malheureusement, elle ne s'était pas assez reposée pour utiliser ses techniques avec tout le potentiel dont elle était capable.

— Impossible, dit l'homme abasourdi. Pas étonnant que tout le monde veuille votre peau. Vous êtes beaucoup trop dangereux.

Elle se contenta de froncer les sourcils. Maintenant, c'était elle a elle d'attaquer et il l'avait bien compris. Elle était trop puissante pour qu'il l'affronte. Il lui fallait du renfort. Alors, il se précipita à la fenêtre et se mit à courir aussi vite qu'il put, mais manque de bol, la rousse le talonnait. Alors, il fit des signes de la mains et invoqua :

Suiton : Pluie de mille aiguilles.

Une pluie d'aiguilles se dirigea vers la femme qui sortit un kunai afin de contrer, une à une, celles qui se dirigeaient vers ses organes vitaux, faisant fi des autres. Mais lorsqu'elle vit l'homme reprendre sa course, elle se mit à le poursuivre à nouveau, en déviant les centaines d'aiguilles qui s'abattaient sur elle. Elle devait tenir bon. Il ne devait pas lui échapper.

Lorsque son assaillant se retourna, il fut stupéfait de la trouver sur ses côtes. Il grogna :

— Mais c'est pas possible, t'es quoi au juste ?!

Elle puisa dans ses dernières réserves, et lui fit un croche-pied en arrivant à sa hauteur. Il tomba lamentablement sur le sol avant qu'une pluie de coups-de-poing s'abattent dangereusement sur lui. Elle devait le mettre hors circuit le plus rapidement possible, car ses dernières forces la quittaient déjà, faisant fi des effluves de sang qui giclaient sur son visage. Lorsqu'il perdit enfin conscience, elle puisa dans un dernier effort pour le traîner jusque dans la petite maisonnette abandonnée, près de son camarade. Elle retira son masque, mais ne put identifier son visage, tuméfié et déformé par la force de ses bras.

Là, elle se saisit à nouveau du parchemin qu'elle avait utilisé précédemment et le jeta à l'intérieur de la maison. Haletante, elle forma difficilement un mudra et déclara fière :

— Je suis Mito Uzumaki, de l'illustre clan Uzumaki ainsi que celle qui t'acheva ! Libération !

Les flammes qui avaient été scellées quelques instants plus tôt, surgirent et embrasèrent le lieu, devant une Mito sérieusement mal en point. Elle resta près de la maison un petit moment, retirant une à une les aiguilles qui s'étaient plantées dans sa chair. Elle finit par une technique de futon pour éteindre le feu. Et complètement éreintée, elle s'écroula sur le sol, maudissant ses parents qui ne lui avaient pas fait le conseil de colorer ses cheveux.


Au sein du clan Uchiha, on s'inquiétait. En effet, la santé de la Princesse ne s'améliorait pas, au contraire, elle se détériorait dangereusement. Sa température ne baissait pas et il fallait changer les draps quatre à cinq fois par jour, tant le sang se faisait plus abondant et noirâtre. Le médecin était passé tous les jours, mais il ne savait pas quoi faire. Cette maladie était au-dessus de ses compétences. Hungaro était parti depuis quelques jours maintenant, par une sorte de portail matérialisé par ses soins. Il était allé chercher un médecin digne de ce nom, sur la Lune afin de soigner le mal qui rongeait la fille du Roi.

Depuis, on ne se savait pas quoi faire. Alors on fit appel à Takuma Uchiha, le régent. Il était celui qui manipulait le mieux son Sharingan, en dehors du chef du clan, toujours absent. Il plongea la jeune fille dans un état comateux, dans un rêve agréable, afin qu'elle ne souffre pas davantage, le temps qu'une solution soit trouvée. Il assura que son esprit était en paix dans cette illusion, bien que son corps ne cessait d'être parcouru par d'étranges spasmes, comme si elle faisait un rêve noir et terrifiant.

Les médicaments ne fonctionnaient pas. Pas même le ninjutsu médical. Il n'avait aucun moyen de guérir une descendante de la Lune. Madara ne pouvait qu'observer jour après jour, la santé de sa prétendante se dégrader jour après jour. Pourtant, il ne restait pas inactif. Il avait suspendu ses intenses entraînements pour se plonger dans les manuscrits médicaux afin de trouver une solution, et la nuit venue, il veillait près d'elle, attendant impatiemment le moindre signe d'amélioration. Parfois Izuna, plein de compassion à l'égard de son frère aîné, veillait avec lui. Il restait silencieux dans cette pièce qui n'était jamais aérée, à respirer difficilement cette odeur âcre et désagréable, caractéristique de la maladie, qui ne semblait pas gêner les narines de son frère aîné.

Une nuit, Madara se dit qu'il n'avait rien à perdre à tester toutes sortes de remèdes. Alors, il demanda que l'on remplisse une grande bassine d'eau entièrement froide. Il retira la chemise sombre et sanguinolente que portait Sukeko et la porta délicatement à la salle d'eau. Là, il la plongea dans une sorte de baignoire en ivoire, remplie jusqu'à ras bord, jusqu'à ce que l'eau ne recouvre l'entièreté de son corps nu. Il resta avec elle, les mains plongées dans la flotte au moins une quinzaine de minutes, avant de la ressortir. Elle était si brûlante que l'eau avait tiédi. Il retira le haut de son kimono, l'essuya et la recouvrit avec. Enfin, il retourna à la chambre, laissant traîner derrière eux de grosses gouttes humides, la reposa sur le lit, se blottit contre elle et l'étreignit toute la nuit.


Mito arriva à destination, un jour où le soleil avait décidé de se cacher derrière les nuages. Haletante et blessée, elle avait réussi à se traîner jusqu'aux monstrueuses portes du village Senju, ou leur emblème trônait, fier et puissant, sur un fond verdâtre.

— Qui va là ? demanda une sentinelle, un arc à la main.

Elle leva ses paupières lourdes vers l'individu et s'expliqua :

— Je suis Mito Uzumaki, du Village des Remous. Je suis chargée d'apporter un document de la plus haute importance à Butsuma Senju, de la part d'Ashina Uzumaki, chef du clan Uzumaki.

— Mito Uzumaki ? répéta l'homme ? Nous n'attendons personne de ce nom, répondit-il, les mains resserrées sur son arme.

— Butsuma Senju, me connaît bien. Vous pouvez aller le chercher et lui demander.

— Tu crois qu'on va faire déplacer le chef pour une pauvresse ?

En effet, la jeune femme, en plus de la crasse qui s'était accumulée sur son corps au fil des jours que constitua son périple, ses cheveux lâchés et complètement ébouriffés sur sa tête ne laissait pas penser qu'elle était de haute noblesse. Des traces de sang séché étaient encore visibles sur sa peau, bien qu'elle s'était arrêtée à une rivière où elle avait nettoyé son corps afin de paraître présentable. De plus, la faim lui tiraillait l'estomac, ce qui acheva de la rendre de mauvaise humeur. Alors oui, elle ressemblait effectivement à une pouilleuse qui demandait l'aumône.

— Cher monsieur, dit-elle d'une voix qu'elle voulut calme, mais qui sortit plus agacée que jamais. J'ai eu une longue route. Chez moi, lorsque les voyageurs s'arrêtent devant les portes de notre village, nous les accueillons avec respect. Alors, dit-elle en avançant de quelques pas, soit vous ouvrez cette porte, soit je la défonce. À vous de voir, menaça-t-elle sérieuse, bien qu'elle avait un bras hors d'usage, bandé maladroitement d'un bout de son pantalon.

Il tendit son arc et le braqua sur elle.

— Essaie, provoqua-t-il, et je te colle une flèche dans le crâne.

Alors, elle déposa son sac au sol, plia les genoux et expira un grand coup. L'homme, sans attendre décocha sa flèche qu'elle n'eut pas de mal à esquiver. Il en fut le premier surpris. Une kunoichi ?! Alors, il employa la manière forte, et une flopée de flèches se mirent à atterrir sur la pauvre Mito qui, par d'exceptionnelles prouesses les esquiva avec peine. Elle attendit jusqu'à ce que son stock soit épuisé pour frapper de son poing les gigantesques portes du domaine, dans un grognement de souffrance. Un lourd son résonna, qu'il en fit trembler les portes du domaine puis, des fissures apparurent et progressaient loin du point d'impact. En temps normal, elle l'aurait fait voler en éclats, mais c'est tout ce dont elle était capable maintenant que son chakra était presque consumé.

La sentinelle en perdit son arc, mais elle se ressaisit aussitôt en entendant l'alarme qui retentit au sein du village, annonçant une attaque ennemie.

Elle lui lança un regard froid et répéta :

— Allez me chercher un Senju digne de ce nom que je puisse décline mon identité. Nous avons suffisamment perdu de temps comme ça ! tonna-t-elle de sa voix grave.

Bientôt, ce fut un mur de personnes qui, les arcs à la main se tenaient droits sur les grandes portes du domaine. Tobirama, suivi de son frère, arrivèrent rapidement sur les lieux eux aussi armés. Le regard sang du petit frère s'écarquilla lorsqu'il reconnut sa future belle-sœur, alors que le sourire de l'héritier au poste de chef de clan s'agrandit.

— Tiens, n'est-ce pas Mito ? questionna-t-il pour attirer son attention.

Elle lui sourit à son tour.

— Ça fait un bail, Hashirama.


Notes : Voici enfin le premier chapitre avec Mito Uzumaki (que j'aime beaucoup). Il y a si peu d'informations sur elle, alors j'ai dû improviser et en faire ma propre interprétation. Du coup, je préfère lui faire une personnalité forte, sociable, moqueuse et tenace, du moins pour sa jeunesse. J'ai été obligée de couper ici, car encore une fois ça faisait trop long si j'ajoutais la suite. Donc vous verrez plus en détail, la relation que Mito et Hashirama entretiennent, dans le prochain chapitre qui n'arrivera pas avant le mois de septembre, lequel approche à grands pas. C'est d'ailleurs à partir de ce moment-là que ma publication deviendra chaotique, je le sais, je le sens (rentrée oblige). L'édition des chapitres me demande beaucoup, beaucoup de temps (plus que l'écriture). Néanmoins, je vais essayer de publier au moins deux fois par mois.

Passez une bonne fin de vacance et on se dit à la rentrée :D