Note de l'auteuze de plus en plus indigne: Non non, je n'abandonne aucune fic. Oui oui, je me déteste. Oui oui, je me coincerais les oreilles dans la porte du four... quelqu'un a un four ? Y'a pas de portes sur les plaques chauffantes... T,T
Dédicace: A ceux qui me lisent encore... existez-vous ? ç_ç
A Lui...
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Chapitre Deux : "L'Epervier…"
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« Un moment, j'ai cru… oui, j'ai cru être en train de mourir. Mais ce ne fut pas le cas. La tradition voudrait que je venge le sang de mon aimé, versé par un autre. Je n'existe désormais que pour cela. Je te vengerais… et je te rejoindrais ensuite. Dans tes bras, trouverais-je la paix à laquelle j'aspire tant ? Je n'aspire qu'à retrouver ton étreinte dans un repos éternel… »
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Abasourdie par la nouvelle, Sakura m'observe attentivement, ne semblant pas en croire ses oreilles. Bien qu'en effet, à bien y réfléchir, la chose semble invraisemblable, je m'en vois étonné d'une telle réaction de sa part…
-Dis-moi que tu plaisantes… lui ?
-Tu le connais ?
-Qui ne le connait pas ? s'exclame t-elle en levant les yeux au ciel, visiblement exaspérée. Je peux savoir ce qu'il te passe par la tête, pour fréquenter pareille personne ?
-Je te trouve bien mal placée pour me faire ce genre de réflexions, Sakura. Après tout, si je devais éviter comme la peste tous ceux que l'on prétend infréquentables, je ne serais certainement pas en train de boire une bière avec toi…
-Sans doute, mais lui… il repartira sans doute sous peu en Europe, de toute façon, autant ne pas te faire de faux espoirs. Je ne savais même pas qu'il était revenu à Konoha…
-Non, il m'a dit qu'il revenait vivre ici, il ne compte pas repartir…
-Naruto, tu ne devrais pas t'approcher de Sasuke Uchiha…
-Mais pourquoi ? Qu'est-ce que vous avez tous, avec lui ?
-Il y a que c'est un Uchiha, c'est tout ! explose t-elle.
Je me tais. Sakura n'est pas le genre de femme qu'il faille irriter, même si je n'ai pas vraiment peur d'elle… mais je ne comprends pas sa réaction si excessive. Daignera t-elle m'expliquer d'elle-même ce qui l'inquiète tant à ce sujet ?
-Je sais que tu n'es pas concerné par ce genre d'histoires, et que cela ne fait pas longtemps que tu es ici, mais… les Uchiha sont une famille particulière. En règle générale, il ne vaut mieux pas les approcher, quand on n'est pas de leur monde… je ne veux pas que l'on te fasse du mal, tu comprends ?
Elle baisse la tête, son regard se perdant dans les bulles dorées de sa bière. Sa cigarette se consume lentement, entre ses doigts. Elle ne dit plus rien, hésitante. Que doit-elle me raconter de si terrible ? Quel drame a-t-il secoué cette famille, pourquoi tout le monde connait-il ce nom, pourquoi tremble t-on ou tombe t-on en extase à son énonciation ? Qu'est-il arrivé ?
-Naruto… il est le dernier héritier de son clan, le plus puissant du pays. Il est le dernier baron de Konoha… le dernier survivant de la famille. Les autres ne te laisseront pas l'approcher sans rien dire. Je le sais. Le monde est jaloux et envieux, tout le monde voudra s'attirer ses faveurs et t'éloigner de lui, quel qu'en soit le prix. J'en ai fait les frais, fut un temps, et je doute qu'ils se montrent aussi tendres avec toi… par ailleurs, pourquoi lui qui a fui il y a dix ans reviendrait aujourd'hui au pays ? Cela n'a pas de sens…
-Il y a toujours un sens à tout ce qu'il fait, même si nous ne sommes pas capables d'en comprendre les tenants et les aboutissants… il y a forcément une raison pour sa présence, et je ne pense pas que tu doives t'en inquiéter. Pas plus que tu ne dois t'inquiéter pour moi, je suis un grand garçon, après tout.
Sakura se tourne lentement dans ma direction, un air peiné affiché sur son beau visage aux traits durcis par les épreuves de son encore trop courte vie. Je commence à la connaître. Quand elle fait cette tête, c'est qu'elle a quelque chose de désagréable à annoncer… mais qu'elle y est obligée.
-Laisses-moi te donner un conseil, rien qu'une fois. Je sais pertinemment que tu n'en feras qu'à ta tête, comme toujours, mais penses-y. Cesses de le voir. Il ne t'apportera rien de bon, tu peux me croire… il est du genre à faire du mal à ceux qu'il aime, même s'il ne le fait exprès… cela ne peut que mal finir…
-Et pourquoi cela ? S'il n'en a rien à faire, de mes différences, qu'est-ce qui pourrait mal finir ? Pourquoi me ferait-il du mal ?
-Je me doute bien qu'il se fiche de ton statut social, ou même du sien. Il a grandi en Europe, il n'a plus rien à voir avec les coutumes de notre pays… mais ici, tu connais le gouffre qui sépare les nobles et le peuple. Les deux ne peuvent se lier. Ils ne te laisseront pas rester auprès de lui, même si vous en avez envie. Ils ne le laisseront pas les ignorer de la sorte et leur échapper, ils ne te laisseront jamais le leur prendre. Tous les moyens seront bons pour t'en empêcher, je le sais. J'ai été déshéritée et privée de mon titre pour ce genre de raisons…
Je laisse mon regard divaguer vers le large. Je ne comprends pas, et elle le sait. Il y a des tas de choses, dans ce monde, que je ne comprends pas encore, et elle le sait. Je suis comme un enfant qui ouvre un œil neuf sur le monde, et qui découvre à quel point il peut être cruel, dès son premier jour. Je suis horrifié, navré, et parfois, il m'arrive d'avoir peur. Je ne connais rien à la vie… ou peut-être que j'en sais un peu trop. Je ne sais pas. Et personne ne peut savoir pour moi…
-Naruto, je sais que tu ne comprends pas… je suis désolée, mais il faudra que tu le comprennes. Tout le monde veut être vu avec Sasuke Uchiha, il en a toujours été ainsi. Tout le monde se bat pour se trouver dans ses bonnes grâces, tout le monde souhaite bénéficier de ses faveurs. Tout le pays rêve de se trouver dans les petits papiers de ce clan depuis des siècles, et tu sortirais de nulle part et tu l'accaparerais entièrement ? Je n'ai pas envie qu'une bande d'abrutis consanguins s'en prennent à toi, surtout pour une si vaine raison. Je te le demande comme une vieille amie qui craint pour ton intégrité physique, Naruto : ne t'approches pas de lui…
Je ne comprends pas. Je ne vois pas pourquoi tous ces hommes de pouvoir et leurs enfants voudraient se retrouver dans la liste des favoris d'un garçon de seize ans. Je ne comprends pas pourquoi ils ne cessent de le poursuivre de leurs assiduités, bien qu'il soit clair qu'il n'ait cure de leurs prétentions. Je ne comprends pas pourquoi certains m'en voudraient, ni pourquoi ils veulent me causer du tort. Mais je sais qu'ils en sont tout à fait capables.
Ils l'ont déjà fait.
Quoi que Sasuke en pense, qu'il le veuille ou non, les autres m'empêcheront de lui nuire, de quelque façon que ce soit.
Ils recommenceront. Je le sais, et je sais que je les laisserais faire. Tant qu'ils ne s'attaqueront qu'à moi, et qu'ils ne lui feront rien, à lui. Tant qu'il ne l'apprend jamais, et que cela ne lui fait pas mal. Je me fiche éperdument de souffrir, j'en ai l'habitude… et je saurais me venger. Je ne suis pas si angélique que les autres aimeraient le croire, malheureusement. Je suis un enfant turbulent qui aime mordre la main qui le bat.
Oh oui, je me vengerais de tout ce que l'on me fera subir, comme je l'ai toujours fait.
Ils aimeraient tant croire que je suis encore l'ange innocent qu'ils avaient découvert, ce soir-là… à la vérité, ne nous berçons pas d'illusions. Je ne peux avoir été un jour un ange, pour qu'ils m'aient trouvé ainsi. Je devais déjà être un démon, avant même ce jour de ma renaissance…
Lorsque je rentre, enfin, de ma virée avec Sakura, le soir est tombé. La ville scintille de ses milliers de lueurs chatoyantes, la cuisinière me sort une assiette bien remplie de mets succulents, m'annonçant que papa s'est absenté pour quelques temps, puis part se coucher. Une fois seul, je m'affale sur le sofa noir, dans le grand salon. Un rock transcendant passe sur la chaîne stéréo, en sourdine. Devant moi, par la baie vitrée, la lune brille de son plus bel éclat, avachie parmi quelques lambeaux de nuages teintés de sa couleur de sang.
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Uzumaki Naruto…
Ce garçon a occupé mon esprit chaque instant, chaque jour, depuis que je suis revenu ici. Il me faut me reprendre. Au plus vite. Si je veux atteindre mon but, il ne me faut pas perdre de vue mon objectif. Sa simple présence m'en détourne, me fait tout oublier. D'un seul regard, il a su remplacer ce qui me fait avancer depuis près de dix ans… mais je dois revenir à mes premières amours.
J'ai besoin de ma haine.
Je dois assouvir ma vengeance…
C'est pourquoi je suis revenu sur mes terres. Tout là-bas, en Europe, on m'a enseigné tout ce que je pouvais humainement apprendre, mais… pour arriver à mes fins, je me dois de devenir le meilleur. Et pour cela, je dois devenir un démon. Ni plus ni moins…
Dans ma chambre, caché au fond d'une armoire, m'attend un étui à violon de velours noir dans lequel trône un authentique Stradivarius. Et, sous celui-ci, un autre étui contenant des instruments d'une toute autre nature. Le temps n'est pas à la musique classique. Pas encore…
L'heure est à une autre forme d'art, une autre musique dont j'ai fait ma spécialité. D'un bout à l'autre de l'Europe, on me l'a enseigné. Ils me l'ont fait entrer dans la tête, jusqu'à ce que je ne jure plus que par cela… l'art de tuer.
Du second étui, je sors mes compagnons d'infortunes, deux Beretta M92F customisés des armoiries du clan Uchiha et de sa devise.
Une musique plus sauvage…
J'ai versé le sang, et y ai pris goût, il y a des années de cela. J'ai voulu goûté à l'arôme de celui qui m'a tout pris, je voudrais le détruire comme lui m'a détruit il y a dix ans, le noyer dans un fleuve écarlate… je n'admets aucun maître. Je fais uniquement ce que je veux, je n'accepte aucun ordre. Je suis de ces mercenaires fiers de leurs méfaits, et qui les pratiquent au prix fort. Je suis de ces chasseurs qui s'accordent le luxe de choisir leurs proies.
Une belle musique sanglante…
Cette ville… Konoha est la plus grande du monde… et de loin la plus belle. Ses rues abritent tant de pauvres hères, tant de démons en loques. Certains ne portent même plus le nom d'homme…
Eternelle mélodie nostalgique…
Konoha est la plus merveilleuse cité du monde, si lumineuse et obscure à la fois, si séduisante pour les hommes en quête de fortune et de prospérité, si tentatrice devant les pauvres diables assoiffés de sang et de liberté… elle est pourrie jusqu'à la moelle, jusqu'au fin fond de ses fondations, son chant millénaire éveille les jeunes cœurs à des péchés nouveaux et garde captives les âmes de ses enfants.
Une voix des plus envoûtantes…
Le métal froid de la culasse, sous mes doigts, éveille chacun de mes sens et fait bouillir mon sang dans mes veines. Cela fait longtemps, si longtemps que je n'ai eu à effleurer ce métal tant aimé… j'en avais presque oublié la douceur, le rutilement délicat. La présence d'un ange à mes côtés avait effacé la brûlure presque douloureuse de ma gorge… avant qu'elle ne se ranime, plus vive encore.
Rester tapi dans l'obscurité, des heures durant. Invisible. Attendre patiemment que ma proie vienne se jeter entre mes griffes et l'entendre pousser son dernier cri. Sentir le parfum douceâtre de son sang porté par le vent, avec son dernier souffle…
Furtif, je passe, tel une ombre, dans les rues assombries. Des femmes et des filles, tous âges confondus, stagnent près des feux tricolores, sous les lampadaires et les porches, peu couvertes, lorgnant chaque mâle passant à leur portée. C'est le secteur latin, leurs peaux basanées font ressortir, dans la semi-pénombre, les couleurs de leurs légers vêtements provocants et de leurs maquillages pailletés.
Je connais l'emploi du temps de ma victime par cœur, je connais ses loisirs favoris.
Son loisir favori.
Je sais qu'il viendra, ce soir. Il n'a pas encore fait de victimes, dans ce quartier. Il n'en fera plus, à partir de cette nuit. Ce n'est pas un serment, ni une promesse. Je ne le fais pas vraiment pour sauver ses potentielles victimes, ni par pure bonté d'âme. Ce n'est qu'un travail. Je le fais pour ma satisfaction personnelle…
Il ne me faut attendre que peu de temps avant qu'elle n'apparaisse. Ma proie. Accostant une jeune femme, il l'entraîne dans une ruelle sordide, plus loin. Sans lumière, sans personne pour le voir commettre son méfait...
Objectivement, elle est belle. Assez grande, métisse, de longs cheveux noirs et lisses caressant sa chute de reins. Un peu trop fine pour se nourrir correctement, peut-être… mais je serais bien mal placé pour y redire quoi que ce soit. Depuis le toit, je peux voir l'éclat électrique de ses yeux bleus. Cela me fait mal.
Elle me fait penser à Lui…
Elle parle avec animation, sa voix chaleureuse coulant dans l'obscurité, et l'homme lui répond plaisamment. Se doute t-elle de ce qu'il risque d'advenir d'elle ? Possible. Elle sait pertinemment que la vie qu'elle mène a ses dangers, mais elle le fait quand même. Nécessité fait loi…
Nous le savons tous les deux.
Une fois que l'homme se sait à l'abri des regards et hors de portée de voix des passants, il la plaque contre le mur, lui tordant le poignet, la démence pure transparaissant dans ses traits. Il murmure à son oreille un chapelet d'injures salaces, décrivant avec précision ce qu'il compte lui faire.
Les regards terrifiés de ses victimes lui donnent du plaisir, il profite d'elles, les abuse, puis les assassine sans état d'âme.
Je ne vous mentirais pas. Je hais ce genre d'hommes. Si je suis un démon… que sont-ils alors ?
Relevant son visage sur celui de la jeune femme, il sursaute, surpris, perdant toute couleur, toute joie malsaine. Nulle terreur dans ce regard électrique, nulle supplication. Un sourire mauvais étire ses lèvres gourmandes, seule la haine et le mépris émanent de cette femme. Relevant ses yeux dans ma direction, elle éclate d'un rire moqueur, puis se penche à l'oreille de son bourreau, murmurant sensuellement :
-Tu aurais dû y réfléchir à deux fois, avant de t'en prendre aux enfants de Konoha…
Le coup part. L'explosion tinte clairement dans la nuit, des oiseaux s'envolent, affolés. J'atterris souplement derrière l'homme, qui se retourne. Ce n'est plus la démence qui déforme son visage, mais la stupeur, tout d'abord. Puis la peur.
A mon tour de me délecter des frayeurs de ma proie…
Lentement, comme un film passé au ralenti, son corps s'effondre lourdement. Une flaque sombre s'étend sur le pavé.
La jeune femme me sourit doucement. Elle n'a pas peur de moi, chose étrange. Une autre, dans une autre ville, se serait enfuie en hurlant… mais pas elle. Pas ici. Il faut vivre dans les rues de Konoha pour réagir ainsi.
-Aviez-vous remarqué que ce genre de charlots manquent tous cruellement d'originalité ? demande t-elle en riant.
Je souris à mon tour. La haine et le mépris ont déserté ses prunelles bleues, elles pétillent de malice. Je crois que je l'aime bien…
-Vous n'y goûtez pas ?
-Son parfum n'est pas des plus alléchants, et j'ai un palais délicat. Je me contenterais d'un whisky, ce soir…
Elle éclate de rire. Ma gorge me brûle atrocement, à vrai dire, mais… je ne tiens pas à être malade. Je trouverais quelque chose de plus ragoûtant avant que ma soif ne devienne intenable…
-Comment vous appelle t-on ?
-Hawk.
-L'épervier, hein… moi, c'est Karin. Si je peux vous rendre un service, quel qu'il soit, à l'avenir, vous savez où me trouver… et si vous avez trop soif et que vous ne trouvez pas de proie, je veux bien me dévouer pour vos beaux yeux. Je ne me laisse mordre que par les beaux garçons, vous savez…
-Ne me tentez pas…
-Ce ne sont pas des paroles en l'air. Vous avez les cernes d'un prédateur qui n'a pas chassé de proie convenable depuis des lustres. Si vous ne me tuez pas, je vous promets de vous emmener dans un bar qui sert les meilleurs alcools de la ville…
Son sourire mutin me convainc tout autant que sa main tendue. Sur son bras, je remarque quelques cicatrices m'indiquant que ce n'est en effet pas la première fois qu'elle se propose à une telle chose.
-Viens, Epervier. Je te dois bien ça…
Caressant son poignet de mes lèvres, je m'applique à y mordre doucement, pour qu'elle n'ait pas trop mal. Ce serait bien la première fois qu'une femme se propose à moi de telle manière…
Elle respire calmement, son visage reste serein et souriant. Comme si c'était une habitude. Son sang et chaud, son arôme agréable. Un arrière-goût de cannelle…
Je ne sais combien de temps s'écoule. Quelques minutes, tout au plus. Lorsque mes crocs se décrochent de son bras, elle chancelle un peu, mais tient ferme. Ma gorge ne me fait plus souffrir, ma vue s'éclaire comme si un brouillard venait de se lever. Elle me sourit, je lui réponds par un regard reconnaissant.
Ses iris brillent dans le noir, si bleues…
-N'oublies pas, tu m'as promis un verre, Epervier !
Elle me fait rire. J'avais oublié comment rire, avant de rencontrer mon ange…
-Tu m'as promis de me montrer le meilleur bar de la ville, répliquais-je alors, hilare.
S'emparant de ma main, elle me traîne à sa suite en direction des avenues plus éclairées, puis bifurque vers une rue déserte. Là, elle me fait descendre un escalier de cave, puis parcourir les sous-sols de la ville. Nous croisons quelques échoppes étranges, des hommes à l'air patibulaire se promènent comme s'il était tout à fait normal de se balader dans les égouts d'une ville. Une femme en tailleur rouge achète des cigares à un vieux clochard dont la chemise immaculée cachée sous le vieux manteau usé et la Rolex au poignet dément l'authenticité.
Enfin, une lourde porte de bois marquée d'un aigle doré, cachée des lueurs des néons multicolores s'ouvre devant moi, dévoilant un bar chaleureux, aux vieux murs de pierre nue parés de tableaux bariolés représentant la vie nocturne de plusieurs villes de par le monde et les clairs de lune ensanglantés de Konoha. Des tables disséminées dans toute la pièce accueillent toutes sortes d'oiseaux de nuit discutant avec animation autour d'un verre et jouant aux cartes ou aux dés.
Dédaignant les banquettes de velours à l'allure confortable, bien qu'usées par l'âge et les passages, Karin file droit vers le comptoir et ses quelques habitués. Derrière le comptoir siège un homme d'environs une vingtaine d'années, peut-être un peu plus. Une chemise blanche aux manches relevées jusqu'aux coudes, un bandana noir à têtes de morts retenant un nid de cheveux sombres hérissés sur le sommet de son crâne… il ne doit pas sortir souvent, sa peau pâle tranche avec la pénombre ambiante, malgré laquelle il porte des lunettes noires, impénétrables. Un bel homme, ma foi…
Il discute avec un jeune homme très énervé, à l'aspect hirsute, aux cheveux et aux yeux bruns flamboyants, sur lesquels trônent deux cicatrices de griffures, naissant aux sourcils, vivant sur l'œil et mourant sur les joues. Aux pieds de celui-ci repose une espèce d'énorme chien roux et blanc, lapant ce que je prends d'abord pour de l'eau dans un bol. Lorsque je m'approche du comptoir, ce chien lève sur moi un regard curieux, puis se tourne vers son maître, comme pour lui dire quelque chose.
Le maître en question pose ses yeux couturés sur moi, puis sur les bosses formées par mes armes et leur holster, sous ma veste, finissant son inspection par un reniflement discret. Je dois sentir la mort à plein nez…
-Tiens donc, Karin… que Diable fabriques-tu avec notre Epervier national ? demande l'homme derrière le bar.
-Le malade qui s'attaquait aux filles dans le quartier de Kiri et de Kumo s'en est pris à moi… il m'a sauvé, dit-elle simplement dans un sourire. Il ne s'en prendra plus à personne, maintenant…
-Oh… dans ce cas j'imagine que nous nous devons de te remercier, Hawk. Que deviendrions-nous sans notre chère Karin ? Je commençais à désespérer que tu viennes nous voir, dis-moi… cela fait si longtemps, à présent, que tu es revenu ici…
-Comment savez-vous qui je suis ? demandais-je tranquillement en m'asseyant sur un haut tabouret.
L'autre homme, qui ne doit pas être beaucoup plus âgé que moi, et son chien éclatent de rire. Oui, le clébard aussi…
-Les nouvelles vont vite, que veux-tu… le retour de l'enfant prodige ne reste pas bien longtemps sous silence, même si tu t'es fait discret… et la charmante musique d'un Beretta M92F un soir de pleine lune, ça se remarque. Je t'offre un verre ?
-Kiba, tu as déjà du mal à payer ta propre consommation… soupire le barman.
-Je vois que vous savez parfaitement qui je suis… la plus élémentaire politesse voudrait que vous vous présentasse à votre tour, n'est-ce pas ? demandais-je plaisamment. Et je ne dirais pas non à un bon whisky…
Un éclat féroce passe furtivement dans le regard du dénommé Kiba.
-Pour un tueur froid et insensible, assoiffé de sang et sans foi ni lois ni scrupules, je te trouve bien sympathique… on m'appelle Wolfang, pour te servir… et voici mon loup, Akamaru.
Observant plus attentivement la bête, je remarque qu'en effet, il s'agit bien là d'un monstrueux loups blanc tâché de rouge. Intéressant.
-Seriez-vous l'un de ces tueurs sauvages et bestiaux, assoiffés de sang, sans foi ni lois ni scrupules ? demandais-je, mon regard se perdant dans le liquide ambré de mon verre tout juste servi.
Il éclate à nouveau de rire.
-Je t'aime bien, l'Epervier. On dit de toi que tu es un excellent tireur, je ne demande qu'à voir. Il faudrait que nous allions chasser ensemble, un soir ou l'autre… j'ai entendu dire qu'il t'arrivait d'utiliser moins de balles que tu ne fais de victimes.
-Les munitions coûtent cher, je marmonne en levant les yeux au ciel. Si je me mettais à tirer sur n'importe quoi, je serais vite ruiné…
-Nous sommes bien d'accord sur ce point… c'est pourquoi j'ai opté pour les lames, et les crocs, bien sûr…
Dans un sourire étincelant, il me laisse l'occasion de mesurer de l'œil ses canines, d'une longueur qui en effraierait plus d'un. Mais je ne suis pas facilement impressionnable, il faut croire…
-Mais Akamaru est sans conteste la meilleure de toutes mes armes… continue t-il en flattant l'animal, qui semble ronronner de plaisir.
-Qui eut crû que je rencontrerais le légendaire Croc du Loup dès ma première virée en ville ? J'imagine que je dois me considérer comme un chanceux parmi les mortels…
-Exactement, mais passons… s'exclame t-il avec force modestie, hilare. Disons que je suis moi-même honoré de faire la connaissance d'un enfant prodige de retour au pays, Hawk. J'ai hâte de voir quel duo nous formerions, toi et moi… tu m'as mis de bonne humeur. Shino ! Je vais manger un morceau, je reviens…
-Trouves-toi plutôt une fille qui puisse te supporter, et emménage chez elle, par la même occasion. Mon bar n'est pas un hôtel pour clébards ! ronchonne le patron.
L'homme-loup vide son verre d'une traite, puis prend la porte, hilare, son loup sur les talons. Wolfang… le légendaire chien de garde de l'Impératrice du Tonnerre qui aime tout dévaster sur son passage et ne laisser que ruines fumantes derrière lui… oui, je me demande, moi aussi, ce que donnerait un duo de choc entre lui et moi…
Les murs se retrouveraient repeints d'écarlate, sans doute. Des larmes de terreur couleraient sur les joues de nos proies, salies par le sang de leurs amis. La ville tremblerait deux fois plus encore devant l'association du démon vengeur et de ce monstre assoiffé de sang…
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