La Mère Inquisitrice devenue Reine
7 mois plus tard (1 an depuis la séparation)
La première année de cohabitation venait de s'achever. Kahlan devait absolument discuter avec Rahl de l'avenir de leur pays et de leur peuple. Elle le prit donc à part.
-Rahl, je crois que si nous voulons que cette union forcée fonctionne, il faudra me laisser faire mon travail de Reine.
-Qu'entendez-vous par là Amnell?
-Le peuple n'a plus confiance en vous et il se questionne sur ma présence en ces lieux et les raisons de notre mariage. Ils n'y comprennent rien. De plus, il se meurt. L'économie et la sécurité du royaume se sont écroulées. Il faut reprendre les rênes. Pour cela, vous devez me laisser siéger au conseil, assister aux réunions des conseillers et émettre des opinions. Votre façon de diriger nos terres doit changer, si vous voulez remettre ce pays sur pieds.
-Très bien, mais je vous averti ne faites pas de bêtises, répondit-il frustré.
Kahlan fut surprise qu'il accepte sans plus d'arguments. Cependant, elle hocha la tête heureuse de pouvoir changer pour le mieux ce coin du monde. Après tout, elle dirigeait déjà les Contrées du Milieu et après son escapade à Aydindril, entourée d'une horde de soldats d'Harans, tout était rentré dans l'ordre. Kahlan ne voyait pas pourquoi elle ne réussirait pas ici également.
Le jour suivant, la Mère Inquisitrice entra dans la salle de réunions avec le Seigneur Rahl. Tous les conseillers se levèrent mais furent étonnés d'apprendre que dorénavant la Reine Amnell participerait aux discussions. Jamais auparavant une reine ou simplement une femme y avait assisté. Darken prit place au bout de la table et Kahlan occupa l'autre bout, jusqu'alors inoccupé. Elle étala quelques parchemins devant elle et farfouilla un peu dans les documents qu'elle avait préparés pour cette réunion. La main du conseiller à sa gauche interrompit cette activité. Apparemment, il n'appréciait guère sa présence, ni le dérangement qu'elle causait.
-Veuillez retirer votre main, demanda poliment Kahlan.
L'homme n'obéit pas.
-Retirer immédiatement votre main, ordonna-t-elle alors.
Comme il ne bougeait toujours pas et la fixait dans les yeux comme pour la défier, Kahlan décida de sortir l'une de ses dagues. Elle la pointa sur la gorge de l'homme. Visiblement, le conseiller ne se sentait pas menacé. Rahl et les autres regardèrent la scène se dérouler sans y prendre part. Alors d'un geste rapide et précis, Kahlan retira son arme et brisa trois os de la main avec le pommeau de la dague. L'effet fut immédiat. Le conseiller retira sa main et cria. Kahlan planta sa dague dans le bois de la table et regarda avec défi chaque homme présent. Lorsque ses yeux s'arrêtèrent sur son époux, elle vit qu'il souriait malicieusement. Il était fier d'elle. Étonnamment, elle le prit comme un compliment. Rahl pensa à cet instant qu'il avait bien choisi son épouse et que, comme il le savait, elle était digne de d'Hara.
Malgré toutes les monstruosités et les horreurs qu'avaient faites Rahl, Kahlan dû se rendre à l'évidence. Cet homme souffrait pour son peuple et voulait réellement son bien, il avait certes une très mauvaise façon de le démontrer, mais la volonté y était. Depuis qu'il lui avait permis de faire partie du Conseil, les choses s'amélioraient nettement plus vite à d'Hara.
