Disclamer : Tous les personnages appartiennent à S. Meyer

De nouveau :AVERTISSEMENT : les scènes peuvent heurter la sensibilité de certains.

Ce chapitre est le premier POV de Bella. Je vous embarque plus loin dans l'horreur et la violence. Abstenez vous de lire ce chapitre si les précédents chapitres vous ont déjà heurter.

Merci pour les reviews qui me rassurent vraiment : j'ai toujours super peur avent de poster un chapitre de cette fic qui est à la fois un plaisir et une douleur à écrire. Donc votre soutien m'est indispensable : MERC.

Voilà : bonne lecture à tous

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Les temps ont changé.

L'histoire de l'humanité a basculé.

Et j'embrasse aujourd'hui le destin que j'avais crains.

Je m'appelle Bella, et je suis humaine.

J'ai grandi avec d'autres vivants, sous terre et l'obscurité avait fini par me convaincre qu'elle nous protégeait… Jusqu'à ce jour : ils nous avaient traqués, poussés vers la lumière du jour en inondant nos galeries de gaz. Certains d'entre nous ont préféré mourir de suffocation plutôt que de se rendre. D'autres ont tenté de se battre : ils les ont tués. Nous n'étions plus qu'une petite poignée entre leurs mains, trop faibles pour se suicider maintenant, trop naïfs pour croire que c'était la fin. Les sangs froids étaient excités de leurs prises, ils nous ont séparés en petits groupes, puis, nous ont attachés les uns aux autres. Je partageai ma cordée avec Sue, la compagne de mon père, Jess une amie, quelques enfants de la tribu aussi, et Jacob … Nous nous connaissions tous au sein de notre village troglodyte. Jacob suscitait l'intérêt bien plus que n'importe lequel d'entre nous. Nos traqueurs lui tournaient autour comme des vautours le feraient sur un cadavre. Ils l'avaient visiblement rué de coups, et le pauvre tenait à peine debout à présent. Dans la communauté, nous comptions quelques loups garous, leur rôle premier était de nous défendre contre les vampires ; alors c'est naturellement que la meute s'était battue… Et un seul s'en était sorti vivant : Jacob, mon ami, mon frère, mon compagnon. Je lisais dans son regard qu'il aurait préféré laisser la vie dans cette bataille. J'ai cherché mon père des yeux mais ne l'ai pas trouvé. Je sais à présent que jamais je ne le reverrai.

J'avais été vendue à un sang froid très puissant : Aro. Une grande vente aux enchères avait été organisée pour l'occasion. Il y avait énormément de vampires qui se portaient acquéreurs de nous autres : les sauvages, comme ils aimaient nous appeler. J'avais vu le reste de ma tribu partir un à un, mais tous étaient restés dignes, jusqu'à la fin. Les enfants ne comprenaient évidemment pas ce qu'il leurs arrivaient, et je me surpris à me dire que c'était bien ainsi. Ma haine et mon chagrin était tels qu'ils m'assaillaient de torpeur. Jacob avait été le fruit d'une convoitise insensée. Un homme loup valait beaucoup, surtout lorsqu'il était sauvage. Depuis toujours, nous avions été ensemble, gamins, puis adolescents : nous nous étions promis il y a longtemps une dévotion réciproque. Un sang froid blond l'avait remporté après des enchères acharnées… Lorsqu'il m'avait lâché la main, nos regards s'étaient transmis nos adieux. Ca avait été bien plus douloureux que tout ce que nous avions vécu jusqu'alors. Ce soir là, j'avais définitivement perdu toute mon humanité. J'avais prié de toutes mes forces pour que le monstre qui m'avait acheté me tue vite. Mais j'avais compris très vite qu'il ne me destinait pas à la mort… Pour le moment.

Un long travail de déshumanisation avait été pratiqué sur ma personne. Au début, bien sur, j'avais tenté de me battre, puis de me tuer mais chaque fois l'échec avait été cuisant et douloureux. Ils me réanimaient encore et encore. Au bout de quelques semaines j'avais compris que ma vie leur appartenait, et à présent, je ne vivais plus que pour l'espoir d'une mort prochaine. Lorsque mes geôliers avaient estimé que j'étais assez sage, ils m'avaient fait sortir de mon cachot. Des femmes s'étaient occupées de moi, m'avait lavée, peignée, mise en beauté. Je compris qu'Aro était leur roi, tout puissant : je n'aurais pas pu tomber sur pire propriétaire. J'ignorai encore ce qu'il attendait de moi, mais pendant que les femmes au sang froid s'acharnaient sur mes cheveux, j'espérai que ces heures étaient mes dernières. Elles me préparaient pour lui.

C'est sans peur que j'attendais le funeste souverain de ce monde dans la grande pièce où on m'avait enfermé. J'étais loin, très loin du décor sombre et rocailleux des grottes où j'avais grandi. Tout dans cette salle était un étalage de luxe. Mon maitre arriva enfin.

Aro pénétra dans la pièce dans un silence absolu. Grand, fier, droit et ténébreux, son entrée donnait une impression flagrante de mystère et d'expérience. Les cheveux noirs, les yeux rouge sang, le sourire en coin, son charisme n'avait d'égal que l'horreur qu'il m'inspirait.

« Et bien, petite sauvage, on pourra dire que tu m'auras donné beaucoup de mal à te garder en vie.. »

Il s'approcha de moi et je ne pus contenir un frisson. Cette réaction le fit sourire : je compris que l'odeur de la peur l'excitait. Si cela suffisait à ce qu'il me tue vite, je saurai en abuser.

« Mais te voilà sage maintenant et toute disposée à me distraire… »

Dans un geste tellement vif que je ne le vis pas venir, il m'arrache la tunique en soie dont on m'avait revêtue. J'étais à présent nue, sous le regard du monstre.

« J'aime le gout de la rébellion : votre sang est métallique, un peu amer, plus épicé… En temps normal, tu m'aurais servie de diner. »

Je réalisai que je n'étais pas là pour mourir, pas encore tout du moins. Le désespoir me submergea : Aro voulait jouer avec moi. Je sentis une main caresser mon dos, remontant ma colonne vertébrale. Assaillie par la terreur, je ne pouvais plus bouger. Il riait.

« Mais il se trouve que tu as quelque chose de spécial… Je l'ai compris le soir même où je t'ai achetée. »

Il faisait descendre ses mains le long de mon cou, de mes épaules puis longea mes bras. J'eus la chair de poule. Ca l'amusa.

« Ton esprit est aussi rebelle que ton être… Je n'entends rien quand je te touche. Et cette particularité m'est agréable… C'est tellement épuisant de ne pouvoir toucher quelqu'un sans en entendre les murmures de ses pensées… »

Ses mains se hissèrent jusqu'au sommet de mes seins. Ses doigts dessinaient les courbes de ma poitrine. Mes tétons s'étaient automatiquement raidis à ce contact glacial.

« Je vais pouvoir te baiser en silence : juste tes cris et ma jouissance… »

Ainsi Aro voulait faire de moi un jouet. Je serai son esclave sexuelle, son bout de chaire chaude et vivante dans laquelle il déposerait sa semence, encore et encore. Il m'avait déjà pris mon humanité, ma vie au sens littérale, il voulait mon corps à présent. Alors je fus prise d'un élan violent de fuite. Qu'il me tue s'il le voulait… je ne le laisserai pas me prendre. Je me retournai, lui faisant face et voulus le frapper de toutes mes forces. Mais sa vitesse et sa force à lui eurent raison de mes pauvres capacités humaines. Il me saisit les mains en plein vol, me jeta à terre et se hissa au dessus de moi.

« J'aime que tu me résistes… On cède trop vite à mes caprices dans ce monde… »

Son corps pressé contre le mien, je pouvais sentir son sexe tendu contre ma cuisse. Da robe de chambre s''étai ouverte et sa peau froide recouvrait la mienne. Il me plaqua les mains au sol et faisait courir son souffle froid le long de ma mâchoire. Je sentis des larmes perler au coin de mes yeux, derniers vestiges de mon humanité.

« Nous voilà face à un dilemme –reprit-il d'une voix rauque- comment puis-je gouter ton nectar intime si je suis contraint de te tenir les mains ? »

Dans un geste de folie, j'enfonçai mon genou dans ses testicules. Il se relava, et l'espace d'un instant, j'eus la naïveté de croire que le coup lui avait fait de l'effet. Il ria soudainement puis me frappa et je crus que ma tête allait se détacher de mon corps. J'étais semi inconsciente lorsque ses doigts commencèrent à jouer dans les plis de mon sexe. Lorsqu'il les estima assez humides, il les porta à sa bouche ;

« Ce que tu es bonne …»

Ses pupilles s'allumèrent d'une lueur de folie. Je compris que ses intentions venaient de changer. Son regard se vrilla sur la coupure qu'il avait infligé à ma joue en me frappant. La chaleur liquide qu'il en émanait me fit comprendre que je saignai. Dans un mouvement imperceptible, il remonta vers mon visage. Ses yeux étaient toujours vrillés sur ma blessure. Sa langue, gelée, entra en contact avec ma peau et je compris qu'enfin ma délivrance était arrivée. Avec une rapidité déconcertante il me transperça la peau de ses dents, sur le flanc de mon sein gauche. Tout en aspirant ma vie, il continuait de pénétrer mon intimité de ses doigts froids.

Je revis le sourire de mon père Charlie, le regard aimant de Sue, éclairé par les bougies de ma grotte. Je me revoyais courir à travers les dédales de nos galeries tentant vainement de rattraper Jacob. Le gout des repas de veillée partagés avec ma tribu, l'odeur du potager l'été, dans la seule grotte laissant s'infiltrer la lumière du jour, la chaleur de la source d'eau ferrugineuse, la texture des pages des livres de la bibliothèque, la puissance des bras de Jacob, son regard empli d'amour, ses lèvres charnues et si douces… Je sombrai.

La mort… enfin.

Et malheureusement, le lendemain, je me réveillai, toujours aussi vivante que la veille.

Des mois avaient passés depuis ce soir là et Aro m'avait élevée au rang de « nectar royal ». J'étais pour lui comme une bouteille de Pétrus de 1947… Je ne subissai plus ses ardeurs sexuelles mais mon sang était servi aux invité s de marques, voire de temps à lui seul. J'avais appris qu'Aro en goutant mon sang l'avait tellement apprécié, qu'il avait entrepris d'aspirer le venin qu'il venait de répandre dans mes veines afin de ma garder en vie. C'est d'ailleurs ce qu'il s'acharnait à faire depuis mon arrivée dans son château : me garder en vie.

Des mois durant, j'avais été réduite à l'état de fantôme. Je n'avais plus aucun but dans ma vie, plus aucun espoir. On ne m'autorisait même pas à mourir.

Puis un soir, quelque chose changea en moi… définitivement.

On me prépara afin que je sois servie à des invités prestigieux. Comme d'habitude, je pris place sur le long plateau en or, derrière le paravent qui séparait les « plats » de la table. Les serviteurs d'Aro plaçaient mes membres de façon à ce que ma posture soit alléchante pour les sangs froids qui dinaient à la table de leur souverain. Mon esprit bien que vide, ne pouvait s'empêcher de tendre l'oreille sur les conversations. Et c'est ainsi que j'eus la surprise d'entendre :

« Alice est folle de son homme loup… Elle passe des heures en sa compagnie. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle elle ne s'est pas jointe à nous… Veuillez l'excuser mais elle ne résout pas à le laisser seul.

- Oh cette Alice, elle ne changera jamais… Sa passion des consciences est déconcertante.. Elle élève des bêtes au rang d'êtres pensants. Je suis certain qu'elle lui a donné un nom …

- A vrai dire, elle lui a demandé son prénom

- Et comment s'appelle son nouveau compagnon à poil ?

- Jacob, Jacob Black. »

L'ensemble de la table avait rit. Moi, j'étais sidérée. Jacob était encore vivant ? Un espoir fou me submergea alors. Le fait de le savoir en vie me galvanisa d'un sentiment nouveau. Je devais le revoir, je devais tenir jusqu'à ce qu'Aro rende visite à ses amis. Il le ferait forcément un jour. Il était trop curieux des fantaisies de ses amis, il irait forcément chez cette Alice, ou alors, il l'inviterait avec son loup… et peut être serais-je servie à table, et peut être aurais-je le plaisir de revoir les doux yeux de mon amour perdu… J'étais tellement perdue dans mes pensées, que je vis à peine les cadavres ensanglantés revenir sur les plateaux derrière le paravent. Bientôt, mon tour arriva.

Je connaissais l'horreur qui m'attendait mais j'y étais à présent habituée. J'avais réussi à me construire, au fil des diners, un rempart inexpugnable entre le monde et moi. Je jalousais mes souvenirs et les protégeait de l'agression dont je m 'apprêtais à être victime. J'ignorai les regards vrillés sur moi. Aro était toujours très fier de me « présenter » à ses convives, mais ce soir là, sa voix révélait un orgueil plus puissant que d'habitude :

« Et bien... Edward : comme tu peux le voir, je suis très fier de ma dernière acquisition. Mais il me semble que je te l'ai prise sous ton nez… Alors permets-moi au moins de te la faire gouter. »

Aro semblait s'amuser en narguant un de ses convives que je m''interdisai de regarder. Les ordres, à ce propos, étaient clairs : je devais rester figée dans une position qu'on m'avait donnée. Mes yeux devaient contempler le vide. Je n'étais plus qu'un objet d'art exposé au public. Aro invita le mystérieux vampire à s'approcher. Jamais jusqu'alors Aro n'avait permis à un des siens de se tenir aussi près de moi. D'après ce que j'avais compris, l'odeur de mon sang était puissamment alléchante et la proximité aurait mis en danger ma vie, à laquelle Aro tenait pas dessus tout. A présent mes yeux étaient à la même hauteur que ceux du vampire qui avait apparemment aussi voulu m'acheter. Son regard était indéchiffrable et animé d'une lueur d'incompréhension.

Aro posa sa main sur l'épaule de cet « Edward ». C'était bien la première fois que je le voyais adopté une posture aussi amicale avec quelqu'un.

« Pour tout te dire, cette fille avait pour vocation première de me distraire… Puis lorsqu'elle a enfin daigné se résigner à mes assauts, j'eus une envie incontrôlable de la boire. Or, son sang est si bon, vois-tu, que je ne pouvais me résoudre à la vider entièrement. Disons qu'aujourd'hui elle est le grand cru du roi »

L'assemblée était d'excellente humeur. Ils riaient à chaque jeu de mot de leur souverain. Un rire féminin cependant perçait le brouhaha général. C'était un rire cristallin, à gorge déployé. Je connaissais aujourd'hui suffisamment bien les réactions d'Aro pour comprendre que cette « femme » ne le laissait pas indifférent.

Aro finit par attraper ma main, et ainsi tendre mon bras vers lui. Quelques secondes plus tard, je sentis son instrument fétiche me percer la peau. J'étais habituée, à force … Je n'eus même pas une grimace, même pas un sanglot. J'étais définitivement résignée, même si ce soir, l'espoir de revoir Jacob ravivait mon humanité. Lorsque mon sang se répandit le long de mes doigts, l'assemblée frémit. Je savais que mon gout et mon odeur leur était une friandise rare. Alors Aro remplit les calices dorés les uns après les autres, et les serviteurs allèrent les offrir à chacun des invités. Comme à chaque fois, Aro nettoya le sang sur ma peau avec sa langue. Seul lui pouvait prétendre me toucher.

Puis, il porta un toast :

« Mes amis : appréciez ce nectar sauvage. »

Lorsque le vampire Edward porta son verre à ses lèvres, il n'avait toujours pas quitté mon regard. N'ayant pas le droit de laisser se promener mes yeux, je soutenais ses prunelles rouge vif. J'y lus un plaisir incommensurable, mêlé à une certaine douleur que je n'expliquais pas. Ce sang-froid était décidément bien étrange. Jamais aucun d'eux ne prenait la peine d'observer mes iris ainsi, comme s'il y cherchait des réponses.

Le vampire femelle au rire tonitruant s'extasia : « Oh ! Aro, cette fille est divine ! Je suis jalouse !

- Ma belle Tanya, ton plaisir m'est un honneur…

- Mon roi… Serait-ce trop vous demander de … »

Elle ne prit pas la peine de finir sa phrase : le roi avait acquiescé. La dite Tanya s'approcha de moi, bien plus près que ce qu'Aro n'avait jamais autorisé à d'autres, mais il semblerait que cette créature ait tout pouvoir sur lui. Elle commença à promener ses mains sur mon corps, frôlant mes chevilles, caressant mes mollets, épousant mes cuisses, survolant ma toison intime, jouant avec mon nombril. L'assemblée se tendit, en particulier Aro, très excité par le jeu de la vampire blonde. Elle me fit l'impression de se donner en spectacle, de nous donner en spectacle. Elle fit remonter son index au creux de mes abdominaux, puis empoigna mon sein droit, titillant son sommet de chaire rose. Elle m'obligea alors à tourner la tête vers elle. Ses yeux étaient des océans noirs et tumultueux. Puis, elle approcha sa bouche de la mienne, sembla se sonder quelques secondes et finit par y poser ses lèvres. Je ne pouvais plus bouger, tétanisée par la punition d'Aro si je venais à résister à cette femme. Bientôt elle entreprit de forcer ma bouche pour y passer sa langue froide. Je la laissai approfondir son funeste baiser. J'eus l'impression que cette torture dura des heures.

Soudainement, ses crocs transpercèrent la chaire de mes lèvres. Ma peur à cet instant fut telle qu'elle décupla mon besoin de revoir Jacob. Moi qui attendais depuis des mois ma mort, n'en voulais plus à cet instant. Un désir irrépressible de me battre pour revoir une seule fois, une dernière fois, une ultime fois, le visage de mon bien aimé naquit en moi. Le courage me submergea et j'y trouvai la force de repousser la vampire afin de me lever sur mes jambes tremblantes et de chercher en vain une fuite possible.

L'ensemble des monstres autour de la table rirent de ma réaction. Tanya semblait s'en délecter. J'ouvris naïvement une porte et deux gardes me tombèrent dessus.

« Allez me la ranger », ria Aro.

Alors je fus emmenée. Ce soir là je pris conscience qu'Aro ne m'avait pas totalement dépossédé de tout. Il me restait encore l'espoir de retrouver Jacob. Il me restait encore le rêve de fuir.

J'étais encore un peu humaine.

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Voilà : certains d'entre vous m'avaient demandé des chapitres plus longs : je vais essayer.

N'hésitez pas à laisser vos commentaires bons ou mauvais : et toujours : dites moi si je vais trop loin.

Merci.

Ashlaure