Et voilà nouveau chapitre again

Bonne lecture ^^


Le changement était par nature un fait angoissant. Alors que dire lorsqu'il concernait la vie dans son entièreté ? Tout simplement terrifiant. Pourtant Alexander se refusait à y songer en l'instant. Ils leurs suffisaient de marcher et d'espérer que l'ombre n'avait pas à leurs encontre d'intentions néfastes, à les emmener ainsi seul lui savait où. Il fallait seulement croire en la volonté d'El. Après tout, la situation ne pouvait être que de son fait. Si tel était le cas, tout irait à merveille, Etta y veillerait. Leur escapade n'était qu'une succession de virage et d' allé dans des ruelles étroites. Le gardien n'avait jamais foulé ces coins de la ville, aussi aurait il été bien incapable d'y retourner si besoin était. C'était peut être après tout l'objectif recherché. Entre la prudence et la paranoïa il n'y a parfois qu'une mince barrière. Le jeune homme doutait toutefois que ce soit ici le cas. Ils avaient trahit l'ordre lui et Max, on ne les laisseraient sans doute pas se dérober avec autant de facilité. A bien y réfléchir, leur fuite ne serait vraisemblablement pas perçut avant quelques heures. Il résultait toujours une certaine effervescence d'une exécution. Étrangement, cette fois cela leurs serviraient.

- « N'aie crainte gardien, fuir les tiens j'ai littéralement fait ça toute mon existence durant. »

Sa mine avait dut le trahir pourtant lui même n'avait pas perçut de changement notable dans son comportement. Un pouvoir des ombres qu'il méconnaissait ? Peu probable. Cet homme avait probablement dut observer avec une attention redoublée ses semblables pour survivre, c'était là un talent particulier pas une prédisposition. Lui même avait il des qualités équivalentes dut à sa vie passée? Il l'ignorait.

Max quand à lui dans un état d'hébétude avancé, ne faisait que suivre son frère. Ce dernier accélérait, il en faisait de même, il ralentissait, l'enfant copiait le rythme de son aîné. Celui-ci en était d'ailleurs bien aise.

Alexander craignait la suite, l'état second qui semblait animer son cadet le protégeait de la trop rude réalité. Kiara n'était plus et eux étaient des traîtres . Il gardait ses doigts noués autour du poignet de l'enfant, simplement par précaution. Il devait maintenir un contact physique pour garder les aptitudes du jeune apprenti sous contrôle.

Alexander ne voulait songer à sa réaction lorsque la vérité s'imposerait à nouveau à lui avec violence. Pour le moment, ils ne devaient que fuir, le reste aurait tout le temps d'être traité ultérieurement. À dire le vrai, le jeune homme ne voulait pas avoir à faire face à la peine de Max, il ne savait trop comment y réagir. Les gardiens lui avait enseigné le pragmatisme et la logique dans toute chose. Mais comment aider son frère à relativiser les décisions d'El face à ce qu'il ne manquerait pas de considérer comme la plus grande des injustices : le trépas de Kiara ? Le brun aurait aimé confier la tâche à un autre, mais il n'y avait que lui désormais. Il ne pouvait décemment lui dire que ce n'était là qu'un élément d'un dessein plus grand qui leur apparaîtrait au moment ou celui qu'ils priaient si souvent le jugerait opportun. Il aurait aimé avoir son éternel compère auprès de lui, Jace savait toujours que faire en pareille situation, quand lui avait plus de difficultés avec ce qui s'apparentait aux sentiments et émotions.

Il devrait apprendre, à vivre sans l'appuis de Jace, d'Izzie, des autres, c'était terrifiant mieux ne valait pas y songer. Que faisait Irimée, Kean ou Glenn ? C'était l'heure des taches quotidiennes. Kean afféré sur ses précieux vitraux donc, Glenn à l'entraînement ou à la bibliothèque et Irimée conversait elle avec Isabelle ? Et après que feraient-ils ? S'il s'interposait contre eux devrait il les affronter pour Max ? Cette idée le révulsait. Il avait toujours trouvé que l'adage qui voulait que tout moyen était bon à utiliser, tant que la finalité était pour le bien, n'était que fadaise que ce répétait ceux qui voulait alléger leur conscience. La sienne n'en avait jamais eu besoin, jusqu'à présent du moins. Jusqu'où irait il pour son frère ? Il n'avait guère de réponse à se fournir.


La route fut longue et le soulagement grand quand enfin ils furent arrivés. Raphaël les avait conduit à l'auberge du renard fureteur.(wink wink). Un des repères de la résistance. Fait tenu secret bien sur. Le caractère acerbe du maître des lieux Brise , retenait les plus téméraires de poser questions sur ses activités. À distance suffisante de Min'rhan, l'établissement offrait une sécurité toute relative. La bâtisse de l'extérieur semblait ne tenir sur ses fondations par l'intervention d'il ne savait qui, mais à l'intérieur bien que l'opulence ne soit pas de mise, la chaleur emplissant agréablement la boutique.

La route s'était déroulé avec une facilité appréciable. Ce ne serait sans doutes guère le cas demain. Demain les gardiens saurait. Demain ils chercheraient à trouver trace des leurs. Demain il faudrait être près à combattre ou à fuir. Ce jourd'hui il fallait seulement se reposer, se préparer à la suite. Les combats, Raphaël en était coutumier, dans l'ombre bien sur la plus part du temps. Il n'était qu'un bras armé, une lame qui frappait en silence.

Quand ils pénétrèrent tout trois dans la grande salle, aucun regard se détourna de son activité première. Il en allait ainsi ici, la discrétion était de mise, la bière était bonne et les serveuses réceptives aux flatteries. C'était là tout ce que cherchait l'engeance des lieux. Raphaël se sentait de nouveau chez lui.


Ils avaient échoué dans un véritable bouge. L'odeur de fumée, de poussière et de bière rance imprégnaient les murs. Les individus présent semblaient d'ailleurs tout aussi incrusté. Ils ne bougeait que bien peu des chaises rapiécées dans lesquels ils avaient élu domicile. Alexander songea d'ailleurs un instant à fuir, mais ses jambes l'en retinrent. Pour aller où ? Le secours tout relatif de cet ombre était tout ce qu'ils avaient à présent, Max et lui. Il fallait donc observer là où tout ça les mènerait en étant toutefois près à réagir face à tout danger potentiel. Il n'avait d'autre choix après tout. Sans mot dirent ils s'installèrent donc à la table qu'avait désigné leur guide. A peine arrivé furent ils les cibles des regards des individus déjà attablé. A dire vrai, Max particulièrement. C'était d'ailleurs à cet instant ,au choix tout à fait discutable, que l'enfant remis visiblement de son voyage, sembla se réveiller.

- «Alec où sommes nous, où est Kiara, pourquoi Jace n'est pas là ? Je veux Izzie. »

La panique le gagnait, faible euphémisme. La voix était plaintive, le ton bien plus aiguë qu'a l'accoutumée. L'enfant promenait son regard partout, sans s'accrocher nul part. Alexander se plaça devant Max, s'agenouillant à sa hauteur pour ancrer ses prunelles opales à celles d'émeraude.

- « Je sais, moi aussi. De quoi te souviens tu ? »

Il essayait de n'afficher que calme et sollicitude, en s'efforçant de ne prêter attention ni à l'endroit ni aux inconnus à portées de voix.

- « Kiara, elle... »

L'enfant étouffa un sanglot et son frère le blottit contre lui, le cajolant doucement.

- « Je suis désolé Max, mais tout ira bien, nous sommes en sécurité, tout va bien, je suis là, calme toi»

Une main rassurante ébouriffait la tignasse brune, tandis que le petit garçon enfouissait son visage sur l'épaule de son aîné sans que ses larmes ne cessent de couler. Max lui semblait si jeune, si vulnérable en cet instant. Ses résonnements étaient toujours élaborés, son caractère mature, semant parfois le doute sur son jeune âge, mais il n'était qu'un enfant ayant assisté à l'exécution de sa plus proche amie. Un instinct de protection enserra la gorge du gardien. Il se tourna vers l'ombre qui les avait menait ici, sans le trouver immédiatement. Après quelques instants, il le dénicha enfin planté sur la table de ses compères, qu'il semblait considérer comme un perchoir de choix. Les ombres étaient insaisissable par nature, c'était incroyablement irritant.

- « Max a besoin de repos, serait-il possible d'avoir une chambre ou .. »

- « à l'étage deuxième portes sur votre gauche, je la lui cède »

L'homme qui avait parlé n'avait jusqu'alors dit mot depuis leur arrivée. Brun de cheveux, des yeux mordorés, une peau halée par le soleil, un corps sculpté par l'exercice. Un pirate sans doutes, pourtant il y avait en sa personne quelque chose de presque familier pour Alexander. Il ne parvenait toutefois pas tout à fait à en déterminer la cause. Qu'importait il devait prendre soin de Max pour l'heure.

- « Je vous remercie »

Sans plus de cérémonies les deux gardiens montèrent les degrés.


- « Un gardien sérieusement ? »

Les yeux d'or lançaient des éclairs pourtant Raphaël n'en prenait pas ambages. Magnus feulait régulièrement, mais n'utilisait ses griffes que rarement et jamais sur lui. Enfin, jusqu'à aujourd'hui, mais Raphaël n'avait jusqu'alors jamais fait entrer dans leur précieux repère, un individu du clan ennemi. Mais était ce vraiment ce qu'était le gardien ? Il en doutait sérieusement.

- « Il ne l'est plus vraiment il me semble. Après tout ne mérite t'il pas davantage de ta considération ? Il a sauvé l'un des tiens d'une mort certaine. »

L'alchimiste lâcha un soupir d'irritation qui amusa ses compères présent.

- « Il a sauvé son frère pas un alchimiste, il y là une différence de poids »

Jubey argua sur Magnus un regard plein d'un soudain intérêt. Le jeune homme n'était à l'accoutumé pas si amer. En tant que second du navire le « Pragonor », il en avait vu défiler des matelots, mais à cette fine équipe là il s 'y était attaché au fil des saisons. Après tout, il était question des gardiens et les alchimistes en était leur plus étroits ennemis. À dire le vrai la rareté des êtres magique leur était en grande partit imputée. La réaction de Raphaël face au nouveau jeune homme l'interpellait également. Lui non plus n'était pas coutumier d'ainsi prêter secours à ceux qui faisait partit de ce que beaucoup considéreraient comme les cibles à abattre.

- « Baliverne. Peu importe son sang, tu ne peux exiger de les séparer. Tu aurais sa mort sur la conscience Magnus. Il a caché l'existence d'un alchimiste au gardien, l'a aidé à fuir, le trépas ne peut être pour lui que l'issu s'il retourne là bah. »

L'alchimiste savait que son comparse avait raison et c'était là ce qui l'irritait le plus. Raphaël s'exprimait peu d'ordinaire, en bon ombre qu'il était. Pourquoi donc fallait il qu'aujourd'hui soit différent ? Une fois n'étant pas coutume Magnus aurait aimé qu'il se taise. Particulièrement puisque ses arguments le touchait au cœur, ce qui lui aurait arraché de le reconnaître d'ailleurs. Les gardiens étaient des monstres sans âmes ni lois, qui exterminaient ceux différent d'eux même, lui ne voulait en rien leur être analogue. Même si pour cela il devait accueillir l'un des leur chez lui, sur son foyer, le Pragonor. Kelen leur ferait payer à n'en pas douter une bouche de plus à nourrir par divers corvées de son cru. Le capitaine était un trésor d'inventivité lorsqu'il s'agissait de punir ses troupes.

- « Personne ne l'oblige à y retourner, il peut fuir. Depuis quand défend tu les gardiens? Tu les hais avec autant de force que nous tous »

Il savait sa proposition impossible à honorer. Il n'y avait qu'un équipage pirate sur l'île et c'était le leur et le gardien seul ne pouvait prendre la mer. La réaction de Raphaël l'intriguait et il brûlait d'en connaître la raison.

- «C'est une île et seul il ne peut naviguer. Tu es d'une mauvaise fois digne de Brise»

L'intéressé souleva un vague sourcil à l'entente de la raillerie prononcé. Son caractère difficile n'était un secret pour personne, surtout pas pour lui même. Pareille remontrance ne lui était plus agaçant à entendre, il n'en avait cure. Particulièrement lorsque cela venait d'un être tel que Raphaël vraiment, c'était à son avis le guérisseur qui se moquait de la charité.

- «J'exècre toujours les gardiens dans leur ensemble, mais ils sont bien trop nombreux, pour que je les détestes individuellement. Celui là ne m'a rien fait et vu sa réaction face à l'alchimie de son frère, je pari pour un érudit. »

Magnus feula mais ne répondit mot, c'était inefficace quand son compère commençait à philosopher de la sorte, bientôt il leur dirait que les méchants n'était guère plus que les gentils du côté agaçant, c'était selon son humeur pour Magnus, criant de vérité ou de bêtise.


A l'abris dans l'étroit couloir Alexander écoutait ou plus exactement espionnait. Tel n'avait pas été son idée première, mais le dit Magnus, l'alchimiste qu'il avait plus tôt pris pour un pirate et Raphaël l'ombre qui leur avaient porté secours, se querellaient, rien de plus naturel donc que d'écouter.

Un sentiment désagréable lui picota la nuque, vaillamment le gardien fit volte face pour tomber sur le colosse du nom de Brise, le maître des lieux s'il s'en référait à ce qu'il avait compris du moins.

- «Tu fouines jeune homme? Fais donc pas cette tête je sais bien que c'est pas le cas va, c'était une blague. Jamais personne comprend mon humour t'façon. Et te fais donc pas trop de mourrons pour Magnus, il grogne beaucoup, mais il mord pas. Quoi que avec ta jolie figure, peut être bien qu'il fera une exception pour toi, si tu lui demande gentiment»

Les joues du jeune homme se parèrent de rouge sous le rire gras du géant. Il encouragea d'ailleurs le gardien à rentrer dans la pièce d'une tape vigoureuse dans le dos qui manqua de le faire choir

- «Il osait pas vous rejoindre c'est pas bien de décourager les p'tits nouveaux, faut l'en empêcher ein Jubey. T'es l'aîné tu dois te montrer responsable »

- «Je suis responsable de ma vieille carcasse et c'est déjà suffisant crois moi, sans qu'en plus il me faille gérer ses marauds »

- «Faut le ramener sur l'eau les jeunes, il devient bougon quand il est sur la terre trop longtemps»

Magnus ne prêta guère la moindre attention aux jérémiades de ses aînés, son regard braqué sur le gardien. Il ne pouvait lui faire confiance, il en était certain, il avait été élevé avec leurs préceptes, il devait sans doute ne respirer que la logique, le pragmatisme, rien d'autres. Pas là place à l'affection ou à la bonté d'âme. Il n'y avait ni l'un ni l'autre à Min'Rahn.


Paradoxalement la haine affichée de Magnus à son encontre donnait à Alexander une soudaine envie de naviguer avec eux. Esprit de contradiction oblige, cet alchimiste s'octroyait le droit de décider pour lui de son futur, aussi irait il soigneusement contre. Le jeune avait tourné le dos aux gardiens et pour la première fois peut être il était désormais en mesure de faire un choix. C'était donc cela la liberté.

- «Je vous laisse, je m'en vais profiter de la chambre généreusement mise à disposition par l'alchimiste. Ombre, j'ai nom Alexander, je vous suis sincèrement grès de l'aide que vous nous avez apporté à moi et à mon jeune frère et n'aurais de cesse que d'agir pour honorer cette dette»

C'était là une formule rituelle, mais cela ne l'empêchait pas d'être sincère.

- «Je me nomme Raphaël, qu'El puisse vous guider en ce sens bien que de dette, il n'y a nullement »

La réponse de circonstance, ce qui étonna positivement Alexander peut était ceux qui connaissait avec autant de précision les us et coutumes des gardiens.


Et voilà pour ce chapitre en espérant que la lecture fut bonne ^^

Prochain chapitre donc premier pas sur le Pragonor pour Alec et Max et rencontre avec l'équipage mouah ah ah