Bonjour à tous !

Voici le chapitre 3 de "Que sa Justice soit faite !"

C'est un chapitre un peu spécial dans lequel je présenterai un peu plus le personnage d'Elef (Ciel qu'il va me donner du fil retordre ! -.-")

Enfin, j'espère qu'il vous plaira ! Bonne lecture !


Chapitre 3

Au secours d'un ami cher


Les Enfers… Un lieu où rien ne vit… Où aucune lumière ne brille… A la limite de leurs destins, la Mort vient recueillir les hommes dans ses bras glacés, les invitant à un voyage sans retour à travers les ténèbres.

Alors que la Guerre Sainte faisait rage, de valeureux chevaliers d'Athéna combattaient le Mal en ce moment même dans le palais d'Hadès, Giudecca. L'avenir du monde reposait sur les chevaliers de l'espoir mais l'un d'entre eux, frappé par l'infortune, vint rejoindre la longue file des âmes damnés…

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- Hé toi ! Reste dans le rang ! lança un des spectres d'Hadès qui gardait l'entrée de la Première Maison et qui surveillait les défunts en attente de procès.

Il poussa violemment un homme dans la ligne que formaient les morts. Orphée, qui avait fini parmi eux, vaincu par le spectre la Wyvern, serra les poings en assistant au spectacle. Les âmes étaient terrifiées et sanglotaient, l'attente était longue puisque plus aucun juge n'officiait et pour cause, Seiya et Shun avait terrassé l'intérimaire du véritable juge, Minos, qui lui œuvrait à la surface.

La file avança un peu, Orphée fit également un pas en baissant la tête, résigné. Il était condamné de toute façon… Autant accepter son destin. Il n'avait pas pu aider comme il l'avait voulu Seiya et Shun… Un jour, alors qu'il tenait compagnie à Eurydice, il avait pensé à se donner la mort, afin de rester près d'elle. Mais, il était un chevaliers d'Athéna, ce comportement était proscrit. Tout comme avoir une attache affective telle qu'une jeune fiancée. C'est en partie pour cette raison qu'Orphée était considéré comme un électron libre : loin de renier sa déesse, il privilégiait d'abord le bien-être de sa bien-aimée. Cela lui avait longtemps été reproché par ses semblables, ce qui le contraint à passer un minimum de temps au Sanctuaire. Il avait toujours détesté leurs regards : déception… Colère… Envie… Le plus difficile à supporter avaient été celui du chevalier d'Or du Capricorne, Shura. Un homme épris de justice et d'une droiture sans faille… Son air inquisiteur et son jugement tranchant pouvaient mettre à nu bien des âmes… Et lorsque cet homme était désappointé, son expression seule suffisait à faire fléchir même les plus braves. Dans ce genre de situation, les mots sont inutiles tant tout ce qu'il pense est lisible dans ses yeux…

- Hé ! Viens voir ! On a un larbin d'Athéna ! s'écria un spectre à un de ses compagnons.

Le chevalier de la Lyre fronça les sourcils en voyant les deux spectres s'approcher de lui, se doutant que les ennuis arrivaient. Tandis que la file bougea à nouveau, Orphée avança également en faisant mine de ne pas les avoir remarqué, en tentant de conserver un tant soit peu sa fierté.

Lorsqu'il fut proche de l'entrée de la Première Prison, un obstacle se dressa à ses pieds. Ne l'ayant pas aperçu, il perdit l'équilibre avant de tomber au sol, à quatre pattes.

- Bah alors ! Les fameux chevaliers d'Athéna, c'est plus ce que c'était ! se moqua l'un des deux spectres.

Les deux soldats d'Hadès rirent bruyamment avant de se retirer plus loin dans la file.

Alors que le chevalier de la Lyre commença à se redresser en grimaçant, une main se tendit à lui comme pour proposer son aide. Lorsqu'il leva son regard vers son propriétaire, il écarquilla les yeux. Ces yeux améthyste… Il n'y en avait pas milles. Non ! Pas lui… Pourquoi… ? Alors… Il avait échoué ?

- Elef, le reconnu-t-il en saisissant sa main. Que fais-tu ici ?

- Je ne pense pas avoir besoin de t'expliquer, répondit-il avec un sourire. J'ignorais moi-même que tu te trouvais ici.

- Bon allez ! Ca suffit la politesse ! Retournez dans le rang !

Ne voyant pas de réaction de la part ni de l'un ni de l'autre, visiblement trop occupé à discuter, le spectre commença à bouillonner. En s'approchant d'Elef, il lui posa une main ferme sur l'épaule pour le mettre brutalement face à lui.

- J'ai pas été assez clai…

Le jeune homme venait de planter par surprise son épée dans la poitrine du soldat d'Hadès qui, en lâchant prise, s'agenouilla avec une lenteur affolante au sol. Orphée resta stupéfait. Bien que les spectres étaient leurs ennemis, son ami venait d'attaquer mortellement avec beaucoup de sang-froid. Il savait son ami impulsif mais savait également sensible… D'où tirait-il cette expression effroyable ?

Le spectre agonisait, en tentant de s'accrocher encore au fragile fil de sa vie. Un filet de sang coula de ses lèvres :

- Imbécile… Même si je meure… Ta sentence changera pas… On sait tous ce que t'as fait… Tu finiras au Cocyte… Comme tous ces… CHIENS D'ATHENA !

Elef retira d'un coup sec son épée et la rengaina doucement en regardant le spectre s'écrouler sans vie.

- Depuis trop longtemps on me promet mille souffrances. Je n'ai pas peur des menaces.

- Qu'est-ce qu'il se passe ici ? lança un autre spectre plus loin.

Orphée serra les dents. Le bruit allait en attirer d'autres ! En jetant un œil autour de lui, il remarqua que même les âmes des défunts avaient cessé d'avancer. Ils affichaient une expression de frayeur ace à cette scène.

- On doit partir Orphée, l'interpela Elef.

- Partir ? Comment ?

- On trouvera un moyen.

- Pas sans Eurydice !

- Alors, trouvons-la et fichons le camp d'ici ! conclut l'homme aux yeux améthyste en posant une main ferme sur l'épaule de son ami.

Ils s'enfuirent donc tous les deux, une poignée de spectres à leurs trousses. Par chance, les deux jeunes hommes parvinrent sans difficulté à mettre de la distance entre eux et les spectres. Ils étaient trop lourds par rapport à eux.

Dans cette course effrénée, Orphée apprit à Elef qu'ils ne devraient pas rencontrer beaucoup de spectres car les chevaliers d'Athéna étaient déjà passé par là et qu'il n'y aurait pas grand monde à abattre pour continuer. En entendant le nom de cette déesse, l'homme aux yeux améthystes grimaça. Un jour, il anéantira cette divinité capricieuse !

En remarquant l'expression de son ami, le chevalier de la Lyre se mordit la langue. Connaissant la rancœur qu'Elef pouvait ressentir à l'encontre des dieux, il aurait mieux fait de se taire…

C'est ainsi que le duo put se frayer facilement un chemin dans la vallée des ouragans noirs entre les rares spectres qu'ils rencontrèrent. La Deuxième Prison se dressait alors devant eux. Le chevalier de la Lyre fit un signe de tête à Elef pour lui assurer que les lieux étaient vides de maîtres. Ils s'y engouffrèrent.

En ressortant, l'homme aux yeux améthyste fut impressionné par ce qu'il vit. Un radieux jardin fleurit… Qui aurait cru qu'un tel lieu pourrait exister aux Enfers ?

- C'est moi qui l'ait conçu, lui apprit Orphée. Ma bien-aimée est retenue là-bas, partiellement pétrifiée.

- Allons-y.

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Eurydice regardait le sol l'air pensif. Orphée et les autres chevaliers de Bronze étaient-ils parvenus jusqu'au palais d'Hadès ? Sans doute ne le saurait-elle jamais. Elle soupira légèrement, son amant lui manquait mais elle avait fait le bon choix en l'ayant poussé à se battre pour Athéna, à faire briller de fierté le chevalier qu'il était.

En levant les yeux, elle vit deux ombres s'approcher d'elle à grande vitesse. Des spectres ? Elle ne craignait pas grand-chose mais, c'était étonnant de les voir par ici…

- Eurydice ! On est venu te sortir de là ! Fit Orphée en se tenant devant elle.

La surprise de la jeune femme fut totale, ce qui n'échappa pas au chevalier de la Lyre, qui lui sourit. Alors qu'il tentait de la libérer de son entrave, elle fronça les sourcils :

- Orphée ! Que se passe-t-il ? Tu devrais être dans le palais d'Hadès avec Seiya et Shun en ce moment !

- C'est un peu long à expliquer, mais ils y sont et sont en train de l'affronter.

Enfin, du moins, l'espérait-il… Par Athéna ! L'un des leurs se révélait être Hadès ! Mieux valait mettre cette pensée de côté, pour l'heure, Eurydice était plus importante.

- Orphée, tu as mainte fois essayé de me libérer, tu ne pourras pas y arriver !

- Je peux le faire !

- Orphée…

A force de tenter d'arracher la roche, les doigts du chevalier furent ensanglantés tant ses mains étaient couvertes d'égratignures et de coupures. Elef observait autour de lui pendant ce temps. Ils avaient semés les spectres, mais pour combien de temps ? Ils devaient faire vite. Mais pour l'heure, ils avaient une autre affaire sur les bras.

Il se retourna vers son ami et le regarda avec empathie aux prises avec la roche dont seule la volonté du désespoir le faisait persévérer. Machinalement, il sorti son épée noire de son fourreau. En contemplant la lame noire qui le reflétait, une idée lui vint.

- Orphée ! J'ai peut-être une idée, laisse-moi essayer.

- Tu es fou ?! Qu'est-ce que tu comptes faire avec ton épée ?

- Détends-toi, je ne compte pas lui faire de mal, Orphée. Eloigne-toi un peu.

Malgré la confiance qu'il plaçait en Elef, Orphée dû se faire violence pour s'écarter de sa bien-aimée. Il resta toutefois aux aguets. Avant de commencer, l'homme aux yeux d'améthyste voulut avoir l'accord d'Eurydice. Evidemment, elle était effrayé mais, s'il y avait une chance de quitter les Enfers, aussi risquée soit-elle, il fallait la saisir !

Elle acquiesça timidement, appréhendant la suite. Le jeune homme leva son poignet et le tourna du côté le plus sensible. Il plaça sa lame sur la peau fine qui abritait ses veines. D'un geste vif, il se fit saigner, suffisamment pour en recouvrir la lame. Puis, il s'arracha un bout de tissus pour s'en servir de bandage de fortune afin de faire cesser le saignement.

- Tu es prête, Eurydice ? demanda-t-il une dernière fois alors qu'Orphée se tendit davantage.

La jeune femme hocha plus assurément la tête. Elle savait que son bien-aimé et lui étaient amis. Si Orphée lui faisait confiance, il en serait de même pour elle.

Elef planta la lame dans la roche, alors que le visage de son ami se figea dans une expression d'effroi, qui se désagrégea aussitôt. Il n'en restait au final plus qu'un amas de poussière et Eurydice libre de ses mouvements. La tentative avait réussi !

- Comment c'est possible… ? souffla le chevalier de la Lyre.

- Mon épée vient des Enfers. Elle peut accomplir des miracles en échange de mon sang.

- Tu savais que ça allait fonctionner ? demanda Orphée en serrant sa tendre amie dans ses bras.

- Non. J'ai juste tenté quelque chose. C'était quitte ou double.

- T'aurais pu la tuer, Elef ! s'emporta le chevalier.

- Elle est libre maintenant, on peut partir, fit l'homme aux yeux améthyste. Les défunts traversent le fleuve de l'Archéon quand ils arrivent en Enfers. On doit prendre le fleuve en sens inverse. De là, il doit y avoir une issue.

- Tu es sûr de ça ?

- Comment t'expliques que les spectres débarquent chez les vivants si ce n'était pas le cas ?

Ils s'élancèrent alors tous les trois vers l'entrée des Enfers, portés par l'espoir de trouver une sortie.

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Alors qu'ils avaient détourné la Première Maison, le trio arriva sur les rives de l'Archéon. Il n'y avait pas de barque bien entendu. Comment allaient-ils franchir ce fleuve en sens inverse ?

- Orphée ! s'écria Eurydice en pointant dans la direction opposée.

Le nommé se retourna, suivi d'Elef. Un spectre visiblement plus puissant que les autres les observaient. Il était assis sur un rocher. Son surplis noir avait des ailes dans le dos. De longs cheveux gris descendaient dans son dos, des mèches venaient élégamment encadrer son visage aux yeux violets, légèrement grisés. Un sourire narquois venait s'ajouter à son air supérieur. Orphée recula inconsciemment d'un pas. Il l'avait reconnu : Minos du Griffon, de l'étoile de la noblesse, juge des Enfers, propriétaire de la Première Prison…

- Tiens, tiens ? On essaye de s'enfuir ? railla-t-il. Vous avez pas vu l'écriteau ? « Vous qui arrivez en Enfers, abandonnez tout espoir »…

Il ricana. Elef et Orphée se regardèrent, Eurydice s'était reculé derrière son fiancé, terrifiée. Les deux amis s'étaient compris sans avoir besoin de parler. Ils allaient devoir affronter le spectre s'ils désiraient rejoindre la surface. Il n'était plus l'heure de réfléchir, mais d'agir. Minos ne leur laissera aucun répit. En ce qui concernait Orphée, il n'était plus le moment d'obéir à l'une des lois fondamentales de la chevalerie qui obligeait les chevaliers à s'affronter en duel. Les deux amis affronteront le Griffon, côte-à-côte… Comme au bon vieux temps.

Minos se redressa, prêt à en découdre et toujours avec cet agaçant sourire. Il était sûr de sa force.

Après un long moment durant lequel les adversaires se jaugeaient, Orphée décida d'ouvrir l'offensive en s'armant de sa lyre :

- Rejoins le monde des rêve, Death trip Serenade !

La mélodie dégagée par l'instrument vinrent jusqu'aux tympans du spectre. Le chevalier d'Argent le vit tituber ainsi que ses yeux se voiler. C'était étrange, un adversaire d'une telle envergure pouvait-il être aussi faible ?

Minos ne bougea pas. Orphée commença à croire qu'il avait gagné. Un rire sinistre raisonna. Le Griffon se redressa, très amusé :

- Alors, c'est avec ça que tu voulais me tuer ?! Elle est bien bonne ! Les chevaliers d'Athéna ne valent plus un clou, on dirait ! Bon c'est vrai, ça m'a chatouillé ! Voit un peu ce qu'on appelle une attaque dans le milieu : Cosmic Marionnetion !

Des fils de cosmos vinrent emprisonner les membres d'Orphée. Il tenta de se dégager mais les liens se resserrèrent durement. Il grimaça sous la douleur, un filet de sang se dégageant ça et là.

- Ah… J'aime quand c'est moi qui mène la danse… Tu aimes la musique, Orphée ? Aimeras-tu… danser ?

Alors que Minos s'apprêtait à briser une des jambes du chevalier de la Lyre, Elef réagit au quart de tour. Il s'entailla le bras, laissant un peu de sang couler. Et, d'un mouvement vif de sa lame projetant des gouttelettes rouges, fit :

- Athanatoï

Le temps se figea pour le juge, clairement pris au dépourvu compte tenue des yeux ronds qu'il affichait. Elef savait qu'il disposerait de peu de temps pour agir. Il s'élança en courant vers Minos, monta sur le rocher avec agilité, et vint lui assener un coup d'épée sur l'épaule du juge. Suffisamment fort pour que la blessure l'empêche de se servir de son bras.

Le temps reprit son cours immédiatement après le choc, le spectre hurla de douleur. Eurydice s'était bouchée les oreilles et avaient fermé les yeux. Elle n'était pas habituée à tout ce sang et toute cette violence. Orphée, lui, fut libéré de son entrave.

- CA FAIT UN MAL DE CHIEN ! gronda le juge en fixant Elef de ses yeux courroucés. JE JURE QUE JAMAIS TU NE CONNAITRAS DE PAIX !

D'un mouvement brusque de son autre bras, Minos le fit tomber du rocher. L'homme aux yeux améthystes, bien qu'agile, n'avait pas les réflexes d'un chevalier et tomba donc douloureusement sur le flanc.

- Elef ! s'écria Orphée. Stringer Fine !

Des cordes de cosmos tranchantes comme des lames de rasoirs emprisonnèrent le juge, qui n'avait pas eu le temps de réagir. Le chevalier à la lyre jeta un coup d'œil à son ami au sol et fut soulagé de le voir se redresser. Contrairement à lui, Elef n'était pas protégé par aucun cosmos et était donc aussi vulnérable qu'Eurydice, bien que lui sache se défendre. Une question vint à son esprit à cet instant, comment avait-il fait pour terrasser Thanatos, qui était un dieu, dans ce cas ?

Elef fit un signe de tête pour assurer qu'il allait bien. Il remonta à nouveau sur le rocher alors que l'attaque d'Orphée commençait à s'estomper. Il alla pour lui planter son épée dans la poitrine, lorsque Minos attrapa la lame à pleine main.

- Sale humain prétentieux… Comment oses-tu te dresser devant moi ?!

- Tu représentes tout ce que je peux mépriser… Toi, qui ne te soucis d'aucune vie, d'aucun destin que tu brises… Comment peux-tu te regarder en face ?!

- Hoho ! C'est qu'on essaye de me faire la leçon en plus ! Seul mon seigneur, Hadès, peut…

- Qu'il meure ! Lui, et tous les autres dieux !

Elef parvint à dégager son épée, sous l'effarement du juge.

- Les hommes ne seront plus vos pantins !

Il planta enfin son épée dans le ventre du juge, qui se rattrapa aux épaules du jeune homme. Du sang coula de sa bouche. Minos tourna son regard vers lui.

- Sois maudit… Les Enfers… te paraîtront bien douces… comparé au sort qui t'attends !

Elef retira silencieusement sa lame et la rangea. Le juge s'effondra sur le sol, inanimé. Orphée regarda son ami, il ne savait pas quoi lui dire. Au même instant, la barque de Charon arriva.

- Voilà enfin notre embarcation, fit Elef en sortant sa lame sous les yeux horrifiés d'Eurydice et l'inquiétude du chevalier de la Lyre.

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Orphée se réveilla en sursaut. Il releva la tête en haletant et regarda autour de lui. Elef dormait encore sur le lit. En regagnant une respiration plus normale, il se rendit compte qu'il était encore assit, accoudé à la fenêtre.

- On dirait bien que je me suis assoupi, soupira-t-il.

Pourquoi fallait-il qu'il rêve à nouveau des Enfers ? C'était fini. Eurydice était en sécurité, lui-même a pu s'enfuir. Il avait laissé la jeune femme dans un petit village qu'il connaissait bien. Elle avait voulu le retenir près d'elle mais Orphée lui promit de revenir vers elle dès qu'Elef aura trouvé la paix.

Il se leva et s'approcha de son ami. Il l'observa un instant. Son visage était si serein et paisible. Il semblait tellement innocent… C'était difficile à croire qu'il défiait les dieux et cherchait à les terrasser. D'aussi loin qu'il se souvienne, libérer les hommes du joug des dieux afin qu'ils reprennent leurs vies en main était l'un des souhaits les plus chers de son ami. S'il ne le connaissait pas si bien, il aurait pu croire qu'il se prenait pour un justicier. Non. Il n'en était rien. Nombreux étaient ceux qui ont déjà souffert des dieux, mais Elef était le premier qu'il connaissait qui tentait de changer réellement les choses. Il ne faisait pas que s'agiter et répandre aléatoirement le sang. Cet homme avait des valeurs. Il aimait sa liberté et sa famille, qui n'est plus. Elef lui avait déjà parlé de sa sœur jumelle, Misia, et qu'il était arrivé trop tard pour la sauver. Elle avait été sacrifiée à un dieu en vue d'obtenir ses faveurs. Dans les temps anciens, ce genre de choses étaient communs, en temps de guerre. Mais aujourd'hui, ces sacrifices étaient désuets. Elef n'avait jamais su qui était le coupable, et dans le doute, s'était retourné contre la famille royale d'Arcadia. C'était une petite principauté grecque, logée dans les montagnes, qui vivait en parfaite autarcie.

Elef se retourna dans le lit en fronçant les sourcils et se gratta le nez du revers de sa main, toujours profondément endormi. Orphée sourit doucement. Mais ce sourire s'effaça rapidement et il fronça les sourcils. Il affichait un air déterminé. Il ne pouvait pas laisser son ami sombrer dans les ténèbres de son cœur. En tant que chevalier d'Athéna, il devait protéger l'amour et la justice. En tant qu'ami, il devait guider les siens vers un monde de lumière. Oui, il le jurait. Il protègera Elef de ses ténèbres… Quoi qu'il en coûtera… !


Voilà ! Le chapitre est clos !

La suite prochainement ! Avec de l'action, de l'héroïsme et... du suspens !

Allez ! A bientôt !