D'abord, excusez-moi pour ce retard, j'espère qu'au moins le chapitre va vous plaire !

Merci à tous ceux qui ont laissé des reviews, ça fait très plaisir de voir que je suis lue ! Je suis désolée de ne pas avoir pu répondre individuellement, je le ferais sans doute pour ce chapitre quand je rentrerai ce week-end. Donc n'oubliez pas de laisser vos adresses mail…

Bonne lecture !


DECISIONS ET DISPUTES

Ma vie n'a vraiment aucun sens. Quand je me suis levée ce matin, j'ai eu droit à une surprise particulièrement… charmante ? révoltante ? écœurante ? Cochez la bonne case… Je vous donne un indice, la première réponse n'est pas la bonne. Pour les deux autres, c'est à vous de choisir !

Je vous explique : Fred était dans un des fauteuils de la Salle Commune, avec une blonde pulpeuse taille mannequin allongée sur lui, qui gloussait et minaudait. Je me demande où il les trouve : nous ne sommes pas si nombreux à Poudlard, pourtant chaque semaine il trouve une nouvelle copine, toutes construites sur le même modèle. Il les aime blondes je suis la fille la plus brune de Poudlard, avec les cheveux fins et raides, les miens sont épais et crépus, grandes et minces, je suis grande, mais j'ai des formes généreuses, féminines et je ne le suis pas vraiment, et elles utilisent plus de produits de beauté chaque jour que moi en un an. En bref, il aime exactement le contraire de ce que je suis. Ma pauvre Angelina, passe à autre chose, ça ne sert à rien de se lamenter et d'espérer quelque chose qui n'arrivera jamais.

Je n'ai pas adressé un regard à Fred, surtout quand j'ai vu qu'il cherchait à croiser le mien. Hors de question que je lui pardonne ça, pas après la semaine qui vient de passer avec tous ces espoirs, toutes ces histoires que je m'étais construites, pas après la soirée d'hier qui s'est tellement bien passé que j'en ai rêvé cette nuit. Même si bien sûr, cette nuit, dans ce rêve, Fred m'embrassait. En tout cas, c'est fini, je ne le connais plus, je ne lui parle plus, je ne veux plus entendre parler de lui, je ne veux plus le croiser, je ne serai plus en cours à côté de lui…

Fini, c'est fini, je m'apprête à sortir Fred de ma vie et de mon esprit. Finie la déprime à cause de lui, les heures à me poser des questions débiles, à repasser toutes nos conversations dans ma tête pour voir si je peux en tirer quelque chose, imaginer quelque chose à partir d'un mot, d'une intonation… Plus jamais.

A partir de maintenant, je suis une nouvelle Angelina. Je vais rire avec les mecs, sauf avec Fred, je n'aurai plus d'arrières pensées quand j'apprends que mes amies sont heureuses, parce que je vais être heureuse aussi. Je vais me rendre compte que Poudlard fourmille de mecs géniaux, qui ne demandent qu'à avoir un peu d'attention de ma part, et je vais la leur donner, cette attention. Et quand Fred se rendra compte de ce qu'il a perdu en jouant les Don Juan, je lui dirai « trop tard, Fred, il fallait y penser avant ! ». Cette idée me plaît vraiment, vraiment beaucoup. Je n'ai plus qu'à trouver le moyen de la réaliser.

Pendant que toutes ces pensées me passaient par la tête, un peu dans le désordre, j'étais arrivée à la Grande Salle. J'ai déjeuné assez rapidement, il n'y avait plus grand monde dans la salle, parce que je m'étais encore levée à une heure où les gens normaux n'imaginent plus prendre un petit déjeuner. Après avoir avalé quelques toasts et une tasse de thé, je suis sortie dans le parc, faire une promenade dans la neige. Une erreur, sans doute, parce que ça m'a rappelé la bataille de neige d'hier. Tant pis. Je suis allée m'asseoir sur un banc près du lac, et je me suis empêchée de penser, j'ai fait le vide. J'espérais que ça m'aiderait à évacuer tous mes souvenirs de Fred, tous mes sentiments pour lui. Au bout de quelques minutes, j'ai entendu un bruit de pas derrière moi. Je me suis retournée lentement, en espérant que ce n'était pas Fred qui venait me voir.

Et ce n'était pas Fred, mais un des français de Beauxbâtons. Très charmant. Il avait sans doute à peu près mon âge, des cheveux châtains clair, coupés courts, et des yeux d'un bleu… Grand et musclé, avec ça. Waouh ! Il m'a demandé du regard s'il pouvait s'asseoir à côté de moi, et je lui ai fait comprendre que je n'y voyais pas de problème. Il a pris la parole, il avait une jolie voix, avec un accent français vraiment charmant. Mais un niveau d'anglais proche du minable.

« Bonjour… Je suis Thomas.

Thomas, ça me plaisait bien surtout avec cet accent français.

- Bonjour… Moi c'est Angelina.

La conversation avançait à grande vitesse, vous l'aurez remarqué.

- Je sais, m'a-t-il répondu. Je regarde à toi depuis quelques semaines.

- Pourquoi ?

- Parce que je penser que tu… que tu es joli. Et peut-être gentille.

- Oh…

Je ne savais vraiment pas quoi penser de ça. Ça ressemblait bien à une déclaration, un admirateur secret… Je dois dire que c'était exactement le bon moment, et c'est ce qui m'a poussée à agir comme je l'ai fait ensuite. C'est vrai, vous connaissez un meilleur moyen pour effacer le souvenir et la pensée d'un mec que de laisser un autre mec prendre cette place ? Moi non, et je me suis dit que ce français était sans doute la meilleure façon de passer à l'étape suivante. Pas très glorieux, c'est vrai, et pas très sympa pour lui.

Nous avons continué à discuter et quand il a pris son courage à deux mains et réuni toutes ses connaissances en anglais pour me demander si j'acceptais de sortir avec lui, je lui ai souri, et j'ai hoché la tête, doucement, en essayant de paraître plus enthousiaste que je ne l'étais. Ensuite, j'ai simplement posé ma tête sur mon épaule, et nous avons essayé de discuter et d'en apprendre plus l'un sur l'autre, malgré quelques problèmes de communication. Nous sommes finalement remontés au château, main dans la main pour le déjeuner. J'appréciais sa douceur et son calme, un agréable changement après tout ce temps passé dans l'entourage de Fred.

Une fois dans la grande salle, nous nous sommes embrassés rapidement et nous avons rejoint nos tables respectives. Le regard de Fred m'a prise de court, il semblait déçu et presque menaçant. Mais j'avais décidé de ne plus m'occuper de ce qu'il pensait ou faisait, alors je me suis assise de l'autre côté d'Alicia et Katie, qui faisaient aussi des yeux ronds et attendaient visiblement que je leur expliquer ce qu'elles venaient de voir. Je ne me suis pas faite prier, le racontant assez fort pour que Fred m'entende. Je ne savais pas si ça pouvait l'atteindre, mais je l'espérait et ça me faisait beaucoup de bien.

Katie et Alicia, elles, n'avaient pas l'air de trouver que c'était une bonne nouvelle que j'ai accepté de sortir avec Thomas. Visiblement, elles ne désespéraient pas, elles croyaient sincèrement que Fred avait des sentiments pour moi. En tout cas c'est ce qu'elles m'ont expliqué après le repas, quand nous sommes remonté dans notre dortoir. Je leur ai dit qu'il avait encore une nouvelle copine, j'ai essayé de leur faire comprendre que s'il m'aimait un tant soit peu, nous n'en serions pas là. Mais elles refusaient d'entendre mes explications, trop rationnelles selon elles. Il paraitrait que l'amour et la raison sont deux choses différentes. Peut-être, mais ma raison me dit que si je laisse l'amour que j'ai pour Fred prendre le dessus, c'est moi que je mets en danger, ma santé, mon cœur et mon équilibre mental. Tout ça pour quel résultat ? Aucun, je m'en suis rendue compte depuis six mois. Alors non, les filles, sortir avec Thomas n'est pas une erreur.

Finalement, nous avons changé de sujet de conversation, parce que je leur ai fait comprendre que je ne voulais vraiment plus parler de Fred. Nous nous sommes penchées sur le cas Lee Jordan. Il avait bien demandé à Katie de venir au bal avec lui, mais rien ne s'était passé, ils ne s'étaient pas embrassés non plus, et au déjeuner, ils avaient flirté, comme d'habitude, mais sans aller plus loin et Katie était un peu perdue. Elle ne savait pas si elle devait se considérer comme en couple avec Lee, ou si ils étaient juste allés au bal entre amis, ou…

Elle paraissait au bord de la crise de nerfs, ce qui est totalement idiot, si vous voulez mon avis. Lee peut être vraiment timide pour ce genre de chose. Du temps où je parlais à Fred (ça veut dire hier…), il m'a dit que Lee voulait demander à Katie de venir au bal avec lui depuis des semaines, mais qu'il n'osait pas. Je l'ai répété à Katie, et ça l'a un peu calmée. Mais quelques secondes plus tard, elle a remarqué : « Mais quand je lui ai dit oui, il a bien du se douter que j'avais des sentiments pour lui… ». Alicia et moi nous sommes regardées, en levant les yeux au ciel. Katie peut être très intelligente, mais visiblement, pas plus que Lee dans certaines occasions.

« Tu sais quoi, Katie ? lui a dit Alicia. A ta place, je descendrais, je prendrais Lee à part hors de la Salle Commune et je lui expliquerai le problème.

- Et comment ?

- Tu utilises des mots, tu construis des phrases, de préférence des phrases qui veulent dire quelque chose, et tu lui demandes ce qu'il ressent pour toi, sachant que tu le vois comme plus qu'un ami. Ou alors tu le plaques contre le mur et tu l'embrasses jusqu'à ce que vous n'ayez plus d'ait. Au choix ! » , je lui ai répondu.

Elle nous a regardées successivement, elle avait l'air d'enregistrer ce que nous lui disions. Au bout de quelques secondes, elle s'est levée, a foncé dans la salle de bain, s'est changée et remaquillée, et est descendu en trombe dans la Salle Commune. Nous l'avons entendue crier le nom de Lee, et nous avons supposé qu'il l'avait suivie dans un couloir puisque nous n'avons pas entendu la suite.

Nous avons décidé de descendre pour voir le résultat de nos conseils, qui ne devrait pas tarder, et aussi pour nous asseoir près du feu, dans nos fauteuils préférés, le meilleur endroit que je connaisse pour échanger des potins et râler sur les mecs. Je comptais bien prouver à Alicia tous les avantages qu'il y avait à sortir avec Thomas.

Mais à peine dans la salle Commune, Fred m'a attrapée par le bras pour m'obliger à l'écouter, ce dont je n'avais aucune envie.

« Angelina, pourquoi tu sors avec ce type ? Tu te rends compte à quel point il est fade et inintéressant ?

- Fred, tu sais que quand on voit quelqu'un pour la première fois de la journée, on commence par lui dire bonjour ? Eventuellement tu pouvais même me demander comment ça va, avant de m'agresser sur un sujet qui ne te regarde strictement pas. Et puis tu m'excuseras, mais Thomas est tout sauf inintéressant, il est beau, charmant, galant, attentionné, cultivé… Je m'énervais au fur et à mesure. Pour qui se prenait-il, il n'avait aucun droit sur moi.

- Tu n'y crois pas toi-même, Angelina ! Il n'est pas assez bien pour toi…

- Fred, arrête ça tout de suite ! Si c'est une crise de jalousie que tu me fais, tu peux retourner tout de suite voire ta copine de la semaine, elle te consolera. Je ne vois pas pourquoi tu te permets de me juger, si tu n'as rien à m'offrir que des faux espoirs et des illusions, ne te mets surtout pas en travers de ma vie amoureuse, qui commence tout juste à prendre un départ après cinq ans et demi à t'attendre, triple idiot ! »

Je suis sortie en courant de la Salle Commune, en espérant ne croiser personne. Encore une fois, je pleurais à cause de Fred, alors que le matin même je m'étais jurée que ça n'arriverait plus. Sans compter que je lui avais avoué devant tout Gryffondor que je l'aimais depuis qu'on s'était rencontrés. Génial. Il fallait trouver une solution pour disparaître pendant au moins le reste des vacances. Euh non, erreur. J'ai un petit ami. Je l'avais oublié… Aïe, c'est pas très glorieux. Il va falloir que je lui parle.

J'en étais là de mes réflexions, et je courais encore, quand je suis tombée sur Lee et Katie au détour d'un couloir. Visiblement, Katie avait eu sa réponse, et c'était celle qu'elle attendait, puisqu'ils s'embrassaient à pleine bouche. J'ai eu envie de hurler que j'en avais marre. Katie a du m'entendre arriver, parce qu'elle s'est décollée de Lee un court instant :

« Angelina, ça va ? »

Je n'ai même pas répondu. C'était évident que ça n'allait pas. Mais je ne voulais pas l'inquiéter, pas pendant qu'elle embrassait Lee pour la première fois. Alors j'ai continué à courir, courir, sans réfléchir, jusqu'à finalement me retrouver dehors, dans la neige, pour la deuxième fois de la journée. La nuit commençait à tomber, mais je suis retournée sur le même banc que ce midi, en essayant de ne pas culpabiliser à propos de Thomas, et d'oublier Fred pendant quelques minutes, de ne penser à rien, juste regarder la neige tomber, et me transformer en bonhomme de neige ou en glaçon.