Titre : Beauty and the Beast
Auteur: Shima-kyuuketsuki
Genre : UA, Romance
Pairing : Reita x Ruki
Note : J'espère que cette suite vous plaira ! ^^
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Chapitre 4
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Lorsque Ruki descendit prendre son petit déjeuner ce matin-là, Reita était encore attablé en train de déguster un petit-déjeuner de roi. Lorsqu'il aperçu Ruki entrer dans la pièce, il écarquilla les yeux et se hâta de nouer son bandana autour de son visage.
« Je ne pensais pas que vous vous lèveriez si tôt !
- Je n'avais plus sommeil, informa Ruki en s'installant lui aussi à la table.
- Oh !
- Tu peux me tutoyer tu sais ! On vit quand même sous le même toit et tu m'héberges !
- Je ne vais pas vous tutoyer, après tout, je ne vous connais même pas. Dit calmement Reita.
- Oh, si ce n'est que ça ! Je m'appelle Ruki Matsumoto, je suis mannequin, j'ai actuellement vingt-quatre ans. Je suis originaire de Kanagawa, mais j'ai déménagé à Tokyo il y a dix ans. Depuis deux ans, je suis en couple avec Aoi, un mannequin très connu et...
- Il doit s'inquiéter ! Le coupa Reita.
- Je ne pense pas ! Il pense beaucoup à sa carrière, je ne suis que secondaire ! Et puis en ce moment il est parti aux États-Unis, il ne m'avait même pas contacté pour me dire qu'il était bien arrivé, il ne doit même pas être au courant que je dois être porté disparu ! Informa Ruki, tout naturellement.
- Et tu restes avec lui ? » Demanda Reita surpris
Ruki sourit devant ce tutoiement, et répondit sur un ton lointain.
« Je sais qu'il va voir ailleurs, mais il m'aime, même s'il a sa propre façon de me le montrer ! C'est un peu pareil de mon côté on va dire...
- Je ne comprends pas vraiment...
- Je pense que la vie de star doit t'être totalement étrangère en même temps !
- Oui, sourit Reita.
- Dis-moi, tu serais encore parti si je ne m'étais pas levé si tôt ?
- Je pense.
- Je ne vais pas te manger !
- Non, c'est toi au début qui avait peur que je te mange ! »
Ruki rit doucement au souvenir de sa paranoïa à l'arrivée dans ce manoir.
« Tu sais, tu peux enlever ton foulard, ça ne va pas être facile de manger avec ça !
- Je n'en ai pas très envie.
- Je ne vais pas regarder !
- Les gens regardent toujours, même inconsciemment, se demandant ce que c'est ou la cause de tout ça.
- Mais...
- Ruki, mange, moi j'ai fini, dit Reita en se levant.
- Je te reverrai ou tu vas encore te cacher ?
- Je ne me cache pas, je n'ai plus l'habitude d'avoir de la compagnie, c'est tout. » Informa Reita en disparaissant dans l'embrasure de la porte.
Ruki passa de nouveau une partie de la journée seul, se demandant quand finirait par arriver ce Uruha qui le ferait enfin sortir de là. Il se sentait bien dans ce manoir, seulement, il n'y avait rien à faire. Regarder la neige tomber, ça peut aller quelques minutes, compter le nombre de carreaux de carrelage de la salle à manger, c'est barbant au bout d'un moment, et réfléchir l'était encore plus. Lorsque Ruki s'ennuyait, c'était indéniable, il réfléchissait à toutes sortes de choses et remettait en question l'essentiel de sa vie, ce qui peut bien vite mener à une déprime passagère. Autant dire que dans un manoir de la sorte, coupé du monde et avec un homme étrange, la déprime n'était pas vraiment la bienvenue !
A contre-cœur, il se dirigea vers l'immense bibliothèque du premier étage. Des centaines de vieux livres à la reliure de cuir étaient fièrement alignés. La lecture n'avait jamais été une grande passion chez Ruki, mais là, il fallait bien qu'il fasse passer le temps. Que la vie est dure quand la technologie moderne nous a quitté ! Ordinateur, Internet et télévision, étaient ici remplacés par des livres poussiéreux dont Ruki était certain de ne pas saisir tous les mots. Les inconvénients d'avoir commencé sa carrière jeune et d'avoir négligé ses études.
Au bout de deux heures, le mannequin avait lu laborieusement une cinquantaine de pages, mais n'arrivait toujours pas à rentrer dans cet énorme amas de mots qu'on appelait plus couramment un roman. Il continuait avec peu d'entrain sa lecture lorsqu'une légère mélodie parvint à ses oreilles. Intrigué, il partit à la recherche de la source de cette mélodie chargée de mélancolie. Il emprunta l'escalier afin de se rendre au troisième étage. Il observa avec intérêt ces lieux qu'il n'avait encore jamais parcouru. Plus il se rapprochait de cette musique, plus ses yeux le piquaient. Un nœud était apparu dans sa gorge et sa poitrine le faisait souffrir. Il poussa en silence une grande porte et découvrit un vaste salon plongé dans une semi-obscurité. Il distingua en son centre un piano à queue, lui aussi couvert de poussière, à l'image de la majeure partie du mobilier présent dans le manoir, lui donnant un côté abandonné et encore plus sinistre qu'il ne l'était déjà.
Reita était dos à la porte et laissait courir ses doigt sur les touches d'ivoire de l'instrument, faisant sortir des notes qui composaient une merveilleuse mélodie. Ruki s'appuya contre la porte et écouta avec intérêt cette sublime mélodie que lui offrait son hôte. Il laissa vagabonder son regard embué de larmes sur le corps de l'homme au piano. Reita devait avoir retiré son bandana, Ruki ne distinguait pas de nœud dans sa nuque, et cette idée lui plût. Il se fit le plus discret possible pour ne pas interrompre ce moment tellement étrange qui avait prit place dans cet espace à présent loin de tout et où le temps n'avait plus sa place.
Lorsque Reita frappa la dernière note de cette musique, Ruki ne bougea pas. Il attendit que Reita se lève, au bout de plusieurs minutes, pour signaler sa présence. Lorsque Reita croisa le regard de son invité, il se retourna, voulant dissimuler son visage du regard certainement plein de pitié de l'autre homme. Il se stoppa tout de même dans son mouvement lorsqu'il réalisa que les joues de Ruki étaient inondées de perles salées. Il ne savait que faire. Toujours dos à lui, il lui demanda :
« Que t'arrive-t-il ?
- Rien... Tu joues vraiment bien ! C'était magnifique !
- J'ai eu le temps de m'entraîner... Mais tu pleures Ruki !
- Tu me tournes le dos, une fois de plus, comment pourrais-tu savoir si je vais mal ?
- C'est toujours dur de me montrer ! Ruki, que se passe-t-il ?
- J'ai... Comment ai-je pu en arriver là ? J'avais une vie qui me plaisait ! Je me retrouve ici, coupé du monde, mon ami et manager est décédé et... Je n'arrive plus à tout supporter ! Je suis seul à longueur de temps, je ne peux même pas faire mon deuil ! Ça devient trop dur pour moi ! »
Écoutant attentivement les paroles de Ruki, Reita baissa la tête. Il était vrai que beaucoup d'évènements étaient arrivé à ce jeune homme en quelques jours et Reita n'avait pas vraiment fait d'efforts pour qu'il aille mieux. Certes il lui avait préparé une chambre, il lui cuisinait ses repas, mais il était froid. La vie n'avait pas été tendre avec lui, donc Reita s'était renfermé sur lui-même, rejetant la présence des autres, ne tolérant que quelques visites de son ami Uruha, rien de plus. Alors avoir quelqu'un sous son toit était une chose difficile pour Reita, il ne savait pas vraiment comment agir. Il ne voulait pas devenir proche de cet intrus, pourtant, le voir pleurer le déstabilisait. Il s'approcha vivement de Ruki et le pris dans ses bras, enfouissant le tête du jeune homme contre son torse, pour qu'il ne regarde pas son visage. Cela faisait de longues années qu'il n'avait pas pris quelqu'un contre lui, hormis Uruha et cela le troublait. Il ne savait pas pourquoi il avait fait cela, mais il se laissa aller à offrir une tendre étreinte au jeune homme en pleurs. Ruki, de son côté, n'avait pas compris tout ce qui se passait, mais s'était laissé allé à cette soudaine affection sans réfléchir. Après tout, il avait besoin qu'on le console, et même si Reita était par moments impressionnant, Ruki découvrait une nouvelle facette de son hôte qui lui plût beaucoup.
Ils restèrent enlacés de longues minutes, jusqu'à ce que les sanglots de Ruki disparaissent totalement. Il se recula légèrement, mais ne releva pas le visage, pour ne pas voir celui de Reita et le gêner. Il le remercia timidement, alors que Reita n'avait toujours pas bougé. Voyant le silence s'installer un peu trop au goût de Ruki, il reprit afin d'engager la conversation.
« C'est quand même bizarre que la vie ait rapproché deux personnes si différentes ! Je veux dire quand on te regarde toi et qu'on me regarde moi... On est vraiment... différents !
- C'est bon, c'est pas le belle et la bête non plus ! Rit doucement Reita.
- Tu me trouves beau ? En même temps être beau c'est mon métier...
- J'étais aussi superficiel que toi à une époque ! Tout ce qui comptait était mon apparence ! J'étais beau avant... »
Un sourire amer naquit sur chacun de leur visage. Reita au souvenir de son passé, Ruki à l'entente du mot « superficiel ».
« Tu sais, je parais très superficiel comme ça, mais au fond, je ne le suis pas tant que ça ! Souvent on me catégorise comme tel sans chercher à ma connaître, et ça me fait mal ! »
Reita ne répondit pas, Ruki reprit, le visage toujours dirigé vers le sol.
« Je n'ai entraperçu qu'une seule fois ton visage sans qu'il ne soit dissimulé, je ne peux donc pas vraiment juger, mais je ne te trouve pas laid. Tu sais, chez une personne, un seul petit détail peut faire que cette personne soit belle, même si le reste est moins beau !
- Tu te lances dans la philosophie sur la beauté maintenant toi...
- Te moques pas ! Je disais donc, même si ton visage est ce qu'il est, ton regard est beau !
- Mon regard est triste !
- Roh, mais ça fait un malheur chez les jeunes de nos jours, le beau jeune homme mystérieux au regard triste !
- Je suis sérieux Ruki ! »
Reita s'éloigna sur ces mots et s'approcha de la fenêtre.
« La neige semble se calmer, la venue d'Uruha devrait être proche ! »
Ruki ne dit mot, se contentant d'acquiescer, même si Reita lui tournait le dos.
« Ma présence t'insuporte-t-elle tant que ça ?
- Bien sûr que non Ruki, seulement, je n'ai plus l'habitude de côtoyer des humains !
- Être en contact avec quelqu'un ne te fait pas de bien ?
- Je ne sais pas, tout est différent depuis que tu es là !
- Différent, dans son sens « mauvais » ?
- Non, seulement différent.
- Tu as peur ? Demanda Ruki.
- Peur de quoi ?
- Tu as avoué avoir peur de mon regard à la vue de ton visage. As-tu aussi peur de reconnaître que tu t'es trompé ? Que la compagnie de quelqu'un peut être agréable ? »
Le silence régna quelques instants avant que Ruki ne le rompe, une fois de plus.
« Je ne dis pas que ma présence à moi est forcément agréable, mais tout le monde a besoin de quelqu'un de temps en temps !
- Je suis peut-être différent Ruki ! Dit Reita, toujours sur le même ton neutre.
- Peu importe ta différence, tu restes un être humain ! Tu as des besoins, des envies, des sentiments !
- Ruki, soupira Reita, n'essaye pas de me comprendre, tu n'y arrivera pas !
- Mais je n'essaye pas de te comprendre, je veux juste de la compagnie ! Ta vie est peut-être dure, et bien la mienne aussi depuis que je suis ici ! A mon arrivée ici, tu m'adressait à peine la parole, maintenant, on tient une conversation à peu près normale, même si on s'engueule, au moins ça me fait du bien de parler ! » S'énerva Ruki.
Sans même laisser le temps à Reita de répondre, il quitta la pièce et se rendit dans sa chambre où il se blotti sous les couettes.
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Alors ? ^w^
Demain ou dimanche devrait arriver la suite de silver and cold ^^
A bientôt ! n_n
