Bonjour/Bonsoir!

Me revoilà donc pour ce troisième chapitre de MoM; Tritrix s'émancipe, Rowle lui sauve la mise, Rabastan se barre, et Rodolphus... ~ Sans oublier Wilfried. \ô

... Bref, je m'égare. Sur ce - en admettant que quelqu'un me lise encore êe- bonne lecture!


Le ciel est bleu, connard.

| Aussi sûrement que ton esprit se perd dans les méandres de ta folie. |

La chambre était vide.

Rien ! Il n'y avait plus rien. Et sur le rebord de la fenêtre, une petite grue de papier ensorcelée semble attendre que tu te décides enfin à venir l'ouvrir. Un sourire presque hystérique prend place sur ton visage, tandis que tu attrapes sans ménagement le messager de papier – la spécialité de Rowle.

La prochaine fois, fais plus attention à tes affaires... Enfin, devrais-je plutôt dire NOS affaires.

Rodolphus est dans un sale état. Rabastan s'est barré Merlin sait-où.

Quant à moi, il te serait inutile de savoir où je me trouve présentement .

Ah ! J'oubliais.

T'es dans la merde, 'Trix.

Un mot, et le message se consume dans la paume de ta main. Bien sûr, le maître n'a pas eu le temps de trouver Rabastan... Cet imbécile avait un don pour flairer le danger et fuir au moment opportun. Rodolphus... Inutile de s'apitoyer sur son état; futile de s'attarder sur l'étau qui enserre soudainement ta poitrine. Thorfinn... Ce petit enfoiré aura eu une fois de plus une bonne longueur d'avance sur le reste – le Lord devait s'en fiche de lui comme de son premier gaillon. Et il en profitait outrageusement.

Dans le pire des cas, tu t'imaginais encore t'aider de tes... possessions pour fuir. Tu te serais ensuite exilée... En Russie. Revenue vingt ans en arrière. Mais il fallait que, cette fois encore, la vie te joue un sale tour.

|M|o|M|

« Qu'est-ce que tu fous encore sale veracrasse blond ? »

Thorfinn ne répond pas; il se contente simplement de jeter un regard méprisant à sa Némésis, affalée quelques mètres plus loin, dans un angle de la pièce. Il empeste l'alcool à plein nez. Et toi, allongée de tout ton long en travers du lit, tu regardes distraitement ces deux-là se prendre le bec. Tu n'as même plus la force d'intervenir : c'est à peine si tu arrives à garder un œil ouvert.

« Épargnes-moi les effluves de ton haleine nauséabonde et boucle-là. »

D'un geste négligent de baguette, il lance un sort de mutisme à Rabastan pour arrêter les hostilités. Trop fatigué pour bouger, celui-ci se contente de foudroyer du regard Thorfinn; mais Rowle ne semble même pas le remarquer, soudainement concentré – plissant les yeux, tu te rapproches inconsciemment de lui, histoire de voir un peu mieux la minuscule petite sphère qu'il tient dans sa main.

« Qu'est-ce que... ? »

Tu n'as pas le temps de finir de formuler ta pensée qu'un éclair noir illumine soudainement la pièce. Rowle se recule, un fin sourire satisfait sur les lèvres. « Il manque Rodolphus... Bah, les liens du sang l'incluront. », se murmure-t-il, plus pour lui-même que pour vous autres. « 'Trix, attrapes ! » réflexes de duelliste oblige, tu saisis la sphère au vol. Et tu regrettes aussitôt ton geste.

Il te semble qu'on t'aspire ton énergie vitale. Une désagréable sensation de froid t'envahit progressivement. Les yeux écarquillés, paralysée par une force obscure, tu laisses échapper un petit cri étranglé. Un voile noir recouvre ton champ de vision...

Tu sombres.

|M|o|M|

Tu lances un regard noir au lustre de cristal suspendu devant toi -qui a par ailleurs toujours juré affreusement avec le reste du mobilier- : suite à l'épisode de « La Sphère », il t'avait fallut six mois pour retrouver pleinement l'usage de ta magie. Tu étais déjà à bout de forces – cette maudite chose avait prélevée le peu de magie te restant à ce moment-là. Tu avais faillit y passer. Ce a quoi Rowle avait simplement haussé les épaules :

« J'y suis peut-être allé un peu fort... Et tu sais pertinemment ce que je pense de tout cela, Bellatrix. Mais passons ! Retiens bien ce que je vais te dire, car je ne le répéterais pas deux fois : cet objet est un Filtreur. Pour faire simple, je dirais qu'il empêchera toute personne ayant des mauvaises intentions vis-à-vis de son, ou ses possesseurs, de pénétrer dans l'endroit dans lequel il a été placé. Il agira un peu comme un sort repousse-moldu sur ces gens-là : ils ne leur viendra même pas l'idée de franchir cette porte. Il s'active grâce à l'énergie magique de ses possesseurs. Mais les Filtreurs ne sont pas courant dans le monde magique... En vérité, cet objet possède un énorme défaut : toute personne ayant, ne serait-ce qu'une goutte de sang en commun avec le propriétaire du Filtreur, n'en ressentirai même pas les effets. Comme ces objets étaient plutôt connus des familles sang-pur, et que les liens et conflits familiaux sont très courant dans ce milieu, les Filtreur n'avaient que peu d'utilité. Mais nous savons tous que... Est-il utile d'utiliser le surnom stupide qu'on lui donne ? n'a, et n'aura sûrement jamais une goutte de sang en commun avec nous. »

Il ne te serait même pas venu à l'esprit de lui demander comment diable il avait pu faire pour dénicher un objet pareil. Il n'était pas rare que Thorfinn sorte de sa poche des artefacts de magie noire venu d'on-ne-sait-où : il avait un talent sans pareil pour fouiner un peu partout, celui-là.

Toujours est-il qu'aujourd'hui, ce Filtreur, à défaut de te sauver la vie, te la rallongeait de quelques minutes. Le temps de... Quoi au juste ?

Désabusée, tu entreprend une rapide fouille de la chambre, des fois que Thorfinn t'aurait laissé un échappatoire. Les caches sont dévoilées, les meubles retournés. Mais il n'y a rien. Rowle avait du supposer que les risques que quelqu'un d'autre débarque dans cette chambre étaient trop grand. A présent, il ne te reste pas trente-six solutions.

Les effets du Filtreur s'annuleront à l'instant même où tu transplaneras. Il te traquera. A la clé ? Pas grand chose. Juste quelques jours, quelques semaines peut-être – le temps de toucher du bout des doigts quelque chose d'autre.

Dans un tourbillonnement de capes, tu te volatilises.

|M|o|M|

Et à présent, que faire ?

Dès l'instant où tu avais transplané, la brûlure de la Marque avait commencé à se faire ressentir. Les secondes s'étiraient, et ton bras semblait se consumer, emportant avec lui les cendres de tes espoirs. A Azkaban, tu avais bien fait sans ton esprit; tu pouvais bien continuer sans ton bras. Lève toi et marche ? Tu y arriveras bien.

Tant bien que mal, tu te redresses, jette un coup d'œil autour de toi. Ta magie t'aura menée dans l'une des nombreuses résidences secondaires des Black. Une villa française, sur la côte. C'est un joli coin, tu y a passé de bons moments, avec 'Cissa et Andromeda, du temps où la gangrène de l'impureté ne tournait pas encore autour de cette dernière. Son nom était passé tabou, depuis – et tout ce qu'on retenait d'elle se résumait à un nom sur lequel cracher. Et avec Narcissa, vous taisiez tous les bons moments passés avec votre feu sœur, aujourd'hui considérée morte par les Black. Elle était intelligente, cultivée, puissante, mais malheureusement résolument indépendante; et là où la bienséance exigeait de faire tapisserie, elle relevait bien droit la tête et n'hésitait pas à s'exprimer haut et fort. Elle n'avait pas la docilité de Narcissa, ni ta fourberie. Seulement un désir fougueux de s'émanciper. Était-ce de Ted Tonks dont elle était tombée amoureuse, ou de ce qu'il représentait : l'interdit ? Autant de questions dont tu n'auras jamais la réponse.

La douleur de ton avant-bras se fait toujours plus vive. Tu sais qu'il n'entreprendra pas tout de suite les recherches; ta recherche. Tu es une cible mouvante à présent, sa cible. Mais non, il te laissera sûrement vivre quelques jours, voire quelques semaines dans la panique constante. Le moindre bruit résonnera bientôt comme un insupportable brouhaha à tes oreilles. La moindre ombre suscitera méfiance; un regard trop appuyé pourrait porter à confusion. Comment vivre dans l'appréhension constante ?

Mais, il fallait également compter le facteur Potter. Obnubilé par le gamin, le maître en venait souvent à revoir ses priorités, de ce qu'on t'avait dit. Ainsi, tu pouvais te surprendre à rêver d'un peu de répit. Tout n'était pas noir : subsistait encore quelques zones grises.

En soupirant, tu décidais d'aller profiter du magnifique lit King Size – une commande spéciale gravée aux armoiries des Black. En parcourant les couloirs de la villa, tu te rappelles tous ces tableaux accrochés sur les murs, toute cette opulence presque obscène qu'affichait jadis cet endroit : dans cette nouvelle décoration, tu reconnais la patte de Narcissa. Riche, mais simpliste. Elle avait toujours eu le bon goût de s'afficher en discrétion... Il est loin, le temps où votre chère mère ramenait tout un tas de bricoles toutes plus chères et de mauvais goût les unes que les autres – Druella n'avait jamais possédé la subtilité et l'élégance des Black. Il fallait toujours en faire le plus possible, pour impressionner le voisinage. Heureusement, Cygnus avait la présence d'esprit de tempérer son extravagance.

L'époque où toute la famille Black vivait encore au Square Grimmaud était bien loin, à présent. Il était ironique de penser que l'intégralité de votre fortune était entre les mains du renégat de la famille. Et que le Manoir familial s'était vu reconvertir en QG pour l'ordre des dindes glucosées. Heureusement, ce sale chien restait sans-droits aux yeux du ministères – il n'avait donc, en théorie, aucun droit, que ce soit en tant que simple citoyen ou chef de famille. Toi non plus, d'ailleurs... Mais il s'avérait que les gobelins étaient très peu regardant sur leur clientèle.

Un gémissement étouffé. La douleur, toujours présente il va falloir apprendre à t'y habituer, désormais. Et, étendue de tout ton long sur le King Size, tu te dis que tu viens tout de même de commettre une belle connerie. Combien de personnes se montraient-elles suffisamment stupides pour tourner délibérément le dos à tous les piliers que leur existence n'aie jamais connue ? Sur un vulgaire coup de tête, sans rien derrière. Aucun allié, qui vous attendait au tournant d'un plan savamment orchestré. Rien. De plus, dans les temps qui couraient, la neutralité n'était jamais une bonne solution – surtout quand les deux camps leader voulaient votre peau. Et tu ne sais pas encore si cette belle connerie est la dernière que tu auras l'occasion de faire.

|M|o|M|

Aujourd'hui encore, le ciel est bleu, sans nuages. Des jours que le climat n'a pas montré un quelconque signe d'humidité – une grande nouveauté pour toi, habituée aux caprices de la météo anglaise. Il fait beau. Recluse dans ta villa depuis une semaine, tu aurais presque pu finir par penser que tu n'étais là que dans l'unique but de prendre des vacances, et non de te faire oublier. Ici, le temps semblait comme suspendu.

Un harfang vient une nouvelle fois déposer une petite lettre cachetée devant toi. Tous les matins, le même rituel se répète. Assise sous la véranda, tu regardes avec une résignation mêlée de dépit Wilfried apporter le courrier. Toujours le même. Et ce cachet marqué des armoiries Malfoy ne faisait aucun doute sur l'identité de l'expéditeur.

Le premier jour, tu avais ouvert ta lettre, par simple curiosité; et tout cet étalage pathétique que tu y avais trouvé t'avais dégoûté. Depuis, tu laissais ton courrier dépérir dans un coin de ton bureau, sans jamais y toucher. Mais il ne fallait pas s'attendre à grand-chose de plus de la part de ta sœur cadette... Docile à un tel point que ça en devenait presque écœurant. Elle qui se vantait de conserver sa peau lisse de toute marque ! Maintenant, elle y réfléchira à deux fois, avant de dédaigner ton statut de mangemort.

« […] Ne comprends-tu donc pas les souffrances que ton absence nous inflige ? Le Maître est furieux. Hier encore, il a tué dix d'entre nous dans un accès de colère […] Je te connaissais malsaine, et je te découvre maintenant égoïste au point de nous abandonner au courroux du Seigneur. Ta faute ! Ta faute ! Reviens, traîtresse ! […] »

N.M

A n'en pas douter, le Lord avait légèrement aidé Narcissa dans la rédaction de cette lettre. Mais c'était sans conteste sa panique qui avait guidé sa plume, à en juger par l'écriture tremblante, presque brouillonne de ta chère sœur; la même qui mettait toujours un point d'honneur à rendre des productions écrites d'une perfection telle que quelques mauvaises langues l'accusaient de tricheries – mais ça, c'était du temps de Poudlard. Les enjeux n'étaient plus les mêmes.

Les protections entourant le domaine Black étant actuellement réglées de façon à ne laisser entrer personne, tu baignais en ce moment dans une sécurité relative... En admettant que le Lord Noir sache où te trouve, il ne trouverait sûrement pas le temps, ni l'intérêt d'aller s'escrimer sur les défenses de la villa. Tout ce qu'il avait trouvé en dernier recours était apparemment cet étalage de bons sentiments... Conneries. Qu'ils fassent écrire Rodolphus ! Il te ferait bien plus d'effet. Mais, au fond de toi, tu savais bien que si le maître n'avait pas joué cette carte, c'était qu'elle était actuellement inutilisable... En admettant que Rodolphus soit encore vivant à l'heure qu'il est

Non. Il était encore en vie. Sinon, il te l'aurait obligatoirement signalé.

Un sourire amer joue sur tes lèvres... Et maintenant, je fais quoi ?

Ce serait tellement facile, de s'oublier sur la côte française l'espace de quelques jours, quelques années.

Un coup de bec vient t'interrompre dans tes rêveries. Une chouette effraie, vaguement familière elle tient dans ses serres un bout de parchemin froissé, quelques lignes écrites à la va-vite.

Le 10 mai, minuit, à la Tête de Sanglier,

j'ai quelques petites choses qui pourraient t'intéresser.

Soit à l'heure.

A.D

En relevant les yeux, tu t'aperçois que la chouette est déjà partie. Etrange... Il te semblait bien que quelqu'un de ta connaissance possédait une effraie. Qui ? Impossible de s'en souvenir. En revanche, l'écriture et les mystérieuses initiales de ce message te sont inconnues.

Le dix mai... Dans exactement une semaine. Était-ce un piège ? Mais, qui aurait la stupidité d'en tendre un aussi grossier ? Sûrement pas le Seigneur des Ténèbres. Pour lui, tu verrais plus une espèce d'ignoble chantage, jouant sur la corde sensible de la victime. Et puis... Avais-tu encore quelque chose à perdre ? Autant tenter le tout pour le tout, même si cela signifiait se jeter la tête la première dans la gueule du loup. Et, qui sait : ce mystérieux A.D valait peut-être le coup.


Et, et. Avant de me quitter, n'oubliez pas de laisser une petite review. Passke, ça fait plaisir et ça encourage, et que j'me sens triste toute seule dans ma grotte. ;;

Dans le prochain épisode: A.D se découvre de ses initiales mystérieuses; une petite tranche de rien du tout entre Tritrix' et Tommy. Et on continue d'avancer à l'aveuglette...

Ohohoh. A la semaine prochaine, donc. :D