Helooooooo !
Ben voilà, une lectrice m'a dit dans une review qu'elle venait voir à minuit le 14 du mois pour voir si j'avais posté. J'ai décidé de lui faire ce plaisir pour cette fois^^ Bon, j'ai les yeux qui se ferment tous seuls, mais le chapitre est là, tout beau tout chaud !
Pour la correction, c'est toujours Aïzhi qui s'y colle. Un grand merci à elle!
Et un grand merci à vous pour vos reviews. Je sais que je ne le dis pas à chaque chapitre, étant donné que je vous réponds à tous personnellement, mais vraiment, vous êtes géniaux!
Je précise que, comme l'indique le titre, Harry a 15 ans dans ce chapitre. Drago a donc 17 ans )
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Réponses aux reviews des non-logés en fin de chapitre.
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Chapitre 4 : Harry a quinze ans
Harry a quinze ans. Il est mon meilleur ami. Je suis son seul ami.
« Jacadi ferme les yeux. »
Mon cœur bat la chamade.
Harry garde les yeux grands ouverts.
« Harry… Tu dois fermer les yeux. »
« Mais t'as pas dit "a dit", me fait-il remarquer. »
« Jacadi a dit ferme les yeux. »
Il le fait, un sourire espiègle aux lèvres. Ce n'est qu'un jeu pour lui. Mais pour moi, c'est un instant décisif. Je vais savoir si je préfère vraiment les garçons. Et si ce n'est pas le cas, ce sera moins grave d'avoir fait ça avec Harry, juste pour voir. Car pour lui, c'est juste un jeu. Même s'il ne sait pas encore que ce n'est pas à Jacadi que je veux jouer.
Je m'approche et lui prends la main. La mienne est moite. Ses yeux bougent sous ses paupières. Il a peut-être senti ma nervosité. Je me passe la langue sur les lèvres. Elles sont sèches. Je suis si près de son visage que je sens son odeur de petit garçon et la chaleur de son souffle sur ma bouche.
« Ne bouge pas, je murmure. »
Je me trouve affreusement maladroit mais, finalement, je l'embrasse. Il garde ses yeux fermés et fronce les sourcils. Apeuré, je recule d'un pas et lâche sa main. Mais il la rattrape dans la sienne, manquant de faire éclater mon cœur. Il reste là, les yeux fermés, la bouche tendue. En tous cas, ça me plait de le croire.
Je reprends sa main plus fermement et je l'embrasse de nouveau, plusieurs fois. Des baisers courts, des plus longs… Ses lèvres rebondies sont agréablement tièdes. Ça me rend dingue de les embrasser. Et c'est pire encore lorsqu'il finit par me répondre.
Je passe mon bras autour de sa taille et rapproche mon corps du sien. Ses cils papillonnent et j'aperçois le vert de ses iris. Les étoiles aussi. J'ai un nouveau coup au cœur qui me fait haleter. Au même moment, Harry colle de nouveau sa bouche à la mienne et le bout de ma langue rencontre sa chair. Je me recule, surpris. Mais lui ne semble pas perturbé. Il revient à la charge pour d'autres baisers.
Sauf que maintenant, je veux d'autres baisers. Et sa fougue me rendrait presque téméraire. Je tente un premier coup de langue. La sienne vient lécher ses lèvres là où la mienne les a mouillées.
« Non… Juste… Ouvre la bouche… »
Obéissant, il le fait. Comme un enfant qu'on nourrirait à la cuillère, il tend son visage vers moi. Les paupières mi-closes, il est adorable.
Je lape sa lèvre inférieure. Puis ma langue va chercher la sienne. C'est comme sauter dans le grand bain pour la première fois. Après l'angoisse et l'adrénaline du début, ne restent que les sensations exquises de la découverte. Et puis non, finalement c'est bien mieux que de sauter dans le grand bain. Surtout quand Harry pousse enfin sa langue contre la mienne.
On s'embrasse vraiment. Encore et encore.
Lorsque l'on finit par s'arrêter, je suis incroyablement heureux. Et je crois qu'Harry aussi, vu le sourire qu'il me rend.
Ses lunettes sont tout embuées.
Je ne sais toujours pas si je préfère vraiment les garçons… Mais une chose est sûre : Je n'aime personne d'autre comme j'aime Harry.
« Encore, réclame-t-il en se penchant de nouveau sur ma bouche. »
Ses lèvres sont devenues toutes rouges à force que nous nous embrassions. Les miennes doivent être dans le même état. Elles tirent un peu. Mais je ne peux pas lui dire « non ». J'en ai autant envie que lui. Je le repousse dans le canapé et glisse ma main sur sa nuque. Ma langue retrouve la sienne.
Après notre baiser sous le pin, je n'aurais jamais cru qu'Harry vienne me trouver pour recommencer. Mais en fait, il est insatiable. Et j'en perds toute prudence.
« Humm, gémit-il. »
Je m'éloigne pour lui laisser reprendre son souffle. Il est complètement décoiffé et ses lunettes sont de travers.
« C'est bon dans ta bouche, me dit-il. »
Je crois que je pique un fard monumental. Sa naïveté me tuera.
J'essuie ses lèvres avec mon pouce, pour ne pas perdre contenance.
« Oui… Mais tu n'as pas oublié ce que je t'ai dit ? »
Il secoue la tête.
« Alors vas-y, répète. »
« Je dois pas dire qu'on est des amoureux et qu'on s'embrasse. »
« Oui. A personne. Et surtout pas à nos parents. Compris ? »
« Oui. »
Souriant, je dépose un dernier baiser sur ses lèvres.
« Bon, on arrête maintenant. Maman pourrait arriver et nous surprendre. »
Je dois me retenir de ne pas rire face à son air tout déçu.
« On refait une partie ? je demande en attrapant la manette de ma console. »
« Je veux bien que Millicent vienne, mais elle ne pourra pas rester dormir. En tous cas, je n'ai pas de place pour elle dans ma chambre ! Lavande dort déjà avec moi. Drago et Harry prendront les chambres du deuxième. Toi et Greg serez au premier. Théo vient avec sa copine et Blaise a des vues sur Lavande. Ils prendront les chambres du rez-de-chaussée. Bien sûr, reste toujours la possibilité que tu lui laisses ta chambre et que tu partages celle de Greg. Ou que tu dormes carrément avec elle, ajoute-t-elle sournoisement. »
Cette suggestion tire une grimace à Vincent.
Pansy peut être une vraie peste. Et elle déteste Millicent depuis qu'elle lui a confié être amoureuse de Gregory, il y a quatre ans ! Pansy déteste toutes les filles ayant des vues sur Greg, Vincent ou moi. Ma mère dit que c'est parce qu'elle a toujours eu l'habitude de nous avoir pour elle toute seule.
Vincent souffle et se gratte l'épaule, embêté. Millicent est sa cousine et ses parents lui ont demandé de l'amener avec lui à la soirée chez Pansy.
« Ben justement, si Lavande finit avec Blaise, elle pourrait dormir avec toi, propose-t-il. »
Le fou.
Pansy lui fait son regard le plus mauvais.
« Tu plaisantes j'espère ? Il est hors de question que je dorme avec elle. Elle ne se lave pas les cheveux ! Ils sont tout gras et pleins de pellicules ! crie-t-elle. »
« Non, c'est pas vrai ! s'énerve Vincent. C'est arrivé une fois durant la classe de neige ! Et ce n'était pas sa faute. TU avais passé trois heures dans la salle de bain et elle n'avait pas eu le temps de prendre sa douche ! »
« QUOI ? hurle Pansy comme une dramaturge. »
Elle a même fait sursauter Harry.
« Je te ferais remarquer qu- »
Ces chamailleries commencent vraiment à me taper sur le système.
« C'est bon ! Inutile de vous énerver ! Je dormirais avec Harry. Comme ça Milli aura une chambre pour elle toute seule. »
« Quoi ? Vous allez dormir ensembles ? Comme des p'tits PD ? se moque Greg. »
« T'es con ou quoi ?! je réponds, furieux. Je dors avec Harry depuis qu'il a 6 ans ! Et puis tu sais très bien qu'il n'est pas comme les autres ! »
Oh mon Dieu… Ne me dites pas que j'ai dit ça !
Pour le coup, j'ai ramené le calme. Ils me regardent tous, effarés.
Et moi, je n'en mène pas large. C'est à peine si j'ose me tourner vers Harry.
Il semble avoir compris… Alors que cette fois – pour une fois – j'aurais voulu qu'il ne comprenne pas.
« Ça ne t'embête pas de dormir avec moi ? je lui demande, la voix rauque. »
Je n'ai jamais accepté que qui que ce soit dise d'Harry qu'il n'est pas normal.
« Non, répond-il sans me quitter des yeux. »
Ce vert trop pur qui semble avoir renoncé… je voudrais ne jamais l'avoir contemplé.
Ne renonce pas, Harry. Je n'aime que toi…
Je n'aime que toi.
« Viens, Harry. On va prendre un café bien chaud, lui dit Pansy en le prenant par la main. »
Ne lui parle pas comme à un gosse ! Et ne le prends pas par la main !
Voilà ce que j'aimerais lui crier. Mais elle me lance un tel regard accusateur….
Et je sais que je l'ai mérité.
« Il n'aime pas le café, je murmure quand même. »
[….]
Je vais tuer Pansy.
Et Greg.
Entre cette garce qui ne lui a pas lâché la main de la soirée et ce sombre connard qui vient de lui tendre un verre de whisky, j'ignore qui m'énerve le plus.
Je traverse le salon au pas de charge, abandonnant Lavande derrière moi.
« Mais, Dray ! proteste-t-elle. »
Lâche-moi, poufiasse. Je vais commettre un meurtre.
Lorsqu'elle m'aperçoit, Pansy cesse immédiatement de rire. J'arrache le verre des mains d'Harry avant qu'il n'ait pu y gouter.
« Non mais ça va pas ! j'attaque en foudroyant Greg du regard. »
« … »
Il reste là, son regard de bovin posé sur moi, l'air de ne pas comprendre.
« Vous avez quoi dans la tête tous les deux ? je poursuis. Vous pensez que ça donne quoi quand Harry boit ? Perso, je ne préfère ne pas le savoir ! »
« Ça va, Drago. Arrête le mélodrame, souffle Pansy. »
« Non ça ne va pas ! JE suis celui qui est responsable d'Harry. Et je n'ai pas envie qu'il lui arrive quelque chose ! »
« Je vais bien, Drago. Pansy est gentille avec moi, intervient Harry en reprenant la main de Pansy. »
« Tu vois, me nargue Pansy avec un petit sourire. »
« Je ne vois rien du tout ! je crie en les séparant. C'est facile de passer pour la gentille en le trimbalant toute la soirée comme un petit chien. C'est facile de lui donner tout ce qu'il veut, même si ce n'est pas bon pour lui. Mais moi je n'appelle pas ça de l'am…itié. Harry est MON ami ! Et je sais très bien comment m'en occuper ! je termine, hors de moi. »
Pansy me regarde comme s'il venait de me pousser une seconde tête.
« Arrête, Drago, me prévient Greg. »
Il faut toujours qu'il la protège de toute façon. Même quand il est évident qu'elle se conduit comme une sale peste capricieuse.
« Viens, Harry. On va se coucher. Il est déjà bien assez tard, je lui dis en attrapant son bras. »
Mais il ne bouge pas, à ma grande surprise.
« Harry ? »
« J'ai envie de rester avec Pansy et Gregory. »
Je crois que je blêmis. Il m'a dit « non », et c'est comme s'il venait de me gifler. Je me sens humilié.
« Tu es sûr ? je lui demande avec raideur. »
Il hoche la tête.
« Harry n'est plus un bébé. Il a 15 ans. Bien sûr qu'il veut rester et s'amuser avec nous. »
« Je t'ai rien demandé, Pans'. »
Je me rapproche d'Harry et murmure entre mes dents :
« Tu es vraiment sûr ? Tu ne veux pas me faire plaisir ? »
Je vois précisément le moment où il cède, à la façon dont son regard vacille, plein d'une sorte de détresse que seule sa reddition pourrait calmer. C'est ignoble. Cela s'appelle du chantage affectif. Et ça a toujours très bien fonctionné sur Harry.
« Si, me répond-il en baissant la tête. Je viens. »
Un soulagement intense. C'est la seule raison qui explique mon sourire. Car je ne suis pas très fier de moi. Je lui prends la main pour quitter la cuisine.
« Harry n'est plus un bébé, Drago ! Et ce n'est pas non plus un objet ! s'énerve Pansy en nous suivant. Tu n'as pas le droit de le manipuler comme tu le fais ! »
« Ça te va bien de dire ça ! Qu'est-ce que tu crois faire depuis cette après-midi ? Moi au moins je ne pense qu'à son bien-être ! je m'énerve à mon tour. »
Elle me fait face en croisant les bras, dans une parfaite imitation de sa mère.
« Ah oui ? Tu es vraiment sûr de ça ? me demande-t-elle avec ce calme parfait pour inciter au doute. »
Mais ça fait bien longtemps que ce genre de truc ne prend plus avec moi.
« Oui, j'en suis sûr, j'affirme en lui tournant définitivement le dos. »
La main d'Harry est si docile dans la mienne. Comment pourrais-je vouloir autre chose que son bien ?
[…]
Je sors les affaires d'Harry du sac que Lily m'a confié. Dans sa trousse de toilette, je trouve son dentifrice et sa brosse à dents.
« Tiens, Harry, je lui dis, la gorge serrée. »
Sans rien dire, il les attrape. Je prends mes propres affaires de toilette et nous conduis à la salle de bain. Entre deux portes, le bruit de la fête en bas nous parvient.
On se brosse les dents en silence avant de regagner notre chambre.
Je lui donne son pantalon de pyjama et je me déshabille rapidement avant de me glisser sous les draps, en caleçon. Harry met toujours beaucoup plus de temps à se préparer. Il est plus lent. Ce qui me laisse le loisir de regarder son corps un peu maigre et son visage, boudeur.
« Je suis pas un bébé. Je peux dormir tout seul, me dit-il avec son petit air buté. »
Je me redresse un peu contre la tête de lit. Je lui en veux de me dire une telle chose, mais je me raisonne en me disant qu'il ne se rend sûrement pas compte de ce que j'espère de cette nuit avec lui.
« Pourtant, tu as dit que tu étais d'accord quand je t'ai posé la question cette après-midi. »
« Je suis pas un bébé, répète-t-il en serrant son bras autour de sa taille. »
Il semble si vulnérable. Je ne sais pas quoi faire.
« Non, tu n'es pas un bébé. »
« Alors, pourquoi je dois dormir avec toi ? »
Il semble avoir tellement de peine. J'ai l'impression d'être une sorte de monstre qu'il ne voudrait approcher sous aucun prétexte.
« Parce que tu es mon amoureux, je réponds quand même. »
Et tout son visage se transforme.
Sa petite moue renfrognée laisse place à l'air le plus idiot qui puisse exister. Entre surprise et compréhension. Mais il a quand même l'air bête. C'est indescriptible et j'aurais sûrement ri si je n'avais pas si mal au cœur.
« Tu avais oublié ? je lui demande, amer. »
Il secoue la tête, sans changer d'expression.
« Viens m'embrasser alors, je murmure avec le peu d'assurance qu'il me reste. »
Mais Harry ne se fait pas prier plus. Il me rejoint précipitamment sur le lit et colle immédiatement sa bouche à la mienne.
« Doucement, je ris en attrapant son visage. »
Et je bécote ses lèvres avec une euphorie bienvenue.
J'avais l'estomac noué depuis le début de l'après-midi.
Mais à présent qu'Harry est tout prêt à me dévorer, je me sens incroyablement léger. J'ai envie de rire et d'hurler ma joie. En vérité, je glousse bien un peu. Et Harry tout autant. Il a l'air aussi heureux que moi.
« Viens, je lui demande en écartant les draps. »
Il se glisse contre moi. Je le serre, un peu ému de me retrouver ainsi avec lui. C'est si intime de s'embrasser dans un lit, nos corps à moitié nus. Je tremble un peu, je crois. Mes mains sont si avides de le toucher. Je caresse sa peau. Je me sens un peu maladroit, d'autant plus qu'Harry ne semble pas très réceptif. Il ne bouge plus du tout, en fait. Même sa langue reste immobile contre la mienne.
« Est-ce que ça va ? je demande en me reculant un peu. »
Il referme la bouche et hoche la tête à toute vitesse en écarquillant les yeux. Je ris de nouveau en mêlant mes doigts à ses cheveux. On est tous les deux un peu nerveux, en fait. Je crois que je rougis. J'enlève doucement ses lunettes à Harry, pour me redonner un peu contenance. Puis je l'embrasse de nouveau. Je roule sur le dos et il suit le mouvement. Il m'écrase à moitié, ne pensant qu'à m'embrasser.
« Attends… Attends ! je ris en poussant son front de ma main. Viens par là, je lui demande en tirant sur son bras. »
A force de jouer des hanches et des genoux, il se retrouve allongé entre mes jambes. Il n'a pas l'air très à l'aise.
« Je peux mieux te toucher comme ça. Et toi, tu peux m'embrasser autant que tu veux, je murmure en passant mes mains dans son dos. »
« D'accord ! me répond-il dans un grand sourire. »
Et sa bouche ne tarde pas à rejoindre la mienne.
Mon pied glisse le long de sa jambe tandis que mes mains découvrent le creux de ses reins. Et la lisière de son pantalon. Mes paumes deviennent moites et je sens mon sexe se gonfler à l'idée de lui toucher les fesses. Mais je n'ose pas. Alors je les remonte pour caresser ses épaules et masser sa nuque. Est-ce que je lui fais de l'effet moi aussi ?
Oh-pu-tain.
Harry vient de se frotter à moi. Il est dur lui aussi. Je me sens suffoquer tant j'ai chaud soudainement. Je me détourne pour échapper à la voracité de notre baiser et je bécote son cou tout en tentant de me calmer. Mais Harry laisse tomber sa tête contre mon épaule et continue de se frotter contre moi en gémissant. Ça me rend complètement fou. Mes doigts se crispent sur ses fesses, faisant se coller nos bassins plus franchement. Je me déhanche pour sentir son corps sur mon érection. La sienne s'écrase contre mon ventre.
Il n'arrête pas de gémir, prostré sur moi. Je pourrais croire qu'il souffre. Mais c'est bien lui qui bouge entre mes jambes. Une de mes mains passe derrière ses fesses et je sens ses bourses à travers son pantalon de pyjama. Harry se crispe et gémit encore plus fort.
Soudain, la porte de la chambre s'ouvre et je vois avec horreur Lily apparaître.
Paniqué, je tente de me dégager mais Harry, qui n'a rien entendu, ne bouge pas. Pire encore, il continue de se frotter à moi en gémissant.
Je regarde sa mère, tout aussi horrifiée que moi.
J'attrape Harry par les épaules et tente de le repousser.
« Arrête ! Arrête ! je crie en me débattant. »
Quand Harry s'écarte enfin, Lily a refermé la porte.
« Pardon, Drago. Je t'ai fait mal ? me demande Harry, apeuré. »
Je secoue la tête, sous le choc.
« Ta mère… Ta mère nous a vus. »
Il regarde vers la porte, puis ses yeux font tout le tour de la pièce, sans comprendre.
« Maman ? me demande-t-il, incertain. »
« Oui, je suis là chéri, répond la voix étouffée de Lily derrière la porte. Habille-toi. Je t'attends, ajoute-t-elle. »
Dire que je me sens mal est un euphémisme. Harry n'en mène pas large non plus. Il me regarde avec crainte. Le pire, c'est que ce n'est pas de sa mère dont il a peur, mais de moi. Je lui ai bien assez rabâché que nos parents ne devaient jamais rien savoir de notre relation.
Je me jette sur lui pour le prendre dans mes bras.
« Ça va, Harry. Je ne suis pas fâché, je lui dis, mort de trouille. Ta mère t'attend. Il faut t'habiller, je murmure. »
J'essaie de garder la tête froide, mais la panique est à deux doigts de m'engloutir.
Je me détache de lui et me lève pour lui apporter ses vêtements. On s'habille en silence et je range son sac pour le lui donner.
« Je ne dors pas avec toi ? me demande-t-il, perdu. »
« Non. Ta mère est venue te chercher, je parviens à répondre malgré ma gorge serrée. »
Il saisit son sac et se dirige vers la porte. Il l'ouvre et Lily le prend tout de suite dans ses bras.
« Oh mon bébé, dit-elle en embrassant ses cheveux. »
Elle le garde tout contre elle et plante ses yeux verts, les mêmes qu'Harry, dans les miens.
« Je t'ai envoyé plein de messages sur ton portable pour savoir si tout se passait bien. Tu ne me répondais pas. J'étais inquiète, me dit-elle comme pour s'excuser. »
Elle n'a même pas l'air en colère.
« Tout va bien, je réponds dans un coassement pathétique. »
Ses yeux ne me quittent pas, comme si elle essayait de me sonder.
« Oui, tout va bien, répète-t-elle. »
Puis elle se détache d'Harry.
« Allez viens, chéri, on rentre, lui dit-elle en ne me prêtant plus attention. »
Et ils partent tous les deux.
« T'es fâchée, maman ? »
« Non. Non, je ne suis pas fâchée. »
Harry ne m'a même pas regardé une dernière fois.
J'avais continué de voir Harry, continué à lui voler des baisers, à lui rendre les siens. Je n'avais plus osé les caresses, trop heureux d'avoir échappé, grâce à je ne sais quel divinité, aux foudres de nos parents. J'avais presque réussi à me persuader que tout n'avait été qu'un horrible cauchemar et que je ne faisais rien de mal en aimant Harry.
Jusqu'à aujourd'hui.
« Pourquoi Durmstrang ? Poudlard est beaucoup plus proche et elle m'a accepté aussi. »
Ma mère évite mon regard, ce qui ne fait que renforcer mon sentiment de profonde injustice. Ou de justice parentale, tout dépend du point de vue.
« Oui… Mais ton père et moi pensons que tu t'épanouiras plus à Durmstrang. Ils ont de meilleures infrastructures et un campus beaucoup plus grand. Elle accueille des élèves du monde entier et propose plusieurs cursus en partenariat avec quelques-unes des facultés les plus renommées à l'international. De plus… »
« Je ne veux pas y aller ! Poudlard me convient très bien. Tous mes amis y vont et il y a de très bons professeurs d'économie ! »
Et surtout, si vous m'envoyez à Durmstrang, je ne verrais plus Harry. Alors, je vous en supplie, laissez-moi aller à Poudlard.
C'est ce que j'aimerais leur dire, mais je ne vais pas risquer d'amener la conversation sur ce sujet.
« Ce n'est pas discutable, Drago, me répond mon père avec un ton proche du zéro absolu. Tu iras à Durmstrang. Un point c'est tout. »
Un point c'est tout.
La sentence est tombée et les mots, ceux que je pourrais dire pour lutter encore un peu, se refusent à moi. « Un point c'est tout », c'est le paralysant le plus efficace que l'on ait jamais mis au point pour me terrasser. C'est un peu le « pour me faire plaisir » qui marche si bien sur Harry.
Sauf que je reste conscient de ne pas être consentant. On ne me fait pas croire que c'est ce que je veux. Merci papa de m'aimer assez pour me laisser cette parcelle d'insoumission. Même si là, tout de suite, je voudrais pouvoir t'envoyer te faire foutre, mais que j'en suis incapable.
J'ai l'impression que mon âme se disloque et que seul mon cœur, dont les battements me semblent curieusement réguliers, est encore vivant. Pour mon plus grand malheur.
« Que va faire Harry sans moi ? »
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Dès à présent, retrouvez un extrait du chapitre 5 sur mon LiveJournal.
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Réponses aux reviews des non-logés :
La limace : Hellooooo Dame Limace ! Et oui, Drago a un complexe de supériorité, mais rien de pervers dans le sens où il ne veut pas écraser Harry sous sa semelle. Il veut s'occuper d'Harry, qu'Harry l'admire et le reconnaisse comme quelqu'un d'indispensable. Il s'énerve mais est-ce vraiment contre Harry ? Il est frustré car il n'arrive pas à faire comprendre à Harry ce qu'il veut. Ce n'est pas la faute d'un élève s'il ne comprend pas ce que le maître lui explique. C'est juste que le maître explique mal (raccourci grossier mais fondé :) ) Et Drago expérimente la douleur de ne pas savoir comment être compris d'Harry. Il s'énerve injustement contre Harry et il culpabilise beaucoup ensuite. Car Drago veut rendre Harry heureux et certainement pas le faire pleurer ! Effectivement, Sirius et Remus, ce baiser surpris entre eux, est un moment marquant pour Drago. C'est pour cela qu'il est relaté dans cette histoire. Et même s'il ne se rend pas vraiment compte de ce que cela déclenche en lui à ce moment, il n'en reste pas moins que cette image restera probablement gravée sur sa rétine pour le restant de sa vie. Je voulais que la scène soit une surprise pour le lecteur afin qu'il comprenne l'émoi de Drago qui, lui non plus, n'aurait jamais pu imaginer ça. « A force de crier au loup »…. Est effectivement un sous entendu. Mais tu es la seule à l'avoir noté. Sirius ne s'arrête pas là et n'hésite pas à provoquer Drago avec son « comme c'est mignon » qui sous entend aussi beaucoup de choses. Une automobile ? T'es la première à me dire ça, mais c'est pas faux ! Je n'y avais jamais pensé ! Bon mais alors dans ce cas, une Audi ou une Volvo mdr Moi ton pseudo me fait toujours pensé au film « L'histoire sans fin » et à son escargot géant. Je vois la même chose, mais version limace. C'est pour ça que je t'appelle Dame Limace ! Et oui, c'est humble. Bon, c'est moins humble que « le cafard » mdr Mais c'est beaucoup plus glamour ) Moi, j'adore ce pseudo ! A bientôt^^ Bisous !
Elizabeth Snape : Coucou ! Oui, James est celui qui a martyrisé Severus à l'école. Mais il est aussi celui qui a lutté contre le seigneur des ténèbres, pour la paix. On a tous des choses de notre passé dont on n'est pas très fiers… Et puis, mon James n'a peut être jamais martyrisé Severus. On est dans un UA après tout :) Beaucoup de lectrices ont de la peine pour Nymphadora. Je comprends… L'infidélité est un crime dans notre société ! Et oui, oui, oui, même si tout ne sera pas rose, la relation d'Harry et Drago va évoluer positivement. (En fait, je voulais que Drago tue Harry dans un excès de possessivité. Puis il y aurait eu une vendetta, James aurait tué Drago, Sirius aurait planqué le corps. Pour se venger, Lucius et Narcissa auraient séquestré Lily et la prise d'otage aurait fini dans un bain de sang. Mais j'ai renoncé à ce projet, j'ignore pourquoi ! lol) Merci pour tes compliments, ils me font vraiment super plaisir. J'espère que cette suite t'aura plu. Bisous !
Chloe : Coucou ! Et bien, tu fais partie des rares qui ont pris la pleine mesure de ce qui se passe entre Harry et Drago dans ce chapitre. Mais je suppose qu'il faut connaitre les enfants et le handicape pour comprendre combien parfois, malgré tout l'amour du monde et nos bonnes intentions, on perd pied et patience. Et la culpabilité qui va avec aussi. Mais c'est vrai qu'Harry a la chance d'être aimé inconditionnellement par Drago. Parfois, c'est à se demander qui a besoin le plus de l'autre. Je suis heureuse que mon histoire puisse apporter un peu de réconfort dans ce quotidien dont tu me parles. J'espère que la suite te plaira tout autant^^ A bientôt !
