Je tiens à m'excuser pour mon retard, je me suis un petit peu laissée dépasser par mon emploi du temps, et j'ignore si ça va s'arranger! En tout cas merci pour vos reviews, elle m'aide énormément! J'espère que ce chapitre vous plaira!


Dans la moiteur des draps, au creux du lit à baldaquins, étroitement serrés l'un à l'autre, un garçon blond comme les blés et une jeune fille brune comme la plus profonde des nuits, reposaient. Quiconque les aurait observé se serait plût à dire que les deux jeunes gens présentaient une parfaite complémentarité physique. Pourtant, toutes les personnes interrogées sur le compte d'Alexander Firth et Lorinda Eagle s'accordaient sur un point: les deux sorciers n'avaient rien à faire ensemble.

Cependant, à l'heure qu'il était, le couple semblait accorder bien peu d'importance à l'avis des autres…

- Comment ça va? Tu ne souffres pas trop? S'enquit la jeune femme.

Alexander fit une grimace de douleur, avant de gonfler fièrement le torse.

- Je survivrai!

Lorinda sourit.

- Oh quel homme!

- Je sais, tu as de la chance…

La sorcière lui pinça gentiment le bras avant de s'installer plus confortablement sur son épaule.

- Comment s'est passé ta retenue avec Black?

Lorinda se crispa imperceptiblement.

- Aussi bien que peut se passer une colle avec Black…

Alexander eut un rire léger face à l'agacement de sa petite amie.

- En tout cas tout le monde parle de la sortie que vous a fait faire McGonagall!

La jeune femme poussa un grognement de désapprobation.

- C'était très drôle, il faut dire…

- Excuse moi, mais ça ne l'était pas!

- Tu aurais dû voir ta tête quand elle t'a hurlé de te lever!

- Je suis morte de rire. Ha. Ha. Ha.

- Je vois, ton honneur perdu est un sujet sensible!

- Mon…Quoi?! Mais tu plaisantes j'espère! Je n'ai absolument pas…

Lorinda fut réduite au silence par Alexander qui plaqua sa main sur sa bouche.

- Okay, j'ai saisi, rit-il.

- Mphmfffeufeufm! (Tant mieux!)

- Loé?

- Très cher?

- Tu m'aimes?

- C'est une question de nana qui fait insulte à ta virilité… Tu le sais ça Firth?


(POV Lorinda)

Il ne faut pas être fin psychologue pour deviner que je n'ai en fait aucune envie de répondre à cette question. D'abord parce que je la trouve très mal venue, et ensuite parce que cette situation me ramène deux ans en arrière; Tellement, que j'ai presque l'impression qu'Alex a voulu me faire du mal…

FLASH BACK

Sirius avait pris soin de façonner la salle sur demande à l'image d'une chambre douillette et cossue aux couleurs de Griffondor. Sa petite amie du moment était allongée sur le ventre en travers du lit, et potassait un devoir de Métamorphose. La tête reposant au creux des reins de la jeune fille, Sirius rêvassait. Lorinda avait quinze ans. A quinze ans on croit à l'amour, et on ne rêve qu'à le vivre; Pourtant, ce soir là, lorsque Sirius -pour passer le temps, ou pour briser le silence- s'écria:

« Hey! Dis Loé, tu m'aimes n'est-ce pas?

Lorinda sentit la peur l'envahir, et elle s'entendit répondre:

- L'amour, ça n'existe pas. »

Après ça, ç'avait été comme si la température de la chambre avait chutée de dix degrés. Puis, Sirius était parti dans un de ces grands éclats de rire qui tenaient plus de l'aboiement.

« - T'es pas croyable… » Lui avait-il susurré au creux de l'oreille, avant de repousser son devoir de Métamorphose, et de l'embrasser doucement…

Fin du flash back

- Ne crois pas t'en tirer comme ça! Tu m'aimes, oui ou non?

Je ne referais pas les mêmes erreurs. Moi aussi je mérite le bonheur.

- Oui, je t'aime.


(POV Sirius)

James a un rendez-vous, Peter doit terminer un devoir de botanique avec une Serdaigle canon, et Remus m'a explicitement fait comprendre qu'il ne voulait pas de moi dans le dortoir aujourd'hui; Soit disant qu'il veut lire. On a pas idée… Quoiqu'il en soit, j'ai donc décidé de passer l'après-midi avec Maëlle. Ça lui fera sûrement plaisir. Ne prenez pas cet air offusqué, moi aussi ça me fait plaisir! J'ai beaucoup réfléchi (Siii…) après ma discussion avec Lorinda. Elle a peut-être raison, il est peut-être tant que je devienne sérieux… Au moins pour essayer! On verra bien ce que ça donne.

Me voilà donc, en ce début d'après-midi marchant d'un bon pas vers la salle commune des Serdaigle. Le soleil brille, les oiseaux chantent, Sirius est heureux! Le hic c'est que, croyez moi, croyez moi pas, depuis que je suis passé devant la bibliothèque, j'ai l'impression d'être suivi… Pire, il me semble qu'on prononce mon nom…

- SIRIUS!

Ah non, c'était pas une impression! Je me retourne pour me trouver face à Lorinda, toute essoufflée.

- Ça fait dix minutes que je te cours après, en hurlant!

J'hausse les épaules.

- Je t'ai pas entendu.

- Tout le château m'a entendu. Par hasard, tu n'aurais pas oublié quelque chose?

Elle m'exaspère lorsqu'elle prend cet air méprisant et supérieur! En plus, pour le coup, je ne vois du tout où elle veut en venir…

- Éclaire ma lanterne! Par contre dans le genre rapide, parce que là, je suis attendu…

Elle écarte les bras comme si je venais de répondre à la question à mille gallions.

- Exacte! Bravo Black, c'est ça! Tu es attendu! Et par MOI! Depuis trois quarts d'heure!!

Oh, mince… C'est vrai, ça me revient. On avait prévu de se retrouver avec Lily afin d'avancer le projet de Métamorphose. Vite, gagner, du temps!

- Euh… Et Lily? Elle est pas avec toi? (Ne jamais avouer ses torts!)

- Non, elle n'est pas venue, m'apprend t'elle, penaude.

- Parfait! Elle m'avait dit de l'attendre devant la salle commune, et ça fait… Oui, c'est bien ça, trois quarts d'heure que je la cherche!

J'ai déclaré ça à grand renfort de mimiques agacées et gestes démesurés, pourvu que ça marche!

- Lily t'a demandé de l'attendre? Demande t'elle, suspicieuse.

- Oui, elle voulait… Elle voulait… (Bon sang, mais qu'est ce qu'elle aurait bien pu vouloir?!)

- Laisse tomber, Black! J'ai rendez-vous en fin d'après midi, on a environ trois heures pour bosser.

Et là, comme ça, elle prend ma main dans la sienne et me traîne (avec une force insoupçonnée!) derrière elle jusqu'à la bibliothèque. A peine ai-je passé le pas de la porte que Madame Pince me lance un « chhhut!» courroucé, le doigt fermement appuyé sur ses lèvres ridées. Je n'ai pas le temps de lui faire remarquer que je n'ai encore rien dit (ni fait!) que Lorinda me jette dans une salle et referme la porte derrière nous. J'arrive pas à y croire: elle a réussit à faire en sorte que Madame Pince (qui porte très bien son nom…) accepte de lui céder une salle de la bibliothèque! C'est un exploit! Que dis-je, un miracle! Cette vieille bique à tellement la trouille que l'on fasse le moindre mal à ses précieux ouvrages qu'elle ne laisse jamais qui que ce soit isolé et hors de sa vue, à proximité de ses livres! A moins bien sûr que ce « qui que ce soit » soit (hum, hum…) vraiment très persuasif… Et il faut croire que Lorinda l'est!

- Lily nous avait réservé une salle…

Ah bah oui, forcément, tout s'explique…

- … et au final personne ne vient!

- Hey! Deux sur trois, c'est déjà pas mal!

Elle me lance un regard torve avant de reprendre:

- Assieds toi vite, on a du pain sur la planche!

« Du pain sur la planche »? Beuh? Qui utilise encore cette expression? Ma grand-mère ne le dit pas! Même Peter ne le dit pas!

- Oh oui, dis moi des grossièretés!

Elle fronce les sourcils et va pour répondre lorsqu'on frappe à la porte.

- Si tu avais été à l'heure, la mère Pince ne t'aurais jamais remarqué, maintenant on ne va jamais pouvoir travailler en paix…

Euh gnagnagna…

Agacée, elle se dirige vers la porte, l'ouvre et… Wow! Je n'ai vu qu'un éclair heurter Lorinda avant que celle-ci ne recule de trois bons pas en se tenant la mâchoire.

- VIEILLE GARCE!

Ouh ça devient intéressant! Maëlle vient de débarquer dans la pièce, telle une furie, et elle balance tout un répertoire d'insultes à Lorinda, plus hébétée que jamais.

- COMMENT OSES-TU ESSAYER DE ME PIQUER SIRIUS?!

Oh j'aime!

- C'EST MOI QU'IL VEUT!

La gamine est complètement hystérique, mais c'est rien comparé à l'orage qui se prépare dans le regard de Lorinda; Après être passé par toutes les couleurs, je la vois devenir blanche comme un linge et s'avancer rageusement vers Maëlle. Il est tant que je m'interpose…

- Toi espèce de sale gosse, ça va être ta fête…

J'ai juste le temps de me placer entre les deux tornades, et de les éloigner le plus possible l'une de l'autre. Au bout de mon bras droit, Maëlle se débat comme une lionne (qu'elle n'est pas, nota bene.) et tente de griffer Lorinda, qui tord mon bras gauche pour essayer de me faire lâcher le col de sa chemise…

- Mais calmez vous! Vous avez un sérieux problème! Pas que je n'aime pas que vous vous battiez pour moi, remarquez, mais…

- Je ne me bats pas pour toi! Crache Lorinda, je veux juste refaire le portrait de cette petite traînée!!

- Traînée toi-même!!

Je sens qu'on va aller loin… Je ressers mon étreinte autour de l'épaule Maëlle, lâche prudemment Lorinda (en prenant garde de ne pas lui tourner le dos…) et entraîne la blondinette hors de la salle.

- Toi et moi, faut qu'on parle…


(POV général)

Allongée sur son lit, Lorinda était entourée de Lily et Jade. Cette dernière apposait une compresse glaçante sur la mâchoire de son amie.

- Ça te fait du bien?

- Oui, beaucoup, merci…

- Je t'en pris; Ma grand-mère utilisait souvent ce genre de compresse magique lorsque, enfant, je tombais.

Lily caressa affectueusement les cheveux noirs de Lorinda.

- Je ne reviens toujours pas de cette histoire…soupira la sorcière aux cheveux flamboyants.

- Moi non plus, grogna Lorinda.

- Je vais étriper cette petite oie blanche, déclara Jade, ce qui eut pour effet d'arracher un douloureux sourire à son amie.

- Je regrette tellement de n'avoir pas pu être là… Tout aurait été différent, je te jure qu'elle ne s'en serait pas tirée comme ça!

Lorinda se releva sur les coudes, interloquée.

- Oui, d'ailleurs où étais tu?

- Mais oui, c'est vrai ça! Renchérit Jade.

Lily balaya la question d'un geste évasif de la main.

- J'avais rendez-vous, rien de bien important…

Lorinda et Jade s'entreregardèrent, suspicieuses, mais n'insistèrent pas plus; Tout vient à point à qui sait attendre…

- Je me demande bien ce qu'a pu lui dire Sirius…Reprit Lorinda, l'air de rien.

- Après ça, j'espère qu'il l'a largué; c'est bien tout ce qu'elle mériterait… Décréta stoïquement Lily.

- Pfff! Sirius? La larguer parce qu'elle m'a frappé? Il aurait plutôt tendance à la demander en mariage oui!

- Peu importe ce que fait ou ne fait ce dégénéré, moi je vais lui faire regretter d'être née, conclut fermement Jade.


(POV Lorinda)

Après cette dure journée, j'avais pensé qu'il serait judicieux de descendre dans le parc afin de profiter des derniers rayons du soleil. Ça c'était avant. Avant que je ne vois débarquer Sirius et Maëlle, l'un l'air décidé, et l'autre la mine penaude. Dès cet instant, deux solutions s'offrent à moi : je lui colle une droite avant qu'elle n'ouvre sa jolie petite bouche, première option, ou j'attends qu'elle parle ET je lui colle une droite, deuxième option. Gros dilemme.

- Lorinda?

Hé! Elle m'a pris de court, je n'étais pas encore décidée!

- Je suis désolée…

Bravo, elle vient de ficher en l'air toutes mes options…

- Je tenais à m'excuser, vraiment pour tout à l'heure, et… Sirius? Tu pourrais nous laisser seules, deux secondes?

Laissez moi rire, hu, hu! Elle croit qu'il obéit au doigt et à l'œil?

- …

Et bah oui! Il semblerait! Sans un mot, et après un sourire charmeur adressé à Maëlle et moi, le voilà qui, docilement, va faire un tour un peu plus loin… J'y crois pas! Une fois, lors de ma cinquième année, ma plume est tombée sous sa chaise, lorsque je lui ai demandé si il voulait bien me la rendre, il a levé les yeux au ciel, l'air inquiet, et a dit « Hé James, est-ce que toi aussi tu entends les voix? » puis il est parti dans un éclat de rire interminable; Ce n'est que quand je l'ai menacé de lui carrer ladite plume dans l'un des endroits les plus célébré de son anatomie si je ne la récupérait pas sur le champ, que môsieur a daigné se pencher et étirer son royal bras droit pour me rendre mon bien. Et là, le voilà qui trottine et fait le beau dès qu'on le siffle… Incroyable.

Mais mon premier problème ne réside pas en Sirius (pour une fois!) mais en Maëlle…

- J'ai été injuste, je te demande pardon, Sirius m'a raconté tout ce que tu as dit…

- Ah oui? Et j'ai dit quoi?

La gamine a un sourire gêné. Elle est tellement pathétique…

- Il m'a dit que tu m'aimais bien, et que tu étais heureuse que je sois avec lui, qu'on allait bien ensemble…

Oh mon Dieu, j'ai la nausée…

- … Et ça me flatte et me rassure en même temps énormément, car je sais que tu le connais bien, et que tu as de l'influence sur lui…

NahahAAhaa!! Je suis morte de rire!! Elle croit quand même pas ça? Si?

- … Et je me dis que ton avis doit lui être très précieux, et que par conséquent ce que tu penses de moi est très important pour mon couple.

Voilà, on dirait qu'elle a finit, elle me sourit, l'air serein… On dirait qu'elle assiste à l'apparition de Merlin! Elle dit toujours rien, va falloir que je me lance…

- Hum… Euh oui! Je suis contente qu'on ait pu mettre tout ça à plat.

- Moi aussi, merci de ton écoute. Tu sais, j'aime vraiment Sirius, et…

Rougissante, elle s'approche de moi comme si elle allait me révéler le secret de la création du monde…

- … Je crois qu'il m'aime aussi!

Je lui adresse un sourire crispé, tandis qu'elle plaque ses deux mains manucurées sur sa bouche et trépigne d'excitation.

- C'est… C'est super!

Il serait injuste de dire que j'ai envie de la frapper; On serait dans la demi-mesure; J'ai envie de la tuer; De la massacrer…

- Je vais te laisser, il ne faudrait pas qu'il s'impatiente!

Hi, hi, hi! Pauvre truffe…

Et elle s'éloigne, la démarche dansante. Je la hais.

- Qu'est-ce qu'elle voulait?

Je n'avais pas vu Jade arriver, son balai à la main.

- S'excuser.

- C'est une plaisanterie?

- Non…

- Alors on fait quoi? Je la rattrape et je lui refais le portrait?

Je connais Jade. Elle est sérieuse et tout à fait capable.

- Non, laisse tomber, c'est bon.

- T'es sûre?

J'hoche la tête.

- Okay, c'est comme tu veux.

Au loin, je vois Sirius et Maëlle se promener autour du lac, main dans la main.

- On rentre?

Jade me sourit gentiment et passe son bras autour de ma taille.

- On y va…