Bonsoir à tous !

Voici un nouveau chapitre, publié en avance.

Je vous remercie tous pour vos review et si vous avez des questions, posez les, j'y répondrais par MP.

Bonne lecture à tous, j'espère que ce nouveau chapitre vous plaire.

Disclaimer : Harry Potter appartient à J.K. Rowling


Chapitre 4 : Le chemin de Traverse

Depuis qu'elle avait renvoyé sa lettre, Harmonie se sentait d'humeur fébrile, attendant la réponse avec une certaine impatience, ce qui ne lui était encore jamais arrivé.

Pourtant, elle avait décidé de ne pas déroger à ses habitudes. Elle se dirigea lentement vers les douches, commençant sa journée le plus tôt possible. Cependant, alors qu'elle se lavait les cheveux, elle passa beaucoup de temps à se rincer. Elle était étonnamment distraite aujourd'hui et passa plus de temps sous l'eau que d'ordinaire.

- Bouges de là, la sorcière ! cria Mathilda en tambourinant sur la porte. Nous aussi on veut de l'eau chaude !

Mathilda était l'une des plus agressives des pensionnaires, elle appartenait à l'actuelle cour des filles au pouvoir et elle était excédée d'attendre la place.

Revenue à la réalité par les disgracieux meuglements de la cuistre à l'extérieur, Harmonie coupa calmement l'eau et se dépêcha de sortir, ouvrant violemment la porte, éclatant au passage le nez de l'autre fille aux cheveux clairs. Comme d'habitude, elle reçut plusieurs regards irrités teintés d'inquiétude de la part des autres qui attendaient, enroulées dans leurs serviettes.

La sorcière, comme elle avait été si justement surnommée, regarda celle qui venait d'ouvrir son clapet et qui se trouvait actuellement au sol, gémissant et pinçant son nez ensanglanté. Harmonie essora négligemment ses longs cheveux sur les chaussures en daim de Mathilda, avant de les laisser pendre dans son dos. La jeune fille en talons écarquilla les yeux, avant de fixer Harmonie avec haine.

La petite brune, dont les cheveux avaient poussés et lui atteignaient désormais le milieu du dos, daigna se retourner pour observer sa rivale, avec le même dégoût qu'on contemple un morceau de merde.

- J'ai l'impression que tu as oublié ce que je peux te faire, dit-elle avec une voix doucereuse à l'adresse de celle qui devrait aller à l'infirmerie pour soigner son nez, et qui renâclait pour éviter de laisser couler le filet rouge qui glissait sur sa lèvre supérieure. Numérotes tes abattis, cracha alors la plus jeune en la fixant de façon perçante. Toi, ainsi que toutes celles qui auraient l'idée de balancer, précisa t-elle en balayant la pièce de son regard vert et perçant.

Harmonie se retira calmement, alors que tout le monde s'écartait sur son passage. Visiblement, ses menaces étaient toujours prises au sérieux. C'était logique, elle les avait toujours mises à exécution.

La brune choisit de se rendre vers la bibliothèque, l'endroit ou elle passait son temps entre deux règlements de comptes, de sinistres combines qu'elle planifiait toujours minutieusement depuis son abri fait de livres et de savoirs.

Après deux heures de réflexion, elle tenait enfin son plan. Si Mathilda avait bien un point faible, c'était sa famille en ruines. Son père veuf était la seule personne qu'il lui restait et l'homme avait été incarcéré pour une banale affaire de détournement de fonds, à force d'accumuler les dettes.

Mathilda conservait toujours quelques photos, alors elle risquait bien d'avoir une mauvaise surprise, lorsqu'elle verrait les derniers lambeaux d'un passé révolu et idéalisé, tourbillonner dans la cuvette des toilettes. Enfin, une des photos finirait dans la boite à secrets dissimulée sous le placard de Potter, à coté d'une mèche des cheveux de Luize Sanders.

La brune fut tirée de sa réflexion par l'un des surveillants. Selon le jeune adulte, elle était convoquée chez le directeur de l'institut Todd. Elle avait rarement été dans ce bureau décoré de multiples cadres et tableaux de faible valeur.

Calmement, sans montrer la moindre crainte ou le moindre indice de culpabilité, elle frappa à la porte de verre fumé.

- Bonjour Monsieur le Directeur, salua t-elle sèchement sans se soucier des règles de politesse. Vous souhaitiez me voir ?

Le directeur, un homme de taille moyenne au visage empâté et aux tempes grisonnantes, était accompagné par une femme âgée et à l'air extrêmement sévère. Cette femme vêtue d'une longue robe écossaise avait des cheveux gris, coiffés en un chignon serré, qui accentuait l'impression sévère que donnait ses lunettes carrées. Mieux valait ne pas la pousser à bout, ni même tenter de la provoquer, songea Harmonie.

- Miss Potter, souffla le directeur, je vous présente le Professeur McGonagall. Elle vient de la part d'une école privée et s'intéresse grandement à vous. Je vais vous laisser faire plus ample connaissance dans la salle de réunion.

Le directeur les invita dans une autre salle, réservée habituellement aux réunions. Ici, les deux sorcières pourraient discuter en privé sans être dérangées.

- Madame, commença Harmonie pour se sentir en position de force et dominer le débat, je voudrais commencer par vous remercie d'avoir accepté de me rencontrer. Je souhaiterais en savoir plus sur cette magie dont vous parlez.

Le professeur sortit sa baguette et s'amusa a métamorphoser la table de réunion en cochon, puis en cerf, avant de lui rendre sa forme normale.

- Impressionnant, avoua Harmonie. J'aimerais savoir ce qui différencie les humains normaux de ceux pouvant pratiquer ce que vous nommez la magie. D'ou vient la différence ? Est-elle de nature génétique, ou nécessite t-elle une méthode spécifique pour la maîtriser ? demanda la brune en lui exposant ses hypothèses sur l'ADN.

McGonagall resta sciée, comme le prouvait ses yeux qui s'écarquillaient. Elle ignorait ce qu'étaient ces termes scientifiques complexes dont la jeune fille parlait. A mesure que la brune posait des questions, l'enseignante se retrouva de plus en plus en difficulté. En général, la majorité des enfants étaient enthousiastes à l'idée de faire de la magie et ne se posaient pas toutes ces questions. Il fallait croire qu'elle était tombée sur une personne qui pensait avant d'agir. Harmonie Potter était vraiment différente de James Potter.

- Si je comprends bien, Madame, vous me proposez d'intégrer un monde très différent, dans lequel il semble que vous ayez pris beaucoup de retard sur les humains sans pouvoirs magiques. Alors expliquez-moi pourquoi j'accepterais de venir dans votre école, alors que je peux obtenir bien plus ici ? En plus, je suppose qu'il y a d'autres communautés dites magiques ailleurs dans le monde, alors pourquoi devrais-je aller obligatoirement en Angleterre ?

- Mais, sursauta McGonagall, Poudlard est l'une des meilleures écoles de sorcellerie du monde ! Nous offrons une formation complète, en particulier contre les arts noirs. Dans d'autres établissements, ils vous sont enseignés avec la manière forte ! dit-elle en songeant à Durmstrang.

Donc, il y a des établissements dans lesquels on vous apprenait à tuer, à torturer ou à mutiler sévèrement ? Là, ça devenait très intéressant.

- Pouvez-vous m'éclairer sur les arts noirs ? demanda t-elle avec innocence.

Au fur et à mesure que la directrice évoquait les forces du mal, une étincelle s'illuminait dans les yeux de jade d'Harmonie. Ces sorts semblaient de plus en plus intéressants et si les connaître était la meilleure manière de s'en prémunir, alors elle pourrait toucher à ce genre de choses, même dans un établissement refusant leur enseignement aux plus jeunes. Elle se soumettrait aux règles pour le moment.

- Professeur, finit-elle par demander, avec quel argent je paye tout ça ? Je suis orpheline, alors je n'ai pas beaucoup de moyens.

Immédiatement, McGonagall sembla vieillir davantage. La survivante semblait tout ignorer de son héritage.

- Il y a une chose que vous devez savoir, c'est que vos parents vous ont légué une somme colossale qui dort dans la banque de Gringotts, à Londres.

- Mes parents ? cracha t-elle avec dédain. Ca m'étonnerait que ces ivrognes aient le moindre sou, alors qu'ils étaient au chômage. Ne me parlez pas d'eux. Ces idiots sont morts dans un accident de voiture, me laissant chez les pires enfoirés qui existaient.

La vieille écossaise pâlit lorsqu'elle entendit ces paroles. Jamais elle n'avait entendu de tels mensonges et elle était dégoûtée de ces paroles dénigrantes envers deux personnes qu'elle aimait et dont elle conservait précieusement le souvenir.

- Je ne sais pas qui vous à raconté de tels mensonges, mais je vous assure que James et Lily étaient des personnes formidables, dit-elle en ne recevant qu'un haussement de sourcils.

Alors que McGonagall parlait de ses anciens élèves, Harmonie l'écoutait avec un pincement dans la poitrine. Elle savait enfin qui ses parents étaient, elle avait enfin leurs noms. Grâce à ces quelques mots, elle avait enfin un famille à laquelle se raccrocher. Mais malgré tout, cela n'effaçait pas l'amertume de savoir que son existence entière était bâtie sur un mensonge.

- Puisque les Dursley m'ont menti durant toute ma vie, je voudrais que vous m'informiez sur la vérité. Regardez-moi, dit-elle froidement. Je veux savoir comment ils sont réellement morts.

McGonagall soupira, devant la froideur et l'ignorance de la brune. Elle ne s'attendait pas à ce que Harmonie Potter ignore tout de son histoire.

- La première chose, dit McGonagall avec calme, ce qu'il faut d'abord savoir, c'est que les sorciers ne sont pas tous des gens biens. Certains se plongent dans la magie noire et ils tournent mal. Non, dit-elle avec une voix lointaine, c'était bien pire que ça. Il y a plus de vingt ans, un sorcier sombre qui se faisait appeler Voldemort, dit-elle en trébuchant sur le nom, s'est mis à réunir des adeptes pour prendre le pouvoir. Certains l'ont suivi par peur, d'autres par avidité, ou parce que du pouvoir, il en avait.

McGonagall déglutit difficilement, réprimant un tremblement.

- Donc, reprit-elle, ce sorcier sombre a plongé notre monde dans une guerre civile. Des dizaines de familles ont été éliminées, lorsqu'il utilisait le plus puissant des maléfices. Il était adepte du sort de la mort, contre lequel personne ne pouvait rien, jusqu'à ce jour d'Halloween 1981. Il est venu chez James et Lily, il les a tués comme tant d'autres, mais pour une raison que nous ignorons tous, son sort n'a pas fonctionné sur vous. Après avoir éliminé les Bones, les McKinnon, les Prewett et tant d'autres grandes familles, son sort vous à raté. Pour une raison inconnue, le sort de mort à rebondi sur lui, le réduisant à n'être plus rien. Ce soir-là, vous l'avez détruit, débarrassant le monde d'un des pires mages noirs existants. Chez nous, vous êtes surnommée Celle-Qui-Vit, la Survivante. Vous êtes une légende, connue dans tout le monde sorcier, de l'Amérique au Japon.

- Moi ? demanda Harmonie, incrédule ? Une célébrité ? Attendez, vous devez faire erreur ! Comment pourrais-je être célèbre alors que j'ignorais tout de la magie ?

La directrice lui confirma ses paroles. Elle était célèbre, même si personne ne savait exactement ce qui s'était réellement passé. Harmonie fouilla ses souvenirs, cherchant plus profondément dans les tréfonds de ses souvenirs. Pour la première fois de sa vie, elle revit clairement la lueur verte, accompagné d'un abominable rire cruel et glacial.

Harmonie frissonna, avant de se tourner vers la Directrice adjointe de l'établissement de magie.

- Alors, si je suis une sorcière, quels sont les autres établissements possibles, dans lesquels je pourrais suivre ma scolarité ?

La directrice sembla hésiter et lui tendit une brochure sur les autres établissements et les options proposées. Elle était tenue de le faire, même si habituellement personne n'en faisait la demande.

Harmonie Potter regarda le dépliant, avant de soupirer. Elle ne parlait qu'anglais, ce qui l'handicapait sérieusement. Même si elle songeait qu'il existait des charmes de traduction, elle serait pénalisée.

- Je pense, dit-elle en mimant une personne qui hésitait longuement à faire un choix, que je suivrais les cours à Poudlard.

Sur ces mots, l'écossaise soupira de soulagement. Cela aurait été humiliant de voir l'héroïne du monde sorcier étudier à l'étranger. Cette enfant était vraiment différente de ce à quoi elle s'attendait.

- Dites-moi, Miss Potter, je souhaiterais savoir pour quelle raison vous ne vivez plus chez votre oncle et votre tante ?

- Ce n'est que maintenant que vous posez la question ? siffla t-elle avec mépris, tandis qu'elle enfonçait son cou entre ses épaules minces. Ils sont morts et j'ai pas envie d'en parler. Si vous voulez en savoir plus, cherchez dans les rapports de police. Par contre, je n'aime pas ce qu'implique votre question. Vous sembliez me surveiller et d'un coup, vous ignorez ou j'habite.

La femme lui expliqua qu'une personne l'observait de loin, la vieille folle avec ses chats. Par un hasard du destin, cet indicateur avait été absent lors de l'incendie.

Harmonie sembla suspicieuse, mais elle comprit qu'elle n'aurait pas de réponses plus détaillées pour l'instant.

- Madame, demanda t-elle en montrant la liste, ou puis-je acheter tout ça ?

La vieille femme lui sourit, avant de l'inviter à visiter Londres, pour chercher ses fournitures scolaires.

Lorsque Harmonie sortit, agrippée au bras de la vieille femme, pour mettre les pieds dans la capitale, son regard habituellement blasé et suspicieux sembla s'illuminer d'une teinte d'intérêt et de curiosité. Elle était rarement allée à Londres, alors elle profita de sa visite pour observer les célèbres monuments de la capitale.

Les deux sorcières se retrouvèrent sur Charing Cross Road, à proximité d'un magasin de disques. Curieusement, les passants semblaient ne pas apercevoir le pub à la façade miteuse qui jouxtait les boutiques neuves, en particulier le disquaire dont la devanture venait d'être rafraichie.

Lorsque les deux femmes pénétrèrent dans l'établissement, elles furent assaillies par les relents de fumée et de poussière exhalés par le bistrot. L'endroit était aussi sale à l'intérieur qu'à l'extérieur et Harmonie grimaça. Ces sorciers avaient-ils des notions d'hygiène aussi déplorables ?

- J'espère qu'on ne restera pas dans ce bouge trop longtemps, siffla t-elle à l'adresse de McGonagall. Je peux presque sentir la crasse se déplacer sous mes pieds, ajouta t-elle avec un air typiquement Malefoyen. J'ai ciré mes chaussures ce matin, grinça t-elle.

La directrice adjointe fronça les sourcils devant cette arrogance, même si elle ne pouvait totalement désapprouver sa future élève.

Après une brève salutation au barman qui essuyait un verre avec un torchon crasseux, pour le plus grand dégoût de la brune, l'écossaise s'esquiva par un couloir dérobé menant à une allée occupée par des poubelles couvertes de mouches. Sous le regard étonné et curieux d'Harmonie, elle sortit sa baguette, avant de frapper certaines briques, laissant place à une petite arcade s'ouvrant sur une grande allée occupée de maisons d'un style oscillant entre le médiéval et le victorien.

- Bienvenue au Chemin de Traverse, annonça la directrice avec une certaine émotion dans la voix.

Pour une fois, le regard d'émeraude terne changea, brillant légèrement à la vue de cet endroit magique.

- C'est étrange, souffla la brune, intérieurement émerveillée. Ou allons nous d'abord ? demanda t-elle en reprenant une expression neutre et indéchiffrable, à mi chemin entre l'ennui et le désintérêt.

McGonagall fronça brièvement les sourcils avec désapprobation. Malgré cette lueur d'espoir, il semblait évident qu'Harmonie Potter savait masquer ses émotions, comme si elle s'interdisait de les extérioriser, ou plus exactement comme si elle avait appris à les dissimuler. Quelque chose clochait avec cette enfant et elle comptait bien comprendre quoi.

Harmonie embrassa du regard l'essentiel des boutiques, ne se souciant guère des autres clients qui se disputaient dans les queues et qui murmuraient sur l'inflation et la hausse des prix.

En peu de temps, puisque l'allée était relativement vide, les deux femmes entrèrent dans un grand bâtiment de marbre blanc, dont la façade bombée était soutenue par des colonnes massives.

L'intérieur était aussi immaculé que la façade. Tout resplendissait le luxe et l'opulence, depuis les chandeliers de bronze ouvragés au grand lustre de cristal qui scintillait et réfléchissait la lumière sur le pavage de marbre vert.

Ce qui choqua le plus Harmonie, dont les yeux intéressés observaient la décoration, c'étaient les étranges créatures occupées aux comptoirs. Ces êtres de petite taille avaient une peau olivâtre, ainsi que de longs nez pointus et des oreilles semblables à des ailes de chauve-souris. Ils ne semblaient pas commodes et elle ne doutait pas qu'ils savaient utiliser les armes qu'ils portaient à la ceinture.

- Bonjour, déclara poliment la directrice, lorsque ce fut son tour. Miss Potter voudrait accéder à son coffre.

- Je vois, déclara la créature aux dents pointus, dont le regard inquisiteur se posa sur le front de la jeune fille, partiellement dissimulé par ses mèches brunes. Avez-vous votre clé ?

- La voici, déclara précipitamment McGonagall, en sortant une clé d'or de sa poche.

Le gobelin l'examina minutieusement, alors qu'Harmonie explosait d'une rage contenue.

- Comment se fait-il que vous détenez ma clé ? demanda t-elle avec la même chaleur que le blizzard sibérien. N'y a t-il pas des mesures de sécurité pour geler des comptes ? Cela signifie t-il qu'il y a eu des retraits sans même que j'ai connaissance de l'existence de ce coffre ? J'avais cru comprendre que vous autres, gobelins, protégiez les intérêts financiers de vos clients. Dois-je en conclure que ce n'est plus le cas ?

Avant que la créature scandalisée ne puisse répondre, McGonagall le fit à sa place.

- Cette clé a été en possession du Professeur Dumbledore depuis le décès de vos parents, dit-elle avec respect. Il me l'a confié pour vous aider à votre intégration et jamais il ne se serait permis de vous voler.

- Avec tout le respect que je vous dois, coupa Harmonie, je ne fais pas facilement confiance. Je veux donc la restitution de tous les exemplaires de ces clés, la pose de mesure supplémentaires de sécurité, ainsi qu'un audit complet de toutes les transactions depuis Halloween 1981.

- Miss Potter, coupa la vieille femme. Je ...

- Je n'ai pas terminé, coupa froidement Harmonie. Je veux aussi l'engagement d'éventuelles poursuites en cas de détournement de fonds avérés. Débrouillez-vous comme vous le voulez, mais le plus tôt serait le mieux. Je souhaiterais avoir ces documents lorsque je reviendrais de ma descente à mon coffre, ajouta t-elle, sinon il est fort probable que la majorité de cet argent finisse chez Standard Chartered, là ou mon allocation mensuelle m'est déjà versée par l'Etat britannique.

Le gobelin sourit. Enfin un client avec du mordant et qui ne se laissait pas faire. La gamine avait encore des progrès à faire, mais elle était parfaitement dans son droit. En plus, perdre un client richissime comme les Potter porterait un coup sévère à leur réputation. Pensez donc, confier ses actifs à une société moldue, ce serait un camouflet sévère !

Harmonie obtint évidemment satisfaction et éplucha calmement ses relevés, tandis que l'écossaise se tenait, raide, dans le chariot qui zigzaguait au milieu des stalagmites. La brune sembla satisfaite de son analyse et rangea calmement le parchemin dans son sac, alors que le chariot s'arrêtait devant son coffre.

La brune descendit calmement du wagonnet, alors que McGonagall restait en retrait, plus pâle que d'ordinaire.

Lorsque Harmonie ouvrit le coffre, elle écarquilla les yeux. Elle savait qu'elle était riche, puisque son relevé de compte indiquait la quantité d'or dont elle disposait, ainsi que la conversion en livres, mais le savoir et le voir était deux choses différentes. Des montagnes d'or se dressaient fièrement devant elle et elle dut se faire violence pour ne pas se jeter dans les tas de pièces.

- Dites moi, Gripsec, dit-elle au gobelin l'accompagnant, y a t-il un moyen de payement plus rapide ? Je n'aimerais pas perdre mon temps à aller et revenir entre l'extérieur et mon coffre. Le temps, c'est de l'argent.

Le gobelin sourit et lui proposa un sac sans fond, lui permettant de retirer la quantité d'or désirée, avec un plafond de mille Gallions par semaine.

- Bien sûr, ajouta la créature courtaude, cette prestation est facturée sept Noises par mois.

- Bien sûr, comprit la brune avec un sourire carnassier.

Chargée de son sac, Harmonie Potter remonta à sa surface, tandis que le professeur soupirait de dégoût à l'idée de retourner dans le wagonnet.

Lorsque Harmonie retrouva la surface bondée de sorciers, elle inspira fortement l'air frais qui semblait saturé d'énergie magique.

La première chose qu'elle décida d'acheter fut une valise recouverte de cuir noir, servant de malle pour ses affaires, tout en étant dotée de quelques fonctions supplémentaires. Elle aimait bien avoir quelques atouts dans sa manche.

La jeune fille fit ses achats, essayant de passer discrètement dans les boutiques sans devoir serrer la main d'une dizaine d'individus.

A chaque fois, elle semblait froide et indifférente, dissimulant ses émotions. Son visage restait désespérément apathique, comme si les sourires et les émotions n'étaient que des obstacles.

Elle afficha une expression de dégoût lorsqu'elle vit un jeune garçon noir et ses deux amis collés à une devanture qui exposait un balai. C'était pathétique, s'extasier pour un outil sportif. Ils n'avaient donc rien de mieux à faire que de s'amuser ? Il y avait tellement mieux par exemple. Choisir soigneusement sa victime, planifier minutieusement son coup, agir pour faire le plus de mal, c'était ce qu'il y avait de plus amusant pour elle.

L'autre moment ou des émotions contradictoires tourbillonnèrent en elle, ce fut lorsqu'elle se rendit chez la couturière, Mme Guipure.

La vendeuse de vêtements la traita royalement, dessinant ses habits à la taille adéquate, alors qu'un ruban flottant prenait toutes les mesures. En quelques minutes, la tenue serait prête.

- Bien, reprit-elle après quelques retouches, pouvez vous essayer la jupe de votre uniforme ? Je voudrais vérifier si elle vous correspond.

- Une jupe ? grimaça Harmonie. Je ne porte pas de jupes, alors passez-moi un pantalon. Le règlement de Poudlard exige un uniforme, précisa t-elle en voyant que son interlocutrice ouvrait la bouche, mais il n'impose pas le port de la jupe pour les femmes, ni celui du pantalon pour les hommes. Alors, dépéchez-vous.

Elle soupira hautainement, alors que Mme Guipure partait dans l'arrière boutique. Elle détestait devoir se justifier devant ces imbéciles en tort.

Alors qu'elle attendait sur son tabouret, un jeune homme blond et au menton pointu s'avança dans la boutique avec un port altier. Il semblait bien éduqué, avec certaines manières et ses parents devaient être riches, au vu de ses vêtements propres et de qualité supérieure.

- Bonjour, dit-il froidement à l'adresse de la brune aux cheveux mal coiffés. Tu es une sorcière ?

- Comme toutes les personnes ici, fit-elle remarquer, agacée par la niaiserie de sa question.

- Pas toutes, non, dit-il en lui parlant de la racaille infestant la société.

Les sang-de-bourbe, comme il les nommaient, étaient indignes d'étudier la magie selon lui. Il semblait épouser les vues très arrêtées de son père. S'il y avait bien une chose que Harmonie détestait, c'était les faibles, les idiots et leurs préjugés.

- Tu comptes déblatérer ces préjugés encore longtemps ? siffla t-elle. Gardes ton venin pour un abruti raciste, mais épargne moi ces mots.

Le garçon blond siffla, avant de la fixer avec dégoût.

- J'aurais du voir que tu étais un de ces parasites. Ton aspect et tes vêtements auraient du me mettre sur le voie.

- Si c'est ce que tu penses, dit-elle en haussant les épaules et en récupérant ses uniformes noirs, avant de quitter le magasin.

Alors qu'il observait la brune avec dégoût, Drago Malefoy ignorait qu'il venait de mettre à terre toute la stratégie subtilement agencée par son père, consistant en un rapprochement avec la riche héritière qui ignorait une partie de son univers.

Harmonie ressortit, une veine palpitant sur sa tempe. Si ce connard continuait à être aussi agressif, il s'écoulerait peu de temps avant qu'elle ne lui fasse comprendre ce qu'elle pouvait faire.

De retour avec McGonagall, elle se dirigea vers Fleury et Bott, le libraire. La quantité de livres l'attira, comme si elle voulait dévorer tout le savoir présent ici. Etrangement, la directrice ne sembla pas gênée par le fait que la jeune élève passe pus de temps que nécessaire au milieu des ouvrages. Elle avait même offert un de ses rares sourires, lorsqu'elle avait vu Harmonie s'offrir une collection complète de divers manuels traitant de sujets variés.

La brune s'était également jetée sur les textes de loi. C'était très pratique de jouer avec en cas de problèmes !

La destination suivante fut la boutique d'Ollivander, le fabriquant de baguettes.

Lorsque Harmonie franchit la porte, elle ressentit une inexplicable présence qui la fit frissonner. Elle avait l'impression qu'une force mystique vivait ici et elle se sentait mal à l'aise.

Un vieil homme aux yeux globuleux brillant comme des lampes, s'avança en trottinant vers elle. Ollivander la salua rapidement, avant de se replonger dans ses souvenirs. Même si Harmonie ne voyait pas l'intérêt de se rappeler de toutes les baguettes qu'il avait vendu, elle louait sa mémoire.

- Miss Potter, quelle main utilisez vous habituellement ? s'enquit-il en regardant le mètre se dérouler.

- Je suis droitière.

Ollivander hocha la tête, avant de retourner en arrière et de revenir avec une petite baguette de rose. Lorsque la brune toucha le bois, le fabricant la reprit aussitôt avant de grommeler. Il revint rapidement et la jeune sorcière mit feu à l'un des coffres.

Les baguettes se succédèrent, causant des dégâts divers qui semblaient follement amuser l'étrange personnage. A mesure qu'elle avait l'impression que le stock entier lui passait entre les doigts, Ollivander regarda le plafond avec un air indéchiffrable.

- Je me demande si, commença t-il en retournant dans l'arrière boutique.

Il revint avec une baguette de houx, qu'il tendit à la jeune fille. Lorsqu'elle l'agita, elle ressentit une curieuse sensation.

- J'ai l'impression qu'il y a quelque chose qui m'attire, à l'intérieur. Mais ça semble diffus, comme bloqué.

- Intéressant, marmonna le fabricant. Le cœur vous conviendrait, mais pas le bois, c'est étrange.

- Qu'est-ce qui est étrange ? demanda t-elle.

Harmonie regretta de poser la question, lorsqu'il lui apprit que cette plume venait du même phénix qui avait donné celle dissimulée dans la baguette de Voldemort.

Alors que le marchand revenait avec plusieurs types de bois, le regard d'Harmonie se porta sur la baguette exposée sur un coussin de velours rouge dans la vitrine.

- Et qu'en est-il de celle-ci ? demanda t-elle.

Ollivander pâlit. C'était sa première baguette, celle qu'il avait conçue il y a bien longtemps. Il hésitait, alors que la jeune fille s'en saisissait et l'agitait au-dessus d'elle.

Un fin rayon d'étincelles argentées fusa, alors qu'elle ressentait une étrange sensation en son cœur. C'était comme une morsure froide, mais pas désagréable.

- Je vois qu'elle vous convient, dit le vendeur, résigné. Pourriez vous juste essayer celle-ci ? demanda t-il en présentant la baguette qu'il venait d'achever.

Harmonie saisit la baguette d'aubépine à la plume de phénix, avant de sentir une sensation de chaleur en elle.

- Curieux, marmonna Ollivander. Elles vous correspondent toutes les deux. Laquelle choisirez-vous ? demanda t-il finalement. Je vous rappelle que les sorciers de premier cycle n'ont pas droit d'acheter plus d'une baguette.

- Je n'ai pas le droit d'en acheter deux, mais j'ai le droit de m'en faire offrir une. Je suppose, dit-elle en lui faisant un clin d'œil, que cette baguette de cyprès vaut beaucoup plus que l'autre et que vous répercuterez les coûts de l'autre sur la première.

Le vendeur sembla hésiter, prêt à la lui retirer, lorsqu'elle poursuivit.

- Je me sens bien avec celle d'aubépine à la plume de phénix, mais je n'abandonnerais pas l'autre. Jamais. Ce sera mon outil, murmura t-elle dans le vague.

Ollivander se recula, la peur et la résignation se lisant dans ses yeux.

- C'est ce qu'il a dit, ajouta t-il faiblement. Les mêmes mots. Il y a si longtemps.

- Qui ? demanda t-elle sèchement.

- Voldemort, ajouta t-il en frissonnant. Très bien, conclut-il, vaincu, ne lui en faisant payer qu'une. Prenez les, considérez ceci comme le cadeau d'un vieil homme, mais ne le dites à personne. Vous irez loin, jeune Potter, mais en bien ou en mal, je ne puis le dire. Adieu, ajouta t-il en refermant trop rapidement la porte.

" Elle nous offre une opportunité unique, Gripsec. Elle avait pensé à ça aussi. Nous risquons de ne pas faire le poids si ça continue et nous allons nous trouver dans une situation délicate. De plus, le moment est plutôt mal choisi pour nous faire remarquer sans politique de défense claire pour nos intérêts. Nous devrions accepter son offre, elle peut nous être profitable sur le long terme si nous l'appuyons. Nous n'avons pas le choix. Nous pourrions même lui servir d'intermédiaire. Ce serait même un atout. "

Conversation discrète entre Gripsec et Ragnok, captée dans un bureau de Gringotts, le 18 décembre 1996.