Bonjour. Aux vues des récents événements, j'ai hésité à mettre ce chapitre en ligne aujourd'hui. Cependant je le poste tout de même, parce que l'écriture, qu'elle soit pour dénoncer, faire rire ou émouvoir, ne doit jamais s'arrêter. La liberté d'expression est un droit dont l'être humain ne peut se passer et nous devons montrer que nous nous battrons pour avoir toujours ce droit.

Merci à Erzébeth Tépès pour les corrections.

Rien n'est à moi, tout appartient à G.R.R Martin.

Chapitre 4 : Investir la place

Daenerys attendait l'arrivée de l'équipe de paléontologues qu'elle avait réussi à obtenir par l'entremise de monsieur Blackstone. La découverte de ce fossile de serpent était aussi fascinante que déroutante et c'était la raison pour laquelle la jeune femme avait demandé des renforts. Aucune découverte de ce genre n'avait été faite en matière de serpent et Daenerys n'avait donc aucunes données sur lesquelles s'appuyer. Cependant, c'était mal la connaître que de penser qu'elle renoncerait aussi facilement. Elle devait également reconnaître que faire attendre le Lord Commandant l'amusait beaucoup.

Elle resserra un peu plus les pans de son manteau autour d'elle mais n'eut pas plus chaud pour autant. Elle qui avait toujours été habituée à la chaleur n'aurait jamais cru qu'un tel froid puisse exister. Elle pesta intérieurement contre le retard de l'équipe de paléontologie. Que pouvaient-ils faire ? S'il y avait bien une chose dont elle avait horreur, c'était d'attendre. Agacée, la jeune femme décida d'aller chercher un café. Cela aurait peut-être au moins le mérite de la réchauffer. Lors de son arrivée, elle avait repéré une machine à café dans le couloir, près de la cafétéria. C'est là qu'elle tomba sur Jon, accompagné par une jeune femme à la chevelure acajou et un homme à la stature imposante dont un côté du visage était ravagé de cicatrices. La jeune femme la salua en souriant, et Daenerys lui rendit son salut. Jon, qui jusque là arborait un visage souriant mais semblait ne vouloir manquer aucune occasion pour lui chercher des noises, s'adressa à elle en ces termes :

- Et bien mademoiselle Targaryen, ne devriez-vous pas attendre l'arrivée de l'équipe de paléontologues ? Prendre du retard sur vos fouilles serait vraiment regrettable.

- Il y a hélas des choses qui restent en dehors de mon contrôle, Lord Commandant Snow. La météo semble très capricieuse par ici et je pense que cela a dû les retarder.

- Vous devriez voir le Nord au printemps, c'est ravissant, intervint la jeune femme accompagnant Jon.

- Sansa, je pense que nous n'allons pas retenir davantage mademoiselle Targaryen. Après tout, plus tôt elle finira son travail et plus tôt je pourrais à nouveau faire le mien sans le moindre souci.

- Au revoir mademoiselle, dit Daenerys en adressant un signe de tête à Sansa.

Elle adressa également un signe de tête au compagnon de cette dernière avant de retourner dehors. Cette discussion avait au moins eut un mérite : la réchauffer. Elle qui quelques minutes auparavant était glacée, avait maintenant l'impression de littéralement bouillonner de l'intérieur.

Après plusieurs autres minutes d'attente, trois fourgons marqués du sigle du musée d'Histoire Naturelle de Port-Réal s'engouffrèrent dans la cour. Daenerys était tellement soulagée qu'elle eut l'impression que sa respiration s'était faite plus légère. Elle allait enfin pouvoir passer aux choses sérieuses maintenant qu'elle aurait tout le matériel nécessaire pour déterrer le squelette et le dater autant que faire se pouvait. La jeune femme se présenta à l'équipe de paléontologues. En retour, leur responsable, Perceval Dofryn, fit les présentations de chaque membre de son équipe. Perceval, qui d'emblée lui ordonna de l'appeler Percy, lui expliqua le fonctionnement de leur logiciel spécifique, de leur base de données, et de leurs appareils de datation. Daenerys se sentit comme un poisson dans l'eau. Après deux jours à pelleter de la neige, entendre des termes scientifiques et voir des outils pour exploiter le fossile la ravissait.

Deux équipes furent formées. La première était chargée de creuser tout autour du fossile, et la deuxième de l'exploitation des données collectées par les « creuseurs ». Il fut convenu que Daenerys s'occuperait plus particulièrement de l'exploitation des données, mais cela ne l'empêchait pas, si elle le désirait, de se rendre sur le terrain. De plus, Perceval agissait envers elle comme un gentleman. La jeune femme était aux anges. Le soir, alors qu'elle se couchait et que le manque de chauffage se faisait toujours cruellement ressentir, elle se dit que quoi qu'il en coûte, elle mènerait sa mission à bien.

Quelques jours passèrent ainsi. Les fouilles avançaient plutôt bien. Certes Daenerys aurait voulu que cela soit déjà fini, mais elle était bien obligée de prendre son mal en patience. Un matin, alors qu'elle aidait l'une des paléontologues en passant la terre au tamis pour en dégager toutes les impuretés, elle sentit un regard peser sur elle. Debout devant la porte d'entrée du bâtiment, un énorme chien loup albinos assis à côté de lui, Jon Snow la fixait. Intriguée et curieuse, la jeune femme lui rendit son regard. A bien y regarder, le jeune homme n'était pas dépourvu de charme. Il avait un visage aristocratique et séduisant. Sa bouche, pulpeuse, avait quelque chose de sensuel et d'enfantin à la fois. Sollicitée par Percy, la jeune femme s'ébroua et laissa là sa contemplation. Jon la déstabilisait et elle avait vraiment horreur de ça.

En début de soirée, après avoir diné et pris sa douche, Daenerys décida de passer un moment dans la bibliothèque. Il y avait là surtout des livres d'Histoire et de stratégie militaire, mais la jeune femme arrêta tout de même son choix sur l'un d'entre eux. Elle était confortablement installée dans un fauteuil lorsque des bruits de pas et un souffle se firent entendre dans le couloir. Alertée, la jeune femme se leva, prête à intervenir, mais fut soulagée de constater qu'il s'agissait du chien qu'elle avait vu avec Jon le matin même. Elle caressa son épaisse fourrure, plongeant avec délice ses doigts dans la chaleur soyeuse et accrocha son regard aux yeux rouges d'albinos du canidé. Bien que d'une taille impressionnante, il semblait aussi gentil et inoffensif qu'une peluche. Bientôt, une voix se fit entendre et Jon entra dans la bibliothèque. Son regard passa de son animal à la jeune femme, mais il ne dit rien. Gênée, et voulant faire preuve de politesse pour montrer à Jon qu'elle était mieux élevée que lui, Daenerys dit :

- C'est un très bel animal.

- Merci. Il se nomme Fantôme. Vos recherches avancent ?

- Et bien pour l'instant nous avons engagé un dialogue de sourd avec ce serpent. En même temps puisqu'il est mort, il ne va pas nous livrer toutes les informations que nous voulons sur un plateau. Nous n'avons même pas encore dégagé le quart du fossile monsieur Snow. Croyez-moi, ma présence ici m'enchante tout autant que vous, mais je n'ai pas le choix.

- Et bien j'espère que vous serez, ainsi que monsieur Dofryn et son équipe, le plus efficace possible.

- Nous le serons monsieur Snow, ne vous en faite pas. Je vous souhaite une bonne nuit.

- C'est ça. Couvrez vous bien surtout, ajouta-t-il d'un ton ironique.

Furieuse, Daenerys tourna les talons sans plus de cérémonie. Pour qui se prenait-il ? Elle allait lui montrer de quel bois se chauffait une Targaryen. Il pensait peut-être avoir affaire à une faible créature sans la moindre volonté, mais il se trompait.

Le lendemain matin, alors qu'elle avait extrêmement mal dormi et que sa gorge commençait à lui faire mal, elle gagna tout de même le chantier. La plupart des paléontologues étaient déjà sur place. Elle allait donner un pinceau neuf à l'une de ses collègues de chantier qui venait de casser le sien lorsqu'elle se retrouva soudain dans le noir. Elle dégagea ses yeux et s'aperçut que Samwell Tarly venait de lui mettre un bonnet en fourrure deux fois trop grand sur la tête. Elle le remercia chaleureusement et le jeune homme lui répondit que cela lui avait fait mal au cœur de la voir tout les jours sans rien sur la tête pour la protéger du froid. Lorsqu'elle lui demanda si le Lord Commandant était au courant ou non, le jeune homme répliqua qu'il n'avait pas besoin d'ordre pour montrer un tant soit peu de bon sens et que cela plaise ou non à Jon, il s'en fichait, il ne serait sûrement pas mis à la porte de la Garde de Nuit pour cela. Il l'informa également qu'il était au courant du manque de chauffage dans sa chambre et qu'autant faire se pourrait, il tâcherait de remédier à ce problème. Daenerys le remercia puis chacun retourna à ses occupations. Jon avait beau ne pas l'apprécier, elle savait qu'elle venait de se faire un allié de Sam, et cela la rassurait sur la suite de son séjour.

Et bien, on peut dire qu'entre ces deux là l'ambiance est vraiment électrique. Qu'avez-vous pensé de ce chapitre ? Toutes critiques étant bonnes à prendre, n'hésitez pas à laisser une petite review. A samedi prochain.