Décidément je suis gatée en ce qui concerne les rewiews !Encore merci à vous toutes (peut etre tous mais je ne crois pas qu'il yait de garçon...) Ces rewiews me motivent tellement que voici le chapitre 4. Je tiens à remercier les rewiews anonymes Yohina, Slydawn et Lysylys (pour répondre a ta question : oui j'aime l'allemand et je suis actuellement en allemagne d'où mon pseudo.) Voilà je crois que j'ai fait le tour, si j'ai oublié quelqu'un, excusez moi.
Une dernière chose : j'ai bien avancé dans la rédaction et je voudrais savoir si vous voulez un lemon ? Si c'est le cas je tacherais d'en faire un mais je ne promet rien. Merci.
Chapitre 4 :
Harry s'arrêta net sur une dernière foulée, descendit la fermeture zippée de sa veste de sport blanche et saisit la petite bouteille d'eau minérale que lui tendait sur le trottoir comme chaque matin depuis un mois, selon un rituel immuable, le portier de l'immeuble.
- Merci, Hagrid, dit-il en essuyant d'un revers de manche son front couvert de sueur.
- Combien aujourd'hui ?
- Dix kilomètres.
- Pas mal, approuva Hagrid, un ancien boxeur poids lourds qui avait troqué dix ans plus tôt son peignoir de boxe satiné XXXL contre une livrée rouge et or de portier, moins glorieuse peut être, mais toute aussi tapageuse.
Il joua machinalement avec le bouton doré d'une de ses manches et ajouta, d'un air rêveur :
- Il fut un temps où je traînais ces cent vingt kilos sur une quinzaine de kilomètres tous les matins. J'ai l'impression que c'était dans une autre vie.
Harry hocha la tête d'un air compatissant.
- Les Orientaux appellent ça le karma, mon vieil Hagrid.
Le portier lui ouvrit la porte. Sa bouteille vide à la main, Harry pénétra dans le hall marbré et se dirigea vers l'ascenseur.
- Aujourd'hui, j'aime courir dans Central Park le matin, reprit-il. Qui sait ce que j'aimerai dans une prochaine vie ?
- Moi en tout cas, j'aimerais vous y revoir, dit Hagrid.
Harry lui décocha un sourire plein d'émotion.
- On ne m'a rien dit d'aussi gentil depuis longtemps.
Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent, et il s'engouffra dans la cabine en saluantHagrid d'un petit geste de la main.
Il en sortit au dernier étage, et tira ses clefs de la mini sacoche qu'il portait autour de la taille.
Sur le palier tout était calme. Il tendit l'oreille vers la porte de l'atelier du peintre mais, comme d'habitude à cette heure de la journée, il y régnait un grand silence. C'était encore une chose qui les séparait : Malfoy était un oiseau de nuit, qui dormait le jour ; lui travaillait le jour et, comme la majorité des habitants de cette planète, dormait la nuit. Depuis presque un mois qu'ils avaient emménagé, cette différence avait été une des principales sources de conflit. Le fait qu'Harry ait besoin de ses deux heures de musique "soul" et "R'n'B" par jour, n'avait rien arrangé. La veille encore, en rentrant de son jogging, il était tombé nez à nez avec un mot scotché sur sa porte disant : « J'aimerais bien pouvoir dormir sans avoir l'impression d'avoir Barry White dans mon lit en train de me susurrer des mots d'amour ! » Furieux, Harry avait aussitôt répondu par un mot qu'il avait glissé sous sa porte, lui rappelant que « Pour dormir, il existe un moment privilégié qu'on appelle la nuit ! » Il avait ajouté, en parlant du chanteur noir américain à la voix de velours : « Et vous n'êtes sûrement pas le genre de Barry White ! »
Loin de les rapprocher, cette coexistence forcée n'avait fait que creuser jours après jours le fossé – non, pas le fossé, le précipice, l'abîme – qui les séparait. Harry avait plus de contacts avec son poisson rouge Némo (qui au demeurant, n'était pas rouge, mais noir) qu'avec Malfoy. Celui-ci, de son coté, ne semblait pas chercher le moins du monde à améliorer la situation. Heureusement, ils n'avaient reçu que très peu de visiteurs envoyés par la Fondation, en dehors de deux ou trois galeristes et d'une journaliste du New York Times venue pour faire un papier pour le supplément hebdomadaire de son journal.
Harry referma sa porte derrière lui, déposa ses clés sur la console de l'entrée et traversant l'atelier en direction de la cuisine, lança un CD de LL Cool J sur sa stéréo. Il se débarrassa de sa veste de sport et en se trémoussant et en chantant «Uh uh, check it, check it, check it ! Uh uh, check it, check it, check it !Uh, uh...»
Il sursauta et s'interrompit net en entrant dans la cuisine.
Un grand brun en pantalon de cuir et chemise moulante noire qui tenait une tasse de café à la main eut un mouvement de recul à son tour en le voyant apparaître.
- Seigneur ! souffla Harry en portant une main à son cœur. Vous m'avez fait peur. Je… Il n'y a personne d'habitude dans la cuisine à cette heure là, et je…
- Désolé, dit le brun. Je ne voulais pas vous effrayer. Je prenais juste un café, et je… j'allais partir de toute façon, dit-il en récupérant sur la table en marbre blanc un gros vanity-case Samsonite.
- Qui êtes-vous ?
- Moi ? eh bien, je…
Il hésita, posa maladroitement sa tasse vide dans l'évier et répondit :
- Je m'appelle Duo. Duo Maxwell 1. Je sors de l'atelier de votre voisin, ou votre colocataire, je ne sais pas trop comment vous fonctionnez. Il m'a gentiment proposé de me servir un café avant de partir et… me voilà.
- Vous voilà, répéta Harry en fixant le vanity-case et en se demandant ce qu'il pouvait contenir.
Sûrement ce qu'il imaginait, le nécessaire de toilette quand on passe la nuit hors de chez soi, pour dire les choses d'une manière convenable.
- Bon, je dois filer, dit le brun en tripotant son immense tresse, qui lui arrivait au bas des reins, d'un air gêné. Le café est excellent, merci.
- Je n'y suis pour rien, dit Harry. Je n'en bois jamais.
- Oh, eh bien… merci quand même.
- De rien.
Le brun pirouetta lentement sur lui-même et demanda :
- Par où est-ce que je sors ?
Harry baissa les yeux et, ne voulant pas ajouter au malaise déjà palpable du jeune homme, l'invita à passer par son propre atelier.
- Venez la porte est juste là.
Le brun lacha sa tresse et le suivit.
- J'ai l'album, moi aussi, dit-il en traversant l'atelier.
- Quoi ?
- LL Cool J.
- Oh, la musique…
- Oui, j'adore.
- Ça nous fait un point commun, dit Harry, plus gentiment cette fois.
Le brun disparut dans l'ascenseur et Harry referma la porte.
Croiser cet homme dans la cuisine l'avait quelque peu désarçonné. Décidemment Draco Malfoy cachait bien son jeu !C'était la première fois qu'Harry pénétrait dans l'intimité du peintre, en quelque sorte, depuis qu'ils avaient emménagé. Le premier petit ami – d'un soir ou non, tarifié ou non – à prendre son café du matin dans la cuisine commune. Il allait devoir s'y faire, semblait-il.
Il retourna dans la cuisine, se pressa une orange, puis récupéra des vêtements propres dans son dressing, avant d'aller prendre une douche, la musique de James Todd Smith, alias LL Cool J, résonnant à plein volume dans l'appartement.
Comme chaque matin, il avait hâte de se mettre au travail.
Dans son lit, Draco Malfoy plongea la tête sous son oreiller comme un soldat soufflé par le « blast » d'une explosion, si ce n'est que le « blast » en question avait nom LL Cool J, et que la déflagration faisait : «Check it out baby, make it hot...Check it out baby, make it hot...»
La vibration des basses se communiquant à travers les murs et par le sol parqueté jusqu'à son lit, il s'empara de ses boules Quiès dans le tiroir de sa table de nuit, et se boucha les oreilles en maudissant le sort qui lui avait collé cet homme pour voisin. Il savait parfaitement qu'il travaillait toute la nuit et qu'il avait besoin de sommeil au moins le matin. C'était de la cruauté pure.
Seigneur, Toi qui a créé des merveilles, pourquoi cet homme ?
- Je suis désolé, Hermione, dit Severus Snape, mais cette situation n'est pas tolérable. Nous avons beaucoup investit dans ce projet, vous le savez. Et je ne parle pas uniquement d'argent. Il est crucial qu'il règne au moins… comment dire ?... une entente cordiale entre nos deux artistes.
- J'en suis consciente, Severus, croyez-le. Et je regrette sincèrement la mauvaise impression que Harry et Draco ont fait à cette journaliste du New York Times. J'ai lu son papier dans le supplément hebdo. Je reconnais que c'est une catastrophe en terme d'image pour la Fondation.
- Je ne vous le fais pas dire.
Rita Skeeter, la critique d'art du Times, disait dans son article n'avoir jamais été aussi mal reçue de toute sa carrière qu'à l'Atelier de l'Ordre du Phoenix, où travaillaient « en parfaite froideur, disconvenance et antipathie, pour ne pas dire répulsion, Draco Malfoy, la figure de proue de l'avant-garde expressionniste américaine, et Harry Potter, le jeune vidéaste et artiste conceptuel. » La journaliste déconseillait à quiconque de se risquer à visiter l'Atelier, « à moins d'aimer jouer les médiateurs familiaux !»
Téléphone collé à l'oreille, Hermione Granger se renversa dans son canapé en cuir blanc. Par la baie vitrée de son appartement minimaliste zen de Chelsea, elle contemplait la rue.
- Je vais arranger la situation. Je vous le promets.
-Vous avez toute ma confiance, Hermione, lui assura l'administrateur. C'est bien pour cela que je vous appelle. Ne tardez pas, c'est tout.
- Je… j'ai déjà ma petite idée pour régler le problème.
C'était un mensonge éhonté, mais elle avait le temps d'y réfléchir, se dit-elle en mettant fin à la conversation.
C'est ce qu'elle fit aussitôt. Elle referma sur la table basse le beau livre qu'elle lisait consacré à l'architecte Tadao Ando2, arrangea dans le vase en raku3 blanc le bouquet de tulipes jaunes qu'elle se faisait livrer à grand frais chaque semaine, et… mais oui, songea-t-elle, c'est simple, parfait : le stratagème idéal ! Simplicité et perfection, tout ce qu'elle aimait dans l'art nippon. Elle allait faire régner l'harmonie et la sérénité là où la discorde et la crispation faisaient force de loi.
A suivre…
1 Eh oui ! Je n'ai pas pu résister ! (clin d'oeil à Catirella) Il fallait que je mette un des bishonen de Gundam Wing. Pour ceux qui ne connaissent pas, c'est un manga génial ! Et, petite pub en passant, sur ce site il y a d'excellentes fic sur cet anime en particulier celles de Catirella... Allez y jeter un oeil ça vaut vraiment le coup !
2 Tadao Ando est un architecte Japonais contemporain
3 Le raku est une technique japonaise d'origine coréenne utilisée à partir du XVIème siècle pour la fabrication de pièces destinées à la cérémonie du thé.
Voilà le chapitre 4 bouclé. Qu'en avez-vous pensé ? Donnez moi votre avis, please !... Et à très vite pour la suite !
Bisous
