Cette fic est la traduction de Travel Secrets: First par E4mj.
Disclaimer : L'univers d'Harry Potter appartient à J.K. Rowling. Le reste appartient à E4mj.
Note du traducteur : Salut à tous. Le chapitre 4 ! Déjà ! Oui je sais, mais faut pas s'y habituer, c'est assez exceptionnel... J'avais la flemme de bosser aujourd'hui, donc une petite traduction. Et puis je sais que beaucoup attendaient l'épisode de la Répartition ^^ Profitez-en, le 5 ne sera pas pour tout de suite ! (faut vraiment que je bosse...).
Information : Les passages entre ~ sont en fourchelangue.
Beta : Ron Ravenclaw
Date : 4 octobre 2014
Chapitre 4
Le mois à l'hôtel passa beaucoup plus vite que ce que Harry avait prévu. Il avait appelé Tante Pétunia pour la prévenir qu'il se débrouillerait tout seul jusqu'à l'été prochain, ce à quoi elle avait répondu par un reniflement dédaigneux avant de lui raccrocher au nez. Harry passa la majeure partie de son temps à lire ses livres de première année et à déterminer ce qu'il pouvait plausiblement savoir et quelles connaissances il devrait garder cachées. Il passa aussi un temps extraordinaire à apprendre par cœur son livre de potion de première année, dans l'espoir que Rogue ne le déteste pas autant que la première fois.
Il profita également de quelques jours pour explorer les lieux touristiques de Londres, mais les gens le regardaient bizarrement. Après tout, il était tout seul et n'avait que 11 ans. Il resta donc la plupart du temps dans sa chambre. Avant même qu'il ne s'en aperçoive, on était le 1er septembre. Il laissa Hadwin sortir de sa cage, emportant une lettre destinée à Hagrid à Poudlard, lui permettant ainsi de partir devant, puis il prit sa malle et la traîna jusqu'à la gare de King's Cross.
N'ayant par chance pas besoin d'attendre en espérant que quelqu'un lui montre comment accéder au quai, il fut bientôt assis dans un compartiment, heureux de lire son livre de Runes pour débutants. Avant que quiconque n'ait le temps d'arriver, il avait profité du fait qu'il pouvait maintenant faire de la magie pour enchanter tous ceux de ses livres qui n'étaient pas sur sa liste de première année avec un puissant sortilège de brouillage afin qu'on ne puisse pas reconnaître leur couverture, et avait également ajouté une quinzaine de protections supplémentaires sur sa malle, dont deux liées à son sang et une d'identification similaire à celle utilisée par Ollivander.
Apep était sagement enroulé autour de son torse et avait maintenant une sorte de poche, que Harry avait fait mettre en place par une couturière chinoise qui tenait une boutique à deux pas de l'hôtel. Il lui avait amené tous ses hauts et elle les avait dotés d'une couche de tissu avec une ouverture de chaque côté afin qu'Apep puisse facilement se cacher tout en ayant la possibilité de bouger rapidement. Une fois à Poudlard, Harry aurait plus de temps pour mettre en place des protections supplémentaires sur ses hauts et un sortilège d'agrandissement afin d'éviter qu'un quelconque renflement soit visible. Mais pour le moment, Harry se contenta de se changer et de mettre son uniforme de Poudlard, qui couvrait facilement le serpent.
Harry n'allait plus pouvoir parler à Apep en public, ce qui le rendit un peu triste car sa conversation était agréable et qu'il était le seul à connaître l'histoire de Harry. Personne d'autre ne pouvait être au courant. Cependant, Harry avait utilisé une version améliorée de l'Assurdiato afin qu'Apep puisse lui parler sans que personne d'autre n'entende ses sifflements. Cette mesure fut mise en pratique immédiatement quand il fit des commentaires sarcastiques sur l'arrivée des autres élèves (et de leurs animaux) qui étaient suffisamment amusants pour que Harry soit plus d'une fois obligé de se retenir de rire.
Harry vit les Weasleys arriver, mais malheureusement, ils étaient à l'autre bout du train, et à part la silhouette floue des jumeaux qui couraient pour rattraper Lee et sa tarantule, il ne vit aucun autre des enfants roux de près. Il commençait à se demander s'il allait passer tout le trajet seul dans son compartiment quand Neville toqua timidement et lui demanda si cela le dérangeait qu'il se joigne à lui. Harry sourit et lui fit signe d'entrer.
— Salut, je m'appelle Harry. Tu es aussi en première année ?
— Je suis N-Neville Londubat. Enchanté, dit Neville en souriant.
Il lutta un moment pour traîner sa malle dans le compartiment tout en tenant Trevor dans son autre main. Harry put voir que le crapaud essayait vaillamment de s'échapper et il ferma rapidement la porte avant de proposer à Neville son aide pour ranger sa malle dans le filet à bagage. Comme il s'y attendait, Trevor en profita pour échapper à l'étreinte de son maître, mais se retrouva bloqué devant la porte fermée. Il essaya alors de se cacher la tête la première dans un coin de la pièce.
— On dirait que tu possède un maître de l'évasion, commenta Harry avec un sourire. J'ai entendu quelqu'un à la Ménagerie magique parler d'une laisse magique pour les animaux de compagnie. Tu ne peux pas la voir, mais ça permet d'éviter que ton animal ne s'éloigne trop de toi.
Harry avait en réalité entendu parler de cet accessoire grâce à Neville lui-même pendant leur quatrième année, quand il s'était rendu compte que celui-ci n'avait plus de problème avec son crapaud qui essayait toujours de disparaître. Mais il savait que son Neville aurait apprécié le conseil, donc il supposa que celui-ci apprécierait également.
— Je ne sais pas si je vais être bon en magie. Je vais probablement bloquer Trevor et lui faire mal.
Harry avait oublié à quel point Neville était peu sûr de lui au début.
— Je suis sûr que si tu demandes à un élève de ta maison plus âgé ou même à un Poufsouffle, ça ne le dérangera pas de te donner un coup de main.
— Je serai sans doute à Poufsouffle, dit Neville tristement.
— Ah bon ? dit Harry en faisant semblant de le jauger. Je te voyais plutôt à Gryffondor, mais je suppose que tu sais mieux que moi.
Neville sembla retrouver un peu de confiance en lui-même à ces mots.
— Mon père et ma mère étaient à Gryffondor. Et toi alors ?
— Mes parents étaient aussi à Gryffondor, mais je suppose que je ne saurai pas avant ce soir où je serai. J'espère que ce sera à Gryffondor.
La conversation se déroula tranquillement à partir de là. À chaque fois que Neville devenait un peu timide, Harry le rassurait et l'encourageait sans difficultés. Il avait des années d'expérience en la matière, après tout. Cela faisait plusieurs heures qu'ils étaient dans le train, et la Bataille Explosive et les Chocogrenouilles n'arrivaient presque plus à les distraire (Harry avait été amusé quand Neville avait eu la carte de Dumbledore en double) quand la porte du compartiment s'ouvrit pour révéler Malefoy, Crabbe et Goyle.
— Alors, c'est vrai ? lança le blond. On dit partout que Harry Potter se trouve dans ce compartiment. C'est toi ?
Harry fronça les sourcils. Neville et Hermione n'étaient pas parti à le recherche du crapaud comme la dernière fois, et ils n'avaient vu personne à part la dame poussant le chariot. Il se demandait bien qui pouvait raconter dans tout le train qu'il était à bord. Il n'avait pas non plus parlé aux jumeaux Weasley, et il soupçonnait que c'était eux qui avaient répandu la nouvelle la dernière fois. Avant qu'il ne puisse répondre, Neville prit la parole.
— Eh bien s'il est dans ce compartiment, de toute évidence, ce n'est pas moi Drago.
Harry était supris, Neville semblait bien plus sûr de lui, presque sarcastique. Bien sûr, il aurait dû se douter qu'ils se connaissaient. Après tout, Harry venait d'avoir une longue conversation avec Neville au sujet des quatre années qu'il venait de passer avec un tuteur particulièrement snob réservé aux Sang-Purs. Sa grand-mère n'était pas forcément d'accord sur les fréquentations qu'y avait son petit-fils, mais c'était l'ancien tuteur de Frank, le père de Neville, donc elle n'avait pas tellement hésité à lui envoyer le jeune garçon.
— Londubat, dit Draco en soupirant à l'adresse de Neville avant de se tourner vers Harry avec impatience.
— Oui, je suis Harry Potter, répondit Harry en ignorant le petit cri aigu de Neville.
— Malefoy, Drago Malefoy, dit celui-ci en tendant la main.
Harry fixa la main qui lui était tendue pendant un moment avant de la serrer légèrement. Il n'avait pas envisagé ce développement, mais sans Ron et la rivalité entre les Malefoy et les Weasley (qui était apparemment une querelle légitime vieille de dix-neuf générations), il n'y avait aucune raison pour que les choses commencent mal entre Harry et Draco. Il se demanda ce qu'il se passerait quand il serait réparti à Gryffondor.
— As-tu laissé ta mère choisir ta baguette, finalement, taquina Harry, voulant tester le jeune homme.
Malefoy parut confus pendant un moment avant de réaliser que c'était Harry qu'il avait rencontré sur le Chemin de Traverse.
— Hé ! Tu n'as jamais dit qui tu étais.
Harry émit un reniflement moqueur en guise de réponse.
— Alors Neville, comme il semblerait que tu connaisses tout le monde, peux-tu me présenter les amis de Malefoy, vu qu'il n'a pas l'air de vouloir le faire lui même, dit Harry en conservant son ton railleur.
Malefoy rougit fortement avant de présenter Crabbe et Goyle, qui grognèrent mais tendirent leur main pour que Harry puisse les serrer.
A son grand amusement, Malefoy et compagnie ne partirent pas immédiatement après. Ils s'assirent sans demander la permission, et Harry se retrouva à jouer à la bataille explosive avec les trois Serpentards (et même à relativement bien s'entendre avec eux). Malefoy ne fit qu'un seul commentaire désobligeant sur les Sangs-de-Bourbe, et Harry lui demanda poliment de ne pas utiliser ce terme quand il était à proximité. Le blond fit également un commentaire où il laissa entendre à Harry que les parents de Neville étaient à l'hôpital dans le service des soins longue durée. Harry parvint à consoler Neville, insinuer que ses parents étaient des héros courageux et faire promettre à Malefoy de ne plus jamais aborder le sujet, tout ça sans reprendre son souffle. A part ça, tout se passa bien, et avant qu'ils ne s'en rendent compte, le train arriva à Poudlard et Neville se battait avec son uniforme pour tenter de l'enfiler.
— Les première année, les première année, par ici. Ça va, Harry ? s'exclama Hagrid, en adressant un sourire à Harry.
Malefoy étouffa un son moqueur quand Harry le regarda en fronçant les sourcils. Quand ils arrivèrent aux barques, Malefoy fit signe à Harry de le rejoindre, avec Crabbe et Goyle. Mais Harry ne voulait pas abandonner Neville, donc ils montèrent dans une autre barque avec Su Li et Hermione. Cette dernière était en train de faire la liste de ses connaissances comme si sa vie en dépendait, ce qui semblait exaspérer Su Li énormément. Harry sourit tendrement : Hermione n'avait jamais été particulièrement appréciée par les Serdaigle. Neville ne sembla également pas beaucoup apprécier son attitude, surtout quand Hermione se mit à parler de la fois où en 1943, le Calmar géant avait attaqué dans un geste de colère les barques des première année. Harry trouva l'anecdote plutôt amusante. Après la mort de Ron, Hermione était devenue renfermée, et même si elle se comportait toujours de la même façon avec Luna, Neville, Hannah Abbot (la femme de Neville) et lui, elle était en général timide, silencieuse et ne parlait pas beaucoup quand d'autres personnes étaient à proximité. L'ancienne Hermione lui manquait, et il dut se concentrer et se rappeler que celle-ci n'était pas son Hermione, mais cela ne l'empêchait pas de pouvoir devenir une personne tout aussi agréable.
Harry parvint une nouvelle fois à empêcher Trevor de s'échapper quand ils descendirent des barques, avec l'aide d'Apep, qui pouvait sentir le crapaud et dirigea rapidement Harry vers l'endroit sombre où il se cachait.
— Qui est-ce qui a apporté un crapaud ?
Harry se retourna, choqué, pour se retrouver face à Ron. Sa stupeur était en partie due au fait que sa remarque semblait si méchante, mais également parce que la voix de son meilleur ami lui avait manqué. Dieu seul savait à quel point Ron lui avait manqué. Harry le dévora du regard, il nota qu'il n'y avait aucune cicatrice sur les bras du rouquin, là où les cerveaux l'avaient attaqué au Département des Mystères, ni sur son front, à l'endroit où il avait été touché par un éclat pendant la bataille finale (Ron avait plaisanté en disant qu'il devait absolument ressembler à son meilleur ami pour que tout le monde sache qui il était, puis il avait poursuivi Hermione pendant une heure en tenant dans la main un caillou pointu). Cela fit mal à Harry de savoir que ce n'était pas non plus son Ron. Mais il n'avait vu aucun Ron pendant des années, et le long nez familier, la peau couverte de taches de rousseur et la silhouette dégingandée n'avaient pas changé. Harry se détourna sans répondre, car il était à deux doigts de se mettre à pleurer. Il sentit Apep resserrer son étreinte autour de son torse quand celui-ci perçut le changement dans la respiration de son maître. Harry sourit faiblement à Neville en lui rendant Trevor, mais ne dit rien.
Les première années furent bientôt conduit à l'intérieur du château, et après le traditionnel accueil par les fantômes (même s'ils le niaient, malgré le fait que chaque année, ils tombaient accidentellement sur les premières années), les élèves se tinrent devant la table des professeurs, dans l'attente que la Cérémonie de la Répartition commence. Harry se tenait à côté de Hermione, qui récitait tout bas tous les sorts qu'elle connaissait. De nouveau, Harry trouva son comportement un peu relaxant et il la regarda tendrement pendant que le Choixpeau se mettait à chanter. À son insu, il commençait déjà à modifier le cours des événements à travers ces petites actions. Rogue trouvait vraiment difficile de voir Harry comme un James miniature, car ce dernier était déjà plein de vie et rusé lors de sa Répartition, alors que Harry regardait mélancoliquement autour de lui et paraissait un peu triste.
McGonagall s'avança, attirant ainsi l'attention de tout le monde.
— Quand j'appellerai votre nom, vous mettrez le chapeau sur votre tête et vous vous assiérez sur le tabouret, dit-elle fermement.
Seul le fait qu'il la connaissait depuis de nombreuses années permit à Harry de voir le tendre sourire qu'elle affichait, et qui n'était visible que dans l'encoignure légèrement relevée de sa bouche et dans ses yeux.
— Abbot, Hannah.
Harry regarda le Choixpeau remuer sur la tête de Hannah, avant de crier qu'elle serait une Poufsouffle. C'était étrange, de voir la Répartition tout en sachant déjà où chacun allait aller. C'était également très révélateur. Terry Boot marmonna quelque chose, que Harry suspecta être un « Pas à Gryffondor », ce qu'il trouva très intéressant, il ne s'attendait pas à ça de sa part. Il remarqua que Hermione passa un assez long moment sous le Choixpeau, comparé à tous les autres, et il savait qu'elle était en train d'argumenter afin d'aller à Gryffondor. Ils avaient eu une longue conversation sur le sujet une nuit dans la tente. Harry remarqua également quelques perturbations quand Parvati ne rejoignit pas Padma à Serdaigle. Il vit leur air dévasté et se souvint vaguement que Parvati avait été très silencieuse les premiers mois. Sally-Anne Perks fut envoyé à Poufsouffle, et ce fut son tour.
— Potter, Harry, appela McGonagall, et Harry put voir une note d'espoir briller dans ses yeux.
Harry grogna intérieurement quand il entendit des chuchotements atours de lui.
— Harry Potter ?
— Elle a dit Harry Potter ?
— Le Harry Potter ?
Il avait oublié qu'il allait devoir vivre tout ça de nouveau. Chaque année pendant les premiers mois, Harry avait dû subir les regards plus ou moins discrètement fixés sur lui, mais sa première année avait de loin été la pire. Jusqu'au premier match de Quidditch, où les gens avaient enfin pu le regarder ouvertement.
Il essaya de ne pas trop y penser, quand le Choixpeau tomba devant ses yeux.
— Hmm, dit une petite voix à son oreille. Difficile, très difficile... Une minute ! Qu'est-ce que c'est que ça ?!
— Heu, donc je suppose que vous avez remarqué que vous m'avez déjà réparti avant ? pensa prudemment Harry.
— En effet. Comme c'est étrange. Cela faisait longtemps que je n'avais pas vu un Voyageur du Temps.
— Vous en avez déjà eu ?
— Oh oui, pas mal de fois, en fait. Mais la plupart du temps, ils n'avaient voyagé que sur de courtes périodes, principalement des gens qui n'avaient pas aimé leur répartition et qui voulaient réparer ça... ou tout du moins, essayer. Il y en a bien eu deux ou trois qui avaient voyagé sur de longues périodes. Mais pas depuis plusieurs siècles. Pas depuis que l'Ancienne Magie a commencé à être oubliée. Les rituels sont devenus illégaux ces 50 dernières années, et le monde des sorciers ne fait pas assez attention à ce qu'il est en train de perdre.
Harry était très intrigué, mais donna une petite poussée mentale au Choixpeau pour le ramener à sa Répartition.
— Ah oui, désolé Harry. Eh bien, tu as toujours beaucoup de courage, et ta soif de connaissance s'est énormément développée, mais ton ambition et ta loyauté aussi. Hmm... où vais-je te mettre. Normalement, la deuxième Répartition est plus facile, mais tu as toujours été à part, n'est-ce pas ?
— Je me suis bien débrouillé à Gryffondor la dernière fois, précisa Harry. Et j'ai même obtenu l'épée de Gryffondor.
— Oui, mais je pense toujours que Serpentard t'aurait été bien plus utile, et comme il y avait apparemment suffisamment d'erreurs qui t'ont motivé pour revenir dans le passé... Oui, je pense qu'on va partir sur ça. Il vaut mieux t'envoyer à...
— ATTENDEZ ! Pas à Serpentard !
— Pourquoi toujours non ?
— Parce que tous mes amis sont à Gryffondor.
— Hmm... Non, je crains que non. Tu me remercieras de t'avoir mis à SERPENTARD.
Le Choixpeau cria le dernier mot dans la Grande Salle.
— Ce ne sont pas les mêmes amis après tout. Reviens donc me parler un jour. Bonne chance, Harry.
Harry entendit à peine le dernier commentaire du Choixpeau alors qu'il l'enlevait de sa tête et qu'il marchait vers la table des Serpentard dans le silence complet de la Grande Salle. Pas une personne n'applaudit pendant un long moment, tout le monde étant trop choqué, particulièrement Harry. Tous les plans que Luna et lui avaient échafaudés reposaient sur le fait qu'il serait envoyé à Gryffondor. Il avait presque envie de pleurer. Finalement, ce fut Neville qui fit réagir l'école. Il tapa lentement et doucement dans ses mains. Il vira au rouge quand tout le monde se retournapour le regarder, mais il avait vu que Harry était très angoissé, et imaginait très bien ce que l'on pouvait ressentir avec une telle réaction à sa Répartition... En fait, il avait imaginé dans ses cauchemars pendant des semaines que cela lui arriverait à lui, Neville et non à Harry. Ce dernier avait été très gentil avec lui dans le train, il montra donc le courage du Neville que Harry avait connu pendant ses dernières années à Poudlard et applaudit jusqu'à ce que quelques étudiants et professeurs le rejoignent lentement, avant que McGonagall n'appelle d'une voix faible l'élève suivant, Lisa Turpin.
Harry n'avait pas réellement pensé à la réaction des gens, mais cela lui fit plus mal qu'il ne voulait l'admettre quand Lisa reçut la réception normale après sa Répartition, et encore plus quand il entendit les jumeaux Weasley chanter « Ron avec nous ! Ron avec nous ! ».
Son Ron serait mort de rire devant l'ironie de la situation... enfin, s'il n'était pas en train de se retourner dans sa tombe à l'idée que Harry puisse être un serpent visqueux. Blaise Zabini rejoignit bientôt la table des Serpentard et se glissa à côté de Harry sous les acclamations de toute la table. Harry applaudit avec les autres sans vraiment savoir ce qu'il faisait. Cela aussi le blessait, même si c'était Serpentard. Serpentard n'avait jamais supporté Harry, donc il n'avait pas pensé que cela le dérangerait. Et puis il se rendit compte que si.
Harry jeta un coup d'œil à la table des professeurs pendant que Dumbledore se levait pour faire son pathétique discours. Harry sentit de nouveau la colère monter en lui en revoyant pour la première fois le vieil homme. Il parvint à détourner le regard et scruta le reste de la grande table. Il vit Rogue, et eut un léger sursaut, réalisant qu'il ignorait si son professeur de Potion savait que Lily était en vie. Il ne savait pas ce qu'il préférait. A son avis, moins il y avait de gens impliqués, mieux c'était. Mais il savait que cela blesserait Rogue de savoir que Lily était en vie et qu'elle ne l'avait pas contacté. En fait, cela le renverrait sans doute directement auprès de Voldemort. Harry ne lui en voudrait pas pour autant. Il détourna le regard dès que Rogue le regarda. Il y avait tellement de choses dont il n'aurait jamais cru qu'elles lui feraient mal et qui pourtant le rongeaient. Voir Rogue le regarder de nouveau comme s'il était un insecte répugnant le fit se sentir bizarre au fond de lui. Finalement, Harry posa son regard sur Quirrell. Il fut surpris, bien qu'il n'aurait pas dû, quand il sentit quelque chose essayer d'attaquer ses barrière d'Occlumencie. Il se souvint que sa cicatrice lui avait fait mal la première nuit. Malheureusement pour Voldemort, Harry avait finalement réussi à obtenir son diplôme dans les Arts de l'esprit (le plus jeune diplômé qu'on ait jamais vu !), et pouvait facilement surpasser Rogue en la matière. Harry soupira et baissa les yeux vers son assiette.
Dès que Dumbledore eut dit ses quatre mots bizarres, des discussions éclatèrent un peu partout autours de la table des Serpentard. Ils prirent garde de chuchoter, mais malgré toute leur prétendue ruse, Harry entendit son nom un peu trop souvent. Les première année autour de lui restèrent étrangement silencieux. Au bout d'un moment, Harry en eut marre et leva la tête.
— Salut, je m'appelle Harry Potter, dit-il en tendant sa main vers Zabini.
Ce dernier le regarda un long moment avant de lui saisir la main.
— Jamais entendu parler de toi. Je suis Blaise Zabini.
Harry sourit, soulagé, et la tension s'évanouit.
— Oui, c'est vrai que c'est un nom assez inconnu, répondit Harry avec un clin d'œil, avant de se tourner vers Théodore Nott, qui se présenta, et précisa rapidement : « Mais au nom de Merlin, appelle moi Théo ou Ted ! ».
— Enchanté de te rencontrer, Théo.
Lentement, chacun des garçons puis chacune des filles se présentèrent, certains plus méfiants que d'autres. Finalement, Malefoy ne put s'empêcher de sortir une évidence.
— Je pensais que tu étais quelqu'un de pas mal dans le train, mais je ne m'attendais pas du tout à ce que tu sois envoyé à Serpentard !
— Es-tu en train de dire qu'il y a un problème avec notre maison ? demanda Harry.
Malefoy... non, Drago tomba directement dans le piège.
— Non ! Bien sûr que non.
— Ah, donc tu es en train de dire qu'il y a un problème chez moi alors.
Drago hoqueta et chercha ses mots, mais Harry se détourna, un rictus sur le visage.
— Donc j'en déduis que vous vous connaissez tous alors ? demanda Harry à Daphné, qui était assise en face de lui.
— Qu'est-ce qui te faire dire ça ?
— Le fait que vous vous êtes tous présenté à moi, mais pas entre vous.
— Ah. Oui, la plupart d'entre nous nous connaissons depuis des années, et nos familles interagissent toutes les unes avec les autres.
Harry sentit Blaise se raidir un peu à côté de lui. Cela lui prit un moment avant qu'il ne se souvienne que sa mère avait été mariée avec seize personnes de différentes familles au moment où Harry était revenu dans le temps. Il se demanda si Daphné avait volontairement lancé une pique, ou si Blaise était juste particulièrement sensible. Lentement, les première année de Serpentard se détendirent autour de Harry, et les conversations s'orientèrent bientôt vers d'autres sujets. Ils parlaient tous de leur équipe de Quidditch préférée, et Harry resta silencieux jusqu'à ce que Théo lui demande laquelle il préférait.
— Je ne sais pas. Je n'ai jamais vu un match de Quidditch.
— Comment ça, tu n'as jamais vu un match ? Même si la personne qui s'occupait de toi ne voulait pas que l'on sache qui tu étais, il existe des potions pour enfants qui permettent de changer d'apparence, dit Pansy avec un air prétentieux.
— Oui, eh bien, les Moldus ne sont généralement pas très bons en Potions, répondit Harry d'un ton léger.
Les réactions furent immédiates.
— Tu quoi ?
— Mais tu...
— Qu'est-ce que tu veux dire par Moldus ?
— Quoi !
— Mais alors... tu es déjà monté sur un balai, non ?
L'histoire fit rapidement le tour de toute la table des Serpentard, et tout le monde se tourna pour fixer Harry.
— Quoi ? demanda ce dernier avec un ricanement, comme s'il ne savait pas pertinemment qu'il les avait tous sidérés.
— Tu es en train de nous dire qu'un Moldu était ta seule source d'information sur notre monde ? dit Blaise.
Harry regarda le garçon à peau noir avec méfiance.
— Je ne connaissais même pas l'existence du monde magique avant de recevoir ma lettre... en fait, avant que Hagrid ne vienne me chercher.
Harry était extraordinairement content de lui-même. Il venait de réussir à rendre muette de stupeur l'intégralité de la maison Serpentard.
