Hello hello !

Sans surprise, vous avez voté pour avoir la suite ce soir, alors, la voici !

Merci Nauss, Pixally, Maeva Cerise, Sanashiya, odea nigthingale, Faii269 et Maya Holmes pour vos reviews ! Vous m'avez bien fait rire gnéhéhéhé... Je n'ai pas le temps d'y répondre ce soir malheureusement (vous pouvez blâmer la grève SNCF qui chamboule tout mon planning), je rattraperai mon retard dès que possible à partir de dimanche !

Joyeux anniversaire Sana - quatrième édition ;) et merci Nalou pour ton irremplaçable talent de bêta !

Je vous laisse lire le quatrième chapitre ! Amusez-vous bien ;)

oOo oOo oOo

L'importun laissa tomber la sonnette et commença à cogner la porte avec insistance. Bilbo ne bougea pas d'un pouce, vautré sur son lit, emmitouflé dans sa couette, l'œil humide. Le verre vide renversé à côté de lui et la bouteille bien entamée sur le sol laissaient entendre qu'il n'avait pas franchement l'intention de se lever.

Les coups redoublèrent d'intensité, s'accompagnant d'une voix qui fit se recroqueviller Bilbo.

« Bilbo! Ouvre cette satanée porte ! »

Le dessinateur soupira profondément et posa les pieds par terre, se redressant lentement. D'une démarche à la stabilité toute relative, il se traîna jusqu'à la porte.

« Va-t'en, Gandalf, grogna-t-il.

- Ah ! répondit la voix de son ami, étouffée par le bois. Ce n'est pas trop tôt. Arrête de faire l'enfant et ouvre-moi. Ta voisine est déjà sortie deux fois pour voir qui faisait tout ce barouf dans le couloir ! »

Bilbo grommela quelque chose d'inintelligible et déverrouilla la porte. Gandalf n'attendit pas plus et l'ouvrit à la volée, faisant reculer son ami. Il se figea et parcourut le jeune homme d'un regard affligé.

« Bilbo… ! Mais vas-tu m'expliquer ce qui se passe ?! »

Sans laisser le temps à l'intéressé d'en placer une, il referma la porte derrière lui, et le poussa jusqu'à la cuisine, où il l'assit de force sur une chaise et lui tendit un grand verre d'eau froide.

« Bois. Mais qu'est-ce qui te prend ?! Tu me laisses sans nouvelles pendant deux semaines alors que Cul-de-Sac sort lundi ! Lundi, Bilbo, et tu es censé passer la matinée à Cultura pour faire de la promo et des dédicaces ! Non seulement c'est complètement irrespectueux pour ceux qui se coupent en quatre pour s'organiser pour toi, mais en plus et surtout c'est terriblement inquiétant ! Et cerise sur le gâteau, tu m'envoies un message « annule tout » ?! Bilbo, pourquoi ? Il me semblait que cette BD te tenait à cœur ! Dis-moi qu'au moins tu es allé travailler et que tu n'as pas passé l'intégralité de ces deux semaines à boire tout seul dans ta chambre… »

Gandalf finit par arrêter son laïus, et Bilbo baissa les yeux sur son verre d'eau, honteux et penaud.

« C'est les vacances depuis vendredi dernier, répondit-il d'une petite voix.

- Parfait. Donc tu ça ne fait qu'une seule semaine que tu bois comme un trou, c'est ça que tu es en train de me dire ?

- Je… »

Bilbo se tut. Il ne pouvait pas vraiment nier. Depuis son entrevue désastreuse avec Thorin, il était retombé au fond du trou – et cette fois, il avait emmené une pelle pour continuer à creuser. Non seulement le vague espoir et l'amitié qu'il croyait entretenir avec le chanteur s'étaient écroulés comme un château de cartes soufflé au lance-flammes (autant dire qu'il n'en restait pas grand-chose), mais il avait également perdu toute motivation et toute confiance en lui concernant son métier. Il avait eu raison, toutes ces années, de se tenir loin de son public, puisqu'il avait la preuve directe que personne ne le prenait au sérieux. Très bien. Il resterait invisible, insignifiant, griffonnant seul dans son bureau sans jamais rencontrer qui que ce soit. De toute façon, qui croirait que lui, le type ringard, maladroit et apparemment répugnant, et le dessinateur sympathique et plein d'humour de Cul-de-Sac ne faisaient qu'un ? Personne. Dès que les vacances le lui avaient permis, il était donc effectivement resté enfermé chez lui, l'alcool aidant à rendre son état de plus en plus déplorable.

Gandalf mit la bouilloire sur le feu pour préparer du thé. Pendant que l'eau chauffait, il fouilla les placards, suivi par le regard vitreux et perplexe de Bilbo.

« Gandalf… Qu'est-ce que tu fais… ?

- Il n'y a rien de décent à manger ici. Bilbo, va prendre une douche. Maintenant, allez, debout. Je ne veux pas savoir à quand remonte la dernière.

- Pour quoi faire… ?

Gandalf se retint tout juste de se frapper le front.

- Parce que nous sortons, et que je n'ai pas envie de dîner avec une épave. File. »

Bilbo obéit. Il n'avait jamais su dire non à Gandalf, et ce n'était pas dans son état actuel qu'il y parviendrait. Des croquettes craquèrent sous ses pieds lorsqu'il sortit de la cuisine, et il grimaça. Heureusement que son chat n'était pas du genre à se laisser mourir de faim.

Il obéit donc, et l'eau chaude de la douche contribua à lui faire du bien. Il se lava méticuleusement, soudain conscient et terriblement gêné de s'être laissé aller à ce point. En sortant, enroulé dans son peignoir, les cheveux encore humides, il se prépara à affronter la désapprobation de Gandalf et à lui expliquer à demi-mots ce qui s'était passé.

Il comprit qu'il n'échapperait pas à l'explication détaillée lorsqu'il pénétra dans sa chambre, où il trouva Gandalf penché sur son bureau. Oh. Non. Son ami se redressa avec un sourcil levé et une lueur dans le regard que Bilbo n'aimait pas beaucoup.

« Je… commença-t-il, sans vraiment savoir comment continuer.

Ça risquait d'être compliqué à justifier. Gandalf reposa le dessin qu'il tenait en lui jetant un dernier regard indéchiffrable.

- Je ne reconnais pas ton style habituel, lâcha-t-il l'air de rien.

Bilbo pinça les lèvres, et tenta de rester impassible tout en fouillant dans son placard pour trouver des vêtements propres.

- Je... m'essaie à de nouvelles choses, répondit-il évasivement, sentant ses joues chauffer – et la douleur revenir se nicher confortablement au creux de son ventre.

Gandalf hocha la tête d'un air faussement convaincu.

- Va t'habiller. Tu m'expliqueras pourquoi tu dessines des hommes plus ou moins dévêtus quand tu seras décent », fit-il.

Bilbo retourna dans la salle de bains. Face au miroir, alors qu'il boutonnait son gilet brodé, il se jeta un regard fatigué. Il ne dessinait pas des hommes, non. Un homme.

Voilà. Il allait devoir raconter à Gandalf pourquoi son bureau était couvert de portraits de Thorin.

oOo

Manger sain et boire des quantités astronomiques d'eau, de façon peu surprenante, fit du bien au corps de Bilbo, et discuter avec Gandalf lui mit du baume au cœur. Il lui relata soigneusement ses mésaventures depuis le début, et son ami se montra très compréhensif – bien qu'incapable de se retenir de lui lancer un regard pétillant d'amusement lorsque le dessinateur passa brièvement sur le pourquoi des portraits de Thorin.

« Intéressante thérapie que de dessiner de manière plutôt flatteuse l'objet de tous tes déboires, remarqua Gandalf avec un soupçon de gentille ironie.

- Ça n'avait pas franchement d'objectif thérapeutique, marmonna Bilbo. J'étais saoul, et c'était ça ou boire encore plus. »

Gandalf hocha la tête et mangea distraitement une bouchée de son crumble aux pommes. Bilbo s'était contenté d'un thé en termes de dessert, l'estomac rendu sensible par ses excès.

« Ce prénom me dit quelque chose. Thorin. Ce n'est pas si courant, où est-ce que j'ai entendu ça ? grommela Gandalf tout en mâchonnant. Tu connais son nom de famille ?

- Oakenshield, répondit Bilbo presque instantanément. Enfin, c'est le nom qu'il y avait après Thorin, dans son adresse mail.

Gandalf leva un sourcil, l'air immensément surpris.

- Thorin Oakenshield ?! Depuis le début, tu me parles de Thorin Oakenshield ? s'exclama-t-il, faisant sursauter Bilbo.

- Je... oui...? Tu le connais ?

- Hmm, pas vraiment. J'ai connu son père, il y a... Hou, ça fait une éternité... Je n'ai vu Thorin qu'une ou deux fois, et il devait avoir quelque chose comme cinq ans. C'était un enfant plutôt gentil, mais une sacrée tête de mule, si je me souviens bien ! En tout cas, je n'aurais pas pu le reconnaître sur tes dessins, il a bien changé, fit Gandalf en souriant.

- Ça doit être la barbe, lâcha Bilbo en haussant les épaules.

Il y eut quelques secondes de flottement, puis les deux amis s'écroulèrent de rire.

- Probablement, répliqua Gandalf lorsqu'il eut récupéré son souffle. Bon, plaisanterie mise à part, ce n'est pas parce que j'ai vu cet homme se rouler dans une pelouse quand il était gosse que je le connais à l'heure actuelle. Vu ce que tu me dis, je n'ai pas l'impression qu'il soit devenu aussi sympathique qu'il aurait pu. »

Bilbo hocha la tête et replongea son regard dans son thé, la vague de légèreté s'étant évaporée aussi vite qu'elle était venue. Gandalf reprit la parole, après lui avoir secoué l'épaule pour récupérer son attention avant qu'elle ne sombre à nouveau dans les limbes.

« Cela étant, ce n'est pas parce qu'un imbécile a raté une opportunité de te connaître et de travailler avec toi qu'il faut que tu laisses tout tomber d'un bloc. Je comprends que ce soit difficile, que ce qu'il t'a dit t'ait fait du mal, mais il ne faut pas que tu te laisses atteindre. Je t'assure que tous les gens qui apprécient ton travail ne sont pas comme lui.

- Je ne laisse pas tout tomber d'un bloc, protesta mollement Bilbo. Je ne veux pas faire cette séance de dédicaces, c'est tout.

- Tu ne vas pas me faire une crise de misanthropie maintenant, grogna Gandalf. Tu avais l'air partant, jusqu'ici.

- Jusqu'à ce que je me rende compte que c'était une connerie, rétorqua le dessinateur un peu plus brusquement qu'il ne l'aurait voulu.

Gandalf leva les yeux au ciel.

- On passe de la crise de misanthropie au caprice d'enfant. Parfait. Bilbo, tu ne peux pas annuler deux jours à l'avance, surtout un samedi soir pour un lundi matin. Tout est probablement déjà installé. Alors tu vas me faire le plaisir de te tenir à carreau demain, de te préparer soigneusement et d'être à l'heure lundi.

Bilbo capitula en soupirant.

- Puisque j'ai le choix... Par contre, pour la ponctualité, tu me connais : je ne peux rien garantir.

La bouche de Gandalf s'étira en un demi-sourire satisfait et amusé.

- Très bien. Je suis certain que ça te fera le plus grand bien, de rencontrer des gens. »

oOo

Le lundi matin, Bilbo se prépara méticuleusement. Aujourd'hui, il serait directement en face de personnes qui appréciaient son travail. Il devait non seulement leur faire bonne impression, mais surtout – Gandalf avait insisté sur ce point – il devait être lui-même. Alors Bilbo se prépara à être vraiment lui-même : il mit ses vêtements préférés, son pantalon en velours côtelé ocre, une de ses innombrables chemises en lin flottant, son gilet favori – le jaune bouton d'or brodé ton sur ton que sa mère lui avait offert – et sa veste bordeaux. Il laissa sa tignasse couleur de miel telle qu'elle était – propre et fraîchement emmêlée par sa serviette de bain. Il rangea dans sa sacoche en cuir une trousse remplie de crayons et une pochette pleine de feuilles blanches, nourrit son chat – en mettant cette fois les croquettes à l'intérieur de la gamelle – et serra les dents. Il avait l'impression de partir à la bataille.

Bilbo se présenta miraculeusement à l'heure à l'accueil de Cultura. Evidemment, Gandalf était déjà là, en train de discuter avec le personnel du rayon bandes-dessinées encore inactif. Le magasin n'était pas encore ouvert, mais tout était prêt pour Bilbo : dans le rayon, une petite table avait été installée à côté du présentoir « nouveautés » couvert pour l'occasion d'exemplaires de Cul-de-Sac.

Le dessinateur fut accueilli chaleureusement, ce qui calma un peu ses tripes – qui étaient en train de danser une gigue endiablée. Il ne se sentait pas prêt. Pas prêt à rencontrer des gens qui, peut-être, suivaient son travail depuis des années. Pas prêt à dire bonjour, merci, oui bien sûr que je peux vous le dédicacer, oui, il y aura un deuxième tome. Pas prêt à se sentir scruté, observé, analysé, par des inconnus. Pas prêt du tout.

Il n'avait jamais compris les artistes qui se complaisaient dans la célébrité. S'il avait toujours choisi de garder sa vie privée, privée, c'était parce qu'il aimait la tranquillité. La simplicité. Il n'était qu'un type comme les autres, ce n'était que son métier qui faisait qu'il était connu de beaucoup plus de monde qu'il n'en connaissait lui-même.

Bien plus vite qu'il n'aurait voulu, l'heure d'ouverture du magasin arriva, et il fut surpris de voir des clients arriver presque immédiatement. Il se sentait terrifié. C'était la première fois qu'il faisait ça, et il avait beau approcher de la trentaine, il n'était décidément pas dans son assiette. Heureusement que je ne vois pas la porte d'entrée, songea-t-il soudain, se rendant compte qu'il comptait machinalement les personnes qui passaient devant lui. La main rassurante de Gandalf lui pressa l'épaule alors qu'il s'agitait sur sa chaise.

« Du calme, Bilbo. Tu vas t'en sortir.

- Tu vas rester avec moi ? demanda le dessinateur, avec l'étrange impression d'être un gosse s'accrochant désespérément à la main de sa mère le premier jour d'école.

Gandalf rit, de son rire profond et apaisant.

- Pas toute la matinée, j'ai du travail. Je vais rester le temps que tu te mettes dans le bain, puis je partirai. Je reviendrai un peu avant midi, et on ira manger ensemble, si ça te convient.

- Je suppose que je n'ai pas de meilleur choix… »

Leur conversation fut interrompue par l'arrivée du premier fan – Dieu que Bilbo détestait ce mot – qui était visiblement au courant de la présence du dessinateur et n'était pas passé là par hasard. L'adolescent dégingandé était cependant aussi mal à l'aise que Bilbo, et ce fut Gandalf qui les décoinça tous deux d'un bonjour sonore. Bilbo retrouva sa voix, et bien que son sourire reste un peu crispé, il signa avec plaisir le premier tome de sa propre bande dessinée à un jeune homme ravi de rencontrer celui qui avait créé son dessin animé préféré.

Peu à peu, Bilbo se détendit. Les gens n'étaient pas très nombreux, en ce début de matinée, et il se mit à griffonner entre deux personnes, discutant tranquillement avec Gandalf qui s'était fait apporter une chaise. Sans qu'il s'en rende compte, le flux de d'intéressés augmenta, et Gandalf s'éclipsa discrètement. Bilbo s'étonna intérieurement du nombre d'amateurs de son œuvre, et plus encore de leur joie de le rencontrer en personne. Sans vraiment l'admettre, il prenait énormément de plaisir à discuter avec eux, riant lorsqu'ils lui rappelaient leur gag préféré, l'épisode qui les avait marqués… Ils étaient de tous âges, bien que la majorité soit composée d'adolescents qui avaient dû suivre la série depuis ses débuts.

En milieu de matinée, alors qu'une vendeuse lui avait proposé de ramener un café en revenant de sa pause, il eut la visite bruyante et enthousiaste de Rosie et Sam, ses deux élèves du lundi et du mercredi, qui redoublèrent de cris d'étonnement en découvrant leur prof de dessin.

« Bilbo ! Maman regarde, c'est Bilbo ! Bilbo, c'est toi qui fais Cul-de-Sac ? Pour de vrai ?!

- Je… Oui, oui, c'est bien moi. Bonjour Sam, bonjour Rosie ! Bonjour mesdames », répondit Bilbo, abasourdi, tandis que les deux mamans riaient sous cape.

Guilleret, Bilbo mit tout son cœur dans les dédicaces aux deux enfants, les gratifiant chacun d'un petit dessin personnalisé. Il leur souhaita une bonne deuxième semaine de vacances et les rassura en leur confirmant qu'il serait bien là à la rentrée pour reprendre les cours de dessin, et qu'il ne les abandonnait pas pour faire plein d'autres BD.

Une petite file s'était formée tandis qu'il prenait son temps avec Sam et Rosie, et il n'eut pas une seconde de répit pendant un moment. La fin de matinée approchait, et le rayon BD s'était bien rempli, tandis que le présentoir à nouveauté, lui, se vidait.

Alors que Bilbo commençait à avoir faim – il n'était habitué ni à se lever si tôt, ni à ne pas grignoter quelque chose dans la matinée en guise de « second petit déjeuner », comme il avait baptisé son petit en-cas de dix heures – et qu'il tendait une bande dessinée dédicacée à une jeune fille rougissante, un hoquet de surprise lui fit détourner les yeux de l'adolescente pour se focaliser derrière elle.

A son tour, il se figea. Non. Non non non. Ça n'était pas prévu, pas possible, pas du tout au programme. Derrière la fille qui s'en allait déjà, l'album sous le bras et le sourire aux lèvres, se tenaient quatre personnes que Bilbo n'avait aucune envie de voir.

« Encore toi ?! »

Bilbo pinça les lèvres. Son cœur battait la chamade, mais soudain, il était décidé à ne pas le montrer. Il avait passé une matinée fantastique avec des gens merveilleux, et il était hors de question de laisser sa bonne humeur se faire piétiner.

« Il semblerait », répliqua-t-il, glacial.

Thorin, Dwalin, Fili et Kili le regardaient d'un air indéchiffrable. Surprise, doute, un soupçon de gêne peut-être ? En tout cas, un malaise indéniable avait envahi leurs traits. Bilbo se doutait que Thorin leur avait tout raconté.

« Bien, maintenant que la surprise est passée, si vous voulez bien vous écarter… Il y a des gens qui attendent… continua Bilbo, surpris de constater que sa voix tremblait à peine.

Les yeux de Thorin le fixaient, ahuris, et il se sentait fondre malgré lui, non, bordel, pas maintenant, songea-t-il désespérément, qu'est-ce qu'il était beau, il repensa à ses dessins alcoolisés, sentit ses joues se teinter d'un rouge soutenu… qu'il fut stupéfait de voir colorer également le visage et la gorge – non, ne regarde pas sa gorge – de son vis-à-vis.

- C'est… vraiment toi, alors… souffla Thorin, complètement sidéré.

L'incrédulité dans la voix du chanteur fut comme un coup de poing qui ramena Bilbo sur Terre immédiatement. Il se leva – hors de question de rester assis, déjà que debout, Thorin le dominait d'une tête…

- Et ? Tu espérais peut-être trouver quelqu'un d'autre ? Quelqu'un à qui tu pourrais raconter l'histoire du timbré qui l'a imité pour s'approcher de toi ? Bien tenté, Thorin, mais dommage. C'est vraiment moi. Et vu que vous n'êtes ici que pour les ragots et probablement pas intéressé par Cul-de-Sac, vous pourriez peut-être laisser la place à ceux qui sont là pour une bonne raison, siffla-t-il, la colère lui serrant la gorge.

Thorin sembla sur le point d'argumenter, mais une autre voix se mêla à leur échange.

- Le fameux Thorin Oakenshield ! En chair et en os, grommela Gandalf. Quand vous aurez fini de faire perdre du temps à Bilbo et à toutes ces personnes, vous voudrez bien nous débarrasser de votre présence. Au revoir, messieurs. »

Le choc déjà peint sur les traits du chanteur s'intensifia, et il quitta le rayon à grands pas, suivi par ses trois acolytes. Bilbo se laissa tomber lourdement sur sa chaise. Il se sentait frissonnant, mais pas de froid. Des murmures s'étaient élevés parmi les quelques dernières personnes présentes.

Gandalf, heureusement, calma la situation en expliquant succinctement que Thorin était un problème qui ne concernait que Bilbo, et qu'il regrettait que l'homme ait cru bon de se manifester en public. Il les invita à reprendre leur place dans la file, indiquant que Bilbo allait continuer à signer sa bande dessinée jusqu'à midi comme prévu.

Ce que fit Bilbo, mais le cœur n'y était plus. Il maintint une façade amicale, remerciant les quelques personnes qui lui souhaitèrent bon courage pour régler le problème Thorin, mais laissa tomber le masque dès que la dernière fut partie. Voilà. Sa bonne humeur s'était fait piétiner, et son cœur avec, pour la deuxième fois en trop peu de temps.

« Gandalf…

- Je sais, Bilbo, tu me l'avais bien dit que c'était une connerie. Mais la connerie, c'est Thorin qui l'a faite en venant ici. Ce n'est pas toi. Je suis très fier de toi, et je suis sûr que tu as fait plaisir à plein de gens. C'est ça qu'il faut retenir. »

Bilbo ne répondit pas. Il proposa son aide aux vendeurs qui étaient arrivés pour emmener son petit stand, mais les deux employés déclinèrent gentiment, et le dessinateur ne put que suivre Gandalf vers la sortie.

Alors qu'ils passaient la grande porte coulissante, ils furent arrêtés au milieu de leur vague débat sur le restaurant où ils allaient manger.

« Bilbo… ? »

oOo oOo oOo

Eeeet c'est tout pour ce soir ! J'espère que vous me haïssez (un peu) moins qu'hier soir... :p

J'espère que ça vous a plu... n'hésitez pas à me le dire avec une petite review !

Passez un super week-end, la suite arrivera dimanche soir, il va falloir un peu de patience ;)

Je vous fais des bisous !

Flo'w