Disclaimer : Tous les personnages appartiennent au grand Masashi Kishimoto, il ne sont pas à moi... (Naturellement)


Merci à ma conseillère, Myee, et à ma correctrice Jennifer, elles ont fait du super bon boulot ! Donc, on se voit à la fin du chapitre pour mes bavardages !


Je réponds au reviews !

Lassa : Je suis désolée pour le retard de ma réponse, tu avais posté un review sur le chapitre 2, mais j'ai complètement zappé ce détail, en étant nouvelle, je galérais un peu... Du coup, merci pour tes compliments, je suis très ravie que cela te plaise !

Gregorianne : Salut ! Merci pour te encouragements, ça fait toujours plaisir ! Rhoo, merci pour tes compliments, je débute donc ça me rassure ;) Et bien, il est enfin là ce chapitre, et j'espère qu'il va te plaire. "Secret Garden", je ne sais même pas pourquoi je lui ai attribué ce nom d'ailleurs... Et non, c'est pas avec une chanson, mais il y a un drama à ce nom, je viens de m'en rappeler, merci pour ta review !


IV.

Sasuke, de sa chaise, n'était pas dupe. Il voyait très bien qu'elle essayait de cacher ses larmes, mais c'était une bien vaine tentative. Vraiment, cette fille était une personne vraiment ambiguë, quelques instants avant, elle avait l'air si forte, déterminée. Puis d'un coup, sous ses yeux, elle était devenue si fragile. Cette fille avait le don de l'exaspérer, mais elle était tout de même intéressante, quel paradoxe. Il la regarda, il ne pouvait pas rester de marbre devant un tel spectacle tout aussi pathétique qu'attendrissant, il se croyait être au théâtre. C'était un Uchiha, mais il n'avait pas un cœur de pierre, il était humain avant toute chose.

Il s'approcha, hésitant, car n'ayant pas l'habitude de voir ce genre de scène, et ne sachant, évidemment, pas trop comment réagir. Le brun approcha doucement sa main vers la petite personne qui se livrait un combat désespéré contre ses souvenirs. Elle ne l'avait même pas remarqué. Décidément, qu'est-ce qu'elle pouvait être distraite. En voilà des façons pour survivre dans la société, face à tous ces vautours qui planent autour de vous, qui, à la moindre faille dans votre défense, viennent sans scrupule vous faire du mal et vous manipuler, que ce soit physiquement où psychologiquement.

Malgré le fait qu'elle était immergée dans ses pensées, elle sentait quelque chose de léger sur son crâne et releva vivement la tête, comme si on l'avait brûlée. Lui, était surpris, mais gardait son sang-froid, il vit le visage de la jeune fille, dévasté par sa tristesse et sa rancœur. Ce n'était pas joli joli. Ses yeux étaient rouges et irrités à force de vouloir sécher ses larmes. Les gouttes d'eau salée perlaient encore au coin de ses yeux émeraude pour, fatalement, dévaler les joues pâles et creuses de sa propriétaire.

Il ne savait pas pourquoi, mais il se sentait affreusement gêné et mal à l'aise en voyant dans quel état était la jeune fille. Il garda tout de même contenance. Il n'était attendri au point de la serrer dans les bras et de lui déblatérer mille paroles les plus rassurantes, plus réconfortantes, les plus niaises les unes que les autres. Il fallait beaucoup plus pour que cet événement fort rare se produise.

Finalement, il porta sa main à joue, elle eut un mouvement de recul, mais se laissa faire, savourant juste le toucher. De son pouce, il essuya doucement les dernières traces de larmes plutôt récidives. Son geste était doux, elle aurait voulu que cela dure plus longtemps.

D'accord, je vais t'héberger.

Il s'éloigna de la jeune fille plutôt déboussolée de son élan de gentillesse et se dirigea vers la porte, avant de l'ouvrir, il lâcha une phrase.

Je viens te chercher demain, soit prête d'ici là, dit-il d'un ton doux.

Une fois parti, elle pouvait enfin souffler. Elle n'en revenait pas, Sasuke avait finalement accepté. Elle porta sa main à sa joue, à l'endroit ou Sasuke l'avait touchée. Bizarrement cela l'avait apaisée, il avait comme chassé ses mauvais souvenirs. Malgré la situation, la jeune fille émit un lent et large sourire de bien-être.

Étant en position assise, elle s'affalait de tout son poids sur le matelas, fixant le plafond, tout blanc. Il viendrait la chercher demain... Alors comme ça elle aurait un toit, et elle allait devoir travailler pour Sasuke. Elle appréhendait tout de même, son futur patron avait l'air d'une personne qu'il ne fallait pas trop titiller. D'après ce qu'elle avait pu voir, il était capable de tout. Ses maudites paroles étaient cinglantes, et pouvaient vous tailler en pièces. Au point où elle en était, ce n'était pas trop grave. Oui, le bon côté, peut-être, c'est qu'elle aurait un toit, se répéta-t-elle. Encore une pensée contradictoire, décidément ça n'allait plus du tout dans sa tête.

Elle devait trouver quelque chose à faire d'ici là, sinon elle sombrerait dans l'ennui, et l'ennui, il y n'avait rien de plus horrible. Elle sentait également que son cœur était néanmoins plus léger, grâce à« lui ». Bizarre, pourquoi grâce à « lui » ? D'ailleurs, c'était à cause de « lui » que tout ça est arrivé. Tout se mélangeait dans ça tête, est-ce qu'elle était dorénavant dans une position confortable et propice pour survivre ? Où est-ce qu'elle s'était fourrée dans la plus grosse erreur de sa vie ? Inconsciemment, elle se remit à réfléchir, encore et encore. Plein de choses lui étaient arrivées pendant ces derniers jours, c'était un véritable record. Elle avait l'impression que tout était contre sa pauvre personne. Toutefois, ça changeait de sa vie antérieure. Peut-être qu'elle venait de trouver une petite brèche de lumière. Sasuke, il allait la sauver, non ? Elle eut un petit rire en pensant à cela, ses souvenirs qui avaient refait surface, l'avaient rendue si niaise, quelle en régurgiterait le peu qui était dans son estomac. Après mûre réflexion, lui, la sauver ? Très drôle. L'exploiter, sûrement.

Sa pensée se dirigea vers ses affaires, évidemment, car c'était ses biens, c'était tout ce qu'il lui restait. C'est vrai, tout être humain qu'il est s'inquiéterait pour ses biens, oui, les hommes sont avides de propriété, ils mettent une étiquette à leur nom sur tout ce qu'ils peuvent, créant une injustice totale entre eux.

Passons, par n'importe quel miracle, elle espérait vraiment n'avoir rien perdu. Elle se releva, revisita encore une fois la pièce immaculée des yeux. Finalement, le côté positif de tout cela, c'était que ses affaires étaient là, trônant sur la chaise où Sasuke était. Apparemment, il avait eu un autre élan de gentillesse : le fait de ne pas les laisser croupir son sac sur le trottoir, aimable attention. Elle souriait bêtement, contente de ne pas avoir absolument tout perdu. Sa situation n'était pas aussi désespérée, peut-être, mais il y avait beaucoup trop de « peut-être » qui persistaient. Elle fit le blanc dans sa tête et choisit de ne plus trop y réfléchir pour l'instant. Maintenant, elle essayerait de vivre au jour le jour, elle verra bien où ça la mènera.

On toqua, qui est-ce que ça peut bien être ? Un court moment, elle eut peur que cela soit Sasuke qui revenait sur ses pas pour lui dire cyniquement qu'il avait changé d'avis, et bien oui, pour une énième fois, il en était parfaitement capable. Mais ce n'était que l'infirmière qui venait la voir si tout allait bien. Il semblait que oui, et elle repartit comme si elle n'était jamais venue, en lui donnant quelques vivres, de quoi grignoter. Elle hésita à toucher à cette nourriture, elle n'avait pas vraiment d'appétit, mais après mûre réflexion, elle le mangea quand même, pour ne pas avoir faim après. C'est ainsi que passa sa journée, se torturer les méninges, retourner ses problèmes dans tous les sens pour aboutir à rien du tout, main en même temps, l'impression de flotter sur un nuage.

Le brun, une fois dans le couloir, s'arrêta pour se rendre de compte de ce qu'il avait dit, et de ce qu'il avait fait. Pourquoi avait-il accepté aussi rapidement ? Ce n'était pas dans ses habitudes, cela le perturbait. Sasuke, l'homme le plus orgueilleux que la Terre n'avait jamais porté a accepté aussi rapidement ?! Qu'est-ce qu'il lui passait par la tête ?! D'un côté, c'est vrai qu'il avait une vie bien monotone, il espérait d'une façon très infime que cette fille au caractère tout aussi étrange et quelques fois cocasse, changerait sa routine. Il aimait aussi voir les gens dans une position délicate pour voir comment ils allaient s'en sortir, c'était fascinant. Tant mieux si la personne s'en sortait, mais lorsqu'elle échouait, c'était autant plus divertissant, il se persuadait que c'est dans ce point de vue qu'il ait accepté. De toute façon, demain, il reprendra son air indifférent, il était comme ça, et tout sera oublié. Mais une partie de lui-même voulait vraiment que cette fille soit différente des autres, celle qui lui ferait oublier sa solitude. Ce n'était pas les amis qui lui manquaient, loin de là, il n'en avait pas des masses, mais vivait très bien cette situation. Cependant, ce sentiment de ne pas être complet le tenaillait, une étrange sensation de vacuité. Il lui manquait quelque chose, mais quoi ? Peut-être que la fameuse réponse sera auprès de cette fille.

[...]

Le réveil du lendemain était tout aussi difficile, elle avait l'impression de revivre la journée d'hier, encore cette pièce trop lumineuse à son goût.

Dépêche, toi, on y va ! Déclara une voix, sèche.

Il était là, Sasuke, trônant encore sur sa chaise, vêtu encore une fois de couleur sombre. Il avait retrouvé sa prestance, et elle son sale caractère, le même lors de leur première rencontre. La gentillesse du noiraud ne durait pas longtemps, c'était si éphémère.

Il est quelle heure ?

Neuf heures, daigna-t-il de répondre.

Il n'est pas un peu tôt ?

Non pas du tout et dépêche-toi.

De mauvaise humeur ? Se risqua-t-elle.

Elle soupira discrètement. Il ne répondit pas, la voix du jeune homme était sans appel, il perdait visiblement patience. La jeune fille riait sous cape, c'était quoi cette vaine tentative de conversation ? Sasuke Uchiha était toujours de mauvaise humeur. Et encore, avec une extrême lenteur, elle rassembla ses vêtements de chambre pour les troquer avec une tenue « normale », t-shirt, jean. Une fois dans la salle d'eau, elle se débarbouilla rapidement le visage et prenait une douche rapide, au moins elle n'empesterait pas.

En se regardant dans miroir, elle avait une mine affreuse, pâle, avec des cernes toujours à l'appel, elle n'avait rien pour améliorer tout ça. Tant pis, elle arrangeait ses cheveux en bataille et sourit à son reflet, une nouvelle journée commençait, tout allait peut-être s'arranger, l'avenir n'était pas inscrit dans un livre, et heureusement d'ailleurs, sinon la vie ne vaudrait pas vraiment la peine d'être vécue si elle était dans ce contexte-là. C'est drôle, voilà qu'un simple sourire égayait sa pensée et son fin visage.

Derrière la porte, Sasuke l'attendait. Il était sorti avant qu'elle se change, encore une gentille attention. Non, c'était juste les bases de la galanterie et de la bonne conduite.

C'est bon ? dit-il, fatigué.

Étant de bonne humeur, elle lui rendit un grand sourire en guise de réponse. La jeune fille n'attendait rien de lui, pourtant, ses lèvres pâles et légèrement rosées s'étiraient faiblement, voir imperceptiblement, et esquissaient un fin sourire, un vrai. Cette expression qui était accrochée sur son visage était courte, beaucoup trop courte à son goût. Il était tellement léger, il avait l'air si rare, c'était comme un trésor qu'il fallait préserver. À ce moment-là, elle se sentit agréablement bien, mais étonnée tout de même, son esprit était de nouveau éthérée, chose qui n'était pas arrivée il y a longtemps. Elle espérait que cela allait durer toute la journée.

Après avoir réglé les petits papiers administratifs, les deux jeunes gens se dirigeaient vers la voiture du brun, elle à ses talons. À peine arrivée devant son moyen de locomotion, la frêle jeune fille émit un léger étonnement. Elle qui trouvait que la bagnole de ses parents était déjà pas mal, ce n'était rien comparé à ce qui se trouvait sous ses yeux. La carrosserie, noire, était de tout ce qui avait de plus brillant, il y avait absolument aucune tâche. Elle était bien à la hauteur de ce riche propriétaire.

Quand comptes-tu monter dans la voiture ?

Elle bégayait un « tout de suite », toujours sous le choc et monta dans ce monstre valant certainement un bras, ou peut-être plus. L'habitacle était tout aussi confortable, propre, aucun défaut. Le trajet était naturellement silencieux, Sakura était assise, tendue, aux côtés de Sasuke, lui n'en avait que faire de cette situation. Il gardait son légendaire sang-froid et fixait la route, elle l'enviait pour ça. Elle n'osait pas prononcer un mot, préférant que le « destin » lui montre où était sa destination et admirait le paysage banal à travers la fenêtre.

Enfin arrivés, elle sortit de la voiture, et reconnut le bâtiment qui la hantait ses derniers temps. Elle en profita pour détailler la bâtisse, n'ayant pas vraiment eu l'occasion la dernière fois. Le grand commerce s'étendait sur plusieurs étages. De grandes baies vitrées, inondant l'intérieur de lumière, lui donnait un côté occidental. La façade était décorée par de magnifiques sculptures sûrement façonnées dans des matériaux tout aussi délicats et raffinés, qui avaient l'air de valoir une bonne fortune. L'entrée, tout aussi impressionnante, était ornée d'un tapis rouge. Elle n'en revenait pas d'avoir raté un bâtiment pareil, l'architecture était tout bonnement magnifique. Le brun, la ramena à la réalité, la coupant dans son euphorie.

Viens, dit-il, simplement.

Elle déglutit et appréhenda son entrée, elle avait dû faire scandale, que va-t-il se passer après avoir franchi cette fameuse porte ? Qu'on la rejette ?

Sakura était derrière Sasuke, se préparant mentalement, elle ne se sentait vraiment pas bien du tout, la gorge sèche, le ventre noué, son cœur tambourinait dans sa cage thoracique. La rose entra dans le bâtiment, le pas lourd. C'était immense, c'était carrément démesuré. Oubliant quelque peu son malaise, son visage reflétait la stupéfaction dès l'instant où elle avait posé ses yeux sur tout ce décor presque féerique. Les imposantes baies vitrées laissaient la lumière du matin s'infiltrer dans cette grande pièce, donnant ainsi une impression de fraîcheur. Les lustres accrochés au plafond étaient tout aussi immenses, avec de milliers de petits morceaux de cristal qui reflétaient cette poudre dorée du matin, formant un véritable bijou. Des tableaux valant une fortune ornaient les murs, les corniches au plafond étaient merveilleusement taillées. Les meubles, chaque chaise était à sa place, parfaitement rangée, les tables étaient aussi ornées de belles arabesques, tout était méticuleusement fait. C'était tout simplement magnifique, cet endroit était magnifique. Tous les éléments de cette bâtisse étaient en parfaite harmonie.

Elle se reprit bien vite, pourquoi une telle stupéfaction ? Elle qui a vu sa famille se disloquer à cause de l'avidité qu'ont les hommes face à l'argent. Elle qui a été baignée dans ce monde du luxe il y a déjà plusieurs années. Cette réaction était bizarre, tous ces artifices ne devraient pas l'impressionner. Peut-être que ces dures dernières semaines de galère lui on ramollit la mémoire au point de s'émerveiller sur la moindre chose qui brillait. Sakura revint sur Terre, ce n'était pas possible de changer de façon de penser dans un si court laps de temps, en y réfléchissant bien, elle ne s'attendait pas à ce que Sasuke possédait un aussi beau mobilier, mais c'était le sous-estimer.

Sasuke était curieux, pourquoi cette fille n'était pas émerveillée ? D'habitude, les gens qui passaient devant son grand commerce était tous impressionnés pas la splendeur du bâtiment, et pourquoi pas elle ? Il se mit sérieusement à douter de la providence de la jeune fille, si elle était insensible à ça, cela voulait donc dire qu'elle avait l'habitude du luxe, où un truc dans le genre. Mais quelque chose le contredit, si cette fille venait d'un milieu social plus qu'aisé, pourquoi il l'avait retrouvée à voler de la nourriture ? C'était complètement absurde, si elle était riche, elle pouvait se la payer, cette nourriture. Il était conscient que son hypothèse était tirée par les cheveux, il n'avait pas pris en compte tous les facteurs, et avait émit une conclusion hâtive. Mais quelque chose lui disait qu'il n'était pas loin de la vérité. Pourtant, il voulait en avoir le cœur net, n'aimant pas cette sensation de ne pas savoir, puis il n'avait rien à perdre.

Toute cette richesse ne t'atteint donc pas ? C'est bizarre, tu y es habituée alors. Dit-il narquois.

Sakura sursauta, malin le bougre. Elle ne répondit pas tout de suite, pour Sasuke, ce silence était éloquent, il en déduit qu'il avait vu juste.

Non pas du tout, je suis émerveillée au contraire, mais je préfère rester sur la réserve, rester polie quoi.

Sakura s'auto-blâma, c'était quoi cette excuse bidon. Il n'était pas dupe ! Pour quoi fallait-il que son cerveau produise une réplique aussi débile. Cependant, pourquoi une excuse ? Elle aurait tout simplement dit qu'elle venait d'une famille aisée, c'est tout. Étrangement, pour cette vérité là, elle avait préféré la garder pour elle même, elle ne savait pas pourquoi avoir réagit ainsi, sûrement un réflexe pour sécuriser ses arrières. En essayant de se rassurer, elle se mit en tête que c'était mieux ainsi, moins on en saurait sur elle, mieux ce serait. De plus sa « fugue » n'aurait plus aucune crédibilité, on l'étiquetterait d'enfant « pourrie gâtée », chose qui lui collerait à la peau jusqu'à la fin de son existence, comme si elle avait besoin de ça. Il ne fallait donc pas que son identité se sache, pas pour le moment du moins.

Suite à cette réponse bancale, Sasuke resta sceptique. Sachant pertinemment que cela était un gros mensonge, il passa l'éponge. Il avait toujours préféré que les gens viennent parler d'eux mêmes, c'était plus simple, de plus qu'il n'était pas pressé. Pour détendre l'atmosphère, qui n'était pas étouffante pourtant, il choisit de la taquiner, juste pour voir ses réactions.

Toi polie ? Tu cherches à faire de l'humour où quoi ? S'amusa-t-il.

Mince, il avait raison, Sakura n'avait vu les choses de cette façon, quelle cruche ! Pourquoi tendre une perche aussi longue en sachant indubitablement que cela se retournerait contre elle ? Bon d'accord, elle n'y avait pas pensé du tout et a tendu une perche longue de plusieurs kilomètres, oui.

Peut-être que je deviendrai une célèbre humoriste qui sait ! Déclara-t-elle fièrement.

Il resta d'abord silencieux, la fixant d'un regard incrédule.

Quoi ? J'ai dit quelque chose de mal ? Dit-elle, pas sûre d'elle, qu'avait elle fait de mal ? Elle se remit à réfléchir dans tous les sens, épluchant le problème, analysant mot par mot pour pouvoir y dénicher un mot qui n'aurait pas trouvé grâce aux yeux de l'Uchiha.

Un rire franc la fit sortir de sa torpeur, Sasuke riait, attendez, cela semblait invraisemblable. Sakura le fixait, se frottant les yeux pour vérifier si elle ne rêvait pas, elle allait même à se pincer s'assurer que tout cela n'était pas le fruit de son imagination. Réalisant que tout cela était bien vrai, elle se mit à le contempler. Sasuke était d'une beauté froide, mais son rire était tellement beau, son visage habituellement droit et stérile de n'importe quelle émotion autre que du mépris, était maintenant animé de multiples traits le rendant encore plus agréable à voir. Un rire qui était « beau », décidément, elle ne savait plus où y donner de la tête.

T'as fini de me mater ?

Sakura sortit de sa rêverie et répondit au tac au tac, affolée de s'être faite démasquée ainsi. Elle qui se voulait discrète, ce n'était pas gagné.

Quoi ?! N'importe quoi ! T'avais juste quelque chose dans les cheveux.

Bravo Sakura, belle répartie, quel tact aussi, se dit-elle. Non franchement, elle aurait pu trouver mieux, mais vu l'état de son cerveau elle n'en était pas si sure.

Menteuse, tes yeux te trahissent, tu ne fixais pas mes cheveux.

Satanés yeux alors ! Elle se parlait beaucoup aujourd'hui... Sakura ne répondit pas, elle était dans une impasse Sasuke était un adversaire tellement coriace, c'était indéniable. Un jour elle arriverait à lui clouer le bec, un jour.

Faudra trouver mieux la prochaine fois, lâcha finalement Sasuke, amusé.

Si la prochaine occasion de lui rabattre le caquet se présentait, elle n'hésiterait pas à en user, Sakura se le promit, il n'avait à s'inquiéter sur ce sujet.

Elle se sentit bizarrement détendue malgré les piques que lui envoyait le brun, et pourquoi elle y répondait avec tant d'application ? Pourquoi, d'un coup, son caractère devenait buvable ? Ce n'était pas vraiment le moment ni l'endroit de cogiter sur tout ça, elle reporta son attention sur Sasuke.

Suis-moi, je vais te présenter aux autres.

À l'entente de cette phrase, elle se figea, elle avait quelque peu réussi à se calmer avec les chamailleries. Pas convaincue, elle s'exécuta mécaniquement, une horrible boule au ventre s'installait en elle. Ses mains étaient froides et moites, elle avait bizarrement froid tout d'un coup. Elle respirait de plus en plus rapidement, cherchant à expulser toute cette pression écrasante. Le trajet entre la grande salle et la cuisine s'était passé trop rapidement à son goût. Sasuke entra en premier, par contre Sakura se montrait encore un peu réticente. Il poussa un soupir, cette fille était vraiment têtue avec des réactions quelque peu étranges.

Viens, sois pas timide, idiote, dit-il amusé.

Réticente, il lui agrippa la main, fatigué par toutes ses vaines tentatives de négociation, la tirant à l'intérieur de la cuisine, endroit qu'elle reconnaissait plutôt aisément. Elle eut un moment de stupeur, les actions de Sasuke la faisaient toujours un peu peur, il était imprévisible et n'allait pas par quatre chemins.

Te voilà à l'intérieur, ce n'était pas difficile de bouger des fesses, déclara-t-il, sans aucune retenue.

Ne parles pas aussi crûment... rétorqua-t-elle, rougissante.

Il poussa un bruit qui semblait être une moquerie, ne s'attardant pas plus, il scruta la cuisine pour voir s'il n'y avait pas une ombre dans le coin. D'ailleurs, la cuisine était toujours aussi propre, tout était parfaitement rangé, organisé. Elle soupira, tout était calme, il ne semblait âme qui vive. Sakura crut pouvoir échapper aux présentations.

Il n'y a personne, et si on revenait plus tard ? Bredouilla-t-elle.

Elle avait dangereusement de plus en plus d'audace vis-à-vis de Sasuke. Elle allait peut-être le regretter, mais c'était plus fort qu'elle. Elle ne pouvait pas se taire devant lui, toujours l'envie de parler avec lui subsistait, car elle commençait déjà à apprécier sa compagnie. Jamais elle n'aurait cru commencer à tenir à quelqu'un dans un si court laps de temps. Peut-être qu'elle avait besoin de réconfort, de se sentir aimée. Cette pensée l'écœura un peu, c'était si égoïste, vouloir être le nombril du monde. Lui ne tenait pas compte de sa remarque. Ne voyant personne, il fronça les sourcils. Sans crier gare, il frappa des mains, ordonnant un rassemblement et au passage affirmer son autorité. C'était un Uchiha et il n'avait nullement envie d'élever la voix. Le bruit résonnait fortement, tellement qu'on vous qualifierait de sourd si vos oreilles ne le percevaient pas. Sasuke perdait patience, tandis que Sakura espérait de toutes ses forces qu'il n'y ait personne. La jeune fille croisa les doigts, et espérait que sa bonne étoile reviendrait – enfin.

Pourquoi tu croises les doigts ? Remarqua Sasuke.

Elle aurait tellement voulu s'enfoncer sous terre, faudrait qu'elle apprenne la discrétion un des ces jours...

Combien de fois Sasuke l'avait mise dans ces situations embarrassantes ?!

Pour rien du tout !

Les broutilles passées, une tête blonde daigna enfin à se montrer, dans l'encadrement de la porte.

Tiens ! Sasuke, tu es enfin rentré ?! Je t'avais appelé avant-hier soir, t'as décroché sans problème, alors pourquoi tu n'es pas venu hier ?! S'énerva le blond.

Sasuke porta un regard accusateur sur Sakura, elle ne put s'empêcher de baisser les yeux, quelque peu gênée.

Oh, tu ne serais pas, « l'affaire » que Sasuke devait régler ? Naruto Uzumaki, enchanté ! dit-il, amusé.

Elle n'osa pas tout suite répondre, les cheveux cachant sont visage. Elle songea vivement à s'excuser, car ce qu'elle avait fait n'était pas bien du tout, normal.

Veuillez m'excuser pour ce qui s'était passé l'autre soir, enchantée de même, Sakura Haruno, balbutia-t-elle à Naruto, agrémenté d'une grande courbette. Pour une fois, elle choisit de s'aplatir d'excuses.

Pourquoi tu ne t'es pas excusée comme ça quand tu m'as vu ? Ajouta Sasuke, contrarié, et bras croisés sur le torse.

Sakura osa lui lancer un mauvais regard par inadvertance, mais se ravisa bien vite et rangea ce regard. Heureusement que Sasuke plaisantait - pour l'instant, songea-t-elle, sinon, elle ne savait pas par quel regard de tueur allait-elle être encore la victime.

De quoi tu parles ? Mais oui ! Ton visage me disait qu'elle que chose, enfin surtout tes cheveux, lâcha Naruto, toujours avec un sourire rayonnant à vous réchauffer le cœur même dans les pires situations.

Sakura grimaça tout de même à la remarque de Naruto, mais reprit vite un visage neutre.

Faut pas t'inquiéter pour ça, c'est oublié ! Enfin pour moi parce que Sasuke est extrêmement rancunier, tu as de la chance d'être indemne, plaisanta-t-il.

Pour être rancunier, il l'est, et capricieux aussi, souffla la rose innocemment, sans douter que Sasuke l'entendait, évidemment.

Naruto pouffa de rire. Les deux reçurent l'un des regards mauvais de Sasuke, empli de sous-entendus, qui ne présageait rien de bon. Ils se calmèrent sur-le-champ. Sakura jouait dangereusement avec le fauve, elle allait en payer les pots cassés. Sasuke, lui, était fier de sa grande autorité.

J'ai beau être rancunier, ou même de ce que tu veux, c'est de moi que tu dépends maintenant, je peux à tout moment de mettre à la porte. Après tout, je n'ai pas raté ma vie, moi, cracha-t-il.

C'est parti ! L'Uchiha ne supportait pas qu'on parle de lui ainsi, peu importe, qui c'était ou même de la gravité des paroles, il ne supportait rien du tout, c'était bien connu. Il pouvait être « gentil », mais pas vulnérable, du tout, et ses paroles cinglantes pouvaient faire très mal .

Du calme Sasuke, c'était juste pour rire, tenta Naruto.

Tais, toi, tu me connais, je ne supporte pas ça.

Naruto soupira, Sasuke était vraiment odieux lorsqu'il était ainsi - enfin il était toujours ainsi, il n'y avait rien à faire. Il se demanda pourquoi le brun tenait tellement à ramener cette jeune fille, autre que pour se venger, ça c'était évident. Sakura avait beau être de nature timide, mais quand il faillait qu'elle défende ses convictions, elle n'hésiterait pas à mettre son mal aise de côté. Elle resta silencieuse devant les yeux inquiets de Naruto, puis redressa la tête, une lueur de colère et de détermination dans ses yeux.

Ne me prends pas pour une idiote, comme si j'avais abandonné ma famille, par pur caprice. C'est vrai, je n'ai plus rien, j'ai tout claqué, tout, absolument tout. Mais es-tu au courant de mes antécédents ? Je ne pense pas, arrête donc de déblatérer des inepties pareilles à mon sujet !

Sakura était essoufflée de sa tirade qui lui semblait incroyablement longue, bizarre, d'habitude, elle laissait les paroles vénéneuses des autres passer, mais là, c'était plus fort qu'elle. Les gens changent, se disait-elle, oui, ça doit être probablement ça. Il n'y avait plus une once de peur en elle, aucune. Maintenant, c'est la haine, la rage qui prenait le dessus. Naruto, lui, ne disait rien, il fallait qu'ils s'expliquent, il n'interviendra pas, sauf s'ils venaient aux mains. Le blond n'aimait pas vraiment s'immiscer dans les histoires des autres. Sasuke, la regardait avec dédain, prêt à répondre et il n'irait pas par quatre chemins.

De quoi je me mêles ? Regarde la réalité en face, pauvre arriérée, sans moi, tu n'es rien, tout ça est tout bonnement pathétique, dit-il, dans un sourire purement cynique.

Sakura se tut, Sasuke avait fait mouche, elle ne s'avouait pas autant vaincue, la tension était à son paroxysme.

Tu ne peux pas comprendre Sasuke ! Toi, toi qui as toujours eu des parents aimants, qui t'ont toujours soutenu ! Tu es né avec une cuiller d'argent dans la bouche, rien de plus !

A l'entente de cette dernière réplique, Sasuke se figea, il se trouvait risible, il avait accordé un peu de sa confiance à quelqu'un et le voilà pris dans sa propre bêtise. Il se trouvait soudain naïf, naïf d'avoir pensé que cette fille serait différente, naïf d'avoir espérer de sortir de sa solitude. Tout n'était pas si facile, certains vœux semblaient être inaccessibles.

Il se souvint.

Il était toujours dans l'ombre de son frère, toujours il avait beau faire tous les efforts du monde, son père n'avait que d'yeux qui pour son aîné. Il avait fini par perdre confiance en lui. Sa mère était aimante et s'occupait de ses deux fils, l'un n'avait pas plus d'attention que l'autre, mais l'amour maternel ne suffisait pas à l'enfant qu'il était. Il avait besoin de la reconnaissance de son père, une fois, juste une fois l'aurait convaincu qu'il n'était pas venu au monde pour rien, qu'il n'était pas un pauvre souillon. Plus le temps passait, plus la solitude l'enclavait peu à peu de ses griffes acérées, pour enfin l'attirer dans un gouffre qui semblait sans fin. Cette ennemie impitoyable, comment lutter contre ça ? Il avait fini par se façonner un masque, il voulait dissimuler sa tristesse en ne laissant rien paraître, ne pas laisser paraître sa faiblesse.

« Où vas tu ?! Sasuke ? Ne pars pas, je t'en prie ! »

C'était la voix de sa mère, c'était les dernières paroles qu'il avait entendues avant de partir pour ne plus jamais se retourner vers la maison familiale. Cet endroit, c'était son passé, en lui tournant le dos, il fuyait son passé. Il se détestait pour ça, il était tout simplement un lâche. Il n'affichait pourtant aucune émotion, il voulait exercer son art dans la cuisine et, paradoxalement, il voulait transmettre tout les sentiments qu'il pouvait, à travers ses assiettes, c'était une façon à lui de s'exprimer.

Ces paroles avec un ton follement désespéré, résonnaient en lui, il aurait voulu les repousser au plus loin de son être, mais elles étaient récidives. Si seulement l'on pouvait contrôler nos pensées ou souvenirs négatifs, pour mieux les oublier, l'homme se porterait peut-être mieux.

Revenant à la réalité, son cerveau saturait, une violente envie de meurtre s'emparait de l'Uchiha, sans réfléchir, une claque partit, il mit toute sa rage dans cette claque. Ses dents grinçaient. C'était juste la goutte qui avait fait déborder le vase. Il ne se mettait pas dans cet état si facilement, pourtant la colère empoignait bel et bien sa pensée. Le bruit résonnait à travers la cuisine. A ce moment-là, le temps s'était comme arrêté, juste le son persistait, avant de se dissiper, lentement à travers l'air. Sakura, avait mal, sa joue avait subi les conséquences de ses paroles. Elle avait mal tout aussi physiquement que mentalement, elle était énervée que Sasuke lui parle de la sorte, mais triste aussi, que le brun ait levé la main sur elle. Cette claque, elle l'avait peut-être méritée. Les larmes commençaient à perler et à rouler sur ses joues autrefois à l'allure de porcelaine.

« Oui, j'ai été naïf. »


Note de l'auteur : Bonjour tout le monde, après tant de peine, tant de désarroi et tant d'énergie, vous avez enfin devant vous le chapitre quatre, mon dieu, il m'en a fait voir de toutes les couleurs celui-là ! J'ai eu énormément de mal à pondre un truc potable, mais je ne suis pas mécontente du résultat. Je crois qu'il est deux fois plus long que le chapitre deux, ce dernier étant relativement court, c'est peut-être la petite compensation pour mon long et terrible retard. Bref, on est au quatrième chapitre et l'action n'a pas beaucoup évolué, vous ne trouvez pas ? Je pense que le chapitre suivant sera le dernier...

... Avant de passer à la vitesse supérieure (Hé hé, je vois de loin vos visages de stupeur ! Non ? Ah bah tant pis.) Oui, donc revenons à nos moutons, en effet, les premiers chapitres permettent de poser l'histoire, je vous l'accorde, c'est plutôt long.

Dites, lisez-vous mes palabres en fin de chapitre ? J'aimerais savoir si je ne fais pas ça pour rien. Bon et bien, je vous remercie d'avoir lu, vous cher lecteurs et lectrices. Merci de votre patience, z'êtes super ! Je suis impatiente de connaître vos avis !

A la prochaine !