Je suis désolée pour du temps pris pour poster la suite.

XoXonii : Un grand merci pour ton commentaire. Je suis heureuse que tu aimes mon histoire. Je dois avouer que moi aussi Tyki est mon personnage préféré. Alors, il risque de faire des apparitions fréquentes durant mon histoire. J'espère que ma fic continuera à te plaire.


Chapitre 3 :

Les histoires ont toujours un début, mais jamais de fin

La sorcière de lune a le pouvoir de manipuler l'énergie lunaire à sa guise. Elle peut lui faire prendre la forme d'un bouclier, d'un poignard, d'un arc, d'une épée ou, tout simplement, d'une vague de magie.


J'étais dans l'ascenseur qui me menait au sous-sol de la congrégation de l'ombre avec l'intendant Komoi Lee. J'étais très anxieuse et pour cause, nous descendions rencontrer une des rares personnes qui était capable de déceler que je ne transportais aucune innocence sur moi, Hevlaska.

Quand la cage d'ascenseur toucha le sol, je crus mourir d'angoisse. Je m'avançai lentement scrutant nerveusement de chaque côté. L'intendant portait un regard interrogatif sur moi. Après tout, il devait se demander comment j'étais au courant de la menace Hevlaska (du moins, pour moi). Il devait se dire que mes guides avaient eu un élan de pitié me prévenant ainsi de ma future épreuve. Ce qui était le contraire.

Durant le trajet, je m'étais tue dans un mutisme complet avertissant du regard le prochain bookman quand il s'approcha de moi. Je m'étais contentée de talonner les exorcistes silencieusement. Menaçant Allen et Lavi, ils voulurent me faire escalader les murs de la congrégation accompagnée de Krory. J'avais fini par gagner et Lavi nous conduisit en haut. Nous rencontrions ensuite le stupide portail qui me déclara humaine avant de me permettre d'entrer. Le pauvre Aleister, lui, fut moins chanceux. Ce portail le qualifia d'Akuma. Lavi me poussa à l'intérieur laissant Kro et Allen en plan. Une fois à l'intérieur, des bruits de combat se firent entendre. J'eus presque pitié des pauvres exorcistes encore dehors.

Par la suite, une jeune fille vint à notre rencontre. Elle était particulièrement jolie avec ses longs cheveux noirs, sa silhouette élancée, sa tenue affriolante et son air sympathique. C'était Lenalee Lee qui me prit séparément pour me conduire à son frère. Quand enfin nous arrivâmes à la section scientifique, la jeune fille m'abandonna lâchement.

Je rentrais dans une pièce encombrante de pile de papier. L'état de salle était déprimant. Des scientifiques épuisés étaient écroulés sur leur bureau et ils avaient l'air d'avoir dégout pour toutes formes de travails. Je m'approchai d'un homme couché sur son bureau. Il était tout de blanc vêtu. Il écrabouillait ses lunettes entre le meuble et son visage aux traits asiatiques. Sur sa tête trônait un béret tout blanc et quelques mèches rebelles s'en échappaient. Je secouai l'individu que je reconnaissais comme étant Komoi Lee. Après de nombreuses tentatives, un scientifique, qui remarqua que je perdais patience, me proposa de lui souffler une phrase à l'oreille. Je suivis son judicieux conseil. L'intendant se réveilla en sursaut criant des phrases absurdes. Il remarqua, par la suite, que moi, une parfaite inconnue le fixait. Il s'excusa avant de me demander des explications. Je baillai d'ennui avant de finir par tout lui raconter.

Et nous voilà de retour dans les sous-sols de la congrégation. Je sentis une sorte de tentacule me saisir. Je me crispai et criai alors que celle-ci me soulevait à plusieurs mètres du sol. C'était une forme blanche et vaporeuse. C'était un monstre long au visage de femme. Instinctivement, j'avais activé ma magie. Quelle mauvaise chose que l'instinct de suivi! Il faut dire que l'innocence et la magie ne font pas bon ménage. Plusieurs points dans la religion démontrent de leurs différends. Il y avait les buchers sur lesquels de fervents chrétiens calcinaient de pauvres sorcières ou du moins ce qu'il croyait en être; les mages qui pour se défendre se résignaient à de la magie pas très catholique; l'amitié qui se créait parfois entre sorcier et démon. Bref, une haine autant réelle qu'immatériel s'était installée entre la religion et la magie.

Alors, le contacte de ma magie avec la « peau » Hevlaska causa une étrange réaction. Mon pouvoir prit feu et brula les tentacules. Je n'eus même pas le temps de hurler qu'elle m'échappa. Je chutais. À cette hauteur, il était certain que j'y restais. Je commençais même à voir ma vie défiler. Il y avait peut-être une solution… Je laissais glisser le pouvoir sur ma peau. Je lui ordonnai de changer mes membres. Je me couvrais de plumes. En moins, d'une seconde, j'étais devenue un hibou. Je me mis à battre frénétiquement des ailes, mais j'étais trop proche du sol. Je m'écrasai. L'arrivée avait été certes ralentie, mais tout de même douloureuse. J'émis un hululement plaintif. Je repris forme humaine. Je décidai de rester étendue au sol. J'étais épuisé et endolori. Je relevais juste les yeux pour voir Komoi qui me regardait d'abord fasciné, puis gêné. Il détourna son regard tout en rougissant. Il me donna son saros que j'enfilais sans tarder. Je dois avouer que j'étais plutôt amusée par la situation. Je continuai de fixer le scientifique attendant qu'il daigne dire quelque chose. Il finit par demander :

— Wow! Hevlaska que s'est-il passé? Quel est son taux de synchronisation?

— Grand intendant je n'ai pas pu le calculer, émit simplement la concernée.

— Pourquoi?

— Car cette dame n'est pas porteuse d'innocence.

Malgré mon grand état de fatigue, je réagis au quart de tour. Je me levai d'un bon. Je fis apparaitre une dague lumineuse sous le coup de Komoi. Surpris, je sentis son corps se redire tendu.

— On ne parle pas et on ne bouge pas où je mets fin à tes jours, dis-je d'une voit lasse.

Pour appuyer ma menace, je fis glisser la lame sur la peau de M. Lee : une goutte carmin perla. Je venais de montrer à l'intendant que cette lame n'était pas seulement belle et lumineuse, mais elle coupait. Je la laissai sous sa gorge et me faufilai derrière lui.

— Maintenant, on va s'assoir. Je crois que vous mourrez d'impatience de savoir qui je suis.

L'intendant garda le silence : un bon point pour lui. Il s'assit à l'avant de moi. Alors que je m'assis à l'indienne derrière lui.

— Bon par où commencer… bien je suis une sorcière.

Mon otage émit une sorte de ricanement. Son esprit de scientifique ne pouvait pas croire à ce genre de chose? Même après tout ce qu'il avait vu. Bien, j'allais lui prouver le contraire. Je fis apparaitre une boule de lumière qui alla s'écraser sur le mur en face de nous. Je vis l'intendant déglutir.

— Bon comme je disais, je suis une sorcière. (Ah! Pas de réaction cette fois… étrange…) Je viens du futur, d'un futur qui est sans exorciste ou toute civilisation a disparu. Il n'y a qu'Akuma et Noah. Il y a bien quelques humains, mais ceux-ci se sont tournés vers la magie : solaire, lunaire, animale, nécromancie ou même du sang. Aucune n'a le pouvoir de tuer un Akuma.

Je fis une pose pour permettre à l'intendant d'assimiler l'information… le pauvre avait l'air totalement perdu!

— Un sorcier peut apprendre plusieurs types de magie, mais le pouvoir de la lune, lui, choisit. Il n'y en a qu'une. Elle se réveille à la mort de son prédécesseur. Les grands mages ont décidé que je devais faire un saut de 200 ans dans le temps. Je dois empêcher le prince millénaire de détruire le cœur précieux et c'est à votre époque que ça va se produire. Du moins, c'est ce qui est mentionné dans les écrits du Bookman Lavi.

À ces mots, je sentis Komoi frémir.

— Sait-on comment le cœur précieux a été détruit?

— Pas précisément, répondis-je. On sait que le cœur a été détruit dans l'antre du prince lors d'un combat qui réunissait tous les exorcistes, tous les Noah et bien sûr, le très cher Millénaire. Ce gobelin s'est occupé lui-même de l'innocence, dis-je, amère.

— Quelles ont été les conséquences?

— Près d'un an après la destruction du cœur précieux, l'humanité était diminuée de près la moitié de ses hommes. Les humains désespérés allaient supplier le prince millénaire de les transformer. Les survivants brillants réussissaient à échapper au niveau un, mais quant au coin, on rencontrait un niveau quatre… Par la suite, certains ont eu recourt à un art ancestral. Les humains ont pu survivre encore grâce à la magie. Nos dieux, que vous qualifiés de païens, nous ont permis de survivre près de 200 ans. La défense était notre arme, mais ,quand nous perdions des nôtres, eux, devenaient plus forts. La magie peut affaiblir un Akuma et ne pas le tuer. C'est la première règle que l'on nous apprend. Dans les années 2000, on était environ mille humains sur les cinq continents. Il y a dix ans, on a tenté d'envoyer un sorcier, mais bon…tout ça n'a rien donné.

Je fis une autre pose pour voir si mes propos avaient bien fait leur chemin dans l'esprit de l'intendant. Difficile de voir à quoi il pense vu qu'il était dos à moi. Ne pouvant pas éternellement rester dans cette position. Je fis glisser doucement la lame loin de son cou. Il ne cria pas, ni ne partit en courant : c'était un bon point! Je fis descendre la lame jusqu'à mon bras, la faisant glisser sur ma peau, jusqu'à faire apparaitre un filet rouge.

— Je tiens à m'excuser d'avance pour ce que je vais faire.

Ceci eut le don de réveiller l'intendant de sa léthargie. Il me fixa alors avec un mélange d'incrédulité et de peur. Je fis tomber une goutte de sang sur le bras de l'intendant.

— Par mon sang que je fais couler, J'ordonne que les ordres donnés, Soient savamment fort écoutés, Pour être finalement exécutés.

Une rune remplaça mon sang avant de disparaitre. L'intendant perdit connaissance. Je fixai le corps inconscient du chef de la section scientifique. Je n'étais pas fière de ce que j'avais fait, mais c'était nécessaire.

— Je vous ordonne, Kamoi, de ne jamais révéler ma vraie nature aux autres et de toujours leur dire que je ne suis qu'une simple exorciste.

L'aura caramel du jeune scientifique prit une teinte de rouge quelques secondes pour revenir par la suite à sa couleur sucrée.

— Helvaska? (je levai mes yeux vers la créature). J'aimerais que toi aussi tu gardes le…

— Bien sûr!, me coupa-t-elle.

Je fus surprise moi qui croyais que j'aurais besoin d'user de menace. Je fis un sourire reconnaissant à l'innocence.

— Les gens de l'autre époque vous aurez un grand rôle à jour dans la destruction du temps, prophétisa Helvaska.

Les paroles me laissèrent songeuse. Mon but n'était pas réellement de détruire le millénaire, mais seulement d'empêcher la destruction du cœur. Je repassai en boucle la prédiction dans ma tête notant le pluriel employé dans la phrase de l'innocence.

— Je me trompe ou je ne suis pas les premiers «gens d'une autre époque» que tu rencontres… n'est-ce pas?

Plusieurs secondes s'écoulèrent avant qu'elle ne me réponde. Elle cherchait ses mots. Elle n'avait pas l'air de savoir ce qu'elle pouvait me dire ou non.

— Je lui ai promis de ne rien dire à lui aussi…

J'allais répliquer quand, je vis l'intendant bouger. Je me penchai à côté de lui et lui sourit de toutes mes dents. Je vis Komoi écarquiller les yeux en me voyant. Dans son regard, on pouvait voir qu'il cherchait à se souvenir de ce qu'il faisait là. Quand il se souvint, il me fixa avec mépris, mais on pouvait voir, au plus profond de ses yeux, toute la peur qu'il voulut me cacher. Il tituba pour se remettre debout. Il se mit là, mais sur la bouche pour empêcher un haut le cœur. Dans un élan de compassion, je m'avançai dans le but de l'aider, mais il me repoussa de sa main valide. Je ne devais pas dire que cela m'étonnait, mais je repoussai tout de même la barrière qu'il avait mise pour me bloquer la route pour ensuite m'avancer jusqu'à son oreille.

— Promettez-moi de ne dire à personne mon petit secret, lui murmurai-je, et bien sûr, de me traiter en exorciste.

— Comme si je … (ces yeux prirent une teinte pourpre). Je vous le promets, me dit-il sur un ton monocorde.

Un éclair de compassion traversa mon regard. Vu l'air surpris de Kamoi, l'intendant l'avait aperçu, mais ça ne dura pas. Il reprit rapidement un air haineux à mon égard. Il avait compris ce que j'avais fait pendant son sommeil. Il était plus intelligent que je ne le pensais. Il faudrait que je fasse attention. Sinon, il trouvera un moyen de contrer l'ordre que je lui ai donné. Un ordre est à deux tranchants : il faut qu'il soit d'une grande précision sinon il peut-être facilement contourné. Je m'excusais mentalement au scientifique tout en me promettant de ne pas abuser de notre lien actuel. Le chef de la section scientifique tourna les talons et se dirigea vers l'ascenseur. Il monta sans m'attendre tout en me maudissant. Je me dirigeai à mon tour vers le monte-charge. J'actionnai la commande de rappel.

— Je crois que vous allez le rencontrer bientôt, me confia-t-elle.

Je ris doucement avant de répliquer :

— J'en suis certaine.

Je montai dans le monte-charge tout en levant ma main en signe d'au revoir à Helvaska. Dès que je fus en haut, tous les scientifiques portèrent leur attention sur moi. J'eus alors envie de prendre mes jambes. Je pris une grande respiration et répondit le plus gentiment possible quand l'un d'eux vint me questionner.

— Que s'est-il passé en bas, me demandèrent le scientifique curieux, le chef à l'air furieux?

Une liste d'une dizaine de mensonges me vient à l'esprit, mais je sortis celui qui me semblait le plus logique :

— J'ai frappé Kamoi, car il ne m'avait pas prévenu pour Helvaska.

— Juste ça? Pourtant, ça arrive tout le temps.

Je lui lançai un regard surpris et lui posai une question pour tenter de détourner l'attention.

— Qu'est-ce qui s'est passé?

— L'intendant est sorti en furie de l'ascenseur. Puis un scientifique est allé lui demander comment c'était passer votre entretien. Il allait dire quelque chose. Puis, il s'est arrêté. Il a marmonné des mots incompréhensibles. Je crois que j'ai pu cerner le terme Kamoulin. Je ferai attention à vous demoiselle.

Je lui décochais un sourire des plus éclatant et pour le rassurer je lui dis :

— Faites moi confiance! Je suis absolument capable de m'occuper de moi-même.

— Au fait, moi c'est Reever, me dit le scientifique.

— Enchantée, je suis Aléra, lui répondis-je

— Bienvenu à la Congrégation exorciste, Aléra.

Il fit une pause avant de me détailler avec attention. Il détourna les yeux, gênés, et finit par me questionner :

— Où sont donc passés vos vêtements?

Je descendis mon regard sur ma tenue pour voir que je ne portais qu'un simple saros que Kamoi avait l'amabilité de me passer. Je partis alors dans ma tête à la recherche d'un nouveau mensonge.