Bouw !
Alors j'avais commencé cet Os y a des mois et je l'ai fini pour le Nano, donc le voilà. J'ai encore deux autres truc sous le coude que je pense pas poster avant janvier mais qui attendent au chaud.
Sinon, ne me demandez pas d'où c'est parti, j'en ai plus aucune idée. Et de base ça devait être un de ces machins qui trainent sur mon ordi sans jamais arriver jusqu'ici. Et puis au final je suis content du résultat, donc le voilà. Juste, les plus attentifs auront remarqué le changement de rating. C'est pas un OS méga explicite non plus, mais y a quand même une mention de scène de sexe qui n'est pas juste sous entendue, donc voilà, les plus sensibles, attention pour vos yeux !
Sinon, merci à Syln et à ma merveilleuse petite étoile si elle passe par là, pour la relecture et les commentaires !
Et je promets solennellement sur la magnifique petite tête de Syln que ça finit bien. Même si on dirait pas trop au début. C'est la vérité vraie la plus véritable.
Bonne lecture !
Premier essai
Là, Honte, c'est même plus le mot. Ce qui lui bouffe la tête en ce moment, c'est mille fois plus fort. Mille fois pire. Mille fois plus insupportable. Même s'enterrer dans le jardin pour le restant de ses jours, ça suffirait pas pour calmer ce truc qui gonfle et qui gonfle encore et encore. Il voudrait bien disparaître. Oublier les dernières dix minutes. Ou toute la soirée, tant qu'à faire. Son égo est profondément touché. Blessé à mort. A ce stade, aucune chance de le sauver. Game over.
« - Bah putain si les gens savaient ! »
Et l'autre con qui rit. Van serre les dents, dos au rouquin, le regard fixé sur la porte de la chambre. La couverture cache tout ce qu'i cacher, mais l'idée que quelqu'un puisse ouvrir grand le bâtant le fait grave flipper. Il trouverait quoi en entrant le type ? Un bestiau irrité qui crève de honte dans son coin et un grand débile en train de se fendre la poire. Grand débile qui va pas tarder à s'en prendre une s'il ne referme pas sa putain de grande gueule.
Bordel.
« - Ta gueule. »
Ça fuse sec par-dessus le bruit de la fête, à peine s'il a eu le temps de le penser avant de le cracher. Deux petits mots qui ont au moins le mérite de calmer les éclats de rire de l'épouvantail, mais il le sent encore sourire dans son dos. Oui, c'est sûrement ce foutu rictus exagérément étiré qui lui tranche le visage d'une oreille à l'autre, comme un couteau dans une pomme. Il se marre encore dans sa tête, Vanitas le sent. Et ça l'énerve parce que merde, c'est pas drôle. Vraiment pas drôle. Il a juste envie de se foutre en boule et de cracher ses insultes. Ce serait bien fait pour sa gueule, tiens.
« - Quoi, tu boudes ? » Tout mielleux, l'enflammé rapproche son corps complètement nu. « Tu vas pas me faire la gueule, sérieux ? »
Bah si, juste pour le faire chier.
Du coup, la teigne ne lui répond pas. Alors l'autre pose sa bouche gourmande sur les épaules dénudées qui lui font face. Vanitas frissonne. Ne dit rien. Serre les dents. Il laisse le bras serpent se glisser langoureusement autour de sa taille. Il garde ses lèvres hermétiquement serrées et ses yeux grands ouverts vers la seule entrée alors que l'autre corps se colle un peu beaucoup contre le sien. Son nez frotte contre sa nuque, puis son cou. Ses doigts taquinent son bassin. Il tisse doucement sa toile.
« - Allez Van. T'énerve pas pour ça.
- T'as fini de te marrer, c'est bon ?
- Quoi, t'es vexé ?
- Non, tu crois ? » Il siffle méchamment.
« - Avoue que c'est cocasse.
- J't'encule.
- Bah, pour le temps que ça dure.»
Grand silence. Vanitas se crispe. Se redresse. Commence à chercher ses fringues du regard avant de tendre la main vers son caleçon. Axel comprend qu'il a touché aux limites, celles qu'il a tout intérêt à ne pas dépasser. Il est joueur, mais pas stupide.
Quoi que.
« - Ok, je suis désolé.
- Je m'en branle tellement, tu peux pas savoir. »
Le corbeau dégage son plan cul d'un coup de coude avant de se redresser pour aller chercher son pantalon – étalé deux mètres plus loin, l'allumette lui a enlevé avant même qu'ils n'atteignent le lit. Les chaussettes attendent sagement sous le précieux vêtement, et ce putain de débardeur est toujours invisible. Il va pas se casser torse nu, la fête bat encore son plein au rez-de-chaussée. La musique pulse jusqu'ici, elle éclate dans ses pensées. Le rythme, ça nourrit la colère. La batterie cogne contre les parois de son crâne.
Et merde, il se doutait bien que ce serait pas parfait, mais à ce point …
Ça le fait tellement chier.
"- Sérieux Van, le prend pas comme ça ...
- Bah si. T'avais qu'à fermer ta gueule.
- Je voulais pas te vexer.
- Heureusement que tu le dis, je t'avoue que c'est pas flag quand tu ris à te pisser dessus.
- C'était pas contre toi."
Mais Van il s'en fou, parce qu'il est en colère. Et même pas contre Axel - ce serait trop facile, suffirait de lui cracher à la gueule une bonne fois pour toute. Non, là, le noiraud, il est furieux contre le type qu'il aperçoit en regardant le miroir, celui avec les grands yeux jaunes et la jungle noire qui lui tient lieu de tignasse. Cette sale bête, fulminante qu'on a touchée en plein cœur, et qui s'apprête à mordre pour éviter qu'on triture sa fierté blessée. Vanitas, s'il est en colère, c'est contre lui même. Parce que c'était foireux, et que ça lui donne envie d'éclater des murs. Mais la seule chose qu'il éclate, ce sont les record d'éjaculateur précoce.
Son pantalon est reboutonné. Maladroitement. Bien plus vite qu'il ne l'avait prévu, et ça lui noue la gorge, cet amer sentiment de frustration. Il aurait tellement voulu que ça se passe mieux.
Derrière lui, Axel s'est levé pour le rejoindre, mais il garde entre eux un intelligent périmètre de sécurité. Il ne rit plus, là, le con.
"- Ecoute, c'est juste ... je m'y attendais pas. J'voulais pas t'enfoncer ou quoi.
- Je m'en fous, en fait." Qu'il crache.
Toujours pas là, son débardeur. Celui qui descend jusqu'au cuisses et qui lui fait un grand décolleté, avec ce trop plein de tissu qui ressemble à un drapé.
"- Avoue que ça colle pas au personnage."
Un magnifique doigt d'honneur en guise de réponse, le louveteau se penche pour jarter le sweat qui dissimulait le corps du rouquin quelques minutes avant - mais qui, malheureusement, ne cache pas son propre haut. Et oui, bien sûr que ça colle pas au personnage. C'est un serpent, Van, un serpent venimeux qui se faufile entre les gens et qui les nargue du regard. Ses yeux, ils disent "attrape moi si tu peux", mais il glisse entre les mains et personne ne le choppe jamais, tant et si bien que sa vie sexuelle se résume à cette foutue soirée. Il est insaisissable, narquois, bouffit d'orgueil que ça se sent juste à l'apercevoir de nuit, de dos à dix mètres. Il est secret, aussi. Bavard juste ce qu'il faut, et jamais trop à son sujet. Il sait qu'il fascine, quand il veut de l'attention.
Et justement, ce soir là, il en voulait de l'attention.
"- Sérieux, on va pas s'arrêter là dessus." Les quelques mètres qu'il reste, Axel les franchit pour venir poser ses mains sur ses hanches.
"- C'est fini depuis un moment. Des fois que tu l'aurais pas assez fait remarquer pour le comprendre.
- Reste, au moins.
- J'en crève pas d'envie, là."
Plus précisément, il voulait celle de l'autre épouvantail. Axel, il l'avait remarqué depuis un moment au lycée. Ils causaient entre deux cours, ou quand ils faisaient la queue à la cafète. Quand ils cherchaient quelqu'un à qui piquer des clopes, aussi, ou les trente centimes qui leur manquait pour un café. Vanitas empruntait plus souvent que son homologue roux, sûrement. Pas grave. Au moins, il tenait là une excuse acceptable pour harponner son aîné à tout moment de la journée. Et pour le garder une petite dizaine de minutes.
Ce soir là, il avait l'occasion de faire plus que lui piquer trois pauvres pièces jaunes. L'air de rien, il lui avait soutiré un de ses bâtons de tabac alors que l'autre s'échappait dehors pour aller ruiner ses poumons. Moins d'une heure plus tard, ils grimpaient à l'étage pour profiter de la chambre. Van était à peu près sûr que les invités n'avaient pas le droit de se trouver là, mais Ax lui soutenait qu'il s'entendait suffisamment bien avec l'organisateur pour envoyer foutre les règles. Et puis, tant que personne ne les voyait monter l'escalier ...
"- Van ...
- Fous tes putain d'vêtements, j'en ai marre de voir ta teub.
- J'ai pas envie qu'on s'arrête comme ça.
- Ben va culbuter quelqu'un d'autre, si t'es pas assez satisfait.
- C'est pas ce que je voulais dire."
Van se mord la lèvre, furieux contre lui même. Tellement. Pourquoi ça ne pouvait pas juste bien se passer, comme tout le reste ? Pourquoi est-ce qu'il se tape une de ces premières fois foireuses qui tourne sur les pages douteuses où les gens affichent leurs plus mauvais coups au lit ?
"- Ce serait trop con.
- Comme toi.
- Je sais."
Le noiraud s'estime le droit d'en vouloir à Axel, au moins un peu. C'est de sa faute aussi, au grand singe, s'il n'a pas tenu. On a pas idée de chauffer quelqu'un comme ça. Il s'est fait prendre par surprise. Piéger.
Au début, c'est lui qui menait, lui qui laissait l'enflammé à ses pieds. Lui qui dansait distraitement entre les autres invités, l'air de rien, et qui lui balançait ses regards en coin, les yeux comme deux trésors irrésistibles. Ceux du spectateur le bouffaient littéralement, il le sentait. Et quand il s'approchait, il reculait. Et quand l'être longiligne le coinçait habilement contre le mur, toujours lui qui attrapait ses mains pour les poser sur ses hanches, qui les laissait remonter, qui tournait vivement la tête au moment de gouter ses lèvres pour le priver de la récompensée désirée. "Essaye encore", la moquerie se lisait clairement dans ces iris irréels.
Il essayait, Axel. Avec ses gestes caressants, son nez qui glissait au creux de son cou, son souffle chaud, sa langue venue dessiner hasardeusement sur sa peau, sensuelle. Avec ses mots, aussi. "T'es bandant" qu'il avouait. "Peux mieux faire" Van répondait, toujours avec les yeux, mais il avait déjà craqué.
Ses mains qui glissaient nonchalamment au creux de son dos, passaient devant, venaient chercher la chaleur de sa peau là où pointaient les hanches. Tiraient un peu sur le débardeur qui pendait. "Ça gêne. Je te l'enlèverais bien"
Son corps se penchait sur le sien, brièvement. Le temps de presser leurs bassin, pour mieux l'abandonner. "Pour aller profiter de ta peau"
Sa bouche sur ses tempes, la mâchoire, venue emprisonner le pauvre lobe d'oreille entre ses crocs. Sa langue pour taquiner sa chaire tendre. "Avec mes lèvres"
Les marques au creux de son cou, points noirs, comme autant de souvenirs de la brûlure sous son ventre. Ses doigts jouant avec ce foutu bouton qui retenait son jean. Se perdant, faussement malhabiles, un peu plus bas, là où le tissu prenait une nouvelle forme. "A genoux."
Et Van lui souriait toujours, narquois. Et dedans, il se consumait.
Mais il tapait toujours plus fort, le grand filiforme. Sa main dans la sienne pour le trainer. La chambre. Les lèvres qui se rencontraient, d'abord curieuses. Furieuses, ensuite. Enlevés les hauts qui entravaient leur étreintes, pour mieux sentir comme la peau de l'autre était chaude. Rassurante. Se perdre contre sa bouche pour oublier qu'il avait peur, un peu, que c'était la première fois et qu'il devait réussir. Croire encore qu'il avait le contrôle, même s'il était entièrement abandonné à Axel. Même si le pantalon laissé au niveau de ses chevilles, les lèvres d'Axel sur ses cuisses qui cherchaient, s'amusaient, remontaient pour mieux continuer et aller jouer sur ses hanches, il aurait tué pour les sentir un peu plus quand l'autre s'était finalement reculé, sans lui donner satisfaction. Ce sourire provoquant sur ses lèvres. "Si tu veux la suite, viens la chercher." Et l'enflammé qui s'asseyait naturellement sur le lit. Retirait ses propres vêtement. On voyait bien qu'il avait l'habitude de se foutre à poil devant quelqu'un d'autre, lui.
Van, il en aurait presque tremblé au moment de venir s'asseoir sur ses genoux. Tremblé d'appréhension, parce qu'il ne savait pas "bien faire". Tremblé de hâte, parce qu'il le voulait tellement. Tremblé d'excitation, parce que sentir son sexe contre le sien, savoir qu'il avait à ce point envie de lui, c'était déjà bon.
Oui, ça partait tellement bien. Dommage que ça n'ait pas duré.
"- On s'en fou Van. C'est rien ça. Que dalle.
- Alors pourquoi tu ris ?"
Comme s'il n'avait pas déjà suffisamment honte comme ça. Comme s'il ne rêvait pas de disparaitre, comme la fumée au bout de ses clopes. D'arrêter d'exister, instantanément. S'éclipser aussi vite qu'il avait jouit.
"- Bah parce que c'est pas grave."
Voyant que la bête sauvage ne fuyait pas, Axel s'autorisa à nouer franchement ses bras autour de son torse encore nu pour le garder loin de la porte de sortie.
"- C'est pas grave, ce genre de conneries." Il répète. "Et c'est pas rare, en plus. Puis sérieux, tu crois que j'ai jamais foiré au pieux ?"
Il fait chaud contre l'autre asperge, Van pense. Et il a vraiment froid sans son débardeur. Et il crève d'envie de déguerpir pour ruminer seul son déshonneur, mais s'il part, il a peur de ne plus jamais regarder l'autre dans les yeux. De le fuir dans les couloirs. Parce qu'à chaque fois qu'il croisera ses mirettes radioactives quelque part au lycée, il aura honte.
"- On a tous des trucs grave gênants sur la conscience, mec. On les raconte juste pas.
- Genre.
- J'te jure.
- Bah raconte."
Mais Axel a raison. Ce serait quand même sacrément con de se quitter sur un truc pareil.
"- Hein ?
- Raconte un truc grave gênant.
- Pourquoi ?
- Parce que sinon j'me casse ?
- T'es chiant, tu sais.
- Je vois mon débardeur sous le lit."
Soupirant, le rouquin abandonna la partie.
"- Tu vois Larxène ?
- La meuf qu'était ici en seconde ?
- Ouais.
- Vite fait.
- Ben elle dort dans un truc superposé qui date de quand elle était gamine, et qu'elle a pas changé entre temps.
- Et ?
- Y a vachement peu d'espace entre les deux lits."
Vanitas haussa un sourcil, commençant à entrevoir une possible fin tout à fait amusante.
"- Et du coup, un jour qu'on profitait de l'absence de sa mère pour passer du bon temps, je me suis redressé trop vite et je me suis mangé le lit du haut.
- Sérieux ?
- Sérieux, ouais. Et je peux te dire que ça fait putain d'mal, j'ai débandé direct."
Un sourire satisfait, tout à fait moqueur, ranime le visage renfrogné du corbeau. S'il se sent toujours assez mal a l'aise, il éprouve une joie presque sincère à savoir que l'allumé a pu un jour se montrer au moins aussi malhabile que lui. Ça lui apprendra à rire ouvertement de ses - tout récemment découverts - complexes.
"- Larxène a dû se foutre de ma gueule, genre ... vingt minutes ? Et après elle a envoyé un message à sa sœur pour lui raconter.
- Trop beau."
Cruellement amusé, le noiraud décide qu'il n'a, finalement, peut-être pas besoin du débardeur qui lui tenait tant à cœur. Après tout, il peut bien faire sans, au moins quelques minutes de plus. Aussi s'accorde-t-il un moment de faiblesse, juste le temps de s'appuyer un peu contre l'araignée, sa tête posée sur son épaule. Une sorte de victoire qu'il lui concède.
"- Et c'est sûrement pas la dernière saloperie qui m'arrivera." Soulagé de sentir l'autre accepter pleinement sa présence, Axel le ramène près du lit pour s'installer plus confortablement. "Alors on s'en fout, Van.
- J'avais compris quand tu l'as dit la première fois. Et la seconde.
- Donc tu m'as fait raconter ça juste pour m'humilier ?
- Possible."
Axel s'allonge nonchalamment sur les draps, mollement avachit. Le voyant installé de la sorte, le louveteau prend quelques secondes pour faire ce qu'il a précipitamment passé à la trappe alors que l'enflammé se déshabillait, trop pressé : le regarder. Voir comment son cops est fait. Les lignes brisées, marquées, qui s'enchevêtrent pour offrir un dessin plutôt acceptable. Pas parfait, mais agréable quand même. Moins maigre qu'il ne l'aurait cru, déjà, avec ce petit ventre entre ses hanches.
"- Du coup, ton pantalon ?
- Quoi ?
- Ça te dirait pas de l'enlever ?
- Cours toujours pour un deuxième round."
Pour sûr qu'Axel doit se retenir de lui envoyer une connerie bien sentie, Van lit la bêtise qui brille tout au fond de ses yeux.
"- J'aimerai juste pouvoir profiter de la vue."
Vanitas réfléchit quelques secondes, puis s'étire l'air de rien, son torse déjà bien à la vue de son camarade.
"- Ouais mais non. Peut-être la prochaine fois, si j'suis d'humeur.
- La prochaine fois ?"
Ils se fixent, chacun désirant s'assurer qu'il pense comme l'autre. Que cette "prochaine fois" sous entend bien ce qu'il croit qu'elle sous entend - et que pourrait-elle sous entendre d'autre, sérieusement ?
Ils sourient.
"- La prochaine fois, ouais."
Wala ! J'espère que ça vous aura plus, hésitez pas à donner votre avis !
Et sinon, entre les thèmes Enfant et Cicatrice, qu'est-ce que vous voulez voir en premier ?
