Bonjour à Toutes

Un grand merci de me suivre dans cette nouvelle aventure. J'ai bien conscience que vous n'avez aucune idée de où je vous emmène et ça me fait vraiment chaud que vous m'accordiez votre confiance. J'espère que je ne vous décevrai pas.

Merci à Lyra pour ses précieux conseils.

Bonne lecture

Christina


Chapitre 4

Je me réveillai le lendemain, comme la veille, dans le lit.

Je ne fus pas aussi désorientée et compris que j'étais dans la chambre du bateau.

Je me frottai le visage. Les choses étaient si troublantes.

Je me remémorai la remarque acerbe de Rosalie : « Et dire qu'elle a réussi le test ! »

Ces mots tournaient en boucle dans ma tête tout autant que la réaction d'Alice.

Plus que ses paroles, c'est le regard noir qu'elle lui avait lancé avant de se retourner vers moi désinvolte en soufflant.

-N'écoute pas Rosalie, elle est juste jalouse. Tu avais résolu l'énigme du Cluedo bien mieux que nous. Nous sommes passées pour des amatrices en comparaison de toi.

La blonde renifla dédaigneuse avant de se lever.

-Je vais retrouver les gars, cracha-t-elle.

-Nous allons aller sur le pont, rejoignez-nous. Répliqua mon amie

Rosalie était déjà de dos prête à sortir de notre champ de vision, elle fit un signe de la main en réponse à Alice.

J'avais beaucoup de mal avec elle, je ne savais pas quoi en penser. Que voulait-elle dire réellement ? Est-ce qu'il y avait une information qui m'échappait.

Cette situation était de plus en plus frustrante.

-Allez viens, m'avait appelé Alice.

Nous passâmes par la cuisine, à ma demande, pour déposer les tasses vides avant de repartir sur le pont avant.

Après quelques secondes de marche, elle brisa le silence.

-Ne tiens pas rigueur à Rosalie pour son attitude. Elle est véritablement jalouse, pas seulement du jeu, mais aussi de toi.

Je fronçai les sourcils. Comment cette magnifique blonde pouvait-elle m'envier d'une quelconque manière.

-Avant de rencontrer Emmett, répondit-elle à ma question silencieuse, elle a plus ou moins fréquenté Edward. Elle est jalouse qu'il te porte autant d'intérêt.

-Plus ou moins, dis-je restant fixée sur le fait qu'elle avait peut-être été intime avec Edward. Cette idée me tordit le ventre.

-Ce n'est pas à moi de te raconter. Cependant, je crois que c'est moins que plus, mais ça n'empêche que tu réussis là où elle a échoué.

Nous étions arrivées sur le pont en silence, je méditais ces pensées. Je ne connaissais strictement rien du passé d'Edward. Je savais si peu de choses de lui. Hormis peut-être qu'il était un amant fabuleux et visiblement un gentleman, riche de surcroît pour mon plus grand inconfort.

Je soupirai portant plus attention à ce qui m'entourait, je ne pensais pas encore être venue sur cette partie du bateau.

J'examinai la rambarde en pointe face à moi, je ne pus m'empêcher de penser au film Titanic.

J'aurais adoré jouer au personnage de Rose et avoir Léonardo, ou Edward, dans mon dos me tenant les bras pour me faire voler. Ou encore être seule et me mettre à crier « je suis le roi du monde » ça devait être jubilatoire. Je pourrais presque m'en persuader d'ailleurs sur ce magnifique yacht.

Je contemplai un peu la pénombre, je ne pouvais pas distinguer les vagues qui se fracassaient sur la coupe du bateau, mais le bruit était assez apaisant.

-Assieds-toi Bella, m'appela Alice.

Je me retournai pour voir trois transats placés en demi-cercle.

Alice n'attendit pas et s'allongea sur celui du milieu.

Je regardai autour de nous pour en rapprocher d'autres pour nous six, mais il n'y avait rien à proximité.

Je décidai de rester sur le devant de la chaise longue et ne pas m'installer sur le dossier en position semi-couchée. Je voulais laisser de la place aux autres.

Nous étions toutes les deux la tête levée à contempler les étoiles.

-Alice, demandais-je, combien de temps va durer notre croisière ?

Elle sembla réfléchir un instant avant de répondre, presque incertaine.

-Une dizaine de jours, je dirai.

-Ok, soufflai-je.

J'avais plus d'une semaine devant moi à me laisser porter avant de me poser les véritables questions. Je ne devais pas oublier mon mot d'ordre :

Profiter !

Ça consistait, entre autres, à faire abstraction de la magnifique blonde.

Du bruit nous fit baisser la tête.

Jasper en premier se dirigea directement vers Alice. Je me trémoussai un peu gênée devant leur complicité, alors qu'ils se chamaillaient pour savoir qui s'allongerait et qui viendrait en appui sur l'autre.

Alice plus déterminée que jamais resta en place et son conjoint abdiqua en collant l'arrière de son crâne sur sa poitrine.

Elle l'entoura de ses minces bras et je les trouvais beaux.

Le même dilemme se posa pour Rosalie et Emmett, ils se mirent face à face, tel un cocon.

Alors que je regardais les couples s'enlacer, je n'avais pas fait attention à Edward.

C'est quand deux mains me saisirent par la taille et me soulevèrent sans problème que je réalisai qu'il s'était assis en arrière du transat.

Il m'attira à lui, collant mon dos contre son torse.

Je fus tellement surprise que je n'eus même pas l'idée d'objecter.

Je me retrouvai dans son étreinte au clair de lune.

-Décris-nous les constellations, murmura Alice à Jasper, tout en lui câlinant ses cheveux.

Il acquiesça et commença à parler des étoiles, les formes qu'elles faisaient et leur nom.

J'avais du mal à me concentrer sur ce qu'il disait, j'étais trop consciente de la proximité de mon compagnon de chambrée.

J'avais ma tête posée sur son épaule, le visage relevé vers le ciel.

Nos doigts étaient enlacés sur mon ventre, c'était assez doux, chaste et troublant.

Jasper parla un long moment, non pas que sa voix était soporifique, mais le bercement des vagues, le confort des bras d'Edward, son odeur apaisante, j'étais bien, sereine. Étonnamment rapidement, je me relaxai complètement et je plongeai dans le pays des rêves sans vraiment m'en rendre compte.

C'est le bruit de l'eau qui s'arrête de couler qui me sortit de mes souvenirs. Je suppose que c'était Edward qui m'avait ramenée ici après que je me sois assoupie.

J'étais complètement attentive aux sons qui m'entouraient, je n'osais pas bouger.

J'étais beaucoup dans l'expectative depuis que je m'étais réveillée sur ce bateau!

Une longue journée avec Alice m'attendait aujourd'hui. J'étais mitigée face à cette idée. Impatiente de retrouver notre complicité, un poil anxieuse de ce qu'elle avait pu nous concocter et étonnamment déçue de ne pas profiter de l'Apollon.

C'est à ce moment-là qu'il sortit de la salle de bain avec seulement une serviette sur les hanches.

Qu'est-ce que je disais déjà !

Mon dieu ! Qu'est-ce qu'il était beau !

Son torse était nu, quelques gouttes d'eau ruisselaient encore sur son épiderme et je pensai à ces vers : « Je voudrais être une larme pour naître dans tes yeux, vivre sur ta peau et mourir sur tes lèvres. »

Ouais c'était un truc du style, mais moi j'aurais adoré être une goutte d'eau pour tomber sur Edward, vivre sur son torse et mourir sur sa queue.

Oh mon dieu, j'étais indigne d'une littéraire! Autant dans mes vers que dans mes idées impures. J'étais un boulet à moi toute seule.

Il me sortit de mes pensées.

Comme la veille, il vint déposer ses lèvres sur les miennes avec rapidité, un effleurement trop léger à mon goût.

-Bonjour, me salua-t-il, bien dormi ?

-Oui merci, marmonnai-je, et toi ?

-Oui, me répondit-il un sourire éblouissant.

J'en fis de même à mon tour avant de le perdre très vite quand il me dit sur un ton joyeux.

-Tu savais que tu parlais la nuit ?

Oh non, pas ça !

J'étais mortifiée, j'avais réussi à me faire honte seule dans mon sommeil, j'étais irrécupérable.

-Et qu'est-ce que j'ai raconté ? M'enhardis-je mais surtout craintive.

Il haussa les épaules.

-J'étais à moitié dans les vapes et tu marmonnais plus qu'autre chose. Du coup, je n'ai rien retenu, à part le fait que tu parles en dormant.

Je soufflai discrètement de soulagement. Je n'avais pas à rougir de mes idées peu chastes qui avaient hanté mes rêves cette nuit.

J'étais d'ailleurs surprise qu'il soit déjà debout.

-Tu te lèves tôt ? L'interrogeai-je.

-J'avais chaud, répondit-il désinvolte.

Je ne savais pas comment interpréter sa réponse, était-ce à cause de moi ?

Je me tus, faute d'autre chose.

Comme la veille, il ne se gêna pas pour se changer devant moi.

C'est moi, qui à présent avais très chaud.

Merde putain qu'il était hot !

Alors qu'il enfilait un caleçon de bain, il m'interrogea :

-Tu veux que je reste avec toi en attendant Alice ?

Je secouais la tête en disant non.

-Et toi que vas-tu faire aujourd'hui? Lui demandai-je.

-Un peu de plongée. Emmett aimerait aussi que nous pêchions, mais je n'ai pas vraiment la patience, alors on verra.

-OK soufflai-je.

J'avais qu'une idée: le questionner pour savoir quand je le reverrai, mais je n'étais quand même pas à ce point accro ?

-Je te vois en fin d'après-midi, m'informa-t-il en se dirigeant vers la porte.

Pouvait-il lire dans mes pensées ? C'était déroutant.

-A tout à l'heure Edward, soufflai-je alors qu'il me faisait un signe en quittant la pièce.

Je m'effondrai dans les oreillers, je cachai mes yeux avec mon avant-bras. J'étais perdue, je me sentais cruche. J'avais un apollon à côté de moi qui avait pris la décision unilatérale que nous ferions chambre commune et nous étions de simples colocataires.

Je ne comprenais pas pourquoi il n'avait rien entrepris de nouveau avec moi ? Il semblait si différent de lors du jeu. En même temps moi aussi, je me faisais l'effet d'une débile mentale qui aurait échouée dans un monde qui était trop complexe pour son pauvre cerveau et sa condition.

Oui, car j'avais un sale rapport avec l'argent. Il était utile, mais c'était juste un moyen pour survivre, payer ses études, je n'avais jamais aspiré à plus de richesses.

Mon studio me convenait bien, je n'étais pas fan de la mode. Bon, ok, mon vice était d'acheter mes livres plutôt que de les emprunter à la bibliothèque, mais c'était mon seul plaisir de possession, le reste m'indifférait. Me retrouver ici dans tout ce luxe me mettait juste un peu plus mal à l'aise, décalée dans ce monde.

J'avais même peur qu'après cette croisière de perdre mon amie. Elle semblait si à l'aise dans ce milieu, je ne pourrais pas vivre à son crochet ou à celui des autres. Je ne voulais pas être un parasite qui profite de leur aisance.

À long terme certes non, mais pour l'instant j'étais là. Pas contre mon gré, mais sans ayant donné mon approbation pour autant ! Je n'avais pas eu le choix, je devais lâcher prise et me laisser bercer par tout cela.

J'étais toujours dans mon dilemme et mon inconsistance face à tout cela quand une voix haut perchée me sortit de tout cela.

-Bella, chantonna Alice, tu es prête ?

-Quoi ? Tu es encore au lit ?

-Euh…

-Va te doucher, allez oust! Je te sors des vêtements, dépêche-toi. S'égosilla mon amie en faisant voler les draps.

-Alice, me plaignis-je. Je croyais que nous étions en vacances.

-Ça, c'est ce que tu crois, moi je suis là pour parfaire ton éducation.

-Quoi ?

Elle rit à sa blague.

-Mais non, allez, arrête d'être sur des charbons ardents, je veux juste t'aider. Je te connais comme ma poche, alors dépêche.

Mais de quoi me parlait-elle, je la dévisageai cherchant à comprendre. Elle disait rarement des choses pour rien, il y avait toujours un fond de vérité. Je décidai de mener l'enquête qu'elle aurait arrêté de m'incendier et de me brusquer.

Je me lavai rapidement et sortis en serviette pour la rejoindre.

À ma surprise, de simples sous-vêtements blancs m'attendaient ainsi qu'une robe également blanche en coton qui descendait presque jusqu'au genou.

C'était une taille empire resserrée sous ma poitrine en s'évasant.

-Allez ! S'impatienta-t-elle une nouvelle fois.

-Alice, personne ne nous attend, il n'y a rien qui presse.

-Si.

-Quoi ? L'interrogeai-je.

Je vis apparaître des rougeurs.

Oh ! Ce n'était pas bon.

-Alice ! Dis-moi, commençais-je à la sermonner.

-Il se pourrait que j'aie réservé le salon d'esthétique dans une petite demi-heure et je voulais avant te montrer quelques trucs.

Je grimaçai.

-Que nous as-tu prévu ?

-Oh tu sais, débita-t-elle en haussant les épaules. Épilation, brushing, massage, les choses habituelles, quoi.

Je secouai la tête, même en pleine mer Alice restait Alice.

Nous sortîmes de la chambre et elle ouvrit une porte en face.

Là se tenait une pièce très grande presque de la longueur du couloir.

Il y avait plein de portiques remplis de vêtements.

-Oh mon dieu, lâchai-je impressionnée.

-Cool, hein ?

-Euh…

-Oh allez Bella, me secoua-t-elle avec un coup d'épaule, je suis certaine que tu ne t'attendais pas à ça. Tu vois ça, dit-elle en englobant toute la pièce, c'est la grande classe.

-Si tu le dis, capitulai-je.

-Alors en fait, là nous sommes dans tes affaires et celles d'Edward. Plus loin tu as les miennes et celles de Jasper et de l'autre côté, elle se retourna en énonçant cela, ce sont celles d'Emmett et Rosalie. Ça a été disposé pour être au plus près de nos chambres respectives qui sont le plus éloignées possibles entre elles. Vous, vous êtes au centre à bâbord du bateau et nous nous sommes à tribord à chaque extrémité. Tiens, viens.

Elle se dirigea dans ce qu'elle m'avait désigné comme leur section, elle ouvrit une porte et nous nous retrouvâmes dans un couloir semblable à celui que nous avions quitté plutôt.

-Ma chambre c'est celle au bout. dit-elle en pointant du doigt à droite. Rosalie et Emmett sont de l'autre côté.

-Et les autres portes demandais-je.

-Des chambres. Le bateau peut accueillir, je crois jusqu'à près de 50 passagers.

J'étais impressionnée.

-Et au fond, tu as les quartiers de ceux qui sont de service. Donc c'est assez simple quand tu viens d'en haut, tu vas à gauche au bas des escaliers et à peu près au milieu du couloir tu as ta chambre.

Oui très simple, mais de mauvaise foi, j'étais convaincue que la partie des employés était alambiquée avec plein de recoins. Je n'aurais pas pu me perdre dans seulement deux allées, non ? De toute manière, j'étais allé à droite au lieu d'à gauche, c'est pour cela que je m'étais perdue, j'aurais fait le bon choix dès le début je suis sûre que j'aurais réussi à les retrouver.

Enfin, en parlant de cela, je me décidai à mettre les pieds dans le plat en posant LA question à mon amie.

-Alice, franchement, pourquoi m'avoir mis dans la même chambre qu'Edward ?

-Ça te dérange, éluda-t-elle.

Je soupirai.

-Pas vraiment.

-Bon ben s'est réglé.

Elle referma la porte pour que nous revenions sur nos pas. La conversation était close, pour elle, pas pour moi, mais j'avais tout mon temps pour savoir le véritable pourquoi.

Elle me désigna son atelier où elle pouvait créer et dessiner, elle était très excitée. Moi, je me demandais comment elle avait réussi à mettre un tel fouillis avec autant de tissus qui traînaient partout.

Elle m'entraîna vers, selon ses propos, mes habits.

Elle me montra quelques pièces qu'elle jugeait exceptionnelles et c'était vrai que c'était magnifique. Pourtant une question me brûlait la langue. Qui allait payer pour tout cela ?

Il semblait même qu'il y en avait de créateurs. Peut-être en fait que c'était juste un prêt, que ça faisait partie des accessoires du yacht comme les meubles, sauf que c'étaient des vêtements.

Cette hypothèse me convint plus qu'une autre.

Elle me fit ensuite un cours sur : quoi porter à telle occasion.

Les petites robes courtes et légères, c'est pour la plage et la piscine.

Pour les dîners, c'est soit chic ou hyper chic. Visiblement il n'y avait pas la case simplicité. Elle me montra également des tenues de cocktail et les occasions qui venaient avec.

Je n'osais pas ébranler son enthousiasme tellement elle y mettait du cœur, mais je ne pouvais m'empêcher de me demander à quoi tout cela servait. N'étions-nous pas en vacances ?

Une fois qu'elle eut fini son cours de mode elle m'entraîna sans plus attendre aux étages supérieurs.

Deux personnes patientaient en tunique blanche à l'entrée du salon d'esthétique.

Ils nous saluèrent avec entrain en se présentant. Bree et Riley, nous interrogèrent sur nos désirs et Alice partit dans l'énoncé de tout ce qu'elle attendait et tout cela avant le déjeuner.

Je retins un gémissement, elle était folle.

L'idée était que pendant que l'une se faisait coiffer, manucurer l'autre avait droit à des enveloppements à l'algue suivit d'un massage. C'est moi qui commençai dans les mains de Riley.

J'étais un peu gênée, mais il avait vraiment un don et il détendit avec ses doigts chacun de mes muscles.

Je me retenais de gémir. Quand je fus bien décontractée, il m'invita à entrer dans un bain spécial pour hydrater la peau en profondeur. Il m'enveloppa ensuite dans un genre de couverture en alu.

Je ne sais plus si je m'assoupis, mais je ne m'étais jamais sentie aussi bien. Enfin quand je faisais abstraction de tout le reste, mais je n'oubliais pas mon mot d'ordre.

Profiter !

Après ce moment de relaxation, je passai sous une douche spéciale avec des jets partout qui fouettaient ma peau. Ce n'était pas douloureux, mais légèrement désagréable, la pression était vraiment forte.

J'en ressortis bizarrement complètement revigorée.

Après cela Bree égalisa ma coupe, me maquilla, me fit une pédicure et une manucure. Alice était absente à ce moment-là et je pus choisir des teintes pastelles

Mon amie arriva en s'époumonant : « Dépêchons-nous Bella, le déjeuner nous attend ! »

Elle m'entraîna alors à la grande salle du restaurant. Nous étions seules et une table était dressée comme la vieille.

Je soufflai.

-Alice ! Pourquoi puisque nous sommes que toutes les deux, ne pourrions-nous pas faire simple?

-Bella Bella Bella, j'ai bien vu qu'hier tu n'étais pas à l'aise. Du coup, j'ai pensé qu'un petit cours t'aiderait et comme ça tu n'aurais plus jamais à être gênée.

Elle sourit de toutes ses dents, heureuse de son initiative.

Encore une fois, je me retenais de lui dire que je n'en avais rien à foutre. Elle avait vraiment beaucoup de crédit auprès de moi. Elle avait toujours été là pour moi. Malgré tout, elle était en train d'amenuiser considérablement mon capital patience.

Elle nous fit asseoir et commença à me débiter toutes les normes de bienséance : mettre sa serviette sur ses genoux ne jamais se servir du vin, ça ne convenait pas à une femme elle me décrit l'utilité de chaque ustensile, les plus gros verres pour l'eau, puis le vin rouge puis le blanc et le verre pour les entremets ou le dessert.

Je soufflai d'exaspération.

Si je n'avais pas à me servir du vin, quel intérêt de savoir quel verre pour quel liquide ?

Je lui en fis la remarque et elle soupira à fendre l'âme.

Je m'en voulus un peu, elle se donnait du mal et je rechignais. Elle était la meilleure pour me faire culpabiliser. Il faudrait que je trouve une parade à tout cela, ça ne pouvait pas durer éternellement.

Le déjeuner fut succulent, bien évidemment !

Elle me fit remarquer que le serveur nous présentait toujours nos plats par la gauche, mais nous servait la boisson par la droite. Il débarrassait du même côté en suivant les aiguilles d'une montre.

Je roulai des yeux.

Après le repas, à mon étonnement elle me demanda ce que j'avais envie de faire.

Je fus très surprise pour le coup d'avoir mon mot à dire.

-Euh, je ne sais pas, répondis-je prise de cours. Tu n'avais rien prévu d'autre, le cours pour imiter les guindés est terminé, la charriai-je.

-Bella, me réprimanda-t-elle rien que dans le ton de sa voix.

-Quoi ?

-Mets-y un peu du tien.

-Mais pourquoi ? À quoi veux-tu bien que ça me serve de savoir comment évoluer dans la haute ou mettre la table comme il faut. On s'en tape. Après cette croisière tu sais très bien que ça ne me sera d'aucune utilité.

-Qu'en sais-tu ? M'agressa-t-elle.

-Ce n'est pas mon monde Alice, je n'ai pas ma place ici.

Elle leva les yeux au ciel.

-Et Edward ? Me demanda-t-elle de but en blanc.

-Quoi Edward?

-Et bien lui et toi, commença-t-elle en agitant sa main comme si ça finissait sa phrase.

-Il est gentil, dis-je, mais…

Comment lui expliquer la situation, elle en savait peut-être plus que moi.

-Mais quoi Bella ?

-Je n'en sais rien, nous n'avons rien d'un couple, alors…

-Pourquoi tu penses que vous n'avez rien d'un couple ?

-Ben ce n'est pas parce que nous avons baisé une fois ensemble sous le couvert d'un jeu que nous sommes dans une relation.

-Vous n'avez pas recouché? Répliqua-t-elle ahurie comme si elle m'accusait de quelque chose.

-Ben non, il ne m'a pas touchée.

Elle fronça les sourcils comme s'il lui manquait une pièce de puzzle.

Elle hésita, elle cherchait visiblement ses mots.

-Et toi, tu en penses quoi ?

Je soupirai.

Je me retournai pour vérifier que nous étions bien seules, je pouvais me confier à elle. Je savais qu'elle ne me trahirait jamais.

-Je ne sais pas vraiment. Tout ceci est si étrange et si éloigné de ce que je suis.

Je fis une pause, elle opina de la tête, mais se tut comme pour que je poursuive.

Je pris une grande respiration.

-Edward est un bel homme et je dois bien avouer qu'il ne me laisse pas indifférente, mais je ne sais pas, il est gentleman, je suppose… c'est comme si en fait nous étions un vieux couple, enfin c'est l'impression qu'il me donne. Il est avec moi comme si nous nous connaissions depuis toujours, sans pour autant faire quoi que ce soit de déplacé… finis-je un peu confuse.

Je soufflai.

-En réalité, j'évite d'y penser et j'ai décidé de juste profiter de cette croisière. Conclus-je encore plus dépitée par la réalité de ces mots.

Elle me regardait tout en hochant la tête.

-Est-ce que ça a du sens ce que je dis ? Lui demandai-je un peu perplexe.

-Ouais je crois. Ça me semble bien.

-Ok, acquiesçai-je.

-Bon, se ressaisit-elle en se levant, mettant fin à cette conversation incongrue.

-Ça te dirait de flemmarder un peu devant la télé, je n'ai pas envie de rejoindre les autres tout de suite.

J'opinai de la tête et elle me prit par le bras.

-Ça fait bien longtemps que nous n'avons pas fait ça.

Elle parlait du fait que nous regardions des télé-réalités plus jeunes et que nous décortiquions tout ce qui s'y passait. Bon ok, nous étions réellement des petites pestes à ce moment-là, car nous émettions des jugements sur tout, mais c'était notre moment de détente coupable.

Quand nous analysions la vie des autres, du coup nous nous sentions moins pathétiques. Nous prenions grand plaisir à regarder souffrir les gens dans les « Survivor » ou encore dans les « Bachelor » où les filles se trémoussaient sans pudeur pour l'attention d'un homme.

Ça rendait notre vie plate du moment beaucoup plus saine !

Je ris face à son enthousiasme.

Nous avions grandi depuis, mais revivre un peu cette insouciance ne nuirait à personne et n'importe quoi pour éviter une nouvelle leçon de bienséance.

Elle me prit par le bras et me dirigea vers un petit salon avec une télévision.

-On reçoit la télé ici.

-Ouep !

-Trop la classe !

Nous rîmes ensemble, excitées de nous retrouver réellement comme avant.

Elle m'entraîna avec elle sur le canapé, toutes les deux nous repliâmes nos jambes sous nous nous calant l'une contre l'autre.

Elle prit la télécommande et commença à zapper.

C'était une cinglée de la zappette, je n'avais pas le temps de décrypter les images à l'écran qu'elle passait déjà à une autre chaîne.

-Alice, doucement, lui reprochais-je.

Elle m'ignora puis après encore quelques clics acharnés sur le boîtier, elle se stoppa net.

-Oh trop cool, sœur épouse.

-Quoi ? Demandais-je.

-Tu n'as jamais regardé? M'interrogea-t-elle ahurie.

-Euh non! C'est quoi?

-L'histoire d'une famille polygame.

Je grimaçai.

-C'est la meilleure télé-réalité du moment, tu vas voir.

Je levai les yeux au ciel au goût excentrique d'Alice.

J'étais prête à répliquer quand elle me fit un « chut »

Je soufflai, mais regardai la télévision.

À l'écran sur un grand canapé rouge de coin étaient installées cinq personnes. Un homme pas vraiment laid, mais pas non plus beau était assis au milieu. Son bras était sur le dossier derrière une femme blonde enceinte. De l'autre côté, à sa droite se tenait une autre avec un très beau visage et des yeux magnifiques, mais aussi très obèse. À côté d'elle à une extrémité se crispait une femme, les cheveux châtains. Elle avait l'air sévère tout comme celle à son opposé qui était très mince, assez jolie et brune.

Je compris rapidement qu'elles étaient toutes ses épouses. Elles étaient assises dans leur ordre de mariage. C'était donc la troisième qui était enceinte. Il avait acquis la quatrième sous peu et la future maman avouait en avoir éprouvé un peu de trouble, car elle pensait qu'elle ne suffisait plus à son mari.

-Il a pris la quatrième pour s'éclater au plumard et avoir de la viande fraîche, démarrai-je les hostilités à l'encontre de cette émission.

Alice me dévisagea bizarrement.

-Quoi ? Lançai-je outrée de son regard.

-Je ne pense pas.

-Arrête Alice, regarde bien les autres, je te dirai que la troisième est sa préférée, en témoigne le nombre de gosses qu'il lui a fait, mais elle n'a plus un corps de jeune fille comme la dernière. C'est clair que c'est pour l'éclate et tu ne le vois pas beaucoup interagir avec elle en plus.

Elle pencha la tête, elle réfléchissait.

-Je ne sais pas. J'aime à croire quand il dit que l'amour ne se divise pas, mais se multiplie. J'aime l'idée d'avoir des sœurs comme ça. D'avoir des personnes sur qui compter en tout temps. J'aurais toujours voulu avoir une sœur.

Je m'offusquai exagérément.

-J'ai toujours cru que tu me considérais comme ta sœur!

Elle fit une moue.

-Je te le dis tout de suite, ne compte pas sur moi pour me taper Jasper et que nous devenions sœur épouse.

Elle rit.

-Ouais, mais, répliqua-t-elle, ça renforce les liens quand même, ça serait plus fort encore que notre amitié, non ?

Je grimaçai.

-Désolée Alice, il n'y a pas moyen ! Bon ben si nous rejoignons les gars, je ne sais pas pourquoi, mais là tu vois j'ai besoin de me tenir loin de toi et de Jasper dans l'immédiat.

Elle rit franchement et je me joignis à elle.

Le générique de fin apparut à ce moment-là.

-OK, abdiqua-t-elle, va retrouver ton homme.

Je fronçai le nez.

Elle me regarda et se retourna bien face à moi. De retour à la conversation trop sérieuse pour des vacances.

-Bella, la vie est trop courte pour que tu te questionnes autant. Profite un peu plus. Et… elle hésita. Je soupçonne qu'Edward attende que tu viennes à lui. Je crois qu'il ne veut pas te brusquer après la rapidité de votre rencontre. Tu devrais peut-être essayer de mieux le connaître, tu sais sans nous autres autour.

-Je ne sais pas Alice, je ne souhaite pas non plus m'attacher.

-Et pourquoi ?

-Pourquoi quoi ?

-Pourquoi tu ne voudrais pas t'attacher?

Je la regardai horrifiée. Comment ne pouvait-elle pas comprendre.

-C'est évident, non ?

-Ben non.

Je soupirai.

-Alice nous ne sommes pas du même monde et que puis-je espérer après cette croisière? Pas grand-chose, alors non je ne veux pas m'attacher. J'ai trop à perdre.

-Et quoi ? Me questionna-t-elle.

Je réprimai une moue.

-Mon cœur, tentai-je, mi-sérieuse, mi-amusée.

Elle me dévisagea les yeux pétillants.

-Moi je pense qu'Edward t'aime beaucoup.

Je la regardai un peu surprise, j'attendis, espérant qu'elle m'en dise plus.

Elle soupira.

-Je ne l'ai jamais vu comme ça, c'est comme s'il faisait tout pour te séduire, mais que tu es trop aveugle pour le voir.

Je levai les yeux au ciel.

-Alice ça fait à peine deux jours que je le connais.

-Ouais ben moi je te dis qu'il est mordu quand même.

Pouvait-elle avoir raison ? Cette idée me plaisait bien trop.

J'étais du coup impatiente de le retrouver. Devrais-je mettre les pieds dans le plat ? Ou être entreprenante. Si Alice avait raison et qu'il voulait me séduire, pourrais-je en faire autant et tester mes pouvoirs de séduction ?

Je souris à cette idée alors que nous émergions pour atterrir sur le pont quand des sons étouffés nous parvinrent.

Après quelques pas, nous entendîmes des éclats de voix féminine. Forcément, Rosalie! Par contre, je ne m'attendais pas à trouver en face d'elle un Edward très en colère.