Bonjour tout le monde !

Voici la suite de nos folles aventures sur l'île avec l'arrivée d'un nouveau personnage (même s'il ne reste pas longtemps xD)

Bonne lecture !


Le lendemain, en début d'après-midi, un vrombissement sourd se fit entendre. Installée avec Hook dans le salon, Flora se précipita dehors pour apercevoir un hélicoptère les survolant et disparaître derrière la maison.

– Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda Hook également sorti.

– C'est Jack, le ravitaillement est arrivé, répondit Flora en partant en direction de la zone d'atterrissage de l'appareil.

Le pirate la suivit. Ils prirent un chemin menant derrière la maison et marchèrent cinq cent mètres avant d'arriver devant une zone totalement dégagée où s'était posé l'hélicoptère. Son pilote eut à peine le temps de sortir de l'habitacle que Flora lui sauta dans les bras. Il la fit tournoyer dans les airs en riant.

– Jack ! Je suis tellement contente de te voir ! lui dit-elle avec joie quand il la reposa au sol.

– Moi aussi ma petite. Tu as l'air en forme, répliqua-t-il en la regardant sous toutes les coutures.

– L'air marin me fait un bien fou, tu le sais bien, répondit-elle avec ironie.

– Et qui est-ce, si ce n'est pas indiscret ? demanda-t-il en apercevant le pirate par-dessus l'épaule de Flora.

– Jack, je te présente Killian. Il s'est échoué sur l'île il y a quelques jours, lui confia-t-elle.

– Tu aurais pu me prévenir que tu organisais une soirée déguisée, je me serais habillé en conséquence, lui murmura-t-il alors qu'ils approchaient de Hook.

– C'est une longue histoire, n'y prêtes pas attention, répliqua-t-elle. Killian, je te présente Jack, mon livreur et mon seul contact avec le monde extérieur.

Hook serra la main du nouveau venu et l'observa. Environ la cinquantaine, grand, musclé et les cheveux coupés ras, il ressemblait à un militaire à la retraite.

– C'est tout ce que tu trouves à dire sur moi ? se vexa-t-il. Tu oublie de préciser que sans moi pour te ravitailler tous les mois, tu serais déjà morte de faim !

– Oui, mais c'est pour ça que je te paie, lui asséna-t-elle, à moitié sérieuse.

– Certes et tu me paies aussi pour écumer les librairies et te ramener les quelques livres qui manquent à ta collection ? répliqua-t-il sournoisement. Sur mon temps libre en plus.

– Tu as trouvé quelque chose ? demanda Flora, le regard brillant d'excitation.

Il lui fit signe de le suivre jusqu'à l'hélicoptère dont il ouvrit la porte arrière. Il en sortit une lourde caisse et la déposa devant la jeune femme. Celle-ci se dépêcha de l'ouvrir et prit le premier livre de la pile qu'elle commença à feuilleter.

– Eh ! On range le matos avant de commencer à lire ! la gronda-t-elle en la voyant le nez plongé dans l'ouvrage.

– Pardon, s'excusa-t-elle avec un air penaud en remettant le livre dans la caisse.

– Elle est tout le temps comme ça, soupira Jack à l'intention de Hook.

– J'avais remarqué. Quand elle se plonge dans un livre, difficile de l'en faire sortir.

Elle leur tira la langue à tous les deux.

– Rends-toi utile au lieu de raconter des bêtises, plaisanta-t-elle en plaçant d'office la caisse de livres dans les bras du pirate.

– Vos désirs sont des ordres, ma chère, ironisa-t-il en partant vers la maison.

– Depuis quand acceptes-tu des gens sur ton île ? demanda Jack quand Hook se fut éloigné.

– Qu'aurais-je pu faire d'autre ? Son bateau s'est échoué et il était blessé. Je n'allais pas le rejeter à la mer, se rebiffa-t-elle.

– Je te demande juste d'être prudente c'est tout. Je m'inquiète pour toi, l'apaisa-t-il.

– Je sais. Mais tu n'as rien à craindre. Sous ses airs de pirate, il a un bon fond et on s'entend plutôt bien. Et même si ce n'était pas le cas, je sais me défendre, tu le sais mieux que personne. De toute façon, il repartira dès qu'il sera totalement guéri, le rassura-t-elle.

– Si tu le dis, je te fais confiance. Sinon, comment tu vas toi ?

– Très bien. Un peu moins au calme depuis qu'il est là mais ça va, répondit-elle en haussant les épaules.

– Non, je veux savoir si tu vas vraiment bien, insista-t-il, remarquant qu'elle esquivait sa question.

– Je vais bien, je t'assure. Ne t'inquiètes pas pour moi.

– Je ne peux pas m'en empêcher. Tu vas bien pour le moment, mais ça ne durera pas éternellement, lui rappela-t-il.

– J'en suis consciente. Mais tu sais aussi que je n'aime pas en parler. Oui, je vais bien pour le moment, comme tu dis. Et le jour où ce ne sera plus le cas, et bien, ce qui doit arriver arrivera, lâcha-t-elle avec désinvolture. Je suis en paix avec ça.

– Moi pas, répondit-il d'un ton bourru.

– Jack, on en a déjà parlé.

– Je sais, ce n'est pas pour autant que je l'accepte.

Flora profita du retour de Hook pour ne pas avoir à répondre. Elle prit une des caisses et se dirigea vers sa maison.

Jack soupira en secouant la tête et prit également une caisse. Hook fit de même et resta à sa hauteur.

– Vous avez l'air très proches tous les deux. Vous vous connaissez depuis longtemps ? demanda le pirate.

– Je suis un vieil ami de la famille, répondit le pilote. J'ai connu son père à l'armée où j'étais pilote, il était comme un frère pour moi. Je l'ai vu grandir alors je la considère presque comme ma fille. Elle est venu me voir il y a moins d'un an, quand elle a fait construire sa maison dans le but de s'installer ici. Elle avait besoin de quelqu'un pour la ravitailler et j'ai bien évidemment accepté. Depuis ma retraite militaire, je m'occupe de livrer certaines îles aux alentours. Mais elle reste de loin ma cliente préférée, ajouta-t-il avec un sourire attendri.

– Pourquoi habite-t-elle toute seule sur une île d'ailleurs ? Je ne lui ai pas posé la question. Et ses parents ne s'inquiètent-ils pas ?

– Désolé camarade, ce n'est pas à moi de répondre à ces questions. Je t'invite donc à lui demander directement, mais je ne te garantis pas qu'elle te réponde, répliqua-t-il mystérieusement.

Le pilote laissa le silence s'installer entre eux avant de poursuivre.

– Je ne te connais pas alors je ne peux pas juger si tu as de bonnes ou de mauvaises intentions. Mais elle semble te faire confiance. Alors ne trahis pas cette confiance ou tu auras à faire à moi, l'avertit-il d'une voix sourde.

– Ce n'est pas dans mes intentions, le rassura-t-il. Elle m'a sauvé la vie, j'ai une dette envers elle. Et puis, je l'apprécie beaucoup, je ne souhaite pas la trahir ou la blesser, bien au contraire, ajouta-t-il avec un petit sourire en coin.

– Alors prends garde à toi mon gars, répliqua Jack en éclatant de rire. Plus d'un s'est cassé les dents en essayant de l'approcher. Elle n'est pas du genre à se laisser faire et elle s'est très bien se défendre, son père y a veiller.

– J'avais cru comprendre, laissa tomber Hook en songeant au nombre de fois où elle l'avait remis à sa place alors qu'il tentait de la séduire.

– Et de toute façon, elle ne cherche pas à être avec quelqu'un, ce n'est clairement pas dans ses projets. Plus maintenant, soupira le pilote.

– Que voulez-vous dire ? demanda le pirate, intrigué.

– Rien du tout, rétorqua Jack en mettant fin à leur conversation.

Ils arrivèrent devant la maison où les attendait Flora.

– Vous en avez mis du temps. J'aurais pu faire encore deux allés-retours le temps que vous arriviez, se moqua-t-elle avec un grand sourire.

– Qu'est-ce que tu fais encore là alors ? Va finir de décharger l'hélico, lui suggéra Jack en plaisantant.

Hook déposa son chargement sur le perron et se frotta les côtes.

– Tu vas bien ? s'inquiéta Flora. Tu peux rester ici si tu as trop mal.

– Je vais bien, ne t'inquiètes pas. Et je ne vais pas laisser une femme et un vieil homme faire tout le travail, il en va de mon honneur, répliqua-t-il d'un ton mesquin.

– Appelle-moi encore une fois vieil homme et tu n'auras plus à te soucier de tes côtes, le menaça Jack.

– Et la pauvre femme sans défense ne t'a pas attendu pour prendre soin d'elle, rajouta Flora, en rentrant dans son jeu, un sourire moqueur sur les lèvres.

Le pirate leva les mains en signe de capitulation et retourna à l'hélicoptère.

Ils leur fallu plusieurs voyages pour décharger entièrement l'appareil.

Quand ils posèrent leur dernier chargement, Jack sortit des bières d'une glacière qu'il avait emmené et ils s'assirent tous les trois sur les marches du perron.

Flora brisa le silence en se tournant vers Jack.

– Avant que j'oublie, j'aurais une chose à te demander, lui dit-elle. Le bateau de Killian s'est échoué sur la plage et il nous est impossible de le remettre à flot. Tu pourrais nous aider avec ton hélico ?

– Il faudrait que je puisse voir le bateau mais je pense pouvoir t'aider, oui, répondit-il.

Ils finirent leurs bière puis Flora l'emmena sur la plage, suivi de près par Hook.

– Joli navire, complimenta-t-il le pirate. On n'en voit plus beaucoup des comme ça.

Il fit le tour du navire et revint vers eux d'un air songeur.

– Je n'ai pas le matériel adéquat avec moi pour le tracter, reprit-il. Et je n'aurai pas l'hélico demain. Mais je peux revenir dans deux jours si tu veux.

– Super, c'est parfait. Et désolée, de te faire revenir une deuxième fois, s'excusa la jeune femme.

– Tu plaisantes ! Ça me donnera l'occasion de te voir plus d'une fois par mois, lui dit-il en la prenant dans ses bras.

Elle lui offrit son plus beau sourire en remerciement et ils reprirent le chemin vers la zone d'atterrissage.

Jack serra Flora une dernière fois dans ses bras puis serra la main du pirate avec une lueur de mise en garde dans les yeux.

Ils regardèrent l'hélicoptère décoller et s'éloigner, puis ils rentrèrent ranger les caisses restées sur le perron.

oOo

Comme convenu, Jack revint deux jours plus tard. Il avait apporté un treuil ainsi qu'un épais câble afin de pouvoir remorquer le navire de Hook. L'opération prit du temps car il fallu tirer le bateau jusqu'à l'eau tout en le redressant. Ils durent s'y reprendre à plusieurs fois mais le Jolly Roger fini par flotter en eau peu profonde. Hook s'empressa de monter à son bord et il n'eut plus qu'à jeter l'ancre pour stationner son bateau.

Jack les salua une dernière fois et repartit.

Flora monta également sur le navire. Elle décida d'aider Hook, occupé à remettre de l'ordre. Quand ils eurent terminé, ils s'assirent sur le gaillard d'avant et contemplèrent la mer en se laissant bercer par le léger tangage du bateau.

– Pourquoi as-tu décidé de vivre seule sur une île ? lui demanda-t-il soudainement.

– J'avais besoin de calme et de tranquillité, autant par besoin personnelle que pour mes recherches. C'était aussi une manière de fuir le monde réel, lui répondit-elle, les yeux dans le vague.

– Comment cela fuir le monde réel ?

– Traite-moi d'asociale si tu le veux mais je n'ai jamais été très à l'aise dans ma vie d'adulte. On peut dire que je suis atteinte du syndrome de Peter Pan, rajouta-t-elle en riant doucement

– Le syndrome de Peter Pan ? s'étonna-t-il, intrigué d'entendre le nom d'un de ses vieil ennemi.

– Quand une personne préférerait rester enfant plutôt que d'assumer sa vie d'adulte. Je n'aimais pas devoir travailler dans un cadre qui ne me plaisait pas, pour des personnes qui ne méritaient ni le temps ni l'énergie que je devais leur consacrer. Alors je me plongeais dans la lecture, de plus en plus. Et un jour, j'ai eu l'opportunité de gagner beaucoup d'argent, alors j'ai acheté cette île, j'y ai construit ma maison et je suis venue vivre ici, lui raconta-t-elle.

– En te coupant du monde, sans jamais voir personne ?

– J'ai mes raisons, rétorqua-t-elle en restant vague.

– Et ta famille ne s'est pas inquiétée de ton départ ? Comment ont-ils réagi à ton exil volontaire ? l'interrogea-t-il.

Flora baissa la tête et mit quelques secondes à répondre.

– Mes parents sont morts, il y a quelques années, d'un accident de voiture, lâcha-t-elle enfin.

– J'en suis navré, je sais ce qu'on peut ressentir en perdant une partie de sa famille, lui dit le pirate avec compassion.

– Qui as-tu perdu ?

– Mon frère et la première femme que j'ai aimé, répondit-il, les yeux voilés de tristesse.

Ils restèrent silencieux plusieurs minutes à se recueillir pour leurs proches.

– Je n'ai ni frère ni sœur, poursuivit Flora. Le seul membre de ma famille qui me reste, ou en tout cas ce qui s'en rapproche le plus, c'est Jack.

– J'ai bien fait de venir m'échouer sur cette île alors, lança-t-il d'un ton léger.

– Pourquoi cela ?

– Pour te distraire de ta solitude bien sûr ! répliqua-t-il pour alléger l'ambiance.

– Pour briser le calme ambiant tu veux dire, plaisanta-t-elle.

Avec un reniflement dédaigneux, il fit mine de bouder. Flora pouffa en le constatant, puis elle se leva et s'accouda au bastingage en regardant la mer.

– Maintenant que tu es totalement remis et que ton bateau est à nouveau à flot, tu comptes bientôt rentré chez toi ? lui demanda-t-elle après quelques minutes en se tournant vers lui.

– Tu souhaites que je partes ? lui demanda-t-il en retour en haussant un sourcil.

Il se leva à son tour et vint près d'elle.

– Je n'ai pas dit ça, j'ai demandé si tu pensais partir, se défendit-elle. Tes proches doivent s'inquiéter, non ?

– Je suis plutôt un loup solitaire, personne ne m'attend, répondit-il avec nonchalance en s'étirant. Je ne suis pas pressé de rentrer. Et j'apprécie ta compagnie, j'aimerais rester encore un peu, ajouta-t-il en se penchant vers elle.

– Qui a dit que je souhaitais te voir rester ? répliqua-t-elle d'un air taquin.

– Toi, i peine quelques minutes !

– Non, j'ai dit que je n'avais pas exprimé à haute voix le souhait de te voir partir, nuance. Mais je n'ai pas non plus dit que je souhaitais te voir rester, précisa la jeune femme avec un sourire mesquin.

– Certes, concéda-t-il. Mais si tu avais vraiment voulu que je partes, tu m'aurais mis à la porte il y a déjà plusieurs jours. Avoue, tu apprécies ma compagnie autant que j'apprécie la tienne, lui souffla-t-il en la regardant dans les yeux. Tu ne peux plus de passer de moi.

Il se rapprocha encore et tenta de l'embrasser. Mais Flora se déroba et s'écarta de lui.

– Ce n'est pas une bonne idée, tu risquerais d'en souffrir, le repoussa-t-elle gentiment.

– Pourquoi ? Tu as une maladie contagieuse dont tu m'aurais caché l'existence ? Que je risquerais d'attraper en t'embrassant ? tenta-t-il de deviner.

– Non, démentit-elle en riant. Je parle de souffrir sentimentalement parlant.

– Qui a parlé de sentiment ? rétorqua-t-il avec un sourire malicieux, en se rapprochant d'elle de nouveau et en posant sa main sur sa taille.

– Continue comme ça, et je vais vraiment te jeter à l'eau ! le menaça-t-elle en lui mettant une tape sur la main pour qu'il la lâche.

– Je plaisante, la rassura-t-il. Mais pourquoi penses-tu que je pourrais en souffrir ?

– Parce que. Tu ne dois pas t'attacher à moi, c'est tout. Je ne veux pas que tu souffres à cause de moi, répondit-elle en baissant la tête, le visage fermé.

– Souffrir si je m'attache à toi ? Que veux-tu dire par là ? essaya-t-il d'en savoir plus.

– Rien de plus que ce que je viens de dire, répliqua-t-elle avec un sourire triste. Nous ferions mieux de rentrer, le soleil va bientôt se coucher.

Il acquiesça sans savoir quoi rajouter d'autre.

– Pars devant, il y a encore quelques affaires que j'aimerais prendre dans ma cabine, dit-il avant de se diriger vers l'intérieur du navire.

Flora commença alors à remonter le chemin jusque chez elle. A peine fut-elle hors de vue du bateau que son bras se mit à trembler. Puis l'autre fit de même. Elle s'entoura fortement de ses bras, s'adossa à un arbre et serra les dents en attendant que la crise passe. Ce n'était pas normal, elle aurait dû avoir quelques jours de répit avant d'avoir une nouvelle crise. Elles se rapprochaient de plus en plus et gagnaient en intensité.

Elle resta recroquevillée sur elle-même près de cinq minutes avant que les tremblements ne cessent. Elle se redressa difficilement, desserra ses mâchoires endolories et essuya l'unique larme qui avait coulé sur sa joue.

Entendant le pirate marcher sur le chemin, elle se dépêcha de rentrer.