-Oui, dit innocemment Vivianne, je t'écoute?

-Euh…, bégaya Régis.

-Je n'ai pas le temps d'écouter vos histoires, en réalité. Je suis venue vous voir parce que j'ai besoin de vous.

-Besoin de nous? Demanda un Sacha surpris. Tu es certaine?

-Je n'ai pas vraiment le choix. Dépêchez-vous, Absol a peut-être réellement des problèmes.

Dans une montgolfière en forme de Miaouss, le dit pokémon, une femme et un homme ricanaient devant l'Absol qu'ils venaient d'attraper. Le pokémon conditionné dans un petit filet pendant sous la montgolfière se demandait comment il avait pu être assez stupide pour se faire emmener comme ça, dans le ciel. Sa dresseuse ne le retrouverait jamais, à moins qu'elle décide d'y aller par la voie des airs, mais il y a très peu de chance qu'elle préfère voler à courir.

La jeune dresseuse paniquait. Elle trouvait que Régis prenait beaucoup trop de temps à se changer de sa tenue de ville à l'uniforme. Ça, c'était de sa faute à elle. Elle n'avait qu'à ne pas insister pour qu'il la porte. Elle avait envoyé Pierre et Sacha à la recherche de Lucario, pendant qu'elle restait avec le champion pour lui donner son matériel. La pauvre chérie ne savait pas que, pour se changer, puisqu'il n'avait presque aucune pudeur, son élève trop attirant se changerait derrière un panneau cachant à peine sa chute de reins. Elle ne pouvait s'empêcher de regarder vers lui. Torse nu, c'était pire que pire. Elle avait juste envie de se rapprocher et de passe ses ongles sur ses abdos bien dessinés.

-Tu aimes ce que tu vois, la taquina Régis. Du moins, c'est ce que ton regard dit.

-Quoi? Euh… non, je veux dire oui, essaya Vivianne. On peut changer de sujet?

-Ne t'inquiète pas. J'aime aussi ce que je vois.

-Vraiment?

Les joues du jeune homme devinrent aussi rouges que celles d'un Pikachu lorsqu'il réalisa ce qu'il venait de dire. Il enfila son chandail en vitesse avant de presque courir dehors. Elle lui remit son revolver, sa boucle d'oreille émetteur et son arme signature : des étoiles de ninja (hira shuriken à 6 pointes) trempées dans différents poisons ou autres. Pierre leur signala où lui, Sacha et Lucario étaient. Vivianne entraina Régis jusqu'au point de rendez-vous à la course. Elle se couvrit la bouche de ses deux mains pour éviter de crier au meurtre. Elle vit son petit Absol emprisonné inhumainement dans un filet. Elle demanda au jeune homme trop attirant de sortir son Tortank et de la propulser dans la montgolfière. Elle fut envoyée dans les airs à une vitesse à peine imaginable. Arrivée à destination, elle sortit son arc et tira une flèche dans le ballon. Les ravisseurs, qui n'étaient nul autre que la Team Rocket, étaient si surpris de la voir arrivée dans leur ballon qu'ils n'eurent pas le temps de réagir. Vivianne commença à se battre à main nue. Elle était si douée qu'elle envoya la Team Rocket «une fois de plus s'envoler vers d'autres cieux », mais s'écrasa sur le sol avec la montgolfière. Elle ne sut comment, elle se retrouva les jambes coincées sous le panier. Elle avait vraiment mal aux jambes et son chandail était déchiré de partout à cause des griffes de Miaouss. Pierre, Sacha et, surtout, Régis arrivèrent en paniquant sur les lieux de « l'atterrissage forcé ». Ce dernier demanda à Absol d'appeler un des pokémons de la blessée qui pourrait la transporter jusqu'à l'arène. Le pokémon catastrophe s'exécuta et un superbe Milobellus apparu. Ils partirent en catastrophe vers l'arène. Le jeune champion local emmena la blessée dans une salle spéciale. Étant en partie docteur, il demanda aux deux autres de rester à l'extérieur de la pièce pour qu'il puisse la soigner sans être dérangé par les pokémons de la damoiselle. Il ferma la porte derrière lui et se tourna vers la blessée. Vivianne était assise sur le lit lui faisant face, mais elle ne le regardait pas. Elle avait les yeux fermés et se mordait la lèvre supérieure à cause de la douleur. Régis regarda attentivement la « patiente » de loin, mais dut s'obliger à se calmer. La camisole, qui s'était fait lacérer à plusieurs reprises, était pire que pire à deux endroits distincts : le dos et sur le ventre, près de la fin de la poitrine. On la voyait un peu d'ailleurs, dépassant par une des déchirures. Le jeune homme avait de la difficulté à réfléchir, à respirer et à avaler correctement. Il s'approcha d'elle et lui donna des antidouleurs.

-Analysons la gravité des blessures, veux-tu? dit Régis.

-D'accord, répondit Vivianne. Tant que c'est toi qui me touche.

Le jeune champion arrêta son geste. Venait-elle vraiment de dire ça? Il avait oublié que les antidouleurs engourdissaient l'esprit et faisaient en sorte que le blessé dise tout ce qu'il pense sans aucune retenue. De plus, le corps réagissait seul, sans le contrôle de l'esprit, et donc, tout sans exception était naturel et spontané. Régis se remit les idées en place, se sentant plus serré dans son pantalon (on ne sait pas pourquoi, hein? Surtout à 17 ans… XP), et s'approcha d'elle, armé de ciseaux. Il effleura à peine la peau de Vivianne que cette dernière fut parcourue de frissons. Il découpa le tissu autour des plaies, puis sépara ce qui restait du chandail, sans sang séché dessus, en deux. Il écarta les pans de tissu et entreprit d'enlever les morceaux de camisole restés collés par le sang de la belle. Elle frissonnait à chaque fois que l'eau ou les doigts de Régis effleuraient sa peau, rendant le self-control de ce dernier encore plus difficile. Il réussit finalement à nettoyer le dos de la belle. Sauf qu'il lui fallait faire le devant aussi. Il essaya par trois fois de la déshabiller sans perdre le contrôle, mais n'y réussit pas. Il décida de l'anesthésier. Endormie devant lui, c'était beaucoup plus simple. Au bout de deux heures, Régis termina de mettre les pansements qui lui couvraient tout le buste et une bonne partie des jambes. Vivianne allait dormir pendant encore 4 bonnes heures. Il sortit de la chambre et interdit à qui que ce soit d'entrer avant qu'elle ne soit réveillée.

Vivianne ouvrit doucement les yeux. Elle se releva sur ses coudes pour constater les dégâts. Elle avait l'air d'une momie couleur pêche. Ses jambes étaient pansées du haut de la cuisse à mi mollet comme le haut de son corps de ses hanches à ses aisselles. Elle se leva tranquillement pour ne pas avoir le tournis et enfila une robe de chambre avant de sortir de la pièce. Deux des trois garçons étaient assis à une table avec un café.

-Bonjour, dit-elle encore endormie.

-Ah, tu vas bien, s'exclama Sacha en se levant pour la serrer fort contre lui. Ne nous fais plus jamais une peur pareille!

-Aille!

-Oh, désolé, j'oubliais que tu étais blessée.

-Moi aussi, je suis heureux de te voir debout, dit calmement Pierre. Mais je te prendrai dans mes bras une autre fois.

-Merci, c'est gentil. Où est ma ceinture?

-Je ne sais pas, réfléchit Sacha. Pourquoi?

-J'avais des vêtements de rechange dans les sacs accrochés à Suicune, mais sa PokéBall est sur ma ceinture.

-Je l'ai, dit une voix derrière elle.

Vivianne se retourna pour voir Régis tenant sa ceinture dans sa main gauche. Elle la prit et remercia le garçon avec un baiser sur la joue. Elle alla se changer dans la petite salle d'où elle sortait pendant qu'il allait se doucher dans la salle de bain reliée à la chambre des maîtres. Une fois habillée, la jeune femme alla s'asseoir sur le lit du maître de maison pour remercier son sauveur. Régis sortit de la salle de bain avec seulement une serviette attachée autour de sa taille. L'eau perlait sur son torse bronzé et ses cheveux étaient encore un peu humides. Aussitôt qu'elle le vit, Vivianne se cacha les yeux des deux mains.

-Je-je suis dé-désolée, bafouilla-t-elle.

Il s'approcha d'elle et retira ses deux mains de ses yeux en les tenants fermement dans les siennes. Elle s'obstina à détourner le regard.

-Regarde-moi, supplia Régis. Je déteste parler à quelqu'un qui regarde ailleurs que son interlocuteur.

Elle tourna la tête et le regarda. Leurs visages n'étaient qu'à quelques centimètres. Elle sentait son souffle chaud effleurer ses lèvres. N'en pouvant plus, Vivianne étira le cou pour couvrir cette distance qui les dérangeaient tous deux. D'abord surpris, Régis répondit au baiser avec fougue et passion. Elle mordilla ses lèvres pour demander l'autorisation d'entrer, qu'il lui accorda volontiers. Il se pencha vers elle de sorte qu'elle se retrouva allongée sur le lit. Les mains de Vivianne encore dans les siennes, Régis emmena ses mains au-dessus de la tête de la jeune femme…mais cette dernière rompit leur baiser.

-Tout doux, bel étalon, lui dit-elle pour l'agacer.

-Pourquoi tu me dis ça? demanda Régis avec une voix encore pleine de désir.

Il commença à l'embrasser sur l'épaule et remonta vers son oreille.

-Parce que je sens ton désir contre mon ventre et que je crois que c'est trop tôt, dit Vivianne.

Le jeune homme fut coupé dans son élan et son désir descendit en flèche. Il se leva et s'assit sur le bord de son lit, la tête entre les mains.

-Je suis désolé, s'exclama-t-il. C'est juste que… Quand tu es là, je ne contrôle plus rien. Ni ce que je dis, ni ce que je fais. Quand tu t'approches, mon cœur se met à battre comme un fou. Quand tu me touches, je, euh… enfin, tu comprends?

-Je n'ai pas dit « jamais », répliqua-t-elle. J'ai dit « pas tout de suite ». Crois-moi, tout ce que tu m'as décrit, je le ressens aussi envers toi. Mais je crois que nous devrions attendre de mieux nous connaitre. Si tu veux, oublies ton sas de couchage. Je suis la seule à en avoir un double alors, quand les autres dormiront, nous ferons plus ample connaissance. Tu en dis quoi?

-D'accord. Faisons comme ça. Je suis impatient d'apprendre à te connaitre.

-Et moi donc.

Elle lui sourit, l'embrassa une dernière fois avant de sortir. Vivianne rejoignit Sacha et Pierre dans la cuisine. Ils avaient installé une grande carte de la région sur la table. Elle sortit une tasse et se servit du café. Elle s'approcha des garçons qui étaient penchés sur la carte à prévoir l'itinéraire.

-Bon, s'exclama-t-elle. Par où partons-nous?

Une demi-heure passa et ils partirent au Bourg Palette, Sacha et Pierre debout sur son Steelix, Pikachu sur le dos d'Absol et Vivianne et Régis sur le dos de Suicune. Ce dernier n'avait pas de pokémon en forme pouvant le déplacer…