Merci à Lilymarry et à Hannange de suivre cette histoire. J'espère que la suite vous plaira ...


Je pousse un cri strident en apercevant, par la fenêtre de Peter, un énorme camion foncer dans notre direction. Peter tente de faire un écart pour l'éviter mais le véhicule nous frappe de plein fouet, faisant voler notre voiture dans les airs.

Mon crâne s'écrase contre ma vitrine qui se fissure sous la violence du choc. Je ne distingue plus rien, néanmoins, je perçois les tonneaux effectués par la voiture et les klaxons des autres automobilistes.

Alors que je crois notre voiture stabilisée, une secousse nous bouscule brutalement et je sens quelque chose rentrer dans mon épaule. Le calme revient enfin et j'essaie de reprendre mon souffle. J'ouvre péniblement les yeux et découvre que l'intérieur de la voiture ne ressemble plus à rien, sûrement comme moi à cet instant. Un bout du pare-brise est enfoncé dans mon épaule et mes jambes sont coincées, pour ne pas dire broyées.

A mes côtés, Peter tente de se dégager en hurlant :

- CLAIRE ! CLAIRE !

Je n'arrive pas à tourner la tête dans sa direction cependant, je lui réponds :

- Ca va …

Cela peut paraître comique dans une telle situation mais je suis plus choquée pour l'accident que par la douleur. D'ailleurs, je n'en ressens quasiment aucune, juste une gêne. Un craquement et un bruit de tôle froissée m'indiquent que Peter a réussi à sortir de la voiture.

Il entre dans mon champ de vision alors qu'il contourne la voiture. Il faut avouer qu'il est aussi amoché que moi mais ses blessures se guérissent tandis qu'il s'approche de moi.

La portière ayant été arrachée, Peter pose directement sa main sur le morceau de pare-brise dans mon épaule et me regarde comme pour me demander la permission. Vas-y Peter, sors moi de là.

Immédiatement, il retire le bout de verre et le jette plus loin. Malgré tout, le problème majeur reste mes jambes bloquées. En posant sa main gauche sur mon siège, il s'en sert d'appui et entreprend de pousser la carrosserie de sa main droite.

Les gémissements du cadavre de la voiture prouvent qu'il progresse au moment où une silhouette attire mon attention. Sylar ! PETER ! Il se retourne immédiatement pour l'apercevoir s'avancer lentement mais sûrement de nous.

Je sais qu'à cet instant, un terrible dilemme s'impose à lui. Il peut soit s'évertuer à me sortir de là et prendre le risque de nous exposer tous les deux soit se lancer dans un combat tout aussi risqué.

Le temps ne jouant pas en notre faveur, je décide pour nous. Sors moi de là Peter ! Tu n'es pas assez fort pour l'affronter ! Pas maintenant en tout cas. Il m'écoute et reporte toute son attention et ses efforts sur moi. Je vois Sylar s'approcher de nous tandis que Peter gagne de précieux centimètres. La panique commence à me submerger et j'agrippe son épaule.

Bientôt l'espace est suffisant pour laisser sortir mes jambes et Peter passe sa main droite sous mes genoux et son bras gauche dans mon dos afin de me porter. Tandis que j'entoure son cou de mes deux bras, il me soulève avec aisance et s'enfuit à toute allure dans la rue. Je devine que nous sommes devenus invisibles car Sylar stoppe son avancée et examine les alentours.

Peter s'immobilise finalement dans une ruelle déserte et inspecte les environs. Ne repérant rien de dangereux, il me demande :

- Tu penses pouvoir marcher ?

- Oui.

Je sens à nouveau mes jambes, donc tout va bien. C'est avec douceur que Peter me repose au sol et je suis soulagée de découvrir qu'elles me supportent. J'ai toujours les bras autour du cou de Peter et son corps collé contre le mien me déclenche un vertige.

Ses deux mains descendent sur ma taille et son visage s'approche si près du mien que mon nez effleure le sien. Mais Peter relève sa tête et dépose ses lèvres sur mon front en remontant ses mains dans mon dos. Il finit par me demander en s'écartant de moi :

- Est-ce que ça va ?

- Oui, seulement sonnée, avoué-je sans cesser de regarder son visage ensanglanté.

Peter hoche la tête en signe de compréhension et attrape ma main gauche. Nos doigts s'unissent comme dans l'avion alors qu'il dit :

- Allons-y.

Main dans la main, Peter et moi sortons de la ruelle pour déboucher dans une rue plus fréquentée. Je présume une fois de plus que nous sommes invisibles car aucun regard ne nous est porté alors que notre état est piteux.

Un taxi à l'arrêt semble n'attendre que nous. Peter ouvre la porte et bondit dedans, m'entraînant avec lui. Je referme la portière tandis qu'il ordonne au chauffeur surprit :

- 215 Reed Street.

J'espère que nous sommes visibles sinon le chauffeur ne démarrera jamais. Justement, ce dernier se retourne vers nous, écarquille les yeux et démarre. Une fois sur la route, Peter pousse un soupir et se concentre sur moi.

Il relâche ma main pour passer la sienne dans mes cheveux collés entre eux par le sang. En me tirant à lui, il m'incite à poser la tête sur son épaule. Je dois avouer que c'est très réconfortant. Ok, on a failli y passer mais nous sommes toujours en vie.

Nous restons dans cette position durant le trajet qui dure une dizaine de minutes. A destination, Peter paye le chauffeur et retire sa main de mes cheveux pour me saisir à nouveau la main.

Il ouvre la portière de son côté et nous voici en pleine rue, sûrement invisibles. Je crois que je n'arriverais pas à m'y faire. Comment Peter fait-il pour savoir qu'il est dissimulé de tous les regards ?

- Question d'entraînement, me chuchote t-il à l'oreille.

Je resserre mes doigts autour de sa main et nous nous dirigeons vers un important bâtiment. Après avoir monté des escaliers, nous traversons un couloir donnant sur l'extérieur et Peter s'arrête à une porte. Avec son poing, il y frappe jusqu'à ce qu'un homme au teint mat ouvre la porte.

Je suppose qu'à cet instant nous redevenons visibles car l'homme sursaute et lâche :

- On dirait que vous êtes passés sous un camion. Entrez vite.

- Merci Mohinder.

Peter m'entraîne à l'intérieur pendant que le fameux Mohinder referme la porte. Sans lâcher ma main, Peter lui explique :

- Sylar nous est tombé dessus.

- Vu votre aspect, ça a du être violent, présume Mohinder en nous examinant.

Son regard s'arrête sur moi et Peter nous présente :

- Mohinder, voici Claire Bennet. Ma … ma nièce.

A ces mots, Peter retire sa main de la mienne et plaque ses cheveux en arrière avec ses deux mains en commençant à faire les cent pas.

- Enchanté, me déclare Mohinder.

- De même, répondé-je.

- Si vous voulez vous … nettoyer, la salle de bains est par là.

Je me rends dans la pièce qu'il m'indique et m'enferme à l'intérieur, laissant les deux hommes seuls. Je m'avance et me positionne face au miroir au dessus du lavabo pour y découvrir mon reflet.

Mon visage est quasiment recouvert de sang, tout comme mon manteau et le pull que je porte en dessous, surtout à l'endroit où le morceau de pare-brise s'est planté. Et je ne vous parle pas des trous dans les vêtements.

Mon jean est un peu moins amoché que le haut de mon corps, vu que je n'ai pas eu de blessure externe. Mon Dieu, si je n'avais pas eu mon pouvoir, je serais paralysée. Qu'est-ce que je raconte moi ?! Morte, oui !

Je fais couler l'eau froide du robinet et entreprends d'ôter tout le sang de mon visage et mes mains. Tant pis pour mes cheveux, ici je ne peux rien faire pour. Dès que je me trouve un peu plus présentable, je sors de la salle de bains pour rejoindre les hommes.

Peter a enlevé sa veste et discute avec animation. Quant à lui, Mohinder écoute avec intérêt, l'air pensif. Lorsque je pénètre dans la pièce, Peter se tait et se contente de regarder ailleurs. Si il y a bien une chose que je ne supporte pas, c'est ça.

- C'est quoi le problème ? questionné-je.

L'indien aux cheveux bouclés et à la barbe naissante me répond :

- Peter me proposait une théorie quelque peu … dangereuse.

Je m'avance vers eux et incite Mohinder à continuer :

- Qui consiste en …

Mohinder hésite un instant mais se lance :

- Peter voudrait rencontrer toutes les personnes que j'ai recensées comme possédant des dons avant Sylar. De cette façon, il leur conseillera de se mettre en sécurité mais aussi, il pourra absorber leur pouvoir.

- Et c'est une mauvaise chose ? demandé-je sans comprendre.

- Il pense par ce moyen avoir assez de pouvoirs pour tuer Sylar. Mais ce que Peter ne veut pas prendre en compte, c'est que le fait d'absorber une trop grande quantité de pouvoirs en très peu de temps peut se retourner contre lui.

- Et recréer l'incident de New York, ajouté-je.

Un silence s'installe mais je le romps rapidement :

- Tu avais manigancé ça depuis le début ! l'accusé-je en pointant mon doigt en direction de Peter. Tu es venu me chercher la première pour me mettre en sécurité et maintenant tu vas exécuter ton plan … dangereux et suicidaire !

Peter se tourne vers moi, fait quelques pas et me dit :

- Il n'y a aucune autre solution ! C'est le seul moyen pour que je sois plus puissant que Sylar, pour enfin mettre un terme à tout ça !

- Et tu as pensé aux conséquences sur toi ?

- Ca n'a pas d'importance, réplique t-il.

- Et si tu perdais le contrôle, encore une fois ? Je te préviens Peter, tu n'as pas intérêt à me demander une seconde fois de viser le bas de ton crâne avec un pistolet ! protesté-je.

- Je ne comptais pas le faire.

Mohinder intervient en écartant ses bras :

- Ecoute un peu ta nièce, Peter.

- Je suis prêt à ne faire que ça ! Mais il faut que vous compreniez tous les deux que je suis le seul à pouvoir arrêter Sylar !

Peter parcoure les quelques mètres qui nous séparent et pose ses deux mains sur mes épaules :

- Claire, j'ai besoin de toi plus que tu ne le crois. J'ai besoin que tu sois là, avec moi, pour m'éviter de perdre les pédales.

Je ne suis pas sûre de ce que j'entends.

- Comprend moi, a l'air de supplier Peter.

Je ne veux pas qu'il t'arrive quoique ce soit.

- Alors suis moi. Pour y veiller.

- De toute manière, je ne peux pas te quitter ! Sylar est à nos trousses et dans le fond, tu as raison.

Peter retire ses mains de mes épaules et me caresse la joue. Derrière lui, Mohinder rumine :

- C'est dangereux et personne ne sait comment ça va finir.

- Non mais on sait comment ça va se terminer si Sylar continue de tuer pour récupérer des pouvoirs. Il va devenir surpuissant et personne n'y pourra plus rien.

- Admettons, capitule Mohinder.

Un ange passe puis Peter décide d'aller se rincer le visage. Je saute sur l'occasion pour parler à Mohinder :

- Il sait ce qu'il fait.

- Il croit trop en son rôle dans toute cette histoire, Claire. Dans ce cas là, plus personne ne sait ce qu'il fait. S'il réussit, tant mieux. Mais si jamais … Aidez le à garder les pieds sur terre. Soyez sa raison.

Me voilà bien. Moi qui croyais qu'il veillerait sur moi, en réalité, je me dois de veiller sur lui. Mohinder se dirige vers son bureau et tapote sur le clavier.

- Qu'est-ce que vous faîtes ?

- Je sors la liste de toutes les personnes exceptionnelles que j'ai recensées aux Etats-Unis.

- Il y en a beaucoup ?

- Bien plus que vous ne croyez.

L'imprimante se met à vrombir et une feuille remplie d'écriture en sort. Une angoisse commence à s'emparer de moi :

- Et si … s'il n'arrive plus à se maîtriser, qu'est-ce que je suis censée faire ?

- Dans ce cas Sylar ne sera plus qu'un fétu de paille comparé à Peter.

Je sens une expression d'horreur s'installer sur mon visage. C'est à ce moment que Peter sort de la salle de bain. Mohinder se lève et lui tend la feuille de papier :

- Soyez prudent tous les deux.

Peter attrape la feuille, la plie en quatre puis la fourre dans la poche arrière de son jean. J'avale difficilement ma salive et je le suis quand il décide de quitter l'appartement, après avoir remis sa veste. Une fois dehors, je scrute son visage résolu pour y trouver un peu de réconfort. Peter … Il se tourne alors vers moi et saisit mon visage entre ses mains en disant :

- Rien a changé Claire, je suis toujours là pour toi. Et je vais arrêter Sylar avant qu'il ne te fasse du mal.

Ses yeux marron viennent à bout de mes doutes les plus profonds et ses lèvres ne m'ont jamais semblées aussi attirantes. Finalement, Peter s'éloigne de moi et me prend la main. J'adore lorsqu'il fait ça. Quand nos doigts se mêlent et quand sa paume repose contre la mienne.

Alors je ne parle plus de sa théorie douteuse et nous prenons à nouveau un taxi pour rentrer chez lui. Une fois dans l'appartement de Peter, je retire mon manteau et avoue :

- A ce rythme là, je n'aurai plus de fringues avant la fin de la semaine.

Peter rigole et me propose de passer en première à la salle de bain. Je cherche des affaires propres dans mon sac mais avant de quitter la pièce, je stoppe net. Hé ! Tu en as parlé à ton frère de ton super plan ?

- Non, admet-il. Il n'approuverait pas.

- Et tu comptes ne rien lui dire ? Ce n'est pas toi qui disais que tu étais redevenu complice avec lui ?

- Je vais y réfléchir, me promet-il avec un sourire en coin.

Je pénètre dans la salle de bain après lui avoir jeté un dernier regard et tente de retrouver un aspect normal plutôt que celui d'un steak haché ambulant.

Nous passons le reste de la journée dans son appartement, tous les deux. Aux alentours de 18 heures, j'appelle mon père et lui raconte ma journée en omettant de lui parler du plan de Peter. Assise en tailleur sur le lit en débardeur et pantalon de coton rose, je joue avec une mèche de mes cheveux noués en queue de cheval tandis que mon père me fait la morale :

- Ce n'est que le premier jour et tu as failli perdre la vie ! Je commence à penser que tu étais plus en sécurité chez nous.

- Tout va bien papa ! Je te le jure.

- Je voudrais parler à Peter.

Je tends mon portable rose à Peter qui, assit à la table, examinait la feuille de Mohinder avec plusieurs cartes disposées autour de lui. Il se lève et s'empare de l'appareil en disant :

- Mr Bennet ?

Son visage s'assombrit et pendant qu'il se fait passer un savon, j'examine plus rigoureusement l'appartement. Bien qu'il soit simple, je le trouve accueillant et je m'y sens bien. Peut-être qu'il manque un peu de décoration. Peter lève un doigt vers moi et lance au téléphone :

- Une seconde, Mr Bennet.

Il pose sa main sur mon portable après l'avoir écarté de son oreille.

- Claire, tu pourrais … penser moins fort ? Je n'arrive pas à écouter les réprimandes de ton père et tes pensées en même temps.

- Alors oublie-moi quelques secondes, suggéré-je en haussant les épaules.

- Ca, je ne peux pas, avoue t-il.

Ok. Silence radio. Peter me sourit et reprend sa conversation avec mon père :

- Oui, Mr Bennet. Oui, je vous garanti que je fais tout mon possible pour … Je vous le promets. Vous pouvez compter sur moi.

Silence. Peter encaisse les ordres de mon père sans broncher.

- Au revoir, conclut-il.

Il me repasse le portable et j'entends la voix de mon père :

- Fais bien attention à toi. Je t'aime ma Claire Bear.

- Moi aussi papa.

Je raccroche et fixe Peter qui me lance :

- Ton père t'aime énormément. Je me demande si Nathan arrivera à en faire de même un jour.

Aussi honteux que cela puisse paraître, il m'arrive d'oublier que Nathan est mon véritable père et que Peter est de ma famille.

- Ca m'arrive aussi parfois, confie t-il dans un souffle.

- D'oublier que Nathan est ton frère ? insinué-je stupidement.

- Tu sais ce que je veux dire.

- Oui, déclaré-je, même si je ne sais pas trop où il veut en venir.

- En parlant de Nathan, je crois que je vais me prendre un deuxième sermon. Pour la première fois de sa vie, il m'offre une voiture et je la bousille au bout de cinq minutes.

- Ce n'était pas toi mais Sylar.

- Le résultat est le même, la voiture est morte.

- Puisse t-elle trouver le chemin menant au paradis des voitures.

Je réalise seulement à l'instant de la débilité profonde de ma remarque alors que Peter esquisse un sourire. Forcé ?

- Pas du tout, précise t-il en se rasseyant à la table.

Je l'y rejoins et tente de comprendre son travail.

- Je mets en évidence sur les cartes les villes où se trouvent des personnes comme nous, m'explique t-il. Tu vois, celle-ci c'est la carte New-York. Apparemment, il y a nous, enfin les Petrelli, Isaac, qui est mort, et une autre personne.

- Et nous devons aller la voir ?

- Oui, nous irons demain matin.

J'approuve d'un mouvement de tête et contemple un moment Peter entourer les villes sur la carte des Etats-Unis. Sa mèche tombant sur le haut de sa joue droite lui donne un air rebel. Ses yeux parcourent les lignes de la feuille, sa barbe de quelques jours fait ressortir ses lèvres roses. Quelques grains de beauté sont parsemés sur son visage et sur son cou et je dois bien avouer qu'il est terriblement …

La ferme Claire ! Pas de réaction ? Ouais, il doit entendre les pensées simplement quand ça l'arrange. Pendant une seconde, Peter arrête d'entourer une autre ville mais reprend son geste. Je me gifle intérieurement et propose :

- Je peux t'aider ?

Peter accepte dans un sourire et nous situons toutes les personnes possédant les mêmes capacités que nous. A l'heure du dîner, Peter met à chauffer un plat préparé de lasagnes au micro-onde. Nous mangeons face à face en bavardant de choses et d'autres.

Après avoir fait la vaisselle, nous nous installons devant la télévision. Le jingle des informations retentit et le présentateur clame :

- Un terrible accident a eu lieu à l'angle de la 7ème et Hope Street. La voiture a été complètement déchiquetée sous le choc mais aucun corps n'a été découvert. Cependant des témoins indiquent avoir vu un homme et une jeune fille sortir de l'épave pour disparaître, je cite : comme par magie. Le conducteur du camion qui a percuté la voiture affirme avoir totalement perdu le contrôle de son véhicule mais il n'a subit aucun dommage. D'après les analyses des scientifiques, il s'agissait d'une …

Le téléphone fixe se met à sonner et Peter se lève pour décrocher puis se rassoit à ma gauche en répondant :

- Allo ? Salut Nathan.

Peter glisse un regard vers moi et je comprends que mon père biologique a découvert notre incident de cette après-midi.

- Oui, je regarde les infos. Est-ce qu'il s'agit de la voiture que tu m'as donné ?

Je réprime un sourire devant l'air innocent qu'il prend.

- Qu'est-ce qui pourrait te faire penser une chose pareille ? poursuit Peter. Ce n'est pas parce que ça a eu lieu à 5 kilomètres de chez toi et qu'il s'agit de la même voiture, que c'est forcément la tienne. Ok, ok, c'est bon Nathan, j'abandonne.

Peter garde le silence pendant un long moment durant lequel j'entends la voix de mon père biologique sans comprendre le sens de ses paroles. Peter lève les yeux au ciel en signe d'agacement et arrive enfin à en placer une :

- Oui, Claire va bien. Moi aussi, si ça t'intéresse. Bien sûr.

Peter me tend le téléphone que je saisis avec surprise. Je le porte à mon oreille :

- Bonsoir Claire, je m'adresse à toi car je doute de mon imbécile de frère. Une fois qu'il a en tête de me provoquer, il s'obstine jusqu'au bout. Vous allez bien tous les deux ?

- Oui, oui, ça va.

- Alors tant mieux. Repasse moi ton oncle, s'il te plaît.

Mon oncle.

- Oh Claire, je tiens énormément à vous deux alors faites attention, s'empresse d'ajouter Nathan.

Ouah ! Ca c'est touchant.

- Promis.

Je redonne le téléphone à Peter qui finit d'échanger quelques banalités, raccroche et balance le téléphone à terre.

- Avant tout le monde me disait de ne pas m'inquiéter, maintenant, je dois faire attention. On dirait qu'ils se sont tous ligués, remarqué-je. Ce qui m'a étonné, c'est l'intérêt que me porte Nathan.

- Maintenant, tu as deux pères pour le prix d'un.

Et un oncle tout simplement merveilleux. Peter sourit et passe son bras droit autour de mes épaules. Je me laisse aller et me colle contre lui. Je pose ma main droite sur son torse et nous regardons la télé dans cette position.

Je suis tellement bien contre lui. Son odeur m'enivre en même temps qu'elle m'apaise. Je souhaiterais que le temps cesse de s'écouler pour rester à jamais ainsi, avec lui. Mais mes paupières ne tardent pas à devenir lourdes et je pique du nez rapidement.