La couleur de tes yeux.
Couple : Harry Potter X Draco Malfoy ll Rating : M ll Genre : Comédie romantique ll Les personnages appartiennent à J.K. Rowling.
Chapitre 4 : Rendez-vous.
Le lendemain, à 13 heures 59 minutes et 59 secondes, Harry, qui attendait déjà depuis dix bonnes minutes, se demanda si Draco serait capable de lui poser un lapin. Il se dit que peut-être il était en train de se moquer de lui avec les quelques Serpentards restants, du haut d'une des fenêtres du château. Cette crainte lui serra le cœur et il ne put s'empêcher de lever le regard pour inspecter les fenêtres de la façade.
« Potter, tu as l'air idiot, le nez en l'air. »
Draco Malfoy, fidèle à son éducation, était arrivé à l'heure précise. Et à peine Harry avait-il posé le regard sur lui qu'en plus de le trouver magnifique, il fut rassuré de remarquer qu'il n'avait probablement pas été le seul à changer une vingtaine de fois sa tenue avant de se décider. Draco portait une chemise argentée luisante et très près du corps. Il avait un bermuda marron clair assorti à des mocassins de la même couleur. Ses cheveux étaient un peu ébouriffés et lui donnait un air craquant. En un mot : magnifique. Harry ne put s'empêcher de jeter un petit coup d'œil à sa propre tenue pour vérifier qu'il n'était pas ridicule à côté de lui. Il avait choisi un pantalon de jean jauni qui faisait bien ressortir ses fesses, ainsi qu'un débardeur noir un peu lâche qui lui donnait un air décontracté. Le contraste entre la tenue sophistiquée de Draco et la sienne beaucoup plus banale était assez frappant, pourtant Harry avait l'impression qu'ils se complétaient bien.
« Allons-y, annonça simplement Malfoy. »
Le trajet se passa dans le silence le plus complet, mais il n'était en rien pesant et dérangeant, comme le craignait un peu Harry. C'était un silence agréable. Le brun marchait les mains dans les poches, alors que Draco était toujours bien droit, la tête haute. Harry fut même surpris de remarquer que les pas du blond ne faisaient presque pas de bruit. L'éducation… pensa-t-il en souriant.
Lorsque, enfin, ils pénétrèrent dans le village, Draco prit la parole :
« Tu as quelque chose de particulier à faire, Potter ?
- Euh, non, rien de spécial, bafouilla-t-il.
- J'aimerais acheter un livre, ça ne te dérange pas ?
- Pas du tout.
C'est ainsi qu'ils se dirigèrent vers la librairie du village. Draco abandonna Harry à l'entrée et s'enfonça dans les rayons. Pendant ce temps, le brun jeta un coup d'œil aux meilleures ventes, installées près de la caisse. Draco revint à peine quelques minutes après avec un énorme grimoire et trouva Harry le nez plongé dans une de ses biographies.
- Alors Potter, accro à sa popularité ? lança le blond, acerbe.
- Je déteste ces torchons, cracha Harry en jetant le livre sur l'établi. Ce n'est qu'un paquet de conneries.
Draco regardait le brun avec des yeux ronds mais ne dit rien. Il paya son achat puis suivit en silence Harry qui était visiblement pressé de sortir.
- Tu as envie qu'on s'installe au glacier pour dévorer une énorme glace ? demanda Draco d'un ton léger pour détendre l'atmosphère.
- Bonne idée, lui sourit le brun. »
Ils s'installèrent sur la terrasse du glacier où déjà beaucoup de monde était venu se détendre. Harry commanda une énorme coupe aux trois chocolats tandis que Draco choisissait une glace vanille avec fraises et mousse chantilly.
« Dessert raffiné pour homme raffiné, avait annoncé le blond sous le regard moqueur d'Harry.
A peine avaient-ils commandé que les glaces furent déposées devant eux, malgré les nombreuses commandes en attente.
- Avantage d'être avec le Survivant, je suppose, se moqua Draco.
- Sans commentaire, lâcha le brun, le ton rosse. Je déteste ce statut particulier.
- C'est pour cette raison que tu tirais cette tête devant ta biographie ?
- Oui, entre autre… marmonna le brun.
- Entre autre ?
Harry poussa un long soupir qui exprimait toute sa lassitude.
- La fin de la biographie annonçait mes soi-disant fiançailles avec Ginny.
- Oh… lâcha Draco soudain moins amusé. La belette femelle, je l'avais presque oublié. En tout cas Potter, je plains votre descendance. Le mélange entre ta tignasse et sa couleur poil-de-carotte risque de bien faire rire les petits camarades de tes futurs rejetons.
- Ta gueule Malfoy. Il n'y aura pas de rejetons, pas plus que de Madame Ginny Potter.
- Pardon ?
- Ginny et moi, ce n'est plus d'actualité. J'en ai assez que les journalistes s'acharnent sur cette idée de mariage.
- Depuis quand ?... demanda le blond d'une petite voix.
- J'ai commencé à prendre mes distances peu avant la Bataille Finale.
- Mais… Mais je la vois toujours accrochée à tes bask ! »
Draco rougit violemment dès sa phrase terminée, conscient de l'aveu qu'il venait de faire. Le regard du brun le brûlait, si bien qu'il se sentit obligé de détourner la tête.
« Au moins, quand je suis avec toi, personne ne me dévisage à cause de mes yeux ! ria Draco dans une tentative de changer de sujet de conversation.
« Je suis stupide. » pensa-t-il simplement en avisant les joues pourpres du jeune homme qui lui faisait face.
- D'ailleurs, Malfoy… Pourquoi moi ? demanda celui-ci d'une voix timide.
- Changeons de sujet, Potter, trancha-t-il d'une voix sans appel.
- Mais… !
- Potter. »
Comme voulu, la discussion s'arrêta là. Tous deux dégustèrent leur glace en silence. Harry, boudeur, avait la joue posée sur sa main et touillait sa glace déjà fondue. Draco, quant à lui, était bien droit et ramassait avec sa longue cuillère des fraises recouvertes de glace et de chantilly. A chaque fois qu'il les portait à sa bouche, ses yeux se fermaient et ses traits se détendaient.
« Pourtant, j'aimais bien tes yeux dorés… ne put s'empêcher de lâcher Harry.
Le visage de Draco s'enflamma brusquement et il baissa les yeux sur sa glace.
- Ferme-la un peu, Potter… »
Ce dernier laissa échapper un petit rire devant l'air renfrogné du blond. Finalement, l'après-midi s'annonçait agréable…
Après avoir fini leur glace, les deux anciens rivaux firent le tour du village, rentrant dans de nombreuses boutiques sans pour autant acheter, profitant surtout de l'air plus frais qu'offraient les magasins. Lorsqu'ils rentrèrent à Poudlard, le soleil rougissait déjà.
« Bon… Je vais rejoindre mon dortoir, dit finalement Draco.
- Oui, moi aussi… C'était…
Les joues d'Harry rosirent alors qu'il se décidait à aller au bout de sa pensée.
- C'était une après-midi très agréable. Merci Malfoy.
- Oh… Euh… De rien Potter. »
Draco, tout aussi rouge que son interlocuteur, lui fit un signe de tête en guise de salut puis commença à s'éloigner.
« Malfoy ! l'interpella Harry.
Le blond se retourna, un sourcil interrogateur levé. Harry était plus mal à l'aise que jamais.
- Euh… Demain, tu… Tu fais quelque chose de particulier ?
Un sourire presque tendre s'étira sur les lèvres de Draco alors que ses yeux gris prenaient une très légère teinte rose pâle. Mais à cause des quelques mètres qui séparaient les deux garçons, Harry ne vit rien.
- Oui Potter, je te retrouve devant le lac après le déjeuner. »
Et il s'en alla, laissant un Harry tout brouillé de sentiments confus.
Cette nuit-là, Harry dormit comme un bébé. Mais à son réveil, il fut troublé en se remémorant son rêve dans lequel il voyait Draco lui caresser tendrement les cheveux. Finalement, il passa toute la matinée à faire ses devoirs dans son dortoir pour tenter de ne pas y penser et surtout ne pas se laisser envahir par l'excitation de revoir le blond.
Harry poussa un long soupir de contentement quand il déposa sa plume à côté de son parchemin noircit d'écritures. Il avait enfin terminé son devoir de métamorphose. Il lança un Tempus et se raidit brusquement en voyant l'heure s'afficher devant ses yeux : il était treize heures moins le quart. La grande salle était ouverte depuis trois quarts d'heure ! Il se précipita hors du dortoir, manquant plusieurs fois de s'écraser contre le sol après avoir raté une marche. Il hésitait presque à se frapper alors qu'il s'insultait déjà de tous les noms. Si jamais Malfoy était déjà parti… ! Il fit un rapide détour par la Grande Salle pour récupérer un morceau de pain et une pomme puis continua de courir en direction du lac.
Quel ne fut pas son soulagement en découvrant Draco, allongé sur le dos, les bras croisés sous la tête. Il s'approcha en silence et arrêta son regard sur les yeux fermés du blond puis sur ses lèvres légèrement entrouvertes. Ses traits étaient fins. Il se dégageait de son visage comme de son corps la délicatesse d'une jeune fille mais la force d'un homme. Il était le parfait mélange de ce que la nature fait de mieux. Une sorte d'ange, pensa Harry. Il se reprit brusquement en se rendant compte qu'il détaillait le blond depuis déjà plusieurs dizaines de secondes. Il se racla la gorge.
« Ah, Potter, enfin là ! Je vois que la ponctualité n'est pas ta qualité première.
- Désolé, je me suis un peu oublié… avoua-t-il en s'asseyant au côté du blond. »
Ils restèrent ainsi un moment, Draco toujours allongé et Harry assis en tailleur, regardant l'eau stagnante du lac.
« Pooooootter… J'ai chaaaaud…
- J'ai peut-être une solution, si tu veux…
- Si tu me fous dans le lac, je te le ferai regretter toute ta vie.
Un léger rire échappa au brun alors que Draco souriait.
- Non, je ne pensais pas à ça, bien que l'idée soit bonne.
- Alors à quoi pensais-tu ?
- Suis-moi. »
Harry se levait alors que Draco le regardait, sceptique. Le brun lui tendit la main pour l'aider à se lever et surtout l'inciter à le suivre. Mais un battement plus fort que les autres résonna dans la poitrine de chaque garçon en comprenant la signification de ce geste. Cette main avait était le pont entre la rivalité de deux camps, de deux idéologies. Mais à cette époque où ils manquaient de forces, ce pont se serrait effondré sous leurs pas avant même qu'ils n'aient eu le temps de se rejoindre. A présent, c'était différent : la guerre était finie, les sentiments étaient plus forts. D'un geste sûr, Draco saisit cette main et se releva. Ils partirent en direction du château.
Leurs mains restèrent scellées alors qu'Harry entraînait Draco vers la tour d'astronomie. Mais ils ne sortirent pas sur le balcon, préférant rester dans la fraîcheur de la petite salle au sommet de la tour. Draco fut surpris de voir qu'elle avait été aménagée, et d'une façon qui lui plaisait. De grands draps foncés couvraient les fenêtres, baignant ainsi la salle dans une atmosphère tamisée. Le sol était recouvert d'un large tapis rouge à poils longs et tout un tas de coussins aux couleurs chaudes étaient répandus un peu partout. En plein milieu trônait un drôle d'engin que Draco ne sut reconnaitre.
« Qu'est-ce que c'est que ça encore, Potter ?
- Viens, tu vas voir, c'est génial !
Il semblait ravi. Il s'allongea sur le ventre, le visage devant l'appareil étrange. Comme il tapotait le sol près de lui en une invitation, Draco se positionna de la même façon.
- J'ai eu un mal fou à me le procurer ! Je viens ici quand j'ai envie d'être seul et qu'il fait vraiment trop chaud. Sois honoré, Malfoy, parce que tu es le premier à pénétrer cette pièce aménagée par mes soins !
Puis Harry appuya sur un bouton et l'hélice, derrière son grillage, se mit en marche.
- Du vent ! s'écria Draco, surpris.
- C'est cool, hein ? Rien de tel qu'un ventilateur pour se rafraîchir.
- C'est moldu, évidemment… »
Harry ria devant la mine dégoutée du blond. Il se laissa rouler sur le dos, toujours sous le ventilateur. Draco, lui, était resté sur le ventre, sa joue posée dans sa main. Il balançait ses pieds déchaussés dans le vide. Une fine mèche de cheveux bougeait au grès du vent devant son œil gauche. Elle frôlait ses longs cils blonds, si bien qu'il devait parfois fermé l'œil, gêné. Pourtant, il ne cherchait pas à la retirer. Harry, dérangé par ce détail et étrangement obnubilé par lui, tendit la main, et d'un doigt délicat, repoussa la mèche de cheveux sur un côté. Draco, un peu surpris, tourna la tête vers lui et leurs regards se rencontrèrent. Ils se regardèrent. Longtemps. Et plus ils se regardaient, plus ils se sentaient troublés. Le temps s'était suspendu. Il n'y avait qu'eux dans cette pièce sacralisée par son obscurité. Le silence n'était perturbé que par le ronronnement de l'appareil. Un peu déconnectés de la réalité, Draco se baissait alors qu'Harry se relevait. Leurs lèvres se frôlèrent d'abord, timidement, précautionneusement. Leur souffle était un peu laborieux, leurs joues roses. Puis la caresse se fit un peu plus appuyée, ils se transmettaient la chaleur de cette chaire pulpeuse. Harry sortit la pointe de sa langue et la passa sur la lèvre inférieure de Draco, tirant un halètement de celui-ci. Il sortit à son tour sa langue, et lorsqu'elles se rencontrèrent, un délicieux frisson les parcourut le long de la colonne vertébrale. Ils s'embrassèrent doucement, tendrement, en faisant danser leurs langues. Leurs oreilles bourdonnaient de ces bruits mouillés et de leurs soupirs de plaisir.
Harry, appuyé sur ses coudes, ne put bientôt plus supporter la position. Un peu brusquement, il se laissa retomber sur le sol. Draco rouvrit immédiatement les yeux et regarda le brun, surpris. Il eut peur d'avoir fait quelque chose de mal, mais il fut vite rassuré en voyant Harry, un sourire niais, les yeux rêveurs. Il sourit à son tour.
« Tu as les yeux rosés… murmura le brun.
Draco sourit, un peu embarrassé. Pour masquer cette gêne, il se baissa et déposa un petit baiser tout doux sur la paupière d'Harry.
- Draco… Pourquoi tes yeux sont-ils gris quand ils se posent sur moi ?
- Je n'ai pas très envie de parler de mes yeux.
- Dis-moi…
Le blond soupira, vaincu par l'air adorable qu'arborait Harry en ce moment.
- Tu me promets de ne pas te moquer de moi ?
- Bien sûr que non !
- Eh bien… Je suppose que c'est parce que ce n'est qu'avec toi que je suis moi-même, Harry. Tu sais, mon père était un homme brisé. Il se cachait derrière une pseudo-assurance qu'il n'avait pas. Quand il a rencontré Voldemort et ses grandes idées, il a été pris d'une admiration sans limites pour cet homme qui était fort. C'est pourquoi il s'est rangé à ses côtés. Puis je suis né. Mon père ne voulait pas que je vive ce qu'il avait vécu avant de rencontrer Voldemort. Il ne voulait pas que je sois faible et malheureux d'en avoir conscience. Il pensait bien faire en me forçant à toujours être de glace. Il voulait que rien ne m'atteigne pour que rien ne me blesse. Mais c'est impossible… Je ne suis pas en pierre. Alors j'ai construit un masque derrière lequel je me cachais, tout comme mon père dans sa jeunesse. Il était si fier de moi… Mais ça n'a toujours été qu'un jeu de rôles.
Harry remarqua que les yeux de Draco brillaient. Il fit une légère pause pour reprendre contenance, puis reprit son discours.
- Puis tu es arrivé, Harry Potter. Et tu es… Tu es comme… Un ouragan ! Oui, c'est cela, un ouragan : tu as tout balayé sur ton passage.
Il eut un petit rire.
- Et maintenant, avec toi, je suis juste moi.
Un silence plana pendant un moment. Le brun semblait hésiter à reprendre la parole, puis posa finalement une autre question.
- Mais pourquoi tes yeux ont-ils le même vert que les miens quand tu es triste ?
- Parce que quand c'est toi, c'est toujours plus douloureux… Et qu'il n'y a rien de plus profond que tes yeux, Harry.
- Et, Draco… Pourquoi tes yeux sont-ils roses maintenant ?
Un rire nerveux échappa au blond alors qu'il détournait le regard.
- Ça, c'est un secret, Harry.
Et ils se sourirent alors qu'ils continuaient à faire rouler ces prénoms délicieux sur leur langue.
- Draco ?
- Oui ?
- Y-a-t'il d'autres couleurs rien que pour moi ?
Le blond lui fit un sourire énigmatique.
- Découvre-les. »
A suivre...
Yumemiya Nagisa : Enfin, le quatrième chapitre ! Je pense que c'est le plus romantique. Le cinquième sera plus... Chaud ! Il arrivera dans deux ou trois jours. Je vois la fin de cette histoire s'approcher, c'est... étrange. Je ne l'imaginais pas si longue ! Hier, je cherchais de nouvelles idées pour mes prochains travaux, et je ne voulais pas vous décevoir, vous qui semblez avoir trouvé cette idée originale, alors j'étais un peu inquiète. Mais cette nuit mon cahier de brouillon a été noirci, j'ai plein de nouvelles idées et j'en suis ravie. J'espère que vous me lirez, et surtout que vous aimerez. Et attendant, merci de m'avoir attendu et lu encore une fois, à bientôt !
