Chapitre 3

La loyauté de l'homme qui arpentait à présent le long couloir de l'aile Ouest du Manoir Malefoy avait souvent été remise en question par les deux camps de la guerre, mais jusqu'ici autant le camp de Dumbledore que celui de Voldemort avaient fini par décider qu'il était de leur côté. Ça avait été dur de regagner la confiance de Potter après la mort du vieux fou, il avait dû prouver que c'était Dumbledore lui-même qui lui avait ordonné de le tuer, sentant sa fin arriver. Merlin soit loué, le vieil homme avait laissé une lettre à Potter, expliquant au jeune homme la 'vérité' sur sa mort.

Severus Rogue n'était en réalité du côté de personne. Il prenait un malin plaisir à faire durer le plus longtemps possible la situation de conflit, retenant certaines informations, choisissant scrupuleusement lesquelles faire passer au camp adverse. Il avait en ce moment deux précieux as dans sa manche. Le premier de ces as était Charlie Weasley, que le camp de Potter croyait mort. Si jamais le morveux venait à douter de son allégeance, il pouvait toujours le 'sauver' et le ramener à l'Ordre du Phénix, il serait alors acclamé comme un héros et Weasley était trop détruit psychologiquement pour nier que Severus l'avait sauvé. Ce plan de sauvetage était la seule raison pour laquelle il n'avait pas cédé à la tentation et abusé du rouquin dans un recoin du Manoir. Il fallait dire que le jeune homme était incroyablement attirant, avec son petit short moulant, sa chemise ouverte sur son torse musclé et son air soumis.

Le deuxième as dans sa manche était Drago Malefoy, que le camp de Voldemort croyait mort. Malefoy junior avait échoué dans sa mission, il n'avait pas exécuté Dumbledore alors qu'il l'avait à sa merci. Il avait été condamné à mort par le Seigneur des Ténèbres et, selon toute vraisemblance, s'était suicidé en apprenant la nouvelle. En réalité, il s'était échappé à l'aide de Severus et avait trouvé refuge auprès de l'Ordre du Phénix qui avait fini, à l'instigation de Rogue, par lui accorder sa clémence. Si Voldemort venait à douter de sa loyauté, le maître en potions comptait lui apprendre que le blond était toujours en vie, prétendant que l'Ordre le lui avait caché car ils ne lui faisaient pas confiance à cent pour cent. Voldemort serait furieux, certes, mais lui ordonnerait probablement de se débarrasser une fois pour toute de Malefoy junior. Severus prouverait alors sa loyauté en ramenant la tête de Drago Malefoy. Jamais le camp de Potter ne le soupçonnerait du meurtre puisque c'était lui-même qui leur avait amené le blond.

Severus fut distrait de ses pensées par l'un de leurs objets, justement, à savoir Charlie Weasley. Le roux avait un plateau à la main, sur lequel se trouvait une bouteille de vin et un verre à pied ; il avait probablement été envoyé chercher la bouteille par Lucius. Le jeune homme regardait d'un air intrigué un des nombreux tableaux qui ornaient les murs du couloir. Severus, silencieux comme toujours, se glissa derrière lui et commenta l'œuvre qui leur faisait face.

« Saisissant de réalisme, n'est-ce pas ? » Il sourit au sursaut du roux. « Il a été ensorcelé pour que ses sujets ne puissent pas quitter le tableau, ce qui est plutôt rare. Il est surprenant de trouver un tableau des quatre fondateurs de Poudlard ici, on aurait pu croire qu'un tel objet aurait eu sa place au château, n'est-ce pas ? » Severus parlait d'une voix calme, un peu hautaine, comme s'il énonçait les caractéristiques d'une de ces chères potions. Son torse frôlait le dos de Charlie qui était tendu comme la corde d'un arc. « J'ai entendu ce cher Lucius et le Seigneur des Ténèbres en discuter, une fois. Il a été peint par Ambrosius Malefoy, qui était fortement lié d'amitié avec Salazar Serpentard... Certaines rumeurs veulent même qu'ils aient été amants... Quoi qu'il en soit, cela explique la présence de ce tableau au Manoir Malefoy. Ai-je satisfait votre curiosité, Mr Weasley ?

- Ou... oui professeur, » répondit Charlie. À ce moment précis, une porte voisine s'ouvrit sur un Lucius Malefoy extrêmement agacé de ne pas voir son Pineau des Charentes arriver. Ses yeux glacés se fixèrent sur Rogue et il ordonna d'une voix aussi froide que son regard à son animal de compagnie de cesser de lambiner et de lui apporter son vin. L'ancien directeur des Serpentard lui sourit narquoisement et laissa volontairement son regard se balader sur le remarquable fessier de son ancien élève de façon on ne pouvait plus évidente. Il ricana doucement lorsque le blond claqua la porte derrière lui et continua son chemin.

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Il y avait un moment que Charlie redoutait chaque jour dans la routine de Lucius Malefoy. C'était l'heure du bain. Tous les soirs, avant d'aller se coucher, le blond aimait se relaxer dans l'eau chaude. Charlie devait bien sûr l'accompagner dans la salle de bain et l'aider à se déshabiller. Il découvrait chaque soir cette peau pâle et douce, ce corps ferme et svelte qui le fascinait, ainsi que le membre impressionnant de son 'maître', niché dans un écrin de poils blonds. Le roux avait honte de la réaction de son propre corps, honte du sang qui affluait dans son propre sexe pour le faire gonfler de désir. Et chaque soir, il cachait son érection derrière les vêtements de Malefoy qu'il gardait pliés sur son bras.

Ce soir-là, Lucius s'était montré très froid envers son 'animal de compagnie', bien plus que d'habitude. Il en avait assez de voir Rogue tourner autour de sa propriété, et se disait qu'il était probablement temps de marquer son territoire. Il ignorait pourquoi il ne l'avait pas fait plutôt, d'ailleurs... Une petite voix lui souffla que c'était parce qu'il tenait plus à son précieux rouquin qu'il ne voulait bien l'admettre. Il envoya la voix balader et tourna la tête vers Charlie.

« Poses ces vêtements sur une chaise et viens par ici !

- Ou... oui Maître, » répondit le roux, la voix légèrement tremblotante. Délicatement, il posa les somptueux vêtements de Malefoy et s'approcha de la baignoire, la gorge nouée. Qu'allait donc faire son 'maître' en voyant son état ? Allait-il le faire battre à nouveau ? Allait-il lui faire des réflexions humiliantes sur combien son esprit était dépravé pour qu'il ait de telles réactions physiques à la nudité de son ravisseur ?

Lucius regarda sa proie approcher et fut surpris de noter la bosse bien visible dans le short en cuir de son 'animal'. Intéressant. Ses lèvres s'étirèrent en un sourire prédateur. Ça n'allait rendre le jeu que plus amusant.

« Savonne-moi ! » ordonna-t-il, désignant une lavette et un savon posés sur le bord de la baignoire.
Charlie obéit, surpris. L'homme avait pourtant bien vu... Il trempa la lavette dans l'eau du bain et frotta le savon. Puis, ne sachant trop par où commencer, il regarda Lucius d'un air un peu perdu.

« Un instant, » fit ce dernier, comme s'il venait juste de se rappeler un détail. « Le cuir et l'eau ne font pas bon ménage, élève ton short avant de me laver. Tu commenceras par le torse. »

Ce serait donc l'humiliation. En inspirant profondément, Charlie défit la fermeture éclaire de son short libérant ainsi son érection à présent douloureuse. Il pouvait sentir le regard du blond et attendait la réplique cinglante qui ne vînt pas. Alors, lentement, il retira le short et reprit la lavette savonneuse.

Le roux se pencha légèrement au-dessus de la baignoire pour atteindre le torse finement musclé qui dépassait de l'eau. Un pan de sa chemise glissa et s'imbiba du liquide chaud. En se mordant distraitement la lèvre inférieure, Charlie commença à caresser les pectoraux du blond en de longs mouvements. Il dû se pencher un peu plus pour atteindre l'autre côté du torse, et son sexe tendu se frotta contre le marbre froid de la baignoire, provoquant chez le dresseur de dragons un léger sifflement.

Lucius avait toute la peine du monde à ne pas simplement tirer le rouquin dans l'eau et l'empaler sur son membre tendu. Mais le jeu en valait la chandelle, voir le jeune homme tenter d'agir comme si de rien était alors qu'il frottait discrètement son érection contre la baignoire était un supplice délicieux.

Il se redressa, décollant son dos de la baignoire, et Charlie se déplaça pour aller lui frotter le dos. C'était succulent. Lucius laissa un « Mmmmmh » détendu échapper à ses lèvres et entendit la respiration du rouquin se bloquer. Une fois que ce dernier eut fini de laver et rincer le haut de son corps, Malefoy se leva, dévoilant par là même son état d'excitation au regard écarquillé de son serviteur qui en resta bouche bée. Il le regarda d'un air amusé avant de déclarer :

« Les jambes.

- Oui Maître, » se reprit Charlie et il commença à frotter les mollets fermes de Lucius. En l'espace de quelques secondes, le roux avait enfin compris qu'il allait passer à la casserole. Il était à la fois terrorisé et excité par l'idée. Certes, il avait déjà couché avec des hommes en de nombreuses occasions, mais il préférait généralement la position dominante, or quelque part il doutait fortement que ce soit ce que Malefoy avait en tête. Et si Charlie avait déjà, à l'occasion, joué un rôle passif dans des ébats masculins, aucun de ses partenaires n'avait été aussi... imposant que son 'maître'.

La lavette remontait lentement le long des cuisses, et Charlie se retrouva bientôt face à un dilemme. Nettoyer le membre tentateur qu'il avait en face de lui ou les fesses fermes et rebondies ? Passant la langue sur les lèvres, il entreprit de frotter doucement le postérieur du blond qui écarta légèrement les jambes pour lui faciliter la tâche. Lucius gémit doucement lorsqu'il frotta son intimité, et ce son fit pulser le membre tendu de Charlie.

Lorsque le roux approcha la lavette du sexe de Malefoy, ce dernier lui saisit le poignet pour arrêter son geste.

« Pas avec ça. Nettoie-moi avec ta langue, » ronronna-t-il. La respiration de Charlie se coupa une seconde et le blond lui sourit d'un air satisfait.

« Oui Maître, » lâcha finalement le rouquin dans un souffle avant de rapprocher son visage de la virilité fièrement dressée de l'homme. Avec une très légère hésitation, il sortit sa langue et lécha le dessous du sexe de son 'maître'. Il entendit un soupir échapper aux lèvres du blond et une main se posa dans ses cheveux flamboyants. Sa langue atteignit le gland, et Charlie saisit une des hanches de Malefoy pour se soutenir alors qu'il embrassait tendrement et de façon experte la partie si sensible du membre du blond. Il laissa ensuite sa langue glisser sur toute la longueur dure un moment avant de le prendre en bouche.

Mmmmmmh, son animal de compagnie était vraiment doué, il avait apparemment déjà fait cela auparavant. Ignorant la pointe de jalousie que l'idée provoqua chez lui, Lucius entremêla ses doigts dans les cheveux doux et soyeux. C'était délicieux. Mais il voulait plus, bien plus.

« Stop ! » ordonna-t-il, et son serviteur laissa le membre dure glisser hors de sa bouche et leva les yeux vers lui, surpris. Lucius se rassit dans la baignoire et ordonna au roux de l'y rejoindre.

« Oui Maître, » répondit Charlie. Il passa une jambe par-dessus le rebord de la baignoire, plus conscient que jamais de ne porter qu'une chemise ouverte et mouillée et son tour-de-cou noir. L'eau était extrêmement chaude, mais le roux n'osa pas lambiner pour autant. Il s'agenouilla dans l'eau, assis sur ses talons, face à Malefoy qui arborait un sourire que Charlie ne pouvait que qualifier de pervers.

« Allonge-toi sur le dos, » exigea le blond, et Charlie obtempéra. Sa nuque rencontra le bord de la baignoire, le tissu de sa chemise se mit à flotter autour de lui, et il sentit Malefoy lui écarter les jambes pour venir se glisser entre. Son 'maître' lui souleva le bassin, et Charlie agrippa les bords de la baignoire, passant chacune de ses jambes par dessus le marbre pour donner un meilleur accès à l'homme puissant qui le regardait à présent, une étrange lueur dans son regard de glace.

Lucius admirait le jeune homme entre ses mains. Le roux était la luxure incarnée, avec sa chemise blanche à présent transparente qui collait sur on torse finement musclé et flottait dans l'eau autour de lui, ses taches de rousseur qui couvraient sa peau, son sexe dressé qui pointait hors de l'eau surtout cet air de totale dévotion affichée sur son beau visage. Il glissa un de ses longs doigts fins contre l'intimité du rouquin, le frôlant du bout de l'ongle avant de le pénétrer lentement. Son 'animal de compagnie' se cabra de désir lorsqu'il glissa un second doigt dans l'orifice étroit, et il entreprit de l'élargir à l'aide de petits mouvement en ciseau. Charlie se mit à gémir de façon délicieuse quand un troisième doigt entra en lui et que l'un d'eux frôla sa prostate. Il se tendit cependant un peu en sentant un quatrième doigt se faufiler dans son intimité. La légère douleur passa cependant bien vite et il se remit à gémir.

Charlie geignit lorsque les doigts habiles le quittèrent et rouvrit les yeux qu'il avait fermé sous le flot de sensations pour voir Malefoy se positionner entre ses cuisses. Il pouvait sentir le sexe imposant du blond contre son intimité, et ça le rendait fou de désir.

« Supplie-moi, » ordonna Lucius d'une voix basse et légèrement rauque.

« S'il vous plait !

- S'il vous plait, qui ?

- S'il vous plait Maître !

- S'il vous plait, quoi ?

- S'il vous plait, prenez-moi, Maître ! » cria presque de frustration le roux.

Lucius daigna obtempérer et, d'un vif coup de rein, glissa entièrement d'un seul mouvement dans le fourreau de chair. Charlie ferma les yeux avec un petit cri de surprise, mais le blond lui ordonna de les rouvrir.

« Je veux que tu ne me quittes pas du regard.

- Oui, Maître, » souffla Charlie. Malefoy commença alors de lents vas et viens en lui, qui arrachèrent des gémissements incontrôlable des lèvres du roux. Leurs regards ne se lâchaient pas, ils étaient tous deux fascinés par la lueur de désir et de plaisir qui brillait dans le regard de l'autre.

« Tu aimes ça, pas vrai ? » demanda soudainement le blond. « Tu aimes sentir mon sexe pénétrer dans ta chair, te marquer de mon sceau.

- Ou... oui Maître, » admit Charlie. Puis Malefoy modifia légèrement sa position et chacun de ses coups de rein atteignirent la prostate du roux, lui faisant voir des étoiles. Il fallut peu de temps au jeune homme pour atteindre l'orgasme, et il jouit en criant :

« Maître ! »

Sa semence éclaboussa son ventre alors que les spasmes de la jouissance le faisaient trembler. Lucius, lui, sentant l'étau de chair se resserrer autour de son membre, s'enfonça profondément dans le corps du rouquin et jouit à son tour dans un râle de satisfaction. Puis, sans réfléchir à ce qu'il faisait, le cerveau encore un peu embrumé de sensation, il se pencha et posa ses lèvres sur celles de Charlie qui répondit immédiatement au baiser, s'agrippant à son cou. Lorsqu'il se séparèrent, le rouquin était à but de souffle, les joues rougies.

D'une voix froide, Lucius lui ordonna de sortir du bain et de se rhabiller. Qu'est-ce qui pouvait bien l'avoir prit ? Un Malefoy n'embrasse pas.