TOKYO ANIMAL – CHAPITRE 4

Bonjour à tous, ici Pep-chan ! Je suis ravie de vous retrouver pour ce nouveau chapitre de Tokyo Animal ! Et bien, me revoici pour un chapitre 4 qui arrive beaucoup plus tôt que prévu, je crois que j'évolue dans le bon sens, ah, ah !

Dans tous les cas, j'en suis plutôt contente : en tout cas j'ai adoré l'écrire ! Je vous annonce qu'il aurait du arriver plus tôt mais je suis tombée salement malade et je n'avais qu'une envie : rester allongée sur mon canapé ! J'espère que vous comprendrez…

Pour ce qui est du prochain, je sais déjà qui va entrer en scène et je ne vais pas tarder à pouvoir changer le résumé un peu plus bas. L'histoire avance mes amis et il y a encore pas mal de personnages qui doivent arriver ! Par contre, j'aimerai aussi faire un petit truc à côté, comme un petit recueil d'OS sur des cracks-pairing, qu'en dites-vous ?

Je ne répondrais pas à toutes les reviews précisément mais je tenais à remercier Rin-BlackRabbit, et DarkAlchemist pour leurs compliments et leurs encouragements, je vous embrasse ! Vous qui me suivez depuis le début de cette fic, vos reviews illuminent mes jours ! TwT

Merci bien sûr à ceux qui suivent, qui mettent en favori ou qui commentent le reste de mon travail ! Je vous envoie des petits cœurs et c'est rare de ma part !

Pour finir, j'essayerai d'être plus précise dans mes explications sur toutes les institutions, etcetera, mais n'hésitez pas à m'envoyer un MP si vous avez des questions.

Résumé (il ne change pas pour l'instant puisque l'histoire n'a pas trop avancée…)

Les batailles de clans font rage à Tokyo, et des innocents commencent à être ajoutés à l'équation. Yui Michimiya, une journaliste humaine, commence à s'intéresser à ces histoires mais ne se rend pas compte du danger qu'elle court. Au même moment, Daichi Sawamura, chef de Karasuno, envoie ses Oiseaux à la recherche de nouveaux membres pour se lancer dans une grande croisade contre les Félins, ses pires ennemis. Les rouages commencent à s'imbriquer : le chef du Conseil réagit et demande de l'aide au recrutement, les Félins aussi et le danger plane de plus en plus sur certaines personnes…

Je rappelle que j'ai désormais Twitter ( xPepchan) et que si vous avez besoin d'une bêta-lectrice, je suis complètement partante !

Bonne lecture !


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Au moment même où Akaashi Keiji entra dans le restaurant, il fut frappé par l'ambiance classieuse qui y régnait. Bien sûr, il s'attendait à un tel lieu mais ça l'étonnait toujours autant. Les lustres en cristal étalaient leur douce lumière sur les tables, créant une ambiance lumineuse et très claire, loin de celle tamisée du bar des chouettes. Il y avait déjà plusieurs clients attablés, fort bien habillé, et il avait lui-même pris ses précautions. Connaissant la personnalité de celui qui l'invitait, il avait prévu une tenue adéquate, sans trop en faire. Mais c'est ce qui faisait son charme (sans que le principal concerné sans rende compte d'ailleurs). Le noiraud était donc habillé d'un ensemble costume bleu marine et chemise dans les mêmes tons, sans cravate. La tenue n'était pas de la meilleure marque mais elle seyait parfaitement au jeune homme, faisant croire à un ouvrage des meilleurs couturiers.

Il n'avait pas ajouté de fioritures à ses cheveux ou à son visage mais avait comme même pris soin de ne pas paraître trop débraillé. Ainsi, il s'avançait vers le maître d'hôtel, tout en regardant les sièges rouges bordeaux et les nappes blanches. Un serveur passa prêt de lui et il suivit du regard les plats en porcelaine et aux bordures dorées. Ce monde pouvait en faire rêver plus d'un et il ne se plaignait pas d'être ici, mais ce n'était vraiment pas ce qu'il aimait. Mais c'est en voyant un homme en costume à queue de pie, traditionnel des établissements français, qu'il eut une pensée pour le bois verni du bar et hésita à courir dans le sens inverse. Dans quoi s'était-il fourré encore ? Se dit-il de nouveau en voyant Oikawa un peu plus loin.

Le beau brun (il ne fallait pas se leurrer) avait opté pour un costume noir avec chemise blanche et cravate qui –bon Dieu- le rendait encore plus parfait qu'à l'accoutumée. Pourtant, ce qu'Akaashi remarqua, c'était son regard. Un regard profond et appréciateur porté sur sa personne. S'empêchant toute réaction du type rougissement et autres bégayements, il remercia d'une faible voix le maître d'hôtel qui le conduisit à sa table, lui tirant même sa chaise. Il le congédia avec politesse en posant sa main sur le dossier et s'assit sobrement.

« Bonsoir, Oikawa-san, j'espère ne pas vous avoir fait attendre ?

-Pas le moins du monde, Aka-chan, j'attendrais des jours et des nuits s'il le fallait. » Minauda le Canidé en face de lui.

L'Oiseau ne prit même pas la peine de soupirer et regardait un peu partout, sauf devant lui, c'est-à-dire les yeux rieurs de son patron. Ah oui, ça aussi il l'avait oublié : il dinait avec son chef pour avoir, à la base, des informations sur Ushijima Wakatoshi. Sympathique…

« Aka-chan, détend-toi, on est là pour passer une bonne soirée… » Sourit patiemment le brun.

Le susnommé risqua un regard vers le brun qui lui offrit un sourire ravageur. Soupirant finalement, il finit par lâcher prise, se disant que cette soirée lui permettrait en effet d'oublier un peu son quotidien et la scène qui avait eu lieu avant son départ.

« Hm, désolé, Oikawa-san, j'étais un peu perturbé c'est tout…

-Ah bon ? Que s'est-il passé ? Hm… Non, attend, Bokuto ? »

Le noiraud n'eut pas à valider, son regard le fit pour lui. En effet, après s'être préparé, il avait dû faire un saut au bar et, malheureusement, il était tombé sur son autre patron. En le voyant ainsi, Bokuto avait eu une réaction normale en lui demandant où il allait. Etant enlisé dans trop de mensonges, Akaashi lui avait expliqué tant bien que mal que ce n'était qu'une sortie entre amis avec le chef du Recrutement mais l'Oiseau lui avait fait tout un cirque. Il avait donc claqué la porte, très énervé, pour se diriger vers son rendez-vous.

« Crise de jalousie… Je ne le comprends vraiment pas parfois. » Expliqua Keiji, en passant une main dans ses cheveux.

Il ne vit pas l'étincelle dans les yeux d'Oikawa qui répondit doucement :

« Je le comprends, tu sais, tu es très désirable, c'est normal qu'il soit jaloux…

Etonné par cette réponse, le noiraud fronça les sourcils :

-Je ne crois pas être-

-Si, si, tu l'es, et ais un peu plus confiance en toi ! »

Sur ces mots, le brun se tourna instantanément vers le serveur qui arrivait sans bruit. L'odorat certainement… Il passa commande puis se tourna vers son invité qui, pour une fois, perdit un peu ses moyens. Keiji regarda le menu avec une rapidité folle et commanda ce qui lui sauta aux yeux. Il nota également l'absence de prix sur sa carte et non sur celle du brun. Cliché mais efficace, pourtant il savait s'il devait se sentir offusqué d'être à la place de la femme dans cette situation… Après son choix, toujours avec un sourire, Oikawa commanda un vin qui conviendrait aux deux plats (de la viande, on n'est pas voraces pour rien) et le serveur partit.

Le suivant du regard, le noiraud le vit entrer dans les cuisines et perçut au loin un jeune commis paniqué en cuisine. Le voir lui rappela le rouquin qu'il avait secouru quelques jours plus tôt. Il se demandait comment il allait...

« Il te plait ? »

Sursautant discrètement, il s'excusa, ne comprenant pas la question et plongea son regard dans celui du brun.

« Le serveur ? » Demanda Keiji, demandant la seule personne qui lui venait à l'esprit et étant donné qu'il l'avait suivit du regard.

Pourtant, Oikawa secoua la tête à la négative et lui demanda d'oublier sa question puis le questionna sur sa journée. Akaashi ne s'en offusqua pas et participa à la discussion, y trouvant de plus en plus, une petite échappatoire. La personne en face de lui était d'une compagnie fort agréable, il ne fallait pas se leurer.

Après quelques verres de vins et leur plat, ils attendaient tranquillement leur dessert. Oikawa avait le coude posé sur la table, son verre dans sa main et Keiji ses bras croisés sur la table, les doigts qui couraient sur le pied du verre.

« Alors, puisque tu as accepté de m'accompagner, je pense que tu veux désormais me poser tes questions Ushijima ? »

Etonnement, son esprit d'agent vacilla. La soirée était plutôt agréable, très même, et il ne voulait pas la gâcher par ses questions trop sérieuses. Il se frotta donc la nuque sous l'œil attentif du brun :

« Hm, elles peuvent attendre, vous savez, les questions…

Agréablement étonné, Oikawa se permit d'approcher ses doigts de ceux de Keiji :

-Hm, tu es certain ? Pourtant c'était le but de cette sortie, non ? »

Le noiraud acquiesça difficilement devant l'air plus que ravi du brun. Bon, ça commençait à devenir intéressant pour l'un et gênant pour l'autre… Le brun se redressa donc et attendit que son invité lui pose les questions prévues. Après un petit mordillement de lèvre et quelque hésitation, le jeune homme prit la parole :

« Qu'est-ce que ça fait d'être Canidé ? »

Ahuri par cette question, Tooru ne put s'empêcher un léger rire –ce qui fit rougir délicatement de brun- et posa définitivement sa main sur celle de son homologue.

« Désolé, je ne m'attendais pas à cette question…. Ça me plait (un petit sourire sexy, et un !)… Être Canidé, hm ? Et bien… On se sent extrêmement puissant, je présume. »

Keiji acquiesça et ils continuèrent ainsi. Les deux hommes parlèrent de leur situation, de leurs voyages, de leur enfance… Ce fut très agréable des deux côtés. C'est banal, mais à la fois…différent. Ils n'étaient, à la base, pas banals, de part leur identité mais aussi par leur personnalité. C'était rafraîchissant mais un peu paradoxal. Se voir leur rappelaient le travail (et la trahison du côté de l'Oiseau), ce qui ne permettait pas de souffler, habituellement. Mais l'excitation qu'ils pourraient apporter à l'autre dans une relation future était étonnement liée à la normalité de ces discussions. Voilà, ils ne sauraient l'expliquer mais…ils se sentaient bien. Savoir que Tooru adorait le chocolat et que Keiji aimait les séries policières était d'une normalité sans nom mais ça leur plaisait.

A la fin du repas, Oikawa paya sous le regard agacé de son invité et ils s'arrêtèrent sur le trottoir, leurs manteaux bien fermés.

« Hm, tu ne trouve pas ça cliché mais très romantique, une fin de soirée sous le ciel étoilé ? » Minauda le brun en s'approchant de l'autre.

Sans émotion apparente sur le visage, Akaashi leva les yeux vers le ciel et sentit l'envie de s'envoler. Il fut interrompu dans sa contemplation par une main dans son cou et des lèvres sur les siennes. Le Canidé l'embrassait, poussé par la vision du profil du noiraud sous la lumière discrète de la lune et des lampadaires (lui donnant un air mystique et pur). Celui-ci ne le repoussa, posa une main sur son torse mais ne voulu pas répondre avec passion.

Ils s'arrêtèrent quelques secondes après, reprenant lentement leur souffle. Leurs regards se croisèrent et ils ne dirent rien pendant plusieurs secondes. Concentrés, ils n'entendirent évidement pas le déclic d'un appareil photo non loin.


Fermant la porte avec précaution, il prit le temps de s'habituer à la pénombre environnante et défit son blouson. Le nouveau venu s'avança à pas légers, salua le videur, et se dirigea vers le fond de la pièce principale. Faisant fi de la musique et des danseuses, il passa derrière des clients attablés et ouvrit la porte de service. Après un couloir, le jeune garçon se trouva dans un salon et souffla légèrement en voyant que son patron était absent. Il s'assit donc sur l'un des canapés, saluant ses collègues qui profitaient d'une tasse de thé.

Alors qu'il allait se perdre dans ses pensées, quelqu'un blottit sa tête dans son cou et lui lécha affectueusement la mâchoire. Riant doucement, il prit la main de l'autre et demanda :

« Kenma… Comment vas-tu ?

-Hm, bien… Tu m'as manqué, Shô-yô. » Ronronna doucement le félin collé contre lui.

Le rouquin sourit légèrement et ferma les yeux en profitant de la douceur des cheveux blonds qui glissaient dans son cou. D'autres personnes présentes voulurent se coller à lui comme cela mais Kenma les renvoya paître d'un regard noir et d'un feulement menaçant pour certains. De son rire cristallin, il calmait les ardeurs de l'autre et ils reprenaient leur discussion légère et agréable.

« Comment va Kuroo ? Tu l'as vu dernièrement ?

-Oui… Il m'a pris ma console et a dit qu'il me la redonnerait quand je rejoindrais officiellement son clan ! Lui et son histoire de cerveau… » Expliqua le blond avec calme et gêne.

C'est ce qu'il aimait chez Kenma. Son calme. Le blond était calme dans toutes les situations –à part quant on s'approchait de trop prêt de son rouquin adoré- mais il était réellement adorable. Les deux Félins étaient amis d'enfance, et Kuroo avait toujours dit que Kenma était le "cerveau" de Nekoma. Cela gênait affreusement le blondin qui ne voulait récupérer aucun honneur, surtout qu'il était ce qu'on appelait un "membre sans attache". Il avait aidé deux-trois fois Kuroo au nom de leur amitié mais celui-ci voulait absolument qu'il devienne un membre de Nekoma à part entière. De plus, étant donné que Kenma ne voulait pas que sa situation s'ébruite, personne ne savait qui était ce "cerveau" dont la devise du clan Félin parlait…

« Je t'offrirais toutes les consoles du monde. » Le consola Shôyô en lui caressant l'épaule.

Et d'un autre côté, il y avait Shôyô. Tout le monde disait au blond "Quoi ? Mais tu as trop de chance qu'un clan veuille de toi ! Tu serais presque le chef en plus ! Au revoir le tapinage, mon vieux ! T'es vraiment égoïste… Et puis, Kuroo-sama est tellement beau, bla, bla…" N'était-ce pas ce qu'il faisait tout les jours ? S'attirer les faveurs ? Pour Kenma, c'était du pareil au même et il voulait se débrouiller seul. Ça, l'Oiseau l'avait compris. Lui aussi pourrait rejoindre tous les clans qu'il voudrait mais il voulait se battre de ses propres moyens. Trouvant un réconfort et un véritable ami en la personne de Shôyô, le blond s'était très attaché à lui.

Pourtant ce n'était pas que la seule raison…

Un bruit sourd arrêta toutes les discussions et les deux amis se séparèrent. Voilà qu'il arrivait, le big-boss des putains… Une porte en bois s'ouvrit sur plusieurs hommes armés plus un, qui se démarquait. Par sa prestance, son aura, tout ce que vous voulez. Il était grand –très grand-, blond et habillé d'un costume très classe, pour bien rappeler à ses employés que lui, il avait de l'argent. On devinait un tatouage sur son torse, au vu des bouts de dessin sur son cou, et il était toujours fiché d'un sourire effrayant et fier.

« Et bien, ne faîtes pas cette tête et approchez… »

L'homme s'assit à son bureau et tous les employés se mirent en file indienne avec un périmètre de sécurité autour du bureau. Shôyô foudroya le chef du regard puis regarda une-par-une, les personnes s'avancer vers lui. Kenma était bien sagement caché derrière lui. Deux passèrent sans problèmes, en déposant une liasse de billet sur le meuble et en recevant une enveloppe blanche à la sortie. Pourtant, quant arriva la troisième, l'ambiance déjà pesante changea radicalement. Tremblante, la pauvre chose ne proposa que trois ou quatre billets pas plus.

La tension grimpa dans la pièce, alors que tout le monde retenait son souffle. Le patron regarda les quelques papiers rosés puis se leva de son siège. Soudainement, il prit l'androgynus par le col et colla son visage à quelques centimètres du sien. Un sourire sarcastique et foncièrement méchant prit place sur son visage.

« Mon petit, mon petit… Tu te fous de ma gueule, hein ? Ça fait deux fois de suite, là…

-N-non, Tsukishima-sama ! Je n'oserai pas mais j-je ne me sentais pas bien cette semaine et-et je… »

Il arrêta sa tirade devant le regard glacial du blond qui le balança dans les bras de ses gardes du corps.

« Ferme. »

Son ordre cingla comme un coup de sabre alors que tout le monde baissait les yeux en essayant d'oublier les cris du jeune garçon qui était emmené. Certains retinrent du mieux qu'ils purent leurs larmes et Shôyô ne voulait plus imaginer ce qui arrivait aux androgynus envoyés là-bas. Sûrement les esclaves des gars du Recrutement…

Il frissonna légèrement et la distribution reprit. Aucun autre accident n'eut lieu puis ce fut enfin à son tour, après que Kenma soit passé (personne n'aimait passer en dernier) et se soit assis sur un canapé pour l'attendre. Il eut droit à un sourire de son patron quand il s'approcha. Le rouquin plongea sa main dans sa poche et en sortit une énorme liasse de billet. Toutes les personnes présentes –les employés devaient encore attendre- furent encore une fois étonnées par la masse d'argent ramenée par le roux. D'un sourire fou, Tsukishima s'empara des billets, les compta et se leva. Il caressa la joue de Shôyô qui grimaça en sentant son ventre se tordre puis lui dit :

« Ah, Shôyô, Shôyô… Qu'est-ce que je ferais sans toi ? C'est parfait, encore une fois, prenez en de la graine !

Tous baissèrent les yeux, à part certains (dont Kenma) qui regardaient le dos du roux avec envie, et le blond reprit avec un faux ton rêveur:

-Qu'est-ce que ce serais si tu étais androgynus ? »

Le jeune homme s'écarta vivement en fronçant les sourcils et en réitérant sa réponse :

« Jamais, Tsukishima, et tu sais que j'ai encore ce droit.

-Ah, tu ne sais pas ce que tu perds… » Soupira le blond en prenant un air faussement affligé.

En effet, la situation d'Hinata était un peu spéciale. Il était le seul prostitué à n'être pas encore transformé en androgynus. C'était une des règles du monde thérianthrope : personne ne doit être forcé à devenir androgynus (évidement, l'influence familiale joue souvent). C'était pour cela que Shôyô se permettait de tutoyer son boss, grâce à sa situation encore masculine. Les autres, presque femmes, étaient trop sensibles aux phéromones des hommes pour se rebeller.

C'est également pour ça que Kenma –et d'autres- étaient attachés au rouquin ou voulaient son attention. D'un naturel gentil, il émettait peu de phéromones mais assez pour affirmer sa qualité de mâle. Sans être dangereux ou inquiétant, au contraire des hommes de Tsukishima ou lui-même. Shôyô était leur réconfort masculin dans un univers de brute. Il était définitivement trop précieux… D'autant qu'il ne prenait pas de risque de tomber enceint et pouvait travailler "plus que les autres". Ce qui signifiait : plus d'argent dans les caisses, donc un peu plus d'argent pour eux et donc plus pour les médicaments de Natsu.

S'éloignant, il prit son enveloppe puis partit s'asseoir prêt de Kenma. Tsukishima l'avait suivit des yeux mais du se tourner vers tout le monde pour donner ses directives pour les deux semaines à suivre. Enfin, tous purent partir. Les deux amis sortirent ensemble du bar, le rouquin en essayant d'ignorer le regard du blond sur lui.

Dehors, ils apprécièrent quelques secondes l'air de la nuit puis Kenma se blottit dans ses bras. L'Oiseau lui frotta le dos avec affection puis lui embrassa le front.

« Tu vas pouvoir rentrer seul ?

-Hm, ne t'inquiète pas pour moi… Et toi, ça va aller ? Tu peux venir à la maison si tu veux ?

-Pour finir dans une cocotte-minute ? Jamais de la vie, mais merci… » Rit doucement le jeune homme en reprenant ses caresses.

Ils étaient dans un bar du 9ème et alors que Kenma était dans le territoire Félin et qu'il y avait toujours un bras droit de Kuroo dans les parages, il ne risquait rien. Lui devait rejoindre son quartier de la zone neutre et il avait une bonne demi-heure de marche dans les rues protégées par Nekoma…

Il regarda un peu partout, vérifiant qu'il n'y ait pas d'homme en noir dans les parages puis écarta le blond.

« Ecoute, quand tu rentreras, fais attention aux ruelles, d'accord ?

Son ami le regarda bizarrement :

-Je sais… Comme toujours, quoi…

-Moui, mais c'est un peu particulier en ce moment…je pense que le Recrutement est dans les parages

-Quoi ? » S'étonna franchement Kenma en plongeant ses yeux dans les siens.

Le roux lui raconta sa rencontre d'il y a quelques jours et qu'il se doutait que le Recrutement n'ait pas envoyé des agents que dans le 10ème arrondissement. Kenma comprit bien ses doutes et lui promit de faire attention. Il déposa un chaste baiser sur ses lèvres puis s'enfuit vers le Sud. Souriant légèrement, Shôyô le regarda partir puis reprit son chemin également.

Mettant sa capuche sur sa tête, il repensa à la gentillesse du bel agent qu'il avait rencontré puis ses pensées dérivèrent jusqu'à sa sœur qui l'attendait sûrement d'un pied ferme.


La radio du bar était allumée et passait du rhythm and blues, pour réveilleur en douceur les occupants. Le jeune homme présent dans les cuisines sortit trois tasses blanches légèrement émaillées et les disposa sur un plateau rond en faux bois. Il y versa du thé dans chacune, disposa une assiette remplie de morceaux d'omelette sur le plateau et des bols de riz. Sans avoir oublié les baguettes, il rejoignit ses deux invités dans la salle.

Le gérant du lieu posa le plateau et regarda d'un air amusé le Félin de Nekoma essayer de comprendre et d'être compris par l'étranger. Celui-ci avait l'air étrangement amusé par la situation. Pourtant, lorsqu'ils étaient arrivés au bar –tard dans la nuit- le russe l'avait regardé d'un air menaçant, presque fou, semblant vérifier s'il était gentil ou méchant. Comme un véritable animal en somme… Le châtain se tourna vers l'Oiseau et le remercia précipitamment alors qu'il acceptait avec plaisir la tasse de thé.

« Merci Bokuto-san, tiens Lev… Non, attends ! Ça se mange avec ça… »

Bokuto s'assit à la table et jeta un regard à l'inconnu, ne faisant aucune remarque sur la veille. Il sourit en voyant Yaku tenter tant bien que mal d'enseigner l'utilisation des baguettes à l'autre Félin.

« Bon, dis-moi où tu l'as trouvé… Lev, c'est ça ? »

Le châtain acquiesça en soupirant, laissant le russe grignoter l'omelette, puis raconta en détails leur rencontre mais laissa sous silence le pourquoi-du comment il l'avait pris sous son aile. Il expliqua aussi le problème du train et donc s'excusa de s'incruster ainsi. Evidement, Bokuto n'y trouva aucun mal et lui proposa :

« Au fait, tu veux peut être appeler Kuroo ? Je peux te prêter le téléphone du bar.

-Ah oui, je veux bien, merci. »

Le gérant se leva, passa derrière le bar et lui tendit le téléphone qu'il avait déconnecté de son socle. Yaku s'éloigna, composa le numéro personnel de son boss et attendit les sonneries. Il resta à une distance raisonnable pour ne pas être entendu par les deux autres mais pour toujours avoir un œil sur Lev qui avait l'air plutôt calme.

Bokuto regarda le châtain répondre, râler un peu (sûrement après une blague de mauvais goût du Félin) et commencer à parler seul plutôt longuement. La discussion dura une bonne dizaine de minutes (le temps que Yaku raconte son rendez-vous, son problème pour revenir puis sa…rencontre) puis il s'approcha de l'Oiseau à qui il tendit le combiné.

« Il veut vous parler. »

Le jeune homme le remercia en chantonnant et prit l'objet qu'il colla à son oreille en allant vers les cuisines.

« Hey, hey, Kuroo ! Ça fait longtemps, vieux frère ! Comment vas-tu ?

-Bien, et toi ? Quoi de neuf ? »

Ravi de parler à son vieil ami, Bokuto commença un long monologue durant lequel il raconta les dernières infos croustillantes sur lui-même (comme le fait que ses plumes grisaient de plus en plus) et l'état financier du bar. Tout allait dans le meilleur du monde mais Kuroo commença à le questionner à son tour :

« Et le petit Keiji, comment il va ? »

L'Oiseau soupira à s'en fendre l'âme et Kuroo comprit qu'il avait encore touché la corde sensible.

« Quoi ? Vous vous êtes encore disputés ?

-Mais, Kuroo ! C'est la faute de ce loup de malheur, il lui tourne toujours autour !

-Oikawa ? Ce mec est un gros con, j'suis d'accord, mais le p'tit a le droit de voir qui il veut non ? »

Evidement, le jeune homme avait dit ça pour se moquer de son ami mais lui aussi ne faisait pas du tout confiance au chef du Recrutement. Ce Canidé à bouille d'ange était un véritable démon et il ne savait pas pourquoi il s'intéressait à Akaashi, depuis quelques temps… Enfin, celui-ci était intelligent et il savait se défendre, il n'y avait pas à s'inquiéter. Après que Bokuto ait longuement râlé, il changea de sujet rapidement en demandant :

« Alors, cet étranger ?

-Hm ? Ah, le russe… et bien, je ne sais pas, j'ai une drôle d'impression…

-Mauvaise ou bonne ?

-Mauvaise, j'avoue… Il a l'air inoffensif mais je suis sûr qu'il cache quelque chose. Faudra que tu te fasses ta propre idée… »

Il savait que Kuroo lui faisait confiance mais il se montait peut être la tête pour rien et que ce garçon était juste un peu troublé par le changement de paysage. L'Oiseau vérifia par la petite fenêtre encastrée dans la porte des cuisines que les deux Félins allaient bien. Vérifiant par la même occasion qu'il n'était pas écouté, il demanda :

« Au fait, vous avez fait beaucoup de dégâts dernièrement. Qu'est-ce qui vous arrive ? »

Le Félin ne répondit pas tout de suite. Il se frotta les yeux et réfléchit quelques instants.

« Je ne peux pas te répondre par téléphone mais…tu te souviens de ce que je t'avais dit après la baston du self ? »

Bokuto écarquilla les yeux et son silence fit rire Kuroo. D'un rire presque sinistre mais amusé.

« Ouais, tu te souviens… Parfait. Alors saches que Daichi a eu la même idée et que le Recrutement et le Conseil commencent à se mêler de nos affaires.

-A-attends, le Recrutement et le Conseil ? Qu'est-ce qu'ils viennent faire dans cette histoire ? Se reprit finalement l'Oiseau.

-Les Recruteurs font des rondes tous les soirs dans nos deux arrondissements. Et à mon avis, des petits aigles fouineurs leur ont intimé de le faire… »

Bokuto ne put le voir mais son ami griffait l'acier de son bureau avec ses ongles. La haine transpirait par tous ses pores et l'autre thérianthrope chercha attentivement ses mots.

« Et, comment l'as-tu appris ? Ils sont discrets normalement…

-Un ami de Kenma, il en a rencontré un, seul, dans le 10ème et…

-Les Recruteurs ne sont jamais seuls. Et ils ne se sont jamais trop occupés de votre cas…»

Qu'est ce que les deux clans chefs pouvaient avoir derrière la tête ? A moins que ce ne soit qu'une surveillance en réponse aux derniers incidents… C'était la réponse la plus logique mais…connaissant les deux autres patrons, il en doutait fort. L'Oiseau se frotta les yeux et se redressa vivement en entendant la clochette du bar –fermé à cette heure-ci. Regardant par la fenêtre, il aperçu Akaashi fermer la porte avec ses clés personnelles, toujours dans la tenue avec laquelle il l'avait quitté la veille.

« Je te laisse, Kuroo, je veillerai à ce que Yaku rentre sans problème. On se rappelle, et ne fais pas de bêtise.

-Et c'est toi qui me dis ça ! Allez, va embrasser ta petite chouette. »

S'il savait comme il en avait envie, pensa le chef de Fukurôdani en raccrochant.


« Doc' ! Comment va Yû ? »

Fermant la porte de la salle de repos, le susnommé se tourna vers l'autre jeune homme qui ne tenait plus en place. Le médecin soupira et se frotta les cheveux. Ça faisait, quoi, la dixième fois qu'il lui demandait ?

« Il se remet doucement, il doit continuer à dormir.

-Mais quand j'pourrais l'voir ? S'écria l'autre.

-Quand il se sera plus reposé, pour une fois qu'il se tient tranquille, je ne veux pas que tu l'embêtes. »

Le corbeau râla de nouveau et suivit le noiraud en essayant de lui donner toutes les raisons du monde pour lesquelles il pourrait rendre visite à son ami blessé. Mais le docteur, malgré sa discrétion, tint bon et répondit toujours de la même façon. Un "non" patient mais ferme. Ils arrivèrent quelques minutes plus tard devant le bureau de leur patron et y entrèrent sous les geignements du plus jeune. Lorsqu'ils arrivèrent, plusieurs personnes étaient déjà présentes, et le jeune Oiseau se fit interrompre par une voix amusée.

« Tanaka, laisse Ennoshita tranquille s'il te plait. Tu verras Nishinoya en temps voulu. »

Le dénommé Tanaka grogna dans sa barbe et se laissa tomber sur l'un des fauteuils disponible. Daichi le suivit du regard puis jeta un regard à son ami médecin qui s'était posté à ses côtés. Le chef put le lever et annonça d'une voix forte :

« Bien, mes amis, nous pouvons commencer. Kyoko, s'il te plait. »

La seule présence féminine de la pièce se fit sentir lorsqu'une superbe jeune femme s'avança vers la table basse au milieu de tous les mâles et qu'elle déposa plusieurs photographies devant chacun d'eux. Tanaka se redressa soudainement et offrit un sourire idiot à la belle femelle. Kyoko était un jaseur boréal de toute beauté et de toute grâce, que ce soit dans sa forme animale ou humaine. Malgré sa position de soumise, elle s'était rapidement intégrée et avait su montrer sa valeur en devenant la conseillère du chef de Karasuno. Les hommes présents, à peu prêt une dizaine, prirent les clichés et croassèrent de rage en voyant les dégâts causés par les chats.

« Mes amis, je vous ai demandé de venir pour deux choses. La première pour vous demander à chacun comment évolue la recherche… »

Chacun expliquèrent qu'ils avaient fouillés toutes les ruelles du 12ème et du 10ème pour trouver des hommes. Chacun avaient répondu présents, par peur de finir sans clan ou dépecés par les serres des corbeaux. Pourtant, beaucoup l'avaient fait avec plaisir, ne supportant plus la présence des Félins trop prêts de leur habitat.

« Pour ce qui est des quartiers au Nord, cela fut plus compliqué mais…je crois que nous avons trouvé la bonne méthode. Expliqua un grand brun, un peu gêné.

-Explique-toi. Proposa Daichi.

-Et bien, même s'ils sont rares, certains sans-abris persistent dans les ruelles. Nous n'avons eu qu'à leur proposé de se venger des riches et ils ont acceptés de nous suivre. »

Certains acquiescèrent, trouvant le stratagème malin, mais d'autres furent étonnés. Se venger des riches, comment ça ? Le chef, lui, sourit grandement et montra de la main son plus proche bras-droit.

« Voilà, Asahi, tu as tout compris. »

Le susnommé acquiesça et s'assit aux côtés de Tanaka qui le félicita d'un coup de coude. Quelques uns restaient pourtant dubitatifs…

« Je vous explique. Nous voulons changer les choses, vous êtes avec moi ? Mais comment le pouvons-nous, si nous nous cantonnons à notre pauvre Sud ? »

Daichi était un excellent orateur, on pouvait le répéter cent fois. Il ferma son poing qu'il posa sur le bureau, en pointant du doigt la fenêtre.

« Nous devons viser plus loin, si nous devons gagner, vous comprenez ?

-S'allier avec d'autres clans ? »

Riant pour lui-même, le brun baissa la tête en niant ce qu'un de ses compagnons avait supposé. Il passa de l'autre côté du bureau et s'appuya sur le rebord. Il sonda du regard l'assemblée puis reprit son explication :

« Non, les amis, pas d'alliance, pas d'amitié. Seulement nous, notre force, notre honneur ! Si nous voulons vaincre nos pires ennemis, nous devons viser plus haut ! »

Tous ne sut décrire ce qui se passa à se moment là, mais l'ambiance changea en un instant. Un instant de flottement, presque irréel et hors du temps. La pression, l'adrénaline, la tension, tout cela mélangé. Les membres commencèrent un à un à sourire, comprenant peu à peu les intentions de leur chef.

Le corbeau se redressa et, alors qu'il allait reprendre la discussion, il s'arrêta soudainement. Il se tourna lentement vers la fenêtre et envoya un regard vers Kyoko. Celle-ci acquiesça et s'avança doucement pour ouvrir la petite fenêtre avec une lenteur mesurée. Tous entendirent un bruit sourd et Daichi, qui avait rejoint la fenêtre depuis, repéra avec facilité un chat sauter de toits en toits pour rejoindre les ruelles le plus vite possible. Sans rien dire, tous surent ce qu'ils avaient à faire et deux corbeaux s'envolèrent.

Daichi les regarda plonger vers le siamois qui galopaient presque désespérément pour s'enfuir mais les serres du plus gros corbeau des deux l'enserra au niveau de la nuque. Il se positionna dans son dos, dans le but d'éviter les coups de griffes désordonnés du pauvre chaton. Ils revinrent, passant par la fenêtre et le corbeau plaqua le chat contre le sol, qui resta dans sa forme animale. La peur avait tendance à réveiller les instincts animaux. Daichi s'accroupit, détailla l'animal –qu'il trouvait profondément repoussant- et soupira en se frottant la nuque.

« Bon, je n'ai pas envie de parlementer avec toi mais j'avoue que je suis assez déçu de Kuroo sur ce coup là… »

Le pauvre chat essaya de feuler comme pour sortir une dernière insulte mais la peur était bien trop grande. Daichi ne lui offrit pas un regard de plus et envoya un vague signe de main au corbeau. Tous savaient que ça ne servaient à rien de poser des questions à l'espion. S'il était en train de les écouter, c'était qu'il était là depuis longtemps et qu'il avait sûrement eu le temps de divulguer beaucoup d'informations. Et il avait entendu le plus important donc autant s'en débarrasser, non ? La plupart des corbeaux ne ressentirent aucune pitié et seul Asahi détourna les yeux volontairement. Le chef, lui, s'était replacé devant sa fenêtre, alors qu'un craquement sombre se fit entendre.

Daichi soupira puis tourna à peine la tête.

« Nous reprendrons cette discussion plus tard. Pour l'instant, débarrasse moi de ça, j'ai envie de faire un petit cadeau à ce cher Kuroo… »

La plupart partirent, alors que le corbeau s'envola avec son fardeau. Daichi sourit diablement en pensant à ce que le tigre trouverait sur son palier dans quelques heures…


Le chapitre des bisous… Mais qui se finit sur une note assez sombre, j'avoue ! (rire)

OUI, je sais, Akaashi et Oikawa ne se sont jamais parlé mais mon histoire fait qu'ils se parlent et je trouve qu'ils vont bien ensembles, nah. C'est ça les cracks-pairing ! Trouver un peu d'originalité ! (cœur). Ah oui, et j'ai adoré écrire leur soirée, c'était le seul moment ‟cool", ah, ah…

Dans tous les cas, j'espère que vous n'avez pas trouvé les deux dernières parties trop rapides, mais je ne voulais pas tout dévoiler, vous comprenez ? (yeux brillants) Et oui, Tsukishima est un odieux connard dans cette histoire ! Mais c'est comme ça qu'on l'aime ! (grand sourire)

J'espère que cela vous a plu, à la prochaine !

Bien affectueusement, votre Pep-chan !