Voici donc le 4ème OS et le dernier (pour le moment) que j'avais en stock.

Je sais pas encore si d'autres suivront mais j'ai bien envie d'essayer. On verra donc...

Sinon un GRAND merci aux personnes qui ont pris le temps de lire ces chapitres et tout particulièrement à celles qui ont laissé des commentaires, cela fait vraiment très plaisir.

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- 4 -

(Après le 3.02 Les enfants perdus /The Kids Are Alright)

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- Dean ... ?

Sam avait hésité quelques minutes avant de finalement se lancer. Après tout il était quand même plus de deux heures du matin. Mais son frère ne dormait pas, il le savait. Alors si Dean espérait le tromper, il faisait fausse route.

Il le connaissait par cœur. Il connaissait ses habitudes, ses manies et savait reconnaître ces petits rien qui trahissait que quelque chose clochait.

Et justement le coucher faisait partie des ses choses qui chez Dean était quasiment un rituel.

Après avoir placé le nécessaire pour être prêt à toutes attaques, sous son oreiller, il se couchait puis se tournait et retournait dans son lit à la recherche de la position idéal. Le tout bien évidemment sans la moindre discrétion et cela pendant de longues minutes. Et finissait par s'endormir comme une souche dans un léger ronflement.

Mais là rien.

Il s'était simplement couché et ... et rien.

OK, il existait bien évidemment quelques exceptions à ce " principe ".

Mais il fallait, par exemple, qu'il soit blessé et donc contraint et forcé d'éviter le plus possible des gestes inutiles, ce qui n était pas le cas. Ou encore qu'il soit complètement exténué, cassé de fatigue et dans ce cas il s'écroulait littéralement sur le lit et ne bougeait plus d'un pouce, mais dans ce cas les ronflements devenaient un plus bruyant et on pouvait donc exclure également cette seconde option.

Restait donc la troisième possibilité : une question, un problème s'était insinué dans son esprit et quel qu'il soit cela le rongeait.

Et Sam était bien décidé à savoir ce qu'il en était.

Mais surtout, il espérait toujours que son frère se déciderait enfin à se bouger pour trouver une solution à ce fichu contrat et si c'était cela qui l'empêchait de dormir, il n'allait certainement pas passer à côté de l'occasion de remettre le sujet sur le tapis, encore moins maintenant que Ruby avait évoqué une solution possible.

Il avait parfaitement conscience qu'il était face à un démon donc qu'il fallait se montrer prudent. Mais la promesse était trop belle pour ne pas mettre un peu la prudence et les a priori de coté.

En un sens il comprenait ce qu'avait fait Dean, mais il ne lui dirait certainement jamais car s'il comprenait, il ne l'acceptait pas. Il lui en voulait, son frère lui imposait une situation que lui n'avait pu supporter, même s'il se rendait compte que l'argument pouvait tout aussi bien se retourner contre lui.

Car lui aussi, était prêt à tout, vraiment à tout, pour empêcher ce qui attendait Dean. Et tant pis pour ce que cela impliquait pour ce qu'il devrait faire pour cela et tant pis pour ce qu'il lui arrivera.

Il devait le faire. Peu importait la manière seul comptait le résultat. Bon sang, voilà qu'il raisonnait comme son père, maintenant. Mais avait-il seulement le choix ?

Non, son frère avait sacrifié trop de choses pour lui, son enfance, sa vie et jusqu'à son âme alors lui n'allait certainement pas rester là à attendre sans rien faire, sans rien tenter.

Il ne pouvait pas.

Il ne pouvait supporter cette idée ni même l'imaginer sans risquer de devenir fou. Il ne pouvait s'imaginer continuer tout ça sans Dean.

Sans Dean, cela n'avait aucun sens. Il ne savait pas comment il pourrait continuer, il n'en avait pas l'envie et encore moins la force.

Alors tout espoir était bon à prendre et qu'importe que cet espoir vienne d'un démon. Cela restait un espoir avant tout autre chose. Même si pour le moment il ne savait pas s'il était vraiment judicieux d'en parler à Dean. Il connaissait que trop la méfiance de son frère sans parler de son scepticisme.

Avant tout, il devait le convaincre de réagir et se lancer sur la piste glissante d'une solution apportée par un démon n'était certainement pas la meilleures des solutions ou son argument le plus pertinent.

-Dean ? répéta le cadet devant l'absence de réponse.

Mais son frère restait silencieux.

-Hé ? ... Je SAIS que tu ne dors pas ...Dean ? Quand tu dors, tu ronfles ...

Étrangement, ce léger ronflement, ne l'avait jamais vraiment dérangé. Au contraire. Depuis qu'il était gosse, il y trouvait un coté rassurant presque apaisant. C'était sans doute idiot... Mais cela lui rappelait que Dean était là, à ses cotés. Aujourd'hui il, en avait plus que jamais besoin.

-Tu veux en parler ? Insista Sam ignorant le silence persistant de son frère.

- Non. Répondit dans un soupir Dean vaincu.

- Allez je vois bien que ...Commença Sam en prenant appui sur un code.

- Je vais bien. Coupa l'aîné. Dors Sammy.

Dean se retourna comme pour signifié qu'il n'était pas d'humeur pour l'une de ces discutions qu'affectionnait tant Sam. Ces conversations ou l'on parle de soi ce n'était définitivement par son truc.

Mais Sam ne semblait pas décidé à se contenter de cette réponse.

- C'est ton pacte, c'est ça ? Tu vois, j'ai pensé qu'on pourrait peut-être...

-Je m'en fiche Sam, l'interrompît à sèchement son frère en se retournant. Je te l'ai déjà : on ne va rien faire. Rien du tout.

-Mais, écoute au moins...

-SAM, non ! Je refuse qu'il t'arrive quelque chose !

Sam se redressa subitement et alluma la lumière de la table de chevet placé entre leurs deux lits.

-Hé ? Ça va pas. Râla Dean se protégeant les yeux de la main.

-Non ça ne va pas. Répliqua Sam énervé. J'en ai marre, vraiment marre, Dean. Et moi ... ? Tu crois peut être que je vais ou que je peux accepter que tu meurs, que tu ailles en Enfer à cause de moi.

Dean se redressa à son tour. Il n'aimait pas la tournure que prenaient les choses. Ces mots il ne voulait pas les entendre.

- Ne dis pas ça, ce n'est pas à cause de toi, Sammy. Répondit-il se voulant rassurant.

- Si ... Si je ne m'étais pas fait surprendre par Jack, si j'avais fait ce qu'il fallait quand j'en ai eu l'occasion ....

Dean aurait voulut effacer ces idées de l'esprit de Sam. Son frère ne pouvait pas, ne devait pas penser qu'il aurait dû tuer un homme, de sang froid. La seule chose qui comptait dans leur métier, c'était de ne jamais oublier qu'il était avant tout des être humains, et que cette humanité qui faisait toute la différence

Et lui avait besoin que Sam garde un semblant d'innocence, ne soit pas juste un chasseur froid, mécanique. En fin de compte le coté moralisateur de Sam l'irritait autant qu'il le rassurait. Et surtout il n'avait pas à se sentir coupable ni même responsable de quoi ce soit.

- Non, cela reste mon choix, Sam, et je l'assume.

C'était son rôle de le protéger. Peut lui importait qu'on comprenne cela ou non, lui ne voyait qu'une chose : si son petit frère n'était plus là alors lui, à quoi servait-il ? Sans Sam, il devait tout simplement inutile.

-D'accord si ça te fait plaisir, ajouta tristement le cadet, alors ce n'est pas à cause de moi... mais pour moi. T'as raison c'est formidable ce que je me sens mieux là...

-Je suis désolé, murmura Dean.

Ces dernières paroles réveillèrent soudain la colère de Sam. Par moments Dean avait réellement la faculté de trouvé les mots qui lui tapaient sur les nerfs.

-Tu peux arrêter ça !

- Pardon ? Arrêter quoi ? S'étonna Dean

-De t'excuser ! De t'inquiéter de savoir ce qui m'arrivera ! Bordel, Dean, c'est pour toi qu'il faut que tu t'en fasses, pour ce qui va t'arriver.

Sam n'en pouvait plus. Il ne supportait plus cette décontraction qu'affichait Dean. Il voulait qu'il s'inquiète de ce qui l'attendait, qu'il cesse de faire comme s'il s'en fichait.

- Qu'est que tu veux que je te dise ? S'impatienta à son tour Dean. Dis-moi !

- Je sais pas... que tu veux trouver une solution, ce serait pas mal, non ? Que tu ne va pas attendre bien tranquillement qu'ils viennent de chercher...

- ... et te voir mourir à l'instant même ou je tenterai quelque chose ? Hors de question. Je refuse, Sam. Alors d'accord, c'est vrai que je ne suis peut être qu'un sale égoïste mais je refuse.

Malgré lui sa voix avait tremblé.

Bien sûr qu'il s'en voulait d'imposer ça à Sam. Il avait parfaitement conscience de ce qu'il devait ressentir... Mais il ne regrettait pas son choix et s'il le fallait, il le referait, sans hésiter. Il avait vu son frère mort, il avait dû veiller sa dépouille. Ses moments hantaient ses cauchemars, il se réveillait encore en sursaut pour de vérifier que Sam était bien là, vivant.

Alors non, il ne voulait pas revivre ça, il n'y survivrait pas. C'est aussi simple que ça. Sans Sam il était comme mort de toutes façons.

- Et moi je refuse de te regarder mourir sans broncher, sans même essayer de te sauver. Rétorqua Sam.

Il n'avait pu retenir un frisson au moment où Dean lui avait rappelé qu'il l'avait qualifié d'égoïste quelques jours plus tôt. Comment une chose pouvait être à la fois tellement vrai et tellement fausse.

Car Dean reconnaissait ne pas pouvoir vivre sans Sam mais à cause de cela c'est lui qui allait devoir apprendre à vivre sans son frère. Et en même temps donner sa vie pour en sauver une autre pouvait être assimilé à beaucoup de choses : du dévouement, à un attachement profond même à de la folie mais à de l'égoïsme ... ?

- Je ne peux pas, Dean. Toi mieux que n'importe qui tu devrais comprendre ça.

Dean eut un soupir excédé. Dans un sens, oui, il comprenait mais ...

-C'est pas la question... Affirma l'aîné. S'il n'y avait pas eu Papa, je ne serais plus là, de toutes façons... Et s'il avait été là, rien ne serait arrivé...

Sam secoua la tête visiblement perdu

- Cette quoi cette nouvelle connerie ?

- C'est de ma faute, expliqua sombrement Dean, ... si tu t'es retrouvé dans cette situation, c'est parce que je n'ai pas su te protéger. Je dois toujours veiller sur toi et tu n'aurais pas dû te retrouver là bas, tout seul ... et même après j'aurais dû arriver plus vite, empêcher ce qui s'est produit ...

Sam dévisagea un instant son frère, incrédule.

Et merde ! Cette andouille était sérieuse en plus. Une fois encore on arrivait au principal problème de Dean : cette désastreuse opinion qu'il avait de lui.

- Je devais le faire, Sammy, ajouta Dean en appuyant sur les mots. Je devais réparer tout ça. Remettre les choses à leurs places.

-Je ne vois pas ce que a remis en place avec ce pacte... s'impatienta Sam.

-C'est pourtant évident : Je n'aurais pas dû vivre, Sam. Et tu n'aurais pas dû mourir...

Sam secoua à nouveau la tête, il aurait aimé trouver les mots pour que son frère prenne enfin conscience que sa vie à lui aussi avait de la valeur, autant de valeur que celle des autres.

Mais il doutait que de tels mots puissent seulement exister.

Cette obsession du sacrifice de Dean, cet altruisme était au-delà de toute raison, de toute discutions. Il l'avait toujours plus ou moins pressentit mais il en avait acquit la certitude quant il avait été contaminé par le virus "Croatoan" et que Dean avait refusé de partir, de le laisser derrière lui refusant ainsi de sauver sa propre vie.

Quant à cette fichue habitude d'endosser des responsabilités qui n'étaient pas les siennes, voire de les inventer de toutes pièces comme en ce moment, elle lui donner juste des envie de distribué des baffes, histoire de remettre un peu d'ordre de cette satanée caboche.

-T'es cinglé, finit par lâcher le cadet, et encore plus que je croyais.

Dean répondit par un haussement d'épaules.

- Je ne plaisante pas Dean. Renchérit son frère irrité, ce que tu dis là ... ça n'a aucun sens...

- Parce que t'obstiner à vouloir casser ce contrat au risque de ta vie ça en a, peut être ? Répliqua son frère en haussant la voix.

- Autant que de passer un contrat comme le tien. Renchérit Sam sur le même ton.

- Te ramener ... ça avait du sens, Sam. Ça en avait. Répondit doucement son frère après quelques secondes.

Rien ne pouvait avoir plus de sens pour lui, s'il devait exister une seule raison au monde de sacrifier sa vie c'était bien celle là.

Et étrangement, il avait toujours eu cette sensation qu'il n'était pas destiné à faire de vieux os. Il l'avait accepté il y a bien longtemps, alors si cela pouvait au moins servir à quelque chose de bien, il se sentirait moins inutile.

- Comme vouloir de te sauver en a ... compléta Sam.

Lui aussi se sentait prêt à tout pour son grand frère même à risquer sa vie. Bon sang, pourquoi Dean refusait-il de croire qu'on pouvait tenir à lui autant que lui tenait aux autres ? De voir que sa vie méritait elle aussi d'être sauvée ?

Dean laissa échapper un nouveau soupir. Tout cela ne menait nulle part, ils tournaient en rond. C'est vrai que d'une certaine façon, il comprenait le point de vue de Sam mais celui-ci se trompait. Dean ne pouvait pas arriver à croire que tout pouvait avoir la même importance. La vie de son petit frère comptait tellement, tellement plus que la sienne.

-C'est ... différent.

-Ah bon ? Et en quoi, s'il te plaît ? S'irrita Sam.

-C'est différent, c'est tout. Répéta Dean plus froidement qu'il n'aurait voulu.

-Et tu crois que je v...

-SAM ! S'écria soudain Dean foudroyant son frère du regard. On arrête là, c'est différent. Point. Et il n'y a pas à discuter là dessus ou quoi ce soit à expliquer. Alors je ne ferais rien...et toi non plus.

-Dean ... commença Sam perdu, ne sachant pas quoi ajouté.

Dean eu un signe négatif de la tête. Il n'avait rien d'autre à dire, rien à ajouter. Sam avait vu le visage de Dean se fermer, son regard se durcir. La conversation était finie. Inutile d'insister. Du moins pour le moment.

Dean se recoucha en silence et après quelques secondes d'hésitation Sam dans un mouvement rageur fit de même. Mais aucun des deux ne parvint à trouver le sommeil.

Sam bouillonnait intérieurement devant l'attitude de son frère. Mais que ce crétin le veuille ou non il ne resterait certainement pas les bras croisés. Il n'était plus un gosse, on ne lui dirait pas ce qu'il devait faire ou ne pas faire. Et était bien décidé à faire ses choix tout seul.

De son coté Dean percevait sans mal l'irritation de son frère et il détestait l'idée que Sam soit en colère contre lui. Il détestait l'idée de s'opposer ainsi à son frère. Mais il le devait : Sam courrait de trop gros risques en voulant le sauver.

Il risquait sa vie, et rien que cela c'était intolérable, mais d'autres dangers couvaient à vouloir à tout prit défendre cette cause perdue d'avance.

Car Dean craignait également les chemins que pourraient être tenté d'emprunter son frère, en voulant le sauver. Il le connaissait, il connaissait sa naïveté et savait que Sam était prêt à croire n'importe quoi, n'importe qui pour peut qu'on lui fasse miroiter un espoir, aussi mince, aussi irréaliste soit-il.

Solution à peine plausible, dangereuse...Sam ne s'arrêterait certainement pas à ce genre de considérations. Et pour être tout à fait honnête, Dean reconnaissait que si la situation était inversée, il réagirait sans aucun doute de la même façon.

Car il fallait regarder les choses en face, Sam était son point faible, et lui était celui de son frère. Et justement Dean ne voulait surtout pas que les démons se servent de ça, se servent de lui pour entraîner Sam sur une pente dangereuse. Et ils n'allaient certainement pas laisser filer l'occasion de profiter d'une telle occasion.

Alors non !

Il ne supportait pas l'idée qu'à cause de lui, son frère puisse courir le risque se perdre, de ne plus être totalement Sam. Son Sammy. C'était inacceptable.

Mais en même temps Dean ne voulait pas qu'ils passent sa dernière année à s'opposer. Se chamailler, oui, cela faisait partie de leur relation mais il ne voulait par perdre de temps à être fâché contre Sam ou à voir Sam fâché contre lui.

D'autant que cette fois-ci Sam ne s'était pas trompé en affirmant que quelque chose l'empêchait de trouver le sommeil, il s'était juste trompé sur le pourquoi. Et en voulant esquiver une conversation qui jugeait gênante, une autre bien plus orageuse avait suivi.

Le problème une fois encore, c'était cette obsession qu'avait Sam de vouloir le faire parler de lui, de ses sentiments. Il n'aimait pas ça et son frère n'était pas sans le savoir quand même.

Mais bon, si cela permettait à Sam d'arrêter de bouder, il pouvait peut être faire un petit effort, juste pour cette fois.

Il laissa échapper un soupir et s'assit de nouveau sur son lit. Sam s'était couché de manière à lui tourner les dos mais Dean imaginait sans mal quel pouvait bien être son expression à cet instant

-Ben. Dit-il doucement

Sam ne bougea pas.

-Tout à l'heure, tu voulais savoir pourquoi j'avais du mal à dormir... c'était pas à cause de ..., enfin tu sais quoi, éluda Dean, mais c'était cette histoire ... avec Ben et Lisa.

Sam s'était retourné malgré lui, pendant que son frère parlait, étonné que Dean engage ce genre de conversation. Il en oublia un instant sa colère.

-Mais je croyais que ce n'était pas ton fils...

Chose qui l'avait d'ailleurs profondément étonné. Au point qu'il s'était demandé si Lisa avait été totalement franche sur ce coup là. Il en n'en avait rien dit à Dean bien sûr, mais quand même... Ben lui ressemblait trop ... beaucoup trop.

Et pas seulement physiquement.

Sam n'avait passé que peut de temps avec l'enfant mais il n'avait pu s'empêcher de remarquer des similitudes troublantes entre Dean et Ben. Des similitudes dans la façon de se tenir, d'être mais aussi de caractère.

Il l'avait vu se comporter avec les autres gamins, il avait été le dernier à sortir faisant passer les autres avant et après qu'ils aient réussit à fuir, il l'avait entendu les rassurer alors que lui même devait être encore terrifié. Tout cela lui était si familier.

-Ouais, répondit lentement Dean, ... il ne l'est pas.

Soudain Sam comprit. Il s'assit à son tour sur son lit et allumant à nouveau la lampe.

-Décidément c'est une manie chez toi râla Dean en plissant des yeux.

-Tu aurais voulu qu'il le soit, c'est ça ?

C'était davantage une affirmation qu'une question.

- Non ... enfin si ...peut être, enfin je ne sais pas justement. Répondit Dean dans un haussement d'épaules.

Sam hésitait encore à ajouter quoique ce soit ... son frère se confiant était une chose trop rare pour prendre le risque de toute foutre en l'air, en l'interrompant et il sentait que Dean n'avait pas tout dit, et avait surtout besoin d'exprimer à voix haute se qu'il ressentait...

-En fait je crois que j'aurais été fier qu'il le soit... expliqua Dean

Il laissa échapper un sourire triste en pensant à la fierté qu'il aurait ressentit si Ben avait pu être son fils. Cette même fierté qu'il aurait voulu qu'on éprouve pour lui, qu'il aurait tant aimé lire chez son père.

- Tu trouve ça con, non ? Demanda Dean dans un timide sourire, comme pour s'excuser d'embêter Sam avec des mièvreries telles que celles-ci.

- Non, Dean, Répondit doucement le cadet, ça n'a vraiment rien d'idiot ... au contraire.

Il était clair que Dean s'était attaché à ce gamin. De la même manière finalement qu'il ne pouvait s'empêcher de s'attacher à tous ceux qui faisait un peu plus que croiser sa route : Jo, Ellen, Bobby... était tous devenus comme des membres de sa famille et on savait de quoi il était capable dès qu'on parlait de famille...

Sam avait longtemps vu en son frère quelqu'un de légèrement asocial. Ce qui n'était d'ailleurs sans doute pas tout à fait faux seulement parmi les raisons à cette attitude, l'une d'elle était particulière : Dean craignait tout simplement de devenir trop proche, de s'attacher. Et avec la vie qui était la leur, il se refusait ce droit.

Cette vie qu'en fin de compte il n'aimait pas tant que ça, contrairement à se que Sam avait cru pendant tant d'années. Mais tout ce qui c'était passé depuis plus de 2 ans l'avait fait douter : le Djinn, Croatoan ou encore cette façon qu'il avait de vouloir détourner Jo de la chasse...

Tout cela ne montrait qu'une chose Dean, comme lui, aurait voulut une autre vie.

Mais ce n'était pas si simple.

Le droit au bonheur individuel pour son aîné ne valait pas grand chose comparé à tous ceux qui avaient besoin d'aide, ou à la possibilité de protéger ses proches. Sam aurait voulu savoir comment lui dire que son bonheur à lui aussi comptait, qu'il y avait droit.

-Dean ? S'inquiéta Sam en voyant son frère se pincer les lèvres.

-Je sais pas, reprit Dean pensif, je ne sais pas ce que doit penser de tout ça ... tu vois d'un coté c'est vrai que j'aurais aimé qu'il le soit, mais d'un autre je ne peux pas l'empêcher penser que c'est mieux, comme ça.

-Tu crois ? demanda timidement Sam ne sachant pas vraiment ce qu'il convenait de dire, ni même ce que Dean voulait entendre.

Dean acquiesça silencieusement. Il en était convaincu, c'était préférable et pour tout le monde. Pour eux, pour lui. Il avait déjà trop de personnes auxquelles il tenait pour qui il avait peur, et qu'il allait devoir bientôt laisser derrière lui.

Quand à Ben et Lisa, il ne voulait pas les mettre en danger à cause de ce boulot, de cette vie et surtout il n'avait jamais rien eu à offrir, du moins rien de ce que les gens " normaux " désiraient. Alors maintenant avec ce qui l'attendait... A quoi bon offrir un père en sursis à ce gamin qui méritait tellement mieux que tout ça ?

Non, cette vie n'était tout simplement pas faite pour lui, ne le serait jamais. Si jamais, il avait eu la moindre chance, celle ci était bien loin derrière lui.

Seulement, il aurait voulu, peut être égoïstement se dit-il, laisser une part de lui, une trace de son passage en quelque sorte. Mais lui ne laisserait qu'une voiture... même si ce n'était pas n'importe quelle voiture... Mais rien de lui, pas vraiment ...

- Lisa et Ben méritent beaucoup mieux. Laissa-t-il échapper dans un soupir. Tu ne crois pas ? Et d'ailleurs tu l'as dit toi même : les enfants et moi ... c'est pas ça.

Sam fut encore une fois fasciné par cette faculté qu'avait son frère de retenir tout ce qu'on pouvait critiquer chez lui même si s'était pour plaisanter, même si on n'était pas soi-même ...

Et cette fois ci, encore, il se trompait.

C'est vrai qu'il l'avait peut être pensé. Mais entre temps il avait vu Dean agir avec les enfants, pas seulement avec Ben mais aussi avec Luka, Mickael ... et il s'en sortait mieux que bien. Il l'avait vu les écouter, les rassurer et étrangement lui même semblaient pouvoir se confier plus facilement à eux, s'ouvrir davantage.

Et il ne pouvait oublier que dans son enfance à lui, c'était Dean qui avait joué le rôle du père, de la mère aussi.

Leur père lui avait appris la chasse, Dean tout le reste, toutes ces choses peut être banales comme apprendre à lasser ses chaussures, à faire du vélo... mais qui on finalement beaucoup d'importance dans une vie d'enfant, même dans la leur si éloignée fut elle des standards. C'était Dean qui l'accompagnait à l'école, lui préparait son goûter, le réconfortait après ses cauchemars ...

Alors oui il était très bien placé pour voir que Dean aurait fait un excellent père. Il en avait le coté rassurant, parfois légèrement autoritaire. Bon c'est vrai qu'il pouvait aussi être plus gamin qu'un gamin et avait une tendance plus que prononcée à être sur-protecteur ...

Mais voilà, il y avait ce fichu boulot, ce maudit contrat…

Et même sans cela il restait cette conviction qu'avait Dean de croire qu'il n'avait pas droit à autre chose qu'une vie de chasseur. Qu'il ne le méritait pas.

-Tu sais, t'es pas si nul en fait... Affirma finalement le cadet

-Je te remercie ... "Pas si ..." C'est vraiment gentil ça, Sam. Releva l'aîné avec une pointe d'ironie amusée.

- T'as compris ce que je voulais dire ...

Dean acquiesça en silence avant de se laisser tomber sur le lit.

- Hé Dean ? Je suis sérieux là ...

-Je sais...je sais Sammy ... murmura faiblement l'aîné, presque gêné.

Sam n'osait plus rien ajouté. Dean avait fait un effort considérable et il ne voulait pas le mettre davantage mal à l'aise. L'orage s'était totalement dissipé, même si aucun des deux n'oubliait pourquoi il avait surgit ou avait décidé de se ranger à l'avis de l'autre. D'autres seraient sans doute inévitables.

-Bon on à pas mal de route demain... Alors ... au dodo Sam.

Après avoir de nouveau tout éteint, l'aîné se recoucha bruyamment, cherchant une position confortable, pendant quelques minutes avant de s'immobiliser dans un bruyant soupir. Son manège n'échappa pas à son frère qui ne pu retenir un sourire.

Le silence s'était réinstallé dans la chambre et Sam commençait doucement à sentir le sommeil le gagner. Quant il entendit marmonner :

- Et je ne ronfle pas ...