Titre : Il ritorno del Granchio
Auteur : Mrs. Crowley
Personnages : Death Mask et les autres chevaliers d'or…
Genre : Angst, Romance
Rating : M (violence pour torture physique et langage grossier. Yaoi en préparation)
Résumé : Les chevaliers d'or ont droit à une seconde chance. Mais certains ne l'acceptent pas comme Death Mask. Humilié par Mu et son Starlight Extinction, torturé par Rhadamante, le chevalier d'or du Cancer essaie de reprendre les rênes d'une nouvelle vie qui lui échappe totalement. Le chemin sera long et parsemé d'embûches pour le Crabe. Heureusement, les autres chevaliers seront là pour le soutenir et l'aider…surtout Mu.
IL RITORNO DEL GRANCHIO
CHAPITRE 4
D'après un dicton populaire, on voit sa vie défiler devant ses yeux, quand la fin est proche. Avant de mourir, vous avez donc droit à une projection gratuite (à moins que de donner sa vie soit le prix à payer, tu parles d'une arnaque) sur vous et votre merveilleuse vie.
Ce film pouvait donc être un véritable film d'aventure, une saga romantique ou un film d'horreur. Ou deux types au choix ou même les trois à la fois. Je vous laisse deviner à quelle unique catégorie appartient ma vie…
Horreur, naturalmente !
Et franchement, vous savez quoi ? Je n'étais pas un grand fan des films d'horreur. Loin de là. Je sais bien que je suis un gros sadique, un véritable salaud avec les gens mais quand même. J'étais une véritable caricature du badass classique ! Avec tous ses vices en prime…
J'avais mes masques mortuaires accrochés aux murs, preuves de ma réussite.
J'aimais boire et fumer.
J'avais même un trône en plein milieu de mon salon.
Je suppose que vous pouvez imagnir la scène. Moi, assis sur mon trône, moulé dans un pantalon en cuir, la cigarette en bouche et un verre de vin rouge sang à la main, en train de fixer mon écran géant.
Et bah, raté !
Bon ok, je confessais mes fautes. J'adorais mon trône. Il était douillet et reposant. Et puis il était beau. La décoration des accoudoirs qui rappelait les pinces de mon armure. C'était magnifique. Sans oublier les pattes articulées dorées qui dépassaient du dossier, comme si j'avais un soleil dans le dos, dont les rayons divins s'élevaient.
La classe !
Je buvais pas mal, comme un trou, tout ce qui me passait sous la main. Et je fumais comme un pompier. Oui, je sais, vous aviez déjà du vous rendre compte de ma passion pour ces vices. Mais, vous ne deviez pas connaitre mes films préférés…
J'adorais les films en noir et blanc, et surtout le cinéma muet. J'avais même un vieux projecteur dans mon salon et un drap blanc en guise de toile pour pouvoir regarder. Ca faisait ringard, je sais mais…j'aimais cela…
Une passion saine.
Oui, Death Mask pouvait avoir de saines passions, en dépit de sa santé mentale ravagée !
Pour en revenir à l'histoire du film de la vie, je peux vous dire que n'était pas vrai. C'était juste une grosse connerie, inventée pour que la mort paraisse plus douce. Faut quand même bien partir avec un grand sourire sur les lèvres.
Dans un sens, ce n'était pas faux. La plupart des masques collés contre mes murs arborait un sourire…Mais, à mon humble avis, c'était un sourire de soulagement parce que j'avais mis fin à leurs souffr-…à leur insignifiante vie.
Paraitrait que ce soit un dysfonctionnement du cerveau.
Mon humble cerveau avait du disjoncter cette nuit là, parce que rien ne s'était passé comme je l'avais prévu. Je n'avais nullement vu les neuves premières et m-e-r-v-e-i-l-l-e-u-s-e-s années de ma vie. Je n'avais rien vu du tout. C'était le néant. Le noir total comme à la fin d'un film.
Je n'avais même plus rien entendu et…
Ahi si, j'avais vu quelque chose. J'avais ouvert les yeux, mes paupières clignotant rapidement, comme j'avais voulu comprendre ce que j'étais en train de voir. Il faisait noir mais au fur et à mesure que mes paupières battaient, tout était devenu plus clair.
J'étais dans l'eau. Je pouvais sentir les vibrations de l'eau, bercées mon corps léger. Je devais même être au fond de l'eau, pour être plus précis. J'avais senti le sable sous mes pattes. En tournant la tête, j'avais vu des copies de ma propre personne.
Etrange, non ?
Nous étions là, respirant tranquillement sous l'eau, immobiles comme les statues grecques qui gisaient sous le port d'Alexandrie. Rien ne pourrait nous faire bouger. A l'exception du signal. Oui, comme tous les autres, j'avais sagement attendu le signal, qui me pousserait à l'action.
Il n'avait pas tardé. J'avais senti un appel, de par delà la mer. C'était un appel divin. J'en étais certain. Doux et puissant en même temps. Je n'avais compris qu'une seule chose. "Death Mask" La voix n'avait pas cessé de répéter ces deux mots bien singuliers.
Mais qu'est-ce que cela voulait dire ?
Il y eut de l'agitation tout autour de moi. Les autres avaient également entendu l'appel et ils s'étaient lancés à l'attaque, telle une marée humaine sous l'eau. J'avais ensuite pris appui sur mes pattes, assouplissant légèrement mes articulations grinçantes pour m'échauffer avant de les imiter.
Je m'étais alors lancé à l'attaque de l'ennemi. Je n'avais aucune idée sur son identité. Je ne savais pas à quoi il ressemblait mais je savais une seule chose. Je devais le tuer. Je devais le déchirer entre mes pinces acérées. Arracher sa chair fraiche. Lui faire mal. Le faire payer.
Il allait souffrir un maximum.
Suivant mes multiples copies alors que nous devions être des milliers, je m'étais mis à courir sur le sable en direction d'un escalier naturel. J'avais voulu lui grimper dessus, monter sur cet amas de pierres et de roches aux formes multiples et aux tailles diverses.
L'escalier était irrégulier et j'avais du mal à monter de côté, avec mes pattes. Cela avait paru être mission impossible mais mes semblables m'avaient poussé par derrière, me soulevant de force. Bien vite, je m'étais retrouvé à l'air libre. Je venais de quitter la mer pour la terre ferme.
J'avais alors vu quelque chose de rouge, couler dans les fissures des rochers. C'était du sang frais. Puis, quelque chose de violet…très clair…une sorte de touffe. Oui, c'était cela. Une touffe de cheveux. Bizarre. Cela ressemblait beaucoup à ma tignasse rebelle.
En escaladant un peu plus, j'avais aperçu un corps inerte. C'était un jeune enfant, de mon âge. Son visage était pâle comme la pleine lune, une grimace de douleur figée sur ses traits, comme un masque. Ses lèvres étaient bleues et ses grands yeux étaient entièrement blancs.
Il était mort de toute évidence. Et je savais comment c'était arrivé. Il avait une cravate autour du cou. Les marques rouges sur sa peau blanche étaient la preuve flagrante qu'on l'avait étranglé, jusqu'à ce que mort s'en suive.
Le malheureux…
Il y eut subitement un éclair et j'avais un peu relevé mes yeux globuleux, apercevant une silhouette penchée sur le cadavre du garçon. L'homme avait un regard de fou, rouge sang, et il avait un faux air avec le corps froid, allongé sur les rochers, les bras en croix.
Puis, j'avais compris ! J'avais sentis mes poils s'hérisser sur ma peau dure de colère. Je venais d'identifier mon ennemi. Notre ennemi. Il s'agissait de notre proie. J'avais vu rouge et dans ma tête, je n'avais plus entendu que cette voix. Celle de mon instinct de tueur.
Tue-le ! Déchire-le ! Dévore-le ! Tue-le ! Déchire-le ! Dévore-le ! Tue-le ! Déchire-le ! Dévore-le ! Tue-le ! Déchire-le ! Dévore-le ! Tue-le ! Déchire-le ! Dévore-le ! Tue-le ! Déchire-le ! Dévore-le ! Tue-le ! Déchire-le ! Dévore-le ! Tue-le ! Déchire-le ! Dévore-le ! Tue-le ! Déchire-le ! Dévore-le ! Tue-le ! Déchire-le ! Dévore-le ! Tue-le ! Déchire-le ! Dévore-le ! Tue-le ! Déchire-le ! Dévore-le ! Tue-le ! Déchire-le ! Dévore-le ! Tue-le ! Déchire-le ! Dévore-le ! Tue-le ! Déchire-le ! Dévore-le ! Tue-le ! Déchire-le ! Dévore-le !
J'avais fait claquer mes pinces furieusement, me préparant pour l'assaut final et meurtrier. Je n'avais pas été le seul à le faire. Les autres m'avaient imité. Un claquement sinistre avait retentit comme des milliers de pinces s'étaient refermées en même temps.
Le bruit résonna, semblant couvrir le bruit de la tempête.
L'homme avait relevé la tête, nous remarquant finalement. J'avais lu sa surprise sur son visage monstrueux et il s'était redressé, reculant prudemment. Il avait alors donné un coup de pied dans le corps, le poussant vers nous. Il glissa légèrement sur les rochers sans tomber à l'eau.
La tête et les bras pendaient alors dans le vide, et ses yeux blancs fixaient doucement la mer. Les vagues venaient lécher ses doigts froids et crispés, espérant silencieusement pouvoir le sortir de sa torpeur glaciale. Mais il n'avait pas bronché, ignorant ses caresses pour rester mort.
La vision m'avait révolté, attisant ma haine et mon envie de meurtre. Comme un seul homme, nous nous étions élancés ensemble, attaquant l'humain en hurlant notre rage. Le sol boueux avait disparu sous nos pattes grouillantes, dans un fourmillement assourdissant.
L'homme avait poussé un cri d'effroi et il avait vivement reculé. Il n'avait pas été bien loin. Il était maintenant par terre, après avoir glissé sur une petite pierre. Il nous avait ainsi offert une mise à mort des plus aisées.
C'était un signe du destin ! Une offrande !
J'avais bondi sur ses jambes, déchirant son pantalon et déchiquetant sa chair.
Il s'était agité et il avait hurlé. Mais il ne pouvait rien faire contre nous. Nous étions trop nombreux. Nous étions en colère. La puissante justice dictait nos actes. Il était l'heure de payer l'addition et elle était salée !
Au bout d'un moment, il cessa de lutter.
Nous avions gagné.
J'avais gagné !
Mais ce n'était pas encore fini. Nous n'en avions pas fini avec lui. Il était mort et alors ? Ce n'était qu'un début. J'avais alors continué de travailler avec mes frères, le mettant en pièces, dénudant ses muscles, avant de les sectionner et de les cisailler.
Cela avait été un travail brutal. Une véritable boucherie. Le sang avait coulé à flot. Mais je m'en étais fichu comme de ma première clope. Je prenais un malin plaisir à le rendre méconnaissable.
La meilleure partie, je l'avais gardé pour la fin.
Les autres n'avaient pas osé y toucher.
Ils me respectaient.
J'étais leur maître.
Leur roi.
J'avais droit à la part du chef. Celle qui me revenait de droit !
Ils m'avaient encouragé à aller la chercher, d'un cri aigu. Je m'étais docilement exécuté, remontant le long de cet écorché vif pour lui faire face. Son visage. Oh son visage ! J'allais en faire de la bouillie. Mes pinces furieuses avaient massacré chaque millimètre de peau, sans rien laisser.
Les lèvres furent tranchées. Son nez fut coupé. Ses yeux furent sortis de leurs orbites. Les oreilles furent décollées de son visage. Ses cheveux furent arrachés avec son scalp. Son visage avait complètement disparu, laissant la place à son crâne blanc.
Et là, je m'étais arrêté pour le fixer.
Ce que j'avais eu en face de moi cette nuit-là.
C'était…
Un masque mortuaire.
Le masque de la Mort.
"Death Mask" La voix s'était fait entendre de nouveau. Il m'était toujours impossible de déterminer s'il s'était agi d'un homme ou d'une femme. Tout ce que je savais, c'était qu'elle s'adressait à moi. Elle m'appelait…me baptisant de la sorte.
Death Mask…
Oui, ça me plaisait beaucoup…
Ce serait mon nom de chevalier…
Une lumière m'avait subitement aveuglé et j'avais eu agréablement chaud. Ma main avait alors eu un spasme et j'avais ouvert les yeux. Attends une seconde. Ils étaient pourtant ouverts, il y avait encore quelques secondes, non ? Ou je m'étais trompé ?
J'avais alors vu la mer. Les vagues frappaient les rochers, arrosant mes mains et mon visage. Haletant, j'avais pris une profonde respiration et je m'étais lentement redressé, frottant ma gorge endolorie. Je sentis un tissu autour de mon cou.
C'était une cravate. J'avais cligné des yeux, fixant ce bout de tissu que je tenais entre les mains. Qu'est-ce qui s'était passé ? Je n'étais donc pas mort ? Pourtant, j'avais cru l'être l'espace d'un instant, puis… j'avais relevé les yeux et…il était là…
Mon père était là, mort, allongé sur le sol, dans une flaque de sang. C'était une vision horrible. Il n'avait plus de visage. Il n'avait plus de peau. Il semblait avoir été déchiqueté par de petites bêtes sauvages et cruelles. C'était étrange. Je pensais que…
Un cliquetis sonore avait attiré mon attention et des milliers d'aiguilles avaient picoté mes jambes. J'avais alors baissé les yeux et je m'étais tendu, me figeant comme je les voyais. Des crabes. Des favollo ! J'en étais recouvert de la tête aux pieds. Ils étaient couverts de sang et…
Et là, j'avais compris.
C'était moi. J'étais mort et j'étais parvenu à le tuer, pendant ce temps, en faisant appel à ces charmantes créatures. Elles m'avaient servi…elles m'avaient aidé…elles m'avaient secouru. Et elles m'avaient ramené à la vie.
C'était un signe de fort. La déesse était de mon côté. J'avais fait mes preuves en partant à la recherche de ce meurtrier. J'avais offert ma vie pour la déesse, sans jamais rien lâcher et…elle m'avait récompensé…
Mais cela ne s'était pas arrêté là.
L'année suivante, l'armure d'or du Cancer avait été mienne !
Et voilà, comme j'étais devenu un orphelin et un véritable chevalier d'Athéna. Jamais, je n'avais raconté ce qui m'était arrivé ce jour là. Jamais, je n'avais plus parlé de ma famille avec les autres. Et jamais plus, on ne m'avait embêté.
J'étais devenu Intouchable ! Le grand et puissant Death Mask, chevalier d'or du Cancer !
"Hmph…" Je n'avais pas pensé à cette fameuse nuit depuis des années et des années alors qu'elle m'était très importante. Elle avait marqué le début de ma vie ! C'était le jour de ma renaissance. Dante Mephisto était mort. Death Mask était né.
Je tâtonnais dans le noir, cherchant l'interrupteur de ma lampe de chevet. La lumière éclaira la pièce, m'éblouissant et je tournais la tête de l'autre côté, grognant contre cette agression visuelle. Je tendis le bras pour attraper mon réveil, rond, en forme de crabe, et je l'approchais de mes yeux mi-clos et gonflés pour pouvoir lire l'heure.
4h47
"Fantastico…" J'abandonnais le réveil dans les draps pour me redresser sur un coude, me tapant le front. Je n'allais jamais pouvoir me rendormir. Je le sentais. J'entendis brusquement des bruits suspects dans mon temple.
"VOS GUEULES LES MOUETTES !" criais-je à l'encontre des masques réveillés, tant pis si j'avais troublé le sommeil de Tic et Tac et du Minou. J'avais du parler dans mon sommeil et m'agiter. Les draps étaient tout emmêlés et j'étais en sueur.
Je fermais les yeux un instant, frissonnant légèrement alors que je les entendais gémir. Le son était amplifié par l'architecture de pierre et cela me rendit malade. C'était un son qui m'était devenu insupportable. "LA FERME, J'AI DIT !"
C'était dingue ça ! Mes masques ne dormaient donc jamais ? Ahaha normal, ils étaient déjà morts. Quel con ! Ils commençaient vraiment à faire chier. J'aurai pu m'en débarrasser facilement, d'un claquement de doigt, mais je ne pouvais pas le faire pour deux raisons.
Un, j'étais Death Mask. Qui serais-je sans mes fameux masques mortuaires ?
Oui, c'était une raison con, débile et orgueilleuse. Mais merde quoi…
Deux, et c'était certainement le plus embêtant, mes pouvoirs avaient quelque peu diminué. Même un chevalier de bronze avait plus de force que moi, en cet instant même. J'ignorai encore les raisons de cette faiblesse mais je savais qu'elle était temporaire.
Elle ne pouvait être que temporaire !
Je n'avais naturellement rien dit aux autres mais combien de temps allais-je bien pouvoir leur cacher la vérité ? Mon armure ne cessait de me rejeter. La déesse me faisait la gueule et mes pouvoirs semblaient avoir disparu, quand j'avais tiré la chasse d'eau…
Mon armure me jugeait indigne d'elle et elle voulait se débarrasser de moi. Mais quelle garce ! Après tout ce que j'avais fait pour elle. Je l'avais lustré avec passion. Après tout ce que nous avions vécu. Elle avait vraiment une mémoire défaillante...
J'étais vraiment dans la merda jusqu'au cou !
Vite, une clope ! J'ouvris le tiroir du meuble, dégainant un paquet de cigarettes, et j'en glissais une avidement entre mes lèvres sèches. Cela méritait même le double combo nicotine et alcool. Je quittais donc mon lit pour aller dans le bar de mon salon, à moitié nu.
Il faisait assez froid dans mon temple. Il n'y avait pas de chauffage (c'était trop des radins au sanctuaire) et je devais même m'estimer heureux d'avoir l'eau courante. A une certaine époque (plus ancienne que la mienne, heureusement !), ils devaient vider leurs chiottes dans la rue !
Mâchouillant nerveusement ma cigarette allumée, j'essayais de frictionner mes bras nus pour faire un peu remonter ma température corporelle. J'allais peut-être attraper la mort, en me baladant ainsi, trempé et en pantalon mais je m'en foutais !
Les masques me regardèrent presque tendrement et certains murmurèrent même des grognements incompréhensibles, mais je les ignorais royalement. "Cazzo !" jurais-je en sentant une douleur remonter le long de ma jambe.
J'aurais du mettre des chaussons mais je ne l'avais pas fait par flemme. Et j'étais en train de le regretter. Et pas d'une façon des plus agréables. Mon malheureux orteil était en train de payer le prix de ma fainéantise habituelle.
Si vous voulez tout savoir, le sol de mon temple n'était pas vraiment plat. Par manque de place, j'avais collé certains masques sur les dalles du temple. Du coup, le terrain était irrégulier et j'avais shooté le menton d'un visage, en manquant de me vautrer sur un autre.
Bon ok.
Je devais faire m'activer et faire un truc pour ça. Je devais cacher ses horreurs en attendant que mes pouvoirs me reviennent. Je ne savais pas encore comment y parvenir mais j'allais certainement trouver une bonne idée. Après avoir descendu quelques verres.
Hmm…non…
Je pris carrément la bouteille et je filais dehors, en tenue légère, pour m'asseoir sur les marches du temple du lion. L'air était froid mais je m'en fichais. Je prenais l'air et c'était plutôt agréable. De sentir quelque chose… Soupirant, j'allumais ma cigarette.
Comment allais-je faire ?
Hmm…
Je fis sauter le bouchon de la bouteille et j'en pris une bonne lampée, pensivement. Je ne pouvais pas repeindre les murs, ça ne changerait rien au problème. Manquerait plus que je les peigne en rose bonbon !
Je pouvais peut-être les cacher derrière de lourds et d'épais rideaux. Ca ferait un peu tanière du comte Dracula maos osef ! Et puis, je pourrais rajouter des panneaux triangulaires avec "attention masque sur le sol" dessus, pour prévenir tout accident.
Ouais, c'était pas mal. Un peu débile mais pas mal…ouais…pas mal con !
Après tout, cela ne réglerait pas mon problème. Je pouvais ne plus les voir mais j'allais toujours les entendre se plaindre derrière les tentures. Et en plus, j'étais le seul à pouvoir les entendre. C'était un de mes 'dons' particuliers.
Mu avait beau être un atlante mais certaines choses lui échappaient. Tout comme Shaka, il n'avait pas le monopole des pouvoirs surnaturels. Non mais ! Je pris une autre gorgée pour me donner l'inspiration nécessaire. Je devais me défaire au plus vite de cette épuisante situation.
Hmm…ahaha ! Trouvé ! Je n'avais qu'à m'acheter des boules quies à la pharmacie du coin et mettre un peu plus de musique pour couvrir les bruits. Ma platine laser avait du prendre la poussière depuis ma dernière utilisation.
Et oui, il m'arrivait d'écouter de la musique. Classique. Italienne. La meilleure quoi !
Soupirant, je baissais la tête, les coudes sur les genoux, me sentant un brin fatigué. Mon regard s'attarda sur ma main gauche et machinalement, j'allais la caresser, frottant douloureusement la cicatrice qui entachait son revers.
Une large coupure en diagonale. Nette. Blanche sur ma peau. Sensible.
Je frissonnais en y repensant. Je m'étais profondément entaillé la main cette nuit là. Sur le rocher. Quand j'étais avec mon…stop ! Rien du tout ! Je l'avais eu en me coupant sur une pierre, point final.
Pas question de revenir sur le sujet !
Mais, même sans fermer les yeux, le souvenir se dessinait au gré des courbes de l'architecture du Kyokaikyû…les vagues qui ondulaient…la pluie qui tombait…la cravate autour de mon corps…la sensation d'étouffer…de partir…
Je bondis brusquement sur mes pieds, en jurant. Le cri résonna sous le ciel étoilé, suivi de près par le bruit de la bouteille se brisant sur les marches. C'était du vin. Il était rouge. Je voyais le sang couler sur les marches blanches…mon sang…
"Death Mask !"
Je sursautais quand j'entendis mon nom et mon pied se posa sur un morceau de verre. J'étais né avec une chance inhabituelle (ahaha !). Je me retournais, pensant que c'était le Minou qui miaulait, mais ce n'était pas lui. En fait, il n'y avait personne autour de moi.
C'était juste…la voix dans mon souvenir…
"Et merde ! C'était un super vin, en plus !" marmonnais-je en laissant tout en plan, boitillant pour retourner dans mon temple. Cette fois, direction la salle de bain. A mon passage, l'armure du Cancer eut un sursaut sur son trône. "Oh toi, la ferme aussi !"
J'en avais vraiment marre. Tout foutait le camp ! Merda, merda de merda ! Je ne pris même aucun plaisir quand j'enlevais le bout de verre de mon pied. Voir le sang couler et la douleur étaient en train de me rappeler de mauvais souvenirs.
D'habitude, cela me faisait penser à des choses très agréables pour un être violent et sadique comme moi. A mes combats sanglants contre de misérables lombrics. A mes assassinats jouissifs et mérités. A mes entrainements spéciaux.
Quand le sang, la douleur et la violence s'entremêlaient pour une danse des plus inspirantes et des plus envoutantes.
Et maintenant plus rien.
Aucun plaisir.
Que dalle !
Et ça aussi, ça me faisait chier. Mais merde, qu'est-ce qui était en train de m'arriver ? Je faisais des mauvais rêves et je revivais des souvenirs oubliés, profondément enfouis dans ma mémoire. Je ne supportais plus mes masques, je ne pouvais plus mettre mon armure, je n'avais plus de pouvoirs et mon sadisme-cynisme (oh la belle paire) avait fondu comme neige au soleil.
En clair…
Je n'étais plus un chevalier d'Athéna ! J'étais trop faible et trop misérable pour l'être réellement ! Comment étais-je censé la protéger si je ne pouvais plus rien faire ? Hein ? Qu'est-ce que c'était ? J'aimerais bien avoir une réponse ? Hé oh ?
Est-ce que c'était une punition ?
C'était possible ! Depuis mon retour, je ne la respectais plus tellement. J'étais en colère contre elle. Je n'avais pas supporté qu'elle m'offre une 'seconde chance'. Oui, j'aurai bien voulu rester dans le néant ! Moi ! Je détestais son geste de bienveillance ! Moi !
Etait-ce un test ?
C'était une autre possibilité. Après tout, j'avais offert ma vie lorsque je m'étais débarrassé de l'Etrangleur de Tarente ! J'avais payé le prix fort pour pouvoir obtenir l'armure sacrée du Cancer. Alors, peut-être que…
Oui, cela devait être un autre test. Je devais prouver ma valeur. Je devais montrer à la déesse et aux autres que je méritais mon rang de chevalier et mon armure. Je bondis, fier de ma déduction avant de grogner comme j'avais posé mon pied blessé sur le sol.
"Hnh…" Je sautais sur place pour soulager ma douleur. "J'accepte le test, Déesse !" lançais-je, avec un grand sourire. J'étais sûr de moi, comme toujours avant un combat. J'espère juste que ce ne serait pas aussi douloureux que la dernière fois !
Néanmoins, quelque chose me chiffonnait. Je me demandais si Aphrodite connaissait les mêmes difficultés que moi. Après tout, il avait connu le même traitement de faveur que moi. Je devrais peut-être lui poser moi-même la question.
Si j'avais le courage de me présenter devant lui. Depuis que nous étions rentrés à la 'maison', je faisais tout mon possible pour ne pas croiser le poisson, surtout en face à face, seul à seul. C'était aussi bien facile que difficile.
Facile parce que nos deux temples étaient éloignés l'un de l'autre. J'habitais dans le quatrième temple et sa demeure était le douzième temple, soit le dernier du sanctuaire. Si je voulais me rendre chez lui, je devais donc passer par le temple du Gros Minet, celui de La Grande Pucelle, du Vieux Débris, du Grand Comique, de la Gambas et du Titanic.
C'était une très longue promenade, avec plusieurs kilomètres au compteur. Des centaines et des centaines de marches d'escalier à monter. Et c'était également très pénible, compte tenu des propriétaires mentionnés et de l'entente trèèès cordiale que j'entretenais avec eux.
Il fallait donc marcher pendant un long moment, passant de temple en temple, en évitant de gêner les différents habitants à certaines heures de la journée, au risque de sa propre vie. Une fois, Aiolia m'avait agressé avec son portemanteau parce qu'il ne m'avait pas reconnu.
Soi-disant !
Bref…je n'étais pas le chevalier le plus aimé du sanctuaire, tout comme Aphrodite. En vu de nos exploits respectifs, trahisons multiples et meurtres divers, nous devions être en bas de la liste ou ne pas en faire partie du tout.
Ce n'était donc ni facile pour moi, ni pour Aphrodite.
Du coup, nous avions pris l'habitude de squatter le temple vide de l'archer (d'où l'agression de minou minou), qui était en plein milieu du chemin, pour nous voir, discuter et échanger quelques ragots.
Les histoires drôles et sordides qui se déroulaient en bas contre ceux du haut du sanctuaire.
J'admettais volontiers que je m'entendais très bien avec le poisson. Après tout, nous étions tous les deux des signes d'eau. Nous nous comprenions très bien, sans avoir à échanger de longs discours. Certes, il était capricieux mais c'était une qualité.
Lui, au moins, il savait ce qu'il voulait, ce qui n'était pas vraiment le cas de tous les chevaliers du sanctuaire. Et dans un sens, je ne pouvais que l'admirer pour cela. Il ne se laissait pas marcher sur les pieds quand il voulait quelque chose de précis.
Même si le seul hic, se situait dans son narcissisme accru. Aphrodite aimait être beau et plaire. Plaire à lui-même principalement. Ce côté féminin exagéré pouvait être agaçant par certains moments…comme la fois où j'avais du vernir ses ongles pendant une discussion.
Et, avant que tout le monde ne s'emballe, notre relation n'était qu'amicale. Point final.
De plus, nous étions de la même génération (à un an près) et nous partagions le même avis sur différentes questions. Nous avions été particulièrement proches pendant l'attaque des bronzes et du Grand Pope pour diverses raisons.
Mais, depuis quelques temps, je n'arrivais pas à me motiver pour aller le voir. Le sanctuaire me tapait sur les nerfs et je passais peu de temps sur le domaine, et encore moins de temps entre les quatre murs de mon temple.
L'idée de passer par sept temples me donnait l'envie d'aller roupiller dans un coin. Je n'avais pas envie de me fatiguer et surtout, je n'avais aucune envie de voir les autres chevaliers. Surtout Shaka. Lui, il serait capable de voir que j'avais un problème.
Quoi que…il s'était planté sur toute la ligne avec Saga…ahaha…aveugle le gugus !
Bon, c'était décidé ! Je devais aller me renseigner auprès du suédois ! Après avoir mis un bandage autour de mon pied blessé, et enfilé des baskets, je sortis de mon temple, en quatrième vitesse. Je savais parfaitement qu'il était 5h du matin mais…
Je devrais pouvoir arriver à temps pour prendre le petit-déjeuner avec lui !
Mais d'abord, il allait falloir que je me tape une longue et dangereuse promenade, parsemée d'embûches. Et oui, après les 12 Travaux d'Hercule, voilà les 7 modes de cuisson du crabe ou "comment rester en vie, sans bouteille d'eau, pour un éprouvant marathon-crabe".
Certes, la distance n'était pas la même, et je n'allais pas la parcourir sous un soleil de plomb, en courant dans une jupette en cuir mais quand même…les autres chevaliers étaient des gros morceaux et un seul d'entre eux aurait pu venir à bout de l'envahisseur.
Sauf que je n'étais pas le gentil messager. J'étais l'envahisseur et j'espérais juste que je n'allais pas mourir, sur les marches du temple du poisson, en ayant juste le temps de lui poser une question…si j'y parvenais.
Mais je suis Death Mask !
Je n'avais que faire des autres. Je me moquais bien de les gêner ou de les réveiller. Au contraire, cela pouvait s'avérer être amusant. Peut-être que cela m'aiderait à me sentir mieux ? Les trouver dans une situation embarrassante et lancer une pique assassine.
J'avais besoin de munitions !
J'allumais une cigarette, certain de mon endurance pulmonaire, et j'escalais les marches du temple du Gros Minet, à une allure lente. Je boitillais encore un peu à cause du bout de verre. D'ailleurs, je n'avais même pas lavé le vin, sur les marches.
Pourquoi est-ce que j'allais me fatiguer alors que le soleil sécherait les taches sanglantes ?
Ah merde ! J'avais oublié les débris de verre. Bon bah tant pis, je ferai attention en revenant. Et si l'un des chevaliers marchait dessus, ce qui était possible vu que la majorité se baladait en sandalettes grecques, et bien…il n'aurait eu qu'à faire plus attention.
C'était des chevaliers d'or, bon sang ! Ils n'auraient qu'à regarder où ils mettaient les pieds et puis basta…bon, le seul qui risquait vraiment de se blesser, c'était la Grande Pucelle. Il était souvent pieds nus et il fermait les yeux tout le temps…
Mais vu qu'il ne descendait jamais pour quitter les lieux, j'étais sauvé !
Dès que je posais le pied dans le temple du Lion, je fixais le fameux portemanteau qui m'avait ouvert le crâne la dernière fois, sans jamais lui tourner le dos. On ne savait jamais. Il pourrait m'attaquer par surprise. Parano quand tu nous tiens !
Arrivé en plein milieu du salon, je m'arrêtais subitement en entendant des bruits suspects provenant de la chambre du Lion. Des cris, des gémissements et le lit qui grinçait. Sa nuit semblait agitée et, contrairement à moi, ce n'était pas à cause d'un mauvais rêve.
Loin de là, cela semblait bien plus agréable.
Le lion était en pleine période de reproduction.
C'était exactement le ragot qu'il me fallait ! Cela ferait plaisir à Aphrodite et ce serait un bien beau cadeau pour me faire pardonner de l'avoir 'oublié' ces derniers temps…Mais ce serait bien mieux si je découvrais le partenaire de gym du chaton !
L'aura me disait vaguement quelque chose. Et ce n'était pas cette cruche d'argent (sisisi la gonzesse au masque gris dont j'ai complètement oublié le nom sur le coup). C'était…attends, je l'ai sur le bout de la langue. C'était…
SAGA ? Oh mon dieu ! Si je ne m'étais pas planté, c'était l'aura de Saga ! Ou de Kanon !
Aspetta un secondo Death Mask !
Je devais le voir de mes propres yeux. Je m'approchais silencieusement de la porte de la chambre, grimaçant légèrement à cause de mon pied toujours blessé, et je collais mon oreille contre la porte pour écouter.
Maudits écureuils ! Non seulement ils avaient strictement la même aura, mais ils avaient également la même voix ! Bon, en même temps, ils étaient jumeaux. Et physiquement, ils devaient également être identiques donc…
Je ne pouvais déterminer s'il était question de Saga ou de Kanon…
Mais je pouvais quand même me rincer un peu l'œil. Je posais donc un genou à terre et je regardais ce qui se passait dans la chambre à travers le trou de la serrure. Hm. Je ne pouvais pas voir grand-chose.
Les rideaux avaient été tirés et donc, par conséquent, les rayons de la lune ne pouvaient éclairer la pièce. Et comme ils faisaient cela sans lumière, je ne voyais strictement rien. J'entendais des gémissements et quelques ''Aiolia'' mais pas de ''Kanon'' ou de ''Saga''.
Le lit grinçait et cognait contre le mur d'en face mais je ne pouvais distinguer aucune silhouette. Je ne savais même pas qui était en haut et qui était en bas. Et, plus important, je ne savais pas dans quelle position ils étaient en train de copuler.
Sauvagement en plus.
Bon, tant pis. Je n'allais pas perdre plus de temps. L'idée d'entrer m'effleura l'esprit mais je risquais d'y laisser la vie, déchiqueté par une bête. Ou de finir dans une autre dimension donc…j'allais m'abstenir de faire une bêtise er reprendre ma route. Mais quand même…
Un couple gay au Sanctuaire !
Cela me laissait sans voix. Je ne pensais pas que cela aurait pu être possible. Mais bon, n'était-ce pas logique ? Une dizaine d'hommes, dans la fleur de l'âge, qui étaient ensemble depuis plus de dix ans. Cela devait arriver, tôt ou tard. Ca avait du…glisser !
Oh, je sais ce que vous vous dites. Et qu'en est-il de Death Mask ? Bah rien !
Ma mère avait été une travailleuse du sexe toute sa vie et j'avais assisté à certaines choses depuis mon placard ! Je n'en avais pas perdu une seule miette ! C'était traumatisant pour un enfant…encore plus pour mon moi adulte !
Mon père avait été un violeur et un tueur en série. Je ne pouvais courir le risque de suivre ses traces. Je n'avais aucunement envie d'avoir une petite-amie pour ne pas…un accident était si vite arrivé. Je ne voulais pas perdre le contrôle.
Certes, j'avais effacé ma famille mais…les liens du sang étaient toujours là. Malheureusement !
Donc, toutes ces conneries d'amour et de sexe, très peu pour moi ! Et encore moins avec un autre homme ! Surtout s'il était du sanctuaire. Rien de d'y penser. Cela me rendait malade. Moi, avec un autre chevalier ? Ahahaha !
Bon sang, je n'arrivais pas m'en remettre. Aphrodite non plus sûrement !
Vite, il fallait que je le lui dise ! Il fallait que ça sorte ! C'était la nouvelle de l'année ! Super embarrassante et croustillante ! Ca pourrait mettre un peu d'animation parce que le Sanctuaire était un peu mort en ce moment.
Il ne se passait pas grand-chose et personne n'avait encore quitté la Grèce pour la moindre mission. Nous étions coincés ici pour l'instant et cela commençait à en énerver plus d'un, moi en tête. J'avais vraiment besoin de m'aérer.
Je pris un peu l'air dehors avant de revenir m'enfermer dans un temple, très zen. Comme je m'y attendais, il ne dormait pas. Enfin, son occupant ne dormait pas dans un lit, comme les autres humains. Oh grand dieu non !
Monsieur Shaka de la Vierge n'avait pas les mêmes standings que nous !
Pauvres mortels !
Il était là, en plein milieu de son salon, sur son tapis indien, en position de lotus. Il semblait en pleine méditation et je le contournais silencieusement, ne désirant pas lui parler. Mais sa voix s'éleva alors que je quittais les lieux. "Insomnie ?"
"Non. Tennis !" marmonnai-je en le laissant, exaspéré par cette stupide question. Je poussais un soupir de soulagement dès que je fus sorti de son temple, me sentant un peu mieux, l'esprit léger. J'étais toujours tendu en sa présence…parce qu'il pouvait voir certaines choses…
Des choses dont j'avais honte. Des choses que je ne voulais pas que tout le monde sache. Certaines pensées. Certains souvenirs. Certaines émotions. Je n'avais pas envie qu'il me fasse le coup du "I can see beneath the underneath" !
Fuyant la fem- l'homme le plus proche de dieu, je poursuivis donc ma route, craignant déjà ce qu'il risquait de m'arriver dans les autres temples. Le suivant était celui de Dokho. Et le nain de jardin n'avait plus rien de petit. En dehors du petit vélo dans sa tête.
Il avait retrouvé sa vigueur d'autant. Il n'avait plus rien de mou (non, je n'ai pas été vérifié cela !), bien au contraire. Il avait un tempérament explosif…à croire qu'il était toujours en pleine puberté. C'était vraiment chiant. Surtout quand on l'avait connu vieux !
Et maintenant, il en avait 18 ! Au final, c'était lui, le plus jeune chevalier du Sanctuaire.
Un comble ! Une injustice !
Je sentais l'énergie puissante de tigrou mais il n'était pas en vue. Il devait roupiller paisiblement et silencieusement dans son lit. Son armure était debout, dans le salon, et elle bougea dès que je pénétrais les lieux.
Elle dégaina subitement ses deux épées et je me figeais. Oh le putain de système d'alarme de merde ! Je balançais ma cigarette derrière mon épaule, pour prendre une profonde inspiration, et je fonçais furieusement vers l'armure.
Elle croisa les épées, prêt à me trancher en deux mais j'avais eu une idée de génie (et oui, cela m'arrivait !) alors je ne craignais rien. Enfin, en théorie. Je glissais rapidement sur le tapis, m'agenouillant et hop…j'étais passé entre ses jambes, sain et sauf.
Enfin, presque !
Elle se retourna sinistrement vers moi et elle trancha l'air. Je sentis un courant d'air, au-dessus de ma tête, comme elle avait loupé son coup. J'avais reculé instinctivement, m'évitant ainsi de perdre la tête, et je pris mes jambes à mon cou.
J'avais du perdre quelques cheveux dans la bataille mais je m'en moquais. J'étais sauvé ! L'armure s'arrêta dans un cliquetis en bas des marches et elle rangea tranquillement ses armes. Je lui fis un salut des plus sympathiques, avec un certain doigt, avant de monter.
Ce Dokho était vraiment taré ! Il allait m'entendre à mon retour. J'espérais juste qu'il soit là quand je repasserais par chez lui…sans la fameuse armure envoutée…Je ne tenais pas à me refaire faire une petite coupe de cheveux !
En haut des marches, il y avait le temple de l'insecte blagueur. A mon plus grand soulagement, il n'y avait aucune activité suspecte enfin…en passant par le salon, je croisais le Titanic, un verre d'eau à la main, nu, le mister freeze à l'air libre.
"Ahh !" Je fus surpris et je mis mes mains devant moi, pour cacher cette vision d'horreur. "Ce n'est pas possible ça ! C'est la saison des amours ou quoi ?" m'énervais-je alors que Milo sortait de sa chambre, tout aussi nu que le Verseau.
"Oh, salut DM !" me lança t-il presque trop joyeusement alors que Camus se repliait intelligemment dans la chambre pour s'y cacher pudiquement. "Tu peux baisser tes pinces, tu sais, vieux…" Il n'était pas gêné le moindre du monde.
"Ne t'approche pas de moi !" marmonnais-je, le visage dans mes mains, alors que je m'approchais rapidement de la sortie. Naturellement, avec ma chance habituelle (mais si, j'en avais déjà fait allusion), je me pris une colonne, jurant.
"DM ? Est-ce que ça va ?" me demanda Milo, paniqué, derrière moi. Je me relevais rapidement et je frottais mon front douloureux, sentant une bosse pointer le bout de son nez sous mes doigts. "Tu pars rejoindre ton-"
"Je vais bien, foutu scorpion !" J'escaladais quelques marches. "Et non ! Je ne pars pas rejoindre mon…truc !" m'emportais-je subitement, en me retournant vers lui, pour le foudroyer du regard. "Mr. Homard n'a besoin de personne et…oh bordel de merde, Milo ! Range-moi ton dard !"
"Ahaha…Tu me donneras ton avis dessus en revenant !" Le grec éclata de rire et je me dépêchais de m'éloigner de ce temple de la perversion. Mais qu'est-ce qui se passait ? C'était un cauchemar ou quoi ? C'était la folie.
Je venais de découvrir un premier couple, un temple zen puceau, un robot de sécurité spécial décapitation et un seconde couple !
Mais c'était la fin du monde ou quoi ? C'était la pleine lune ? Ils étaient tous en train de perdre les pédales ! Je me précipitais dans le temple d'Aoilos. Il n'y avait personne, comme toujours et je fis une pause, m'allumant une autre cigarette.
"Tu sais quoi, Archer ?" demandais-je, tirant une longue taffe pour me détendre. "Je t'envie… sincèrement, je suis jaloux…toi, tu as la paix. Tu n'es pas obligé de supporter tout cela…alors que moi…je ne mérite rien…"
Je fermais les yeux, faisant rouler la tige entre mes doigts. J'avais mal à la tête mais…j'avais surtout mal là…Je posais la main sur mon cœur, qui battait vite. J'étais encore énervé et j'étais angoissé. Je ne reconnaissais plus rien. Tout avait changé…en mal !
C'était affreux. Si seulement…j'avais le courage…d'en finir et…"Death Mask ?" Je sursautais, ouvrant les yeux pour faire face à un espagnol, drapé dans une robe de chambre rouge. "C'est toi que j'ai entendu crier depuis mon temple ? Qu'est-ce qui s'est passé ?"
"Ouais…" Je me tendis un peu. "Rien du tout…désolé pour le réveil…" Je coinçais la cigarette dans ma bouche et je jetais un coup d'œil à ma montre. Il était déjà 6h30. Aphrodite n'allait pas tarder à se lever. Je quittais le mur sur lequel je m'étais adossé.
"Ce n'est rien…j'étais déjà levé…" m'avoua t-il avant de remonter les marches de son temple. "Tu es venu voir Aphrodite ?" J'hochais de la tête. Il leva un sourcil. "Je m'attendais à te voir passer par mon temple, il y a déjà plusieurs semaines…"
Je fronçais les sourcils et ma main droite trembla légèrement. Je la cachais rapidement derrière mon dos nu, changeant ma cigarette de place. "J'ai été pas mal occupé ces derniers temps, tu sais comment c'est…"
"Ne me mens pas, Death Mask…" fit l'espagnol en m'attrapant le bras. "Tu étais super occupé à te saouler la gueule pour oublier je ne sais pas quoi !" Je m'arrêtais sous le porche de son temple, le foudroyant du regard. "Je veux savoir !"
"Fous-moi la paix, Shura !" J'essayais de briser la prise mais le Capricorne avait beaucoup de force dans les bras. Je poussais un soupir, ennuyé. "Viens avec moi squatter le temple d'Aphrodite…peut-être que je serai d'humeur bavarde…mais je ne te promets rien…"
"Bien…" Il me lâcha finalement et, silencieusement, nous passâmes par son salon. Une grande statue d'Athéna trônait au milieu. Peut-être qu'elle serait contente si j'en avais une moi aussi ? "Tu parlais à Aiolos tout à l'heure ?"
"Non. Tu as rêvé…" répliquais-je, platement, en sortant du temple du Verseau. J'écrasais ensuite ma cigarette en bas des marches du poisson. Aphrodite ne supportait pas l'odeur de la nicotine. Shura serra le poing près de moi. "Il n'était pas là, je te l'assure…"
"Je te crois, si tu le dis…" marmonna l'espagnol en grimpant lentement les marches du temple du suédois. Je n'avais pas menti. Je n'avais effectivement pas 'vu' l'Archer dans son temple. J'avais juste…senti sa présence sans pouvoir communiquer avec…
Je tournais la tête un instant, admirant les rangées de roses, qui couraient le long des marches de l'escalier et quand je relevais les yeux vers l'entrée du temple, je vis une silhouette. Son visage attira tout de suite mon attention. Il était tout vert. "AAAAAAAAAAAHHHH !"
C'était le masque d'un mort !
Je dédie la phrase "See Beneath the Underneath" à Hatake Kakashi de Naruto ! Un autre virgo au caractère bien trempé…
History. Merci. J'avoue m'être un peu lâchée avec l'histoire de DM, qui est vraiment atroce. Mais c'est venu comme cela, d'un coup ! Pour les autres, je ne sais pas encore. On verra bien !
Wesley Iriah Douglas. Merci pour cette review ! Et rassure-toi, je ne compte pas m'arrêter en si bon chemin. J'ai beaucoup d'idées…même trop O_O Ah merda ! Papier/Pompier ! Quelle honte T_T *part corriger*
