Mot de l'auteur : Deux fois qu'on me dit que ma fic' est drôle ! Je n'en avais pourtant absolument pas l'impression (du moins dans les trois premiers chapitres, parce que j'ai tourné ce chapitre-ci de manière à vous faire au moins sourire). En tout cas, merci beaucoup pour vos reviews, Guest et Dede :D et j'ai atteint les 600 vues en moins de 3 jours, yeaaaaah ! C'est la gloire !

Bonne lecture !


Quand Hermione se ridiculise encore (et que ça échoue encore)

Hermione courait derrière Malfoy dans un couloir rempli d'élèves de tous les âges. Leur opinion importait peu la vampire qui lui attrapa le bras et l'obligea à se retourner.

- Si tu veux que je détruise ma réputation de véritable Serpentard, je le ferai, lui dit-elle, exaspérée.

- Granger, qu'est-ce que tu ne comprends pas quand je te dis que je m'en fous et que je n'accepterai jamais de sortir avec toi ? cracha-t-il.

- Malfoy, bon sang ! hurla-t-elle. Je me mettrai à genoux, je te lècherai les pieds, je ramperai devant toi si tu veux ! Sors avec moi !

- Non, c'est non ! geignit-il, désespéré.

Il faut dire que depuis deux semaines, Hermione était devenue insupportable et le harcelait en permanence. Elle l'attendait à chaque sortie de cours, à chaque repas, toujours postée devant la Grande Salle quand il s'y rendait, debout devant le portrait de la Grosse Dame quand il rentrait à la tour de Gryffondor le soir. Elle semblait partout à la fois. Si bien que Malfoy avait fini par se demander si elle n'avait pas des gènes extraterrestres.

Aujourd'hui était un jour particulier. C'était la veille d'une sortie à Pré-au-Lard et Hermione était bien décidée à y aller avec le né-moldu. Et puis Noël se rapprochait lentement mais sûrement. Il ne lui restait que deux mois pour conquérir le blond.

Elle n'eut pas de chance. Il disparut dans un passage secret sans qu'elle n'ait vu de quel côté il avait tourné. Elle s'assit par terre, la tête dans les mains et se mit à pleurer, une fois n'est pas coutume. C'est dans cette position qu'Harry la trouva à la fin de la journée.

- Hermione ? tenta-t-il, incertain.

- Oui ? gémit-elle.

- Euh... tu sais qu'il est 21h ?

- QUOI ? Oh Merlin ! J'ai passé au moins trois heures ici ! Ce type me rend folle ! Harry, j'en peux plus. Bientôt, je vais commencer à ressentir la faim. Je suis tellement dans la merde...

- Mais non, mais non ! Pour le moment tu es dans la merde, mais tu vas t'en sortir si tu te laves correctement ! rectifia-t-il avec un sourire malicieux.

- Harry, arrête de te foutre de moi !

- Tu pouvais aussi le prendre comme une métaphore et te dire que si tu étais lavée de tes anciennes fautes, il t'accepterait, andouille. Dire que tu es la meilleure élève de notre promo ! se moqua-t-il.

- Va mourir.

Elle le tapa légèrement sur la nuque et se releva.

- J'aurais préféré que ma mère me dise que si je lui expliquais mon petit problème, il m'accepterait tout de suite et que tout irait bien. Pourquoi ça doit être si compliqué ? Pourquoi il faut séduire l'autre avant de se dévoiler ?

- C'est toi le vampire, pas moi, donc c'est toi qui es censée le savoir, rétorqua son meilleur ami.

- Tu sais, je crois que je vais finir par lui dire la vérité.

- Et il verra que tu lui as menti depuis le début et qu'en fait tu ne l'aimes pas du tout. Tu crois qu'il réagira comment si tu lui expliques que vous allez devoir vous marier ensemble alors que tu n'es pas amoureuse de lui ?

Hermione grimaça.

- Harry, dis-moi...

- Hm ?

- C'était pas toi qui me disais que je devrais lui révéler ma situation il y a deux semaines ? ironisa-t-elle.

- Gnagnagna.

- Quelle belle preuve de maturité, monsieur Potter !

- Va te faire mettre, répliqua-t-il, vexé.

- Par qui ? Malfoy ?

- Le jour où... où quoi déjà ? C'était quoi son expression ?

- Le jour où les poules auront des dents, soupira la brune. C'est ridicule, hein ?

- Pas tant que ça, même si c'est moldu. Finalement, la signification est la même que « quand les dragons pondront de l'or ».

- La signification oui. La beauté non. Franchement, des poules ça fait pas rêver !

Harry retint un sourire.

- Bon, tu devrais rentrer dans la salle commune, Hermione. J'ai une ronde à faire, moi, dans une demi-heure, et toi t'as pas commencé tes devoirs de la semaine prochaine alors qu'on est vendredi.

- Bah ! Je vais avoir toute la nuit pour ça ! Ne t'inquiète pas pour moi ! Tu sais bien que j'ai tout le temps que je veux et même plus !

- Tu ne t'ennuies pas, parfois ?

- Si, et tu le sais. Si seulement j'avais Malfoy. On pourrait faire l'amour toute la nuit !

Harry ne put s'empêcher d'éclater de rire.

- Beurk, souffla-t-il.

- Quoi « beurk » ? Il est loin d'être laid !

- Ah, pitié, image mentale ! Hermione, je te jure, si je fais des cauchemars, je t'en tiendrai personnellement responsable !

- Mais..., commença-t-elle, interloquée.

- Pas de « mais », jeune fille ! Retournez dans votre dortoir avant que je ne sois forcé de retirer des points à ma propre maison.

- Gnagnagna.

- Et qui manque de maturité maintenant, hein ?

Hermione grogna et prit rapidement le chemin de l'antre des serpents.

Le lendemain matin, elle se dirigea vers la table des Gryffondor au moment du petit-déjeuner et attrapa Malfoy par le col de sa robe pour le traîner hors de la Grande Salle pendant qu'il l'injuriait en hurlant.

- Malfoy. Qu'est-ce que je dois faire pour te séduire ?

Le blond hoqueta.

- Mais putain, t'as pas fini avec ça ? C'est quoi ton problème, Granger ?

- MON problème ? Mon problème c'est que je veux sortir avec toi et que je continuerai jusqu'à ce que tu acceptes, Malfoy ! se mit-elle à crier.

- Je te préviens, Granger, que si tu n'arrêtes pas avant la fin du mois, j'irai en référer à Dumbledore !

- Menace inutile, Malfoy. Dumbledore ne prendra aucune mesure contre moi.

Elle lui fit un large sourire menaçant.

- Aucune, répéta-t-elle.

- Pétasse.

Hermione ouvrit des yeux ronds.

- Pardon ? demanda-t-elle, offusquée.

- Dès que tu m'emmerderas, à partir de maintenant, je t'insulterai. Tu vas adorer.

- Parce que tu crois que ça, ça va m'arrêter ? ricana-t-elle.

- J'avais espéré, grogna-t-il.

- Bon, tu sais quoi, Malfoy ? Je crois qu'on en a marre tous les deux de ce petit jeu ridicule, déclara-t-elle.

- Bien sûr que j'en ai marre ! s'exclama-t-il avec une mine scandalisée.

- Alors laisse-moi sortir avec toi. Au moins en privé, Malfoy. Je veux vraiment apprendre à te connaître. Et ce n'est pas toi qui as dit, il y a deux semaines, que si je n'avais pas agi ainsi tu aurais sûrement accepté ? C'est donc qu'il y a bien quelque chose en moi qui te plais même si le reste te rebute !

- Une semaine et en privé, négocia-t-il.

- Un mois, répliqua-t-elle.

- Deux semaines.

- Trois.

- Va pour trois, geignit-il, désespéré. Oh Merlin, je viens de vendre mon âme au diable !

Hermione éclata de rire et l'enlaça.

- Merci, Malfoy. Merci. Je ne te décevrai pas.

- Ah, attends. J'exige autre chose en échange !

- Quoi ?

- Je veux que tu t'intéresses au monde moldu pendant tout le temps où nous serons ensemble.

La brune eut un haut-le-cœur, recula, puis songea que ça ne pouvait pas être pire, de toute façon. Alors pourquoi pas ? Ce ne serait que quelques mauvais instants à passer dans toute sa vie.

Le soir-même, elle s'installa à la bibliothèque, prit un livre de cours destiné à l'Etude des Moldus et se mit à étudier ce monde d'où venait son futur conjoint. Au bout d'une heure, épuisée d'avoir tenté de comprendre à quoi servaient une voiture et les balais chez les moldus, elle sortit de l'antre de Madame Pince. Quelle ne fut pas sa surprise quand elle vit Malfoy qui l'attendait, bras croisés, un sourire en coin, à l'entrée du paradis des livres.

- Qu'est-ce que tu fais là ? l'interrogea-t-elle, bouche bée.

- Je suis venue tenir ma promesse.

- Oh. Bien sûr.

- Et si on allait à la cuisine pour discuter de tout ça ?

- La cuisine ? demanda Hermione, étonnée. Tu connais la cuisine ?

- Oui, pourquoi ?

- Je croyais que l'accès en était interdit !

- Eh bien tu pourras dire que tu as appris une nouvelle chose aujourd'hui !

- J'ai appris beaucoup de nouvelles choses aujourd'hui. Notamment que les moldus se déplacent dans des espèces de grosses boîtes en aluminium ou en acier qui font du bruit, polluent et peuvent donner le mal des transports. Qu'est-ce que ça veut dire « polluer » ? s'enquit-elle, absorbée par ses nouvelles connaissances.

- Tu..., commença Malfoy, horrifié. Tu as vraiment fait ce que je t'ai demandé ?

- Evidemment, crétin ! répliqua vertement Hermione, furieuse qu'il l'imagine parjure.

- Polluer c'est... ah, comment expliquer ça à une sorcière ? Polluer, c'est jeter des déchets dans la nature ou créer des gaz toxiques pour les êtres vivants. C'est surtout et avant tout faire du mal à la planète.

- Hmmm. Les moldus font du mal à la planète ? J'en étais sûre, que les moldus...

Elle s'interrompit brusquement et jeta un regard effaré au blond.

- Pardon, je ne voulais pas !

- Pas grave, c'est rien, répondit-il en souriant franchement. Tu fais des efforts.

- Qu'est-ce que tu crois, Malfoy ? Je veux vraiment sortir avec toi ! Même si pour ça je dois remettre en question toutes mes convictions les plus profondes !

- Je ne te savais pas si obstinée en amour, Granger, dit-il, étonné.

- Tu devrais le pourtant, vu comment je te poursuis depuis deux semaines ! ronchonna-t-elle.

Il posa une main sur sa tête brune et lui ébouriffa tendrement les cheveux.

- C'est gentil d'avoir fait ce que je t'avais demandé, commenta-t-il.

- C'est normal. Je veux avoir un maximum de chances, rétorqua-t-elle.

- Je suppose que si tu continues comme ça, tu les auras, soupira-t-il, admettant presque sa défaite.

Hermione lui offrit un visage rayonnant de joie. Elle allait réussir. Bon, ça lui demanderait de se renseigner un peu plus sur la culture moldue et de faire semblant de s'y intéresser, mais après tout... Malfoy n'avait pas l'air si terrible !

Ils arrivèrent devant un tableau avec une coupe de fruits. Le Gryffondor chatouilla la poire et la peinture révéla, en tournant sur le côté, une immense cuisine dans laquelle s'activaient de nombreux elfes de maison.

- Waow, lâcha Hermione, impressionnée. C'est... je ne savais pas qu'il y avait autant d'elfes à Poudlard !

- Maintenant tu le sais ! Ferme la bouche, on dirait une grenouille qui attend de gober des mouches ! se moqua Malfoy.

La brune fit semblant de le prendre très mal et lui donna un coup de coude.

- C'est tout ? Allons, Granger, ne me dis pas que tu as aussi peu de forces que ça !

- Eh, je suis une fille ! protesta-t-elle, un rire joyeux dans la voix.

Ils mangèrent chacun une mousse à la vanille. Hermione découvrit que son blond de futur calice détestait le chocolat et tous les légumes fibreux comme les poireaux et les asperges. En retour, il l'interrogea sur ses goûts à elle, mais elle lui répondit qu'elle aimait tout, sauf les choux de Bruxelles et les épinards.

Quand ils durent rentrer dans leur salle commune, elle exigea un câlin de sa part. Réticent au début, il finit par accepter quand elle lui annonça que s'il ne le faisait pas, elle le poursuivrait jusqu'à la tour de Gryffondor et trouverait un moyen d'y entrer pour l'empêcher de dormir.