Note : Merci beaucoup pour vos nombreuses reviews ! j'espère que ce chapitre vous plaira également. Et merci aux 13 mises en alerte ainsi qu'aux trois favoris. Le chapitre 5 sera... le retour de Lily. Eh ouais. Donc chapitre de transition :) ici.
Luna.express : merci beaucoup ! En espérant que ça te plaise...
LarchedeNoe : Merci beaucoup pour ta review, j'espère que la suite te plaira également (j'ai un coup de stress maintenant ahah !).
Bonne lecture et passez une excellente journée/soirée.
Chapitre 4 : Les remords de James
Lily Evans fixait le plafond de l'infirmerie le visage dénué d'expression. Cela faisait une semaine que la jeune fille refusait de sortir de son lit et de recevoir du monde à son chevet. Marlène apportait les cours à Pomphresh qui se chargeait de les déposer sur la petite table réservée à sa patiente et enquêtait chaque jour pour savoir comment son amie se portait, ce qu'elle avait réussi à avaler ce jour-là et si elle avait parlé. Parfois, elle lui écrivait des mots que Lily regardait longuement avant de mettre de côté. Elle n'était pas prête.
Ayant refusé toutes les visites jusqu'à présent, la jeune fille fut surprise de voir le Directeur en personne se glisser dans la pièce en affichant un air grave. Il fit apparaître une chaise à côté de la Préfète et s'y assit en silence tandis que Lily s'enroulait dans ses couvertures.
« Nous avons sévèrement puni les auteurs des mots atroces que vous avez reçu, miss Evans. »
Voyant qu'elle ne réagissait pas, le vieil homme soupira.
« Vos amis s'inquiètent et je m'inquiète également pour vous, Miss Evans. Vous n'aviez pas à souffrir de telles remarques. Mais je sais pertinemment que vous saurez trouver la force de nous rejoindre, Lily. Laissez votre flamme de raviver. Soyez forte. Et n'oubliez jamais que le pardon fait la force. »
Lily hocha la tête et le vieux sorcier lui adressa un sourire sincère avant de regagner ses quartiers.
Il avait raison. Quand viendrait l'heure, elle saurait accorder son pardon comme elle l'avait toujours fait. Et ce serait une preuve de son courage et du feu ardent qui lui brûlait les entrailles.
O.O.O
« C'est de notre faute, professeur Dumbledore. James et moi n'avons pas écrit ces lettres mais nous sommes les responsables de ce qui est arrivé à Evans. »
La voix grave de Sirius résonna dans le bureau du Directeur de Poudlard comme un coup de tonnerre. James, installé à ses côtés sur un fauteuil de chintz se tendit avant de lancer un regard gêné à son père qui le toisait froidement.
« Je vois, fit le vieil homme en souriant légèrement. Pourquoi, si je puis me permettre, avez-vous particulièrement attaqué Miss Evans, Monsieur Potter ? »
James déglutit difficilement et se redressa. Il voyait nettement Evans sous ses yeux. Son sourire goguenard et ses mimiques d'élève modèle, sa chevelure flamboyante et son poing menu qui l'avait pourtant mis à terre. Et son corps.
Son corps qu'il avait toujours observé sans même s'en rendre compte. Son corps un peu trop rond et ses grands airs de parfaite petite étudiante. Et son regard, Merlin. Son regard qui hurlait qu'il n'était rien, qu'il ne valait rien. Il ne répondit rien. Il n'y avait rien qui soit digne de sortir de sa bouche.
« Vous pourriez être renvoyés, reprit doucement Dumbledore, mais je pense que vous méritez d'avoir une deuxième chance.
—Pourquoi ? murmura Sirius.
—Parce que tout le monde a le droit à une seconde chance. Et je gage que vous saurez l'utiliser à bon escient, non ? »
O.O.O
« Tu me déçois James ! Ta mère va être furieuse ! À quoi pensais-tu, bon sang ?! Ça ne te ressemble pas de t'en prendre comme ça à une élève !
—Je sais, papa.
—Et tu n'es même pas fichu de t'excuser ! vociféra Fleamont Potter.
—Papa, je…
—Nous ne t'avons pas élevé comme ça, James, soupira son père. Alors rattrape-toi auprès de cette fille. Ou je me charge de te renvoyer de Poudlard. Clair ?
—Oui… »
Fleamont Potter regarda longuement son fils, ses cheveux bruns en bataille et ses yeux foncés où luisait une lueur de tristesse non feinte et se dit que tout n'était pas perdu.
« Cette fille… Lily Evans. Elle fait ressortir le pire en moi, soupira le jeune homme.
—Si elle est capable de faire ceci, elle est aussi capable de faire ressortir le meilleur de toi, répliqua simplement le sorcier en s'éloignant. Il ne faut pas que tu la perdes. Rachète-toi auprès de Lily Evans, mon fils. »
James soupira. Son père avait déjà disparu de son champ de vision.
O.O.O
James était installé seul à la bibliothèque. Pour la première fois de sa scolarité – et peut-être même de sa vie – il ne cherchait pas à se venger ou à faire tourner Evans en bourrique. Il réfléchissait au moyen de se racheter auprès d'elle. Il avait été trop loin, Sirius avait raison. Ses paroles avaient été blessantes et son attitude irresponsable.
Non, James Potter n'était pas un enfant de chœur. Mais cela ne l'avait jamais empêché d'avoir des principes. Principes qu'il avait bafoués ce dernier mois.
Pour lui-même comme pour Evans, il devait se racheter.
Alors peut-être que cette fille lui donnait de l'eczéma parce que, Merlin, il la trouvait insupportable. Peut-être qu'il ne s'entendrait jamais avec elle ou peut-être le tuerait-elle à l'aide d'une de ses répliques cinglantes. Peut-être même qu'il devrait ravaler sa fierté devant elle, rien qu'une fois.
Mais si son père lui disait que ça valait le coup, alors il devait le faire.
James Potter détestait les remords et il était bien décidé à se débarrasser de celui qui portait l'étiquette « Lily Evans ».
O.O.O
Le reflet que lui renvoyait le miroir lui donna la nausée. Une jeune fille aux yeux cernés et au teint blafard la fixait avec dégoût, ses cheveux roux emmêlés retombant sans grâce dans son dos. Elle était vêtue d'une chemise de nuit informe qui avait pour seul mérite de gommer ses formes. Lily Evans n'était plus que l'ombre d'elle-même.
« Miss Evans, regardez cette glace et dites-moi ce que vous voyez. »
Le regard vert de Lily s'attarda un instant sur le sourire engageant de l'infirmière. Sa voix douce l'encouragea à s'exécuter.
« Il y a une fille.
—Comment est-elle ?
—Elle… elle est grosse. Et moche.
—Vous êtes sûre ? Regardez-la bien.
—J'ai bien regardé ! hurla Lily.
—Alors moi je vais vous dire ce que je vois, ma chérie. Il y a une très belle femme devant moi. Son visage est fatigué pour l'instant parce qu'elle a beaucoup souffert. Mais quand elle sourit, cette femme rayonne et on a envie de la serrer dans nos bras. Cette femme est forte, ça se voit dans son regard. Cette femme est belle. Son corps est beau. Elle aime son corps parce qu'il est le résultat des épreuves qu'elle a traversées.
—Arrêtez…
—Oui, Lily, cette femme est fière de son corps ! Elle est fière des tâches de rousseur qui forment une nuée d'étoiles sur sa peau pâle, elle est fière de ses jambes qui lui permettent de courir et de marcher, elle est fière de sa poitrine qui sculpte son torse. Elle est fière de son ventre qui, un jour peut-être, sera capable de porter un enfant. Elle est fière de ses mains qu'elle a si jolies. Elle est fière du moindre détail de son corps magnifique. Elle l'aime. Elle s'aime. Elle s'estime et elle a raison de s'estimer. Tu comprends ça, Lily ?
—Oui.
—Si tu t'aimes suffisamment fort, alors tu seras capable d'aimer vraiment et profondément.
—En quoi est-ce important ? souffla Lily.
—L'amour est la seule chose qui est capable de provoquer une guerre et d'y mettre un terme au même moment. Et l'on dit que l'amour est la seule chose que la Mort nous laisse emporter quand elle vient nous cueillir. »
Lily Evans observa de nouveau la fille de la glace. Elle semblait sourire presque timidement mais déjà son visage aminci attirait les doux rayons de soleil qui filtraient à travers les rideaux de l'infirmerie.
O.O.O
Sirius Black avait envie de vomir. Ses pas le portaient au hasard dans l'école endormie, sans un bruit. Il se rendit compte qu'il prenait le chemin de l'infirmerie sans même y penser et accéléra la cadence. Il tourna à l'angle et s'arrêta un instant. Devant la porte de l'antre de Mrs Pomphresh, Marlène McKinnon patientait, le visage dégoulinant de larmes. Sans qu'il ne puisse comprendre pourquoi, Sirius sentit son cœur battre plus fort dans sa poitrine.
Il s'assit finalement à côté de la jeune fille, à même le sol.
« Qu'est-ce que tu fais là ? soupira la blonde en essuyant la morve qui dégoulinait le long de son menton avec la manche de sa robe. Tu veux finir le travail ? ironisa-t-elle.
—Je suis désolé, répondit simplement le jeune homme.
—Tant mieux.
—McKinnon… »
Les pleurs de sa camarade redoublèrent. Sirius sembla désarçonné puis il fit ce que son cœur lui dictait dans un réflexe : il prit la jeune fille dans ses bras et ne dit rien quand elle trempa sa chemise. Il la berça longuement, plusieurs heures, et elle s'endormit dans ses bras alors il se décida à la porter jusque dans la Salle sur Demande.
Un lit apparut à sa demande, il la déposa entre les draps et s'assit à côté en caressant ses cheveux.
Sirius repensa à toutes les fois où il avait emmené des filles ici. Elles étaient très souvent dénudées et vraiment heureuses d'être en sa compagnie. Marlène McKinnon ne remplissait pas vraiment les critères à ce moment-là.
Le jeune homme finit par s'assoupir à son tour, sur le sol, enroulé dans une épaisse couverture. Lui aussi était épuisé.
Lorsqu'il se réveilla, Sirius décida que la jeune fille ne serait certainement pas heureuse de le voir et se contenta de l'abandonner après lui avoir laissé un petit mot pour lui expliquer où elle se trouvait. Il fit un détour par les Cuisines pour demander aux Elfes de maison d'apporter un petit-déjeuner conséquent à la jeune fille et retourna à la Tour des Gryffondor. Il devait parler à James.
O.O.O
McKinnon, j'espère que tu as bien dormi. Tu te trouves dans la Salle sur Demande. Pour en sortir, tu as juste à ouvrir la porte et elle disparaîtra une fois que tu l'auras refermée. Ton petit-déjeuner se trouve sur ta table de nuit. S.B.
Marlène manqua de s'étouffer avec le croissant qu'elle venait d'enfouir dans sa bouche. Merlin… Sirius Black l'avait emmenée ici ?! Elle ne se souvenait pas avoir fait quoi que ce soit avec lui mais elle se sentait tout de même très mal à l'aise. Elle se rassura en constatant qu'elle portait toujours ses vêtements de la veille et se dépêcha d'engloutir son petit-déjeuner pour se ruer dans les quartiers de sa Maison.
Elle devait s'expliquer avec Black.
O.O.O
« Tu proposes de prendre McKinnon dans l'équipe de Quidditch ?
—Oui. Evans serait ravie et ça fera plaisir à Marlène.
—Attend… tu l'appelles Marlène, maintenant ?! intervint Remus.
—J'essaie de faire des efforts pour m'améliorer, s'agaça Sirius, mais la seule chose que vous remarquerez c'est que j'appelle McKinnon « Marlène » ! »
Les Maraudeurs éclatèrent de rire et James se laissa retomber sur son matelas en souriant. Mary McDonald aussi serait heureuse d'avoir McKinnon dans leur équipe. Et ce n'était pas une mauvaise idée de commencer par là pour se racheter auprès d'Evans. L'idée de Sirius n'était pas si nulle en définitive. Aussi finit-il par acquiescer rapidement pour approuver la proposition de son meilleur ami.
« Et toi ? l'interrogea Peter en fronçant les sourcils. Tu vas faire quoi pour Evans ?
—Je suppose que je devrais aller lui parler, grogna James.
—Cornedrue…
—Lunard, je gère, OK ? s'énerva le jeune homme. Je sais que j'ai merdé. »
Remus esquissa un léger sourire et ajouta dans un murmure :
« Mais tu n'es pas encore prêt à ravaler ta fichue fierté. »
James ne répondit rien et enfouit sa tête dans son oreiller, contrarié. Il avait la nausée dès que l'on abordait le chapitre « excuses et bons sentiments » alors cette situation n'était pas vraiment à son goût.
« Et si on descendait dans la Salle Commune ? lança Peter. Franck a proposé une partie de Bavboules ! »
Les quatre garçons s'exécutèrent en pouffant, la discussion tirant sur des sujets moins contrariants. Mais malgré son sourire de façade, James Potter n'en menait pas large. Sa nuit avait été hantée des reproches de son père et du regard accusateur de Mary.
