Titre: Révélation, chapitre 4 (Revelation part 4)
Auteur : FayeC
Traduction : Kandamio
Rating : PG-13
Fandom : Viewfinder
Personnages et pairings : Mikhail x Fei Long, Mikhail VS Asami, Kirishima
Tous les personnages appartiennent à Ayano Yamane.
Ca faisait un moment que je n'avais pas posté sur Ffn, désolée à tous ceux que j'ai pu faire attendre (et merci à ceux qui m'ont rappelé que je devais continuer à poster). Il fallait bien un mois pour que je m'installe et prenne mes repères à l'étranger, et puis… Bah on est de retour à l'école quoi, donc fatalement j'ai moins de temps libre à cause des devoirs. Enfin bon, je n'ai pas de réelle excuse, ce chapitre attend depuis un mois dans mon disque dur. Merci à toutes les reviews que j'ai reçues pour cette saga jusque là: yume asuka, neko, Dalia, val, jade, nozillahal, Poupe brise, Groumde, val, darkmoonlady, Edelweisse, Dealo.
Puisque la question m'a été posée et que je ne suis pas sûre d'y avoir répondu, cette histoire se base en partie sur le manga, comme vous ne tarderez pas à le voir, et par conséquent, Asami y est mis avec Aki. C'est une fanfiction sur Mikhail et Fei Long, doooooonc… Eh bien on élimine une partie de la concurrence, comme ça ^^ !
Merci encore à tous et à toutes pour suivre cette histoire, et pour l'intérêt que vous y portez ! Et distribution de mouchoirs à toutes celles qui ont pleuré ! (ou ont eu un nosebleed, en bonnes fangirls que vous êtes xD) 3
C'était un lundi soir. Le club Sion était assez tranquille. Asami traversa lentement la foule des habitués sans prêter attention à qui que ce soit en particulier. Si tous les membres savaient qui il était, ils savaient également qu'il n'était pas le genre d'homme à considérer les échanges de politesse comme une obligation, non que le mot obligation existe dans son dictionnaire.
Il se dirigea directement vers son bureau. La journée avait été longue et il était un peu fatigué. Peut-être qu'il devrait découvrir où était Takaba. Ce garçon était sa boisson énergisante personnelle. Et dernièrement, il se surprenait à le désirer plus souvent qu'il ne l'avait prévu - ce qui n'était pas une bonne idée. Il n'avait pas de place pour les relations, les liens émotionnels ou même une simple envie qui pourrait altérer son jugement et ses décisions. Il était crucial pour lui de toujours rester en contrôle. Car dans ce monde, cela entraînait inévitablement un échec.
Il poussa la porte en prenant une autre cigarette dans sa veste et s'arrêta devant la porte en levant les yeux. Il y avait un homme derrière son bureau, assis dans son fauteuil. Et pas n'importe quel homme, il s'agissait de Mikhail Arbatov.
Asami continua d'allumer sa cigarette et approcha calmement de la table, sans sortir son révolver. C'était son territoire. Il faudrait que le russe soit fou pour tenter quelque chose de stupide. Mais là encore, étant donné qu'Arbatov avait la réputation d'être imprévisible, il se pouvait très bien qu'il se trouve en face d'un fou. Ce simple fait faisait de lui un dangereux adversaire - un adversaire auquel il devrait toujours faire attention.
"Comment es-tu arrivé ici?" Cet enfoiré avait du culot, pour être entré seul dans son bureau.
"Tu devrais demander ça à tes hommes, non?" répondit le russe avec un sourire narquois. "Ou les tuer pour cela." Il reconnaissait que ça n'avait pas été une tâche aisée, mais ce n'était pas impossible.
"Descends de mon fauteuil." ordonna Asami, ses yeux s'éclairant d'un éclair doré - une expression qui faisait habituellement sortir les gens en courant. Mais il s'agissait de Mikhail Arbatov, le genre d'homme qui trouverait probablement amusant d'être expédié en enfer, et qui par conséquent, ne craignait personne.
Mikhail poussa un petit rire guttural et posa les pieds sur la table. Qu'espérait donc cet homme? Il n'écoutait plus personne depuis ses trois ans.
"Je suppose que tu vas me dire ce qui t'as donné des envies de suicide?" demanda Asami, s'asseyant du côté opposé du bureau. Comment donc ce gamin avait réussi à survivre aussi longtemps avec ce genre d'attitude, ça le dépassait. Ou peut-être qu'il y avait plus qu'il ne l'imaginait derrière ce comportement d'adolescent rebelle dont semblaient être atteints les deux fils Arbatov. Auquel cas, il était plutôt curieux de voir ça.
"J'ai besoin d'informations." répondit Mikhail, pianotant des doigts sur le bureau avec légèreté.
Asami haussa un sourcil avec curiosité. La dernière fois qu'ils s'étaient rencontrés, le russe avait essayé de le tuer. Et maintenant il ne voulait que des informations? Imprévisible était un doux euphémisme.
"Et qu'est-ce qui te fait croire que je pourrais satisfaire tes besoins?" Asami se pencha en arrière et croisa les jambes en attendant la proposition. Apparemment, le gamin voulait faire des affaires, auquel cas cela ne serait pas une totale perte de temps que de l'écouter.
"Dis-moi, toi." Mikhail fouilla dans sa poche pour en sortir ce qui ressemblait à une photographie, et la fit glisser sur la table. "Combien est-ce qu'il vaut? Je veux dire, il est plutôt mignon, non?"
Pendant un moment, une évidente animosité passa dans ces yeux dorés. Elle ne resta qu'une fraction de seconde avant de disparaître dans le masque de froideur et d'impassibilité qu'il portait. Il l'aurait manquée s'il n'y avait pas prêté autant d'attention. Soit le personnage était brillant en matière de bluff, soit le garçon n'était vraiment rien pour lui.
"Tu devrais y réfléchir à deux fois avant d'essayer de voler ce qui m'appartient, Arbatov."
"Oh, je pense que je peux faire un peu plus que de voler." sourit le russe d'un air retors. "De plus, qu'est-ce que j'en ferais? Je n'ai pas de faible pour les garçons ordinaires. Toi, si."
Il avait été surpris en voyant la photographie. Comparé à Fei Long, ce garçon était plus qu'ordinaire - on trouvait des garçons communs comme ça aux quatre coins du monde. Pour être honnête, il n'était même pas sûr d'avoir quelque chose d'assez bon pour négocier avec un homme comme Asami Ryuichi. Mais ça valait le coup d'essayer. Et il semblait que ses sources disaient vrai, en fin de compte.
"Peut-être que oui." Le japonais releva légèrement le menton pour expirer la fumée de ses poumons. "Et peut-être que ce n'est qu'un jouet."
"Mais, bien évidemment." dit Mikhail en clignant de l'oeil. "Tu es le genre d'homme qui n'apprécie pas de perdre ses jouets."
"Cela dépend de ta proposition. Si ça représente trop d'efforts, j'ai les moyens d'en prendre d'autres."
Mikhail se tut quelques secondes pour déchiffrer l'expression de son aîné. Cet imbécile narcissique n'était pas une proie facile, c'était clair. S'il mettait ses problèmes avec lui de côté, il devait admettre qu'Asami Ryuichi était extraordinaire, quelque part. Le personnage n'était pas seulement séduisant, il avait une aura qui exigeait une attention comparable à celle de Fei Long, mais une aura plus froide et plus intimidante. Non qu'il se soit attendu à moins de la part d'un homme qui avait réussi à attirer à ce point l'attention de Fei Long.
"Je veux savoir où est Yan Tsui." dit simplement Mikhail. Le personnage semblait appartenir au genre franc et direct. Autant aller droit au but.
Asami réfléchit une seconde et étouffa un rire en réalisant quel devait être le plan de Mikhail. Fei Long était vraiment doué avec les hommes, pour être capable de rendre le joyau de la couronne des Arbatov assez désespéré pour venir le voir pour cela. Mais s'il était plutôt amusant de voir cet homme plonger les yeux fermés dans les ennuis pour des raisons personnelles, ce n'était pas drôle. Avec sa force, Arbatov pourrait tout transformer en un grand merdier.
"J'espère que tu sais dans quoi tu te lances." l'avertit Asami. C'était stupide de vouloir se mêler du passé de Fei Long. Un homme dans la position de Mikhail devrait le savoir.
"C'est mon problème. La question est: quel est le tien?" répondit Mikhail, ses yeux bleus se plissant alors qu'il anticipait la réponse à sa question. Il n'était pas venu que pour Yan Tsui. Il était aussi venu pour la réponse que Fei Long n'avait jamais eue. Il était venu pour comprendre son ennemi.
Les yeux d'Asami furent traversés par un éclair doré lorsqu'il entendit la question. On l'étudiait. Ces yeux bleus scrutaient la moindre de ses expressions, comme un loup à l'affut étudiant sa proie. Le russe n'était pas idiot. Il savait exactement quoi faire avant d'agir.
"Ce n'est pas ta guerre, Arbatov." répondit Asami avec un visage impassible. Si ce gamin croyait qu'il était une proie facile, il ferait mieux de reconsidérer la question.
"C'est celle de qui, alors?" Mikhail le regarda droit dans les yeux, convaincu qu'ils finiraient par lui révéler la vérité. "La tienne?"
"Je ne suis plus intéressé." répondit directement Asami. En vérité, qu'il considère ou non le passé de Fei comme son problème ne devait pas être révélé, surtout pas à quelqu'un qui le considérait comme un ennemi.
"Alors ça ne devrait pas poser trop de problèmes de me dire où il se trouve, non?"
"Je n'apprécie pas de perdre un pion." répondit son aîné de manière impassible.
"C'est ton pion ou ton jouet." Mikhail pencha la tête sur le côté d'un air joueur, fouillant sa poche à la recherche d'une carte de visite, pour la placer en face de son aîné. "Voilà mon numéro. Pourquoi est-ce que tu ne me tiendrais pas au courant? Tu as jusqu'à minuit, après, tu pourras commencer à te chercher un nouveau jouet."
Asami y jeta un coup d'oeil rapide avant de la mettre de côté d'un air désintéressé. "Je peux aussi te tuer maintenant et m'épargner cette gêne."
"Et risquer une guerre avec la mafia russe? C'est quelque chose que je ferais. Pas toi." rit Mikhail à cette remarque. Asami Ryuichi était le genre d'homme à ne pas faire de mouvements sans intérêt, ou à agir sur un coup de tête. Sage. Mais cela le rendait aussi prévisible.
"Je n'en serais pas si sûr." dit Asami avec son habituel sourire goguenard. Cependant, il devait bien admettre que cet enfoiré russe n'avait fait aucune erreur dans ses devoirs.
"Si tu as l'impression de ne pas avoir causé assez de dégâts il y a sept ans, alors je t'en prie, descends-moi." répondit Mikhail. Avec son espion implanté si près du sujet, cet homme était sûrement au courant de sa relation avec Fei Long. C'était ce qu'il voulait savoir - si cet homme pouvait et pourrait frapper.
A ce stade de la conversation, Asami sourit comme à lui-même. Il venait de perdre la bataille. C'était inévitable. Il ne pouvait gagner contre quelqu'un qui venait de risquer sa vie par amour, étant donné qu'il n'avait jamais été assez fou pour aimer quelqu'un ou même s'approcher de cela.
"Et ta solution pour résoudre cela serait de tuer son frère?"
Mikhail sourit lorsque ce changement de sujet confirma ses soupçons, et se leva. S'arrêtant un instant avant de passer la porte, il se retourna vers son aîné.
"Pourquoi est-ce que tu ne t'inquièterais pas pour ta propre vie? Dès qu'il m'en donnera la permission, tu es le premier que je chasserai." déclara le russe avec un léger sourire sur le visage, mais l'animosité dans ces yeux racontaient une toute histoire.
"Tu suis toujours ses ordres?" demanda son aîné pour se moquer. Il ne pouvait tout simplement pas laisser partir cet enfoiré sans l'insulter un peu.
Mikhail se retourna et fit un large sourire, sans aucune trace de colère ou de honte. "Je suis toujours ce que me dit mon coeur." répondit-il avec fierté. "J'attendrai ton appel."
Asami n'esquissa pas un mouvement, tandis que le russe quittait la pièce sans un autre mot. Cette déclaration venait de faire de lui un de ses plus dangereux adversaires. Parce qu'aussi absurde que cela puisse paraître, il n'y avait rien de plus destructeur et imprévisible qu'un homme guidé par son coeur. Pire, quand lui-même n'avait jamais pensé en avoir un, et ne pourrait donc jamais prédire les actions du personnage avec certitude.
"Ca ne vous ressemblait pas." Une voix résonna hors du coin sombre de la pièce, tandis que son propriétaire entrait dans la lumière, un révolver à la main.
"Qu'est-ce qui me ressemble, Kirishima?"
"Trouver sa faiblesse. Répliquer?" suggéra Kirishima. Personne n'avait jamais réussi à menacer son patron, et il voulait veiller à ce que personne ne le fasse.
Asami sourit narquoisement, comme pour lui-même. Peut-être que dans des circonstances normales, il l'aurait fait. Mais cette fois, c'était différent.
"Mikhail Arbatov n'a qu'une faiblesse, mais cela s'avère être une faiblesse que je ne peux frapper." Il n'avait pas pu le faire sept ans auparavant. Il ne pouvait toujours pas le faire. Cet enfoiré le savait et avait fait le chemin jusqu'à Tokyo rien que pour le prouver.
"Aimeriez-vous que je vérifie pour le garçon?"
"Ce n'est pas la peine." répondit Asami, s'allumant une autre cigarette. Cela ne faisait pas de différence que Takaba ait été capturé ou non. Si Arbatov voulait le voir mort, alors c'est probablement ce qui arriverait. Même avec sa protection, la vie de Takaba restait menacée.
"On sait où est Yan Tsui?"
"La dernière fois qu'on a vérifié, il était à Shanghai."
"Amenez-le et assurez-vous qu'il ne se fasse pas tuer." Yan Tsui pouvait encore être utile. Et comme il l'avait dit, il n'aimait pas perdre un pion.
"Et pour Mikhail Arbatov?"
"Donne-lui un nom." ordonna Asami. "La nouvelle identité de Yan Tsui devrait suffire à sauver la vie de Takaba si le russe joue selon les règles. Cela devrait leur prendre quelque temps de trouver où il était. Assure-toi juste qu'on arrive à lui avant eux."
L'une des choses les plus formidables de sa suite au Park Hyatt de Tokyo était son cadre. Située au cinquantième étage et équipée de baies vitrées, elle offrait une vue à couper le souffle de Tokyo, sans pareille parmi les autres suites. Mikhail Arbatov se tenait près du piano demi-queue de la suite, observant calmement le ciel de Tokyo, un verre de vin rouge à la main. Si seulement Fei Long était là, cette vue aurait été encore plus incroyable. Le vin dans son verre n'en aurait été que plus exquis. Et il ne devrait pas attendre ce maudit appel avec tant d'impatience. Il était onze heures du soir et il commençait à s'inquiéter. Soit le garçon n'avait vraiment aucune importance pour lui, soit ce connard arrogant voulait juste l'énerver jusqu'à la dernière minute. Le problème était qu'il était certain qu'il s'agissait de la deuxième hypothèse, ce qui l'énervait encore trois fois plus.
Soudain il entendit un bruit de dispute à l'extérieur. Mikhail dégaina rapidement son révolver en entendant la porte s'ouvrir avec fracas. Super timing, pensa-t-il. Au moins ça lui donnait la possibilité de tirer sur quelque chose pour se soulager un peu. Mais que faisaient ses gardes du corps? Pourquoi ne tirait-on aucun coup de feu?
"Mikhail!" Une voix familière résonna dans le couloir.
Mikhail cligna plusieurs fois des yeux en voyant son hôte inattendu. Pas étonnant que ses gardes du corps n'aient pas tiré. S'ils l'avaient fait, il aurait tué toute leur famille.
"Fei?" Ca devait bien être la première fois que Fei Long lui rendait visite à l'improviste. Il en aurait été ravi, si seulement la personne qui était entrée était son bel amant et non le chef furieux de Baishe qui semblait avoir pour mission d'écraser quelqu'un, et à en juger par ce qu'il entendait, très probablement lui.
"Oui c'est moi, enfoiré!" jura Fei Long d'un ton hargneux. "Tu veux bien me dire ce que tu fous à Tokyo, putain?"
Quand Fei Long, habituellement poli et élégant, commençait à pousser des jurons, cela signifiait que quelque chose allait vraiment mal.
"Je suis ici pour affaires?" répondit Mikhail avec un air curieux sur le visage. Il essayait encore de comprendre pourquoi Fei Long était venu le voir avec ce genre d'humeur. "Qu'est-ce qui se passe?"
"Depuis quand fais-tu affaires avec Asami Ryuichi?"
Le russe ferait bien de lui donner une bonne explication ou bien il perdrait plus que ses dents, cette nuit. Il savait que Mikhail n'aimait pas l'idée qu'il vienne à Tokyo. Mais au point d'aller aussi loin que de s'en mêler et de parler à Asami derrière son dos, c'était plus qu'inacceptable.
Mikhail resta silencieux quelques secondes pour assembler les pièces du puzzle dans sa tête. Fei Long avait dû découvrir sa réunion avec Asami, ce qui expliquait pourquoi il était pris de fureur meurtrière.
"Qui t'en a parlé?" Au début il se posait vraiment la question puis la réponse lui vint soudainement à l'esprit, "Yoh?" Qui d'autre aurait pu être mis au courant aussi rapidement?
"Oui, Yoh. Ca te pose un problème?" Peu importait qui lui en avait parlé. Mais à cet instant, il trouvait opportun d'énerver Mikhail avec ce nom-là.
"Mais bien entendu, ton garde du corps rien qu'à toi." dit Mikhail sur un ton sarcastique, avec un air de plus en plus irrité sur le visage. Il se demandait si donner à Fei Long cette information, en sachant qu'il viendrait faire de sa soirée un enfer, était le travail du maître ou celui du sous-fifre.
"Qu'est-ce que tu lui as dit?" demanda Fei Long. Ses yeux devenaient combattifs et intenses, exigeant qu'on lui révèle la vérité.
Réalisant où Fei Long voulait en venir, ou plutôt, ce dont il voulait l'accuser, Mikhail se retrouva à trembler de rage sans rien pouvoir y faire. Fei Long aurait tout aussi bien pu lui planter un couteau dans le coeur et en terminer avec lui, rien que du fait d'y avoir pensé.
"Tu penses que je t'ai vendu?" dit Mikhail sur un ton qui sonnait plus comme une confirmation que comme une question. Ses yeux devinrent froids et intimidants comme ceux d'un loup dont le territoire venait d'être violé. Penser que c'était une partie de la vengeance d'Asami lui avait réservée et que Fei Long y avait cru fit bouillir son sang dans ses veines.
Surpris de l'inhabituelle colère dans ces yeux bleus autrement affectueux, Fei Long se sentit un peu perdu. Il était allé dans la suite de Mikhail dès qu'il avait reçu cette information. La première idée qui lui était apparue était que Mikhail l'avait trahi, exactement comme tous les autres.
Mais si ce n'était pas le cas?
"Pourquoi est-ce que tu serais allé le voir, sinon?" demanda Fei Long, son ton s'adoucissant un peu tandis que la culpabilité commençait à emplir son coeur.
Dans des circonstances normales, il aurait déjà battu en retraite en voyant une trace de regret sur ce beau visage. Peu importe le nombre de fois où cet homme l'avait blessé et dupé, il n'avait jamais eu le cœur de répliquer. Pour quelqu'un qui avait traversé de si tragiques passé et trahison, la confiance devait être quelque chose de fragile et d'illusoire. Et tandis que d'autres auraient choisi de s'enfuir, pour lui, Fei Long valait chaque blessure.
Mais il en arrivait à un point où il avait besoin d'avancer, ou bien il perdrait tout, y compris Baishe. Et s'il devait le forcer à le réaliser, alors qu'il en soit ainsi. Il était prêt à en assumer les conséquences.
"Pourquoi tu ne commences pas par me dire ce que tu fais ici?" dit Mikhail avec assurance. Il était temps que Fei Long commence à lui faire confiance, même si ce n'était qu'à moitié.
"Je n'ai rien à te dire." Il était le leader de Baishe, depuis quand avait-il besoin de parler à quiconque de ce qu'il allait faire?
"Moi non plus." répondit froidement Mikhail. Il s'était attendu à ce genre de réponse depuis le début. Mais ça valait le coup d'essayer.
Pendant un moment, il sentit une boule dans sa gorge. Mikhail ne s'était jamais opposé à lui aussi directement, ni n'avait jamais été aussi froid. Peu importe le nombre de murs qu'il mettait entre eux, le personnage avait toujours essayé d'y faire son chemin. Ce jour-là, il se contentait de rester planté là tandis que la distance entre eux grandissait, et de regarder ça avec une expression vide sur le visage.
"Donc ça va se passer comme ça?" demanda Fei Long. Peut-être qu'enfin, Mikhail avait abandonné pour eux. "On part chacun de notre côté?"
"Ce n'est pas moi qui m'enfuis, Fei. C'est toi." répondit Mikhail. Un futur les attendait, un pas plus loin. Il avait fait tout ce qu'il pouvait pour s'assurer que ce futur serait là. Mais ce pas-là, c'était à Fei Long de le faire, pas à lui.
Un sourire narquois apparut sur le beau visage tandis qu'il acquiesçait légèrement, comprenant la situation qui lui était présentée. Il avait repoussé Mikhail bien trop souvent, mais quand celui-ci avait enfin réussi, ça faisait plus mal qu'il ne l'aurait pensé. Bien plus mal. Même alors qu'il savait qu'il était sur le point de perdre la seule chose qui était bien dans sa vie, il n'arrivait toujours pas à trouver la force ni le courage de tendre le bras vers elle.
"Je suppose que c'est mérité." dit Fei Long calmement, et se dirigea vers la porte. "Désolé pour l'intrusion."
Il le pensait vraiment. Après tout, c'était mérité. Mais même s'il en était ainsi, à chaque pas qui l'éloignait de cette pièce, il souhaitait que Mikhail l'arrête.
"Je ne sais pas ce que tu essaies de faire avec Asami." dit doucement Fei Long en ouvrant la porte pour partir. Cette voix soyeuse avait le même air que celle qu'il avait lors de leur première rencontre, quand ils n'étaient rien d'autre que des étrangers, quand Fei Long ne se souciait pas de lui, même pas assez pour ne serait-ce que de le regarder du coin de l'oeil.
"C'est ma vie, Mikhail. Ne t'en mêle pas."
Mikhail était debout près du piano à demi-queue, regardant la porte qui se fermait derrière l'élégante silhouette qui disparaissait de sa vue. Ses yeux demeurèrent sur l'espace vide devant lui, où l'image de son amant restait encore, encore clairement gravée comme son esprit. Car cela pourrait bien être le dernier moment qu'ils passaient en tant qu'amants, s'ils l'avaient jamais été.
"C'est ma vie, Mikhail. Ne t'en mêle pas."
Il ferma les yeux et esquissa un sourire pitoyable.
Pourquoi est-ce que tu ne peux pas le voir?
C'est toi ma vie.
