Les mois qui suivirent virent Kirkwall se remettre un peu plus de ses blessures ainsi que Varric devenir Vicomte. Si le nain avait pensé qu'un jour il dirigerait la ville...
- Félicitation, monsieur le Vicomte, l'accueillit la femme à son retour.
- Alors tu es déjà au courant ?
- Les nouvelles vont très vite en ce moment. Et n'oublie pas que j'ai été espionne pendant quelques années.
- Je ne m'attendais pas à ça, reconnut-il.
- Pourtant c'était la suite logique, personne n'a envie de reprendre la place et personne ne s'est autant investi que toi dans la reconstruction de Kirkwall.
- Tu as aussi contribué, lui rappela-t-il.
- Physiquement j'ai mis la main à la pâte oui mais ça s'est moins remarqué que ta contribution financière.
- Toujours aussi ravie d'être transparente, à ce que je constate.
- Plus que jamais.
Il lui sourit et l'embrassa.
- Tu ne seras pas transparente longtemps en étant aux côtés du Vicomte, lui fit-il remarquer.
- Tu crois ? Je devrais peut-être songer à un nouveau voyage alors...
- Si tu pars, reviens-moi vite.
- Si vite que tu n'auras pas le temps de me voir partir.
Il secoua la tête avec amusement.
- Hm... toujours décidé à me dire non ?
- Oui, pour l'instant je pense que tu as bien assez à faire, Varric.
- Tu attends juste que ton frère revienne.
- Carver est déjà prévenu, je m'en voudrais que Maverick ne soit pas là. C'est un imbécile mais c'est mon frère.
- Je sais.
Les choses avaient rapidement évolués et s'il avait pu constater que Mavis n'était définitivement pas très portée sur l'acte elle avait malgré tout beaucoup changé. Elle était un peu moins agressive, un peu plus sereine et surtout plus douce.
- Le petit est avec nous aujourd'hui, non ?, demanda-t-il.
- Il ne devrait pas tarder à arriver, confirma-t-elle. Il aime beaucoup ton nouveau livre.
- Il est un peu bâclé à vrai dire, et je n'aime pas tellement la fin.
- Tu n'as pas besoin d'en faire autant, même si tu n'en n'es pas totalement satisfait c'est suffisant pour le petit.
- Fierté d'auteur, que veux-tu ?
- Tu es un excellent auteur, lui dit-elle. Et ce n'est pas parce que tu as bâclé celui-ci qu'il en va de même pour les autres, tes livres sont vraiment bien.
Ils entendirent la porte s'ouvrir et Keith vint embrasser sa mère.
- Merci pour le livre, oncle Varric. Il était génial !
- Pas si génial que ça, j'en écrirais de meilleurs.
Le gamin eu l'air ravi et cela arracha un sourire à Mavis.
- Vous savez quoi ? Je vais avoir un petit frère ou une petite soeur ! La femme de papa va avoir un bébé.
- Ils n'ont pas perdu de temps.
- Eh bien disons qu'à la différence de nous ils avaient plus de chances d'en avoir un, fit-elle remarquer.
Le nain lui prit la main et y déposa un baiser.
- Être à tes côtés me suffit, ma douce.
- A moi aussi.
Il lui sourit et l'embrassa.
- Beurk, s'exclama le gamin. Je vais dans ma chambre !
Il monta les escaliers en courant et s'enferma dans la chambre.
- Pourvus qu'il reste comme ça et ne tourne jamais comme son oncle, supplia la femme.
- Oh, d'ici quelques années nous serons fixés.
Elle secoua la tête et retourna à sa tâche.
- Je préfère ne pas y penser.
- Qu'est-ce que tu essayes de faire ?
- Hm ? Oh, j'essaye juste de regrouper toutes les informations que j'ai pu avoir...
Elle lui montra les tas de feuilles soigneusement empilés.
- Des informations à quel sujet ?
- Coryphéus, dit-elle en montrant la pile de droite. Le lyrium rouge, c'est la pile de gauche et ça inclus aussi les... euh... éventuellement traitements pour retarder la progression. Et celui-ci, dit-elle en saisissant la pile du milieu, c'est sur les membres de l'Inquisition.
- Coryphéus n'est plus, tu n'as plus besoin de ça, non ?
- Je ne sais pas, je n'ai pas vu ce qu'il s'est passé mais s'il revient ? D'une façon ou d'une autre ? Nous avons cru l'avoir tué et pourtant... Je préfère vraiment être prête s'il s'avère que l'Inquisiteur a échoué.
Mavis avait toujours été très prévoyante, peut-être à l'excès parfois.
- Et les membres de l'Inquisition ?
- C'était nécessaire, nous avions besoin d'en savoir au maximum afin de pouvoir appréhender les possibilités de... trahison.
- Admets que Rossignol ne t'a jamais demandé ces informations et que tu les as regroupés uniquement pour satisfaire ta curiosité.
- Elle ne me les a jamais demandés mais ça n'était pas de la curiosité. Pour commencer, Blackwall, vous n'avez jamais trouvé ça louche que ça soit le seul Garde à ne pas avoir disparu ? Je crois comprendre que ses excuses étaient vraiment... J'avoue que je n'ai pas trouvé quoi que ce soit le reliant à cette affaire avant qu'il ne le dévoile lui-même mais au moins j'étais certaine qu'il mentait.
- Tu as une obsession sur les menteurs.
- Non, mais n'importe lequel des membres de l'Inquisition aurait pu faire tout tomber à l'eau... Vous étiez tous proches de l'Inquisiteur et auriez pu le tuer en le poignardant dans le dos.
- Personne n'a essayé, Mavis, et puis tu n'as plus besoin de les garder, c'est...
Elle prit l'un des papiers et le lui tendit.
- C'est tout ce que j'ai trouvé sur l'elfe mage, Solas. J'ai des témoignages qui racontent l'avoir vu un an avant le début de l'Inquisition mais c'est tout. Avant ça il n'y a rien ! Et il me semble qu'il a disparu juste après la mort de Coryphéus, non ? Alors ? Tu en déduis quoi ?
- Qu'il a rejoint l'Inquisition pour son propre intérêt, comme nous tous. Ça ne prouve rien.
- Tu es aveuglé par le fait que c'était l'un de tes amis.
- Et toi tu vois trop loin. Peu importe qui est Solas, d'où il vient, il a aidé et le but c'était de détruire ce monstre. Tu n'as plus besoin de garder tout ça.
Elle ne sembla pas du même avis et il préféra changer de sujet.
- Je peux voir tes notes sur le lyrium rouge ?
Elle lui tendit la pile, il prit une chaise et s'installa à ses côtés pour les consulter.
- Comment as-tu pu décrire avec autant d'exactitude les effets des traitements ?
- ... les cobayes donnaient beaucoup de détails ?
- Vous avez utilisé des cobayes ?
- Comment voulais-tu qu'on sache si ça fonctionnait si on n'essayait pas ?
Il resta silencieux, parcourant le reste des notes.
- Combien de cobayes avez-vous utilisé ?, interrogea-t-il l'air de rien.
- Quelques-uns. Pourquoi ?
Il soupira, elle n'était visiblement pas décidée à le dire d'elle-même.
- Tu l'étais, n'est-ce pas ?
- Quoi ?
- Cobaye. Tu prétends avoir participé à ces recherches mais ces notes... ce sont des choses que tu as subis, toi.
- Pas pour tout, il y a aussi des notes que j'ai trouvées durant mon voyage. Il y a eu des recherches de faites par d'autres personnes mais ils n'étaient pas assez prévoyants. Ils n'ont pas pensés à isoler le lyrium rouge pour l'étudier et ils sont morts en laissant leurs travaux inachevés. La suite de leurs notes était totalement incompréhensible... sûrement parce qu'ils étaient profondément infectés. Quoi qu'il en soit... peu importe les moyens utilisés, le principal c'est que nous avons trouvé quelque chose. Je n'étais pas vraiment un cobaye, j'étais volontaire.
- Et les effets secondaires ? Tu n'es même pas certaine que ton traitement soit efficace sur le long terme...
- Les effets se sont estompés avec le temps après que j'ai cessé de les prendre.
Il continua sa lecture et pu vérifier ses dires. Cependant lorsqu'il en arriva aux notes sur le traitement actuel il fronça les sourcils.
- Ton traitement a des effets secondaires.
- Ils sont encore en train de travailler dessus pour trouver quelque chose de plus adapté et en limiter les effets indésirables. Il faut bien commencer quelque part.
- C'est à cause de ça que tu n'as pas encore dévoilé cette solution à qui que ce soit.
- Oui. Il y a encore beaucoup à faire avant qu'il ne soit totalement fiable.
- Tu es loin de tes chercheurs, comment te procures-tu ce qu'il te faut ?
- J'ai participé à l'élaboration et ils me font parvenir ce qu'il me faut ainsi que les avancés du projet.
Il resta silencieux un moment, l'observant avec inquiétude.
- Tu es sûre que ça ira ?, demanda-t-il.
- Oui. Je suis désolée, Varric. Avec le temps qui a passé je suppose que nous ne pourrons pas aider Bartrand mais nous feront en sorte de limiter les dégâts s'il y a d'autres infectés.
- J'espère qu'il n'y en aura pas d'autres.
- Je l'espère aussi.
Il lui rendit sa pile et la regarda terminer sa réorganisation.
- Voilà, c'est un peu plus propre.
- Tu continues à prendre des notes sur les effets de ton traitement ?
- Il le faut bien, pour qu'ils sachent quoi faire pour les atténuer.
- Ils ont réussi en peu de temps, ils ont l'air plutôt doués.
- En réalité ils travaillaient déjà dessus quand je les ai rencontrés. Apparemment ils cherchaient un sujet d'étude quand ils ont découvert le lyrium rouge et étant donné la nouveauté ils ont sauté sur l'occasion d'être les premiers à trouver un remède et une explication.
- Comment ont-ils déduis les effets du lyrium avant que ça ne leur arrive ?
- À priori il semblerait que l'endroit qu'ils aient trouvé ai été habité par des personnes infectées. Ils ont aussi pris en compte que c'était du lyrium et il y a des humains dans leur groupe alors par mesure de sécurité...
- Ils pourraient bien réussir à trouver un vrai remède.
- Ils le pourraient oui et ça serait vraiment une bonne chose.
Il la prit contre lui et soupira.
- Tester ces remèdes sur toi... ça a certainement des conséquences sur ta santé.
- Eh bien d'après eux, j'ai développé une résistance naturelle aux effets du lyrium rouge. Ce n'est pas parfait mais c'est grâce à cela que j'ai pu réussir à les trouver avant que ça ne soit trop avancé. J'ai eu de la chance. Et si je peux aider à améliorer les choses alors je prends le risque.
- Je ne veux pas te perdre, Mavis.
- Ça ira. Ils font attention à ce qu'ils me donnent.
Il secoua la tête et préféra ne pas insister. Cette conversation était suffisamment douloureuse comme ça.
xXx
Ses premiers temps comme Vicomte, il passa beaucoup de temps à l'extérieur à commencer à s'installer. Il ne voyait la femme que le soir en rentrant, Mavis ne se plaignait pas, trouvant toujours de quoi s'occuper.
- Qu'as-tu fais aujourd'hui ?, lui demanda-t-il en rentrant.
Elle secoua la feuille qu'elle avait entre les mains.
- Je lis cette lettre.
Il se pencha par-dessus son épaule pour voir de quoi il s'agissait.
- Encore une lettre de la Guilde Marchande ? Tu peux la mettre avec les autres, tu sais ?
- Tu ne les lis pas, n'est-ce pas ? Certaines sont vraiment intéressantes.
- Ah oui ? Je suis sûr que tu pourrais trouver une occupation plus amusante, intéressante et enrichissante.
- Laquelle ?
Il lui tendit un livre qu'elle prit et dont elle examina la couverture.
- Quand as-tu trouvé le temps de l'écrire ? Ces derniers jours tu as à peine le temps de te reposer.
- Ça faisait un moment que je l'avais commencé, j'ai juste mis le point final il y a quelques jours, mais je devais encore le faire imprimer.
Elle leva les yeux vers lui et il lui adressa un sourire.
- Il est pour toi.
- Je te remercie.
Elle l'embrassa et se leva.
- Tu sais que Keith veut devenir écrivain, maintenant ?
- Bon petit.
Elle secoua la tête avec amusement.
- Il a dévalisé la bibliothèque pour lire autre chose que tes livres. Il a déjà commencé une histoire.
- Ah oui ? Il te l'a fait lire ?
- Non, « pas encore fini » qu'il m'a répondu. Alors j'attends qu'il mette le point final lui aussi.
Il sourit avec fierté.
- Finalement il n'a peut-être pas tant prit de ton frère.
- Je dirais plutôt que son père l'a recadré, dit-elle. Il a été sévèrement puni pour ce qu'il avait fait. Depuis il fait beaucoup d'effort.
- ... De quelle punition avait-il écopé ?
- Privé de lecture, et je ne pensais pas que ça serait aussi efficace. Son père lui avait pris tous ses livres et apparemment il en a beaucoup pleuré.
Plutôt curieux comme punition mais si ça avait fonctionné, c'était le principal.
- Allons manger, dit-elle. Orana a fait un plat qui a l'air excellent.
- J'ai hâte de goûter ça !
Ils dînèrent tous les trois puis allèrent se coucher.
- Mavis.
- Hm ?
- La Chercheuse... je devrais plutôt dire la Divine à présent... nous a convoqué pour un Conseil Exalté.
Elle se redressa et le regarda attentivement.
- Nous ?
- L'Inquisiteur et le reste du groupe.
- Oh.
- Je ne pense pas qu'il y en ai pour longtemps. Est-ce tu m'accompagnes ?
- Je crois que je vais plutôt rester. Je vais passer un peu de temps avec Keith et on se rattrapera quand tu reviendras.
- Je comprends.
Il l'embrassa, la serra contre lui et ils finirent par s'endormir.
xXx
Il s'en alla quelques jours plus tard, accompagné du Sénéchal Bran.
Il fut ravi de revoir l'Inquisiteur, ainsi que les autres.
Beaucoup moins lorsqu'ils apprirent qu'un Qunari avait été tué dans l'enceinte du palais d'hiver et qu'il allait devoir se débrouiller pour trouver le ou les coupables.
S'en suivit une longue suite de voyages à travers les eluvians avant qu'ils ne finissent tous par apprendre que la marque de l'Inquisiteur était en train de réellement prendre le dessus.
Au fil du temps le nain était devenu un ami pour lui et savoir qu'il allait probablement y rester était douloureux. Il fit de son mieux pour encaisser la chose et lorsque Byor leur annonça qu'il était content de les avoir connus, il inspira profondément avec tristesse.
Maverick était loin, Mavis aussi et il ignorait si elle allait réellement bien et à présent il allait peut-être perdre un ami.
xXx
Le dernier voyage qu'ils firent leur apprit que Loustic était impliqué, pire encore, lorsque l'Inquisiteur leur annonça le plan de l'elfe. Il y avait décidément un sérieux problème avec les apostats. Entre Blondie qui avait fait exploser la Chantrie et Loustic qui voulait détruire le monde...
Par chance, le nain survécu. Il dû se séparer d'une bonne partie de son bras gauche mais il était bien vivant et apparemment hors de danger.
xXx
Finalement, ils se séparèrent et chacun rentra chez soi.
xXx
Lorsqu'il arriva enfin à Kirkwall, il rejoignit immédiatement Mavis. Celle-ci était couchée et semblait dormir profondément.
Il approcha, vint déposer un baiser sur son front et sortit de la pièce.
- Oncle Varric, tu es enfin rentré, constata le gamin en sortant de sa chambre.
- Je viens d'arriver, confirma-t-il.
- Maman dort encore ?, demanda le petit.
- Oui, elle dort depuis longtemps ?, s'inquiéta-t-il. On est en plein après-midi.
- Elle est allée s'allonger il y a une heure, elle était fatiguée. Je crois qu'elle n'a pas très bien dormis cette nuit.
- Laissons-la se reposer dans ce cas.
Il hésita quelques secondes.
- Tu veux un peu de glace ?
- Oh oui ! Et je veux que tu me racontes comment était ton voyage.
Ils descendirent et s'installèrent à table pour consommer leur gourmandise.
- Alors, c'était bien ?
- Il y a eu quelques événements inattendus mais ça s'est plutôt bien passé dans l'ensemble.
- Dis... j'ai réussi à prendre Récit d'un Héraut à maman... pourquoi tu ne parles pas d'elle dedans ?
Le nain eu un sourire amusé.
- Eh bien, sache que Mavis n'aime pas qu'on parle d'elle, alors il m'a suffi de raconter un mélange de son histoire et de celle de Maverick pour en arriver au résultat que tu as eu entre les mains.
- Alors elle a fait quoi en vrai dans l'histoire ?
- Enormément de choses. Elle nous a accompagné dans les tréfonds, contrairement à ton oncle, c'est aussi elle qui a retrouvé la chevalière de ma famille, elle a également grandement contribué à nous permettre de vaincre le Premier Enchanteur Orsino. Elle a bien affaiblis Mérédith aussi.
- Dans le livre tu dis qu'oncle Maverick a été blessé dans le combat contre le Chevalier-Capitaine mais ce n'est pas vrai, n'est-ce pas ?
- En effet... c'est ta mère qui a été blessé.
- Comment ?
- Tout s'est passé très vite, nous n'avons pas vraiment eu le temps de voir mais elle a été blessé au visage, la cicatrice qu'elle a vient de ce combat.
- Ça a dû lui faire mal.
- Oui, sûrement. Mais tu connais la suite... elle est partie à ce moment-là.
- Pourquoi ?
- Nous te l'expliquerons quand tu seras un peu plus grand.
- Je suis déjà aussi grand que toi, tu sais ?
- Quand tu seras plus vieux, se corrigea-t-il.
Keith hocha la tête avec sérieux et continua de dévorer sa glace.
Mavis descendit les rejoindre un peu plus tard.
- Tu es rentré il y a longtemps ?, demanda-t-elle en s'installant à côté de Varric.
- Une heure, tout au plus. Bien dormis ?
- Ça va.
Le petit se leva et embrassa sa mère.
- Je vais dans ma chambre !
Et il retourna à l'étage.
- Comment ça s'est passé ?
- Nous avons faillis perdre l'Inquisiteur mais tout va bien.
- Sa marque ?
- Oui. Et... tu n'avais pas tout à fait tort à propos de Loustic.
Elle haussa un sourcil.
- De ce que l'Inquisiteur nous a raconté, il veut détruire ce monde.
- Ah, parfait.
Il soupira, se leva, lui prit la main et l'entraîna dans la chambre.
xXx
Les jours suivants, ils les passèrent ensemble avant que Varric ne reprenne son rôle de Vicomte. Ce fut à ce moment-là que Maverick se décida à revenir, accompagné de Blondie, comme toujours.
Ils étaient tous les deux assit l'un contre l'autre lorsque l'homme pénétra dans la pièce avec empressement.
- C'est quoi cette histoire ? Vous allez vous marier ?!
- Bien le bonjour à toi aussi, mon frère.
Carver entra dans la pièce à sa suite.
- Il n'était pas encore au courant ?, demanda-t-il.
- Non, aucun moyen de le contacter à Weisshaupt. D'ailleurs, que s'est-il passé là-bas ?, s'enquit la femme.
- Longue histoire mais ce n'est pas le sujet. Et Calum ? Tu l'as enfin laissé tomber ?
- A vrai dire, c'est lui qui a demandé le divorce, corrigea-t-elle.
- Ah... c'est peut-être pas un si mauvais type que ça alors.
Elle secoua la tête avec agacement et le nain retint un sourire. Maverick fixa sa soeur avec intensité pendant un moment.
- Oh toi... ce n'est pas la seule chose que tu as à dire, comprit-il.
- Quoi ?, s'étonna-t-elle.
- Qu'est-ce qu'il y a d'autre ?
- Rien qui ne te regarde pour l'instant. Je pense qu'il y a un ordre de priorité en ce qui concerne les personnes qui doivent être au courant.
- T'es enceinte, souffla-t-il.
- Oh bravo, peut-être que je pensais qu'il serait mieux d'attendre un peu avant de l'annoncer, lui fit-elle remarquer.
Varric se tourna vers elle avec surprise, elle semblait vraiment contrariée. Il pressa légèrement sa main et elle se calma quelques peu avant de se tourner vers lui à son tour et de lui adresser un petit sourire. Il l'embrassa.
- Vous ne pouvez pas attendre qu'on soit partis pour ça ?, demanda Carver.
- Ça vaut peut-être mieux, en effet, confirma la femme.
Son jumeau vint s'assoir à côté d'elle.
- Vas-tu enfin expliquer pour quelle raison tu as disparu ?, interrogea-t-il avec douceur.
- Non.
- C'est plutôt évident..., fit remarquer le plus jeune. Regarde-la, Maverick.
Il l'observa un instant avant d'ouvrir la bouche et de la refermer sans savoir que dire. Il prit les mains de sa soeur et la considéra avec tristesse.
- Par le Créateur, ne me regarde pas comme si j'étais mourante.
- Mais tu...
- Je suis encore là, non ? Ai-je l'air d'aller mal ?
Elle retira ses mains de celles de son frère et soupira.
- J'ai des... connaissance qui travaillent sur un moyen de ralentir l'évolution de l'infection. Pour le moment, c'est plutôt efficace alors cesse de faire cette tête.
Elle se leva et s'approcha de son autre frère avant de l'enlacer.
- Mavis... tu es sûre que tu te sens bien ?
- Quand tu étais petit, tu aimais beaucoup que je m'occupe de toi.
Il ne répliqua pas mais resta tout de même légèrement mal à l'aise jusqu'à ce qu'elle ne le lâche.
- Du coup je suppose qu'on est censé vous féliciter ?, dit Maverick sans conviction.
- C'est quoi le problème cette fois-ci ? Tu n'étais pas heureux de me voir épouser Calum, tu ne l'es pas plus que ça soit Varric ?
- Eh bien... tu es ma soeur et...
- Et je suis bien assez grande pour faire mes propres choix, contrairement à toi.
- Ce n'est pas où je voulais en venir !, s'exclama-t-il en se levant d'un bond. Je voulais être sûr que tu l'avais choisi.
- Père et mère ne sont plus là pour m'imposer un mari, tu sais ?
- Je sais ce que tu penses Mavis... tu considères que je t'ai également imposé des choix.
- C'est un fait, non ? Je n'ai pas envie de parler de ça, c'est le passé.
Il hocha la tête et n'insista pas, cependant il lui prit la main et l'entraîna dans une autre pièce.
- Tu l'aimes ?, demanda-t-il.
- Oui, depuis bien longtemps.
- Pourquoi ne l'as-tu jamais dis ? Pourquoi n'as-tu rien dit lorsque mère a voulu te marier à Calum ?
Elle poussa un profond soupir.
- Tu es avec un homme, Carver est devenu Garde des Ombres et Bethany est... Qui restait-il pour perpétuer la lignée ?
- Eh bien si on est logique, c'est plutôt la lignée des Cavin que tu as perpétué et pas la nôtre.
Elle lui mit un coup de poing dans l'épaule et retourna auprès de son futur mari. Il la suivit en se massant l'épaule.
- Bon, tu as ma bénédiction dans ce cas, lui dit-il.
- Je ne l'attendais pas, sombre idiot.
- Je sais, mais j'ai toujours rêvé de dire ça !
- Toi tu ne l'as pas pour ta relation avec le mage.
- Ah ? Tu sais, on est tous les deux rentrés dans le rang.
- Je n'en crois pas un mot, dit-elle.
- Et tu as bien raison, il a essayé de draguer la Chercheuse, l'informa le nain avec amusement.
- De mieux en mieux, soupira-t-elle.
- Non ! C'était juste pour plaisanter !, se défendit-il.
Varric les observa se chamailler avec un sourire amusé jusqu'à ce que le mage et le guerrier décident de les laisser.
- Il m'épuise, se plaignit-elle.
- Hawke a toujours été comme ça.
- Et tu ne l'as pas connu plus jeune...
- Je crois que je ne m'en porte pas plus mal.
Elle lui sourit. Pour la première fois, elle semblait impatiente.
- Que vous arrive-t-il, Ma Dame ?
- J'ai l'air... trop heureuse ? Je dois sourire moins ?
- Non, j'aime te voir sourire.
- J'ai encore du mal à croire que nous allons...
- Nous marier ?, compléta-t-il.
- Oui.
- Mavis Tethras, ça risque d'être dangereux comme association.
- Hm... peut-être mais ça me va.
Il l'embrassa et ils allèrent se coucher.
xXx
La cérémonie eu lieu quelques mois plus tard. Varric s'était débrouillé pour joindre leurs anciens compagnons ainsi que les membres de l'Inquisition avec qui il s'était le mieux entendu. Incluant la Chercheuse, autant pour avoir la chance de voir son expression que par amitié. Excepté Rivenienne qu'il n'avait pas réussi à contacter, sûrement se trouvait-elle en mer, tout le monde avait répondu présent.
- Tu as invité beaucoup trop de monde, tu ne penses pas ?
- Il y en a certains que je n'ai pas invités, avoua-t-il. Je crois qu'ils sont curieux de voir la femme du Vicomte.
- On n'aurait dû se marier avant que tu ne le deviennes...
- Tu aurais laissé ton frère rater ça ?
- Honnêtement ? Je regrette presque qu'il soit là, il est surexcité, je l'ai croisé tout à l'heure et il court dans tous les sens, comme lorsqu'il était petit...
- Il me semble avoir vu Calum et sa femme.
- Je les ai invité, ils m'avaient invités au-leur. Et sa femme est très...
- Gentille ? Tu as encore tant de mal que ça à utiliser des adjectifs positifs ?
- Oh ça va, moques toi.
- Jamais, ma douce.
Elle lui sourit et il le lui rendit.
La cérémonie terminée, ils rentrèrent et profitèrent du calme reposant de la demeure.
Ils allaient à présent enfin pouvoir profiter d'une vie qu'ils avaient choisi tous les deux. Il ne referait pas les mêmes erreurs qu'avec Bianca. Il allait pouvoir être heureux et la rendre heureuse.
FIN
