Un grand merci aux cinq personnes qui m'ont laissé une petite review pour le chapitre précédent.

Voici donc le quatrième chapitre, bonne lecture.

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Auteur : Sindie. J'ai son autorisation pour traduire son histoire.

Titre en anglais : The Moment It Began

Titre en français : Le moment où cela commença

Traducteur : DiagonAlleyParis

Disclamer : Les personnages de Harry Potter appartiennent à J.K. Rowling

Beta Reader : Molly59 qui me relit et corrige mes imperfections.

Sujet : Post HP7, et si on offrait la possibilité à Severus Rogue de revivre sa vie. Ses choix seraient-ils toujours les mêmes ? Venez le découvrir en lisant cette fiction.

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Le moment où cela commença

Chapitre 4 :

Lorsque Severus entra dans sa maison Impasse du Tisseur, il avait quelques appréhensions. Il ne voulait pas voir de nouveau son père. Même le regard furieux de Potter, quand il était descendu du train avec Lily, était risible comparé à son foutu père. C'était ridicule, en effet d'être rempli par une telle crainte, mais le Severus adulte n'avait pas de bons souvenirs de l'homme qui avait été la raison pour laquelle il avait commencé à détester les moldus.

Quand il rentra, sa mère, qui avait été le chercher à la gare pour le ramener, alla silencieusement à la cuisine et commença à préparer le repas. Eilen Prince Rogue avait seulement rencontré les yeux de son fils, elle ne lui avait pas dit le moindre mot en guise de salutation. Severus considéra sa retraite verbale avec un mélange de tristesse et de colère. C'était à cause de son père que sa mère était devenue une coquille vide.

Severus jeta un coup d'œil dans le salon à la recherche de son père, celui-ci se prélassait sur le canapé, éveillé ou endormi, il ne pouvait pas le dire. La télévision était allumée mais le son avait été baissé. Plusieurs bouteilles vides étaient éparpillées sur le sol en face du canapé, d'autres jonchaient le bout de la table à côté de la tête de Tobias Rogue.

Severus fronça les sourcils à la vue de l'homme pathétique. Tout était comme il s'en souvenait et il était typique de retrouver son père évanoui sur le canapé après avoir pris une cuite… Severus se détourna et monta les escaliers vers sa chambre à coucher délaissée, il se rappela qu'à l'époque de ses seize ans, son père ne travaillait à l'usine qu'à mi-temps. Son alcoolisme avait consommé sa vie, cela signifiait qu'il était violent, sévissait mentalement et physiquement, et abusait de sa femme et de son fils.

Severus entra dans son ancienne chambre et jeta inconsidérément ses affaires à terre. Il se laissa tomber sur le lit avec un bruit sourd, ferma les yeux et laissa échapper un long soupir.

Il n'avait pas envie de redescendre. Il aurait voulu fuir et convaincre Lily de faire de même, mais il savait que cela mettrait Lily en danger, c'était vraiment une idée stupide.

Lord Voldemort était de nouveau une véritable menace et deux sorciers mineurs errant seuls dans la campagne, c'était ridicule. Cependant, malgré Voldemort et ses 'amis' Serpentard essayant de le convaincre d'aller vers le côté sombre, les Maraudeurs et leurs implacables railleries et supplices, et son abusif, ivrogne de père, Severus était plus heureux qu'il ne l'avait été depuis longtemps. En effet, il avait Lily. C'était tout ce qui lui importait.

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Quelques jours plus tard, Severus avait des doutes. Deux jours après son retour à la maison, Lily était partie en vacances avec sa famille, cela faisait donc trois jours qu'il ne l'avait pas vue. Autant il avait attendu avec impatience d'être loin de Potter et de son groupe, autant maintenant il se rendit compte qu'il ne pouvait être totalement en paix.

Une partie de son esprit ragea contre l'injustice de tout cela. Je choisis de revivre ma foutue vie, et qu'est-ce qu'il en sort de bon ? Bien sûr, j'ai Lily mais rien d'autre n'a changé ! Je pensais qu'ayant Lily, cela rendrait tout le reste… plus facile… mais à qui racontais-je des histoires ?

Severus passa ses journées à faire de longues marches ou à arpenter sa chambre. Il n'avait ni l'envie ni la patience de rester assis et de lire, ce qui normalement lui procurait du plaisir. Il refusa de manger en présence de son père et de ce fait, malgré la douleur causée à sa mère, il avait un air coupable. Il préféra se retirer dans sa chambre, avec une planque et de quoi se nourrir au lieu d'écouter les menaces de son père à son encontre.

Aujourd'hui, alors qu'il arpentait à pas mesurés sa chambre, Severus s'arrêta, il pensait avoir entendu du bruit provenant d'en bas. Cela devenait de plus en plus fort. Il savait que Tobias Rogue était finalement devenu intolérant vis-à-vis du comportement irritable de son fils. Le bruit ne cessa d'augmenter jusqu'à ce qu'un coup retentisse à la porte. Par instinct, Severus saisit sa baguette.

« Va t-en ! » dit-il à travers la porte, essayant de sembler ennuyé comme si son père gaspillait simplement son temps.

« Ouvre la porte, fils » gronda Tobias d'une voix profonde.

« Je t'ai dit » répéta Severus d'une manière significative « Va t-en, je n'ai rien à te dire…Père ». Il lâcha le dernier mot dédaigneusement, comme si cela lui avait laissé un mauvais goût dans la bouche.

Tobias donna un coup de pied à la porte, qui trembla mais elle ne s'ouvrit pas. Sachant qu'il était inutile de demander une troisième fois à l'homme de partir, Severus alla à la porte et l'ouvrit avec violence. Tobias Rogue était là, légèrement plus grand que son fils. Ses yeux étaient injectés de sang et ils se rétrécirent lorsqu'il regarda fixement Severus. Ce dernier avait pointé par reflex sa baguette directement sur le visage de son père, celle-ci touchait son nez.

« Je pensais t'avoir déjà dit de me laisser tranquille » siffla Severus. Auparavant, il aurait rarement eu le courage de s'adresser de cette manière à son père mais désormais, Severus était un homme différent. Il s'était occupé de choses bien pires.

Tobias se moqua de Severus. « J'aurai dû casser ta baguette comme je l'ai fait à ta mère. Tu es une honte comme tous les sorciers et sorcières. Ta sale mère ne m'a jamais dit que je devais moi-même accepter tout cela et puis neuf mois plus tard elle m'a forcé la main et elle t'a pondu. Un nul comme j'en ai jamais vu de pareil ».

« La ferme » hurla Severus en poussant en peu plus loin sa baguette sur le visage de son père. « Le seul qui est une honte ici, c'est toi. Tu as ruiné la vie de Mère mais tu ne vas pas me toucher, Père. Et la prochaine fois que tu toucheras maman, je ferais en sorte que tu le regretteras. Tu n'as aucune idée de ce dont je suis capable ».

Maintenant, Tobias semblait légèrement effrayé et il fit un pas en arrière. Il pointa un de ses doigts sur Severus et bégaya. « Tu n'oseras pas utiliser la magie en dehors de l'école. Tu penses que je ne sais pas ce qu'ils te feront si tu le fais. Pathétique. Petit monstre que tu es. Honte. Tu es une honte ! ».

Tobias se détourna et murmura dans sa barbe. Chaque mot que Severus avait été forcé de supporter était insultant. L'air s'était remplie de mauvaise haleine et d'alcool en quelques instants ce qui faisait plisser le nez de dégoût à Severus. Il fit claquer la porte et allait y jeter un sort de protection, mais il s'arrêta à temps.

« A quoi bon avoir une baguette si tu ne peux pas t'en servir ? » se demanda-t-il amèrement à en se jetant à terre.

Furieux contre une telle situation, Severus se jeta à nouveau sur son lit et il dériva sur un sommeil intermittent.

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Trois jours plus tard, Lily était de retour. Severus la rencontra près du terrain de jeu à leur endroit habituel. Il détestait avoir à porter des vêtements moldus, en particulier des choses qui avaient été salies par la peau sale de son père. Mais Severus savait que le port de robe dans un environnement moldu serait une autre raison pour certaines personnes de lui lancer des regards étranges.

La première fois qu'il enfila le vieux jeans de son père et passa une chemise rouge délavée, pleine de trous, Severus se sentit extrêmement bizarre. Il n'avait pas porté de vêtements moldus depuis des années. Chaque fois qu'il était à la maison, il insistait pour porter des robes, ce qui donnait à Tobias une raison de plus d'être en colère contre lui. Maintenant, Lily avec ses yeux verts l'accueillait et il essaya de repousser ces pensées négatives à l'arrière de son esprit.

Lily mit immédiatement ses bras autour de lui et il l'étreignit en retour.

« Tu m'as manqué » dit-il doucement dans ses cheveux roux.

« Tu m'as manqué également » lui répondit Lily. « Mais je suis de nouveau là, maintenant nous avons tout l'été devant nous ».

Severus inclina la tête, il était encore distrait par les pensées de son père. Une pensée cynique en amenant une autre, et peu de temps après, Severus s'arrêtait sur toutes les questions négatives. Il marchait calmement lorsqu'il remarqua un homme travaillant dans un chantier à proximité qui l'observait.

« Sev, qu'est-ce qui ne va pas ? » demanda enfin Lily.

« Rien d'important à dire » marmonna-t-il.

Tu dois penser que je me sens désolé pour moi-même et que je suis fatigué de ressembler à une faible mauviette devant toi, Lily.

« Tu es un mauvais menteur, Sev » dit Lily.

En réalité, Lily, j'en suis un bon, sacrément bon même ! Tu ne le sais pas encore. L'utilisation de l'occlumencie pendant des années en présence du Seigneur des Ténèbres avait fait de Severus un des meilleurs menteurs qu'il soit, mais son supposé soi-même âgé de seize ans n'était pas censé savoir comment bloquer ses pensées et ses sentiments à l'accès des autres.

« Regarde, il n'y a rien » insista-t-il avec véhémence.

Déconcertée par la morsure de son ton, Lily retira sa main de la sienne. Elle avait déjà vu plusieurs fois son humeur aigre mais il y a une semaine dans le train, il avait été ouvert et incroyablement doux envers elle.

« Je…je ne sais pas quoi te dire, Sev » dit-elle, clairement déçue. « Je pensais que tu avais changé…que tu étais prêt à écrire une nouvelle page mais si tu ne veux pas te déranger pour parler à ta meilleure amie » elle prononça le mot d'une manière très inhabituelle, « La vérité, c'est que je devrais peut être te laisser seul jusqu'à ce que tu sois prêt ».

« Lily » commença à dire Severus mais il était déjà trop tard. Lily était partie, le laissant là, debout, seul et pathétique.

Severus fronça les sourcils et se gronda mentalement. L'homme dans le chantier voisin le regardait toujours fixement comme si sa présence sur le trottoir le contaminait d'une façon ou d'une autre.

« Que regardez-vous ? » cria Severus à l'homme. « Venez-vous regarder attentivement le monstre du quartier ? »

L'homme nettoya à grande eau et fixa de nouveau son attention sur l'émondage d'un arbre. Severus entra dans la forêt. Il y retrouva l'endroit où il avait l'habitude d'aller chaque fois qu'il avait besoin d'être seul lorsqu'il était jeune. Il s'assit en s'adossant contre un arbre à l'écorce très dure.

Rien n'avait changé. Il gaspillait cette vie comme il avait gaspillé la précédente. Peu importe ce qu'il faisait, comment il avait essayé de faire, il ne réussissait en rien. Lily, quelle qu'en soit sa folle raison, avait affirmé ne voir que le bon en lui mais il pensait comme son père, ses voisins, ses camarades de classe, tout le monde, quoi, exception faite de Lily. Severus en était arrivé à la dure, cruelle constatation qu'ils avaient tous raison à propos de lui : il était un monstre.

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Bon, voilà pour aujourd'hui. J'espère que cela vous a plu.

Je vous dis à la semaine prochaine, en attendant, n'oubliez pas me laisser une petite review. Par avance, merci !