Max était en voiture avec Joyce dans un silence gênant, elle lisait le mot remis par la sans-abri, cette femme qui lui avait toujours apparue étrange lors de ses voyages dans le temps dix ans plus tôt l'était toujours, comme si elle savait pour son don mais ne l'avais jamais dit. La photographe regarda le mot, il lui demandait de venir « là où le choix fut terrible ». Max savait très bien ce que ça voulait dire, elle avait du mal à cacher ses émotions, car le Phare était bien le dernier endroit où elle voulait se rendre. « Tu sembles préoccupée Max… » Lui dit Joyce. « J'ai eu une journée compliquée, jouer la prof c'est… Complexe et fatiguant… » Lui menti la jeune femme.

Joyce n'y croyant pas, se gara quelques instants et prit le mot qu'elle lut. « Qu'entend notre amie par un choix terrible qu'a été fait ? » Maxine soupira, elle aurait espéré que Joyce ne lise jamais ça, elle regretta de ne pas l'avoir jeté par la fenêtre, et résistât à la tentation de retourner un peu en arrière pour le faire. A la place elle rassembla le peu de courage qu'il lui restait au milieu de toute sa fatigue pour fixer Joyce dans les yeux. « Tu me prendra pour une folle si je te raconte ça… Pire… Tu pourrais me haïr si tu y crois… » « Je veux quand même l'entendre Max, il y a quelque chose qui te ronge depuis que tu es revenue… Tu ne peux pas rester comme ça… Tu es comme une fille pour moi et ça me fait de la peine de te voir souffrir… » Maxine était touchée par les paroles de Joyce, même si au fond elle craignait que ce soit les dernières paroles gentilles qu'elle entende d'elle, elle rassembla son courage une seconde fois et les larmes montèrent. « Pas depuis que je suis revenue… Depuis dix ans… Depuis… Depuis… » Elle commençait à pleurer. « Depuis la mort de Chloé ? Ce n'est pas de ta faute. Nathan Prescott l'a tuée. » Joyce avait aussi une mine triste à l'évocation de sa fille mais Max pleurait réellement. « Je l'ai laissé faire Joyce… J'ai laissé Chloé mourir… Tout ça pour sauver cette foutue ville ! » Max cria la fin, comme si elle lâchait un poids alors qu'elle fondait en larmes et Joyce semblait troublée, elle s'attendait à tout sauf ça, elle demanda des explications et Max lui raconta tout, y compris son amour pour Chloé, tout jusqu'au choix fatidique dans la tempête, jusqu'au moment où Chloé lui a demandé de la sacrifier pour que personne ne meure à Arcadia bay, un choix qui hantait toujours Max jour et nuit malgré les années, elle lui raconta ensuite tous ses rêves qu'elle faisait depuis ce jour-là et le malaise qu'elle ressentait à vivre chez eux à cause de son choix. Joyce eu du mal à encaisser le choc, mais elle finit par prendre Maxine dans ses bras et à l'étreindre. « Ça va aller Max… Je… Je ne m'attendais pas à ça… Ça semble irréel… Mais ce morceau de papier est une preuve, personne ne t'a jamais vu parler à cette femme et pourtant elle agit comme si elle te connaissait et connais aussi l'épisode le plus sombre de ta vie… Je… Je te pardonne pour ce choix… Tu as respecté la volonté de ma Chloé… C'est un élan d'altruisme qui l'a emmenée… Je suis fière de ma petite… » Max ne s'y attendais pas, elle profita de l'étreinte chaleureuse mais pleine de chagrin de Joyce. « Merci Joyce… Merci de me pardonner… » Max pleurait toujours. « La vie continue Max, il va falloir que tu lâche prise comme moi et David l'avons fait. » « Je ne sais pas si j'en suis capable… » « Je vais t'y aider, je vais parler à David, tu voudrais être la marraine de notre petit gars ? » Max ne savait pas quoi répondre, c'était soudain mais elle accepta d'un mouvement de la tête se terrant dans mutisme habituel. Joyce lui déposa un baiser sur le front et repris la route.

Devant chez les Price, Max lui dit qu'elle devait aller à son fameux rendez-vous, Joyce lui promis de garder secrètes les révélations et lui fit promettre de rentrer pour se reposer. Max pris le volant de sa voiture en lui répondant d'un simple sourire, elle prit la route du phare qu'elle connaissait par cœur et qu'elle aurait bien voulu éviter, sur place elle parcouru le petit chemin pédestre en ayant des souvenirs qui remontaient, lui donnant quelques larmes aux yeux. Arrivée au pied du phare elle s'assied seule sur le banc, attendant cette mystérieuse sans abri qui semblais en savoir plus qu'elle ne le devrait.

« Tu es venue, je n'y croyais plus. » La sans abri brune sorti des fourrés où elle dormait depuis quelques temps, et s'avança vers Max qui tournait la tête vers elle. « Que veux-tu ? Et pourquoi juste me donner un mot ? » Elle était un peu énervée, elle avait dû révéler son plus grand secret à Joyce, dire pourquoi Chloé est morte alors qu'elle avait le pouvoir de la sauver, à cause de ce fameux mot. « Les choses sont parfois plus complexes que tu peux le penser Maxine Caulfield. » Là c'était la goutte de trop, elle semblait tout savoir d'elle alors que dans cette réalité, elles ne s'étaient jamais adressé la parole. « Comment connais-tu mon nom ? Et qui est tu ? » « Je le connais et je sais que tu préfères qu'on t'appelle Max, quant à mon identité… Elle n'a pas d'importance, je suis ici depuis trop longtemps et tout le monde l'a oubliée. » Max pesta. « Et que me veux-tu ? » « D'abord te remercier de l'avertissement concernant la tempête. » Elle écarquilla les yeux, il n'y avait aucun moyen pour qu'elle sache ça, la tempête n'avait pas eu lieu dans cette réalité et elle n'avait jamais eu besoin de la prévenir. « Je vois que tu te poses des questions, je vais te simplifier la tâche, je suis comme toi Max, je voyage dans le temps. Je le fais juste un peu mieux et sans photo. » Elle la regarda encore plus, cette femme était un mystère pour elle, et plus cette conversation avançais, moins elle comprenait tout ce qui lui est arrivé, elle se surpris à en vouloir à cette femme qui aurait pu sauver Chloé finalement. « Le plus simple… Est que je te montre, donne-moi ta main. » La femme lui tendit sa main et Max la pris, les deux furent transportée dans le temps, une sensation que Max n'avait jamais oubliée.

Elles apparurent dans un champ où se trouvait un jeune indien, la femme expliqua à Chloé qu'elles étaient plusieurs siècles en arrière et qu'elles ne devaient intervenir sous aucun prétexte. Soudain, elles sentirent la terre trembler, un séisme se produisait et l'indien courut. Elles le suivirent et le trouvèrent en compagnie d'une jeune femme de son peuple ils parlaient dans leur dialecte qu'elles ne comprenaient pas, mais il était facile de savoir qu'ils étaient amoureux. Max compris néanmoins qu'il devait choisir entre les nombreuses vies de la baie et celle de sa bien-aimée. Il choisit de sauver la baie, comme Max l'a fait. « Il… Il s'est retrouvé face au même choix que moi… » « En effet, et il n'était pas le dernier… »

Elle conduit alors Max à travers les époques lui montrant que toutes les personnes à l'arrivée de leur don se retrouvèrent face à ce choix terrible moins d'un mois après l'avoir obtenu, elle montra tous les détenteurs du don, sauf elle et Max. A la fin de ce voyage à travers les époques, elles se retrouvèrent dans un espace blanc. « Bienvenue dans ce que j'aime appeler : un Nexus temporel, ici on est hors du temps, c'est un endroit… agréable pour réfléchir… » « Pourquoi m'avoir montré tout ça ? » « Pour que tu comprennes, notre don est aussi une malédiction, tous ses détenteurs depuis cet indien on subit le même choix que toi mais d'une manière différente. Ils se sont tous retrouvé à choisir entre une personne chère à leur cœur ou la survie de la population de la baie. Ils ont dû choisir entre l'égoïsme et l'altruisme, entre le destin d'une poignée et celui du plus grand nombre. » Max voulu s'assoir, une chaise sa matérialisa sous elle, ces révélations venaient de l'assommer, elle ne savait plus quoi penser. Toutes ces vies perdues à cause de ce don, toutes ces personnes brisées intérieurement comme elle l'a été. « Comment… » « Comment c'est possible ? Je me suis posé la question pendant des années, alors j'ai exploré le temps sans intervenir. C'est un Cycle qui perdure depuis que cet indien a fait quelque chose que je te montrerais lors de notre prochain voyage. » « Tu cherches un moyen de l'interrompre, c'est ça ? » La femme sourit. « En effet, depuis que j'ai compris ce qu'il se passait, mais je suis aussi réaliste… J'ai soixante-cinq ans, malgré mes voyages dans le temps je vieillis, alors il est temps que je passe le flambeau, comme toi tu devras le passer si tu ne résous pas cette énigme insoluble de ton vivant. » Max était perturbée, elle recevait un nouveau poids sur ses épaules suffisamment fragiles, mais les yeux bleus de cette femme la fixaient attendant une réponse. « Je… Je t'aiderais… Autant que tu voies ça de ton vivant non ? »

La femme lui sourit en retour, Maxine était peut-être la solution à ce problème insoluble, du moins elle l'espérait. Max quant à elle était toujours troublée. « J'ai une question, tu sais que je voyage dans le temps, pourquoi n'es-tu pas intervenue plus tôt ? » La femme lui sourit. « Hélas je ne peux défaire ce que tu fais, c'est une règle immuable. Il faut que tu veule défaire pour que je puisse intervenir. » « Pourquoi ? » « Les règles concernant le surnaturel sont parfois plus cruelles que celles des tribunaux. » Max sentait qu'elle lui cachait quelque chose, mais elle n'insista pas davantage, elle était trop fatiguée pour ça. « Rentrons… » La vieille femme lui repris sa main et elles quittèrent cet endroit entre les réalités.

Non loin du phare, David montait le chemin en compagnie de Brooke. Le premier avait été alerté par le départ soudain de Max et la seconde qui se promenait sur la place avec Warren avait vu la voiture de son amie et cette dernière monter vers le phare d'un pas décidé. Ils arrivèrent en haut et ne trouvèrent personne. « Bon… pas de Max… Ou est-ce qu'elle se planque ? » « Tout ça m'inquiète… Je la trouve encore plus troublée qu'avant… pas toi ? » « J'ai arrêté de faire attention, c'est vous le super vigile. » Warren les rejoignit avec son fauteuil et avant que les deux puissent lui reprocher de les avoir suivis, Max et la femme apparurent comme par magie sous les yeux médusés. « Max ?! » Cria presque Brooke surprise de la voir apparaitre comme ça devant une Maxine qui passa les mains sur son visage. « Ok… Là c'est la merde… » « Max ? C'est quoi ce merdier ? » Dit David qui était autant décontenancé que les autres, sauf Warren qui la regarda. « Tu as remis ça ? ... » David et Brooke se tournèrent vers Warren. « Attend… Tu étais au courant que Max a des espèces de trucs qui lui permettent d'apparaitre comme ça ? » Dit Brooke un peu énervée. « Si seulement c'était que ça… Mais elle m'a fait promettre d'en parler à personne… Il y a dix ans… Quand elle a eu besoin de se confier… » David intervint. « Est-ce que quelqu'un va m'expliquer ce merdier ? Comment Max est apparue de nulle part ? » « David… Brooke… Asseyez-vous… Ça va être long… Vous paraitre dingue… Et vous faire voyager entre tristesse et colère… » Ils obéirent et Max commença son récit, épaulée par la sans abri, leur racontant tout à eux aussi, ils avaient été témoins de sa réapparition au retour de voyages dans le temps, elle ne pouvait pas faire comme si de rien était. Brooke encaissa bien les révélations mais David eu davantage de mal quand la mort de Chloé fut évoquée, mais il ne frappa par Max pour autant déclarant simplement qu'il ne voulait pas être à sa place. Brooke se permit même une plaisanterie sur le célibat de Max qui lui dit gentiment d'aller se faire voir, et David ne parut pas plus surpris que ça que Chloé aimait les femmes, mais il le fut pour Max. Ce fut ensuite la sans abri qui expliqua le cruel cycle qui durait depuis des siècles et qu'elle tentait de l'arrêter tant bien que mal. La soirée de ce soir étant pour donner à Max les réponses qu'elle cherchait sur les raisons du sacrifice de Chloé. Au final le groupe finit par se séparer. De retour chez les Price, David et Joyce épaulèrent encore plus Maxine, maintenant qu'ils connaissaient la vérité, ils refusaient d'abandonner la jeune Caulfield qui avait tout tenté pour sauver la femme qu'elle aimait dix ans plus tôt, ensemble ils pleurèrent à nouveau Chloé, mais Joyce et David étaient différent, face à ces révélations : elle était partie en héroïne pour eux.