4 - The litany at dusk de duskwatcher2153
N'oubliez pas que cette fic est rated - M - si vous n'êtes pas majeur(e) et
vacciné(e) passez votre chemin!...
Bella
Ce sont des coups à ma porte qui me réveillèrent. Groggy je regardai mon radio réveil 14 : 34. Je me grattai la tête et me redressai en position assise puis sortit les pieds de mon lit tandis que Darcy se frottait à mes chevilles. Les coups recommencèrent. Je ne savais pas qui ça pouvait être, la location était payée pour encore une semaine. J'attrapai ma robe de chambre et l'enfilai tout en m'approchant de la porte d'entrée. De nouveau, on tape. Qui que ce soit il insiste. Je vérifiai par le judas et mon cœur tomba dans mes pieds.
Jake. A travers le judas je pouvais distinguer les grands contours de mon ex petit-ami. Je reculai de la porte.
"Bella s'il te plait. Je sais que tu es là," sa voix sourde passait à travers la porte. J'espérai que mes voisins ne pouvaient pas l'entendre. Je restai calme tandis que mes pensées galopaient. Comment m'avait-il trouvée? Pourquoi voulait-il me parler? La dernière fois que je l'avais vu il me ramenait chez moi après une visite désastreuse au service gynécologie de l'hôpital. Des mois plus tard j'avais réussi à me remettre et maintenant il voulait parler?
"Bella, s'il te plait..." Sa voix était faible et plutôt suppliante. Toute ma poitrine a commencé à me faire mal. Je pensai que j'avais commencé à guérir, ma vie avait été bouleversée, mais en entendant sa voix, cette façade s'est effondrée. J'avais espéré qu'il abandonne, il n'avait pas laissé de message sur mon téléphone depuis quelques semaines mais maintenant il était à ma porte.
Je pris une profonde inspiration et demandai de la force à la Vierge Marie pour pardonner où il y en avait besoin et du courage pour faire face à Jake de manière chrétienne.
"S'il te plait Bells."
Je déverrouillai et ouvris la porte. Il avait l'air ridiculement heureux de me voir. Il avait même ce sourire maladroit et ses yeux sombres étincelaient. La peine courut à travers moi pendant que je me remémorai ces yeux et combien ils étaient beaux quand ils se fermaient sous la passion, écarquillés de surprise ou plissés de rire.
"Qu'est-ce que tu veux, Jake?" lui demandai-je résignée.
"Salut Bells!" Il sourit et fit un pas en avant comme s'il voulait me prendre dans ses bras ou m'embrasser. Le regard grave sur mon visage et ma main posée sur le battant de la porte qui barrait son passage le fit réfléchir. "Puis-je entrer?" demanda-t-il docilement.
"Qu'est-ce que tu veux?" répétai-je espérant qu'il allait le dire et puis partir. Je pleurai toujours lorsque j'étais triste ou en colère et je pouvais ressentir ces deux choses monter en moi. J'allais être incapable de conserver mon sang-froid beaucoup plus longtemps.
Il glissa sur ses pieds alors qu'il était sur le seuil et regarda autour de lui. Deux maisons plus loin les enfants Hansen jouaient dans le jardin mais à part eux il n'y avait personne. "Je tiens à te dire que je suis désolé," dit-il tête basse. "S'il te plait, pouvons-nous parler?" Il leva ses yeux sombres vers moi cherchant mon visage pour trouver - peut-être - la Bella que j'avais été.
Et si c'était quelque chose d'autre, je me mettrai en colère et lui claquerais la porte au visage. Mais là il demandait pardon. J'avalai la boule dans ma gorge et m'écartai pour le laisser passer.
"Merci," dit-il en me frôlant et en baissant la tête. Je ne pouvais toujours laisser passer la façon dont il avait laissé cette année s'écouler. Quand j'étais partie de Forks nous étions à peu près de même taille. A présent il me dominait complètement. Si je ne le connaissais pas mieux, j'aurais pu penser qu'il était sous stéroïdes. Entre sa haute stature et ses muscles il semblait bien loin du garçon dégingandé qui m'avait demandé de sortir avec lui.
Il entra dans le salon et fit courir sa main dans ses cheveux courts, noirs et hérissés. Ce qui était différent c'est qu'il les avait coupés.
Je restai là où j'étais et croisai les bras.
"Bel endroit," dit-il en regardant alentour. Il me regardait et je pouvais voir le désir et la douleur sur son visage. "Tu as l'air d'aller bien Bella."
J'étais levée depuis trois minutes, je ne m'étais pas brossé les cheveux ni les dents et il disait que j'avais l'air bien? Je reposai ma main sur la poignée. "Dis ce que tu es venu me dire et puis va-t-en, s'il te plait."
Il fit un pas vers moi. "J'aurais dû venir te voir quand tu étais à l'hôpital."
"Oui tu aurais dû." J'essayai de garder une expression sévère et en colère. Ce n'était pas très difficile à faire.
Il se détourna. "J'étais trop honteux et coupable. Je ne pouvais pas..." Il laissa la phrase inachevée. "Et puis il y avait trop de choses qui se passait dans la tribu."
"Oh? Beaucoup de choses avec la tribu?" dis-je d'une voix glaciale.
"Ouais," dit-il incertain en essayant d'affermir sa voix.
"Enormément de choses avec la tribu? Durant trois mois? " Cela seul suffit à sentir la colère et le malaise me submerger. Ma voix commença à trembler mais j'en augmentai le volume pour compenser. "Je suis restée couchée trois mois dans cet hôpital et tu ne pouvais pas venir me rendre visite... une seule fois?"
Il grimaça. "Je suis tellement ..."
Je lui coupai la parole tandis que les flammes de ma colère prenaient le dessus. "Ne t'avise plus de me dire combien tu es désolé, Jacob Black. Je suis restée trois mois dans cet hôpital à me remettre d'un avortement bâclé et toi tu ne pouvais pas trouver une heure à passer avec moi?" T'ont-ils dit ce qu'il m'est arrivé Jake? L'ont-ils fait?" Je commençai à me laisser aller et lui à reculer.
"Ont-ils mentionné la perforation de l'utérus et les infections? T'ont-ils raconté les semaines de douleur et de chagrin? T'ont-ils dit que..." et là je pris une grande inspiration car ce serait la première fois que je le dirai à voix haute. "Que je ne serai plus jamais capable d'avoir des enfants?" Les larmes commencèrent à briller dans mes yeux mais je tremblais fortement de colère.
"Oh Bella," murmura-t-il abasourdi par ces nouvelles.
"Oh oui," dis-je sachant que ça allait lui faire mal et que ça m'était égal. Il devait connaitre la nature de ma punition imposée. "L'enfant, celui que tu as dit qu'il ne viendrait jamais au monde. Tu ne voulais pas lui donner tes gènes pour une mystérieuse raison. Pourquoi? Jake? Oh c'est vrai, tu ne peux pas me le dire." Je détestai la façon dont j'avais l'air amère mais j'étouffai du besoin de faire sortir les mots. "Bon et bien on s'en est occupé ... avec moi du moins."
Je vis sa peau brune et chaude blanchir sous le choc. "Je ne savais pas. Personne ne me l'a dit."
"Si tu étais venu je te l'aurais dit," dis-je en me détournant pour ne pas lui montrer que j'allais pleurer.
"Oh Bells," murmura-t-il en avançant.
"Ne t'approche pas de moi," crachai-je par dessus mon épaule, toutes les pensées chrétiennes de charité m'avaient quittées. Je pouvais sentir ma gorge se resserrer et je déglutis difficilement pour lutter contre l'émotion qui montait en moi.
Son visage était plein de compassion. Je ne pourrai pas supporter ce qui allait venir ensuite. "J'ai entendu au sujet de Renée..."
Avec cela le prétendu contrôle que j'essayai d'avoir me quitta. J'avais perdu Renée quelques semaines après mon retour de l'hôpital. Elle était tombée dans l'escalier. Quelque chose d'aussi banal et quotidien et en un instant elle était partie. J'avais été trop malade pour même aller à l'enterrement. Beaucoup trop de choses m'avaient été prises. En l'espace de trois mois j'avais perdu mes deux meilleurs amis - ma mère, d'une mort inattendue et imméritée - et mon petit ami qui m'avait trahie par son indifférence, pas moins. Et le dernier coup de poignard cruel c'était que j'avais aussi perdu pour toujours la capacité de porter des enfants. Je commençai à pleurer pour de bon cette fois et Jake, tout comme mon père, était dépassé quand une femme pleurait.
J'essayai de retrouver un peu de contrôle pour parler. "Laisse-moi, Jake, je t'en prie."
Je vis la tristesse sur son visage et ma partie non chrétienne se délecta de cette vue. Il avait écarté ses bras et tourné ses mains comme s'il voulait m'accueillir. "Je serai venu si j'avais pu. Mais la tribu..."
Une partie de moi se souvenait des rires partagés et des nuits d'intimité à l'époque où je ne désirais rien d'autre que de trouver ma place contre lui et sentir ses bras protecteurs autour de moi. Nous avions eu tant de choses et il avait tout gâché. Il avait assez détesté la façon dont nous étions ensemble pour qu'un bébé soit la dernière chose qu'il ait souhaité. Et à présent un bébé serait la chose que je n'aurais jamais plus.
La colère revint encore plus fort, prenant le dessus. La tribu et ses besoins supposés faisaient l'objet de fréquentes disputes les dernières semaines de notre relation. La tribu prenait beaucoup trop de son temps, il était devenu secret et méfiant quand nous essayons d'en parler et un mur s'était construit entre nous.
"La tribu! La tribu!" Je lui crachai ces mots en retenant mes larmes. "Alors parle m'en de la tribu. Pourquoi ont-ils besoin de toi ainsi?" Je fis un pas vers lui mais les larmes le rendait difficile à voir. "Pourquoi ne peuvent-ils pas s'en sortir une heure sans Jacob Black?"
Il se redressa face à moi, les yeux écarquillés. "Si je pouvais te le dire, je te le dirais. S'il te plais crois-moi. Nous ne sommes pas censés en parler."
C'était toujours le même vieux refrain, celui que j'avais entendu avant. Les mêmes secrets. Je m'effondrai dans le fauteuil près de la fenêtre, mon visage entre mes mains, muette de chagrin, sanglotant assez fort et luttant pour reprendre mon souffle. Renée me manquait tellement, on aurait dit que mon cœur avait été fracassé et déchiqueté en un million de morceaux comme un vase de cristal qui se casse. Je me berçai dans mon fauteur comme un enfant qui essaie de se consoler tout seul. "S'il te plait Jake," marmonnai-je. " Va-t-en, va-t-en."
Je l'entendis avancer d'un pas vers moi puis il s'arrêta. Il fut tranquille si longtemps que je relevai la tête de curiosité, les larmes continuant à couler sur mon visage. Il était à la fenêtre tremblant de tension. Ses narines étaient dilatées et un regard de colère intense passa sur son visage. "Qu'y-a-t-il?" demandai-je. "Qu'est-ce que tu fais?"
Il leva son visage comme s'il flairait le vent. Cela me rappela ce que ferait un chien quand il suit une trace et sa tête allait d'avant en arrière pour essayer de pister. Il entra dans ma chambre tandis que je restai assise abasourdie par ce comportement bizarre. Il fut de retour en un éclair.
"As-tu remarqué des personnes bizarres alentour?" demanda-t-il intensément.
"Non dis-je, en secouant la tête perplexe et en reniflant. Il y avait un mouchoir dans la poche de ma robe de chambre ce dont j'étais reconnaissante.
"Garde tes portes fermées ainsi que tes fenêtres," dit-il d'un air furibond en regardant par la fenêtre.
"Jake, il fait trente deux degrés dehors. Je ne vais pas rester là à me cuire..."
Il se retourna et fit un pas vers moi. "Il y a des choses dangereuses dans ce monde Bella. Des choses très dangereuses."
C'en était trop. Je me levai et resserrai la robe de chambre autour de moi. "Eh bien merci beaucoup de t'inquiéter pour moi, Jake," lui dis-je sarcastiquement. "Je m'en souviendrai." Je le poussai ostensiblement vers la porte d'entrée et l'ouvris.
Son visage se décomposa de nouveau. Tout ce qu'il avait espéré accomplir en venant ici avait échoué. "Bella..."
Sans lever les yeux du sol, je lui donnai ce que je pouvais. "Je vais prier pour toi Jake."
Il s'arrêta devant moi alors que je tenais toujours la porte ouverte. "Je suis tellement désolé Bella."
Je ne voulais pas le regarder dans les yeux. "Je te pardonne. Maintenant, déguerpis."
Il passa devant moi et j'eus le petit plaisir de claquer la porte avant de m'effondrer sur le sol en pleurant si fort que je pensais que j'allais me déchirer en deux. Pendant quelques minutes je me laissai aller à ce grand trou dans ma poitrine, là où je devrais pouvoir aimer et ressentir. Après un certain temps je me dirigeai dans la salle de bain pour m'asperger le visage d'eau. Mes mains tremblaient encore lorsque je m'habillai précipitamment.
Il fallait que j'aille dans le seul endroit où je savais que je pourrais retrouver un peu de calme et d'équilibre. J'avais tellement besoin de l'atmosphère apaisante de mon église et c'était la seule solution pour chasser les mauvais sentiments et émotions qui s'étaient rassemblés comme une tempête dans ma tête. Lorsque la douleur devenait aussi mauvaise, seule la prière me donnait un peu de répit et de recul. J'avais besoin de m'agenouiller et de m'incliner devant Dieu.
Ce chapitre n'est pas très gai, je vous l'accorde,
on comprend pourquoi Jake a dû s'éloigner de Bella bien qu'il ne puisse pas le lui dire,
et au moment où elle avait le plus besoin de lui...
on verra où tout ça va nous mener
