Tout le monde change
CHAPITRE 4
Les travaux avaient bien avancé à Poudlard. Hagrid avait retrouvé sa cabane de chasse et ses protégés, son potager se portait à merveille. Harry quant à lui avait travaillé d'arrache-pied avec Severus Rogue pour être au point sur son éternel point faible qu'étaient les potions. La rentrée approchait à grand pas et le futur AUROR se sentait pour le moins stressé. Hermione s'apprêtait à faire ses classes en école de Droit sorcier et pour comble de malheur elle avait appris que Drago Malfoy s'était dirigé dans la même filière. Ron quant à lui, comptait prêter main forte à Georges dans son magasin de Farces et Attrapes. La mort de son jumeau lui causait encore chaque nuit de terribles cauchemars. Les élèves allaient être nombreux cette année encore et Severus avaient eu des vacances très chargées. Réhabilité par Harry sur son rôle décisif durant la deuxième guerre, le public l'adorait. Impossible pour lui de sortir sans protection. Interview, photos, articles de presses, toute cette communication s'était déroulée à un rythme effréné. Il avait également fallu reconstruire Poudlard, qui s'était constituée une réputation hors du commun et désormais même des cultures sorcières étrangères aspiraient à en faire partie. Des classes supplémentaires avaient donc été crées, mais il fallait pour cela des professeurs. Même s'il était prêt à assurer malgré sa fonction, des cours, il avait du faire appel à d'autres sorciers. Lucius Malefoy avait fini par accepter un poste de professeur de potions, (non sans avoir résisté) et il avait été convenu que Narcissa l'accompagnerait. Lucius avait émis à Severus lors de leur rencontre que ça ne lui ferait pas de mal car elle vivait mal le fait que Drago leur fils devienne de plus en plus indépendant.
Harry n'avait pas oublié sa première famille et il voulait tout de même les remercier de l'avoir hébergé, nourri, ne serait-ce pendant onze années. Pour sa tante et son cousin il avait trouvé un cadeau qu'il pensait bien sous tout rapport. Pour Vernon en revanche ...cela était compliqué, Harry n'avait aucune envie de le voir, et pour son projet il était exclu qu'il soit présent. Il contacta alors Dudley. Leur amitié inexistante jusqu'à sa cinquième année avait prit un essor nouveau après la rencontre de son cousin avec deux détraqueurs.
- Allo, Harry ?
- Oui ... euh ... voilà j'aimerai passer te voir, ainsi que ma tante mais euh ... enfin ... je n'ai pas trop envie – je t'avoue – de voir euh ... ton père ... hum ...
Silence, suivi d'un éclat de rire.
- Ok je comprends. Tu voudrais que je l'éloigne ? Tu sais que je n'ai qu'à dire que tu viens et hop ... il va transplaner !
- Transplaner ? Comment ...
- Je connais ce mot ? Compléta espiègle Dudley.
- Oui !
- Je l'ai entendu dans la famille sorcière dans laquelle nous avons été durant votre guerre. Il lâcha un petit soupir.
- Ah ok. Alors tu vois pour ton père ? Tu me rappelles ?
- D'ac'.
- Ah j'oubliais, il y aura une surprise pour ta mère, une vieille connaissance ... non ne lui dis pas ce que je viens de te dire en tout dernier.
- Humm ... je ne sais pas si ma mère va goûter les plaisanteries sorcières ... quoiqu'elle soit un peu différente.
- Différente ?
- Tu connais ma mère Harry, et bien notre séjour chez ces gens, l'a profondément changé, enfin c'est le ressenti que j'ai.
- Et Vernon ?
- Bof ... identique à lui-même.
Dudley était ravi de revoir Harry. Son père était un problème. Au fur et à mesure que le temps s'écoule, Dudley avait gagné en maturité et s'était éloigné de son père et leur complicité d'antan n'était plus qu'un souvenir. Il fallait qu'il trouve quelque chose pour l'éloigner de la maison.
Lorsque Dudley rapporta la conversation à sa mère celle-ci fut sûre que son neveu allait lui présenter une fiancée.
Le soir, comme tous les soirs des vacances d'été, Severus et Harry faisaient des potions. Severus était très satisfait de son élève qui avait mit le turbo pour récupérer tout son retard. Alors qu'il était entrain d'en exécuter une jamais faite en cours, Harry décida de prévenir son professeur de réserver le week end qui se profilait.
- Humm ... et pourquoi ? Fit Severus méfiant tout en scrutant le chaudron plein d'un liquide épais qui bouillait à gros bouillons.
- Euh ... je pense que ça va nous faire du bien tous les deux de prendre un week end de repos à Londres, il leva les bras et inspira à plein poumons. Ça va nous changer les idées, non ?
- Tu n'aurais pas une idée derrière la tête ? s'enquit Severus le disséquant à la recherche d'un vice, d'un secret bien gardé.
Si mais plutôt mourir que de te la révéler ... Il se souvint alors que Severus était un des meilleurs spécialistes de Légilimencie et pâlit soudain si d'aventures il tentait son Art sur lui.
- Tu sais que j'ai certains talents ... et Severus tel un faucon planta son regard noir au fond des prunelles de son élève qui se sentit comme cloué sur un piquet.
- Euh ...
- Pourquoi rougis-tu soudain ?
- C'est la potion ! Il fit un geste de ces mains pour évacuer une fumée hypothétique mais le liquide ne chauffait plus à présent et avait pris une douce teinte parme. Il fit tourner cinq fois le liquide avec sa baguette au-dessus comme le stipulait le vieux grimoire.
- Tu veux aller voir ta famille fit l'autre qui avait gagné en perspicacité depuis cinq ans. Il pointa son index fin et blanc sur un Harry de plus en plus mal à l'aise. Tu veux que j'aille avec toi voir ta tante ! Il regarda la potion, puis il revint à un Harry de plus en plus écarlate.
- Oui là, avoua Harry. Tu as bien fait face à Voldemort en jouant double-jeu ... tu vas tout de même pas m'avouer que tu as peur de ma tante ! une simple moldue ! de plus il faut que tu répares le mal que tu lui as causé acheva t-il d'un air fâché et accusateur.
Severus en fut estomaqué.
- Je n'ai jamais manqué de respect à ta tante. C'est elle qui fouinait, qui nous espionnait. C'est une moldue, mariée avec un moldu et c'est très bien comme ça !
- Tu lui as dis que tu ne t'intéressais pas à elle car elle n'était qu'une moldue. Ça l'a blessée tu sais ! Il haussa les épaules pour se donner un air de désinvolture. Je suis sur qu'elle n'a pas oublié et que c'est pour ça qu'elle exècre la magie. Elle m'a mit sur le dos son ressentiment, sa colère et j'ai vécu onze ans en étant humilié et traité plus bas que terre ! Elle nous en veut, elle m'en veut surtout parce qu'elle a été jalouse de ma mère. Ma mère qui a eut ta préférence parce que sorcière.
- Harry ... gronda Severus qui jeta un coup d'œil machinal à la potion. Celle-ci était passée de parme à un rouge sang profond puis noire. Harry ! et il pointa son index sur le chaudron d'un air contrarié.
- Quoi ? Soupira Harry revenant à regret sur le contenant. Oh ...
- Elle est ratée ! Quant une potion est dans le chaudron ...
- dans le chaudron il doit y avoir toute l'attention ! termina Harry. Elle était bien « tournée » et irrattrapable.
- Bon et bien elle est bel et bien fichue, nous la referons demain. Rangeons.
- Je suis désolé ...
Severus dissimula un petit sourire en coin. Il ne pouvait se cacher qu'il était fier de ce garçon tout de même. De la haine, ils étaient passés à une complicité qu'aucun des deux n'auraient jamais espéré.
- Elle est difficile à réaliser je le conviens.
- Je me doute fit Harry sur un ton amer. Alors ? Tu viens ou non ? lui lança t-il tout en évacuant la potion ratée dans une cuve prévue à cette effet. Elle était ensorcelée pour ôter tout sortilège néfaste des potions et les rendre aussi inoffensives que de l'eau de source.
Severus se passa la main dans les cheveux, son visage restait indécis quelques secondes avant de revenir à son masque habituel.
- Je viens. Je viens uniquement parce que c'est toi. Ta tante, (il pointa vers lui un index agité et menaçant) sache que je m'en contrefiche, je penserais toujours à ... ta mère.
- Ah ! Et Harry lui fit une embrassade. Merci ...
- Cependant, c'est vrai, j'ai peut-être été trop dur dans mes propos. Elle m'avait agacé et ... je suis sorti de mes gonds et Lily était si ... enfin voilà, je ne peux retourner dans le passé. Il hocha la tête puis fixa son élève. Tu as raison pour les torts que je dois réparer certaines choses doivent être mises à plat et de toute façon je ne la reverrai certainement qu'une seule fois.
Ils finirent de remettre en ordre le cachot où Harry s'entraînait. Le week end n'était plus que dans deux jours.
Dudley prévint sa mère qu'ils auraient la visite de Harry. Celle-ci parut contente. Depuis les derniers évènements Dudley sentait confusément que sa mère avait quelque chose de changé, mais il était incapable de mettre le doigt dessus. Pétunia avait toujours aimé la solitude. Écouter, apprendre des autres étaient ses passions. Vernon lui aussi sentait un changement chez sa femme. Serait-ce ce séjour chez ces sorciers qui avait chamboulé Pétunia ? Il détestait tout ce qui n'avait pas d'explications, qui le mettait en difficulté. Vernon s'absenta alors plus que nécessaire du domicile conjugal, restant le plus souvent à son bureau. Lorsque Pétunia lui révéla qu'Harry venait leur rendre visite avec une connaissance, Vernon prétexta du travail pour fuir à son bureau.
Harry et Severus passèrent par le Chaudron baveur et se retrouvèrent à Londres, dans une rue très passante. Le jeune homme regarda Severus et secoua la tête.
- Severus ?
- Humm ! Quel temps ! tout à fait en accord avec mon humeur actuelle. Il lâcha un soupir résigné.
Harry lui souriait, une lueur malicieuse dans ses yeux vert. Severus ne pouvait plus résister à leur attrait.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Je pense que nous devrions tous les deux nous refaire un petit « relooking ». Il nous reste deux heures avant d'aller chez les Dursley. Qu'en penses-tu ?
- J'ai horreur de dépenser pour ces futilités.
- Ce n'est pas une « futilité » fit sérieusement Harry. Tu as besoin de te couper les cheveux, et moi aussi ! ensuite je voudrais que Pétunia voit ce que tu es devenu.
- Dans quel but ? Je te préviens ... il ne se passera rien avec ta tante ! Une voiture passa, chassant l'eau sous ses roues. Severus évita d'être éclaboussé avec l'élégance d'un félin.
- Tu es Directeur de Poudlard. Harry prit un ton et une attitude professorale. Tu dois être respecté et montrer ton « pouvoir ». Tu n'es pas n'importe qui. Il soupira devant la tête du professeur qui n'entendait rien à cet aspect public de sa propre vie. Ça les impressionneras, ils seront surtout satisfaits d'être débarrassé définitivement de moi.
- Hum ... si tu le dis ...
Harry trouva une enseigne de luxe qui proposait entre autre la coiffure, de relooker leurs clients. Ayant fait le plein à Gringotts, l'argent ne manquait plus. Le Ministère de la Magie avait en plus versé à Harry une somme considérable pour remerciement indéfectible de la Nation, sous la forme d'une rente, pour lui mais aussi pour tous ses descendants.
Lorsqu'ils toquèrent à le porte du pavillon des Dursley, ils étaient sans conteste les hommes les plus chics de Londres. Severus avait laissé sa cape et ses vêtements amples pour un costume impeccablement bien taillé. Ses cheveux coupés lui ôtaient une bonne dizaine d'années. Tout était parfait. On aurait dit un père et son fils.
Dudley tout d'abord cru que c'était des enquiquineurs qui sonnaient un dimanche pour vendre un produit quelconque, puis après réflexion convint que personne ne travaillait ce jour.
- Qu'est-ce que ... il s'arrêta de mâcher en fixant Harry. Celui-ci était tellement vêtu différemment qu'il ne le reconnut pas tout de suite. Quant à l'homme plus âgé à ses côtés, c'était un illustre inconnu.
- Bonjour Dudley.
- Wha ! Harry ! Maman c'est Harry !
Pétunia arriva alors. Harry et Severus échangèrent un regard rapide, interrogatif. Elle s'arrêta toute pâle lorsqu'elle découvrit la « surprise ». Severus ! lui ! ici ! Elle se fit violence pour ne pas hurler sa colère et tourner les talons, pour s'enfuir loin. Elle inspira lentement, discrètement. Rerprends-toi, tu n'as plus rien à craindre de lui.
- Bonjour Harry, Severus. Entrez.
- Maman souffla Dudley tu connais ...
En réponse à sa question il fut fusillé du regard. Sa mère s'était fermée comme une huitre, la colère avait prit place dans ses prunelles.
Elle les invita fraichement à s'installer au salon. Dudley fut invité à les servir, ce qu'il fit avec bonne grâce. Severus déjà peu loquace, observait, à l'affût d'un danger qui ne disait pas son nom. Alors qu'ils étaient seuls il souffla à Harry s'il avait senti quelque chose d'inhabituel et surtout que Pétunia n'avait – semble t-il – rien oublié du passé.
- Tu m'étonnes murmura Harry, je sens une magie, mais ... il se pencha vers Severus, celle-ci on dirait qu'elle est différente, pas maléfique ...
- Hum ... ta tante n'est pas une sorcière, enfin ça j'en suis sûr mais je ne vois pas qui d'autre peut dégager ce que je ressens.
Il se leva. Il était ici pour une sorte de mission et devait éclaircir certains points.
- Où vas-tu ? souffla t-il à Severus alors que Dudley était parti chercher des amuse-gueule. Harry agita les mains, anxieux.
- Tu m'as bien fais comprendre qu'il fallait que je répare ? Harry hocha la tête. Bien ! c'est ce que je m'apprête à faire.
- Vas-y cool ... je veux dire ... en douceur Severus, en douceur ...
Severus le regarda d'un air qui voulait dire « pour qui tu me prends ? » et partit en direction de la cuisine.
Pétunia ne daigna pas le regarder lorsqu'il pénétra dans son espace exclusif.
- Humm fit Severus, se raclant la gorge. Il attendit que la Reine leva ses yeux sur lui. Ce qu'elle fit à contre cœur et la lueur qu'ils avaient ne lui disaient rien qui vaille.
- Que puis-je pour toi Severus ?
- Euh c'est moi plutôt ... il détestait ce genre de situation. Allez hop, crève l'abcès au moins tu seras fixé, elle ne peut pas t'en vouloir plus qu'elle ne t'en veut déjà ! Elle continuait imperturbable à dresser les entrées.
- Pétunia ... je ... voilà je voudrais m'excuser pour ce que je t'ai dit il y a très longtemps, lorsque ... je t'ai rencontré la première fois ta sœur et toi.
J'ai tant rêvé ce moment, je dois dormir en ce moment même et je vais me réveiller.
- Tu n'as pas à t'excuser Severus. Tu as dis la vérité. Elle leva son visage sur lequel un masque de colère et de ressentiment c'était juxtaposé. Tu avais raison sur ce point, je ne suis qu'une moldue. Paf ! Le plat en Pyrex dans lequel reposait un poulet parfaitement cuit venait d'exploser.
- Que ...
- Je crois qu'en notre absence un esprit frappeur, un poltergeist ? S'est installé chez nous. Elle se leva et alla ramasser les morceaux. Ses mains tremblaient à présent, une colère sourde grondait en elle. Son repas, fichu ! son esprit était au bord de l'effondrement. Je n'ai plus qu'à faire appel à un traiteur ... murmura t-elle.
- Attends ... intervint gentleman Severus qui agita sa baguette au-dessus des dégâts. Le plat repris sa forme initiale.
- Merci Severus tu n'étais pas obligé et en même temps tu me montres que je ne suis pas à ta hauteur. Bien joué. Elle ne desserrait pas les dents, tellement elle était en rage. Elle l'ignorait mais cela la rendait quasi irrésistible à son interlocuteur qui se sentait tel un dompteur faisant face pour la première fois à un fauve tout droit sorti de la jungle.
- Pétunia ... je suis désolé ... et il posa sa main sur son bras. Une décharge électrique la traversa. Son esprit fut envoyé dans le passé sans crier gare.
Ses cheveux sales, ses larmes, rien ne pourrait faire changer d'avis ce sorcier déguisé en prêtre. Son regard lubrique, ses sorts de torture commençaient à venir à bout de sa résistance. Elle avait hâte que la mort la prenne, l'emmène loin de cette pièce. Le monstre lui caressa doucement son visage avant de s'emparer de sa bouche. Elle voulut le mordre mais il s'écarta d'elle juste à temps. Il rit alors, les yeux pervers et fous posés sur elle.
- Tu me donneras ce que je souhaite le plus ... susurra t-il tandis qu'il emprisonnait derrière le mat ses poignets dans deux bracelets gravés de runes magiques.
Lorsque son esprit regagna son corps, Severus la fixait d'une manière plus qu'étrange. Je sens la magie en elle, une magie que je ne connais pas, mais une magie. Pétunia n'est plus la femme moldue que j'ai connu par le passé.
Tes yeux noirs Severus, tes yeux noirs ! ils sont imprimés en moi comme s'ils m'avaient marqué au fer rouge ... pourquoi ? Pourquoi m'as-tu fais ça ? Contre toute attente une larme, bientôt suivie par une autre coula sur sa joue. Severus en fut interdit. Pétunia s'essuya les yeux et avec l'allure d'une reine vaqua à ses tâches ménagères restantes.
- Ce n'est rien fit-elle en reniflant. Je vais réparer les dégâts. Merci ... pour le plat en pyrex.
- Tu ...
- Je vais y arriver Severus, même si je ne suis pas une sorcière ... ce n'est pas le premier repas que je fais ! lui répondit-elle sur un ton plus agressif. Va rejoindre Harry. Il eut envie de la prendre dans ses bras, de la coucher sur le plan de travail et de lui montrer que lui aussi était différent. Qu'est-ce qui m'arrive ? Pétunia ? Mais tu perds la tête ! Lily ... pensa à Lily ... c'est elle que tu as aimé, aime et aimera jusqu'à ta mort.
- Je t'ai dit que tout allait bien Severus ! Pétunia le regardait surprise, ne comprenant pas pourquoi il n'était pas déjà hors de la pièce.
- Désolé Pétunia, désolé de t'avoir dérangé.
Tu ne m'as pas dérangé Severus ! Si tu savais ! J'ai tellement pleuré à cause de toi et de tes paroles, au fait que je ne suis qu'une moldue ! J'ai même voulu mourir pour toi ! Quelle idiote j'ai été !
Severus se rassit, songeant à son entrevue avec Pétunia. Oui il l'avait blessé, oui, elle lui en voulait ça s'était indéniable et oui, il voulait réparer. Il n'avait jamais pensé à la conséquence de cette simple phrase « Toi, tu es une moldue ». Il regarda les deux jeunes homme qui semblaient s'être plongés dans un jeu vidéo purement masculin. Ils ne l'entendirent pas arriver tellement occupés à tirer sur leurs ennemis virtuels. Il les regardait jouer sans les voir, songeant que son enfance était à des années lumières de celle de l'élu. Harry sentant un regard sur sa nuque, se retourna intrigué. Il proposa à Dudley de reprendre le jeu tout seul ce que ce dernier accepta.
- Alors ? fit Harry tout en jetant un coup d'œil pour vérifier que Dudley était tellement pris dans l'action du jeu qu'aucune de leurs paroles ne pourraient être interceptées.
- Tu avais raison, elle n'a rien oublié mais je sens quelque chose d'étrange ... chez ta tante.
- Humm Dudley aussi m'en a parlé et moi aussi je le sens. Un pouvoir maléfique ?
- Non je ne crois pas. Il posa son index sur son menton et resta dans cette position quelques secondes. Et si ... une lumière se fit en lui, bien sûr qu'il avait la solution !
- Je sais ce que je vais faire dit-il à Harry dans un murmure.
- Quoi ?
Sa tante entra et disposa les entrées. Dudley lâcha son jeu et vint s'installer sans attendre.
Le repas se déroula sur une conversation des plus anodines et banales qu'entretiennent les gens civilisés lorsqu'ils n'osent pas aborder les problèmes plus pointus. Enfin, alors que le dessert se profilait, Severus prit le taureau par les cornes.
- Pétunia, Dudley, j'ai une proposition à vous faire.
Elle le regarda méfiante puis rougissante. Dudley lui avait à peine réagit.
- Voilà, Poudlard, tu connais n'est-ce pas ? Pétunia hocha lentement la tête. C'est très bon ce que tu nous a préparé au fait.
- Que veux-tu me dire Severus ? Pourquoi me demandes-tu pourquoi je connais Poudlard ?
- Je n'ai plus de professeur concernant les euh ... les ...
- Moldus. Severus faillit s'évanouir tandis qu'Harry souriait d'un air innocent après avoir prononcé le mot honni de tous les sorciers.
Severus s'obligea à ne pas baisser son regard vers son assiette dans laquelle baignait son morceau de charlotte aux fraises.
- Euh ... oui Harry a raison. Pétunia tu connais bien ton monde, je te propose donc ce poste parce que nos élèves ont besoin d'en avoir des notions.
- Et Dudley ? Et Vernon ?
- Nous avons un concierge qui se fait vieillissant. Il a besoin d'être secondé avant d'être mit au repos ... beaucoup d'élèves, même de l'étranger, vont venir à Poudlard et Dudley j'en suis sur fera parfaitement l'affaire. J'avoue que pour Vernon, je n'ai pas d'idées.
- Papa voudra pas y aller fit Dudley, mais moi franchement j'en ai envie ! Et toi maman ?
- Tu permets que je réfléchisse ? fit Pétunia à Severus. Ce dernier lui sourit, charmeur et magnétique à souhait. Ces yeux noirs ... comment les oublier ! Il est si magnétique ... si ... intelligent ! et sa voix !
- Ma tante ? Tu vas bien ?
- Euh oui oui ... je suis désolée, j'imaginais Poudlard, j'aurais tellement aimé y avoir été ... avec ma sœur ...
Les deux sorciers auraient pu la croire, mais la couleur rosée sur ses joues, ses yeux qui pétillaient de joie, et ce trouble qui l'envahissait dès que ses yeux se posaient sur celui qui aurait pu être le père d'Harry, ne trompaient aucun des hommes autour de la table.
- Maman ?
- Oui Dudley ?
Sa mère était toute chose, c'était évident que Severus ne l'indifférait pas autant qu'elle l'aurait juré à son arrivée. Il se tourna vers Harry, certain que ce dernier savait quelque chose.
- Non rien. Harry ? Tu viens ?
- Dudley se cherche, n'est- ce pas mon chéri ? Dudley était entrain de quitter la table, suivi par un Harry moins pressé.
- Oui ... répondit le garçon. . Il y aurait bien l'informatique mais c'est plein et il faut que je fasse une remise à niveau ...
- Poudlard ne connaît pas l'informatique mais ... mais je suis prêt à faire un effort pour nos élèves. Si cela est devenu très important pour les ...(il ferma les yeux et fut surpris de sa propre résistance à prononcer ce mot « moldu »), moldus.
- Ça l'est fit Dudley. Je voulais me diriger vers une filière sur les effets spéciaux mais bon c'est très select.
- Nous allons réfléchir Severus. Promis ... le problème ne vient pas tellement de nous tu t'en doute.
- Oui ... je crois savoir de qui il vient et il fixa intensément sa mère. Celle-ci se trouva la tache de débarrasser la table pour faire taire son trouble envahissant.
