Coucou ! :)
Merci infiniment pour toutes vos reviews ! Pour les fidèles lecteurs, voici le quatrième chapitre ! J'avais décidé de suspendre l'écriture de cette fiction à cause du tremblement de terre, après une bonne dizaine d'année ou je n'en ai plus senti, ça m'a foutu un sacré choque ! De quoi avoir des hallucinations flippantes quand je suis allongée à ne rien faire. Mais je me suis désistée.
Une pensée à Cory Monteith, un ange parti trop tôt ! J'ai vraiment été bouleversée en apprenant la nouvelle. Rest in peace big guy!
Sidonie : Je m'en serais chargée un jour ou l'autre, de toute façon. Nooon, je suis sûre que tu cherches super bien, laisse moi me réjouir de ce compliment... lol, merci beaucoup j'adore quand tu te trompes !
Lyna B : D'abord, un grand mercii ! Je n'en suis que plus ravie ! On y arrive, doucement mais sûrement. Après tout, Poudlard est la principale source de magie, normal que j'y tienne tant.
Gorkax : Tu es revenue finalement ! J'y crois pas, ça... Je considère cela comme une victoire personnelle :) lol, contente que t'aies trouvé ton compte en « action », j'espère de revoir !
Lucie D : Merci Lucie, je ne peux vraiment pas te répondre vu que moi-même j'en sais trop rien, mais je dois avouer qu'il commence à me manquer, je ferais en sorte de pas trop m'attarder dessus tout en restant crédible !
N'oubliez pas de me laisser vos avis inestimables, il n'y a que ça qui me fait avancer.
Bonne lecture à tous !
Perturbée, Hermione ramassa la flasque encore à moitié pleine puis s'accroupit en face de la souris qui gesticulait dans tous les sens.
- Euh... maintenant que ça me revient, je ne pense pas que ce soit vraiment du jus d'oeillet, dit-elle confuse.
Elle approcha avec prudence sa main de la souris quand cette dernière lui griffa rageusement l'index.
- Aïe ! s'exclama Hermione en portant son doigt à ses lèvres, ce n'est quand même de ma faute si tu es têtu, Malefoy ! Vu ta réaction, je pense que tu as gardé ta conscience humaine.
Hermione tira sa baguette. Elle était plutôt douée en Legilimancie qu'elle exerçait souvent durant son temps libre. Le résultat ne se montrait pas toujours satisfaisant lorsque la personne visée s'insurgeait à l'intrusion, mais avec le consentement de Drago, elle pourrait facilement accéder à ses pensées.
- Malefoy, si tu pratiques l'Occlumancie ne résiste pas à l'intrusion de mon esprit.
Elle ferma les yeux pour mieux se concentrer puis énonça :
- Legilimens !
Une aura rouge vaporeuse apparut atour du corps frêle de la petite souris blanche.
« Espèce de sale Sang-de-Bourbe ! Qu'est-ce que tu m'as foutu ? », pensait Drago.
- Tu n'avais qu'à m'écouter ! répliqua-t-elle.
« Rends moi ma forme humaine ! », protestait-il.
- Ce n'est pas aussi simple, je dois faire quelques recherches pour savoir comment m'y prendre.
« Tu ne perds rien pour attendre, je vais te tuer ! ».
La souris se fraya un chemin entre les pieds de Hermione puis s'enfuit. La jeune Gryffondor, exaspérée par le comportement de son homologue, le poursuivit le long du rayon de Potion puis se jeta sur la petite bête en l'emprisonnant dans ses deux mains.
- Où tu comptais t'enfuir comme ça ?
« En presque sept ans, je crois que je n'aurais pas pu te détester autant que maintenant, Granger ! », pensa Drago désespérément.
Hermione se releva gauchement puis attrapa la souris par sa queue et la glissa à l'intérieur de son sac.
- Reste tranquille si tu veux retrouver ta forme humaine !
Pour toute réponse, son sac frétilla. Elle se dirigea ensuite vers la bibliothécaire pour enregistrer le livre qu'elle avait prit mais Drago était résolu à lui corser la tâche, son sac se mît à gigoter fiévreusement pendant que Irma notait le titre du livre et la date d'empreint. Hermione écarquilla les yeux de panique puis donna un grand coup de poing à son sac qui redevint instantanément immobile. La bibliothécaire leva les yeux vers elle et fronça les sourcils.
- Vous allez bien, miss Granger ? questionna-t-elle en arrangeant ses lunettes rondes.
- Oui, je vais très bien, répondit Hermione en affichant un sourire forcé.
La préféte en chef sortit précipitamment de la bibliothèque en refermant la porte derrière elle.
- C'est très malin Malefoy !
« Je te hais, Granger, tu le savais ? ».
- Oui, tu m'en a fait part tous les jours durant six ans ! Et c'est tout partagé.
Deux élèves de première année qui passaient par là lui lancèrent des regards stupéfaits en se murmurant des propos imperceptibles.
- Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? On n'a plus le droit de parler tous seul maintenant ? vociféra-t-elle, furieuse.
« Je ne sais pas à qui tu parle mais j'étouffe dans ce sac, je trouve qu'il contient trop de livres pour une journée de week-end ».
- Personne ne t'a demandé ton avis ! aboya-t-elle.
« Ça en dit long sur ta vie sociale. Tu passes donc tes week-end à dévorer des livres au lieu de décompresser un peu ? ».
- Et si tu te la fermais un peu, ça te dis ?
« Techniquement je ne suis pas entrain de parler, et rien ne pourra m'empêcher de te faire rappeler encore et encore à quel point tu es stupide ! ».
Hermione tira sa baguette et rompit le sort de Legilimencie.
- Voilà, espèce de crétin ! Confie tes pensées au vide maintenant.
La jeune Gryffondor arriva à son appartement, balança son sac à sorcier et se jeta sur le fauteuil. Quand Drago sortit timidement du sac, elle jeta une seconde fois le sortilège de Legilimencie avant d'ouvrir le gros grimoire qu'elle venait d'empreinter.
« Commence à lire pour nous trouver une fichue solution qui me rendra ma forme humaine ! », pensait Drago avec insistance.
- Oh ! Harry, Ron ! Sauvez-moi ! se lamentait Hermione.
« Qu'est-ce ces deux guignols ont à faire la dedans ? Bien sur ! Pas de problèmes sans nos chers Potter et Weasley. Et en passant, pourquoi tu transporte du Polynectar avec toi ? Non, la question correcte serait : qui voulais-tu métamorphoser en souris blanche et pourquoi ? ».
- Mêle-toi de ce qui te regarde, Malefoy ! Tu étais uniquement censé savoir que la flasque contenait du jus d'oeillet.
« Mais à priori, c'était loin d'être du jus d'oeillet qu'elle contenait, vu mon état ».
Drago venait de grimper sur la petite table basse et ses yeux rouge sang fixaient Hermione.
- Ton état serait resté tel quel si tu avais daigné te mettre à mes ordres !
« Je ne me mets aux ordres de personne ! », pensa-t-il avec hargne.
Hermione frissonna en repensant à la discussion que Harry avait épié par mégarde, entre Malefoy et Nott. Ce dernier lui reprochait de n'en faire qu'à sa tête envers le Mage Noir. À présent, elle se demandait surtout pourquoi faisait-il ça.
« Au fait petite Granger, comment as-tu deviné que je pratique l'Occlumancie ? », questionna Drago.
Hermione haussa les épaules.
- Je ne l'ai pas deviné, je l'ai juste supposé ! Pour la simple et bonne raison que les meilleurs occlumens sont les plus calculateurs et les plus sournois.
Voyant que Drago ne répondait plus, Hermione se mît à feuilleter son livre.
- Donc, ajouta-t-elle sans ôter ses yeux de sa lecture, tu confirme bien que tu es occlumen, n'est-ce pas ?
« Je ne confirme rien du tout, Granger ! Ferme ton grand clapet et continue tes recherches ».
Une demi heure plus tard, plongée dans la fièvre du travail, Hermione notait les dénouements de ses recherches sur un rouleau de parchemin. Comme à chaque fois qu'elle travaillait ardemment, ses cheveux s'élevaient en bataille sur son crâne et de légères gouttes de sueurs perlaient sur son front. Drago revint après avoir fait le tour de l'appartement et sauta sur la petite table basse. Hermione ne sembla même pas le remarquer.
« C'est normal que je trouve des livres à même le sol de tes chiottes, Granger ? ».
Hermione releva la tête vers lui et déposa sa plume.
« Par le caleçon de Melin ! C'est quoi ces cheveux ! »
- Ne t'avise plus jamais de remettre tes sales pattes dans mes toilettes, Malefoy ! menaça-t-elle.
« Et tu as trouvé de quoi me rendre humain ? ».
Hermione soupira en remettant en ordre ses cheveux avant de déclarer :
- Je pense que, pour le bien de tous, il serait préférable que tu gardes cette forme là.
« QUOI ?! ».
- Pas de panique, je plaisante, le rassura-t-elle, j'ai trouvé à peu près ce qu'il nous faut.
« Comment ça, à peu près ? », demanda-t-il excédé.
- Tu imagine bien que les livres en dehors de la réserve n'apportent pas grand chose comme informations ! J'ai trouvé une liste de potions qui pourraient te rendre ta forme humaine, mais les étapes de préparation et les ingrédients n'y sont pas.
« Donc si je comprends bien, je suis coincé avec la fille la plus chiante et damnée de Poudlard, avec l'apparence d'une vulgaire souris blanche et avec pour seule solution, d'ingurgiter des potions au hasard pour reprendre ma forme initial ? C'est ça, hein ? ».
- Regarde le bon côté des choses ! Ton absence sera un répit agréable pour les jeunes sorciers que tu martyrise à longueur de journée avec tes deux porcs de Crabbe et Goyle et ça te permettra aussi d'explorer les recoins de tes origines.
« Très drôle, Granger ! Vraiment hilarant ! Mais tu feras moins la fière quand j'aurais repris ma forme humaine ».
- SI tu reprends ta forme humaine, corrigea-t-elle, et pour ça, tu auras besoin de moi, alors reste sage ! Bon, je vais prendre une douche.
Elle verrouilla la porte de sa chambre avant d'aller s'enfermer à double tour dans la salle de bain. Elle se glissa sous les jets apaisants de l'eau chaude et tenta d'oublier toute cette mauvaise fortune qui surgissait dans sa vie depuis le début de l'année.
Quand elle eut finit, elle se vêtît puis ouvrit lentement la porte, elle entra discrètement dans le salon en cherchant des yeux la petite souris blanche.
- Malefoy ? apostropha-t-elle.
Le bruit du couinement provenant de son sac à sorcier attira son attention. Elle soupira et se dirigea d'un pas ferme vers le sac en cuir qu'elle attrapa et secoua brutalement, Drago en dégringola avec un morceau de parchemin dans les pattes.
- Qu'est-ce que... commença Hermione en attrapant le rongeur par la queue.
Elle lui arracha le bout de parchemin des pattes et l'examina attentivement avant d'afficher un air horrifié. Elle lâcha la queue de son homologue qui s'écrasa par terre avant de courir se réfugier derrière le pied de la table basse.
- Malefoy ! hurla-t-elle, mon devoir sur la Révolte des Gobelins ! Tu viens de mâchouiller mon devoir sur la Révolte des Gobelins !
« Vraiment désolé ! Mais je commence à avoir un penchant à grignoter tout ce qui est inerte et sans goût. Mais bon, je trouve qu'il y avait un peu trop d'encre ! Évite de rédiger autant la prochaine fois ».
- Espèce d'enflure ! vociféra-t-elle en brandissant un des gros dossiers du fauteuil, tu vas finir en pâté pour Pattenrond !
Elle se rua sur la souris en martelant le sol à coup de coussin dans toute la pièce.
« Tu es vraiment trop susceptible, Granger ! », pensait Drago en cavalant dans toute la pièce.
Une dizaine de minutes plus tard, la jeune Gryffondor, épuisée, s'effondra sur le fauteuil en proférant toutes les injures de son vocabulaire. Drago, se sachant hors de danger, se hissa sur la petite table basse et lui fit face.
« J'ai faim, Granger ! Je veux manger ! » pensa-t-il.
Pour toute réponse, Hermione le mitrailla du regard, elle se demandait si elle pouvait se débrouiller du poison pour rongeurs dans le bureau de Rusard. Elle se releva et remit en place le dossier en tissu du fauteuil.
- Tu ne perds rien pour attendre, menaça calmement Hermione en se rendant dans sa chambre.
Elle revint quelques instants plus tard avec la cage en bois où elle transportait Pattenrond dans la gare de King's Cross.
« C'est ça ! Prends tes rêves pour une réalité », pensa Drago.
Il se mît à courir alors qu'elle essayait une seconde fois de le rattraper, mais sans succès. Irritée au plus haut point, Hermione se rendit à la salle de bain pour récupérer sa baguette puis la riva vers le rongeur.
- Stupéfix !
Drago s'immobilisa, raide comme un piquet, puis retomba sur le dos. Elle le saisit et le balança dans la cage au mépris de ses protestations mentales.
« Très bien ! Garde moi enfermé jusqu'à ce que je redevienne normal et que je te trucide, mais je veux reprendre ma mobilité quitte à être séquestré dans ce trou qui empeste le chat mouillé ! ».
- Enervatum, prononça Hermione.
Quand il eut reprit ses mouvements, la jeune Gryffondor enfila son gilet et avant de sortir lui lança :
- Je reviens bientôt.
« Ramène moi quelque chose à manger, où tes livres prendront cher ».
Elle sortit du château et se rendit au Parc. Certains élèves prenaient le chemin de Pré-au-Lard tandis qu'elle marchait précipitamment vers le stade de Quidditch. Une fois dans les gradins, Hermione fut soulagée d'apercevoir Ginny et s'approcha d'elle.
- Aller Harry ! criait-elle, attrape ce fichu Vif d'or !
- Dis donc, Ginny ! Tu es bien enthousiaste pour un simple entraînement, fit remarquer Hermione.
La jeune rousse sursauta puis se tourna vers son amie qu'elle gratifia d'un charmant sourire.
- Ah, salut Hermione ! s'exclama-t-elle, ils sont vraiment lamentables aujourd'hui !
Hermione suçota son doigt et le porta en l'air.
- C'est le vent, expliqua-t-elle, ça perturbe les lancers du Souaffle.
Ginny haussa les épaules d'insouciance.
- Je ne te vois pas souvent pendant les entraînements, constata-t-elle, voir pas du tout.
- Je suis venue parler à Harry et Ron, dit la jeune Gryffondor en observant ses deux meilleurs amis voltiger sur leurs balais.
Hermione agita énergiquement ses bras dans les airs pour attirer l'attention de l'un d'eux mais en vain. Énervée par tant d'inattention, elle cingla vers Lee Jordan qui astiquait son haut parleur en bronze et le lui arracha des mains.
- Désolée, Lee ! dit-elle, j'ai une importante communication à faire.
Elle porta le haut parleur à la hauteur de son visage et cria dedans mais sa voix ne portait pas plus loin que la bordure de la tribune des Gryffondor.
- Il est à l'envers, prévint Lee.
Hermione marmonna un « évidement » et le tourna dans l'autre sens.
- Harry Potter et Ronald Weasley sont priés de quitter immédiatement le stade !
Harry stoppa subitement la course de son balais tandis que Ron dégringola maladroitement du sien, il évita à l'arraché une chute périlleuse en s'agrippant au bras de son balais. Sous les rires des élèves, les deux Gryffondor délogèrent les lieux pour rejoindre Hermione.
- Tu aurais pu te contenter de nous interpeler des gradins, Hermione ! s'énerva Ron.
Hermione ignora royalement ses propos.
- J'ai eu un... un énorme petit soucis avec le Polynectar, avoua-t-elle nerveusement.
- Quoi ? s'exclama Harry, ne me dit pas qu'il n'en reste plus !
Elle tira la flasque de sa poche et la tendit à Harry, il en vérifia le contenu et soupira de soulagement.
- Ce n'est pas grave, dit-il, ça devrait largement nous suffire.
- Euh... ce n'est pas vraiment le problème à vrai dire.
Elle leur expliqua clairement l'incident qui s'était produit à la bibliothèque.
- Malefoy ? Merde ! Tu veux dire... il... en souris chez toi ? Non... ça j'y crois pas ! balbutia Harry déconcerté.
- Oh ! Hermione, tu as fais fort là, adula Ron.
- Ce-n'était-pas-intentionnel ! ronchonna Hermione à l'intention du rouquin.
Angelina Johnson, la capitaine de l'équipe de Gryffondor, survola le terrain sur son balais et fit halte à leur niveau.
- Pourrait-on connaître le motif d'une telle interruption de l'entraînement de mes joueurs ? demanda sèchement la jeune fille au teint doré. Les entraînements sont cruciaux cette année en raison du temps libre restreint pour les septième année, Granger ! Tu es censée être au courant, en tant que préfète en chef, non ?
- Je m'excuse, Angelina, mais c'est vraiment important ! supplia Hermione.
Angelina leva les yeux au ciel puis examina Ron et Harry, l'air de réfléchir.
- Vous deux, vous avez intérêt à vous rattraper la prochaine fois, lança-t-elle.
Elle braqua son balais en direction du stade et beugla :
- Hooper ! Londubat ! Sur le terrain et tout de suite ! Vous remplacerez Potter et Weasley aujourd'hui !
Hermione lui adressa un sourire auquel la jeune poursuiveuse ne répondit même pas, elle se redressa sur son balais et s'élança dans les airs vers le terrain.
- Qu'est-ce qu'elle est devenu désagréable ! s'exclama Ron.
- Neville joue au Quidditch ? demanda Hermione un peu ahurie.
- Disons que... il essaye, répondit Harry.
- Il est complètement lamentable, soupira Ron, il n'arrive même pas à tenir plus de cinq minutes sur un balais.
Les trois amis quittèrent le Parc pour se rendre au château. À présent, ils marchaient dans les couloirs quasi-désertés de l'établissement en direction de l'appartement préfectoral de Hermione. Cette dernière prononça le mot de passe de la semaine au tableau magique et ils entrèrent dans le salon.
- Woah ! s'exclama Ron, j'aurais aimé être nommé préfet juste pour ça !
- Tu oublies, sans doute, les rondes à faire, la préparations des événements importants, les... enummerait Hermione.
- Ouais, ça va ! Ça va ! l'arrêta Ron, ennuyé, on a compris...
Pendant que ses deux amis visitaient brièvement l'endroit, elle alla chercher la cage en bois à l'autre bout de la pièce.
- Est-ce que l'un d'entre vous est doué pour intégrer son esprit dans celui d'un autre pendant la Legilimencie ? questionna Hermione en déposant la cage sur la table.
Ils hochèrent leurs têtes en signe de négation puis s'approchèrent au moment où Hermione lançait le sort de Legilimencie.
« Tu es bête ou quoi, Granger ? Je t'avais demandé de me ramener à manger et non pas ces deux crétins ! ».
- Pour l'instant tu vas te contenter de ronger le bois de cette cage, toi qui commence à avoir un « penchant pour tout ce qui est inerte et sans goût », répliqua-t-elle.
- Qu'est-ce qu'il dit ? demanda Ron en approchant sa tête de la cage.
« Dis à la belette de ne pas m'approcher ! ».
- Il s'excuse d'avoir été si odieux et stupide pendant toutes ces années, et il me supplie de lui rendre son apparence, répondit Hermione en souriant.
« Quoi ?! Répète un peu ça espèce de misérable Sang-de-Bourbe ! », se piqua Drago, rageusement.
- Quelle indignité ! dit Ron avec mépris, on devrait le donner à manger à Pattenrond !
- C'est ce que je me disais tout à l'heure ! s'écria Hermione.
- Vous êtes complètement malades ! riposta Harry, il pourrait en mourir empoisonné !
- Hum, pas bête, fit Hermione.
- Je suis presque certain que Miss Teigne, la chatte de Rusard, pourrait avaler n'importe quelle cochonnerie sans en tomber malade, suggéra Harry.
« Quel sens de l'humour sans égal ! Fais savoir au balafré et à la belette que vous serez tous les trois renvoyés de Poudlard quand j'aurais dénoncé vos manigances que vous exposerai sous Veritasium, » menaça Drago.
Hermione tapota affectueusement un des bords de la cage et déclara sur un ton faussement amical :
- Un rapide sortilège d'Amnésie et je te ferai même oublier ton prénom.
Elle rompit le sort de Legilimencie et se tourna vers des deux amis.
- Au moins on sait que la potion fonctionne parfaitement, dit Harry.
- Et quelle est la solution pour annuler la métamorphose ? demanda Ron en asticotant Drago avec une plume.
Hermione déroula le parchemin posé sur la table.
- D'après ce que j'ai pu trouvé dans un livre de Potion, il y a trois breuvages qui pourraient restituer l'apparence humaine, mais la convenance de chacun dépend du type de Polynectar utilisé, expliqua-t-elle.
- Mais il n'y a qu'un seul type de Polynectar ! notifia Ron.
- Oui, on peut dire ça, approuva Hermione, mais il existe trois procédés différents pour le préparer Ronald ! Tu ne prête donc jamais attention à ce qu'on nous enseigne en cours ?
- Donc, ajouta Harry, chaque breuvage annulatif est complémentaire à un type de Polynectar.
- Exacte, affirma la jeune Gryffondor, donc à moins de demander à Rogue le type de Polynectar qu'il possède, j'aurais besoin d'accéder à la réserve pour me procurer un livre qui donne les ingrédients et les étapes à suivre.
- Ça sent le plan foireux, fit remarquer Ron en s'asseyant sur le fauteuil.
- On doit récupérer les clés de la réserve ainsi que de la bibliothèque dans le bureau de Rusard, dit Hermione.
Ron émit une espèce de rire nerveux.
- Comment ça « on » ? demanda-t-il.
- Bon, je suis de service pour faire une ronde au rez-de-chaussez ce soir, toi et Harry pourriez détourner l'attention du concierge pendant que je fouillerais son bureau pour trouver les clés, répondit la jeune Gryffondor.
- On pourrait utiliser ma cape d'invisibilité, proposa Harry.
- Parfait ! adhéra la préfète en chef, on se retrouve juste après le couvre-feu, devant la salle de métamorphose.
oOo
Après le dîner, Harry rabattit le capuchon de sa cape d'invisibilité sur sa tête et celle de Ron. Ils dégringolèrent maladroitement les escaliers du dortoirs des garçons et s'arrêtèrent au seuil de l'entrée de la tour des Gryffondor.
- Il semblerait que tu aies négligé le fait qu'on est un brin plus grand qu'il y a quelques années, railla Ron.
- On ne pouvait pas utiliser une cape temporelle ! riposta Harry, Rusard l'aurait découvert au moindre bruit.
- Comment pourrait-il ? s'étrangla le rouquin, c'est un Cracmol !
- Et sinon, dit Harry, agacé, ça te dirait de la boucler parfois ?
Ils continuèrent d'avancer étroitement dans l'obscurité de la nuit jusqu'à être arrivés devant la salle de métamorphose où Hermione faisait les cents pas, la baguette illuminée en main.
- Hermione ! l'interpella Harry en chuchotant.
Voyant le regard de sa meilleure amie perdu, il ôta la capuche de la cape. Les têtes de Harry et Ron donnaient l'impression de flotter dans le vide.
- Ah, vous voilà, dit-elle en s'approchant d'eux, je viens de passer devant le bureau de Rusard et il y est encore, je crois qu'il n'est pas prêt d'en sortir. Essayez de faire du bruit pour attirer son attention et j'en profiterai pour récupérer les clés.
- Ça marche, répondit Harry, par contre, garde Ron avec toi... on ne tient plus à deux sous cette cape, c'est à peine si je peux faire un pas sans trébucher.
Ron se dégagea de la cape et soupira d'aise. Puis, tous les trois, ils longèrent à pas feutrés le long couloir sombre du rez-de-chaussée avant d'apercevoir la lumière du vieux cagibi servant de bureau au concierge.
Hermione et Ron se dissimulèrent dans l'angle du mur au moment où Harry dépassait la porte du bureau en courant et en poussant des rires taquins.
Argus Rusard, plongé dans la rédaction d'un énième rapport contre un élève, releva la tête brusquement.
- Tu as entendu ça, ma belle ? demanda-t-il à son vieux Maine Coon flétri.
Il décrocha une des lampes à pétrole suspendue au plafond bas et sortit de la petite pièce.
- Qui va là ? tonna la voix sifflante de Rusard.
Une second rire résonna dans le vide du couloir.
- Un vil garnement qui ose transgresser les lois du règlement intérieur, grinça-t-il à sa chatte, si j'attrape le vaurien qui se risque à rôder dans les couloir à cette heure-ci, je l'enchaînerais au sommet de la tour d'astronomie pendant une bonne semaine ! ajouta-t-il en criant.
Accompagné de sa fidèle chatte, il s'éloigna en direction des bruits de pas de Harry tandis que Hermione et Ron venaient de surgir de l'angle du couloir. Ils s'engouffrèrent dans le bureau et inhalèrent, avec dégoût, l'odeur nauséabonde de poisson fris qui empestait la pièce.
- Ma parole ! Il a les chiottes intégrés dans son bureau ou quoi, pesta Ron en se bouchant de le nez, cherchant des yeux l'origine de cette atroce pestilence.
Hermione se hâtait déjà à chercher dans les placards en bois alignés le long des murs.
- Fouille dans les tiroirs de son bureau ! ordonna-t-elle.
La jeune Gryffondor dispersait à fond de train les vieux dossiers de punitions à la recherche du trousseau de clés. Ron faisait de même dans les tiroirs, tombant parfois sur d'étranges babioles.
- C'est bon ! s'écria Hermione à voix basse, je les ai !
Elle tenait en mains l'énorme trousseau de clés qu'elle trouva accroché sur la façade intérieur d'une portière des placards en bois. Sous la surprise, Ron laissa tomber la masse de chaînes et de menottes que le concierge prenait soin de bien astiquer au cas où les punitions physiques seraient de nouveau tolérées, pour son plus grand plaisir. Le heurt des attaches en fer avec le sol provoqua un énorme vacarme. Choquée, Hermione remua lentement les lèvres et Ron pouvait y lire « espèce de sombre imbécile ! », à ce moment là, la tête affolée de Harry, dépourvue de corps, venait de pénétrer dans la pièce glauque, suivi de miss Teigne qui miaulait agressivement contre les trois intrus.
- Il arrive ! souffla Harry, on est fichus !
Rusard accourait du plus vite qu'il pouvait avant d'atteindre son bureau, essoufflé. Il dirigea sa lampe à pétrole vers les malheureux qui osaient se payer sa tête, prêt à leur infliger mille punitions.
- J'étais pourtant certain d'avoir entendu du bruit ! cracha le concierge, dépité de trouver l'endroit désert.
Il se baissa vers sa chatte pour la caresser affectueusement quand il remarqua son trousseau de clés par terre ainsi que son troisième tiroir entrouvert, laissant dépasser ses précieuses chaînes et menottes. Ivre de rage, il accrocha les clés à sa ceinture puis referma le tiroir d'un coup de pied violent.
- Encore cet abruti de Peeves ! grogna-t-il en reprenant la rédaction de son rapport.
Les trois amis ouvrirent en même temps leurs yeux, Harry retira sa cape et se releva.
- On est où ? demanda Ron hébété, je pensais qu'on ne pouvait pas transplaner à Poudlard.
- On n'a pas transplané, dit Harry, c'est... la Salle sur Demande.
- Incroyable ! s'exclama Ron en se relevant à son tour, on dit qu'elle apparaît uniquement quand une personne en a vraiment besoin.
- Et quand on y est, elle se transforme alors en ce que le sorcier a besoin sur le moment, poursuivit Hermione en admirant les montagnes de livres empilés dans toute la pièce.
- C'est ici que j'ai caché le journal de Tom Jedusor, avoua Harry, enfin... l'autre fois c'était plutôt une salle qui contenait des tas d'objets bizarres.
Hermione caressa la couverture d'un vieux bouquin et inhala avec plaisir l'odeur qui embaumait la pièce.
- Il faudrait absolument que je revienne ici ! s'exclama-t-elle.
- Impossible, prévint Ron, il est quasiment impossible d'y entrer dans cette salle ou bien même de la retrouver, c'est elle qui te trouve.
À l'entente de la voix du rouquin, Hermione se rappela qu'il était la cause de leur presque-renvoi.
- Comme tu as l'air d'être au courant de tellement de choses, je me demande bien comment a pu t'échapper l'idée qu'on risquait le renvoi si Rusard nous avait surpris dans son bureau, à gentiment farfouiller dans ses affaires !
- Tu pourrais te montrer un peu moins « hystérique » quand tu annonces que tu as trouvé quelque chose, ça m'éviterais de prendre peur, objecta Ron.
- Regardez un peu ! Cette pile ne contient que des livres de Potion, annonça Harry.
Hermione s'accroupit face à l'amas de livres et examina rapidement leurs contenu.
- C'est incroyable ! s'exclama-t-elle en secouant la tête, je crois bien que cette salle contient tous les livres qui sont censés être dans la réserve.
Pendant que Harry et Ron consultaient respectivement les deux piles de Quidditch et de sortilèges facétieux, Hermione, elle, furetait dans l'amas de Potion à la recherche du livre qui contiendrait les étapes de préparation des trois breuvages qui annulent les effets des trois sortes de Polynectar.
Soudain, elle bondit en émergeant de sa lecture.
- J'ai trouvé ! s'écria-t-elle en brandissant le gros livre.
Harry effleura la vieille couverture rigide du grimoire parsemée d'écorchures, ses bordures en rivets, autrefois argentés, se confondaient désormais presque avec la couleur Bistre, grisée par la poussière. Le gros livre étouffa un ricanement quand Harry ôta ses doigts, couverts de poussière.
- Je rêve ou ce livre vient de rigoler ? demanda Ron, abasourdi.
Le milieu du grimoire se cisela en forme de deux grands yeux et une bouche, il éternua brutalement et la poussière fut propulsée sur les trois Gryffondor qui éternuèrent à plusieurs reprises à leur tour, avant de retrouver leur calme.
- Ah, ça fait du bien ! s'extasia le livre, on ne prend jamais la peine de nettoyer les livres de la réserve, si ce n'est pas malheureux !
- Vous parlez ! s'exclama Hermione en le laissant tomber.
Le vieux livre poussa une gueulante en heurtant le sol.
- Hé ! Ce n'est pas des manières de jeter un livre aussi vieux et important que moi ! beugla-t-il.
Hermione le ramassa et se confondit en excuses.
- Et oui je parle ! confirma-t-il, je ne vois ce qu'il y a de si incrédule, on est à Poudlard ; des tableaux parlent, des escaliers bougent dans tous les sens, des baguettes magiques lancent des sorts, un vieux fou de concierge a une connexion quasi-psychique avec son chat et il aura fallut que ce soit un grimoire magique parlant qui apparaisse bizarre !
- Ecoutez, on besoin de vous, dit Hermione. Enfin, de votre contenu...
- Besoin de moi ? Hmm... intéressant ! s'exclama-t-il, besoin d'une potion de Mémoire, d'un philtre d'amour, d'une potion de beauté, d'un Gaz Étrangleur, d'un Antidote aux Poisons Courants, d'un élixir d'Euphorie, de Felix Felicis, de Poison Pernicieux... oh ! Préférez-vous que je les énumère par ordre alphabétique ? Très bien ! J'ai de tout, Aiguise-Méninge, Amnésie, Armotentia...
- Ça suffit ! s'écria Harry au bord du désordre mental, on veut juste vous emprunter quelques temps pour préparer les trois breuvages annulatifs du Polynectar.
Le grimoire plissa les yeux en observant Harry, ce dernier se sentit soudainement mal à l'aise face... à un vieux livre !
- Harry Potter, murmura-t-il, est-ce bien vous ?
- Euh... oui, c'est bien moi, répondit l'Élu un peu gêné.
- Intéressant ! clama-t-il, Harry Potter !
- Ça fait un bout de temps que plus personne ne semble surpris en me voyant, dit Harry, presque sept longues années, à dire vrai.
- Naturellement, ceux qui vous ont déjà vu depuis le temps ont fini par prendre l'habitude. Dans la réserve, certains livres historiques ne cessent de parler de vous ! Particulièrement un, qui a été malhabilement déposé sur mon étagère... il ne cesse de me rebattre les oreilles avec mille et une informations sur Harry Potter ! Hum... il n'avait donc pas tort à propos de la cicatrice.
Le grimoire marqua une pause et sembla faire une moue.
- Mais dis-moi, pourquoi trois breuvages ? demanda-t-il, déconcerté.
- Euh... à vrai dire, commença Hermione, on a eu en possession du Polynectar et mon homologue en a prit par accident, il... il s'est retrouvé transformé en souris blanche !
Le grimoire éclata d'un grand rire moqueur avant de déclarer :
- La durée minimale de préparation d'un unique breuvage parmis les trois est de 8000 minutes ! Si la première potion ne marche pas, il lui faudra attendre encore une bonne quinzaine de jours supplémentaire, votre ami.
Hermione pâlit, elle ne savait si elle devait lui répondre sa frustration face à un tel soucis majeur de temps ou si elle devait lui signaler que Drago Malefoy était loin d'être son ami. Finalement, ce fut Harry qui prit la parole.
- C'est impossible ! s'écria-t-il, même si on savait quel breuvage utiliser, c'est beaucoup trop de temps à attendre !
- Hmm... ou bien... commença le vieux livre.
Le grimoire fit mine de réfléchir, et voulant prolonger le suspens ainsi que l'inquiétude et l'angoisse des trois fugitifs nocturnes, il redevint silencieux pendant une bonne minute.
- Alors ? s'impatienta le rouquin, ou bien quoi ?
- Ne me rudoyez pas ! vociféra le grimoire, je suis bien trop vieux pour céder à l'empressement des jeunes. Donc, je disais, si il vous reste un extrait de Polynectar je pourrais l'examiner et vous en donner la nature.
- C'est toujours ça de pris, soupira Harry, prends le avec toi, Hermione, et montre lui la flasque. Malefoy peut bien rater une journée sous prétexte qu'il est malade, et demain, on essayera de se faufiler dans la réserve de Rogue pendant qu'il aura le dos tourné ou à l'infirmerie, pour chercher le breuvage.
- Comment on fera pour le remettre dans la réserve, une fois qu'on en aura plus besoin ? demanda Ron.
- Plus besoin ? s'indigna le grimoire, vous pourriez utiliser des propos moins outrageants, Poils de Carotte !
Hermione et Harry pouffèrent de rire à cette appellation, puis se ravisèrent en rencontrant le regard noir de Ron. Les trois Gryffondor repérèrent une porte au fond de la pièce et s'y rendirent en s'insinuant dans le labyrinthe que formaient les piles entassés l'une devant l'autre, formant ainsi de hauts murs de livres. Ils posèrent un pas silencieux sur le sol du couloir et la porte derrière eux se volatilisa. Un mètre à droite, se trouvait celle de la salle de métamorphose, l'endroit où ils s'étaient retrouvés plus tôt. Et plus loin dans le couloir, les lumières du bureau de Rusard étaient éteintes.
- Il est sûrement parti se coucher, chuchota Ron.
- Bon, je vous laisse, dit Hermione sur la même voix, bonne nuit !
- Bonne nuit, répondirent ses deux amis en s'éclipsant au bout du couloir.
Le grimoire magique sous le bras, Hermione alluma sa baguette et marchait lentement, en direction de son appartement. En tout état de cause, elle ne risquait rien puisque c'était son heure et son endroit de patrouille.
La grande porte en bois massif claqua. Un long soupir souligné. Et Hermione qui se laissa tomber désespérément sur le fauteuil moelleux, non sans proclamer quelques jurons.
- Cache ta joie de me revoir, Granger ! couina une voix depuis la cage en bois.
- Tu es peut être content, toi ? demanda-t-elle d'une voix moue.
- Oh, je suis au comble de la joie ! Rien ne me ferait plus plaisir que de revoir notre chère petite Granger, crissa la voix de Drago.
- Arrête d'ajouter « petite » devant mon nom !
Hermione se redressa subitement. Minute, pourquoi Drago parlait-il ? Elle n'avait pas lancé de sort en rentrant et puis ce qu'elle entendait, c'était clairement une voix, pas une pensée. Une voix très aiguë et couinante.
- Tu parles ? demanda-t-elle en écarquillant les yeux de stupeur.
À ce propos, Hermione se rappela de l'existence du vieux grimoire posé sur la table basse ainsi que le pourquoi du comment de toute cette pagaille.
- Oui, merci d'y accorder, enfin, un minimum d'importance, dit-il.
- Comment se fait-il ? demanda-t-elle en se relevant pour le rejoindre.
- Mes couinement commençaient à ressembler à des sortes de marmonnements jusqu'à ce que ça deviennent des mots, c'est plutôt un bon présage, non ?
- En effet, souffla-t-elle en fronçant les sourcils.
- Ce serait encore mieux si je pouvais retrouver ma forme humaine cette nuit, comme ça je pourrais t'achever de bon matin. De quoi passer une journée merveilleuse, dit Drago.
La jeune Gryffondor était encore trop surprise par ce changement rapide pour prêter attention aux horreurs que lui lançait son homologue. Elle ouvrit la cage et s'assit par terre, en face du gros grimoire, tandis que Drago venait se placer devant elle.
- C'est ça le gros lot que vous avez tiré de la réserve, toi, la belette et Potter ? demanda Drago.
- Oui et il contient tout ce qu'il faut pour annuler les effet du Polynectar, il a même dit qu'il pourrait identifier son type si je lui montrais le contenu de la flasque, ainsi, tu n'auras besoin de prendre qu'une seule potion, répondit Hermione.
- Il a dit ?
- Ah, ce livre parle pour ta gouverne et, du fait de sa vieillesse, il déteste être brusqué ou énervé au cas ou tu compte manifester tes petites manières suffisantes, prévint-elle.
Elle prit le livre dans ses mains et le secoua légèrement, mais vainement.
- Aller, gros grimoire, j'ai besoin de toi ! supplia Hermione, ce n'est pas vrai ! Pourquoi il ne veut plus me parler ?
- J'ai deux ou trois idées pour te répondre à ça.
- Si tu ne te la fermes pas deux secondes, Malefoy, je te lance un Silencio et je te jette dans l'armoire à ingrédients de la salle de Potion, menaça la jeune Gryffondor.
Hermione se risqua à le secouer plus fortement, puis toqua contre sa couverture, elle souffla dessus et essaya même de le mordiller délicatement. En désespoir de cause, elle le porta face à tête et se tordît les organes faciaux pour faire les grimaces les plus saugrenues. Drago en mourrait de rire, intérieurement. Elle soupira et déposa le vieux livre sur le sol avant de s'adosser contre le pied du fauteuil.
- Malefoy ! gémit-elle, tu pourrais y mettre du tiens, bon sang !
- Je ne tiens pas à finir dans une potion, ironisa-t-il.
- Je... commença-t-elle avant de soupirer, je plaisantais ! dit-elle malgré elle.
- Bon, et bien dans ce cas... tu as peut-être fais quelque chose qui l'a animé, rappelle toi bien.
- Mais oui ! Biensure ! Harry... Harry l'a effleuré ou chatouillé avant que le grimoire n'éternue, affirma Hermione.
Drago dandina son arrière-train en signe de victoire, ce qui fît rire Hermione.
- Avoue-le, petite Granger, que mon intelligence est prodigieuse !
- Je pense plutôt que ta cervelle de rongeur, beaucoup plus développée que la tienne, y est pour quelque chose, déclara-t-elle en chatouillant la couverture du livre.
Avant que Drago n'ai eût le temps de répliquer, le grimoire éclata d'un rire rocailleux avant de porter son attention sur la petite souris blanche.
- C'est donc toi la pauvre victime, articula le grimoire, je ne veux surtout pas que tu m'approches, je déteste les rongeurs !
- Et moi, je déteste les livres qui parlent, rétorqua Drago.
- Je crois bien, murmura le grimoire en ignorant le réplique de Drago, que votre homologue a ingurgité du Polynectar assigné aux métamorphoses humaines.
- Comment savez-vous ça ? questionna Hermione en fronçant les sourcils.
- Eh bien, quand ce Polynectar est utilisé par mégarde pour les métamorphoses animales, celui qui l'a ingurgité risque de ne plus jamais retrouver sa forme humaine sans breuvage annulatif, l'effet ne se dissipe pas après la durée limite et, après deux ou trois heures, la personne manifeste des caractères humains tels l'usage de la parole ou la capacité de faire de la magie.
- Je veux que tu te débrouilles au plus vite les ingrédients ! crissa Drago.
- Non mais, quel culot ! s'exclama Hermione, outrée.
- Ça suffit ! gronda le vieux grimoire, je ne peux pas travailler dans de pareils conditions de querelles permanentes ! Et puis, j'ai besoin de repos. Je commence déjà à perdre mes pages, moi... Hum !
Sur ces dernières paroles, le grimoire redevint inerte. Hermione s'apprêta à l'ouvrir pour en consulter le contenu, mais la couverture rigide ne voulait pas se soulever. Comprenant qu'il ne voulait plus être dérangé pour aujourd'hui, elle le déposa sur la table et se tourna vers Drago.
- Inutile d'insister, ça ne ferait que l'horripiler et puis je manque de sommeil aussi. Demain, je transmettrais le message aux professeurs, comme quoi tu as attrapé un léger rhume, dit-t-elle.
- Granger, pourrais-tu avoir l'amabilité de ne pas m'enfermer, cette nuit ? demanda Drago le plus gentiment possible, en frétillant son museau.
- Tu ne supportes pas d'être enfermé, n'est-ce pas ? Je comprends tout à fait, ce n'est pas amusant d'être privé de liberté, dit Hermione en arborant une expression compatissante.
Drago hocha sa petite tête. À les voir ainsi, il semblait qu'un nouveau lien se créait, il semblait que leurs regard envers l'autre était plus conciliant, moins foudroyant, et il semblait également que Hermione allait céder à la demande du Serpentard. Mais il n'en était rien.
- Tu ne poseras pas tes sales pattes une minute de plus sur le sol de mon salon, Malefoy ! dit-elle en l'attrapant par la queue avant de le projeter dans la cage pour la refermer.
- Au moins j'aurais essayé, dit-il, et évite d'être aussi violente la prochaine fois, mon petit corps frêle est fragile ! s'indigna-t-il, le museau en l'air.
