10.
"Gibbs ! Mac Gee t'a fait la commission pour les sacs "suspects" !, s'exclama Abby lorsqu'elle le vit arriver. Mais je ne pensais pas que tu viendrais, j'attendais plutôt Kate ou Mac Gee...
-...à qui tu as dit au téléphone que Tony ne pourrait pas mieux se trouver qu'avec quelqu'un comme moi..., répondit l'ancien Marine en lui lançant un regard lourd de reproches...
-Euh...Gibbs...C'est vrai ! Je pensais vraiment ce que j'ai dit à Mac Gee ! Chez toi et avec toi, Tony pourra idéalement se reposer et reprendre des forces ! Ton domicile se trouve dans un coin tranquille, tu es toi-même quelqu'un de plutôt calme, par contre pour la popote j'en sais rien...Mais je suis sûre que tu sauras quoi faire pour Tony ! Quoi faire...à manger, bien sûr..."
Après l'affaire White, Gibbs était venu trouver Abby et lui avait confié avoir eu peur - oui, peur - pour Tony tout au long de la mission sous couverture de l'Italien. Ce que l'ancien Marine ignorait, c'est que Kate était aussi venue voir la laborantine pour la même chose, et les deux femmes étaient tombées d'accord: Gibbs ressentait autre chose que de l'amitié pour Dinozzo mais semblait ne pas le voir, ou alors ne voulait pas le voir...Et elles avaient décidé d'un commun accord qu'à partir de ce jour, elles feraient tout leur possible pour faire réagir Gibbs, notamment avec des sous-entendus... Voyant que l'ancien Marine restait impassible, Abby reprit:
"Trêve de digressions, Gibbs ! J'ai appelé en haut pour que quelqu'un vienne prendre ces trois sacs que je n'ai pas osé ouvrir...Tu pourras constater par toi-même que la couleur est...étrange...pour des cendres...Un peu trop...rose, peut-être ?
-Merci, Abby, répondit l'ancien Marine en se saisissant des sacs. "Je vais les amener à Ducky." Il fit quelques pas vers la sortie, puis se retourna et lança:
"Au fait, Abby, j'ai posé une semaine de congés pour rester auprès de Dinozzo, et à partir de maintenant je vais être sous...protection du FBI...
-Tu vas faire quoi ?
-Je vais être surveillé par le FBI, à cause d'Ari...
-Non, non, non, non, non, juste avant...Tu vas faire quoi ?
-Je vais poser une semaine de congés pour veiller sur Tony...mais après je reprends le boulot pendant que lui finira sa convalescence ! Compris ?
-C'est très clair, monsieur !, fit Abby avec un grand sourire.
-Et ne m'appelle pas monsieur !
-C'est très clair madame !, lança la laborantine en désignant du doigt les sacs "suspects", avant de repartir vers le fonds de son laboratoire.
-Humpf ! grogna Gibbs en sortant de la pièce.
"Tiens, bonjour Jethro ! Comment ça va aujourd'hui ? Tu as des nouvelles d'Anthony ?, dit Ducky en levant le nez de sa table d'autopsie.
-Ça va, Ducky, ça va... Tony sort demain de l'hôpital, j'irai le chercher avec Kate, et... Au fait Ducky, je ne serai pas là pendant une semaine à compter de demain...
-Tu seras absent ?
-Oui, je... Le médecin a demandé que Tony ne reste pas seul pendant sa convalescence, surtout pendant la première des trois semaines d'arrêt, alors...
-Tu vas rester avec lui.
-Oui... Il va venir passer toute sa convalescence chez moi, j'en ai déjà informé Fornell...
-Tobias Fornell ? En quoi le FBI aurait-il besoin de savoir cela, Jethro ?
-Parce que le directeur Morrow vient de m'annoncer que j'allais être placé sous haute protection. Le FBI et lui pensent qu'Aswari m'a pris pour cible, d'ailleurs... c'est à lui que nous devons la bombe d'hier, Abby a réussi à trouver une de ses empreintes sur les débris...
-Mon dieu Jethro, mais c'est terrible ce que tu me dis là... Tu es en train de m'annoncer que si Anthony n'avait pas aperçu la bombe sous la voiture, nous serions peut-être... Oh, le... le gredin ! Oh le petit... le saligaud !, s'énerva le légiste. Il se redressa, inspira un grand coup et reprit: "Je te prie de bien vouloir m'excuser pour ces écarts de langage, Jethro, je suis navré de m'être emporté ainsi...
-Ce n'est rien, Ducky, répondit Gibbs en souriant, c'est normal d'être furieux quand on y pense... Et je peux te garantir que les insultes que tu viens de sortir sont du langage très châtié à côté de ce que moi, j'ai pu dire ! Je suis un Marine je te signale !
-Alors j'imagine que tu as dû jurer comme un charretier, Jethro...
-Tu n'imagines même pas...
-Mais au fait, dis-moi, pourquoi es-tu venu me voir ? Je suppose que tu n'es pas là uniquement pour me parler de ta semaine de congés avec Anthony... même si je m'en réjouis pour toi...
-Ducky... Oui, Dinozzo va venir chez moi et oui, je vais m'occuper de lui... mais ce sera en tout bien tout honneur !
-Pauvre Anthony alors...
-Et pourquoi je te prie Ducky ?
-Mais parce que tu vas être odieux avec lui... tout comme tu l'as été à chaque fois que tu es tombé amoureux...
-Ducky !
-Oh, je t'en prie, Jethro, pas avec moi... Depuis le temps qu'on se connaît tous les deux, tu devrais savoir que tu peux garder tes numéros d'intimidation par devers toi ! Que ce soit avec Shannon, avec Diana, avec Mélanie ou même encore avec Jen Sheppard, à chaque fois c'était pareil ! Tu étais désagréable au possible avec chacune, tu tournais comme un lion en cage, tu rageais dans ton coin, jusqu'à ce que je te pousse à aller parler à la dame ! Tu crois que je ne te connais pas, Jethro ? Tu crois vraiment que je n'ai pas aperçu les "symptômes de l'amour" chez toi ? Je ne saurais dire quand ça commencé exactement, mais c'est devenu très clair pour moi à partir de l'affaire White... Parce qu'à l'époque où nous avons rencontré Caitlin, tu étais encore détendu avec Anthony...
-Ducky..., fit Gibbs d'une voix lasse
-Non, Jethro, je n'ai pas fini alors tu vas m'écouter ! Chaque fois que tu es tombé amoureux, c'est moi qui t'ai poussé à te déclarer ! Et cette fois-ci, je peux te garantir que si tu ne suis pas mon conseil, tu le regretteras toute ta vie: ce qui est arrivé à Anthony est peut-être une chance inespérée et unique de vous parler tous les deux à coeur ouvert, alors c'est ce que tu vas faire, et tu vas commencer dès maintenant ! Allez, dis-le moi, Jethro !
-Ducky... Non, je...
-Allez ! Un petit effort, Marine ! Ce n'est pourtant pas la mer à boire ce que je vous demande !
-Je..." Gibbs sentit sa gorge se nouer; il savait très bien ce que son ami voulait lui faire dire, mais il ne se sentait pas la force d'affronter ce qu'il ressentait... Alors qu'il sentait les larmes affluer, il inspira un grand coup et sortit d'une traite: "Je suis amoureux d'Anthony Dinozzo et il faut que j'essaie de le lui dire..." L'ancien Marine parvint à se retenir de pleurer, mais une petite larme réussit tout de même à couler le long de sa joue...
-Et bien tu vois, Jethro, ce n'était pas compliqué d'exprimer tes émotions, lui dit doucement Ducky. "Maintenant que tu as formulé clairement ce que tu ressens, tu verras, ça ira mieux pour la suite... Hier, j'ai vu comment Anthony te regardait pendant que tu étais à ses côtés en train d'appeler les secours... Je suis certain que s'il avait pu te parler à ce moment-là, il t'aurait dit qu'il ne lui aurait fallu que ta présence pour aller mieux...
-Merci, Ducky, merci de me supporter, de me pousser... Je... c'est vrai que je me sens comme... libéré de l'avoir dit... Au fait... J'étais venu t'apporter des sacs qu'Abby n'a pas ouvert car elle trouvait que le contenu avait l'air suspect...
-Oh...Effectivement, la couleur de celui-là m'a tout l'air d'être celle du sang séché...et...oui...on dirait bien..."le légiste ouvrit le sac: "Mais oui, c'est bien un bout de doigt ! Avec un peu de chance, je pourrai relever l'empreinte ! Merci, Jethro, je comprends pourquoi Abigaël n'a pas voulu les ouvrir...
-Euh...Ducky...
-Cela restera entre nous, Jethro, comme d'habitude...
-Non, c'est pas ça, Ducky, je voulais dire...pour le contenu des sacs. Si tu trouves des restes des deux marins assassinés, tu pourrais...comment dire...assurer vis-à-vis des familles ? Demain je vais rechercher Tony, et je ne crois pas que je pourrai m'occuper de ça...
-Bien entendu, Jethro...
-A plus tard, Ducky...
-A dans une semaine donc, mon ami...Reposez-vous bien, Anthony et toi..."
11.
"Dinozzo doit être impatient de sortir de l'hôpital !", dit Kate alors qu'elle faisait route avec Gibbs vers Béthesda. Ce dernier ne répondit pas, plongé dans ses pensées: la veille, il était rentré chez lui avec sa collègue et deux agents du FBI - dont Fornell - qui avaient inspecté son domicile et les alentours de fond en comble afin de s'assurer que rien n'était piégé. Ils avaient fait mettre son téléphone sur écoute puis étaient ressortis de la maison pour faire le guet. Gibbs s'était retrouvé avec Kate: il lui avait proposé de dormir dans la seconde chambre à coucher, mais celle-ci avait refusé, prétextant que lorsque Tony serait là, il faudrait bien qu'elle dorme dans le canapé. Gibbs n'avait quasiment pas fermé l'oeil de la nuit: il n'était pas un gros dormeur de nature, mais cette fois le sommeil l'avait fui car une seule chose occupait son esprit: Tony allait venir passer trois semaines chez lui, et pendant la première ils seraient tous les deux ensemble...
"Tony va venir chez toi, Jethro...Il va être là pendant un mois quasiment, et tu as promis à Ducky que tu allais prendre ton courage à deux mains pour lui avouer tes sentiments...et c'est ce que tu vas faire...Bon sang, c'est une chose de le dire, c'en est une autre de le faire ! J'ai un noeud à l'estomac rien que d'y penser !"
"Gibbs ! ohé Gibbs ! Nous sommes arrivés ! Tu veux bien descendre de ma voiture s'il te plaît ?
-Oh...bien sûr, Kate...
-Toi, tu penses à Ari...et à la surveillance dont tu fais l'objet depuis hier...
-Oui, mentit Gibbs. Il ne pouvait décemment pas lui dire qu'il était à la fois content et inquiet à l'idée d'accueillir Tony chez lui pendant trois semaines...
-Ecoute, Gibbs, je me doute bien que les prochains jours ne vont pas être faciles pour toi...Tu as dû laisser ta voiture au parking du NCIS par sécurité, ce qui limite du coup tes possibilités de déplacement...Quant à Tony, son véhicule est aussi resté au bureau, mais pas pour les mêmes raisons, cependant lui non plus ne pourra pas récupérer sa voiture tout de suite...Puisqu'il va être chez toi pendant trois semaines, autant dire qu'il ne reprendra le volant que dans un mois !
-Kate...
-Oui, Gibbs ?
-Dis-moi...Je n'y connais pas grand-chose, mais...puisque je ne serai pas là pendant une semaine, serait-il possible...de...de faire en sorte d'avoir un contact autre que téléphonique avec le bureau ?
-Autre que téléphonique ? Qu'est-ce que tu veux dire ?
-Eh bien, par informatique...Tu sais, l'autre jour, j'ai vu un machin au-dessus de l'écran d'ordinateur de Mac Gee, et il m'a dit que ça lui permettait de voir les gens avec lesquels il conversait par machine interposée...une "webchose" ou un truc du genre...
-Une webcam, ou webcaméra, Gibbs, c'est comme ça que ça s'appelle...Et tu voudrais faire quoi au juste ?
-Euh...Je voudrais que depuis mon domicile, Dinozzo et moi nous puissions garder le contact avec vous et participer aux enquêtes avec vous comme si on était aussi sur le terrain... Quand on part enquêter quelque part, Mac Gee embarque toujours un portable, non ?
-Si je te suis bien, Gibbs, tu voudrais qu'on installe un ordinateur portable équipé d'une webcam chez toi, comme ça Dinozzo et toi vous pourriez nous...suivre, c'est bien ça ?
-Oui, Kate...Enfin, si c'est techniquement possible...Tu pourrais demander à Mac Gee ou à Abby de voir si c'est faisable ?
-Bien sûr."
Tout en discutant, les deux agents du NCIS étaient arrivés à l'entrée de la chambre de Tony, lequel portait encore la chemise de nuit standard de l'hôpital.
"Salut Tony ! Comment ça va ? lui lança Kate
-Bonjour Katie, Gibbs...répondit l'Italien avec un petit signe de tête. "Je me sens mieux, merci, mais..." - il regarda sa tenue - " je viens de prendre une douche et comme je n'ai pas de vêtement de rechange, j'ai bien peur de devoir sortir d'ici comme ça, parce que les fringues que je portais hier sont quelque peu poussiéreuses...
-Dans ce cas tu seras content d'avoir ça ! lui dit Gibbs en lui présentant un sac à dos. "Avant de venir ici, nous avons fait un crochet par le bureau pour voir si tu avais des affaires de rechange dans ton casier...
-J'ai toujours des vêtements propres dans mon casier, patron...C'est l'une des premières règles que j'ai apprises en entrant à l'Académie de Police...
-C'est ce que j'ai pu constater par moi-même. Allez, habille-toi !
-Oh merci patron ! Tu me sauves la mise là ! C'est vrai, quoi, de quoi j'aurais eu l'air si j'avais dû sortir d'ici en chemise de nuit ?"
Quelques instants plus tard, Tony prenait place dans la voiture de Kate, pendant que les agents du FBI, qui les avaient accompagnés, redémarraient. Gibbs expliqua à son agent pourquoi ils étaient ainsi "escortés", et les yeux de l'Italien s'écarquillèrent d'effroi:
"C'est pas vrai, Gibbs ! Tu es en train de me dire que cette bombe qui a failli tous nous tuer avant-hier était signée Ari ?
-En effet, Tony...Abby a trouvé une de ses empreintes sur les débris...et Ducky a remis les...restes des deux malheureuses victimes aux familles...Nous les avons croisées ce matin au bureau en passant prendre tes affaires..." Gibbs sentit soudain une boule se former au creux de son estomac. "Perdre les personnes auxquelles on tient le plus, c'est comme si on vous arrachait le coeur de la poitrine...Je sais parfaitement ce qu'on peut ressentir dans ces cas-là pour l'avoir expérimenté moi-même...et j''espère bien que ça ne m'arrivera plus". Il reprit: " En parlant de prendre tes affaires, Tony, nous allons passer chez toi, mais avant, nous devons repasser au bureau: il faut que j'officialise ma demande de congés et en même temps nous en profiterons pour déposer les papiers relatifs à ton arrêt maladie...
-Entendu, Gibbs. Je me sens encore un peu fatigué, mais je pense que je devrais pouvoir tenir le coup...
-Si tu ne te sens pas bien pendant qu'on sera au bureau, j'espère que tu iras t'allonger !
-Mais oui, Gibbs, t'en fais pas...ça ira, je te dis...
-Je l'espère...parce que tu as encore l'air bien pâle..."
Kate, qui conduisait, n'avait rien perdu des paroles échangées entre ses deux collègues. Elle sentait qu'il y avait quelque chose entre eux, et espérait sincèrement que les deux hommes finiraient un jour par prendre conscience de ce "quelque chose"..."Ils s'aiment et ils ne le voient même pas...Abby avait raison...Ces deux-là ne vont pas y arriver tous seuls si on ne leur donne pas un coup de main ! Et comme on est fin avril, ça va, on a de la marge avec Abby: nous avons parié vingt dollars avec Ducky et Mac Gee que Gibbs et Dinozzo cesseraient de se disputer avant la fin de l'année - parce qu'ils parviendraient ENFIN à identifier la cause de leurs chamailleries - et j'ai bien l'intention de tout faire pour avoir raison !"
"Tony ! Comment ça va ?", s'écria Mac Gee en voyant ses trois collègues sortir de l'ascenseur. "Heureux de voir que tu vas mieux !
-Oui, merci le bleu...
-Nous sommes juste là le temps de déposer les papiers de Dinozzo pour son arrêt maladie, intervint Gibbs. Je vais voir le directeur Morrow, et toi, Tony, tu vas t'allonger !
-Gibbs ! Mais ça va, je me sens bien ! Je...Je peux quand même descendre dire bonjour à Abby et à Ducky quand même ! Non ?
-D'accord Dinozzo...mais tu te fais accompagner par quelqu'un ! Je ne tiens pas à ce que tu aies un malaise dans les couloirs ! Mac Gee, vous pouvez l'accompagner ? Et, euh...au fait...Kate, tu pourrais lui demander pour l'informatique ?
-Bien...bien sûr, patron...répondit Mac Gee.
"Tony ! C'est pas vrai ! Mon Tony, tu es revenu !" hurla presque la laborantine en le serrant dans ses bras à l'étouffer. "Oh Tony, si tu savais le sang d'encre que je me suis fait ! Je t'imaginais avec des tubes partout, entre la vie et la mort, dans le coma, je...
-Du calme, Abby, du calme ! Je suis juste passé dire bonjour, après je repars chez moi prendre des affaires puis je m'installe chez Gibbs ! T'es au courant je crois ? Et... Tu pourrais me serrer moins fort s'il te plaît ? J'ai eu des problèmes respiratoires, je te rappelle !
-Oh mon Dieu, quelle idiote je fais ! Oh, excuse-moi, Tony, excuse-moi...ça...ça va ?
-Oui, Abby ça va...j'ai juste besoin de m'allonger un peu...
-Bien sûr Tony...J'ai un futon dans le coin là-bas.
-Merci Abby, sois bénie...
-Eh, dis donc toi, qui es-tu pour me dire des horreurs pareilles ? Mon exorciste ?
-Bon, ben sois maudite alors...
-Ah là je préfère...
-Euh...Abby ?
-Oui ?
-T'aurais pas un oreiller ?
-Oh, bien sûr ! Je vais te chercher Potie !
-Potie ?
-Oui, Potie, mon hippopotame ! Je m'en sers comme oreiller ! Tu verras, il est très doux, et très confortable aussi !"
La jeune femme revint avec une sympathique peluche. Tony la plaça sous sa tête...et "Potie" émit un bruit pour le moins incongru...Abby se hâta d'ajouter:
"Et...très péteur également !
-Merci Abby...Heureusement que je ne vais pas rester toute la journée ici...
-Euh...Abby, puisque tu es là", dit Mac Gee, "je pourrais peut-être remonter...Tony, je peux te laisser ? Kate m'a dit qu'elle voulait me demander quelque chose pour quand vous serez chez Gibbs...
-Bien sûr le bleu, si tu vois Gibbs ou Kate, tu pourras leur dire que je suis au labo de ma gothique préférée ? demande Tony en tournant la tête, ce qui fit réagir la peluche...
-Ok Tony. A plus tard", répondit Mac Gee en réprimant un fou rire.
Tony ferma les yeux, pendant qu'Abby retournait à ses occupations. Elle jeta un oeil à l'Italien et ne put s'empêcher de le trouver mignon. "J'espère que Gibbs le trouvera mignon aussi ! Moi à sa place, si j'avais un beau gosse comme Dinozzo chez moi, je n'attendrais pas vingt-quatre heures pour le faire dormir dans mon lit ! Et peut-être pas que dormir d'ailleurs..." Elle rigola doucement. "Non mais t'as pas bientôt fini de penser à des choses pareilles, Abby Sciuto ! Quoique...c'est la nature après tout ! Mais j'espère quand même que Gibbs et Tony finiront par partager la même couche..."
La jeune femme en était là de ses pensées, lorsque quelques minutes plus tard, Gibbs et Kate entrèrent dans le laboratoire:
-Bonjour, Abby, Mac Gee nous a dit que Dinozzo était avec toi, lui demanda Kate.
-Euh...oui, en effet, il est là-bas en train de se reposer...
-De se reposer ? l'interrogea Gibbs. Ici, dans ton labo ?"
En entendant la voix de son patron, Tony avait rouvert les yeux, et en tournant la tête, il fit de nouveau "pétarader" Potie, au moment même où Gibbs s'approchait de lui:
"C'est pas moi c'est Potie ! La peluche, Gibbs, c'est la peluche qui vient de faire du bruit...
-Si tu le dis, Tony...J'ai fait ce que j'avais à faire ici, donc maintenant on s'en va, il faut qu'on repasse chez toi avant de pouvoir aller nous enfermer chez moi...
-Ok boss, je me lève...souffla l'Italien, soulagé de ne plus se "reposer" avec Potie...
12.
"Je n'aurais jamais cru qu'un jour je reviendrais chez toi, patron !" s'exclama Tony en sortant de la voiture. "Et sous bonne escorte en plus !"
-Que veux-tu Dinozzo, répondit Gibbs, tant qu'Ari sera dans la nature, on ne pourra pas aller et venir librement ! Kate ! Tu m'aides à décharger le coffre s'il te plaît ?
-Bien sûr Gibbs, fit la jeune femme.
-Attendez ! Je peux vous aider aussi !" intervint l'Italien. "Je suis tout de même capable de porter mon sac de voyage !
-Oh mais ça je n'en doute pas Tony !" lui lança Gibbs. "Je parlais juste de la moitié de ton appartement que tu as absolument voulu nous faire embarquer !
-Comment ça la moitié de mon appart ! J'ai simplement voulu prendre mon lecteur DVD, mes films préférés et ceux que je n'avais jamais vus, mon ordinateur portable, et pour toi c'est comme si j'avais embarqué ma maison sur le dos comme les escargots ?
-Tu oublies ta garde-robe, Tony ! Tu n'étais pas obligé de prendre tes costumes ! Heureusement qu'une voiture du FBI était avec nous, sinon je ne sais pas où nous aurions casées tes fringues !
-Les costumes c'est pour dans trois semaines, quand je recommencerai le boulot ! J'imagine que la veille de la reprise, je serai encore chez toi donc j'ai prévu le coup ! Et puis si j'ai emmené autant d'affaires, c'est tout simplement parce que j'apprécie de porter une tenue différente tous les jours ! De toute façon, tu as une machine à laver, non ?
-Oui, Dinozzo, et aussi un fer et une table à repasser ! Dont tu te serviras j'espère ! Parce qu'en ce qui me concerne, je dois seulement veiller sur toi d'un point de vue strictement médical, compris ?
-Reçu cinq sur cinq, patron ! Mac Gee ! Mais qu'est-ce que tu fais là ?"
L'intéressé se trouvait sur le trottoir en face de la maison, encadré par deux agents du FBI:
"Salut Tony ! Gibbs m'a demandé de vous fournir le moyen de rester en contact avec nous autrement que par téléphone et donc me voilà ! Seulement..." Il désigna les deux hommes qui étaient avec lui: "...ces messieurs n'ont pas voulu me laisser entrer, alors que je leur ai montré ma plaque !
-Simple précaution, Mac Gee" répondit Gibbs. Pour le FBI, le seul agent du NCIS qui est sensé veiller sur moi est Kate.
-Oh dans ce cas...
-Vous avez pu réaliser ce que je vous ai demandé ?
-Oui, patron...Kate m'avait dit que vous vouliez un ordinateur portable équipé d'une webcam, afin que vous puissiez garder le contact avec nous...
-Exactement, Mac Gee. Et ?
-Et ben alors j'ai tout ce qu'il faut dans ma voiture."
Toutes les personnes présentes rentrèrent dans la maison de Gibbs, à l'exception des deux agents du FBI qui étaient chargés de surveiller les alentours. Tony, aidé de Kate et de leur chef, monta toutes ses affaires à l'étage et commença à s'installer pendant que ses deux collègues repartaient au rez-de-chaussée. Le FBI examinait à nouveau la maison, et Kate expliqua alors à Gibbs comment elle s'était organisée avec les autres agents pour la surveillance:
-Il y aura toujours un agent en permanence avec toi et Tony pendant la journée, Gibbs. Ce sera soit moi, soit quelqu'un du FBI. La nuit, il y aura deux personnes avec vous qui veilleront à tour de rôle. Par conséquent, je serai avec vous soit la journée, soit la nuit, en alternance avec trois autres agents du FBI. Et pour surveiller les environs de ton domicile, il y aura deux équipes de deux agents qui se relaieront pour rester en permanence devant chez toi. De cette façon, vous aurez toujours quelqu'un avec vous, et ton domicile ne restera jamais non plus sans surveillance. Tu as des questions ?
-Non, Kate, c'est très bien. Seulement...
-Seulement quoi, Gibbs ?
-Je sais bien que je devrai limiter au maximum mes déplacements, mais il faudra bien que j'aille nous ravitailler à un moment ou à un autre. Et Dinozzo ne devra pas rester seul quand je reprendrai le boulot !
-Gibbs, apparemment tu ne connais rien du programme de protection des témoins...
-C'est-à-dire ?
-Cela veut dire que lorsqu'une personne est protégée par le FBI comme toi en ce moment, tout ce qui a trait à la vie courante est assuré par des agents spécialement désignés pour cela ! Donc, quand tu devras acheter de la nourriture, ou déposer un vêtement à la teinturerie par exemple, il te suffira de le dire à l'agent qui sera avec toi à ce moment-là !
-Donc à toi ou à la personne du FBI.
-C'est ça Gibbs !Le but de la manoeuvre étant de vous éviter de bouger au maximum !
-Autrement dit, Tony et moi allons nous retrouver enfermés pendant trois semaines...sauf que moi je n'ai posé qu'une seule semaine de congés !
-Gibbs... Je viens de t'expliquer comment nous nous étions organisés pour assurer votre protection, donc ne t'en fais pas. Le jour où tu reprendras le boulot, tu seras accompagné tous les jours au bureau, pendant que Dinozzo restera toujours sous surveillance !
-Euh...Patron ! l'appela Mac Gee. "J'ai fini d'installer le matériel ! Vous voulez bien venir, que je vous explique comment ça marche ?"
Devant la mine dubitative de l'ancien Marine, le jeune homme crut bon d'ajouter:
"Oh mais ne vous inquiétez pas monsieur ! C'est très simple à utiliser ! Et avec Abby on a fait en sorte que tout soit sécurisé !
-Pour ça je vous fais confiance Mac Gee, mais je vous signale que je ne serai pas le seul à devoir me servir de cet appareil ! Dinozzo ! cria Gibbs en se mettant devant l'escalier. "Dinozzo ! Tu as fini de ranger tes affaires ?
-Oui patron ! J'arrive ! répondit Tony en descendant les marches. "Qu'est-ce qu'il y a ?
-Va voir Mac Gee, il a quelque chose à te montrer. C'est un ordinateur qui nous permettra de garder le contact avec l'extérieur...
-Et pourquoi tu ne vas pas regarder aussi patron ? Je te rappelle que je serai en convalescence pendant les trois prochaines semaines !" Devant le regard noir de Gibbs, Tony préféra ne pas insister. Il fila docilement vers Mac Gee qui entreprit alors de lui expliquer le fonctionnement du matériel informatique.
Pendant que les deux jeunes hommes étaient devant l'ordinateur, Gibbs partit dans la cuisine avec Kate, non sans avoir au préalable demandé à ses agents s'ils voulaient du café. En sortant de chez Tony ils avaient déjeuné en ville, et comme personne n'avait pris de dessert, Gibbs n'avait pu du coup se commander sa boisson favorite. Il prépara donc une cafetière pour tout le monde et fit chauffer une tasse d'eau au micro-onde pour Tony. En effet, l'Italien ne pouvait plus consommer de café jusqu'à la fin de son traitement, aussi ce dernier avait-il rapporté de chez lui sa boîte de thé et son paquet de cacao.
La cafetière était presque remplie, mais Gibbs n'avait pas bougé pour sortir des tasses, plongé dans ses pensées. Kate, qui l'observait, ne put s'empêcher de songer que son chef semblait contrarié par quelque chose. Son expérience de profiler lui soufflait qu'il lui avait menti ce matin dans la voiture, lorsqu'ils étaient allés récupérer Dinozzo à Béthesda.
"Gibbs se fait du souci à cause d'Ari, bien sûr, mais je suis certaine qu'il n'y a pas que cela...Je revois encore sa réaction lorsque je lui ai dit que Tony allait venir "habiter" chez lui...Terme qu'il avait d'ailleurs employé le premier, avant de se reprendre en disant que Dinozzo allait "s'installer temporairment" chez lui ! Il appréhende le fait de devoir passer autant de temps avec Tony sous le même toit...Gibbs...craindrais-tu de ne pas savoir te tenir et de lui sauter dessus ?" Tout à ses pensées, Kate avait souri, mais l'ancien Marine l'avait vue:
-Je peux savoir ce qui te fait sourire, Kate ?
-Rien du tout, Gibbs...J'allais justement te demander où tu rangeais tes tasses car, vois-tu, le café est prêt !
-Oh...Effectivement...Tu trouveras ce qu'il faut derrière toi, Kate
-Dis-moi, Gibbs, je vais repartir tout à l'heure avec Mac Gee par conséquent, ce sont deux agents du FBI qui passeront la nuit ici.
-D'accord.
-Autre chose...Cela n'a rien à voir avec ma mission, mais...tu sais comment tu vas occuper ta semaine de congés avec Dinozzo ?
-Je...Eh bien Tony va se reposer et suivre son traitement, quant à moi je crois que je vais essayer de me changer les idées en m'occupant de mon bâteau...
-Donc tu vas laisser Dinozzo tout seul dans la maison pendant que toi tu seras en train de bricoler au sous-sol ? Je croyais que tu devais assurer une "surveillance médicale" !
-Mais non, Kate, je ne vais pas laisser Tony seul, il pourra venir voir mon bâteau et qui sait...peut-être que je lui apprendrai à faire quelque chose de ses dix doigts !
-On parle de moi patron ? demanda l'Italien qui venait justement d'apparaître à l'entrée de la cuisine avec Mac Gee. "J'ai cru entendre que tu voulais que j'occupe mes mains, c'est ça ? Oh mais je te rassure tout de suite, j'ai déjà prévu ce qu'il faut: mon ordinateur portable et deux jeux que je n'ai pas encore eu l'occasion de tester !
-Gibbs parlait de choses un peu plus...manuelles, Tony...répondit Kate. Il pensait t'initier...au travail du bois...
-Du bois, patron ? dit l'Italien surpris. Je sais bien que tu as ton fameux bâteau enfermé dans ton sous-sol, mais...tu voudrais profiter de ma présence chez toi pour que je t'aide à le terminer, c'est ça ?
-Non, Tony, répondit l'ancien Marine en riant. Avant que tu n'arrives, j'étais en train de dire à Kate comment je pensais occuper ma semaine de congés. Je lui ai parlé de mon bâteau et elle a cru que je n'allais pas garder un oeil sur toi alors que je m'y étais engagé auprès de ton médecin !
-Oh...Katie, tu devrais pourtant savoir depuis le temps que lorsque Gibbs s'engage à faire quelque chose, il le fait ! S'il a promis à Brad qu'il allait s'occuper de moi, tu peux être certaine que c'est ce qu'il fera ! Et si prendre soin de ma personne signifie pour lui me faire faire connaissance avec son bâteau, et bien ma foi, pourquoi pas ! Aïeuh !"
La main de Gibbs avait à nouveau sévi et son propriétaire reprit:
- Si tu crois que je vais te laisser t'approcher de mon bâteau, tu te trompes lourdement ! J'essaierai effectivement de m'en occuper un peu pendant la semaine, mais s'il faut vraiment que je reste à tes côtés dans la maison, eh bien tant pis !
-Trop aimable patron !"
